mercredi 23 décembre 2015

Internet, sans coût ?

Grand utilisateur d’Internet, j’ai souvent l’impression – comme vous, je suppose – que son usage est sans coût. Bien sûr, je paie (cher) l’abonnement à mon fournisseur d’accès, mais ensuite, tout est gratuit ! Erreur monumentale ! Le coût écologique du Web est immense !

Je ne vais pas ici asséner une myriade de chiffres. Ceux-ci peuvent aisément être trouvés par ailleurs. Juste quelques éléments :
  • les technologies de l’information et de la communication (TIC) seraient responsables de deux à trois pour cent des émissions de CO2 dans le monde, soit l’équivalent de celles du transport aérien ;
  • Internet nécessite environ 1000 TWh, soit l’énergie annuelle produite par 40 centrales nucléaires ;
  • les consommateurs – vous et moi – comptent pour 47% des gaz à effet de serre émis par Internet (fabrication du matériel, consommation électrique…) ;
  • une recherche d’information coûte 20 mg de CO2, ce qui fait pour Google 7 tonnes de CO2 par jour (7 ans de chauffage pour un appartement 3 pièces) ;
  • l’envoi d’un courriel engendre entre 0,3 g et 4 g de CO2, selon le volume des pièces jointes ; avec plus de 200 milliards de courriels annuels, cela équivaut à l’empreinte environnementale de plus de 3 millions de voitures par an ;
  • chaque année, un internaute consomme l’équivalent de 350 kWh (consommation moyenne de 2 lave-vaisselle par famille) et 200 kg de gaz à effet de serre (trajet de 1000 km avec une voiture consommant 7 l/100 km)…
La question à se poser est évidemment de savoir si on peut y faire quelque chose. Selon GreenIT.fr, il y a des gestes simples à poser, même s'ils peuvent bouleverser nos habitudes :
  • allonger la durée de vie des équipements, car c’est la fabrication de ceux-ci qui a la plus grande empreinte environnementale ;
  • éteindre le modem et le boîtier TV quand ils ne sont pas utilisés, essentiellement la nuit. Allumés 24 heures sur 24, ces appareils consomment ensemble de 150 à 300 kWh par an, soit la consommation électrique annuelle de 5 à 10 ordinateurs portables 15 pouces utilisés 8 h par jour ;
  • limiter l’usage du cloud au strict nécessaire. Le stockage en ligne de ses courriels, photos, vidéos, musiques, et autres documents impose des allers-retours incessants entre le terminal de l’utilisateur et les serveurs. Or, transporter une donnée sur Internet consomme 2 fois plus d’énergie que de la stocker pendant 1 an ;
  • ne pas regarder la télévision via Internet, la vidéo en ligne représentant plus de 60% du trafic internet…
Il y a bien sûr des choix à faire aussi au niveau des fournisseurs d’accès, des concepteurs de sites, des centres de stockage des données, etc. Globalement, ceux-ci sont conscients du problème et s’efforcent d’y apporter des solutions. Ils y ont intérêt d’ailleurs. C’est moins clair pour les constructeurs de matériel dont on connaît la propension à l’obsolescence programmée. C’est pour cela qu’à un niveau individuel il convient de prolonger au maximum la vie d’un équipement, notamment en le recyclant d’une manière ou d’une autre.

Au bout du compte, l’important est d’abord d’avoir conscience de ce coût écologique. Ces gestes qui sont devenus anodins – envoyer un courriel, stocker des photos, regarder une vidéo, utiliser les réseaux sociaux… – ne le sont finalement pas tant que ça ! Il est évident qu’ils ne disparaîtront pas. Au contraire, on a toutes les raisons de croire que le numérique continuera son ascension dans nos petites vies. Mais toute petite goutte qu’on pourra économiser évitera peut-être que l’océan déborde trop vite !

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