mercredi 31 mai 2017

Orto Graf

On me reproche périodiquement – sans doute avec raison – d’être trop pointilleux, voire tatillon, face à certaines erreurs d’orthographe rencontrées ci et là sur la grande toile. Je ne le nie pas, même si les erreurs que je relève sont bien moins nombreuses que toutes celles que je vois sans réagir.

Oui, j’accorde de l’importance à l’orthographe et j’en ai une certaine maîtrise. Ce ne fut pas toujours le cas. Quand je relis certains de mes écrits, je suis souvent effrayé ! Il ne faut pas croire que cette maîtrise m’est venue comme ça, naturellement. Non, j’ai dû beaucoup travailler pour en arriver là, j’ai dû plus d’une fois chercher à vérifier ce que j’écrivais pour constater la plupart du temps que je me trompais, j’ai dû lire de nombreux documents pour analyser comment notre orthographe française fonctionne pour conclure plus d’une fois qu’il n’y a là aucune logique.

Ce fut une partie de mon travail dans de nombreuses situations : relire des documents – que j’en sois l’auteur ou non – pour y traquer la moindre coquille, la moindre licence par rapport aux règles, la moindre virgule manquante, l’espace inexistante ou superflue*, etc. J’ai – je crois – développé certaines compétences à ce niveau et c’est bien pour cela qu’on continue à me solliciter pour quadriller des textes divers. C’est devenu une seconde nature : mon œil de lynx est autonome et il suffit qu’il y ait une seule coquille dans un document pour qu’il la repère. Avec toujours alors la même question : que faire ? Si on m’a sollicité pour relire, il n’y a évidemment aucune hésitation : je corrige. Mais si on ne m’a pas sollicité, dois-je me taire ou signaler l’erreur qui soudain devient l’arbre qui cache la forêt ? Je n’ai pas de réponse définitive. Parfois je dis, parfois je me tais. Quand je dis, soit on me remercie, soit on ne me dit rien, soit on me tombe dessus ! Quand je me tais, on me reproche parfois de n’avoir rien dit ! Allez savoir…

Je suis ce que je suis et je crois que je continuerai à repérer la moindre erreur d’orthographe. Je parle bien d’ « erreur ». La notion de « faute » d’orthographe m’est inconnue. Personne ne se trompe pour se tromper. Par contre, il est quasi impossible de maîtriser toute l’orthographe française. Croyez-moi : des erreurs, j’en fais aussi. Et je suis toujours heureux quand on me les signale.

N’empêche, certaines erreurs sont parfois amusantes. Les exemples ne manquent pas. Juste avant d’écrire ce billet, j’en ai vu une belle. Dans une conversation à propos d’un ancien bistrot tenu avec beaucoup de cœur par un couple dont la femme s’appelait Léa, j’ai lu ce commentaire : « Oui, par après, elle fessais la livraison du nous deux à domicile ». Je n’ai rien signalé, mais j’ai souri. J’imaginais cette charmante Léa venir fesser à domicile ce couple souriant !

Croyez-le ou non : ce billet n’est qu’un sourire béat !

*En typographie, l’espace est bien un mot féminin.

mardi 30 mai 2017

Chien gentil

Je suis actuellement impliqué dans une discussion Facebook sur les chiens et la peur qu’ils peuvent engendrer. Au départ, cette banale photo à propos de laquelle une amie (que je considère comme telle) annonçait « Prêtes à aller aboyer sur les passants qui oseraient passer dans la rue devant leur domaine ».

Tout en percevant l’humour qu’il y avait dans ce post, je n’ai pas pu m’empêcher de réagir. Je ne supporte pas les chiens qui aboient pour défendre leur domaine, aussi « gentils » soient-ils. Ces chiens devraient – selon moi – être abattus, et leurs maîtres punis.

Clarifions la situation : dans ma vie un peu bohême, il m’est arrivé de vivre avec trois chiens différents. Ils n’étaient pas à moi, mais je n’ai jamais eu le moindre problème avec chacun d’entre eux. J’ai même chaque fois vécu de bons moments. Aucun des trois cependant n’a jamais aboyé bêtement pour un passant qui passait. Je crois que j’ai vécu – heureusement – avec des chiens intelligents qui ont autre chose à faire que d’aboyer sur les passants qui oseraient passer dans la rue devant leur domaine… Je crois surtout que leur(s) maître(s) n’aurai(en)t jamais accepté que ce(s) chien(s) puisse(nt) provoquer le moindre problème vis-à-vis du « commun des mortels ».

La question abordée ici n’est pas de savoir si oui ou non on aime les animaux. J’avoue ne pas avoir de passion pour eux, mais en soi, je n’ai pas de blocage non plus. Et je suis convaincu que pour des milliers de personnes, avoir un chien est un réel bonheur. Là n’est pas le problème. Malheureusement, beaucoup de propriétaires de chiens ne semblent pas le comprendre.

Dans le débat que j’ai eu, j’ai notamment évoqué une chouette promenade réalisée avec mes deux petits-enfants, Élise – un an – tapie dans sa poussette et Alexis – bientôt 4 ans – jouissant librement de la découverte d’un univers calme et résidentiel. En fin de parcours, à 10 mètres de la maison, nous avons rencontré un couple avec un chien. Sans laisse. Il s'est lancé vers nous. Certainement pour s’amuser. Mais Alexis a eu peur et logiquement s'est déplacé vers le centre de la rue. À ce moment, une voiture arrivait derrière nous. L'accident – qui aurait pu être dramatique – fut évité de justesse. La seule chose que le couple a réussi à me dire est "Mais il est très gentil". Je n’en ai pas douté une seule seconde. Devais-je moi-même tenir mon super Alexis en laisse pour qu’il ne puisse pas vivre sa vie d’enfant librement et sans danger ?

Cet exemple n’en est qu’un parmi beaucoup d’autres. Moins souvent que je ne le voudrais, mais souvent quand même, je me promène. À chaque promenade, il m’arrive d’avoir peur, au moins une fois. Tout simplement parce qu’un chien commence à aboyer. Jusqu’à présent, cela se limite à une peur. Ce n’est pas agréable, mais pas mortel non plus. Ce ne sont parfois que de petits aboiements de petits clebs qui ont en fait plus peur que moi. Mais le plus souvent, ce sont des chiens qui – s’ils étaient lâchés – ne feraient en réalité qu’une purée de mes mollets.

En écrivant ce billet, mon objectif n’est pas de m’attaquer à tous les propriétaires de chiens. Ils les aiment et c’est bien leur droit. Mon objectif est simplement de dire que tout le monde n’aime pas les chiens et que c’est bien leur droit aussi. Il y a des règles à respecter. Un, ne jamais accepter qu’un chien aboie sans raison. Et « défendre son territoire » n’en est pas une. Deux, ne jamais promener un chien sans laisse. Tout simplement parce qu’il est impossible de savoir ce qui se passera quand le chien rencontrera des gens qui tout simplement se baladent, sans devoir se soucier d’un animal qu’ils ne connaissent en aucune manière.

Malheureusement, devant la simplicité et l’évidence de ces règles de savoir-vivre, je ne suis pas sûr d’être entendu. Et c’est bien triste ! La vie est merveilleuse. Ne nous-la laissons pas pourrir !

samedi 27 mai 2017

Nos priorités pour un monde meilleur

À l’instigation de ce sage et saint homme qu’est le nouveau président des États-Unis, ce cher Donald Trump, la Belgique vient de se faire crosser par le Secrétaire général de l’OTAN pour le budget qu’elle consacre à sa défense (inter)nationale. Pensez donc : notre gouvernement a osé n’accorder au budget militaire 2016 que de misérables 0,85% du PIB. Nous nous classons ainsi au fond du fond de la classe ! Seul le Luxembourg fait moins bien (0,44% du PIB).

Lorsque j’ai entendu ces nouvelles, j’avoue avoir retrouvé un certain sentiment d’être belge ! Quel plaisir d’apprendre que mon pays ne dilapide pas son argent en dépenses militaires ! Oui, pour une fois, j’étais vraiment fier des décisions prises – jusqu’à présent – par ce gouvernement belge sur lequel j’ai énormément de doutes par ailleurs.

Je me souviens qu’en 1981 – ce n’est pas hier – j’avais pris le temps d’écrire à nos ministres de l’époque pour leur demander d’augmenter non pas le budget militaire, mais celui consacré à l’époque à l’aide publique au développement. Ce budget correspondait alors à 0,5% du PNB. La Belgique venait de confirmer son intention d’y consacrer 0,7% de son PNB. À l’époque, le ministre des Affaires économiques Willy Claes m’avait répondu de manière volontaire et engagée. Pour la petite histoire, il est à noter que Willy Claes est devenu, en 1994, Secrétaire général de l’OTAN. Il démissionna un an plus tard ayant été mis en cause dans une affaire de corruption relative à l'achat d'hélicoptères par la défense nationale belge. Mais bon, il s’était en tout cas en 1981 montré enthousiaste à l’idée de lutter contre la faim et la sous-alimentation dans le monde.

Plutôt que de vouloir consacrer aujourd’hui un budget de 2% du PIB à la défense nationale, je pense que plus que jamais il est indispensable d’augmenter le budget consacré à la coopération au développement. Ce budget correspond actuellement à 0,42% du PIB et ne cesse de diminuer depuis 2010. La Belgique ne peut cependant pas être considérée comme un mauvais élève à ce niveau puisqu’au niveau mondial, le taux moyen de contribution des pays donateurs correspond à 0,3% du PIB.

Une fois de plus, il s’agit de savoir quel monde nous voulons. Un monde fondé sur l’opposition, voire la guerre ? Ou un monde fondé sur la solidarité et l’entraide ?

mercredi 17 mai 2017

Le violoncelle

On m’a souvent demandé « Mais de combien d’instruments joues-tu ? ». Depuis longtemps, je réponds inévitablement « De tous ! Sauf l’accordéon diatonique et le violoncelle » ! En soi, un instrument de musique est toujours basé sur le même concept : des notes qui montent et descendent, avec certains écarts ! Il suffit donc de comprendre comment les notes d’un instrument montent et descendent et comment décider – selon l’instrument – comment se marquent les écarts. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

L’accordéon diatonique est un peu différent parce que, tout en poussant sur une touche, on n’obtient pas la même note (=le même écart) selon qu’on pousse ou qu’on tire. C’est une réelle difficulté, mais qui en réalité ne me semble pas insurmontable. C’est finalement le même principe qu’un harmonica, instrument qui ne m’a jamais paru présenter la moindre difficulté pour en faire quelque chose.

Le violoncelle me semble un univers complètement à part. C’est paradoxal pour moi qui suis officiellement « contrebassiste » (même si j’ai bien conscience de ne jamais pouvoir être identifié comme un génie de cet instrument majestueux), la contrebasse étant finalement le seul instrument que j’ai appris par une voie « classique » (académie et tout ça) ! J’ai aussi joué du violon, notamment dans un des nombreux enregistrements que j’ai réalisé. Finalement, un violon n’est jamais accordé que comme une mandoline : une quinte juste, c’est-à-dire de la corde la plus grave à la plus aiguë, sol, ré, la et mi. Bref, juste l’inverse de la guitare ou de la contrebasse, mais avec les mêmes écarts.

Le violoncelle, c’est en fait la même chose : aussi des quintes, mais pas les mêmes : do, sol, ré et la (du grave vers l'aigu), comme en fait pour le violon alto. Pour un béotien, ça ne change pas grand chose. Mais pour un musicien, cela change tout. Peu importe finalement : ces écarts, je n’y comprends rien !

Mais j’adore le violoncelle. Sa sonorité, sa musicalité, sa diversité sont uniques et merveilleuses. Nous avons la chance, en Belgique, de vivre actuellement une session du Concours Reine Élisabeth consacré pour la première fois au violoncelle. C’est somptueux. Je n’ai vu  pour le moment - sur nos antennes nationales - que trois musiciens. J’étais scotché. Je ne sais pas s’ils sont dans les meilleurs ou non. Mais c’était sublime !

Je ne serai jamais violoncelliste. J’ai trop d’admiration pour cet instrument. Mais je peux dire que nous avons une chance inouïe, en Belgique, de voir et d’entendre un tel concours international se dérouler en nos terres et de pouvoir visionner et écouter cela sur nos antennes nationales, publiques, ouvertes à tous. C’est en réalité un cadeau sans commune mesure.

lundi 15 mai 2017

Les mots magiques

Cela fait quelques mois que je vois régulièrement passer ce panneau sur Internet. Apparemment, d’origine portugaise, il aurait été traduit en suédois, avant d’être internationalisé, notamment en français. Cela montre l’intérêt de la question abordée, à savoir la part de responsabilité dans l’éducation respectivement des parents et de l’école. En France, il y a par ailleurs depuis longtemps un débat entre les missions d’éducation et d’instruction. Soyons clairs : pour moi, ce panneau a tout faux.

J’ai hésité à écrire « tout faux » en majuscules dont les réalisateurs du panneau semblent – à tort – très friands. Mais bon, ne soyons pas (trop) mesquins !

Tous les apprentissages cités comme devant être réalisés « à la maison » ont effectivement celle-ci comme première source d’apprentissage. Et il est vrai que malheureusement ces apprentissages familiaux souffrent parfois de quelques déficiences. Aujourd’hui plus qu’hier ? Sans doute, même si cela resterait à prouver. Mais ces apprentissages fondamentaux n’ont jamais été l’apanage de la famille. L’école – déjà du temps de Socrate – a toujours visé le développement de ces comportements sociaux. Non pas pour se substituer aux familles, mais parce que ces apprentissages, appelés dans le jargon pédagogique des « savoir-être », sont tellement complexes et fondamentaux qu’il faut bien que tout le monde s’y mette pour espérer que le maximum d’enfants les maîtrisent. Finalement, ce sont aussi ces apprentissages qui feront, notamment, que l’enfant deviendra un citoyen libre, engagé et responsable. Nous avons tous connu, sous une forme ou une autre, des « points de conduite » portant sur notre politesse, notre ponctualité, notre respect des autres et de l’ambiance de travail, etc. Cette « évaluation du comportement » est globalement acceptée par tout le monde. Elle pose des problèmes éthiques et méthodologiques importants que j’ai traités par ailleurs. Mais elle montre de toute évidence l’importance majeure que l’école apporte – et doit apporter – au développement de comportements sains, respectueux et responsables.

De son côté, l’école se consacre bien évidemment aussi aux apprentissages « cognitifs », qui sont eux aussi des « mots magiques » : les mathématiques, les langues, les sciences tant humaines que naturelles ou exactes, l’éducation physique, etc. C’est sans doute sa fonction première. Oui, l’école « instruit ». Mais elle n’est pas seule à le faire. Imagine-t-on des parents qui ne stimuleraient pas leurs enfants à marcher et faire des cumulets, à compter les bonbons pour savoir s’il y en aura assez pour tout le monde, à admirer un paysage en expliquant en toute simplicité ce qui en fait sa beauté, à reconnaître et écrire son nom, à communiquer avec ceux qu’on rencontre (même si c’est dans une langue étrangère), à observer et comprendre en termes simples un phénomène scientifique, etc. ? À nouveau, ces apprentissages fondamentaux n’ont jamais été l’apanage de la seule école. Aujourd’hui plus qu’hier, certainement. Car l’émergence d’Internet et tout ce qui l’accompagne ne font que donner à l’enfant une multitude de voies vers les apprentissages de base. Tant l’école que les parents doivent s’en rendre compte : les enfants d’aujourd’hui (et sans doute d’hier) apprennent en réalité bien plus en dehors de l’école et de la famille… Et c’est tant mieux.

Bref, ce panneau qui essaie d’opposer les apprentissages qui seraient réalisés en famille ou à l’école n’a pas de sens. Tous les apprentissages sont toujours et de manière indispensable réalisés tant en famille qu’à l’école, ou ailleurs encore…

Une dernière interpellation : la dernière phrase du panneau déclare sans sourciller qu’il faut partager le message « pour le bien de la nation » ! Alors là, on sombre évidemment en plein délire. Une telle prose est malheureusement celle de l’extrême-droite. Cela explique peut-être l’existence et le succès de ce panneau. On peut s’en inquiéter.

dimanche 14 mai 2017

Sus à l’antimacronite aiguë

Je ne me suis pas vraiment prononcé pendant la campagne électorale. D’une part, parce que je n’étais pas directement concerné : je suis Belge et – même si ce qui se passe en France sur le plan politique est passionnant – je reste sans droit de vote. D’autre part, j’avoue être resté – jusqu’au bout – très sceptique sur ce que les candidats proposaient. Macron a été élu. Depuis lors, je constate -  essentiellement sur FaceBook et de la part d’amis belges – une antimacronite aiguë. De toute façon, il a tort et il faut qu’il dégage !

Fidèle à mon billet précédent, « j’attends de voir ». Macron est-il un Président providentiel ou au contraire un Suppôt de Satan ? Je n’en sais rien. Qu’on lui laisse un peu de temps !

J’avoue que pendant toute la campagne électorale, j’ai toujours été dérangé par le postulat « Macron ancien banquier = Macron à la solde des banques ». Je suis un ancien scout. « Scout un jour, scout toujours ». Je le reconnais et je revendique cette continuité. Mais enfin, à ce que je sache, il n’y a pas – comme chez les scouts – de « promesse de banquier ». Et quand bien même. J’ai en réalité fait deux fois ma promesse scoute. Cela veut dire que j'ai juré que « sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m'engage à faire de mon mieux pour servir Dieu, mon pays, etc. ». C’était un autre temps. Je ne renie pas mon engagement, mais aujourd’hui, je refuserais une telle formulation. J’ai changé. Je ne renie pas ce que j’ai été. Mais je suis ce que je suis. Non pas ce que j’ai été. Cet exemple n’est qu’un exemple parmi d’autres. Je refuse de penser qu’un être humain soit enfermé dans son passé. Je ne dis pas que ce passé n’a pas d’importance. Je dis seulement que celui-ci ne conditionne pas éternellement un individu. Heureusement !

Jusqu’à preuve du contraire, Macron semble vouloir faire « autrement ». Ce qu’il dit et son parcours semblent indiquer la voie à une autre manière de faire, loin de l’opposition classique gauche-droite. Certains me diront que ce n’est que de l’enfumage. J’aimerais savoir ce qui leur permet de le dire. J’en connais qui diront que c’est évident étant donné que seule « la lutte des classes » importe. Je n’ai rien à redire à cet argument, si ce n’est que le concept me semble totalement dépassé, non pas tant dans sa réalité fondamentale que dans sa formulation. Je ne suis décidément pas convaincu qu’une quelconque « lutte » puisse mener quelque part. Pour moi, comme je l’ai chanté, « il n’y a guère de guerres qui en valent la peine. Même les guerres de naguère ne conduisent qu’à la haine. Toute guerre est vulgaire et tout à fait vaine ». La lutte des classes n’est qu’une guerre parmi d’autres.

Je ne suis pas macroniste. J’ai des doutes sur son programme. Il me semble un peu trop « beau » pour être vrai. Mais le minimum de l’intelligence me semble de lui laisser sa chance. Seul l’avenir détient un peu de vérité. Et comme l’écrivait Eugène Guillevic (merci Jean-Claude) : « On ne possède rien, jamais, qu’un peu de temps. »

lundi 1 mai 2017

J'attends de voir

Après 30 années passées en Flandre, j’ai donc émigré vers la Wallonie pour – au moins – un nouveau bail de 30 ans. Quand j’en parle autour de moi, la plupart des réactions consistent à dire « Ah, tu vas donc payer plus de taxes ! ». Ma réponse consiste toujours à dire « J’attends de voir ». Je commence à voir !

Nous sommes en Belgique en pleine phase de remplissage de déclaration d’impôt. Depuis longtemps, j’utilise la version électronique Tax-on-web, pour mon plus grand bonheur. Non seulement, cela m’a permis pendant des années d’entrer mes données en français contrairement à toutes les lois linguistiques flamandes, mais en plus cela permet de calculer à l’avance le montant des impôts. En ce qui me concerne, ce calcul préalable s’est toujours révélé exact au bout du compte.

Utilisant ce 1er mai pour encoder mes données – en réalité, juste entrer quelques données non encore pré-encodées – j’ai pu faire une première simulation. Premier constat : la taxe régionale flamande ou wallonne est exactement du même niveau : 35,117% de l’impôt fédéral. Deuxième constat : la taxe communale, en Flandre, était de 8% alors qu’en Wallonie, elle n’est (pour ma commune) que de 6%. Résultat : environ 360 EUR de différence, à mon avantage !

Certains me rétorqueront : « Oui, mais en Wallonie, il y a la taxe « TV », de 100 EUR par ménage » ! C’est vrai. Mais en Flandre, il y a l’Assurance Soins qui vise – et c’est très bien – à octroyer aux personnes sévèrement dépendantes une intervention dans les frais de soins non médicaux. Montant : 50 EUR par personne de plus de 25 ans, soit en ce qui me concerne 150 EUR. Différence entre les deux systèmes : 50 EUR, à mon avantage !

En Flandre, j’avais des panneaux solaires photovoltaïques. Comme je l’ai exposé ici, le système actuel de rémunération du réseau utilisé coûte 469 EUR par an. En Wallonie, cette taxe « prosumer » n’existe pas encore, même si elle devrait arriver. De plus, je n’ai pas (encore) de panneaux solaires. Mais globalement, j’épargne cette taxe de 469 EUR.

Je n’ai pas encore connaissance de toutes les taxes régionales et communales wallonnes. Je sais qu’en Flandre, je payais une taxe pour l’environnement de 50 EUR, une taxe pour l’enlèvement des immondices de 50 EUR aussi, sans compter que ma commune était passée au paiement « au poids » qui se révèle très coûteux ! À première vue, je devrais gagner une centaine d’euros en ayant déménagé.

Faisons les comptes : 360 EUR + 50 EUR + 470 EUR + 100 EUR = 980 EUR.

En d’autres termes, passer de la Flandre en Wallonie devrait me permettre de gagner environ mille euros grâce aux moindres taxes. Ce n’est pas un chiffre définitif. J’attends toujours de voir. Mais c’est interpellant par rapport à la vision largement partagée ! La rumeur…

Pour terminer, si je suis bien content de constater cette différence, je tiens à ajouter que pour moi, les taxes et autres impôts sont absolument indispensables, surtout quand ils ont du sens. Je préfère de loin payer 150 EUR pour une assurance soins basée sur la solidarité que payer 100 EUR uniquement parce qu’il m’arrive de regarder la télévision… Bref, j’attends de voir !