mercredi 13 mai 2015

Y a-t-il toujours une bonne réponse ?

FMG©2015


Finalement, qu’est-ce qui est plus joli ? Une pelouse laissée à l’abandon ou une prairie fraîchement tondue ? La gauche ou la droite ? Je ne doute pas un seul instant qu’il se trouvera des partisans acharnés de chaque position. Mais finalement, n’y a-t-il pas simplement la beauté ?

La plupart des gens passent leur temps à s’enfermer dans l’une ou l’autre conviction. De nombreux vont même jusqu’à injurier celles ou ceux qui ne pensent pas comme eux, tellement convaincus de l’infaillibilité de leur pensée. Pourtant, s’il se trouve une seule personne à penser autrement que moi, c’est que je n’ai pas tout à fait raison, non ?

Je n’ai bien sûr rien contre les convictions, quelles qu’elles soient. J’en ai moi-même de nombreuses et j’ai plutôt tendance à les défendre. Je n’hésite pas – parfois – à polémiquer, même si fondamentalement je ne me sens pas un « polémiste ». Simplement, parfois, je suis tellement étonné par certaines positions que j’exprime ce qui me semble mes évidences, sans jamais être convaincu que j’ai entièrement raison. J’essaie d’être à l’écoute de l’autre, de comprendre ce qu’il dit, de prendre en considération ses arguments. Je constate bien – la plupart du temps – que mon interlocuteur ne s’inscrit pas dans la même démarche et, souvent, je finis par me taire parce qu’il me semble tellement vain de mettre de l’huile sur le feu.

Alors, je reste avec mes interrogations. La pelouse laissée à l’abandon est-elle plus ou moins jolie que la prairie fraîchement tondue ? La gauche est-elle préférable à la droite ? La lutte féroce est-elle plus efficace que la tolérance et la négociation ? Une gestion rigoureuse de l’économie est-elle au bout du compte plus favorable à la population qu’une gestion sociale généreuse ? Les chanteurs d’aujourd’hui sont-ils vraiment plus nuls que les monstres sacrés de mes 20 ans ? Une télévision sans publicité est-elle de meilleure qualité que celle qui l’utilise pour se financer ? Les citoyens d’un État souverain sont-ils plus heureux que ceux d’un État intégré dans l’Union européenne ? Tous les candidats à l’immigration doivent-ils être acceptés par leur pays de rêve ou celui-ci se doit-il de gérer les flux migratoires ? …

Y a-t-il toujours une bonne réponse ?

jeudi 7 mai 2015

Pauvres petites bêtes

FMG©2015

Tout à l’heure, j’ai regardé un reportage du magazine On n’est pas des pigeons (RTBF). Il parlait des méchantes taupes qui dévastent nos jardins sans qu’on puisse y faire grand chose. Il y a bien sûr des tas de trucs de grands-mères, mais qui soit n’ont aucun effet (bouteille au fond percé, morceaux de verre…) ou soit n’ont qu’un effet répulsif passager (ultrason, urine…). Bref, pour l’émission, une seule solution : faire appel à un taupier professionnel qui coûte bien cher, mais qui garantit les résultats.

J’avoue que tout cela m’a surpris. D’abord, j’ai été étonné d’entendre que ce serait durant cette période de l’année que les taupes attaqueraient nos jardins avec leurs horribles taupinières. Moi, c’est plutôt en automne ou en hiver que ça se passe ! Mais bon, c’est sans doute mon jardin qui est bizarroïde.

Puis, et surtout, j’ai été étonné – pour une émission censée défendre les consommateurs – d’entendre que la seule solution efficace serait de faire appel à un taupier professionnel, ayant suivi pas moins de 3 ans d’études (sic) ! Que va faire ce taupier professionnel : creuser des trous dans les galeries principales et y placer des pièges – il y en a divers modèles – puis attendre qu’une taupe (ou un campagnol) passe par là et vienne inexorablement se faire prendre. Ça marche, c’est sûr.

Mais faut-il pour autant passer par un taupier professionnel ? Il suffit pourtant d’acheter un piège à taupe dans n’importe quelle bonne quincaillerie. Ça coûte une dizaine d’euros. Il suffit alors de repérer une galerie principale (c’est-à-dire où visiblement la taupe passe souvent), de creuser un trou en travaillant avec des gants (pour limiter les odeurs humaines), de tendre le piège, de le placer en recouvrant grossièrement de terre et puis d’attendre que la taupe vienne taper sur la pièce qui retient la pince pour sentir délicatement les crocs se refermer sur elle, sans aucun espoir de rémission. Normalement une nuit suffit. Si la taupe n’est pas passée par là, c’est qu’elle a compris l’astuce et qu’il faut placer le piège ailleurs.

Et alors, quand la pince s’est refermée, il ne reste qu’une taupe morte ! Ce n’est jamais avec plaisir que j’enlève le piège en prenant soin de laisser la taupe sous terre. Non seulement, cela lui fait une sépulture respectable, mais en plus, son odeur va décourager les autres taupes. Et on est alors reparti pour une saison sans taupe. Si par hasard elles reviennent, on recommence !

Le retour d’investissement de cette chasse personnelle est sans égal avec un recours à un taupier professionnel ! J’ai deux pièges, qui ont bien 20 ans chacun. J’ai attrapé ainsi entre une ou deux petites bêtes par an ! Je répète que ça ne me réjouit aucunement, mais ça me permet d’avoir un jardin plus ou moins convenable.

Au bout du compte, ma véritable question est de savoir pourquoi cette émission On n’est pas des pigeons n’a pas parlé de ces pièges privés et économiques. Est-ce parce qu’ils pensent qu'On est des taupes ?

vendredi 1 mai 2015

Nous sommes ce que nous décidons d'être

En ce 1er mai, quoi de plus normal que de parler d’une élue socialiste. Pourtant, en temps normal, je ne parlerais pas d’elle. Même si je pense que dans la bande de pourris que constituent les « barons » du socialisme belge, elle est la plus sincère et la plus intègre. Ce qui ne signifie pas que je la considère « sincère et intègre ». Simplement, elle l’est sans doute plus que les autres. Ce qui ne veut encore rien dire. Il s’agit évidemment de Laurette Onkelinx.

Si j’en parle, ce n’est pas pour le 1er mai et toute la symbolique que cette date est censée vénérer ! Il n’y a plus vraiment de raison d’y croire. Non, si je parle de cette femme politique belge, c’est parce qu’elle a été « attaquée » par dessous la ceinture et qu’elle a su remonter le débat.

L’émission flamande Terzake a révélé – ce que l’on savait déjà – que son grand-père Maurice Onkelinx aurait été, durant la seconde guerre mondiale, bourgmestre de sa commune de Jeuk avec l’aval des occupants allemands, qu’il aurait à la fin de la guerre été déchu de ses droits civiques pour être ensuite, assez rapidement, en 1950, réhabilité. Ça, c’est l’histoire. Elle est ce qu’elle est.

Pourquoi « révéler » cela ? Tout simplement parce que Laurette Onkelinx – devenue francophone de par les déplacements de son père Gaston – a été la première a dénoncé les connivences entre les hommes politiques N-VA Jan Jambon, Steven Vandeput, Theo Francken ou encore Siegfried Bracke et l’extrême-droite nationaliste, voire nazie, flamande. Ayant un ancêtre lui-même collaborateur, elle ne pourrait plus rien dire !

Elle a dit. Je cite. Intégralement, parce que tous les mots sont importants. « Les histoires de famille contiennent toutes leur lot de secrets. Une vie éteinte depuis des dizaines d'années révèle parfois de bonnes ou de mauvaises surprises. Je ne sais pas si ce qu'on raconte sur mon grand-père paternel est vrai ou pas. A-t-il collaboré avec l'occupant pendant la guerre ? En tout cas, mon père le dément avec fougue. Ce que je sais, quelle que soit la vérité, c'est que cela ne change en rien mes convictions et mes valeurs. La collaboration avec l'ennemi est inexcusable et j'ai une admiration sans bornes pour celles et ceux qui ont résisté. Et il y en a aussi dans ma famille qui ont eu ce courage. À toutes celles et ceux qui trouvent des excuses à la collaboration pour justifier les choix de leurs ascendants, je leur dis ceci : nous sommes bien sûr les héritiers d'une histoire, mais nous sommes surtout ce que nous décidons d'être. Nos valeurs, nos combats, sont ceux que nous choisissons. C'est ça aussi la liberté : choisir son camp en toute indépendance. Moi j'ai choisi le mien : celui de la démocratie, de la tolérance, de l'ouverture aux autres et de la justice sociale ».

« Nous sommes bien sûr les héritiers d'une histoire, mais nous sommes surtout ce que nous décidons d'être » ! Quelle vérité dans cette réponse ! Quelle force dans cette vérité ! Nous ne sommes pas redevables des errements qu’ont éventuellement faits nos ascendants. Nous sommes libres de décider ce que nous sommes et ce que nous sommes est ce que nous décidons d’être !

Dans les temps troubles que nous connaissons, cette vérité évidente est trop souvent ignorée ou niée. Par exemple, il est étonnant de voir la difficulté qu’ont les Turcs, qu’ils soient toujours au pays ou qu’ils soient immigrés ou issus de l’immigration, à accepter la réalité du génocide arménien. Nous en avons encore eu un exemple concret avec l’attitude d’un collègue de Laurette Onkelinx qui s’est débrouillé pour être absent lors de la minute de silence que les parlementaires fédéraux ont consacrée en hommage aux victimes de ce génocide. Il aurait pu, au contraire, être là et se distancer ainsi de l’horreur qu’ont commise ses ancêtres. En étant absent, au contraire, il manifestait de manière plus ou moins claire sa solidarité avec ceux qui ont commis l’innommable, pourtant nommé « génocide ».

Mais peu importe, aujourd’hui, je ne retiens que la parole forte de Laurette Onkelinx qui a su prendre ses responsabilités et dire clairement ce qu’elle veut être, ce qu’elle est : une démocrate, dusse-t-elle avoir un ancêtre proche collaborateur des pires exactions (ce qu’il n’était d’ailleurs peut-être pas).

lundi 20 avril 2015

Vous avez dit « Qualité » ?

Richard Anthony est donc mort. Rien de plus normal et ça ne bouleversera la vie de personne. Personnellement, c’est un chanteur que j’appréciais, à sa juste valeur. Ni trop haut : il faut bien avouer qu’il n’a pas fait que des œuvres passionnantes et libérées. Il suffit de citer Le sirop typhon… Ni trop bas : il a permis de découvrir des tas de chansons étrangères de grands artistes, les américains Bob Dylan (Écoute dans le vent), Ray Charles (Fiche le camp Jack), Mamas & Papas (La terre promise), le belge Bobbejaan Schoepen (Je me suis souvent demandé), les anglais The Beatles (La corde au cou) ou The Rolling Stones (Fille sauvage), l’écossais Donovan (Autant chercher à retenir le vent), l’espagnol classique Joachim Rodrigo (Aranguez, mon amour)… Bref, ce n’est quand même pas n’importe qui !

Ce qui m’a frappé aujourd’hui, ce sont quelques « amis » Facebook qui en ont profité pour dire tout le mal de ce qu’ils pensaient de cette daube ! Je peux évidemment comprendre et respecter le fait qu’ils n’aiment pas cet artiste – et je les rejoins d’ailleurs pour pas mal de chansons… – mais je ne peux aussi m’empêcher de penser que « condamner », c’est aller un peu vite !

C’est quelque chose qui me frappe souvent chez les « bobos », les gens bien pensant de gauche ! Pour eux, seule compte la « qualité », sans définir ce qu’est celle-ci, si ce n’est qu’elle n’a rien à voir avec la musique populaire. Bref, la « qualité », c’est alors souvent une question d’élitisme !

Je suis passionné de chanson française : la « bonne » ! Mais j’aime aussi le classique, le jazz, le rock, le pop, le gospel, le new age, le world, le folk… et la chanson de variétés ! Il n’y a pas de contradiction à aimer tout ça. C’est toujours de la musique ! Je n’aime pas tout, loin de là. Mais même quand je n’aime pas, je ne rejette pas d’office. Prenons un exemple extrême : s’il y a bien quelqu’un que je ne supporte pas, c’est Florent Pagny. Le personnage est abject, la tonalité de la voix est ringarde, les chansons sont surfaites, etc. Mais cela ne m’empêche pas de reconnaître que Chanter est une très belle chanson ! Pourquoi me priverais-je d’apprécier une œuvre intéressante simplement parce qu’elle est proposée par un artiste débectant ? Ce serait stupide, non ? Même et surtout s’il s’agit de Richard Anthony.

Être intelligent, n’est-ce pas faire preuve d’ouverture, dans quel que domaine que ce soit ? Je ne prétendrai pas ici atteindre ce niveau, mais j’ai quand même parfois quelques doutes quand je vois comment certains « bobos » réagissent…

vendredi 10 avril 2015

Réverbères hacké par des méchants

Vous qui lisez ce message, sachez que Réverbères n’appartient plus à Réverbères ! Le monde entier n’acceptait plus de se voir critiquer et injurier par ce site exécrable. Aussi, nous avons décidé d’en prendre le contrôle pour rétablir la vérité vraie et louer notre maître vénéré Linford Matick ! Hackons tous les systèmes !

Rassurez-vous : Réverbères garde le contrôle de la situation ! La guerre virtuelle est désormais plus que jamais une réalité. On l’a vu avec TV5. On le voit ce soir avec le site Economie.wallonie.be. On le verra demain avec… (Choisissez : de toute façon, ce site sera hacké un jour.)

Cela n’a rien de comique. C’est vrai qu’on peut imaginer sans trop de problèmes qu’un site vital soit un jour attaqué. Imaginez un seul instant que toutes les données bancaires mondiales s’évaporent soudainement. Plus aucune information bancaire. Donc, plus d’échanges économiques. Plus de riches, plus de pauvres. Imaginez que ces hackers soient vraiment des génies et empêchent toute reconstruction des données effacées, sauf dans un délai d’une trentaine d’années. Science fiction ? Peut-être. Peut-être pas.

Oui, la situation est grave. Je n’en disconviens pas ! Mais, quand même, cette atroce attaque contre TV5, pour autant interpellante qu’elle soit, elle n’a pas vraiment fait de victime. Pas de mort cette fois-ci. Ça change ! Je sais bien que si le système informatique d’un hôpital, par exemple, était hacké, il pourrait y avoir des victimes. Oui, la situation est grave.

Mais en attendant, moi, cette guerre virtuelle, elle me plaît bien !

dimanche 5 avril 2015

Vers une société de l’espoir et de la solidarité

À chaque mouvement, c’est la tempête ! Il suffit qu’un homme simple et honnête déclare qu’il louera un coin de sa maison à Michèle Martin, l’ennemie publique numéro 1, pour que les passions se déchaînent. Surtout les passions nauséabondes. Celles fondées sur la vengeance, sur la punition, sur l’absence d’horizon.

Je ne reviendrai pas sur le fond de la question. Je l’ai déjà abordé en mai 2011 et en août 2012. Me relisant, je n’ai rien à redire ni à ajouter. La situation est toujours la même : Michèle Martin a été condamnée pour les atrocités qu’elle a commises, indirectement ou directement. Elle n’a jamais dit tout ce qu’elle sait – ou du moins ce qu’elle est censée savoir, elle ne serait pas la première à souffrir d’un déni devant tant d’atrocités – mais elle a accompli sa peine, ou du moins la partie qui lui permet, avec des conditions drastiques, de bénéficier d’une libération conditionnelle.

Deux conditions sont particulièrement importantes et significatives dans la situation actuelle. D’abord, elle doit s’abstenir de tout contact avec la presse. C’est bien normal, et visiblement elle accepte cette condition. Par contre, « la presse », elle, ne fait que chercher la moindre information pour la confondre et la positionner dans une situation difficile. Face à cette chasse en bonne et du(r)e forme, Martin n’oppose que son silence et sa discrétion, dans le respect absolu de ce que la justice lui impose. Une autre condition est qu’à tout moment, elle vive dans un cadre qui lui permet, petit à petit, de se réinsérer. Ce fut le cas lors de son hébergement au sein de la communauté des Clarisses. C’est le cas aujourd’hui lorsqu’un ancien juge, respecté et respectable, lui ouvre une partie de sa porte. Simplement parce qu’il sait que s’il ne le faisait pas, ce serait pour Michèle Martin le retour à la case départ.

Je dis « Chapeau, Monsieur Panier ! ». Moi, je ne serais pas capable de le faire. Lui, il accepte d’endurer – en toute connaissance de cause – la vindicte populaire, mais aussi le regard dur et réprobateur de ses proches, de ses amis. Il n’a pas peur de dire à la presse ce qu’il a décidé de faire, simplement pour substituer la réinsertion à la vengeance. Dans tous les débats qui ont suivi son annonce, il est regrettable que Christian Panier s’en soit pris, avec un argument qui n’en est pas un, à Gino Russo, le père de Melissa, victime de Dutroux et de Martin. C’est de toute évidence une erreur impardonnable, mais cela ne retire rien – selon moi – à l’humanité de son geste d’accueil et à son absolue nécessité si on veut aller vers une société de l’espoir et de la solidarité. C’est la seule qui m’intéresse et je remercie Christian Panier de la mettre en pratique, dès maintenant.

jeudi 2 avril 2015

En ces temps-là…

FMG©2015

Dire que j’ai laissé passer ça ! Le 21 décembre dernier, cet amplificateur – mon ampli, un Kenwood KA-4002A ! – fêtait ses 40 ans de bons et loyaux services, sans aucune ride ! Depuis le 21 décembre 1974, je l’utilise quasi quotidiennement, entre 3 à 8 heures. Sans jamais avoir montré le moindre signe de fatigue !

Il offre de nombreuses possibilités : 5 entrées, sans compter l’enregistreur (à cassettes au départ, numérique aujourd’hui) et deux circuits indépendants de sortie. Ce dernier élément n’est pas le moins important : il me permet de prendre mon bain tout en écoutant cette musique qui me ravit tant, alors que l’ampli se trouve à une bonne quinzaine de mètres des haut-parleurs de la salle de bains. Et si au moment de l’achat, c’étaient avant tout des 33 tours que j’écoutais, l’ampli s’est bien entendu totalement adapté à l’environnement numérique d’aujourd’hui.

À raison d’une utilisation de 3 heures par jour pendant trois-quarts de l’année, cela ferait quand même 33 000 heures de fonctionnement ! Vous connaissez beaucoup d’appareils électroniques qui peuvent en dire autant aujourd’hui ? Moi pas en tout cas. Je me souviens très bien de ce qui constituait pour moi mon premier vrai achat. J’en rêvais depuis plusieurs mois. Je ne sais malheureusement plus combien de francs belges j’ai dû débourser pour l’acheter, mais – étant étudiant à l’époque et donc sans revenus – cela ne devait certainement pas dépasser 2500 BEF. Soit une soixantaine d’euros. Environ 1,50 EUR par an !

Autant vous dire que c’est un des meilleurs achats que j’ai jamais fait ! Et je ne serais pas étonné de pouvoir réécrire ce billet dans 10 ou 20 ans, avec la même satisfaction.

Pour terminer, un remerciement ! Au moment de cet achat, il m’était encore très difficile de lire et comprendre l’anglais. Si je me suis amélioré à ce niveau-là – malheureusement pas en ce qui concerne l’oral – je ne savais donc pas trop comment utiliser cet appareil magique étant donné que le manuel d’emploi était exclusivement en anglais. Aujourd’hui, ce ne serait plus possible, mais à l’époque… Bref, j’ai osé demander à ma sœur chérie de me traduire les passages qui m’intéressaient, c’est-à-dire quasiment la totalité du manuel. Ma sœur a répondu positivement à ma demande et j’ai encore les sept pages qu’elle a remplies de son écriture bien ronde ! C’est elle qui m’a permis de comprendre cet ampli, et je lui en suis infiniment reconnaissant ! Merci, Monique !

mercredi 1 avril 2015

À ma place

S’il y a bien une chose qui m’énerve, c’est quand l’ordinateur décide à ma place ce qu’il faut faire dans telle ou telle situation. Ce n’est évidemment pas vraiment – enfin du moins pas encore – l’ordinateur qui décide. Ce sont ceux qui l’ont programmé, mais n’empêche, ça m’énerve !

Pourtant, lorsque j’ai découvert ce qu’était un ordinateur, il y avait là quelque chose qui me fascinait : il ne faisait strictement que ce que je lui disais. Et si je lui disais un truc débile, il faisait ce truc débile ! Ça se passait au début des années 1980 et quand l’ordinateur se plantait, c’était tout simplement parce que j’avais fait une erreur dans la programmation en BASIC, ou plus tard en un autre langage. Mais la situation était toujours la même : l’ordinateur ne faisait que ce que je lui avais dit de faire, et si ça ne marchait pas, c’était parce que je l’avais mal programmé !

Il y a bien longtemps que je ne programme plus. Aujourd’hui, l’utilisateur lambda d’un ordinateur ne fait que lancer l’un ou l’autre logiciel et utiliser celui-ci du mieux qu’il peut pour faire autre chose que de l’informatique. Les programmateurs de tous ces logiciels l’ont bien compris : ils essaient dès lors de fournir un programme convivial qui « sentira » ce que vous voulez faire… et qui donc le fera à votre place !

Par exemple, dans le traitement de textes le plus célèbre, si vous voulez faire une énumération de différents éléments, avec des « boulets » pour bien les différencier, vous pouvez cliquer sur « Liste à puces ». Très bien. Mais pourquoi l’ordinateur décide-t-il alors de déplacer cette puce de 0,63 cm vers la droite, alors qu’il est plus logique (selon moi) qu’elle reste alignée à gauche ? Ce n’est là qu’un exemple et il y a longtemps que j’ai trouvé le moyen de faire comprendre à l’ordinateur ce que je voulais vraiment !

Dans un autre univers, je suis utilisateur fréquent de Facebook. Pour découvrir les actualités des « amis », il y a deux modes : soit « Plus récentes » qui – comme son nom l’indique – présente les actualités depuis la plus récente à la moins récente, soit « À la une » où les actualités sont présentées selon un ordre déterminé par Facebook, en fonction des amis les plus fréquemment lus ou commentés, des intérêts personnels, etc. En soi, je trouve très bien qu’il y ait ces deux options, même si personnellement, en tant qu’utilisateur régulier, je ne suis intéressé que par l’option « Plus récentes » qui est la seule qui me permet de suivre réellement ce que mes « amis » publient ou commentent. Ce qui m’énerve, c’est que périodiquement, Facebook décide unilatéralement et sans m’avertir de repasser à l’option « À la une ». Je lis alors les infos, m’étonne à un certain moment de l’ordre dans lequel elles sont présentées, pense à sélectionner à nouveau l’option « Plus récentes », pour enfin redécouvrir des informations qui n’apparaissaient pas autrement.

En réalité, tout cela n’a pas la moindre importance. C’est juste que ça m’énerve ! Ce qui est le plus énervant est qu’il n’y a apparemment aucun moyen d’obliger Facebook une fois pour toutes à présenter les actualités comme on le souhaite. Pour lui, l’option par défaut est « À la une » et il y revient donc périodiquement, sans qu’on sache pourquoi !

Bon, vous n’avez pas un sujet de billet plus intéressant à développer ?

jeudi 5 mars 2015

Lettre ouverte à Serge Kubla

Monsieur Kubla,

Sachez qu’en tant que citoyen belge, je n’accepte pas que vous disiez ne pas avoir éludé l’impôt. Une telle affirmation est non seulement mensongère, mais elle est aussi inacceptable.

Il est faux de prétendre que vous n’avez pas éludé l’impôt. Si telle n’était pas votre volonté, pourquoi avez-vous créé cette société à Malte pour facturer vos « services » ? Bien sûr, vous n’avez pas enfreint la loi. Dans la situation actuelle, il est légal d’avoir une telle société. Mais avouez que celle-ci n’avait d’autres raisons d’être que celle de payer moins d’impôt. Vous dites avoir payé 5% d’impôt à Malte, ainsi que 25% de précompte mobilier en Belgique. Cela fait un total de 30%. En Belgique, le taux d’imposition d’une personne physique peut monter jusqu'à 50% tandis que le taux d'imposition des sociétés monte au maximum à 33,9%. Cela vous fait toujours au minimum 3,9% de gagnés. Sur un montant de 240 000 EUR, cette petite différence fait quand même 9360 EUR, soit pour beaucoup de personnes environ 6 mois de salaire, même si pour vous cela ne représente sans doute que quelques biscuits.

Il est inacceptable de prétendre que vous n’avez pas éludé l’impôt. Qu’avez-vous fait pour gagner ces 240 000 EUR facturés ? L’avenir nous apprendra s’il s’agit du paiement d’une commission pour services rendus dans le cadre d’une corruption. Même si ce n’était pas le cas, vos « honoraires » sont de toute façon inacceptables. Votre seul travail a consisté à user des contacts que vous avez noués alors que vous étiez Ministre de l’Économie de la Région wallonne. En quelque sorte, ces contacts ne vous appartiennent pas. Vous ne les auriez jamais eus si vous n’aviez pas exercé ce mandat public. Les utiliser pour votre propre profit par la suite relève du vol de biens publics. Le fait que d’autres en font tout autant ne change évidemment strictement rien au caractère délictueux de cette pratique, ne fut-ce que moralement. De plus, comment pouvez-vous justifier 240 000 EUR d’honoraires pour les quelques heures, voire journées, que vous avez consacrées à ce dossier ? Vous dites qu’après avoir retiré tout ce qui doit l’être (impôt, déplacements, hôtels…), il ne reste que le tiers de cette somme, soit 80 000 EUR. Avez-vous une quelconque idée du nombre d’années nécessaires à un citoyen normal pour gagner par son travail quotidien un tel montant ? Même un consultant payé normalement ne gagne pas une telle somme en un an ! Sans compter que pendant que « vous rendiez ces services », vous continuiez à exercer le mandat public de bourgmestre de Waterloo, sans oublier quelques mandats ci et là, bien rémunérés sans doute.

Alors, sachez, Monsieur Kubla, que chercher à vous défendre d’avoir éludé l’impôt ne fait qu’aggraver votre cas. Vous n’êtes malheureusement qu’un parvenu. Je sais que votre parcours professionnel n’a pas été facile, que vous vous êtes battu pour arriver dans les sommets des affaires publiques. Mais, vous êtes aussi alors entré dans le monde des « affaires ». Des mauvaises affaires. Celles qui puent.

Je ne veux pas vous condamner avant que vous ne soyez jugé. Que la justice fasse son travail en toute impartialité. Mais d’ici là, Monsieur Kubla, vous devriez – par décence – vous cacher et vous taire dans toutes les langues, plutôt que d’essayer maladroitement de défendre l’indéfendable.

lundi 2 mars 2015

Caricature, oui, mais jusqu’où ?

La caricature est une forme d’art et d’expression indispensable à toute société libre. J’en suis profondément convaincu. Je crois aussi que tout peut être caricaturé. C’est le propre même de la caricature : détourner l’image de la vérité pour en dire une autre (« image » ou « vérité », vous choisissez). Cela n’a vraiment de sens que si l’auteur a toute la liberté de caricaturer comme il l’entend, ou plutôt comme il le voit. Comme toujours, la question est alors de savoir si cette liberté a une limite.

Comme l’a dit on ne sait plus qui – même si certains attribuent cette sentence à John Stuart Mill – « la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres ». Plus précisément et plus ouvertement, l’article 4 de la Déclaration des droits de l'homme décrète que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Ces déclarations, qu’on y adhère ou non, montrent que la liberté, notamment celle d’expression et donc de caricature, aurait des limites. Celles de ne nuire à personne.

Forts des droits acquis par la Révolution française, de nombreux Français intellectuels – je suppose d’ailleurs que je devrais supprimer le substantif « Français » – s’opposent à cette vision limitative. Par exemple, j’ai eu dernièrement une discussion ouverte et passionnante avec un ami, professeur à la Sorbonne et ancien directeur dans une institution internationale. Il m’a défendu, avec beaucoup de talents, toute l’importance de la caricature, son rôle subversif et inquisiteur. Pour lui, promouvoir la caricature est de toute évidence une nécessité absolue et salutaire pour la défense de la République ! Le plaidoyer était limpide.

Comme ce qui nous réunissait était l’univers de l’éducation – fortement interpellé à la suite des événements « Charlie » –, je me suis permis, après l’avoir écouté, d’émettre cette simple remarque : « D’accord. Mais imagine un instant que dans un lycée, un élève au crayon talentueux produise, avec à-propos, quelques caricatures – pertinentes mais corsées – mettant en scène le proviseur de l’établissement et quelques-uns de ses professeurs bien connus… et diffuse ces quelques bonnes caricatures dans une petite brochure distribuée à qui la veut lors des récréations… ».

Comme seule réponse, je n’eus que le silence. Le sacro-droit à l’expression avait trouvé une de ses limites. Sans commentaire.

Notre dialogue n’était pas un combat, loin de là. Le silence de mon ami était la meilleure réponse qu’il aurait pu me donner. Implicitement, il reconnaissait que – malgré tout son discours – il y avait des situations où la liberté de la caricature rejoignait peut-être celle de l’autre, ici celle de l’institution éducative. Et qu’il était important de pouvoir concilier ces deux libertés. Non pas pour en écraser l’une ou l’autre. Mais pour pouvoir en construire une nouvelle : celle du respect mutuel.

dimanche 1 mars 2015

Le voilà !

FMG©2015
Nous sommes le 1er mars ! C’est le printemps ! Bon, d’accord, ce n’est que le printemps météorologique. Mais enfin, c’est le printemps ! Pourquoi tergiverser sur des détails qualificatifs ? C’est le printemps !

Ce n’est pas une illusion ni une déclaration gratuite. Je vous jure, je l’ai sentie, la chaleur du soleil, à l’abri de tout vent. D’accord, cela n’a duré que quelques minutes. Mais elle était là, je vous le jure. Et ça faisait du bien. Pas sûr que l’hiver ait été plus rigoureux que d’habitude, mais qu’importe ! L’hiver est toujours trop long. Alors, quand le printemps est là, autant en jouir pleinement !

Que dirais-je de plus ? Et d’ailleurs, pourquoi en dire plus ? C’est le printemps, aujourd’hui. J’ai senti sa chaleur, l’espace d’un instant. Tout est dit.

dimanche 22 février 2015

La gare

FMG©2015
Seule, elle attend. Elle attend un train qui ne viendra jamais. Elle ne le sait pas encore. Elle est seule dans cette gare. Assise sur ce banc sale, entre les quais 11 et 12, perdue dans ses pensées, elle sent cet espoir que tout pourrait redémarrer. Si seulement ce train arrivait.

Il n’arrivera pas. Elle en rêvait pourtant tellement. Elle se disait qu’il était possible que chacun voyage à sa guise. Elle pensait que toutes les rencontres, même les plus folles, sont toujours probables. Il n’y a pas de hasard. Il y a juste des chemins qui vont et viennent et qui peuvent se croiser au détour d’une colline, d’un ruisseau, d’un rêve. Elle s’était dit alors qu’à l’opposé de ces chemins tortueux, il y avait des voies aussi droites que les voix claires et enjôleuses qu’elle entendait inlassablement l’encourager à aller de l’avant. Elle y avait cru. Elle était alors partie à cette gare perdue et s’était assise sur ce banc sale, entre les quais 11 et 12.

L’hypocrisie du monde est trop forte. Il ne suffit pas de rêver de rencontres lumineuses ou étincelantes. Elle a beau s’imaginer au centre d’un réseau direct, sans retard ni annulation. Son train n’existe pas. Il n’existe plus. Il s’est perdu dans les méandres des pensées nauséabondes de l’humanité. Il a été happé par les désordres titanesques de tous ces cœurs endoloris. A-t-il seulement existé ?

Alors, elle attend. Elle attend ce train qui ne viendra jamais. Je la vois, là, devant moi. J’ai envie de l’appeler, de la supplier de s’en aller, de revenir à la vraie vie, de quitter cette gare. Il n’y a que quelques voies qui nous séparent, sans aucun train à circuler. Elle ne m’entendrait pas. Je ne peux rien pour elle. Il est l’heure. Les épaules lourdes, l’esprit vidé, je monte dans mon train, sur la voie 5. Je pars sans savoir où je vais. Je me retourne une dernière fois et je la vois, toujours assise sur ce banc sale. Elle attend. Elle croit encore que son train arrivera.

samedi 7 février 2015

Éduquer au bien-être commun, solidaire et durable

L’histoire a changé, brusquement, le 7 janvier 2015. Difficile aujourd’hui d’analyser en quoi et vers quoi. Mais les attentats de Charlie Hebdo et ce qui s’ensuivit font partie de ces événements après lesquels le monde n’est plus tout à fait ce qu’il était encore juste avant. Tant en France qu’en Belgique, les débats autour de l’univers de l’éducation ont été vifs et passionnés. Le plus souvent à propos de fausses questions.

En France, le souci – plus ou moins unanime – est de revenir à ce que l’école n’aurait jamais dû quitter : la laïcité, dans la droite ligne de la Révolution. En Belgique, c’est plus diffus, mais cela revient au même : suppression des cours philosophiques et de religion, fin des réseaux (c’est-à-dire suppression du réseau « libre » confessionnel ou non et création d’un « réseau » unique, par définition laïque et non religieux)… Dans les deux pays – et d’autres sans doute – la question du « vivre ensemble » semble ainsi se résumer à enfermer les religions dans la sphère privée et à en empêcher toute intrusion dans le domaine public.

Soit. Je suis le premier à reconnaître et à clamer que la question religieuse est strictement individuelle. Un itinéraire propre à chacun qui mérite en soi respect et reconnaissance. Il est clair que ni l’école ni l’État ne sont des entités qui devraient être guidées par un chemin spirituel quelconque par définition individuel. Doivent-elles pour autant être consacrées – le terme est choisi – à la « laïcité » ? Si celle-ci est prise au sens premier de séparation entre l’État et la religion, alors oui, il faut qu’elle soit la règle.

Malheureusement, le mouvement laïque ne fait pas exception aux religions : il faut bien reconnaître qu’il existe aussi un radicalisme laïque avec toutes ses exigences et ses intolérances. La laïcité devient alors un système de croyance comme un autre et s’accompagne du même caractère absolu et exclusif des convictions, laissant peu de place au cheminement personnel…

Ainsi donc, la panacée universelle – en Belgique francophone – serait de supprimer les cours philosophiques (= de morale laïque) et de religion pour les remplacer par un cours commun de citoyenneté. Il est intéressant de constater que cette idée – qui ressurgit périodiquement – retrouve vigueur au moment où certains, en France laïque, pensent réintroduire des cours de religion ! Pour les mêmes raisons : cette absolue nécessité de vivre ensemble dans un monde pluriel. Le danger de la suppression des cours de religion est de nier ce qui est de l’ordre de l’évidence : les religions existent, dans leur diversité, et créent une identité culturelle – sans nécessairement être cultuelle – forte. Qu’on le veuille ou non, nos sociétés occidentales sont désormais tout à la fois chrétiennes, musulmanes, juives, hindoues, agnostiques, athées… Nier cette évidence ne peut que conduire dans le mur. Plutôt que de vouloir imposer une société neutre et aseptisée, il est plus que jamais urgent de reconnaître le cheminement de chacun et d’aborder les relations humaines sous un angle de pluralité et de complémentarité. La question religieuse n’est plus de savoir s’il n’y a qu’un seul bon Dieu qui serait comme par magie celui auquel on croit. La question religieuse est, aujourd’hui, de se demander comment chacun peut vivre de ses propres découvertes, en interaction avec celles des autres. Vouloir supprimer les cours de religion, c’est dire à la majorité des jeunes que leur recherche, leur cheminement personnel, leur « foi » n’a aucune espèce d’importance et que seule la « religion laïque » a du sens.

Constater que les cours de religion ont encore toute leur place dans l’éducation des jeunes ne revient pas à nier la nécessité d’apprendre à vivre ensemble. Un cours commun de citoyenneté peut être évidemment précieux dans cette démarche. Justement pour permettre le dialogue, le partage, la recherche commune de solutions aux défis de nos sociétés plurielles. Il doit venir en complément et en interaction des cours propres à chaque cheminement. On ne peut construire une identité collective que si celle-ci se fonde sur une identité personnelle forte, consciente, assumée, rationnelle… Le défi est de s’enrichir mutuellement tant à partir de la religion que de la raison.

En Belgique, cette réflexion se heurte inévitablement à la question des « réseaux ». Il est clair que notre système éducatif pâtit de cette coexistence institutionnelle, tant en termes de lourdeur que de passivité ou d’immobilisme. À nouveau, il serait illusoire de croire qu’il suffirait de décréter la suppression des réseaux pour résoudre – avec la même magie que pour les cours philosophiques et de religion – tous les problèmes de l’enseignement belge francophone ! Cela d’autant plus qu’il ne faut pas perdre de vue qu’une majorité des élèves concernés fréquentent une école « libre confessionnelle » !

Plutôt que de se battre contre des moulins à vent, je pense en ce domaine qu’il faut certes rationaliser et créer des économies d’échelle. L’éradication des réseaux subventionnés – qu’ils soient officiels ou libres – apporterait peut-être quelques réponses économiques. Elle ne réglerait en rien la question de la diversité ni celle – plus grave – de la qualité pédagogique de nos écoles. En écrivant cela, je ne cherche pas à placer cette qualité pédagogique d’un côté ou de l’autre. J’espère vraiment qu’elle se trouve partout. Mais ce que les observations des systèmes éducatifs semblent montrer est que la qualité pédagogique est notamment liée au degré d’autonomie et de responsabilité dont chaque entité éducative dispose. C’est d’ailleurs bien dans cette perspective que le système éducatif belge flamand a évolué vers beaucoup plus d’autonomie de ses établissements, y compris ceux du « réseau officiel de la Communauté » (anciennement, de l’État). Il est à cet égard intéressant de constater que du côté de la Flandre – alors même que le système éducatif flamand est considéré, dans les études PISA, comme un des systèmes à la fois les plus efficaces et les plus équitables –, la question des réseaux ne se pose quasiment pas, pour la bonne et simple raison qu’aujourd’hui presque toutes les écoles disposent de la même « liberté » que les écoles du réseau « libre ». On voit bien que la vraie question n’est pas celle des réseaux, mais celle de l’autonomie et de la responsabilisation. Or, le système éducatif francophone belge n’évolue pas vraiment dans cette direction (notamment en ce qui concerne les « évaluations externes certificatives » présentées comme la solution miracle à la diversité pédagogique)…

Au bout du compte, ce qui compte vraiment est de vivre et de grandir ensemble. Plus que jamais – et c’est un fait inédit dans l’histoire – nos sociétés sont caractérisées par la diversité. Le véritable enjeu n’est pas tant celui de l’intégration, mais celui de la complémentarité. Comment chacun peut-il trouver sa place dans la société, en lui apportant ce qu’il a de mieux en lui, dans le respect de sa spécificité ? La première erreur – malheureusement fort prisée – serait de nier celle-ci et d’imposer une représentation unique de la « bonne » citoyenneté. Or, être citoyen, ce n’est pas être un petit robot lobotomisé. Au contraire, être un citoyen, n’est-ce pas avant tout agir et participer librement et consciemment au bien-être commun, solidaire et durable ?

samedi 31 janvier 2015

Quand on ne peut mentir

FMG©2015

Quatre-vingt bougies pour 80 belles années ! C’est toujours un beau moment. Quand la jubilaire ne les paraît pas, semble plutôt une jeune fille pleine de vigueur et d’enthousiasme, prête à rire de tout, ce moment devient quelque peu divin et transcendant.

Ce n’est plus une jeune fille. Elle a cinq enfants et je ne sais pas combien de petits-enfants. Ce sont les cinq qui ont organisé cette fête. À la bonne franquette et en toute simplicité.

Mais il y avait là une magie. C’est difficile à décrire et ce serait d’ailleurs inutile de le faire. Mais il y avait une force et une joie de vivre aussi collective que profonde. Une vraie communion dans le plaisir de la musique et de la création. Quand on est confronté à une telle énergie positive, on ne peut que se faire tout petit et qu’apprécier cette potion magique dont la recette est inconnue. En se disant définitivement qu’il n’y a là qu’une certitude : celle de ne pas pouvoir mentir !

Quand au bout d’un montage photo plein de vivacité, d’humour, de légèreté, de tendresse et de vérité, j’ai vu – devant moi – une petite fille venir se blottir dans les bras de sa grand-mère Baga, je sais – je l’ai vu – que le temps s’est arrêté quelques secondes. Il y avait là tout le bonheur du monde. Et je n’ai pas cherché à retenir cette petite larme qui coulait sur ma joue. Sans mentir, j’avais là – devant moi – le vrai bonheur. C’était… oui, c’était merveilleux !

samedi 24 janvier 2015

Pour plus d'un mètre cinquante

FMG © 2015

Hier, 23 janvier 2015 (alors qu’il n’y avait pas encore de neige), j’attendais avec impatience l’arrivée d’un nouveau CD de Georges Chelon, envoyé depuis la France par recommandé international. Au bout du compte, je suis bien entré en possession du dit CD, mais non sans mal.

Aux alentours de 13 heures, l’heure de passage du facteur, j’attendais attentivement le moindre son de sonnette. Rien. À 13h50, je suis allé vider la boîte aux lettres. J’y ai trouvé un avis, horodaté à 13h40, signalant qu’un paquet m’était destiné, mais qu’étant donné qu’il n’y avait personne à la maison, je pouvais aller le chercher à partir du lundi 26 au bureau de poste situé à 10 km de mon domicile !

Les heures d’ouverture du dit bureau combinées à mes propres contraintes étaient telles que je ne pouvais espérer y aller chercher le précieux paquet que mercredi 28, dans l’après-midi. J’ai alors décidé de prendre le risque de m’y rendre ce vendredi 23 vers 16 heures. C’était une bonne idée : mon paquet était déjà là et j’ai pu ensuite découvrir ce 37e album inédit, en 50 ans de carrière, de Georges Chelon. Album assez intéressant d’ailleurs, avec des sons nouveaux ! Bref, tout finit bien, mais pas dans le meilleur des mondes !

Ce matin, j’ai téléphoné au 022 012345, service de la clientèle chez bpost. Après l’habituelle – mais énervante – attente relationnelle avec une machine à aiguillage pas tout à fait contrôlée, j’ai enfin été en contact avec une personne humaine. Charmante, c’est le moins qu’on puisse dire ! À la limite, je me retrouvais allongé sur un divan psychanalytique tant il y avait là d’assertivité libidineuse !

Au-delà de la sensualité de la voix de mon interlocutrice, j’ai ainsi appris qu’il y avait quelque part un règlement qui dit que dès que la distance entre la boîte aux lettres – inévitablement située sur le bord de la voie publique – et la sonnette d’entrée dépasse 1,50 m, le préposé au courrier n’est pas obligé de franchir la distance outrepassant cette limite et peut se contenter de déposer un avis dans la dite boîte aux lettres !

Je l’avoue : il y a bien 4 mètres, peut-être même 5, entre la boîte aux lettres que nous avons dû installer « au bord de la route » et la sonnette restée à côté de l’ancienne boîte aux lettres ! Je suis donc coupable et je ne mérite que le sort qui m’a été réservé par le facteur ! Sa charmante collègue que j’avais au bout du fil m’a quand même suggéré de coller un bouton de sonnette sans fil sur ma boîte aux lettres. Que voilà une bonne idée ! Cela va effectivement tout changer dans le travail du dit facteur. Moi, ça me coûterait quelques dizaines d’euros, mais de quoi devrais-je me plaindre ?

Bref, j’ai eu mon colis. Au prix d’une demi-heure de route pour parcourir les 20 km. Au prix du carburant actuel et des autres frais liés à ma voiture, cela ne fait jamais que 6,2 EUR. Bêtement dépensés parce que M. le facteur avait le droit de ne pas parcourir les 2,50 m supplémentaires le reliant à la malheureuse sonnette qui lui aurait permis d’avoir un contact humain heureux et chaleureux !

Dernière chose, qui n’arrange rien. Ma charmante interlocutrice téléphonique m’a dit, quand je me désolais de la qualité du service au public : « Mais vous savez aujourd’hui, la Poste est privée… ». Je lui ai répondu que je travaillais aussi dans une société privée et que – justement – je savais ce que signifiait dans ce cas la qualité du service au client, sans laquelle nous ne nous maintiendrions pas sur le marché… Elle m’a dit «  Vous avez raison, mais vous savez comment vont les choses. Si ça ne tenait qu’à moi… ».

Et pourtant, Madame aussi gentille que vous soyez, oui, cela ne tient qu’à vous et à vos collègues. Au-delà des règlementations stupides décidées par des machines sans cœur, il reste le vôtre. Il faut parfois l’écouter ! Au-delà d’un mètre cinquante !