dimanche 7 septembre 2014

Un noyer sauvé par les eaux

FMG©2014

Depuis des années, un noyer occupe une petite place de notre espace. Il ne paie pas de mine ayant dû se développer à l’ombre d’un chêne majestueux, aujourd’hui disparu, et ayant dû affronter depuis quelques temps la poussée intempestive d’épicéas plantés là par un voisin qui apparemment voulait surtout nous boucher la vue.

Depuis que nous sommes ici, je guette chaque année la période des noix, car j’adore les noix fraîches, non seulement pour leur goût mais aussi pour l’impression formelle (et illusoire) de nourrir un peu mon cerveau tout en étant d’une valeur nutritive assez exceptionnelle. Ce ne fut jamais la gloire : les bonnes années, nous avions droit tout au plus à une dizaine de noix annuelles. Pas de quoi s’esbaudir !

Cette année, je ramasse une bonne douzaine de noix… quotidiennes ! Une véritable abondance. Elles sont de plus bien plus grosses que les années précédentes et particulièrement délicieuses. Est-ce dû aux pluies abondantes de ce mois d’août ? Ou à quelque autre phénomène impossible à isoler ? Ou simplement à un cycle qui fait que l’arbre se sent bien cette année pour produire de nombreux fruits ? Allez savoir.

À vrai dire, je ne cherche d’ailleurs pas vraiment à savoir ! Je me contente de ramasser les noix quotidiennes – en étant conscient que je dois en rater plus d’une – et de déguster ce fruit délicieux.

Néanmoins, je m’émerveille de cette productivité quelque peu miraculeuse. Il est peu probable que j’y sois pour quoi que ce soit, mais je ne peux quand même m’empêcher de penser que pendant des années, j’ai continué à y croire. À chaque mois de septembre – en sachant que la saison des noix s’étale de septembre à novembre – je suis allé observer ce que l’arbre produisait. Pour constater la plupart du temps que le récolte était « à la noix », sans aucune valeur ! Mais j’y revenais, chaque année, me disant qu’une saison n’est pas une autre et qu’on peut toujours espérer.

Comme quoi, il suffit parfois dans la vie d’y croire et d’être patient !

jeudi 4 septembre 2014

Le négativisme

Il est troublant de constater – dans la planète internet – combien règne le négativisme. Parmi les millions d’avis qui sont émis ici et là chaque jour, de nombreux sont clairement négatifs, cherchant plus le problème que la solution. On ne devrait sans doute pas s’en étonner dans les nombreux « forums » où chaque quidam peut énoncer sans crainte toute sa frustration. Il est plus étonnant que ce soit aussi – souvent, pas toujours – le cas pour les « faiseurs d’opinion ».

Je ne prendrai qu’un exemple : ce fameux « Ice buckett challenge » qui a marqué cet été 2014. En soi, il faut bien reconnaître que s’il est assez sain de se verser un seau d’eau glacée sur la tête quand il fait chaud (ce qui est théoriquement le cas en été), il est assez futile de le faire même s’il ne fait pas chaud et dans l’unique but de le partager sur Internet en réponse à un quelconque défi. C’est clair que ce n’est pas le sommet de l’intelligence, mais il faut bien avouer que c’est amusant, non seulement pour celui qui accepte de se mouiller – je l’ai fait ! – mais aussi pour ceux qui regardent les dites vidéos dont certaines – pas la mienne – sont vraiment désopilantes. Futile, oui, mais amusant !

Cela n’empêche pas certains de maugréer dans leur petit espace virtuel. Leur premier reproche serait que bien peu de gens contribuent réellement à financer d’une manière ou d’une autre les associations qui s’occupent de la Maladie de Charcot, d’autant plus qu’on aurait soi-disant le choix entre se mouiller ou donner. Personnellement, j’ai toujours entendu qu’on pouvait aussi faire les deux, mais de toute façon, l’important n’est pas là. L’important est que ce défi a de toute façon permis de sensibiliser des millions de personnes ne fut-ce qu’à l’existence de cette maladie particulièrement invasive. Que beaucoup de personnes volontairement aspergées n’aient pas donné le moindre sou pour les associations, c’est vraisemblable. Et alors ? En attendant, la Ligue SLA Belgique a récolté entre le 12 et le 31 août – soit en trois semaines – la somme de 123 000 EUR, alors qu’elle bénéficie d’habitude d’environ 8000 EUR annuels. Faites vos comptes…

Cela n’empêche pas certains de voir le mal là où il n’y a que bien. Il y aurait ainsi une indécence fondamentale à « gaspiller de l’eau » alors qu’il y a certaines régions du monde qui en manquent cruellement. C’est vrai que l’eau est un enjeu essentiel du 21e siècle. Il suffit d’analyser les guerres pour s’en rendre compte. Mais en quoi est-il indécent de se déverser un seau d’eau sur la tête dans une région qui ne manque pas d’eau ? Ce malheureux seau d’eau aurait-il dû être transféré par avion dans un petit sac pour – peut-être – arriver dans des régions souffrant atrocement d’un déficit aquatique ? Finalement, l’indécence ne consiste-t-elle pas à voir de l’indécence là où il n’y en a pas ?

La critique ultime est que ce geste humide ne témoignerait que de la volonté de s’afficher sur Facebook ou autres réseaux virtuels. C’est possible. Mais en quoi cela dénigre-t-il à la fois l’aspect ludique du challenge et son côté social ? On vit dans un monde où l’image – surtout celle qui n’est que virtuelle – occupe une place importante. C’est une réalité, et on peut effectivement regretter cette réalité. Elle est dangereuse et absconde quand des terroristes se mettent en scène pour décapiter d’innocentes victimes. Elle est juste une petite crise d’ego quand de parfaits anonymes ont ainsi l’impression non seulement d’exister, mais aussi d’être utiles.

Quoi qu’on puisse en penser, mon propos ne porte pas tant sur le Ice bucket challenge que sur le besoin apparemment irrépressible qu’ont certains à voir avant tout ce qui ne va pas dans le moindre événement, comme si penser correctement aujourd’hui était surtout d’être négativiste plutôt que créateur de lumière. On me dira – non sans raison – que c’est ce que je suis en train de faire… Il est temps de me taire ! Promis, mon prochain billet sera plus lumineux !

vendredi 29 août 2014

Procréé et plus…


Semaine de reprise professionnelle pour nous. Semaine de vacances pour notre fille. Semaine d’accueil de notre petit-fils, un peu plus d’un an au compteur. Il faut s’organiser, mais au bout du compte : que du bonheur. Pas de chance, il est malade ! Forte fièvre, avec tout ce qui va avec, comme on dit chez nous.

Ce matin, j’étais seul avec lui. Lui qui est un « bébé Duracell », les piles étaient bien plates. Alors qu’il est plein d’énergie en temps normal, là, il avait surtout besoin de calme, de tendresse, de douceur, d’affection.

Quand il s’est blotti contre moi, en montrant clairement que c’était cela qu’il voulait, je l’ai serré avec toute l’affection que je pouvais. Il n’a plus bougé pendant 45 minutes. Je sentais sa chaleur abandonnée, pleinement confiante dans cette tendresse que je lui prodiguais. Quelque part, il était pleinement en moi. J’avoue que je ne savais pas trop quoi faire, mais que d’un autre côté ce moment magique me transcendait au-delà de ce qu’on peut imaginer.

Il est loin le temps où mes enfants se blottissaient contre moi, mais je ne sais pas si j’ai réellement oublié. En tout cas, ce matin, c’était une osmose totale, au-delà ce qu’on peut réellement imaginer.

Sentir un être de vie vous confier pleinement la sienne, en toute connivence, malgré la maladie, c’est un bonheur incommensurable. Comme si on commençait soi-même à exister ! Ce n’est bien sûr qu’une illusion : j’ai déjà vécu tout ça, avec quelle émotion, à travers mes enfants. La chanson Procréés que je publie ci-dessous leur rend hommage ! Mais il faut le reconnaître : la confiance de mon petit-fils m’émeut plus que ce que je ne m’y attendais !



Je vous ai procréés

C’est vous qui vous créez

Je vous ai éduqués

C’est vous qui m’indiquez

Le chemin de la vie

Qui fait naître l’envie

D’aller toujours plus loin

Là où tout se rejoint
 
Toi ma lumière joyeuse

Ma fille mystérieuse

Tu vas là où tu veux

Sans te prendre au sérieux

Derrière ton silence

Ta vie est une danse

Où l’organisation

Côtoie les émotions
 
Toi mon feu chaleureux

Mon volcan impétueux

Tu ne peux nous cacher

Ta sensibilité

Tous ceux qui te connaissent

Apprécient ta richesse

Même s’il faut la chercher

Dans ton coeur écorché
 
Toi mon soleil paisible

Mon joueur impassible

Tu décides du temps

Autant que tu l’entends

À chercher ton chemin

Tu le trouveras demain

Sans que soit affectée

Ta serviabilité
 
François-Marie GERARD - FMG © 2004

vendredi 22 août 2014

Les décisions de notre enfance

Il n’est jamais facile de prendre une décision importante. Tant de facteurs entrent en ligne de compte. Se marier, se démarier, ou entrer en relation – stable ou momentanée – avec l’une ou l’autre. Opter pour tel ou tel métier. Se réorienter professionnellement ou émotionnellement, à l’encontre de ce que les autres, proches, pensent.  Se lancer dans une aventure, professionnelle, sentimentale, sportive. Déménager, au sens propre comme figuré. Décider de ce que sera notre vie.

Mais est-ce bien nous qui décidons ? Et sommes-nous à même de prendre en toute autonomie les décisions que nous sommes supposés prendre ? Une décision n’est-elle pas jamais que la résultante d’une série de facteurs, tant internes qu’externes, qui nous conditionnent ? Sommes-nous véritablement maîtres de nous-mêmes ?

J’entends souvent cette phrase : « Il n’y a pas de hasard ! ». Il n’ y aurait ainsi jamais que des chemins qui se croisent, toujours pour des raisons beaucoup plus importantes et construites qu’on ne le suppose. Chaque chose, chaque rencontre, chaque décision aurait une raison d’être, là-même où elle se trouve, et son existence serait en quelque sorte forcée par on ne sait quel destin, quel mouvement transcendant, quelle inévitabilité.

Ce déterminisme, heureux ou malheureux, est sans doute – dans la plupart des cas – bien présent. La question est dès lors de savoir quelle est sa source. À quel moment les choses se déterminent-elles ? Et se déterminent-elles par elles-mêmes ou ne résultent-elles pas elles-mêmes d’autres choix, d’autres orientations, d’autres visions ?

Ma réponse pourrait paraître surprenante. Cependant, elle me semble éminemment logique. Oui, nos décisions d’adultes sont clairement déterminées. Elles le sont par les décisions que nous avons prises préalablement, au moment où nous ne pouvions être influencés parce que nous jouissions d’une liberté totale. Ce moment, c’est l’enfance. Nos décisions d’adultes ne sont jamais que la résultante des décisions que nous avons prises lorsque nous étions enfants.

C’est enfant que l’on décide d’être ou non quelqu’un qui va suivre les autres, d’être ou non quelqu’un qui va se conformer à ce qu’on attend strictement de lui, de tester ou non des voies nouvelles non conseillées ni recommandées par l’environnement… Toutes ces décisions, l’enfant les fait en connaissance de cause. Il sait très bien – très tôt – que s’il prend une voie non reconnue par son entourage, cela va se retourner contre lui. Mais, si c’est son choix, il va assumer cette décision en voyant bien où cela le mène. Et en en acceptant les conséquences. Quand l’enfant fait une « bêtise », il le sait et il accepte l’éventuelle sanction.

C’est à travers ces différentes micro-décisions que l’enfant se construit et devient petit à petit lui-même, avec son identité propre. Celle-ci sera la sienne jusqu’à la fin de sa vie. La plupart des décisions qu’il prendra par la suite, y compris dans sa vie adulte, ne seront jamais que la résultante des décisions qu’il aura prises quand il était enfant, en absolue liberté, parce qu’à ce moment il prenait la décision qui lui semblait bonne pour lui, sans la filtrer dans une analyse rigoureuse, critique, envahissante et annihilante.

En d’autres mots, nous ne sommes jamais que le produit de ce que nous avons décidé lorsque nous étions enfants. Loin d’être un « être en devenir », juste capable de réaliser ce que les adultes décident pour lui, l’enfant est un « être qui se fait pour la vie », en totale liberté et sous son entière responsabilité. C’est enivrant, non ?

samedi 9 août 2014

Plénitude usurpée


FMG©2014

Le ciel est, par-dessus la mer, si doux, si calme. Un rayon, par-dessus la mer, berce sa lame. Dans cette douceur vespérale, si douce, si prude, un profond sentiment s’installe : la plénitude.

Elle vous prend au fond de votre être. On ne peut rien faire contre elle. La beauté du monde est telle qu’elle s’infiltre dans la moindre parcelle de votre corps, de votre cœur, de votre âme.

Et pourtant ! Comment peut-on se laisser aller à cette zénitude, alors que notre monde vit de guerres un peu partout. Ukraine, Irak, Syrie, Libye, Soudan, Nigéria, Gaza… ? Et d’autres encore. Il faudrait plus que trois petits points !

Qu’est-ce qui justifie ces guerres ? Certains diront « les religions ». Mais celles-ci ne sont-elles pas qu’un prétexte, un moyen – puissant s’il en est – de mobiliser les foules ? En réalité, toutes les guerres – et singulièrement celles de 2014 – ne sont-elles pas économiques ? On est là dans une complexité extrême, dans laquelle il est vain de faire ressortir la vérité parce que, par définition, celle-ci ne peut être que cachée. On peut faire des hypothèses, toujours invérifiables, mais qui toujours aussi deviennent pour beaucoup des convictions profondes.

De ces guerres, c’est un des dégâts collatéraux des plus dévastateurs. Chacun se sent quasi obligé de choisir son camp. Et la haine commence à naître. Dans notre univers virtuel, elle se transforme en guerre des mots, sans beaucoup de retenue. Mais cette haine virtuelle enfante aussi des relents de racisme ou d’ostracisme qui non seulement attisent des feux incendiaires, mais de plus ferment la porte à tout dialogue. Et chacun, sans même le vouloir, finit par être ennemi à détruire, sans état d’âme.

La vie continue au-delà de ces guerres. Heureusement. Mais elle a comme un goût amer, qu’on voudrait pouvoir oublier, mais qu’on ne peut pas. Même si…

Le ciel est, par-dessus la mer, si doux, si calme. Un rayon, par-dessus la mer, berce sa lame. Dans cette douceur vespérale, si douce, si prude, un profond sentiment s’installe : la plénitude.

mardi 5 août 2014

Papyllon

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Mine de rien, être grand-père, ce n’est pas n’importe quoi.

Biologiquement parlant, c’est un peu avoir accompli son rôle de perpétuation de l’espèce. On n’a pas seulement participé à la génération suivante, mais voilà qu’on contribue à une vision plus lointaine, susceptible de participer pleinement au prolongement biologique. En quelque sorte, on a fait ce qu’on devait faire. D’un strict point de vue biologique. (Ce qui ne veut pas dire d’ailleurs que celui qui ne se retrouve pas grand-père n’a pas fait ce qu’il devait faire ! Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas !).

Affectivement parlant, c’est plus mystérieux et plus fantastique. La relation avec le petit se construit sur une toute autre base que celle créée entre père et fils/fille. Il y a une liberté en plus, tout en ayant un recul plus important. La responsabilité est de toute évidence différente, même si elle existe tout autant. La différence rejoint la dimension biologique : les grands-parents ne sont pas là pour « nourrir » leur petit-enfant. Ils n’ont justement plus de responsabilité biologique. Leur seule responsabilité est désormais affective : participer, en deuxième ligne, au développement de cette vie en quête d’autonomie. L’enfant ne s’y trompe pas : il découvre dans cette relation une distance bienveillante qui l’aide à progresser.

Je suppose que tout grand-père trouve son petit-fils extraordinaire. C’est mon cas. J’ai rarement vu un enfant aussi souriant, aussi enthousiaste de retrouver quelqu’un qui l’aime, aussi attentif à tout ce qui se passe autour de lui, aussi fin dans les gestes, aussi volontaire quand il s’agit d’obtenir ce qu’il sait qui lui sera donné, aussi confiant dans le vol d’un papyllon. Sans doute suis-je un peu subjectif ! Mais que c’est bon !

jeudi 31 juillet 2014

En berne

Je n’aime pas parler de ce que je ne connais pas. C’est pourquoi jusqu’à présent, je me suis tu, laissant mon cœur pleurer en silence. Mais à un certain moment, sans doute, faut-il arrêter de se taire. Devant l’ignominie de dirigeants israéliens qui détruisent, quasiment avec le sourire, un peuple palestinien qui n’en peut plus.

Le conflit actuel est – officiellement – justifié par l’assassinat de trois jeunes israéliens par le Hamas. On sait aujourd’hui que – plus que vraisemblablement – le Hamas n’est pour rien dans cette triste disparition. On sait aussi que – toujours plus que vraisemblablement – Netanyahu et ses sbires étaient parfaitement au courant de cet élément lorsqu’ils ont commencé à mobiliser l’opinion publique israélienne en faveur d’une nouvelle guerre. Ce n’était de toute évidence qu’un prétexte.

Mais on ne refait pas l’histoire. A fortiori, je ne referai pas l’histoire. Le Hamas est un mouvement qui prône la destruction de l'État d'Israël et l'instauration d'un État islamique palestinien sur toute la terre de l'ancienne Palestine mandataire. Ce ne sont pas des anges, loin de là ! Il faut cependant s’interroger pourquoi un tel mouvement a pu remporter, en 2006, les élections législatives palestiniennes face au Fatah. En soi, cette victoire est déjà l’expression de la souffrance du peuple.

En soi, aussi, les Israéliens se sentent menacés par le Hamas et ont sans doute raison. Mais la solution choisie – exterminer – n’en est pas une. Quand bien même Gaza serait rasée, la coexistence des deux peuples ne serait pas pour autant évidente. La seule voie ne peut être que dans la recherche commune de la paix.

En attendant, qu’on le veuille ou non, ce qui se passe actuellement est un massacre. Il n’y a pas d’autres mots. Ou alors génocide. Ce n’est pas mieux. Un massacre ou un génocide qui ne se justifie d’aucune manière sérieuse. Seule la folie des hommes peut – malheureusement – l'expliquer.

Et aujourd’hui, je ne suis pas fier d’être homme. Tout mon être est en berne.

jeudi 17 juillet 2014

L'écluse


FMG©2014

Naviguer sans écluse serait bien morne. Voguer sur le canal dans une nature luxuriante est bien sûr rempli de charme. Mais à une vitesse d'environ 8 km/h, ce n'est pas vraiment grisant. Arriver à une nouvelle écluse assure l'animation de la journée, surtout quand on en franchit une dizaine par jour. 

Inutile de raconter ici comment cela se passe. C'est à la fois simple et compliqué. Surtout, cela nécessite une bonne coordination des gestes, de l'analyse de la situation. Et une bonne complicité entre le pilote du bateau - le capitaine - et son équipière. On a parfois tâtonné au début, mais maintenant tout fonctionne à merveille.

Au-delà de l'action nécessitée, à chaque écluse, j'admire le concept ! Là aussi, c'est quelque chose de tout simple, mais il fallait y penser. Ce n'est que la stricte application des vases communicants. Mais quelle application magistrale. Et quel travail pour aménager tout un réseau qui permet une navigation fluviale fluide.

Tout à l'heure, nous avons terminé la journée par une double écluse permettant de gérer une différence de niveaux de 4,20 mètres ! Impressionnant !

Et tout ça, la plupart du temps, avec le sourire et la bienveillance de l'éclusier. Il y a bien sûr des éclusiers plus affables que d'autres, tout comme il y a des éclusières plus jolies que d'autres ! Quand on a affaire à une éclusière d'une gentillesse extrême et d'une beauté subjuguante, cela devient un réel plaisir... d'autant plus quand cette éclusière gère à elle seule deux écluses. Quel bonheur de pouvoir lui dire : "A tout de suite !".

mercredi 16 juillet 2014

L'eau

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Rien n'est plus souple au monde et plus faible que l'eau
Mais pour entamer dur et fort rien ne la passe
Rien ne saurait prendre sa place
Que faiblesse prime force
Et faiblesse dureté.

Lao-tseu, VIe-Ve siècles ACN, La voie et sa vertu, chapitre 78

L'eau. Rien de plus banal. Rien de plus insipide. Rien de plus vain. L'eau n'a aucune tenue, aucun goût, aucun sens. Elle va où on la mène, se laisse emporter au gré des reliefs ou des souffles venteux, se laisse même disparaître sous la seule action du soleil. L'eau n'est rien. Rien qu'un fluide passager.

Et pourtant, quelle force. Quelle vivacité. Quelle énergie. Quelle profondeur.

D'abord, l'eau réfléchit. Comme un miroir. Mais le miroir, sauf s'il est déformant, renvoie toujours l'image exacte. L'eau réfléchit, mais en transformant toujours la réalité. Non seulement en fonction du moment, mais surtout en fonction de son humeur. Elle réfléchit toujours, mais on n'est jamais sûr d'y voir la réalité. Plus qu'un photographe, l'eau est avant tout peintre. 

Ensuite, l'eau porte. Depuis des siècles. Elle porte des masses immenses. Des flottes de bois, transbahutées d'une région à une autre. Des flottes de bateaux éparpillés dans le monde, mais qui savent toujours - souvent serait plus correct - où ils vont. Y a-t-il un seul autre élément qui serait à même de porter tant de masses, sans perdre une once de sa réflexion ?

Puis, l'eau construit. Elle trace ses cours là où bien sûr on l'emmène, mais surtout là où elle le veut. Ce serait orgueil de croire que c'est l'homme qui décide. Il le fait parfois quand il creuse un canal et que l'eau accepte de s'y engouffrer. Plus souvent, c'est l'eau qui décide et l'homme qui s'adapte aux volutes aquatiques. L'homme y gagne d'ailleurs. L'eau lui apporte la vie.

L'eau dévaste aussi. Elle n'est pas toujours bienveillante. Elle envahit parfois le monde, montrant inexorablement sa force, imposant sans foi sa volonté, ignorant superbement l'existence de ceux qui s'y frottent. L'eau, si on n'y prend garde, est le plus grand des démons.

Mais l'eau apaise. Elle suit son cours inexorable. Elle défile toujours dans la même direction. Elle regarde le temps passer, sans s'en laisser défier. Elle participe fondamentalement à la vie. Elle rythme la vie. Elle est en permanence la vie.

Billet écrit à Auxerre, les 14 et 15 juillet 2014.
Publié le 16 juillet à Clamecy

lundi 14 juillet 2014

Il pleut

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Il pleut. Et je suis sur un bateau. Quelle absurdité ! Pourquoi faut-il qu'il pleuve alors que je suis déjà entouré d'eau ? Comme si toute cette flotte n'était déjà suffisante en soi, voire même parfois oppressante. Enfin, c'est un grand mot. Mais l'eau est quand même omniprésente quand on est sur un bateau. 

Notez que je ne vais pas me plaindre. Être sur un bateau, je l'ai voulu. Et je ne le regrette pas. Voguer au fil de l'eau, au rythme des écluses. Ne pas devoir (trop) réfléchir pour avancer. Regarder les magnifiques paysages qu'on ne peut voir que depuis la rivière. Profiter du calme, de la lenteur, de la verdure. Tout en n'ayant pas le temps de s'ennuyer : il y a tant à faire, tant à voir, tant à déguster. Simplement le rythme est plus lent et aucune tension ne vient gâter le plaisir. Vraiment, il n'y aurait aucune raison de se plaindre.

Mais voilà, il pleut. Pas tout le temps. En fait même, il pleut moins qu'il ne pleut pas ! Mais quand il pleut, il pleut ! C'est la réflexion philosophique du jour ! J'avoue que j'ai déjà fait mieux. Quoique. J'ai fait pire aussi, mais je ne sais pas si c'est rassurant.

Si vous êtes arrivé(e) à la fin de ce billet, c'est que vous êtes vraiment bienveillant(e) envers moi. Tout comme la pluie. Finalement, si la pluie n'existait pas, je ne pourrais pas en ce moment être sur un bateau ! Et ça, ce serait bien dommage.

Il pleut. Et c'est la vie ! N'empêche, j'espère bien qu'il y aura un peu de soleil dans les jours qui viennent !

Billet écrit le dimanche 13 juillet 2014, à Auxerre (ce qui me permet de terminer par un pénible double jeu de mots : l'eau sert à quoi ? )
Mis en ligne le 14 juillet, toujours à Auxerre, mais sous le soleil

vendredi 4 juillet 2014

Cherchez l'intrus

FMG © 2014

Ces trois panneaux de direction ont été photographiés l’un à la suite de l’autre, sur une distance de 2 km. Ils sont tous les trois situés en Région wallonne, mais ils se rapprochent de plus en plus de la Région flamande où se trouve en réalité le village qu’ils indiquent. Pourtant, parmi eux, il y a un intrus et un seul !

Certains diront que c’est le dernier : comment pourrait-on – selon eux – accepter qu’un panneau écrit en néerlandais soit situé en région francophone du pays ? Personnellement, j’estime que tous les panneaux, partout dans le monde, devraient être écrits dans la langue utilisée officiellement sur le lieu concerné. Il serait ainsi écrit « Paris » partout où on l’indique, « London », « Antwerpen », « Liège »… et donc « Ottenburg ». Cela simplifierait beaucoup de choses pour les touristes et autres voyageurs, sans créer d’inutiles conflits linguistiques.

En attendant, comme ce n’est pas la règle universelle, on a l’habitude – spécialement en Belgique – de traduire le nom d’un lieu dans la langue où se trouve le panneau. Ainsi, « Mons » devient « Bergen » et « Geraardsbergen » devient « Grammont ». « Ottenburg » devient donc « Ottenbourg » ou « Ottembourg ».

Cette dernière orthographe est incorrecte. Elle respecte bien sûr les règles du français : devant un « b », on met un « m ». Mais d’une part, cette règle n’est pas absolue : on écrit bien un « bonbon », parce qu’il est doublement bon ! Et il faudrait écrire « Ottenbourg », parce que c’est le bourg d’Otten. Je ne connais pas celui-ci, mais il a certainement existé. Une recherche sur Google donne 2 150 000 résultats pour « Otten » alors qu’elle n’en donne que 200 000 pour « Ottem ».

Que retenir de tout cela ? D’abord, que cela n’a pas vraiment d’importance : ces trois panneaux permettent d’arriver au bon endroit sans hésitation !

Au-delà de ce constat de bon sens, on peut se dire qu’à trop vouloir bien faire, on ne fait pas trop bien. L’application stricte des règles – du français dans ce cas – conduit à commettre des erreurs. Ce qui compte, c’est la nature des choses, pas l’application des règles. L’esprit plutôt que la lettre.

C’est plus important qu’on ne peut le penser : une personne compétente est – la plupart du temps – une personne qui sait transgresser la règle quand il le faut. Un seul exemple, mais il y en a des tas d’autres : roulant en moto sur la bande de droite d’une autoroute à trois voies, je souhaitais dépasser non seulement la voiture qui était devant moi, mais aussi celle qui était sur la bande centrale. J’enclenche mon clignoteur (mot utilisé en Belgique pour désigner un clignotant) et je commence – non sans regarder dans mon rétroviseur – à me déporter vers la bande de gauche. Sur celle-ci, il y avait une automobile dont je contrôlais le mouvement, sauf que le chauffeur – chauffard – a brusquement ralenti pour se rabattre sur la bande centrale, me coupant la route. La seule solution pour moi fut d’inverser brutalement mon mouvement et de me rabattre sur la bande de droite alors que mon clignoteur indiquait que j’allais vers la gauche et que je n’ai pas eu le temps de regarder ce qu’il y avait dans mon rétroviseur droit. Tout s’est bien terminé, mais de toute évidence, j’ai fait une manœuvre interdite par la loi : aller brusquement vers la droite alors que mon clignoteur indique la gauche ! Si je n’avais pas enfreint la loi, je ne serais sans doute plus là pour vous écrire ce billet ! Ma compétence a été de voir ce qu’il fallait faire de manière impérative, même si c’était interdit.

Au bout du compte, l’important est d’arriver là où on veut où là où on doit. Cela nécessite parfois de prendre quelques libertés avec la loi, avec les règles. Tout le monde peut s’accorder là-dessus, mais la véritable question est de savoir quand on peut le faire. Être compétent, ce n’est pas enfreindre la loi à tout bout de champ. Mais c’est pouvoir identifier les situations dans lesquelles il est préférable, dans l’intérêt collectif, de prendre quelques libertés avec les règles ou la loi.

Pas sûr que Sarkozy ait réellement eu cette compétence, mais ça, c’est une autre histoire !

mercredi 2 juillet 2014

Donut belge

FMG © 2014

Après la victoire des Diables rouges sur l’équipe américaine, je n’ai pas pu me retenir quand j’ai vu chez mon boulanger ce donut – produit typiquement américain (même si son origine est hollandaise) – belgifié ! Il symbolise un peu ce qui s’est passé hier : la Belgique l’emporte, mais sa brillante et passionnante prestation n’a été possible que parce qu’il y avait en face une équipe des USA qui jouait le jeu et qui surtout possédait un gardien de but absolument fantastique.

Ce match était aussi agréable parce qu’il était empreint d’un grand fairplay. À commencer par les deux sélectionneurs, Wilmots et Klinsmann qui se sont accordés des accolades avant, pendant et après le match ! Tellement rare à voir qu’il faut bien le souligner.

Bref, si on n’avait pas dû attendre aussi longtemps avant le premier but, ce match aurait été parfait, en symbolisant parfaitement ce que peut-être le sport avec cette victoire des « petits Belges » face aux « grands Américains ».

Ma sœur ayant épousé un américain, ce match représentait pour notre famille une signification encore différente, mais avec le même esprit sportif : que le meilleur gagne. Un de mes neveux américains s’est ainsi exprimé après le match sur son statut Facebook en (re)disant qu’il a admiré le jeu, que les USA se sont bien battus et qu’il les aime, mais qu’il aime les Belges un peu plus !

Quoi de plus normal finalement. Néanmoins, si j’ai bien compris, un de ses amis lui a reproché de ne pas être « 100% USA ». Non pas qu’il lui reprochait d’avoir une mère belge, car lui-même avait des origines étrangères, comme tous les américains d’ailleurs. Mais, selon cet ami – et toujours si j’ai bien compris – une fois qu’on est américain, on est américain, point barre !

Curieuse conception quand même de ne pas pouvoir apparemment rester en harmonie avec ses origines, non pas de manière sectaire, mais simplement par les liens du cœur. Curieuse conception aussi de ne pouvoir soutenir que des sportifs de son pays.

Tout cela n’est pas très grave. Le foot ne reste qu’un jeu, même s’il transbahute avec lui pas mal de sens politique, social, économique, pas toujours très moral d’ailleurs. Mon donut belge a ceci de merveilleux : il appartient à différentes cultures, est délicieux et permet de réunir dans le plaisir des enthousiasmes nationaux congruents ! Pas mal quand même !

dimanche 22 juin 2014

Hortensias de vie


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Sous l’œil acéré du héron métallique, ces hortensias sont en train de doucement fleurir. Quoi de plus normal pour des hortensias au mois de juin. Pourtant, que de patience et de foi a-t-il fallu pour en arriver là.

Ces hortensias viennent du jardin de mes parents où ils fleurissaient de manière abondante et vivace. Ils ont émigré jusque chez nous lors de la vente de la maison familiale, en 2009, il y a 5 ans. Depuis lors, ils n’ont rien donné. L’un d’entre eux a semblé même ignorer pendant un certain temps ce qu’était un feuillage. Il semblait définitivement mort, mais la jardinière continuait à y croire.

Aujourd’hui, ils fleurissent tous les deux. Celui qui a toujours été en meilleure santé a commencé à refleurir un peu l’année dernière. Quelques mois après la mort de ma maman. Le deuxième, le moribond, fleurit pour la première fois. Durant le premier mois de juin que mon papa ne vivra pas. Je ne suis pas spécialement enclin à croire aux prolongements de la vie, mais néanmoins j’apprécie à leur juste niveau ces coïncidences de floraison tardive.

Au-delà de ce mystère – ou plutôt de ce qui pourrait ressembler à un mystère – il y a de toute façon le cycle de la vie et de la patience qu’il faut pour exister. J’ai été longtemps convaincu que ces hortensias ne refleuriraient plus jamais. Leur déménagement leur aurait été fatal. Quelque part pourtant, on continuait à y croire. On n’allait de toute façon pas les déterrer pour les jeter définitivement. Même s’ils ne donnaient aucun fruit. Ils finissent aujourd’hui par en donner. Nous avons eu raison d’y croire.

Pour la petite histoire, il y a aussi un troisième hortensia. Des amis nous l’ont donné en pot il y a 2 ou 3 ans. Replanté en terre, il n’a rien donné. Cette année-ci, lui aussi fleurit un peu. Alors que l’ami qui nous l’a offert s’en est allé brusquement il y a quelques mois. Il y a de quoi être troublé, non ?

dimanche 15 juin 2014

Bonbons rayés

Il aura fallu que j’arrive au niveau 594 (sur les 605 qui existent actuellement) de ce stupide jeu addictif Candy Crush Saga (mais qui fournit de petits plaisirs personnels) pour comprendre enfin et résoudre une question ontologique que je me pose depuis bien longtemps : le fonctionnement des bonbons rayés !

Je suppose que la plupart de mes nombreux lecteurs vont se dire que je dois encore être plus stupide que le jeu en question pour ne comprendre que maintenant, mais que voulez-vous : je ne peux pas voler plus haut que mon niveau de compétence !

Bref, il y a donc des « bonbons rayés ». On les obtient quand on aligne quatre bonbons de la même couleur. Lorsqu’on parvient à les faire exploser à leur tour, ils suppriment quasi tout ce qu’ils rencontrent sur une ligne entière. Ligne qui peut être verticale ou horizontale. Depuis longtemps donc, je me demande comment peut-on prévoir si la ligne qui sera vidée est horizontale ou verticale, ce qui est évidemment très précieux pour faire le bon coup. Jusqu’à présent, je n’avais jamais trouvé réponse à ma question et je supposais que le sens était lié au hasard, comme beaucoup d’autres choses dans ce jeu.

Aujourd’hui, j’ai enfin compris en réalisant que les rayures du bonbon sont soit horizontales soit verticales. Si elles sont horizontales – comme dans les bonbons violets et orange ci-dessus – alors la ligne qui sera vidée est… horizontale ! Si elles sont verticales – comme dans le bonbon bleu – la ligne sera verticale ! C’est aussi simple que ça !

Ça n’a l’air de rien – et il faut le reconnaître, c’est vraiment rien que rien – mais si j’avais réalisé cela bien plus tôt, ça m’aurait évité de nombreux jurons ! Aujourd’hui, je me sens un peu plus intelligent. Quoique. Est-ce bien sérieux de situer son intelligence à ce niveau, alors que celui-ci n’a aucune espèce d’importance ? Pas plus que ce billet. Je me tais !

mardi 10 juin 2014

La bande à Renaud

On aurait, de toute évidence, préféré avoir droit à un nouvel opus de Renaud himself. Mais bon, il est là où il en est – en pleine reconstruction apparemment – et on est déjà bien content de pouvoir réécouter ses chansons, des grands classiques, mais aussi de petites merveilles moins connues.

Renaud s’est impliqué lui-même dans l’élaboration de cet album de reprises par d’autres, y compris dans le choix des artistes et même dans la réécriture de certains textes.

Au total, un album plaisant à entendre. Même si on regrette que ce ne soit pas Renaud qui chante de nouvelles chansons, dans la ligne de ce qu’il a pu déjà écrire. Ce n’est pas le cas, et il faut faire avec. Surtout quand on sait que cet album n’est peut-être que l’occasion d’appliquer un contrat avec une firme de disques (et on sait que la seule chose qui intéresse celle-ci est de vendre, point barre).

Il y a des chansons qui ne passent pas. Laisse béton, par le rappeur (?) Diniz. Hexagone, par Nicolas Sirkis. Et la désastreuse collégiale Dès que le vent soufflera. Quand l’artistique est écrasé par le commercial…

Mais il y a, pour moi, de très bonnes choses. Je n’aime en règle générale pas trop Jean-Louis Aubert, mais sa version de Manu – qui ouvre l’album – est intéressante. J’adore aussi Mistral gagnant par Cœur de pirate. Il faut dire que la chanson est extraordinaire et que la chanteuse aussi, une fois qu’on est entré dans son univers. Elle respecte celui-ci et y amène la chanson. Cela aussi, c’est être une véritable artiste. Même commentaire pour Élodie Fregé qui reprend dans son univers sulfureux la chanson Il pleut, peu connue mais transfigurée ici. Je retiendrai aussi Je suis une bande de jeunes, bien développée par Alexis HK, Renan Luce et Benoît Dorémus, les trois meilleurs héritiers de Renaud, même si je ne suis pas sûr que l’idée d’en avoir le transcende. Puis La médaille, texte peu connu, qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit de Grand corps malade.

Reste C’est quand qu’on va où ?, interprétée par Carla Bruni. Avant même la parution de l’album, cela faisait déjà scandale chez certains bien pensants. Sous le prétexte qu’ils voyaient mal ce que l’épouse d’un Président flirtant plus souvent qu’à son tour avec la droite de la droite pourrait apporter à un chanteur se situant dans l’inconscient collectif plutôt à gauche de la gauche. La réponse est purement artistique. Carla Bruni, dans toute la fragilité de sa voix, reste une interprète exceptionnelle. Elle ne déçoit pas ici.

Au total, cela reste simplement un album agréable à entendre. Peut-être pas à écouter. Ça fait juste passer le temps. En attendant un improbable album de l’artiste lui-même, sans avoir besoin de sa bande.