mardi 28 juin 2011

Légèreté de l'été

Il faut dire les choses comme elles sont : l’avantage de journées ensoleillées comme aujourd’hui, c’est non seulement de profiter de la chaleur et d’une certaine légèreté de vie, mais c’est aussi de profiter de la beauté et d’une certaine légèreté vestimentaire des filles !

Traversant la ville durant l’heure de midi, j’ai pu m’émerveiller devant tant de grâce. Cela ne durait jamais qu’un instant, juste le temps de croiser de charmantes demoiselles, pour aussitôt les oublier et en regarder d’autres. « Juste pour le plaisir des yeux » comme dirait l’autre.

Ces regards croisés ne font pas de moi un pervers. Enfin, je n’en ai pas l’impression. Ce n’est en réalité qu’un souffle de fraîcheur qui partage son apesanteur. Simplement des petits bonheurs.

Ce n’est pas nouveau. J’en ai fait en son temps une chanson - encore une valse -, sans aucune prétention ni malice : Les jupettes. La voici !


Avant d'écouter "Les jupettes", arrêtez le lecteur à droite.

J’ai vu des jupettes
Qui m’ont fait blêmir
De belles gambettes
Dont je ne saurais dire
Si c’est la forme douce
Qui nourrissait mes fantasmes
Ou la longue pousse
Qui allumait ma flamme
Mais ce que je sais
C’est qu’un peu de chair fraîche
A pu décocher
Dans mon cœur quelques flèches
Et qu’un bout de tissu
Formé de quelques plis
À ce point m’a ému
Que j’en suis tout épris

Une petite robe noire
Sur des jambes dénudées
Qui me ferait croire
Que je les ai possédées
De fines bretelles
Aux épaules arrondies
D’une demoiselle
Encore bien plus jolie
Et mon rêve est atteint
Le bonheur est entier
Je suis comme un gamin
Aux yeux émerveillés
Rien qu’un bout de tissu
Formé de quelques plis
Fait d’une cuisse aperçue
Un bien beau paradis

François-Marie GERARD - FMG © 2004

samedi 25 juin 2011

De petits cailloux sur la plage

FMG © 2011

Les lecteurs fidèles de ce blog auront remarqué que les nouveaux messages s’y font plus rares. Selon toute vraisemblance, cela ne devrait pas changer.

Difficile d’en cerner, et a fortiori d’en expliquer, toutes les raisons. Il y a de la lassitude. Il y a la peur de tourner en rond, de répéter ce qui a déjà été écrit. Il y a l’émergence de nouveaux moyens de communication, dont les réseaux sociaux même si ceux-ci ne remplacent en rien ce que peut apporter un blog. Il y a ce questionnement permanent, autant envoûtant que fatigant, « mais de quoi vais-je bien pouvoir parler ? ».

Il y a sans doute aussi le fait que je n’ai jamais réussi à faire naître un véritable dialogue avec des lecteurs. Depuis toujours, les commentaires sont relativement rares sur ce blog et sont le plus souvent issus de quelques personnes amies. Moi, ce qui me plairait bien, c’est d’avoir des débats, des échanges d’idées. Rien de tout cela. Les messages qui pour moi sont les plus importants, ceux où je dis vraiment quelque chose, sont aussi la plupart du temps ceux qui ne provoquent aucun commentaire. En ai-je trop dit ? Mes positions sont-elles trop tranchées, l’air d’avoir tout dit sur la question sans possibilité de dialogue ? Abordé-je des problématiques qui n’intéressent personne ? Je n’en sais rien et avoir les réponses à ces questions ne changerait rien : l’évidence est que je ne suis pas arrivé à créer les réactions.

Le blog Réverbères reçoit quotidiennement une série de visites. Actuellement, il en reçoit environ 80 par jour, ce qui n’est pas mal ! Il faut pourtant reconnaître que la majorité de ces visites ne sont que fortuites. Le message le plus visité pour le moment – et de tout temps d’ailleurs – est sans conteste le billet « Merci ». Un titre : merci ! Une image : merci ! Un message : merci ! Et quelques commentaires. Si ce message est le plus lu, c’est tout simplement parce que pas mal de personnes cherchent à dire merci. Alors, elles vont dans Google et tapent « merci ». La quatrième image qui leur est proposée (la plus belle) vient de chez Réverbères ! Idem si vous tapez « cirque » : cette fois, c’est même la première image (mais il y a moins de gens qui cherchent une image de cirque). En soi, cela me plaît bien que le message « Merci » soit le plus visité. C’est celui où j’ai sans doute le mieux réussi à dire ce que j’avais à dire ! Mais enfin, on ne peut pas dire pour autant que tous ces visiteurs s’intéressent vraiment à ce que raconte Réverbères !

Le blog est également lisible à partir du site Paperblog.fr. C’est une reconnaissance de qualité puisque c’est à la demande de ce portail que mes articles y sont également publiés. Cela accroît nettement le nombre de lecteurs, du moins si on en croit leurs statistiques. Par exemple, selon eux, le billet « Quand un prof devient élève… » aurait été lu 9 fois sur Réverbères pendant qu’il aurait bénéficié de 187 lectures sur Paperblog.fr !

Enfin bref, je sais que ce blog n’est pas nul ! C’est bien pourquoi je n’ai aucune intention de l’arrêter complètement et encore moins de le supprimer. Simplement, je n’en fais plus une nécessité, comme cela a pu être le cas en certaines périodes.

De toute façon, pour moi, l’expérience a été – est – plus qu’enrichissante. J’ai pu exprimer ici des tas de choses qui n’auraient pas été possibles autrement. Je l’ai toujours fait avec une certaine exigence de qualité d’écriture… et j’estime que j’ai écrit de belles lignes parfois. J’ai pu développer un certain style et, même s’il ne suscite guère de commentaires, je sais que celui-ci a pu être apprécié par plus d’un lecteur. Bref, au bout du compte, le bilan est plus que positif. Simplement, j’ai besoin de laisser couler un peu les choses…

Tiens, juste avant de publier, je constate que ce billet est le 500e depuis l’existence de Réverbères ! Ça fait quand même quelque chose ! Belle occasion de marquer le coup ! Comme de petits cailloux sur la plage…

lundi 20 juin 2011

Frustration désactivée

En préparant mon dernier billet, je m’apprêtais à placer la chanson Condamnés de Graeme Allwright. Depuis longtemps, j’utilise à cet effet un « site » de Google sites qui ne servait qu’à cela : y héberger quelques chansons – les miennes en grande majorité – afin de pouvoir les écouter en streaming sur mon blog.

Quelle ne fut pas ma stupeur de constater que le dit site n’existait plus, soi-disant « désactivé ». Non seulement je ne pouvais plus y placer de nouvelles chansons, mais aussi et surtout toutes celles qui y étaient présentes avaient purement et simplement disparu. D’une existence virtuelle, elles étaient passées à une inexistence radicale ! Quel choc !

J’ai bien essayé de restaurer mon compte et d’en savoir plus… mais tout cela ne servait à rien. Ce site est définitivement rayé de la carte internétique, comme d’autres sites googliens. Je ne sais pas très bien pourquoi et je ne suis vraiment pas convaincu d’avoir violé la moindre condition d’utilisation. De plus, il ne me semble jamais avoir été informé d’une quelconque violation ni avoir été averti d’une prochaine disparition soudaine.

Ce n’est pas très dramatique. J’ai simplement dû chercher une autre solution – l’utilisation de Dropbox (si ça vous intéresse, prévenez-moi : cela me permettra d’avoir quelques 250 Mb disponibles en plus gratuitement) – et celle-ci me convient fort bien tout en m’offrant une meilleure maîtrise de la gestion (jusqu’à la prochaine disparition de ce service gratuit ?). N’empêche, j’ai dû retrouver et modifier la quinzaine de billets qui proposaient d’écouter une chanson et faire tout ce qu’il fallait pour y arriver ! Temps précieux bêtement perdu, sans compter la néfaste autant que funeste frustration.

PS écrit le 17 mars 2017 : Depuis ce 15 mars, Dropbox a désactivé son "Dossier public", rendant du même coup tous mes liens musicaux inutilisables ! J'ai trouvé une solution, mais n'empêche, il m'a fallu à nouveau tout transférer et modifier.

Tiens, rien que pour désactiver cette foutue frustration, je vous offre La valse des vexations. C’est une chanson un peu déjantée, destinée à faire sourire ceux qui se laisseront séduire. Rien d’extraordinaire, mais plus de profondeur qu’on ne pourrait le croire à une première écoute. Allez, valsez bien !

Avant d'écouter "La valse des vexations", arrêtez le lecteur à droite.

Qu’y a-t-il de plus énervant
Que de pénétrer dans un WC
Et de se retrouver devant
Une planche éclaboussée
Parce qu’un mec est passé par là
Voulant marquer son territoire
En laissant un peu de son éclat
Comme si c’était obligatoire
Passe encore que certains ne savent pas
Que des chaussettes ont un envers et un endroit
Que chacun le fasse comme il le sent
Car en ce domaine le plus important
Est comme en politique ma foi
De savoir où est la gauche où est la droite
Cela dit, il y a de fortes chances
Qu’en arrivant dans ce local
Le mec a trouvé une planche
Qui refuse de rester verticale
C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile
De devoir tenir son engin
En essayant que ne vacille
Cette planche tenue par l’autre main
Mais le sommet de la vexation
C’est de constater que pas mal de gens
Malgré toute leur éducation
Ignorent ce qui est évident
Un rouleau de papier WC
Doit s’installer nécessairement
De telle sorte qu’il puisse se dérouler
Les coupons allant vers l’avant
François-Marie GERARD - FMG © 2005

samedi 18 juin 2011

La crise

En mai 1968, j’avais 14 ans. Je ne comprenais pas tout dans ce qui était en train de se passer, mais j’étais impressionné. Ma conscience politique était en train de naître, avec des idéaux de liberté, de solidarité et d’originalité. Elle ne m’a jamais tout à fait quitté, même si au fil du temps l’un ou l’autre accent a été plus évident. Ce qui ne m’a pas quitté non plus depuis lors, c’est « la crise » !

La crise était et est partout : crise économique, crise financière, crise morale, crise religieuse, crise de nerfs, crise politique, crise écologique, crise climatique, crise conjugale, crise d’adolescence, crise nucléaire, crise de l’énergie, crise monétaire, crise cardiaque, etc.

Il ne me semble pas avoir eu une vie réellement consciente sans qu’on me parle de crise. Dont on ne semble jamais sortir. Il y a de quoi vraiment désespérer.

Pourtant, malgré la crise, des millions de personnes gardent espoir. Ils ne se résignent pas. De nombreux – de plus en plus nombreux même – s’indignent ! C’est là une des composantes essentielles qui fait l’humain, comme le rappelle Stéphane Hessel dans son petit livre Indignez-vous ! : « la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence ». Depuis 1968, j’en ai vu des gens s’indigner et résister de manière non violente. Peut-être y en a-t-il plus encore aujourd’hui. L’histoire est en marche. Contre la crise !

N’est-ce pas ce que nous chante, depuis 1979 déjà, l’extraordinaire Graeme Allwright, dans sa chanson Condamnés :


Avant d'écouter "Condamnés", arrêtez le lecteur à droite.

I've had a lot of trouble
I've had my share of pain
I wouldn't want te go back
Through that all again
l'm just here to tell you
What you already know
You know, you know, you know
You know, you know, you know.

J'ai eu mon lot de larmes
J'ai eu ma part de peine
Dans le silence et le vacarme
La lutte n'était pas vaine
Ce n'est pas pour vous séduire
Si je suis encore là
C'est seulement pour vous dire
Ce que vous savez déjà.

Condamnés à s'entendre
Condamnés à la paix
Condamnés à se comprendre
Condamnés à s'aimer
Malgré les apparences
On ne peut pas faire demi-tour
Il faut conclure une alliance
Ou être des cons damnés tout court

Tous mes amis me disent
Ça ne peut plus durer comme ça
On a par dessus la tête de la crise
Il faut mettre le haut-là
On y va, on y va c'est sûr
Je mettrai ma main au feu
On va tomber comme un fruit mûr
Dans la conscience de Dieu.

Le sens de l'histoire
Peut nous sembler insensé
On ne voulait pas le croire
Mais ça va arriver
Condamnés à s'entendre
Condamnés à s'aimer
Et enfin à tout prendre
On veut bien être condamnés

I've had a lot of trouble
I've had my share of pain
I wouldn't want te go back
Through that all again
I'm just here to tell you

vendredi 17 juin 2011

Au-delà de l'objectivité

Dans de nombreuses situations, les gens recherchent des informations objectives. Combien y a-t-il d’arguments qui sont cassés par un simple « Oui, mais ça, c’est subjectif ! ». L’objectivité est importante, bien sûr. Mais ce n’est pas elle qui permet de comprendre et de donner du sens aux choses.

En Europe, il y a en moyenne 10% de chômage. C’est une information objective, même si elle n’est qu’une « moyenne » et qu’il y a donc des régions où ce pourcentage est bien plus élevé, comme d’autres où il est infime.

Dix pour cent de chômage, est-ce un bien ou un mal ? Le politiquement correct incite à dire que c’est un mal et tous les États mènent des politiques dans l’espoir de réduire ce taux. Le travail est considéré comme une valeur en soi qui est nécessaire pour l’épanouissement tant individuel que collectif. D’un point de vue plus pragmatique, c’est grâce au travail que les sociétés peuvent générer la sacro-sainte croissance. Plus il y a de travailleurs, plus il y a production de richesse… ce qui permet notamment d’assurer les systèmes de sécurité sociale et le paiement des pensions à ceux qui ont terminé leur carrière. Voilà pour le politiquement correct.

Cependant, quand on y réfléchit, il faudrait peut-être changer le regard. On serait ainsi peut-être amené à penser que 10% de chômage, ce n’est pas assez et qu’il faudrait tout faire pour l’accroître. Il ne faut pas être diplômé en sciences du travail pour savoir qu’un des fléaux sévissant dans les entreprises est le nombre important de travailleurs qui n’en ont rien à faire. Ils ne rêvent que d’une chose : cultiver leur potager ou se promener dans les champs… Ils sont un véritable poids pour les entreprises, sont malheureux et coûtent à la société, car ils sont souvent absents, malades, etc. Bref, ce serait bien plus simple de les renvoyer définitivement à leurs loisirs et de ne travailler qu’avec ceux qui souhaitent le faire (ils sont certainement plus nombreux qu’on ne voudrait bien le croire a priori).

Je lisais dernièrement que Bruxelles est la ville la plus embouteillée d’Europe, spécialement aux heures de pointe. Pourquoi ces embouteillages existent-ils ? Parce que tout le monde va travailler au même moment et au même endroit. Il suffirait que la moitié de ces personnes n’aille plus travailler pour qu’il n’y ait plus d’embouteillages, ce qui résoudrait à la fois les problèmes de mobilité et de pollution.

Je pourrais continuer à démontrer que le problème du chômage est qu’il n’y en a pas assez. C’est évidemment une vue subjective. À partir de la même information « 10% de chômage », on peut avoir trois positions : certains diront que c’est très bien ainsi, d’autres que c’est mal et qu’il faut réduire ce taux, d’autres enfin que c’est mal, mais qu’il faut accroître le nombre de chômeurs.

Qui a raison ? Chacun donnera la réponse qui lui convient. En toute subjectivité. Celle-ci est importante. C’est par elle qu’on existe. « Je pense, donc je suis ». L’information objective est importante, car elle permet de situer les choses. Mais elle ne permet pas de leur donner sens. Pour cela, seules les visions subjectives et complémentaires des gens sont indispensables. Lorsqu’on lit un avis avec lequel on n’est pas d’accord, il est peu intéressant de se dire « Quel c…, il n’a rien compris ! ». Il est plus intéressant de penser qu’il y a là une autre subjectivité que la sienne, qui apporte peut-être un autre éclairage et qui peut enrichir notre manière d’aborder les choses. Vous n’êtes pas d’accord avec moi ? Oui, mais ça, c’est subjectif !