samedi 26 février 2011

Liberté du choix ou choix de la liberté

Jackson Pollock © 1952

Jean-Luc Delarue a donc commencé son tour de France de la bonne parole : « Ne buvez pas ! Ne vous droguez pas ! Je sais ce que c’est ! ». Au-delà de l’aspect un peu people et exaspérant de la démarche, le gars a quand même raison. Et si le partage de son expérience peut encourager ne fut-ce que deux ou trois jeunes à ne pas sombrer dans les ravages de l’alcool et de la drogue, il aura réussi !

Parmi ces fléaux, l’alcool – en tant que drogue légale et socialement correcte – est sans doute le plus sournois. Ses ravages sont catastrophiques : en France, l’alcool provoque 23 000 décès par an par cancers, cirrhoses ou alcoolo-dépendance. Mais outre ces morts qui lui sont directement imputables, il agit comme facteur associé dans 45 000 décès.

Le drame, c’est que l’alcool est perçu comme un plaisir noble. Le vin est érigé au rang de rempart d'un certain art de vivre en train de se perdre ! Valeurs familiales, symbole de virilité, héritage familial, transmission de père en fils… se mêlent et provoquent un attachement identitaire, qui représente un obstacle important aux messages de prévention et à la prise en compte des dangers d'une consommation excessive.

Difficile de savoir ce qu’est une « consommation excessive ». J’ignore si celle qui était la mienne pouvait être ainsi qualifiée. Toujours est-il qu’elle me pesait… et qu’elle pesait aussi à mon corps à travers différents symptômes. Rien de dramatique, mais j’ai décidé d’être à leur écoute. Il y a un mois, étant seul à la maison, j’ai ouvert la meilleure bouteille que j’ai trouvée. J’en ai bu un peu plus de la moitié. J’ai terminé la soirée par un bon cognac, mon alcool préféré. Puis je me suis couché en sachant que c’était fini.

Depuis lors, pas une goutte. Ce n’est en réalité pas la première fois que j’arrête. Il y a une dizaine d’années, j’avais commencé une abstinence qui a duré 8 ans. Puis j’ai retrouvé les plaisirs du gosier pendant deux ans. Me revoilà parti pour un certain bail.

Bien sûr, un petit verre de vin n’a jamais fait de mal à personne. Au contraire, il semblerait qu’il soit même bénéfique. À condition de rester « un » et « petit » ! C’est là mon problème : j’ai du mal à respecter ces deux critères ! Alors, je préfère être plus sévère pour l’un et moins pour l’autre : les verres d’alcool que je m’autorise désormais peuvent avoir toutes les tailles imaginables ou non, mais je ne m’en autorise aucun ! C’est une règle plus facile !

C’est un choix personnel. Je ne l’impose à personne. Je m’y sens bien. Tant au niveau de ma tête que de mon corps. Et puis, cela me permet de rechanter, l’esprit clair, Le blues des vices


Le blues des vices

Ah cette cigarette, après la sieste
Quand le ventre est bien repu
Y a pas à dire c’est vraiment céleste
La fumée qui vous met à nu
Cette sensation au milieu des poumons
Qui vous pénètre au fond de votre être
C’est le plaisir de se sentir souffrir
Grâce à ce mégot, ah le saligaud !

Mais mon vieux tabac je t’ai plaqué
Délaissé abandonné
Je ne veux ni Dieu ni maître
Surtout pas me soumettre
J’ai pris la liberté de ne plus fumer
De ne plus me laisser détruire à petit feu
De ne plus polluer ces dames et messieurs
Je vis sans tabac et c’est très bien comme ça
Je suis libre de vivre sans combustible

Ah ce verre d’alcool qui fait qu’on rigole
Autour d’un repas avec tous ses amis
On se laisse aller sans aucun protocole
Sans le contrôle de notre esprit
Cette sensation d’être en évasion
De tous ces maux qui peuplent nos cerveaux
C’est le plaisir de se sentir vivre
Grâce à ce verre de vin, mais c’est tout à fait vain

Mais mon vieil alcool je t’ai plaqué
Délaissé abandonné
Je ne veux ni Dieu ni maître
Surtout pas me soumettre
J’ai pris la liberté de ne plus me saouler
De garder le contrôle de mes fantasmes
D’être le maître de mon enthousiasme
Je vis sans alcool sans que ça me désole
Je suis libre de vivre sans être ivre

Ah cette caresse enchanteresse
Le corps d’une femme est un paradis
Qu’on peut découvrir avec ou sans prouesse
Mais qui toujours nous épanouit
Cette sensation de communion
Qui nous dépasse quand elle nous embrasse
C’est le plaisir de se sentir partir
Vers la petite mort dans ce corps à corps

Et toi ma femme j’t’ai pas plaquée
Ni délaissée ni abandonnée
Je ne veux ni Dieu ni maître
Surtout pas me soumettre
Mais je prends la liberté de toujours t’aimer
De te rester fidèle envers et contre tout
De croire en toi en moi et en nous
Je vis avec toi et c’est mon choix
Je suis libre de vivre en étant libre
Libre de t’aimer libre de te libérer
Mais surtout libre de me laisser aimer

François-Marie GERARD - FMG © 2004


samedi 19 février 2011

Quand un prof devient élève…

Dernièrement, j’ai animé une formation à la gestion de projets, en deux jours, pour des professeurs d’économie de l’enseignement professionnel, issus de différentes écoles. Le matin du deuxième jour, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que six enseignantes – soit la moitié du groupe – avaient demandé à leur directrice de ne plus assister à la formation qui ne répondait pas à ce qu’elles souhaitaient. Elles avaient obtenu le soutien de leur direction…

Il faut reconnaître qu’il y avait effectivement un problème en ce qui concerne les objectifs de cette formation. Ceux qui m’avaient été communiqués en tant que formateur n’étaient pas ceux sur la base desquels les enseignants s’étaient inscrits, cette formation étant de plus pour la plupart un « troisième choix ».

Il y avait donc un vrai problème, mais – alors même que je m’étais efforcé durant toute la première journée de solliciter les enseignants pour coller à leur réalité – à aucun moment les enseignantes concernées n’ont exprimé de manière explicite ce qui allait entraîner leur abandon. Si elles l’avaient fait, nous aurions bien entendu analyser ensemble la situation pour y trouver des solutions, comme nous l’avons fait d’ailleurs avec les autres participants après avoir appris ce renoncement.

Celui-ci est quand même très interpellant. Admettons pour un court instant et à titre de simple hypothèse que certains élèves de ces enseignantes estiment que le cours qu’elles leur dispensent ne répond pas tout à fait à ce qu’ils souhaitent. Admettons que ces élèves aillent s’exprimer auprès de la direction de l’établissement en demandant de pouvoir ne plus assister au cours d’économie. Admettons que la direction estime cette demande tout à fait justifiée et décide donc de dispenser lesdits élèves de l’obligation de se former dans cette branche. Quelle serait la réaction des enseignantes ? Accepteraient-elles une seule seconde cette attitude, tant de la part des élèves que de la direction ?

Racontant ma mésaventure à une de mes collègues qui avait donné la même formation dans le même contexte (et donc avec le même problème au niveau de la communication des objectifs), elle me dit avoir vécu une expérience similaire, si ce n’est que les enseignants insatisfaits s’étaient réunis à une table en tournant le dos à la formatrice, en lisant, en discutant, voire en tapant la carte… ! Les enseignants qui continuaient à suivre la formation, en s’y intéressant, leur avaient demandé d’avoir au moins la décence de s’en aller. Mais ils étaient restés en montrant clairement leur mépris. À nouveau, je n’ose imaginer une seule seconde quelle serait la réaction de ces enseignants contestataires si leurs élèves se permettaient de faire la même chose qu’eux !

Mon métier m’a amené à former des adultes dans de nombreux contextes (entreprises privées, administrations, organismes parastataux, enseignement…) et un peu partout dans le monde. Cette large expérience m’a conduit à penser que le public le plus difficile en formation est constitué d’enseignants occidentaux. Ma dernière expérience n’a fait que renforcer cette perception.

Loin de moi l’idée de généraliser. Ancien enseignant moi-même, je peux aussi témoigner qu’il y a de nombreux enseignants qui adoptent une attitude très positive en formation, cherchant à profiter pleinement de celle-ci, même si elle ne correspond pas toujours exactement à ce qu’ils souhaiteraient.

N’empêche, quand j’entends ces mêmes enseignants se plaindre des conditions dans lesquelles ils doivent travailler, liés notamment à la démotivation des élèves et à leurs attitudes négatives, je ne peux que me demander si ces enseignants n’ont pas tout simplement les élèves qu’ils méritent.

jeudi 17 février 2011

L’eau pure à coups de pédale

La problématique de l’eau est assurément une donnée majeure pour comprendre le 21e siècle ! Il y en a trop peu à l’échelle mondiale, alors que c’est la première nécessité. Bien sûr, il y a de plus en plus souvent des inondations ravageuses. Celles-ci apportent de l’eau, mais totalement impropre à la consommation. Au contraire, les réserves d’eau potable sont fondamentalement polluées par ces déferlements aquatiques.

Dans ce contexte, la production par une usine japonaise de vélos susceptibles de purifier l’eau de manière simple et efficace est une excellente nouvelle. Yuichi Katsuura, président de Nippon Basic, la société créatrice de cette bicyclette, explique : « Vous pédalez jusqu'à une rivière, une mare ou toute autre source d'eau, et vos jambes suffisent à produire de l'eau potable ». En pédalant sur son Cycloclean, l’utilisateur peut non seulement pomper l’eau, mais aussi la faire passer à travers trois filtres, la rendant ainsi directement utilisable.

Le vélo coûte assez cher (4 850 EUR !) et n’a pour le moment été commercialisé qu’au Japon. L’objectif annoncé est désormais de proposer le produit au Bangladesh, mais aussi en Birmanie, au Cambodge, en Chine, en Indonésie et aux Philippines. Il devrait selon moi intéresser bien d’autres pays dans le monde, pour autant que le prix de vente puisse diminuer.

Pour être complet, il faut ajouter que les Américains ont créé un prototype du même genre, l’Aquaduct, mais avec un côté gadget bien plus prononcé.

Ces inventions s’inscrivent évidemment dans une perspective commerciale. C’est malheureusement l’univers dans lequel on vit : les bonnes idées ne sont concrétisées que lorsqu’il y a des profits à en retirer. Il n’empêche, ces vélos peuvent offrir une véritable solution à des millions de personnes pour qui l’eau est une denrée aussi rare qu’indispensable, tout ça seulement à coups de pédale ! Et ça, c’est génial !

mercredi 16 février 2011

Double langage

Il y a longtemps qu’on sait que les politiques sont les maîtres du double langage. Un exemple frappant nous est encore donné actuellement avec l’Iran : après avoir félicité le peuple égyptien pour avoir pris son autonomie et dégager Moubarak, suppôt de Satan, ils s’empressent de réprimer férocement ceux qui se contentent d’imiter les Égyptiens félicités !

Un autre exemple – plus complexe et heureusement moins sanglant – nous est donné dans les négociations pour la constitution d’un gouvernement en Belgique. C’est surtout le CD&V qui pratique le style, à propos de la question de Bruxelles. Un des points qui posent difficulté, fortement relayé ces derniers jours par des ténors du parti flamand et très bien expliqué par Vincent de Coorebyter, est le fait qu’en cas de nouvelle répartition de compétences communautaires, comme les allocations familiales ou les soins de santé, les francophones et certains partis flamands (SP.A et Groen) souhaiteraient que ces compétences soient attribuées à la Région de Bruxelles-Capitale, alors que le CD&V (et dans une moindre mesure la N-VA) exige qu’elles soient régies d’une part par la Communauté flamande et d’autre part par la Communauté française de Belgique, afin de ne pas « séparer » le peuple flamand.

La logique mise en avant est donc celle de la « communauté », définie sur une base linguistique, et qui conduit à des compétences liées pour l’essentiel à la langue et à la culture, dont l’enseignement.

Néanmoins, dès qu’on aborde la question des francophones habitant en Flandre, que ce soit dans n’importe quelle commune, mais en particulier dans les communes de la périphérie bruxelloise, dites « à facilités », le discours change. Il n’est en effet pas question pour les flamands – et ils sont sans doute tous unanimes sur ce point – de considérer que ces francophones appartiendraient à la Communauté française de Belgique du fait de leur langue et de leur culture, ni même à la Région bilingue de Bruxelles-Capitale. Dans ce cas, la dimension linguistique est totalement gommée : puisqu’ils habitent sur le territoire flamand (celui-ci étant géré par la Région flamande), ils sont considérés comme « flamands » et doivent se conformer à ce que les pouvoirs publics flamands décident pour eux.

Double langage donc : lorsque c’est la logique communautaire qui est avantageuse pour les flamands, seule celle-ci doit être prise en compte alors que lorsque c’est la logique régionale qui est nécessaire, seule celle-ci doit s’imposer. Visiblement, le côté paradoxal de ce double langage échappe totalement aux responsables du CD&V. Il n’y a pas de raison de penser qu’ils pourraient changer de discours. Nous ne sommes donc pas près d’une solution, même si celle-ci devra finir par exister. J’ajoute que la solution « scission » du Plan B n’en est pas une puisque le double langage serait encore exacerbé dans ce cas !

Alors, exceptionnellement, utilisons un troisième langage : « Wait and see » ! (Quoique l'attente commence à être longue… on a surtout envie de voir maintenant !)

samedi 12 février 2011

95 millions de FMG !

FMG © 2011

Plus de 95 millions de FMG ! Moi qui me pensais unique, ça fiche un sacré coup pour mon ego !

Pourtant, le franc malgache – héritage du colonialisme français – n’existe plus officiellement depuis 2003. Il a été remplacé par l’ancienne monnaie malgache, l’ariary, qui vaut le cinquième du franc malgache. Ainsi donc, 95 millions de FMG, ça ne fait jamais que 19 millions de MGA, soit – au jour d’aujourd’hui – 6 940,12 EUR. Une cagnotte de 7 000 EUR, c’est évidemment nettement moins que 95 millions de FMG, et cela continue à relativiser mon ego !

Pour les Malgaches, assurément, c’est appréciable ! Celui qui gagnerait cette somme aurait de quoi voir venir pendant un certain temps, sans que ce soit un temps certain ! C’est d’ailleurs pourquoi ils préfèrent s’imaginer 95 000 000 que 19 000 000 ! Le FMG est encore bien vivace, surtout dans les villes…

La première fois que je suis venu à Madagascar, c’était en 2004, soit quelques temps après la réintroduction officielle de l’ariary. Ne sachant pas trop quelles étaient les possibilités de paiement, j’avais changé quelques euros dès mon arrivée à l’aéroport, vers deux heures du matin. Un peu endormi et stressé, je n’avais pas trop fait attention à ce que le préposé me donnait, supposant pouvoir lui faire confiance. Mais j’avais entendu un gros chiffre…

Arrivé à l’hôtel, je regarde le paquet de billets reçus et, là, mon sang se fige ! Il y avait beaucoup moins que le chiffre qui m’avait été dit ! À peine arrivé dans ce pays encore inconnu, je me faisais déjà arnaquer ! J’ai recompté plusieurs fois, arrivant à chaque fois à la même conclusion ! Jusqu’au moment où, bien sûr, j’ai remarqué l’inscription « ARIARY 5000 » et en petits caractères « 25 000 FRANCS ». J’ai alors compris mon erreur et l’inutile suspicion qui était en train de naître en moi vis-à-vis du peuple malagasy. Une fois de plus, mon ego était – au moins – cinq fois trop fort !

vendredi 11 février 2011

Place aux citoyens

Ils l’ont fait ! Il a fini par démissionner. Un dictateur en moins, moins d’un mois après le précédent ! À qui le tour ? Il y en a quelques-uns encore à faire disparaître. Les Tunisiens et les Égyptiens ont montré comment il fallait faire : apparemment, il suffit de le vouloir, de le clamer… et surtout – comme beaucoup l’ont dit – de ne plus avoir peur !

Il est trop tôt encore pour faire une analyse politique fine. Seul l’avenir nous apprendra quel sera l’impact de ces mouvements populaires. Mais les choses ne seront plus jamais comme avant. Du moins si ces peuples parviennent à ne pas se faire voler leur révolution.

L’Égypte est au cœur du Moyen Orient, une zone dont la fragilité est extrême, à l’image des pensées extrémistes qui nourrissent de nombreux dirigeants qui s’imaginent œuvrer pour le bien de leur peuple, voire du monde. Le défi est immense : arriver à ce que le départ forcé des dictateurs soit source de paix, et non pas de haine exacerbée, de tensions supplémentaires.

Tout le monde se sent aujourd’hui un peu Égyptien. Nous sommes tous citoyens. Citoyens du monde. Qui aurait pu croire d’ailleurs, il y a un an encore, qu’un réseau comme Facebook, avec tous ses défauts et toutes ses limites, pourrait devenir un outil central de révolte citoyenne ?

Il y a là un mouvement inéluctable. Ce ne sont plus quelques activistes qui mènent une révolution. C’est tout un peuple, en contact permanent grâce aux technologies de communication. Et ce peuple n’est lui-même plus seul : il est en relation avec le monde entier, avec tous ceux – ils sont très nombreux – qui, de par le monde, sont empreints de liberté ! Les dictateurs de tous bords ont de quoi s’inquiéter, car il n’y a en fait aucune raison que le mouvement s’arrête.

Il ne faut pas rêver évidemment. Ils ne vont pas tous disparaître comme ça, comme si on jouait aux quilles ! N’empêche, place aux citoyens !

mardi 8 février 2011

Saleté de temps

FMG © 2011

Normalement, c’est la saison des pluies ! Pourtant, il n’arrête pas d’y avoir un soleil éblouissant, lumineux, narquois, altier… C’est à désespérer des saisons !

Pendant ce temps-là, les récoltes ne se préparent pas à ce qu’elles devraient être. Les grains de riz sont petits. Les pousses ne sont pas aussi vertes et nourries qu’elles devraient l’être. Dans un pays qui se débat avec une crise politique aussi vaine qu’inutile, il fallait bien ça ! Si seulement il pouvait pleuvoir.

Mais ici aussi, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient. Au lieu d’un ciel noir, seul un ciel bleu transparaît. Avec bien sûr quelques nuages ici ou là, mais ça, c’est habituel.

Évidemment, il y a un avantage. Qui dit « pas de pluie » dit aussi « pas de cyclone ». Les régions qui redoutent ceux-ci et leurs effets dévastateurs doivent bénir le ciel d’être aussi clément pour le moment. J’avoue, c’est un argument de poids.

N’empêche, tout à l’heure, ayant rejoint mon hôtel après une bonne journée de travail, je suis allé me détendre un peu en nageant dans la piscine. Vous ne me croirez pas, mais avec ce soleil couchant au sommet de sa forme, j’ai été obligé – toutes les deux longueurs – de fermer mes yeux quand ma tête sortait de l’eau, tant j’étais ébloui par cette lumière infâme ! Avouez, il y a de quoi râler. Vraiment, tout fout l’camp !

lundi 7 février 2011

Boucherie

FMG © 2011

Un étal de boucherie, comme il y en a tant à Madagascar. La viande pend à l’air libre. Pas si libre que ça d’ailleurs : c’est le long des rues où la pollution ambiante règne en maître. La chaîne du froid, on ne connaît pas. Combien de temps reste ainsi cette viande dans des températures entre 20°C et 30°C ?

C’est pourtant là que la plupart des Malgaches achètent leur viande. Ce n’est pas le centre de leur alimentation : le riz n’est pas près d’être détrôné ! Et lorsqu’il y a de la viande, elle est toujours bien cuite en espérant que toutes les bactéries soient ainsi détruites.

N’empêche, j’ose espérer que la viande que je mange ici provient de boucheries plus sophistiquées… Juste un espoir, certainement pas une certitude. Ça n’empêche d’ailleurs pas les gens de continuer à vivre. Bien sûr, l’espérance de vie est plus courte que par chez nous, mais ce n’est pas uniquement à cause de la viande !

C’est parfois aussi pour des raisons bassement politiques. Il y a juste deux ans, le 7 février 2009, à quelques centaines de mètres d’où je suis, il y eut une effroyable boucherie. Le samedi rouge. 28 morts, tombés sous les feux de la garde présidentielle. Toute la lumière n’est pas encore faite sur ces événements, tant ceux qui ont précédé – notamment le « lundi noir » – et ceux qui ont suivi. Depuis lors, la situation stagne… C’est la « transition », sans doute encore pour longtemps.

Tout ça pour quoi ? Pour pas grand chose. Quoi de plus atroce que de mourir dans la rue, abandonné comme un vulgaire morceau de viande ?