samedi 29 août 2015

Quand on n'est que Milanov

Ce 29 août 2015, le brugeois Philip Milanov a gagné la médaille d’argent au lancer du disque, aux Championnats du monde d’athlétisme à Pékin. Jamais un belge n’a réalisé une telle performance. Nous avons déjà eu plusieurs médailles, mais elles n’étaient que de bronze. L’argent, c’est un exploit extraordinaire.

Au journal télévisé de la RTBF, on en a parlé, en fin de journal, pendant une quinzaine de secondes. Pourtant, si cette médaille d’argent avait été obtenue par un des frères Borlée, je suis sûr que cela aurait fait la Une du journal et qu’on en aurait parlé pendant au moins cinq bonnes minutes.

Alors, bien sûr, le lancer du disque est moins populaire et moins spectaculaire que le 400 mètres. Mais est-ce vraiment cela la différence de traitement entre deux informations ? Ce n’est pas lié aux athlètes : ils donnent chacun le meilleur qu’ils peuvent dans ces Championnats du monde. Les frères Borlée sont les plus médiatisés de tous ces athlètes belges, et ils le méritent bien. D’ailleurs, ce sont des cousins !

Ce qui fait la différence de traitement est malheureusement vraisemblablement à chercher ailleurs. Milanov a un nom qui finit par « ov » ! S’il est né, en 1991, à Bruges et s’il est donc « entièrement » belge, son père bulgare n’est arrivé en Belgique qu’en 1989. C’est donc un de ces immigrés dont la populace belge dit actuellement tant de mal, parce qu’ils viendraient voler notre pain et notre travail, sans oublier de violer nos filles et nos femmes.

Qu’on me comprenne bien : je ne tiens pas du tout à attiser moi-même ce racisme primaire qui fait tant de ravages actuellement. Bien au contraire : Milanov a – pour moi – réalisé un véritable exploit ce WE et il devrait logiquement recevoir tous les hommages médiatiques qu’une telle prestation mérite. Il en va d’ailleurs de même de Toma Nikiforov qui, alors même qu’il s’est blessé en début de combat, a décroché la médaille de bronze en catégorie des moins de 100 kg aux Championnats du monde de judo. Le JT en a parlé, rapidement. Lui aussi a un nom qui finit pas « ov ».

En publiant ce billet, je ne veux en rien faire le procès des journalistes, même si je suis convaincu qu’ils auraient pu traiter ces deux informations d’une toute autre manière. Ce ne sont que des informations sportives. Elles ne sont rien par rapport à celle qui parle de la mort de 70 migrants dans un camion, entre la Hongrie et l’Autriche. Mais la place qu’on veut bien donner à ces informations sportives ne reflète-t-elle pas la même logique que ces commentaires déchaînés de ceux qui osent dire « Bien fait pour eux ! » ?

Mais où allons-nous ?

vendredi 28 août 2015

Une oreille attentive

 
FMG©2015

Depuis un peu plus d’un an, je porte des prothèses auditives. Je le dis sans honte ni gène. Cela fait environ 50 ans que je porte des prothèses visuelles – des lunettes, en d’autres mots – et cela n’a jamais dérangé personne, pas même moi. Avec l’âge, j’entendais de moins en moins et – ayant vu quel handicap cela pouvait représenter pour mes parents – je n’ai pas trop hésité à me lancer dans cette nouvelle aventure.

Les prothèses d’aujourd’hui, ou appareils auditifs, ont bien changé : leurs performances sont certainement meilleures que celles que mes parents utilisaient et – surtout – leur discrétion est devenue une réalité. Il est fort vraisemblable que des personnes qui me voient tous les jours n’ont jamais réalisé que j’étais désormais appareillé, tout simplement parce que je ne leur en ai pas parlé.

C’est si petit et si discret que moi-même, parfois, je n’y pense plus. Motard, je sais que je dois veiller – lorsque j’enlève mon casque – à ce qu’elles ne s’enlèvent pas en même temps.

Avant-hier, lorsque je suis rentré à la maison, j’ai constaté avec effroi que mon « oreille » droite avait disparu ! Retraçant mon chemin, je me suis dit que lorsqu’en visitant rapidement un terrain à bâtir, alors qu’il faisait chaud, j’ai décidé à un moment d’enlever mon casque pour entendre le bruit des voitures passant sur la route. À ce moment, il faisait chaud, je n’étais pas à côté de ma moto, je pensais à autre chose… bref, il était plus que vraisemblable que mon appareil soit tombé à ce moment sans que je ne m’en aperçoive. Retrouver cet appareil sur ce terrain en friche que je ne connaissais pas vraiment revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.

À vrai dire, je dispose d’une assurance « perte et vol ». Mais celle-ci ne couvre évidemment pas toute perte ni tout vol. Notamment, la part assumée par la compagnie dépend de l’âge de l’appareil. Je vous passe les détails, mais – après avoir téléphoné à mon fournisseur – je m’apprêtais à payer une jolie somme…

Encore fallait-il que je fasse une déclaration à la police. Je me préparais à m’y rendre quand je me suis rappelé que si j’avais visité ce terrain, c’était parce que préalablement je m’étais rendu chez une amie pour avancer dans un travail commun. Et si j’avais perdu, toujours sans m’en rendre compte, ce foutu appareil en arrivant chez cette amie ? Un peu comme on jette une bouteille à la mer, je lui ai envoyé un courriel, certain qu’elle ne trouverait rien ! Quelques minutes plus tard, elle me répondait en me disant que je pouvais à nouveau dormir sur mes deux oreilles… !

L’ennui, c’est qu’entre-temps, la pluie n’avait pas arrêté de tomber. Ces appareils délicats n’aiment pas trop l’humidité ! Je les « sèche » d’ailleurs tous les soirs. Après m’être à nouveau rendu chez mon amie pour récupérer la précieuse « oreille », je l’ai essayée : silence complet ! Mais après tout, pourquoi ne pas croire à l’impossible : j’ai soumis cet appareil récalcitrant à plusieurs cycles de séchage. Puis, je l’ai nettoyé, et hop, en le réenclenchant ce matin, j’ai entendu la délicate musique annonçant sa mise en fonctionnement. Et ça fonctionne !

Il y a, de toute évidence, plusieurs leçons à retenir de cette histoire. D’abord, la plus importante est que, même quand on n’y croit plus, il faut continuer à y croire. Vous mettrez ce que vous voulez derrière le « y » ! Mais il faut y croire. Y croire ne suffit cependant pas. Encore faut-il faire ce qu’il faut faire pour transformer cette croyance en réalité concrète. Même si la réalité est là, si on ne fait rien pour qu’elle se concrétise, elle n’existera pas vraiment. Il est toujours temps pour le faire. Et même si les premiers résultats obtenus ne répondent pas à toutes les attentes, il ne faut pas désespérer. Il faut surtout garder confiance et faire ce qu’il faut faire. Au bout du compte, on obtient – parfois, pas toujours – ce qu’on voulait. Même si c’est une toute petite chose, le fait d’y avoir cru et d’être aller au bout de son rêve apporte alors une joie indicible !

Tout ça n’a l’air de rien, mais on gagne toujours à prêter, que ce soit aux autres ou à soi-même, une oreille attentive !

samedi 22 août 2015

Au-delà de la séparation

Les enterrements sont souvent l’occasion de retrouvailles. Un être part. Ses proches se retrouvent pour célébrer ce dernier chemin, pour essayer d’y donner du sens. Ils oublient, l’espace d’un instant, tout ce qui peut les séparer, les diviser. Parfois même, ils réexistent – toujours l’espace d’un instant – comme une véritable entité, comme s’il n’y avait jamais eu de distance.

J’ai vécu aujourd’hui, en observateur bienveillant, un tel phénomène. Il a suffi d’une mort stupide, brusque, inacceptable pour que des familles écartelées se retrouvent, avec tendresse, comme les doigts de deux mains, faites pour se caresser et se réunir. En particulier, une famille nombreuse qui m’est chère s’est retrouvée, pour la première fois depuis longtemps, au grand complet, unie dans la même détresse, mais aussi sans doute dans le même amour.

Cela n’a sans doute l’air de rien, pour ceux qui ne sont pas concernés. L’essentiel, en ce jour, était sans doute ailleurs, autour de ce cercueil qui n’aurait jamais dû exister, ou du moins pas maintenant.

Pour moi, cependant, en ce jour de tristesse, l’essentiel était ici. Simplement dans le fait de voir cette famille réunie, compressée dans cette voiture trop petite pour accueillir tout le monde. J’ignore totalement ce qui s’est passé une fois que la voiture est partie vers la dernière demeure de cet être parti trop tôt, trop mal. Mais je garde, au plus profond de mon cœur, ces mains qui me témoignaient leur tendresse, mais qui surtout – sans même peut-être en avoir conscience - ne faisaient soudain plus qu’une. Au-delà de la séparation.

lundi 17 août 2015

Approche dynamique, et non linéaire, de l’information

Rassurez-vous : je n’ai nulle intention de rentrer dans la problématique des systèmes dynamiques non linéaires (SDNL) postulant que l'évolution de chacun des constituants dépend en général de celle de plusieurs autres constituants, et ce de façon non proportionnelle ou non additive (non linéaire), ce qui est incontestable. Mon propos est beaucoup plus simple : je ne suis pas un fan des vidéos présentant une information linéaire. Mais j’adore lire une information et user de ma liberté de vagabondage de mes yeux vers l’information qui m’intéresse !

Sur beaucoup de sites internet, la tendance est à proposer des vidéos sur l’activité réalisée, sur l’entreprise présentée, sur les concepts fondateurs de la pensée, etc. Autant vous le dire clairement : je ne regarde jamais ces vidéos, sauf si je sais qu’elles vont présenter un événement purement visuel et qu’elles ne prendront pas plus d’une minute de mon temps !

Je préfère de loin la même information présentée sous la forme d’un texte qui va me laisser la liberté de trouver les éléments qui m’intéressent et de laisser tomber ceux qui ne m’intéressent pas. C’est ce que j’appelle un accès dynamique à l’information, en opposition à un accès linéaire tel qu’il est présent dans une vidéo.

Qu’on me comprenne bien : je n’ai rien contre les vidéos, sauf qu’elles ne me conviennent pas. Il est fort vraisemblable qu’elles répondent au besoin de nombreuses personnes, mais moi, ce qu’il me faut, c’est me laisser gambader dans l’information et saisir au passage l’élément qui me ravira !

Même face à un livre, il m’arrive d’avoir un comportement de lecture pour le moins inhabituel (ce qui ne veut pas dire rare) : je lis souvent à l’envers ! Lorsque j’ai dans les mains un livre « scientifique » propre à mon domaine de prédilection – la pédagogie, voire la psychologie – ma première lecture commencera par les dernières pages et remontera, assez rapidement, vers les premières pages. J’ai souvent dit, et je le maintiens, qu’il me faut ainsi environ 5 minutes pour découvrir le contenu du livre et en maîtriser les principaux aspects. Cette lecture à l’envers me laisse la liberté dynamique de découvrir le propos de l’auteur, tout en sachant très rapidement où il veut en venir. J’avoue que ces 5 minutes de découverte me suffisent parfois pour savoir ce que contient le livre et pour pouvoir réutiliser cette information dans l’une ou l’autre de mes publications. Il m’arrive aussi – heureusement ! – de me dire après ces 5 minutes que cet ouvrage vaut vraiment la peine d’être lu à l’endroit (du début à la fin). Mais cette lecture n’est jamais linéaire : elle saute ici ou là.

Il en va bien sûr autrement d’un roman. Dans ce cas, la lecture linéaire s’impose. Quoiqu’il m’arrive – assez souvent – d’aller lire la dernière page, voire même les derniers paragraphes, pour savoir comment conduire ma lecture. Cela ne m’arrive évidemment jamais lors de la lecture d’un recueil de poésie que je lis de la première lettre à la dernière, la plupart du temps en oralisant le poème que je lis.

Tout ça pour dire qu’il me semble aujourd’hui indispensable pour n’importe quel site d’informations de présenter à la fois une information de manière linéaire (une vidéo, un podcast…) et de manière dynamique (du texte, un schéma…) en offrant à chacun la possibilité d’explorer l’information de la manière qui lui convient le mieux.

Au moins, au bout du compte, cette réflexion m’aura permis de publier une belle image !

samedi 15 août 2015

À ne partager que si vous le voulez

S’il y a bien quelque chose que je ne supporte pas sur Facebook ou autres réseaux sociaux, ce sont les panneaux qui se terminent par « Voyons combien de personnes vont partager ce message » ou encore « Clique sur ‘J’aime’ si tu es mon ami. Sinon, tu n’as rien à faire dans mes amis ! », etc.

Les idées présentées par ces panneaux puisés ici ou là sont la plupart du temps généreuses et à diffuser. Mais pourquoi les transformer en chantage affectif ? Pourquoi « obliger » l’autre à partager ou même simplement à « aimer » cette idée sous peine d’être considéré comme un paria ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit : si on a le malheur de ne pas partager ou de ne pas cliquer sur le « J’aime » miraculeux, on ne peut être considéré par celui qui affiche le panneau que comme une personne qui se moque de ce qu’il pense, qui ne s’intéresse pas aux statuts des autres, etc.

Les réseaux sociaux ont ceci de merveilleux : ils permettent le partage d’idées à un large réseau d’« amis ». Je n’hésite jamais à partager un sentiment, une information, une réflexion. Par mes partages, je soutiens de manière assez claire des valeurs fortes telles que la solidarité, le respect de la différence, la découverte de l’autre, le souci de la vérité validée… Ces partages me semblent naturels. Souvent, des « amis » cliquent que « J’aime », parfois certains partagent à leur tour, et j’en suis bien content. Tout simplement parce que je me dis que cela signifie que ce partage a pu véhiculer une information nouvelle, conforter quelqu’un dans ses doutes ou encore apporter un peu de lumière dans le grand jeu de la vie. Il ne me viendrait jamais à l’idée que ceux qui ne réagissent pas se moquent pas mal des idées que je partage ainsi. Il est même fort possible que ceux qui apprécient le plus mes partages ne ressentent en aucun moment le besoin de le manifester d’une manière ou d’une autre.

Au bout du compte, ces « chantages au partage » révèlent – parfois – une triste réalité : celle de n’exister que par le regard des autres. Partager une idée ne devient alors plus le plaisir de donner, mais un besoin de reconnaissance pour exister. Cette interprétation est dure, mais elle ne concerne en réalité que l’acte lui-même. Je me garderais bien d’émettre le moindre jugement sur les personnes qui pratiquent ce genre de partages. La plupart du temps, elles trouvent simplement un panneau qui avance une idée ou défend une cause qui leur tient à cœur et elles le partagent – il suffit de cliquer sur un bouton – sans réfléchir trop à ce que ce geste banal signifie !

En conclusion, je ne peux vous inviter qu’à partager ce billet. Mais surtout, ne faites-le que si vous le désirez ! Et si vous ne le faites pas, croyez-moi : il ne vous arrivera rien de spécial, pas plus qu’à moi !

samedi 8 août 2015

La mer, le ciel et la mort

Reuter©2015

Ce matin, j’ai publié sur ma page Facebook, une photo bleue. Bleu clair pour le ciel, bleu foncé pour la mer. La photo a rencontré un petit succès de « J’aime ». Quelques commentaires, dont celui d’un ami cher : « La Terre, si belle, en équilibre précaire ne tient qu'à un fil : celui qui réunit et sépare ciels et mers… ». Il ne croyait pas si bien dire : dans la photo ci-dessus, qui date du 5 août, le fil précaire est rompu. Ces points noirs dans la mer, ce ne sont que des migrants dont l’embarcation vient de sombrer. Ils cherchaient la vie. Beaucoup ne trouvent que la mort.

Ils le savent au départ. Ils en ont peur. Comment en serait-il autrement ? Mais ils ont encore l’espoir. Celui qui fait vivre. Qui fait prendre les risques les plus fous. De toute façon, l’alternative est limpide : soit ils meurent inexorablement dans les conditions où ils se trouvent dans leur pays, soit ils saisissent cette lueur d’espoir d’une autre vie, en Occident, même s’il y a un risque de mort soudaine. Finalement, qu’est-ce que celle-ci changerait pour eux, si ce n’est son côté brutal et asphyxiant ?

La seule réponse que semblent pouvoir leur offrir nos pays consiste en un maigre accueil, en une multitude de tracasseries de toutes sortes et surtout en un regard de pestiférés, comme s’ils ne songeaient qu’à une chose : nous voler, nous obliger à vivre comme eux, nous prendre notre travail, etc. Alors qu’ils n’espèrent qu’une chose : vivre, de manière plus ou moins décente. En être humain, tout simplement.

La Terre et les humains sont confrontés à de réels défis aujourd’hui : faire de celle-ci un lieu où chacun trouve sa place et peut y vivre décemment et librement. Je ne crois pas que l’Europe soit le paradis que ces migrants imaginent. Je ne crois pas que tous – et tous ceux qui les suivront – pourraient trouver ici cette place décente et libre. Mais ce n’est pas en tenant la porte fermée qu’on peut nourrir ses hôtes. Ce n’est pas en ayant des discours destructeurs ou protectionnistes qu’on apportera des solutions fondées sur le respect.

La question est éminemment complexe. Je n’ai pas la solution miracle. Mais je sais que toute solution fondée sur le rejet n’est pas une solution. Je sais que toute réponse ne témoignant que d’un repli sur soi n’est pas une réponse.

Or, nous nous devons de trouver solutions et réponses. Si nous n’y arrivons pas, nous aurons irrémédiablement rompu ce fil précaire qui nous relie à l’« humanité ».

dimanche 2 août 2015

Incognito

FMG©2015

Pendant cinq jours, mon (premier) petit-fils est à la maison. C’est la première fois qu’il reste ici aussi longtemps et c’est un bonheur permanent ! Vous me direz qu’on ne le reconnaît pas très bien en train de faire l’avion aquatique ! C’est voulu : mon petit-fils vit incognito et c’est très bien comme ça !

À l’heure où l’on voit fleurir des milliers de visages d’enfants ou de petits-enfants sur les réseaux sociaux, les parents de mon petit-fils ont choisi de lui laisser sa vie d’enfant et de ne pas l’exposer. Je suis entièrement d’accord avec eux, même si évidemment j’ai aussi envie de partager sa bonne humeur, son sourire et son espièglerie. En 2015, alors qu’on peut savoir tout sur n’importe qui, cet enfant vit incognito, dans l’insouciance de sa découverte du monde.

Que les choses soient claires : ce billet n’est aucunement une critique des parents et grands-parents qui affichent leurs progénitures sur Facebook ou autres sites sociaux. C’est leur choix, leur fierté et c’est très bien ainsi ! Simplement, j’adhère aussi au choix de ma fille et de mon beau-fils de préserver l’intimité de leur enfant. Un des plus grands dangers de nos sociétés est justement la disparition des « bulles personnelles ». Tout cela se vit à des niveaux très divers, mais même si on n’est pas l’enfant d’une célébrité quelconque, il est difficile de rester simplement anonyme, de ne pas exister pour la grande toile.

En écrivant ce billet, j’ai bien conscience d’aller un peu dans le sens de ce que je souhaite dénoncer ! C’est bien toute l’ambiguïté de la situation ! Les parents, les grands-parents, les oncles et tantes… ont légitimement le désir et le plaisir de partager ce qui eux-mêmes les remplissent de bonheur. Mais d’un autre côté, il est légitime aussi de vouloir préserver l’intimité – présente et future – de ces enfants qui n’ont finalement qu’un seul besoin : s’épanouir auprès de leurs proches. Et fondamentalement, j’admire ma fille et mon beau-fils : leur envie de partager est évidemment aussi grande que celle de tous les parents. Mais ils tiennent bon et ont bien raison !

Mon petit-fils restera donc incognito, malgré tout le bonheur qu’il m’apporte !

samedi 1 août 2015

Avant après

FMG@2015

Inutile – je suppose – de vous dire quel est l’avant et quel est l’après ! En tout cas, un beau court-circuit, en bonne et due forme. Avec un début d’incendie… de la haie dans laquelle se trouvait cette allonge. Je suppose qu’à ce moment-là, c’était la drache, comme on dit chez nous. L’incendie s’est éteint et ça s’arrête là. Même pas un fusible ou un disjoncteur qui aurait manifesté sa mauvaise humeur face à ce traitement humiliant. Non, juste un petit incendie de haie aussi rapidement éteint par la pluie qui l’avait – vraisemblablement – provoqué.

On est peu de choses, il faut le reconnaître. La même chose serait arrivée dans la maison et on ne sait pas vraiment où cela nous aurait mené. Mais dans la maison, il ne pleuvait pas ! De toute façon, quand on voit ça, on l’a échappé belle.

Ça s’est bien terminé, mais il est clair que cela aurait pu nous mener ailleurs, là où les mots n’ont plus de sens tant la réalité cruelle s’impose et ravage les choses et les êtres. En un instant, tout peut basculer. Tout bascule pour certains. On se croit toujours à l’abri, et pourtant à tout moment, tout peut basculer.

On passe notre temps à dire à nos progénitures « Fais pas ci, fais pas ça ». Il faut le faire. Mais en réalité, le danger est toujours quelque part ailleurs, là où on ne l’attend pas. Ce n’est parfois qu’un feu de haie qui ne mène nulle part. Je dirais même, ce n’est la plupart du temps qu’un feu de haie qui ne mène nulle part. Heureusement.

La vie ne tient qu’à un fil. Et à quelques prises qui raccordent les fils. On ne fait sans doute jamais assez attention à ces fils et surtout aux prises qui les relient. Ce sont elles pourtant qui font la vie. Mâles et femelles, elles permettent de conduire l’énergie là où elle doit aller. Préservons-les !

vendredi 31 juillet 2015

La lune bleue

FMG©2015

La lune bleue ! Elle n’a rien de bleu. Ce n’est qu’un phénomène lié au décalage entre le calendrier civil, composé de 12 mois de plus ou moins 30 jours, et du rythme des mois lunaires, de plus ou moins 28 jours. Une année normale contient inévitablement 12 pleines lunes, mais tout aussi inévitablement, certaines années comportent 13 pleines lunes. Quand deux pleines lunes ont lieu durant le même mois – comme c’est le cas durant ce mois de juillet 2015 – on parle d’une lune « bleue ».

Elle n’est pas plus bleue qu’une autre lune. L’expression tient à la rareté (relative) du phénomène et elle tient son nom de l'expression anglaise "once in a blue moon", littéralement "une fois toutes les lunes bleues" que l'on pourrait traduire par "tous les trente-six du mois", c’est-à-dire quasiment jamais alors que cela arrive – inévitablement – environ tous les trois ans.

Mais la question n’est pas là. La question, c’est de croire qu’il y a une lune bleue ! Elle n'a en fait de réalité que dans nos cœurs ! L'important, c'est d'y croire et de croire que cet instant - strictement naturel - est fantastique !

On peut même faire croire n’importe quoi. La « lune bleue » que vous voyez sur cette photo n’est en fait qu’une boule lumineuse à énergie solaire qui égaye mon jardin. La seule vérité est qu’elle a été photographiée ce soir, alors que la « lune bleue » existe quelque part. Quelle est la plus vraie ? Ma photo n’est (quasiment) pas trafiquée. Elle est là, cette lune. Il suffit d’y croire. Il suffit de se dire qu’elle est exceptionnelle. Qu’elle transcende le monde. Vous n’y croyez pas ? Vous avez tort.

Mais on a tellement souvent tort devant les évidences qui n’en sont pas, mais qui ont le mérite d’exister et de nous faire espérer !

lundi 20 juillet 2015

La chaleur

FMG@2015

Comme un peu partout en ce mois de juillet, il fait chaud. Mais vraiment chaud ! Trop chaud pour moi ! Je ne vais cependant pas me plaindre. Les mois d'hiver ont été longs et ils ne sont pas si lointains que ça. Alors, dans une approche globale, ce soleil et cette chaleur sont bien agréables. Du moins, quand on trouve un peu d'ombre. Quand on est - comme ce caillou - en plein soleil toute la journée, c'est dur !

En soi, ce n'est pas la chaleur qui me pose problème. C'est surtout le fait que je ne la supporte plus. Ou moins bien. Je me souviens d'étés tout aussi ensoleillés, en Ardèche, quand j'étais jeune. Je pouvais passer quasiment toute la journée au soleil, sans endurer le moindre coup de soleil ni de coup de chaleur. Enfin oui, un jour, j'ai eu une insolation après avoir roulé longuement dans une voiture au toit largement ouvert. Mais globalement, le soleil était mon ami et j'en profitais largement.

Mais voilà, le temps passe et le corps n'est plus tout à fait ce qu'il était. À nouveau, je ne vais pas trop m'en plaindre. Globalement, je me sens mieux dans ma peau aujourd'hui qu'il y a une quarantaine d'années. C'est une question d'équilibre entre le corps, le cœur et l'esprit, pour utiliser de grands mots ! Il n'empêche que si je suis mieux dans ma peau, celle-ci n'est plus tout à fait la même. Elle a moins de résistance. Elle est - notamment - plus fragile aux attaques insidieuses du soleil. Et ça, ça m'énerve !

Pas de raison d'en faire un drame pourtant. C'est comme ça, c'est comme ça. À la réflexion, ce qui m'inquiète plus fondamentalement, ce sont ces vagues de chaleur successives. Là où je suis en ce moment, c'est normal ; ce qui serait inquiétant serait la pluie et le froid. Mais qu'il fasse (très) chaud un peu partout, c'est moins normal. Et les signes ne manquent pas pour penser que ce mouvement climatique ne va pas s'arrêter dans les années qui viennent. Nous devrons nous y adapter. C'est l'évidence, mais ce ne sera pas évident... En attendant, il fait chaud et je me sens un peu comme ce caillou.

vendredi 17 juillet 2015

La planète bleue

FMG©2015

Mine de rien, il y a de jolis coins sur la Terre. Rien de bien nouveau dans ce constat. Mais pouvoir le vivre de près est toujours un émerveillement renouvelé.

Il suffit alors d'un peu (beaucoup) de soleil, d'un peu (beaucoup) d'une étendue d'eau salée, d'un peu (beaucoup) de terres, de roches et de verdure sauvage, et on n'a plus alors qu'à profiter de ces tonalités majoritairement bleues, pleines de lumière et de douceur.

Pas envie d'en dire beaucoup plus aujourd'hui. Juste le bonheur de profiter de tant de beauté lumineuse. 

jeudi 16 juillet 2015

La carte de crédit


FMG@2015

Aujourd'hui, quoi de plus banal qu'une carte de crédit ? Alors que la mondialisation s'est imposée à  de multiples niveaux, la carte de crédit sert à effectuer de nombreux paiements. Bien maîtrisée, elle est un outil précieux et indispensable. En dehors du système international qui permet de la gérer, la carte en elle-même évolue. Ainsi, celle que j'ai reçue il y a un mois, en renouvellement de la précédente périmée, a la particularité de ne plus avoir d'inscriptions en relief, utilisables avec l'antique "sabot". Très bien, sauf que...

Sauf que tout le monde n'évolue pas à la même vitesse technologique que nos banques belges. En réalité, la plupart des paiements se font de manière électronique et c'est la puce contenue dans la carte qui est seule utile. Pourtant, arrivant en vacances sur une île européenne et après une longue attente dans la file, lorsque j'ai voulu prendre possession de la voiture de location que j'avais réservée et payée depuis mon ordinateur, j'ai présenté les trois cartes nécessaires, toutes les trois au même format : ma carte d'identité, mon permis de conduire européen et ma carte de crédit. 

Directement, mon interlocutrice m'a dit, dans une langue universelle aussi étrangère pour elle que pour moi : "Ceci n'est pas une carte de crédit" ! J'ai eu beau lui expliquer, dans cette langue universelle que je manie fort mal, que c'en était bien une, que ma banque m'avait bien dit qu'il fallait insister, que je n'avais jamais vu un pays aussi retardataire, que j'allais dénoncer l'agence de location devant la Cour européenne de Justice, etc., rien n'y fit, cette (jolie) préposée me répétait toujours la même chanson : "Ceci n'est pas une carte de crédit" ! J'avais évidemment bien compris que ce qui lui manquait, c'étaient les inscriptions en relief, seules susceptibles d'être imprimées grâce au sabot en guise de garantie de paiement en cas d'accident.

Pas de panique : l'histoire finit bien. Ayant été un grand voyageur, lorsque ma banque était passée de la carte Visa à MasterCard, sachant que certains pays ne connaissaient pas encore cette dernière (mais oui, mais oui), je m'étais mis en recherche d'une carte Visa gratuite (tout comme ma MasterCard), avec succès. Bref, j'ai sorti de mon chapeau magique ma carte Visa avec tous les reliefs nécessaires et je fus émerveillé par le sourire instantané de la (belle) hôtesse. Quelques minutes plus tard, nous roulions au volant de la voiture tant espérée.

Dans cette affaire, vous avez bien compris que je ne parviens pas à en vouloir à cette charmante femme qui ne faisait que son boulot, avec les outils en sa possession. J'en veux surtout à ma banque (dont je suis pourtant un fervent utilisateur). C'est très bien d'être à la pointe du progrès, mais ils n'ont pas à supprimer les inscriptions en relief si un commerçant quelconque dans le monde - il en suffit d'un seul ! - utilise encore le sabot. Ma carte de crédit est censée m'être utile partout. Je disposais d'une solution alternative, mais que se serait-il passé si ce n'avait été le cas ? Je n'ose y penser !

J'en veux aussi à l'agence de location. Celle-ci disposait bien d'un terminal électronique, mais les procédures ne permettent apparemment pas d'utiliser celui-ci et de se passer du sabot pour "bloquer" cette garantie. Et si elles le permettent, l'agence aurait dû en informer son personnel.

Puis, j'en veux de manière plus large à notre société mondialisée qui fait qu'on n'existe plus qu'à travers nos multiples cartes. Sauf erreur, c'est dans la BD géniale "SOS bonheur" que Hermann dénonce cet état de fait à travers le cas d'un personnage qui a perdu sa carte d'identité et qui donc - pour le système - n'existe plus, n'a plus d'identité, celle-ci n'étant liée qu'à la carte ! C'est horrible.

mardi 7 juillet 2015

OXI, c’est aussi…

N’étant ni économiste, ni politologue, pas même sociologue, je me garderai bien ici de tirer la moindre analyse ou conclusion qui dépasserait mes compétences. Les Grecs ont dit « Non ». C’est la seule chose certaine. Mais « non » à quoi ? Certains y voient un mouvement de fond annonçant un large refus populaire des politiques néolibérales antisociales. D’autres affirment que les Grecs sont décidément des paresseux patentés qui refusent de faire le moindre effort…

Ni les uns ni les autres n’ont sans doute raison. Les Grecs ont simplement dit « Non » à des mesures qui ne tiennent aucun compte de leur situation, de ce qui fait qu’ils se trouvent dans cette situation. C’est exactement ce que dit, en France, un Henri Guaino, membre du mouvement « Les Républicains » ! Si les Grecs ont de telles dettes, c’est que les grandes banques multinationales ont tout fait pour qu’il en soit ainsi. Sous couvert d’aide, elles ne faisaient qu’accroître la dette publique qui inévitablement devrait leur être remboursée, agrémentée de taux d’intérêt qui feraient aujourd’hui rêver n’importe qui. Qu’on ne s’y trompe pas : ceux qui tiennent aujourd’hui les cordons des marionnettes ne sont que les financiers privés qui ne travaillent pas plus que vous ou moi, mais qui n’ont qu’une seule visée : celle de leur profit, peu importe que celui-ci soit au détriment d’un peuple. En disant cela, je ne cherche pas à excuser les erreurs de gestion grecques. Elles sont évidentes. Pouvait-il en être autrement ? En attendant, les responsables politiques s’illusionnent avoir le moindre pouvoir, alors qu’ils ne sont que des marionnettes des financiers et des banquiers qui furent eux-mêmes largement aidés par les États lorsqu’ils rencontrèrent quelques difficultés, en 2008 par exemple ! Le « non » du peuple grec ne changera évidemment – malheureusement – rien à ce jeu de dupes, puisque les véritables coupables restent les maîtres du jeu. Impossible de savoir aujourd’hui sur quoi cela débouchera. Une certitude cependant (avec toutes les nuances émises dans le premier paragraphe de ce billet) : la solution finale ne sera pas au détriment des vrais créanciers, ces financiers privés qui ignorent ce que les mots « État démocratique et social » signifient.

Il ne faut donc pas trop s’extasier devant cette victoire du « Non ». OK, le peuple a dit non. Mais pouvait-il dire autre chose ? Il est – selon moi – illusoire de penser que ce « non » en annonce d’autres, futurs rejets de tout ce qui pourrait se décider au niveau européen. J’ajoute que – toujours selon moi – il n’y a pas de solutions possibles aujourd’hui pour les millions de citoyens européens en dehors d’une Europe forte. Cela n’exclut pas le respect de spécificités locales, régionales, nationales… Mais on ne peut trouver sa place dans le monde actuel qu’au sein d’une Union forte et solidaire. Et sociale.

En réalité, le véritable enjeu de tout ce qui se passe aujourd’hui est là : construire une Europe sociale. Et même, plus largement, construire un monde social, où chaque être humain s’y retrouve en trouvant sa place et en y étant respecté. Je ne suis pas trop optimiste à ce niveau. Il reste toujours les « joueurs de marionnettes » qui maîtrisent réellement le jeu et qui n’ont rien à faire de celui ou celle qui voudrait simplement exister et vivre de manière décente.

Alors, bien sûr, les Grecs ont dit « Non ». Je m’en réjouis. Mais cela ne me donne aucune illusion. Qu’en pense mon banquier, pourtant honnête, j’en suis certain ?

vendredi 3 juillet 2015

Ils l'ont fait

Aujourd’hui, à 17h56 (heure belge), Solar Impulse 2 s’est posé à Hawaï après un périple de plus de 8000 km et 120 heures, au départ du Japon. Uniquement grâce à l’énergie solaire captée par les panneaux répartis sur ses ailes monumentales. Grâce aussi à la volonté de son pilote, André Borschberg, qui pendant tout ce temps n’a fait que des siestes d’une vingtaine de minutes. Grâce enfin à toute l’équipe qui est derrière cet exploit technologique qui devrait figurer en bonne place dans les annales de l’histoire aéronautique.

Mais pas que. Ce projet a – ou devrait avoir – des répercussions dans notre vie de tous les jours. Amélioration de l’efficacité des panneaux solaires. Stockage de l’énergie dans des piles « propres ». Il est aussi une visée de fond : on peut réaliser des merveilles rien qu’en se fondant sur les énergies naturelles. Pousser cette logique au bout de son raisonnement – par exemple en remplaçant toutes les ampoules à incandescence par des ampoules leds, ou tous les chauffages à résistance par des pompes à chaleur – permettrait, rien que pour la Belgique, de se passer d’une ou deux centrales nucléaires. Et ça, ce n’est pas du rêve. C’est la réalité d’aujourd’hui.

Ce projet, dont j’ai déjà parlé, est – selon moi – un des projets les plus importants et les plus enthousiasmants pour notre présent et notre futur. Il montre que l’impossible devient possible quand on y croit et qu’on développe les moyens techniques nécessaires pour y arriver. Il y a encore beaucoup à faire pour éliminer toutes les sources de pollution et de dégradation de la Terre. Le projet Solar Impulse n’est peut-être qu’une goutte d’eau dans cette démarche. Mais quelle goutte d’eau !

samedi 27 juin 2015

Les petits riens

L’espoir © Claude Théberge

Y a la trace d’une larme

Dans les yeux de l’ami

Qui se fait du souci

Lors d’un départ aux armes

Y a le regard aigri

De ce père qui s’inquiète

Quand son fils le rejette

Se sentant incompris 

Y a ce brin de tristesse

Quand la terre se révolte

De manière désinvolte

En montrant nos faiblesses

Y a cet abattement

De se sentir vidé

Avant de retrouver

L’insouciance de l’enfant

La vie est loin d’être une partie de plaisir. La joie des uns fait parfois naître la tristesse des autres. Il suffit d’une fille d'un autre qui réussit brillamment une étape de son parcours scolaire pour qu’on sente toute la difficulté d’assumer les échecs répétés d’un fils qui demeure fils chéri, malgré les désillusions. Il suffit d’une violence aveugle et stupide pour qu’on craigne la détente tant attendue. Il suffit d’un moment passager de solitude triste pour imaginer qu’il n’y a que le vide, partout.

Ce sont les petits riens de la vie. Ils ne sont rien. Mais ils font tout. Ils sont petits. Mais c’est à travers eux qu’on grandit. Ils ne font que passer, souvent ils sont déjà passés. Ils rôdent sans qu’on les identifie vraiment. Ils nous submergent parfois. Pourtant…

Pourtant, c’est à travers eux – souvent – qu’on communie avec le sens profond de notre vie. La désillusion devient l’occasion de se rapprocher. La violence externe et extrême permet de se resserrer autour d’un projet commun. Le vide débouche – sans qu’on sache trop comment – vers le plein délié qui crée le tout.

On se retrouve alors sans l’avoir voulu comme un enfant qui s’extasie devant le vol d’un papillon, devant la douce harmonie d’une bulle qui plane avant de s’éclater, devant la beauté éphémère de cette fleur insignifiante qui devient trésor parce qu’on l’offre à l’être qu’on aime. Et la vie reprend son cours.

Qu’est-ce qui fait vivre la vie


Qui nous porte au-delà de nous

Qu’est-ce qui nous rend fou

Qui nous donne autant d’envie