mardi 7 mai 2019

Identités

Dans son dernier livre – Over identiteit (Sur l'identité) – Bart De Wever s’efforce d’apporter un argumentaire intellectuel à ses thèses nationalistes fondées sur le repli sur soi. Il est intéressant de comprendre et d’analyser son approche, car en réalité, elle fonde de nombreuses prises de position un peu partout dans le monde sur le rejet des autres et la défense de « notre » propre univers.

La base de son analyse est que ce qui définit une communauté, aussi petite soit-elle, est son identité. Des humains se regroupent autour d’un certain nombre de règles communes, de sentiments communs, de conceptions communes… Ils n’ont même pas besoin de parler de ces éléments communs, car ils constituent leur identité qui les réunit. L’histoire du monde est un énorme brassage de ces communautés qui, à force de se confronter et d’interagir, crée des communautés de plus en plus grandes qui doivent redéfinir constamment leur identité pour continuer à exister en tant que communauté.

Parmi d’autres phénomènes, les migrations ont de tout temps contribué à faire évoluer l’identité des nouvelles communautés qu’elles créaient. Aujourd’hui comme hier et demain. M. De Wever observe ce qui l’entoure et voit une société composée de communautés cloisonnées au lieu de se retrouver progressivement autour d'un nous. Cette observation est correcte, mais la difficulté est que l’auteur estime qu’il est nécessaire de se regrouper autour d’une culture dominante (leidcultuur) qui serait dès lors le socle de l'organisation de notre culture publique. Cela signifie que la société se fonde sur cette règle pour choisir la façon d'organiser la vie publique et que la culture privée d'un citoyen est d'un intérêt secondaire, écrit-il.

Assez logiquement, pour le président du parti nationaliste, cette culture dominante ne peut être que celle de la communauté culturelle flamande. Il s’appelerait Trump et vivrait aux USA, ce serait la communauté culturelle américaine (blanche). Et ainsi de suite.

Le principe qui fonde cette réflexion est l’exclusion : les différentes identités seraient exclusives et doivent donc s’exclure mutuellement l’une l’autre pour ne laisser la place qu’à une seule identité, la dominante.

Il me semble nécessaire de pouvoir envisager un autre principe, fondé sur l’inclusion : les différentes identités seraient inclusives et se reconnaîtraient l’une l’autre pour construire ensemble des identités multiples s’enrichissant mutuellement.

Ces deux approches mènent à des positions concrètes différentes. Par exemple, dans une approche exclusive, un principe de base est la neutralité de l'autorité publique, qui suppose notamment que les citoyens ne tirent aucun droit automatique de leur identité personnelle dans la culture publique, avec l'interdiction des signes convictionnels dans l'enseignement public ou dans la fonction publique. Il est intéressant de prendre conscience qu’une telle approche revient en réalité à nier sa propre identité.

Une approche inclusive débouche plutôt sur la pluralité, où chacun peut vivre son identité pour autant, bien entendu, que ce soit dans le respect des autres identités. À terme, il est vraisemblable que cette pluralité d’identités, et donc leur brassage, contribuent à créer une ou des nouvelles identités, sans que l’une ne s’impose à l’autre.

Promouvoir une approche inclusive n’est certainement pas facile aujourd’hui, car la lame exclusive est largement portée par les populistes de tous bords et par de nombreux citoyens, comme l’a encore montré l’étude sur la perception des réfugiés, réalisée par la fondation Ceci n’est pas une crise.

Il serait stupide de nier que les migrations entraînent des difficultés de vivre ensemble. Elles amènent inévitablement la confrontation de différentes identités, parfois antagonistes. Tant qu’on reste dans une perspective où une identité – la nôtre – serait intrinsèquement supérieure et meilleure que les autres, il est impossible de surmonter les différences objectives et subjectives. Une approche exclusive est vouée à l’échec, car elle se fonde sur la négation de l’autre, avec comme seule issue sa destruction. Jusqu’au moment où plus aucune identité ne survivrait.

Viser une approche inclusive a le mérite de vouloir construire plutôt que détruire. C’est le vrai défi de nos sociétés.

vendredi 12 avril 2019

Quand le progrès régresse

A priori, je suis pour le progrès. On lui doit beaucoup d’améliorations. On lui doit aussi quelques obsolescences, quand il amène à rendre inutilisable quelque chose qui fonctionnait bien avant une autre amélioration. C’est souvent le cas dans le domaine informatique : un système fonctionne bien, mais – pour diverses raisons – on souhaite l’améliorer au détriment de certaines routines.

C’est le cas sur ce blog que je tiens depuis fin 2006. Il est évidemment dépendant de la firme qui accepte de l’héberger et de fournir le système pour l’éditer et l’aménager comme je le souhaite, sans être moi-même un technicien. La plupart du temps, ça fonctionne bien, d’autant plus que je ne cherche pas à présenter des gadgets hypersophistiqués.

Il arrive périodiquement qu’un de ces gadgets ne fonctionne plus. Ce fut le cas dernièrement avec l’outil – très simple – que j’utilisais pour pouvoir, parfois, faire écouter de la musique : Dewplayer. Sans savoir pourquoi, le lecteur ne s’affichait plus, ce qui rendait impossible toute écoute là où elle est indispensable.

J’ai voulu résoudre cette situation, quitte à utiliser un autre « lecteur » de musique. Mais je ne trouvais rien. Jusqu’au moment où j’émis l’hypothèse que c’était une question de « s », comme « sécurité » : désormais, l’adresse de mon blog commence la plupart du temps par « https » au lieu de « http ». Ça permet d’avoir un protocole offrant plus de protection tant au lecteur du blog qu’à son auteur. Très bien, mais Dewplayer fonctionne en http exclusivement. J’ai fait différents essais, mais sans issue positive.

Blogger propose bien un outil dans les paramètres qui permet de forcer la lecture du blog en https. Mais pas en http. En fait, celle-ci est seulement tolérée (pour combien de temps encore ?). Une fois cela compris, il suffisait de permettre à mes lecteurs de charger la page en http plutôt qu’en https, avec une petite routine comme celle-ci :

  • si vous voyez le lecteur, vous pouvez le faire disparaître : cliquez ici ;
  • si par contre vous ne voyez pas le lecteur, vous pouvez le faire apparaître en cliquant .


Cela vous permettra, si vous le désirez, d’écouter un Bransle de Bourgogne de Claude Gervaise (1540-1583), interprété par La Mandore, orchestre de mandolines du Brabant wallon dans lequel je jouais de la contrebasse il y a trente ans. C’est le progrès ! Bonne écoute !

J’ignore combien de temps cette solution pourra perdurer. Il suffirait qu’un jour, sous prétexte de progrès, le protocole http ne soit plus du tout accepté, ou autre changement encore, pour que je doive tout recommencer à zéro ou abandonner l’idée de permettre aux visiteurs d’écouter un peu de musique.

Le « progrès » est inévitable et parfois bien nécessaire. Ceux qui le créent n’ont pas toujours conscience de ce qu’il implique pour le commun des mortels. En l’occurrence, le problème est mineur et il n’y a pas de quoi en faire un plat. Mais dans d’autres cas, plus nombreux qu’on ne veut bien le penser, on est obligé de « faire avec » et c’est parfois bien ennuyeux.

dimanche 31 mars 2019

Des gestes bénins…

Lorsque j’ai quitté la Flandre pour la Wallonie – j’ai quand même dû faire 6 km pour cela ! – j’ai assez rapidement été frappé par la propreté de ma nouvelle commune. C’était une impression positive globale, mais de plus, je voyais fréquemment des ouvriers communaux nettoyer la voirie. En plus de trente ans en Région flamande, je n’avais jamais vu ça !

Ce n’est pas pour autant que la Région wallonne, et ma commune en particulier, est un paradis immaculé. Bien au contraire. J’ai pu m’en rendre compte concrètement aujourd’hui en ayant la chance de participer à l’opération « Grand nettoyage de printemps » organisé par Wallonie Plus Propre (WAPP).

J’écris bien « la chance de participer ». C’était une promenade sympathique, réalisée en excellente compagnie, sous un soleil printanier. C’était de plus l’occasion de découvrir des voisins : un de ceux-ci, Rudy, avait distribué une feuille toutes-boîtes invitant qui voulait le rejoindre pour nettoyer quelques rues de nos alentours. Fréquemment, Rudy parcourt ces rues en jogging et en profite pour ramasser ce qui traîne. Les rues étaient donc relativement propres, mais en deux heures, sur deux kilomètres et deux décharges sauvages, cinq personnes ont quand même pu récolter ceci :

FMG©2019

Quand on ouvre l’œil, on trouve de tout : des canettes, des bouteilles, des mégots de cigarette, des bouts de plastic, des enjoliveurs, de la frigolite (polystyrène expansé), des mouchoirs, des plaquettes de frein, des vis, des tickets de caisse… Toutes ces crasses ne sont pas arrivées là par l’opération d’un quelconque Saint-Esprit. Elles ont été jetées par des personnes inconscientes et irresponsables, qui se disent qu’il y aura bien quelqu’un qui passera par là pour nettoyer leurs saletés. Ou pire encore et vraisemblable, qui ne se posent même pas la question.

Avec de tels comportements, on n’est pas sorti de l’auberge. Jeter sa canette par la fenêtre de sa voiture est pour celui ou celle qui le fait un acte bénin. Tout comme, finalement, celui de la ramasser pour les 160 000 personnes qui ont œuvré aujourd’hui. Dois-je l’avouer, je préfère être du côté extérieur de la vitre : ce petit geste bénin aurait dû ne pas devoir être posé, mais au moins j’ai l’impression d’avoir fait quelque chose de positif pour le bien-être de chacun·e.

mardi 5 mars 2019

Arrêt mystique

Il y a 40 ans exactement, je me préparais à fumer ma dernière cigarette. Mon état d’esprit était particulier : j’avais déjà essayé plusieurs fois de stopper ce vice qui m’occupait chaque jour depuis une dizaine d’années. « J’avais déjà essayé », mais cette fois, c’était différent : j’arrêtais !

La certitude était évidente, tout comme ma béatitude. C’était vraiment le mot : non seulement j’étais rempli d’un bonheur sublime, mais de plus je baignais dans cette félicité parfaite des élus au paradis ! Il faut dire que j’étais alors dans la période la plus mystique de ma vie, avec une confiance absolue dans la force de Dieu. Le moment choisi pour cette dernière cigarette n’était ainsi pas anodin : nous étions le soir du Mardi gras et le lendemain, c’était le Mercredi des Cendres. Ou le début du Carême…

Bref, ne riez pas, ce n’était pas vraiment moi qui arrêtais cette dépendance tabagique. C’était Dieu qui m’habitait et qui allait rendre la concrétisation de ma décision encore plus facile que la prise de cette dernière. Ce fut vraiment très facile, et définitif.

Cela n’a pas fait de moi pour autant un pratiquant convaincu. Au contraire, cet événement marquant correspond à ma prise de distance, certainement par rapport à l’institution Église, mais aussi et plus paradoxalement par rapport à la foi elle-même. Le recul par rapport à l’Église était somme toute normal : j’avais pu bénéficier de l’aide divine en voie directe, sans devoir passer par le biais de ses représentants humains, décidément inutiles.

Mon éloignement progressif, à partir de cet épisode, de ce Dieu qui avait agi à ma place est plus complexe, mais néanmoins logique. Le temps passant, je n’étais plus tout à fait dupe : si j’avais pu arrêter de fumer du jour au lendemain, sans grande difficulté, c’est que je l’avais décidé ! Au plus profond de moi. Cette prise de conscience, peut-être très présomptueuse, correspond à mes représentations actuelles d’un Dieu qui n’existe (s’il existe) que par les hommes tout comme les hommes n’existent que par Dieu. Mais ça, c’est une autre histoire…

Finalement, peu importe ce qui m’a permis de quitter la compagnie de la cigarette, il y a 40 ans. L’important est que j’ai arrêté. Je ne l’ai jamais regretté·e !

jeudi 28 février 2019

Ce silence assourdissant

Aujourd’hui encore, plus de 12 000 jeunes ont manifesté pour le climat, à Anvers, Huy, Malines, Liège, Bruxelles. Si on totalise le nombre de pas qui ont été ainsi accomplis pas les marcheurs du climat depuis début décembre, on peut être sûr que le tour de la Terre a été parcouru bien plus d’une fois. En face de cela : rien, si ce n’est un silence assourdissant.

Bien sûr, le climat est devenu un thème majeur de la campagne électorale en vue des élections régionales, fédérales et européennes du 26 mai 2019. Tous les partis, à l’exception de la NV-A, se découvrent une vocation écologique. C’est très bien, quoique étonnant. Mais en termes d’action politique de ceux qui ont le pouvoir, c’est que dalle. Tout le monde parle d’urgence, mais de là à agir…

C’est vrai que les mesures qui auraient un réel impact ne peuvent être prises qu’au niveau européen, voire mondial. C’est tout le sens des « COP » (Conferences of the Parties), qui depuis 1995 se réunissent chaque année pour concrétiser la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques). C’est là que les États signataires peuvent entériner des accords sur la réduction des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, avec des objectifs communs ou différenciés. Des accords sont pris, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont mis en œuvre. Surtout, ils sont insuffisants et trop attentistes.

Aujourd’hui, l’urgence des mesures climatiques n’a d’égale que la lenteur des débats et des prises de décision. Les politiques sont tous d’accord pour dire qu’il faut faire mieux, avec un horizon 2050. Mais l’horizon réel qu’il faut viser, c’est désormais 2030. Si on le rate, on risque fort de ne plus voir de ligne d’horizon.

Évidemment, de leur côté, les lobbies du charbon, du gaz, du pétrole, du nucléaire, eux, s’expriment. Et visiblement se font entendre. Dans leur vue à court terme où seul leur profit importe. Avec une seule victime : la Terre ! Oui, j’ai peur !

samedi 19 janvier 2019

La danse du bras

De toute évidence, j’aurais préféré ne pas être là. Mon vélo en avait décidé autrement. Je m’étais retrouvé étalé sur la route, puis aux urgences avec une épaule démise et d’autres maux. Dès l’arrivée, je m’étais senti accueilli et pris en charge. La séance de radios ne fut pas la plus facile, mais l’empathie des deux opératrices me bouleversait. Quelques minutes plus tard, le médecin entrait dans la cabine, véritablement radieux : « Bonne nouvelle, il n’y a pas de fracture » !

Il était accompagné d’une collègue au sourire désarmant. Ce genre de médecins qui vous donne envie d’être blessé rien que pour qu’elle vous soigne ! Le premier lui a demandé si elle voulait agir. Elle lui a souri – quel ravage ! –, a décliné et s’est installée résolument à ma gauche, prenant ma main dans la sienne. L’extase !

L’autre, au sourire moins féminin mais tout aussi ouvert, a saisi avec une douceur incroyable mon bras droit. La danse a commencé, dans des mouvements lents et millimétriques. En réalité, j’avais fermé les yeux et je me laissais bercer par les mots bienveillants et suaves de la belle doctoresse. L’homme dessinait avec mon bras de minuscules arabesques. Je n’avais plus mal et je m’évadais dans ce monde vaporeux où les mots incessants de l’une accompagnaient les gestes précis et doux de l’autre pour créer une prodigieuse musique de chambre que j’étais seul à entendre.

J’ai senti des doigts se planter dans mon aisselle en même temps que le danseur ramenait mon bras sur mon ventre en susurrant « Voilà, c’est fini ! ». J’eus à peine le temps d’ouvrir les yeux et de voir son sourire, il était déjà parti, comme s’il refusait de devoir assumer le miracle qu’il venait d’accomplir. En lot de consolation, il me laissa sa jeune collègue, toujours aussi rayonnante, qui nous donna toutes les explications nécessaires.

La réalité revint vite à la charge et le chemin de la guérison totale est sans doute encore long et difficile. Mais je n’oublierai jamais cet instant magique où mon bras démis fut emporté dans cette danse sublime !

dimanche 6 janvier 2019

Recycler, oui, mais quoi et comment… ?

Comme la plupart des gens, je trie mes déchets et les envoie au recyclage. Même si tout n’est pas parfait, je crois que ce principe est largement acquis désormais en Belgique. Encore faut-il savoir comment faire, et ce n’est pas évident. Dernièrement, j’ai appris qu’il ne fallait pas mettre les tickets de caisse avec les papiers à recycler, mais bien dans la poubelle aux ordures !

Ces tickets sont constitués en partie avec du papier thermique qui agit comme un revêtement chimique. L’agent de développement du colorant sur le ticket de caisse est très souvent un revêtement bisphénol-A. Ce polluant ne peut pas être éliminé dans le processus de réduction en pâte, le libérant dans le cycle du vieux papier. Les papiers recyclés certifiés ne doivent contenir aucun bisphénol. Bien sûr, aujourd’hui, la plupart des magasins travaillent avec des tickets de caisse sans bisphénol. Toutefois, comme il ne peut pas être exclu que d’autres systèmes fonctionnent encore, il est conseillé dans tous les cas de les éliminer avec les ordures ménagères ! Comme d’ailleurs tout ce qu’on appelle « papier travaillé » : papier carbone, papier calque, papier photo, ticket à bande métallique…

Plus surprenant, certains conseillent quand même de recycler ces tickets de caisse. Pour eux, le problème est qu’ils sont trop petits et qu’ils ne sont donc pas intégrés dans le processus de recyclage ! Leur conseil est donc de les glisser dans une enveloppe en papier plus grande qui, elle, sera acceptée par les machines de tri ! La question du bisphénol ne semble même plus se poser !

Plus surprenant encore, les « intégristes » du zéro-déchet recommandent de refuser ces tickets de caisse qui – selon eux – ne servent à rien ! Je n’entrerai pas dans le débat de savoir s’ils servent ou non à quelque chose. Parfois oui, parfois non. Pas de réponse absolue. Le problème est qu’actuellement, les systèmes commerciaux produisent automatiquement le fameux ticket. Le refuser ne favorise donc en aucune manière une pratique « zéro-déchet ». Simplement, cela consiste à laisser le déchet dans l’escarcelle du commerçant plutôt que de le prendre à son compte. On pourrait imaginer un système où le « caissier » demanderait systématiquement « souhaitez-vous un ticket de caisse ? » et pousserait un bouton quelconque en cas de réponse négative. Pourquoi pas ? J’ai quelques doutes cependant.

Des doutes, j’en ai donc plusieurs. Peut-on vraiment se passer de tickets de caisse ? Peut-on oui ou non les recycler ? Peut-on vraiment mener une politique de recyclage compréhensible par le commun des mortels ? …

Si vous avez des réponses à ces questions, n’hésitez pas à les partager !

mardi 25 décembre 2018

Vers une vérité

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit. J’avais 13-14 ans lorsque j’ai pondu mon premier poème. Il s’intitulait « La mort de Maman » et, très fier, je l’avais affiché sur le mur familial sans avoir la moindre conscience de ce que cela pouvait signifier pour mes proches, surtout ma sainte Mère. L’important était déjà l’écriture, dans la vérité de sa fiction.

Depuis lors, plus de cinquante années quand même, j’écris. Des poèmes, des billets de blogs, des articles scientifiques, des manuels scolaires, des chansons, des livres de formation… Jamais des histoires, ou alors occasionnellement à travers notamment des signaux détournés !

Il y a moins d’un an, je découvrais une annonce à participer à des ateliers d’écriture. Je ne savais même pas ce que c’était vraiment. J’hésitais. Après en avoir discuté avec mon meilleur ami, j’ai compris qu’il fallait y aller. J’y suis allé. Quel bonheur !

Les premiers essais ont tourné autour de nouvelles, en créant notamment le personnage de Ronny Lepauvre, Inspecteur de Police à Namur. Aucune de ces nouvelles n’est publiée à ce jour, mais j’imagine que cela viendra, sans savoir sous quelle forme.

Puis, il y eut le mois de juillet 2018. Ariane, mon animatrice d’atelier d’écriture, a organisé un stage « Cinq jours à résidence, créer une fiction se déroulant à huis clos ». J’ai hésité : le stage s’annonçait en plein Tour de France, une autre de mes passions. Nous avons négocié sur l’horaire… et j’y suis allé, sans savoir vers quoi je m’aventurais.

Dès le premier jour, torride en cet été 2018, je sus qu’il se passait quelque chose. Nous étions sept : Ariane, l’animatrice, et six écrivants. Je n’en connaissais qu’une d’entre eux. Nous avons écrit, sans savoir où nous allions. Pour le simple bonheur d’écrire en réalité. Plus les jours passaient, plus j’étais émerveillé de découvrir la richesse de nos productions et de leur interactivité. L’évidence m’apparaissait : il fallait concrétiser tout cela dans un ouvrage collectif.

Aujourd’hui, c’est fait. Passons sur tout le travail qu’il a fallu pour en arriver là. J’y suis pour quelque chose, mais ce n’est pas le plus important. Le livre est là, disponible à tous et toutes, à vous si vous le souhaitez. Il est publié en « autoédition ». Dès le départ, nous savions qu’aucun éditeur ne serait intéressé par ce « roman choral », avec ses différences de style, ses incohérences, ses redondances, ses imperfections. En vérité, toutes celles-ci n’ont aucune importance.

Ce qui importe, c’est l’écriture. Celle de six personnes, en quête de leur propre authenticité. Sans artifices. Sans fioritures. Juste pour le plaisir.

Pour moi, le plaisir fut entier ! Pourquoi pas pour vous ? Si vous souhaitez découvrir le produit de cette aventure ou en savoir plus, vous pouvez passer par ici. Vous pouvez aussi bien sûr prendre directement contact avec moi en cliquant sur « Contact » en haut à droite de cette page !

En route, ensemble, vers une vérité !


jeudi 13 décembre 2018

Habiter la Terre

Onzième album original pour Jofroi (sans compter ses albums jeune public), en plus de 45 ans de carrière. Et pas le moins intéressant, loin de là. On y retrouve tout ce qui fait le charme de ce chanteur belge installé désormais dans le Gard : ses textes ciselés et porteurs de sens, ses mélodies harmonieuses et naturelles, sa voix rocailleuse mais suave, des orchestrations soignées et dynamiques.

Des chansons graves, peuplées de légèreté. Habiter la terre aborde avec justesse la situation des migrants qui ne savent plus trop où ils sont chez eux, en paradis ou en enfer. Y a personne pour répondre à ces sms qui aimeraient poser les questions fondamentales de la vie et de la mort. Que dirait le vide s’il pouvait parler, si ce n’est toute la vérité des doutes de la pierre qui roule ?

Des chansons légères, animées de gravité. Pique-nique, dansant et amoureux. Un petit air donne le temps, au fil de l’eau, de passer en courant. Mes petites filles, où l’on sent tout l’amour grand-paternel avec cet espoir et cet étonnement devant la vie qui s’épanouit. Heureusement, y a des chansons dans toute leur simplicité face aux phraseurs, aux bavards, aux donneurs de leçon, aux taiseux… tout ça pour dire « je t’aime » !

Sans compter la nature toujours présente qui nous dit beaucoup plus que ce que d’aucuns ne peuvent imaginer : La ferme à Gaston, Chanson pour Marilyne, Chronique du printemps, L’homme qui voulait peindre la mer

Sans oublier non plus la reprise remastérisée de la chanson de Julos, Le petit royaume, déjà publiée en 2008 dans l’excellent album « Ils chantent Julos ».

Finalement, un album… comme les autres albums de Jofroi. Mais pas « comme les autres » ! Ici, c’est du son pur. De la tendresse. De l’authenticité. De la liberté.

Vous n’y croyez pas ? Regardez et écoutez cette présentation de l’album, et s’il vous venait l’idée de l’acquérir, le meilleur moyen est sans doute de passer par l’artiste lui-même !

jeudi 29 novembre 2018

Méandres


Méandres
© Rigaud Yannick, 2018

La Belgique est confrontée, comme d’autres pays, au choix de signer ou non le Pacte migratoire de l’ONU. Le Premier Ministre s’y est engagé, mais depuis les nationalistes de la N-VA se posent des questions, de toute évidence à consonance électoraliste. Aujourd’hui, leur chef de groupe à la Chambre, Peter De Roover, a déclaré que « ceux qui, au sein de la majorité, prendraient la responsabilité de participer à une majorité alternative tireront la prise ». Quelle hypocrisie !

Le gouvernement s’est engagé sur ce Pacte il y a longtemps. La N-VA, soucieuse de récupérer des voix d’extrême-droite pour les élections de mai 2019, s’est soudain senti pousser des ailes de réticence, alors que les trois autres partis de la majorité affirment toujours vouloir signer. La courageuse N-VA déclare aujourd’hui que si le gouvernement venait à tomber, « ce ne serait pas nous, mais les autres » !

Soyons clairs : personnellement, si ce gouvernement venait à tomber, je ne serais pas mécontent. Je le serais par contre si le Premier Ministre en venait – une fois de plus ? – à renier sa parole et décidait de ne pas signer ce fameux pacte. Ce qui risque fort d’être le cas, mais attendons de voir !

Comment peut-on faire confiance à des personnes qui reportent sur les autres la responsabilité des conséquences de leurs propres prises de position ? Quand on prend une décision, voire simplement une position, le minimum est de l’assumer, même si elle n’est pas aussi populaire qu’on le voudrait.

C’est vrai au niveau national ou international, mais aussi au niveau local, même si ça se décline autrement. Dans ma belle commune de Grez-Doiceau, nous vivons une situation relativement inédite : à la suite des élections du 14 octobre 2018, deux projets de pacte de majorité ont été signés. Ils concernent tous les partis représentés au conseil communal, avec la liste Écolo présente dans les deux projets ! À noter qu’il aurait pu en réalité y avoir un troisième projet de pacte : les deux listes principales auraient pu vouloir s’associer, sans Écolo cette fois…

Nous devrions savoir ce week-end le dénouement de cet imbroglio. La situation n’est pas idéale, mais les écologistes assument leur positionnement. Leur erreur est sans doute de s’être embarqués un peu rapidement – la nuit même des élections – dans un premier projet. Ce n’est qu’après qu’ils ont commencé à négocier. Leur Assemblée générale s’est ensuite posé quelques questions importantes quant aux résultats de ces négociations et a décidé d’ouvrir le jeu : pourquoi ne pas négocier avec les autres ? Étonnant ? Oui, mais cohérent. Ce qui ne le serait pas serait de s’engager pour six ans sans y croire. Au jour d’aujourd’hui, on ne connaît pas encore la décision finale.

La situation n’est pas confortable, mais elle est assumée. Quelle qu’en soit l’issue, il y aura des mécontents. Ils s’exprimeront. Ils s’expriment d’ailleurs déjà : certains ont proposé une « grande coalition » réunissant tous les partis. En temps de crise, les gouvernements d’union nationale peuvent avoir du sens. D’un point de vue démocratique, l’idée en a aussi. Mais quel peut bien être le projet et/ou la vision politique d’une telle « coalition » ? Et pourquoi passer par des élections si c’est pour réunir tout le monde ? Le plus étonnant est – selon moi – que les auteurs de la proposition la formulent de telle sorte que si les Écolos n’y souscrivaient pas, ils seraient inévitablement les mauvais… En termes de respect de la démocratie représentative, il y a mieux ! On me dira que cela fait partie du jeu ! Justement, ce n’est pas un jeu. Mais des méandres…

mercredi 21 novembre 2018

Les gens bien

Il y a des gens sympas. J’en ai rencontré. Encore une belle personne aujourd’hui ! Tout ça à cause de l’hiver et de mes pneus ! J’ai depuis quelques années deux jeux de pneus (et de jantes), l’un pour l’été, l’autre pour l’hiver. Ma femme et moi nous esquintons à faire la rotation nous-mêmes. Ça nous donne l’impression d’être encore actifs : « on peut le faire » ! Et on le fait, non sans difficulté parfois.

Lors du dernier changement, j’ai constaté à nouveau qu’une bague en plastic censée s’insérer dans le moyeu de la jante était cassée. Trop confiant en ma bonne étoile, j’ai décidé de faire comme si ce n’était pas le cas et nous avons monté la roue en l’état en nous disant – enfin, plutôt « en me disant » - que tout ça se serrerait en même temps que les boulons !

Tout à l’heure, en déplacement avec ma tendre et chère, nous sommes arrêtés par un feu de chantier. Dans mon rétroviseur, je vois la conductrice de la voiture qui me suivait sortir de celle-ci et courir vers moi. J’ouvre la vitre et elle me dit : « Je ne sais pas si c’est grave, mais je voulais vous dire que votre roue arrière gauche vacille quelque peu », le tout accompagné d’un geste révélateur !

Je me suis arrêté un peu plus loin, pour resserrer les boulons, sans pouvoir faire plus à ce moment-là. En réponse à ma question, ma belle m’a confirmé que c’était bien cette roue-là qui avait un problème de bague. Rentrés à la maison, j’ai démonté la roue pour bien constater qu’il y avait un problème avec cette bague. Notre fine équipe de mécaniciens en herbe a mis en œuvre une solution de fortune qui devrait tenir tout l’hiver qui arrive à grands pas !

Dans cette histoire, ce ne sont pas les pneus qui sont importants ! L’essentiel, c’est cette personne qui – dès qu’elle l’a pu – est sortie de sa voiture, a couru vers nous pour dire ce qu’elle avait à dire. Elle n’avait rien à gagner. Nous avions sans doute beaucoup à perdre. Tant qu’il y aura des personnes comme ça, des « gens bien », le monde avancera ! (Comme ma voiture, j’espère !)

vendredi 2 novembre 2018

Histoire de rien

  
FMG©2018

L’avantage de tenir un blog généraliste, c’est que je peux y parler de tout et de rien. Aujourd’hui, ce sera plutôt de rien, ou de pas grand-chose ! De plaquettes de médicaments ! La photo illustre deux plaquettes, toutes les deux du même médicament que je prends quotidiennement depuis des années et qui m’accompagnera jusqu’à la fin de ma vie ! Inutile de faire un dessin, la photo parle d’elle-même : il y a des différences entre les deux plaquettes. Banal ? Pas tout à fait.

Il se fait que la quantité de pilules que je dois prendre varie avec le temps, ou du moins avec le taux de coagulation de mon sang que je fais donc vérifier périodiquement. En ce qui me concerne, cela varie entre deux ou trois comprimés par jour, avec des rythmes différents. Cela peut donc être 2-2 (deux chaque jour), ou 3-3, ou 2-3, ou 2-2-3, ou encore 2-3-3… Retenir le rythme actuel (2-3) n’est pas une difficulté. Savoir quel jour je suis dans le cycle l’est un peu plus !

Avec la première plaquette (ancien modèle), c’est assez facile : en allant de petites lignes en petites lignes, je prends par exemple 2 comprimés d’une ligne un jour et le lendemain j’en prends trois. Au bout de 7 jours, cela donne ceci et il me suffit le 8e jour de prendre les trois pilules restantes, sans avoir jamais dû réfléchir.


Avec le nouveau modèle, c’est bien moins évident ! J’ai dû inventer un système comme celui-ci, mais qui ne me satisfait qu’à moitié !

 

Ça permet en tout cas de délimiter clairement les jours à 2 ou à 3, mais c’est moins clair pour la fin de la plaquette.

Bref, je me demande bien pourquoi ils ont décidé subitement de changer de modèle de plaquette en augmentant le risque de mauvais dosage pour des personnes séniles comme moi. Cela dit, quand j’ai commencé à prendre ce médicament – il y a très longtemps – il était vendu dans des petits flacons contenant 100 comprimés en vrac. Mais j’étais jeune !

Comme quoi, même quand on n’a rien à dire, on peut l’écrire !

samedi 20 octobre 2018

La force de la résilience

Or donc, dimanche dernier, j’étais candidat aux élections communales. Je n’ai pas été élu, mais cela n’a aucune espèce d’importance : notre liste a, à son niveau, gagné les élections. Non seulement, elle a obtenu le meilleur score de son existence, mais de plus c’est elle qui pouvait décider quelle serait la majorité pour les six années qui viennent. Le choix ne fut pas facile. Il s’est réalisé au terme d’un processus on ne peut plus démocratique. Il faut bien reconnaître cependant qu’à leur réveil une bonne partie de nos électeurs ne l’a pas compris.

Peu importe ici la pertinence de ce choix et les réactions aussi légitimes que trop émotionnelles et immédiates. La semaine qui s’est écoulée ne fut pas facile. Il fallut d’abord encaisser, sans réagir à fleur de peau. Il fallut – et c’est bien naturel – écouter, expliquer, écouter à nouveau, comprendre, écouter encore, apporter quelques compléments d’information, écouter avec empathie… tout en continuant à croire que nous ne nous étions pas trompés. Ce ne fut pas facile. Et nous n’avons sans doute pas (encore) réussi à convaincre tous ceux qui, croyant en nous, ne se sont pas retrouvés dans notre décision.

Dans cette tempête, un élément m’a particulièrement marqué : le resserrement de ceux qui croient vraiment en nos valeurs. En écrivant cela, je ne porte aucun jugement sur ceux qui y croient moins ou qui ne se sont pas resserrés. Je salue avant tout la résilience de toutes celles et de tous ceux qui ont encaissé le choc inattendu quoique prévisible et qui – malgré leur émotion vive – ont cherché d’abord à comprendre, puis à transformer cette difficulté en essai gagnant. Rien n’est encore joué ni gagné. Mais il y a une telle énergie et une telle solidarité qui se dégagent en interne que c’en est assez merveilleux.

Cette expérience est par ailleurs pleine d’apprentissages, à tout niveau. L’univers politique est bien complexe, même lorsqu’on est nourri par les meilleures intentions du monde. Ce que l’on croit évident à un moment ne l’est plus vraiment quelques instants plus tard. Le soutien réel que d’aucuns accordent à des valeurs fondamentales est facilement mis à mal au fil de cheminements dont les méandres sont peu ou mal connus, quand ils ne sont pas détournés par un des maux de notre siècle : les fausses informations et les rumeurs… Mais surtout, oui surtout, c’est quand on croit que tout est perdu que les liens se resserrent, que les regards redécouvrent la complicité, que les engagements se réitèrent plus profonds que jamais.

Le monde politique n’a aujourd’hui pas bonne presse (au sens propre comme figuré). Pourtant, celles et ceux qui le font vivre sont des êtres humains, comme vous et moi. Aujourd’hui, j’ai vu une personne écrasée soudainement par le poids de la vie réelle et s’effondrer, pour ensuite se reprendre. Respect. Je ne croyais pas pouvoir vivre encore de tels moments de vérité humaine. Bien au-delà du jeu politique. La presse n’en parlera pas. Mais la véritable lumière est là, dans toute son authenticité.

jeudi 11 octobre 2018

Les châtaignes d'aujourd'hui

Nous sommes le 11 octobre 2018. Il est 21h30 et je viens de déguster, dehors, des châtaignes cuites à la poêle. Un délice. Mais un désastre ! Les châtaignes grillées, normalement, ça se déguste pour se réchauffer les doigts, ou à côté d’un feu. Là, je suis dehors, comme en plein été. C’est bien agréable, bien sûr. Mais qu’en sera-t-il demain ? Enfin, je veux dire après-demain…

Il n’y a que M. Trump pour nier encore qu’il y a un dérèglement climatique, même s’il doit se rendre demain en Floride constater les dégâts de l’ouragan Michael. C’est bien sûr très malheureux, mais ce n’est que le destin… Trump, au moins, avoue qu’il ne croit pas que cet ouragan soit lié d’une quelconque manière à l’action de l’homme. D’autres dirigeants sont plus nuancés, mais ils ne font rien.

Le récent rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) est pourtant sans appel : si nous ne faisons rien, nous courons à notre perte.

Et nous ne faisons rien. Ou pas grand chose.

En attendant, je mange mes châtaignes d’aujourd’hui, sur la terrasse. Elles sont meilleures que celles d’antan. Mais leur goût délicieux me laisse comme une amertume insupportable… Qu’en sera-t-il des châtaignes du futur ?

vendredi 5 octobre 2018

L'immédiateté

Il y a trois jours, la presse annonçait : « Cette fois, c’est décidé. La clinique Saint-Pierre va quitter Ottignies-LLN pour s’établir à Wavre, entre le Domaine du Blé et l’E411 ». Apparemment, plus un effet d’annonce qu’un réel projet, rien n’étant vraiment décidé. Ce qui m’a le plus étonné est justement de lire les réactions des « gens », non seulement comme si c’était fait, mais aussi comme si l’hôpital lui-même était déjà fait !

Plutôt que de se réjouir de la présence d’un hôpital moderne, ce fut plutôt la litanie des jérémiades : Comment peut-on installer un hôpital là où il n’y a pas de transport en commun ? On a déjà plein de problèmes de mobilité, avec l’hôpital à cet endroit, ça va être l’enfer ! Sans compter le bruit pour les patients coincés entre deux autoroutes, ni le laser de la boîte de nuit juste à côté ! etc.

Tout ça pour un hôpital qui – si le projet se concrétise – ouvrirait ses portes, si tout va bien, aux alentours de 2028 ! Qu’on me comprenne bien : les impacts d’un tel projet sur la mobilité, sur l’environnement, sur la santé… sont évidents, tant positivement que négativement. Dans le contexte d’une Région wallonne et d’une « ville » de Wavre qui visent avant tout à étendre leur potentiel purement économique en réduisant drastiquement leur potentiel social et environnemental, il est indispensable d’être particulièrement attentif au développement de ce projet.

Mais mon propos n’est pas là (ce qui me permettra peut-être de voir qui lit vraiment mes billets) ! Où allons-nous si les « gens » ne sont plus capables de prendre le recul nécessaire par rapport à une information ? Les réseaux sociaux ont introduit la possibilité de réagir immédiatement, sans trop réfléchir. Quelque part, c’est un bien parce que cela donne à tout un chacun l’opportunité de s’exprimer et de participer aux débats sociétaux. Mais si c’est pour dire tout et n’importe quoi, pas sûr que ce soit une avancée démocratique.

Que peut-on faire pour qu’il en soit autrement ? La question est importante, mais si la réponse l’est tout autant, il n’est pas évident de pouvoir l’apporter. Il faudrait pouvoir « éduquer » tout internaute qui se risque sur les réseaux sociaux. Mais comment faire ? Personnellement, je lutte par exemple contre toutes les « infox » (fake news) et autres canulars (hoax) que je vois fleurir chez mes « amis » facebookiens. J’ai souvent l’impression d’être alors perçu comme l’emmerdeur de service, mais bon, on ne se refait pas !

Si vous lisez ce billet et que vous avez de bonnes idées, n’hésitez pas à commenter, que ce soit ici-même ou sur Facebook… Comment quitter le monde de l’immédiateté ?