samedi 21 novembre 2009

La voix pure

Geoffrey Gurrumul Yunupingu. Extraordinaire ! Pur ! Émouvant !

Je ne connaissais pas… et ce n’est personne d’autre que mon patron qui me l’a fait découvrir ! Rien que ça, c’est déjà génial !

Bon, ce gars (Gurrumul, pas mon patron) est un australien arborigène et chante dans la langue de Yolngu. Il est aveugle de naissance… et c’est d’autant plus avec plaisir que ce billet entre dans le libellé « Lumières ». Car c’est bien de la lumière qu’il y a dans sa voix et dans ses musiques.

C’est encore tout neuf comme découverte, et je ne peux en dire beaucoup plus. Alors simplement, on peut le retrouver sur MySpace et sur YouTube. Le détour en vaut la peine !

jeudi 19 novembre 2009

Bienvenue, monsieur Homme !

Voici donc notre brave Herman Van Rompuy /hɛrmɑn vɑn rɔmpœy/ Président du Conseil européen. Le premier Président de l’Europe ! Un Belge !

On ne peut que s’en réjouir. Non seulement parce qu’il est Belge, mais surtout parce que c’est un homme admirable. Il est devenu Premier Ministre de la Belgique à un moment où rien n’allait. C’était la crise financière, et derrière elle, il y avait notre crise belgo-belge communautaire. En quelques mois, il a réussi ce que bien d’autres avaient raté avant lui : recréer un peu de confiance dans les interlocuteurs politiques pour qu’ils se mettent au travail. Tout cela avec calme, écoute et humour. J’ajouterais, mais oui, avec volupté, au sens de jouissance intellectuelle profonde. Voici bien un homme, rigoureux, qui sait ce qu’est le vrai plaisir…

Ces grandes compétences devraient maintenant être au service de l’Europe, et celle-ci ne pourra qu’en profiter. Certains sans doute s’imaginent que, surtout, il ne fera pas d’ombre à leur ego démesuré de Chef d’État. C’est sûr, il n’essayera pas de prendre leur place. Il restera à la sienne. On ne sait pas trop ce que sera celle-ci. La fonction est à construire. Mais qu’on se le dise : Herman la marquera de son empreinte.

Une empreinte faite de consensus. Pour avancer, il faut se mettre d’accord. Cela n’est possible que si l’on est à l’écoute de chacun et si chacun se reconnaît dans les décisions finales. Van Rompuy connaît la chanson. Héritage belge ? Sans doute. Mais il ne suffit pas d’être Belge pour en hériter.

C’est là sans doute le problème. Qui va lui succéder en Belgique ? Nous sommes, inévitablement, à la veille de négociations communautaires qui décideront de l’avenir du pays. Comme chaque négociation d’ailleurs. Mais la tâche est ardue. Aujourd’hui, on peut penser qu’un consensus aurait pu être dégagé par notre désormais ex-Premier Ministre. Y aura-t-il quelqu’un d’autre pour le faire ? Pas sûr. Et sans doute pas celui qui devrait lui succéder, le Roi des gaffeurs. Enfin, ça c’est une autre histoire.

En attendant, réjouissons-nous. Bravo, Herman ! Et bonne chance !

lundi 9 novembre 2009

Un vulgaire caillou

FMG © 2009

Ce n’est qu’un caillou. Un vulgaire caillou. Il contient bien des reflets brillants, mais il n’a vraiment rien d’extraordinaire. De plus, il est entouré d’un béton qui, s’il est solide, ne brille pas par son esthétisme.

Ce vulgaire caillou, pourtant, je le garde précieusement depuis 20 ans. C’est un morceau du Mur de Berlin qui fut brisé le 9 novembre 1989.

J’avais vu le Mur quelques mois plus tôt, très impressionné. L’absurdité de cette séparation était alors aussi grande que son immuabilité. Il ne semblait pas possible de le faire disparaître, car il symbolisait tout un système qui, même s’il connaissait des soubresauts, était tout à fait cadenassé. Je découvrais ce Mur, ainsi que le Rideau de fer (tout aussi sinistre), en me rendant en Pologne pour y jouer de la musique avec La Mandore. L’accueil des Polonais avait été des plus chaleureux. Comment pouvions-nous être séparés par du béton et des fils de fer barbelés ?

Pourtant, l’incroyable est arrivé. Le Mur est tombé. Pour moi, une nouvelle ère a commencé. Ce qui était inimaginable était arrivé parce que des personnes comme vous et moi y avaient cru, s’étaient donné à fond pour retrouver le sens de la liberté. Le monde vacillait. Toute une idéologie autoritaire était en train de s’effondrer.

Alors, quand quelques semaines plus tard, un de mes élèves m’apporta ce morceau de caillou après un voyage express jusque Berlin, je sus que je tenais là dans mes mains un symbole extraordinaire de ce que l’homme peut faire. Ce qu’il peut faire de mal, en ayant construit ce mur, en séparant des familles et des amis, en imposant une manière de vivre. Mais aussi ce qu’il peut faire de bien, en abolissant les frontières, en refusant de se laisser dicter sa conduite, en prenant la liberté d’être libre…

Ce vulgaire caillou, j’aimerais le garder avec moi jusqu’au bout de telle sorte que personne ne puisse plus jamais l’utiliser pour construire des murs absurdes.

dimanche 8 novembre 2009

Intransigeance flamande

Massacre de la Saint-Barthelemy © François Dubois 1572

On n’en est pas là, heureusement. J’avoue cependant un étonnement toujours inquiet devant l’intransigeance de certaines autorités flamandes.

La dernière en date est liée au sport, avec la suspension pour un an de deux joueurs de tennis : Xavier Malisse, et surtout Yanina Wickmayer. Sans doute n’ont-ils pas fait ce qu’ils devaient faire dans le cadre du système de lutte contre le dopage. En tant que sportifs professionnels, ils devaient entrer dans le système les données permettant d’exercer d’éventuels contrôles inopinés. Wickmayer a manqué 3 fois à ses obligations. Malisse, seulement deux fois, mais il a manqué un contrôle, ce qui est plus grave. Même si le système d’encodage est complexe et contraignant, ces deux sportifs de pointe n’ont pas fait ce qu’ils devaient, et il est normal qu’ils soient sanctionnés d’une manière ou d’une autre.

Fallait-il pour autant les suspendre pendant un an ? Non. Pour Wickmayer, qui à 20 ans à peine vient de réussir une brillante saison, c’est une véritable catastrophe.

C’est pour moi d’autant plus grave que cela ne me semble lié qu’à l’intransigeance flamande : il fallait un exemple et se montrer fort. Alors, peu importe les drames humains que cela occasionnera : il fallait frapper.

C’est la même chose dans nos problèmes communautaires belges. Si les Flamands prenaient l’entrée « humaine », c’est-à-dire celle liée aux hommes et aux femmes qui vivent en Flandre, il n’y aurait sans doute pas de problèmes linguistiques. Quelle que soit leur langue, les hommes et les femmes savent vivre ensemble. Mais l’entrée de certains Flamands est celle de la terre, celle du droit du sol. Vous êtes en Flandre, donc vous devez parler flamand, et si vous ne le faites pas, il faut – d’une manière ou d’une autre – vous éliminer. Je ne parviens pas à accepter cette logique.

Les semaines qui viennent seront sans doute difficiles pour la Belgique, d’autant plus que notre Premier ministre Herman Van Rompuy sera sans doute appelé à d’autres fonctions, ce qui est très bien pour lui et pour l’Europe, mais certainement moins bien pour ce pauvre petit peuple belge qui risque de se retrouver dans les mains de politiciens ne sachant plus très bien ce qu’est le consensus à la belge, ne connaissant que l’intransigeance !

vendredi 6 novembre 2009

Mamy est partie

FMG © 2009

Mamy est partie cette nuit, dans la sérénité de sa nuit. En réalité, il y a quelque temps qu’elle était partie : Alzheimer avait rattrapé son cerveau, mais pas sa douceur.

Mamy était ma belle-maman… et c’était une belle femme, dans tous les sens du terme. Il y avait une aura qui émergeait d’elle, et ses petits-enfants ne s’y étaient pas trompés. Cette personne-là était extraordinaire. Elle était attentive au moindre petit détail, au moindre petit bobo, au moindre petit espoir. Toujours avec discrétion. Mamy était quelqu’un qui ne s’imposait pas. Mais elle en imposait.

Elle a aimé son George, ses enfants, ses petits-enfants, ses beaux-enfants sans doute aussi, son jardin, ses peintures, ses amies, sa chorale… Elle était de ces personnes à qui personne n’a rien à reprocher. Vous en connaissez beaucoup de ce genre ?

Elle était avant tout un cœur luisant. Mais, beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire, elle était un esprit vif, curieux, avide d’apprendre. C’est peut-être ça qui m’avait le plus frappé chez elle, moi qui suis un professionnel de l’apprentissage. Lorsqu’on lui parlait de choses qu’elle ne connaissait pas, elle était toute ouïe, pas sûre de toujours bien comprendre, mais soucieuse de le faire et de s’enrichir de ce qu’elle ne connaissait pas.

Les journées comme aujourd’hui ont toujours le goût du frisson de la tristesse. Pourtant, ce soir, c’est de la lumière que je vois. Ta lumière. Au revoir, Mamy.

lundi 2 novembre 2009

Responsable ? Oui, mais…

Un jeune que je connais bien a eu dernièrement un accident de scooter. Heureusement, rien de grave. Lui-même n’a rien eu : ni dégât physique, ni dégât matériel. C’est le principal.

Il arrivait à un carrefour en « Y », venant de la voie droite supérieure. Il s’est engagé dans le carrefour, mais une voiture venant de la voie inférieure n’en a pas tenu compte, alors que la priorité de droite était de toute évidence d’application. Pour éviter de se faire écraser, le scooter a fait un écart et a cogné légèrement une voiture qui était stationnée au croisement de la voie gauche supérieure et de la voie inférieure : pare-choc légèrement griffé. En réalité, cette voiture n’avait rien à faire là, car il y a une interdiction de stationner, mais elle était là. Inutile de dire que la première voiture ne s’est pas arrêtée et a continué son chemin comme si de rien n’était.

Bref, le jeune a sauvé sa vie – ce qui est le principal – mais il a embouti une voiture qui ne devait pas être là ! Il était dans son droit, étant prioritaire… mais ça s’arrête là.

Au bout du compte, il est déclaré « responsable » de l’incident : il n’avait pas à foncer dans une voiture qui était bien visible ! Les assurances reconnaissent bien que la voiture qui n’a pas respecté sa priorité – et qui aurait pu blesser gravement le jeune ! – est la cause de tout, mais comme on ne sait pas qui était le conducteur puisqu’il a fui, il faut bien trouver un responsable… et ça ne peut donc être que le jeune conducteur du scooter. Le fait que la voiture endommagée n’avait rien à faire là est peu important : elle était là, et il fallait l’éviter !

Inutile d’entrer dans un débat juridique qui ne débouchera sur rien. Au bout du compte, ceux qui paient l’assurance en responsabilité civile du scooter verront simplement leur prime augmenter en vertu du système bonus-malus. Rien de dramatique.

On peut quand même s’interroger sur le fait qu’un jeune qui n’a fait qu’éviter de se faire renverser par une voiture en délit de fuite est jugé responsable de dégâts causés à une voiture qui n’était là que parce qu’elle était en infraction avec le code de la route. Pour créer la confiance de ce jeune dans la justice, c’est bien parti !

samedi 31 octobre 2009

Taxe d’immatriculation et vie privée

Le jour où je reçois mon invitation annuelle à payer ma taxe d’immatriculation, la presse annonce que cette taxe est perçue illégalement, comme l’a décidé la Cour d’appel d’Anvers ! En réalité, l’administration fiscale peut réclamer la taxe parce qu’elle reçoit des informations de la part de la Direction pour l’Immatriculation des Véhicules (DIV). Or, cette transmission automatique est en violation de la loi sur la protection de la vie privée !

Cette information me pose deux questions. La première – la plus naturelle – est bien sûr de savoir si, dans ces conditions, je vais payer ma taxe d’immatriculation. Ma réponse est clairement « oui » ! Cela me semble bien la moindre des choses ! J’utilise un véhicule qui pollue et qui use les routes construites par la collectivité. Il me semble normal de payer ma contribution à la lutte contre la pollution et à la mise en œuvre de politiques de mobilité efficaces pour le bien-être de tous. Même si je n’aime évidemment pas payer trop d’impôts et autres taxes, je ne vois pas comment une société pourrait fonctionner autrement. Être taxé, c’est être solidaire. Et je suis de ceux qui pensent que plus on gagne d’argent, plus on en a, plus on devrait payer des impôts. C’est donc par exemple tout à fait normal de payer une taxe d’immatriculation plus élevée lorsqu’on dispose d’un véhicule plus puissant que d’autres (ce qui n’est pas mon cas !).

L’autre question est celle de la protection de la vie privée. Dans notre société de l’information, il est effectivement important de mettre en place des dispositifs qui évitent les dérives. Dernièrement, j’ai été offusqué de voir que la banque qui gère les comptes de l’entreprise pour laquelle je travaille détenait des informations personnelles qu’elle n’avait pas, selon moi, à avoir puisque je n’ai avec elle aucun lien personnel. On peut donc supposer (est-ce le verbe idoine ?) que des tas d’informations personnelles circulent un peu partout dans des bases de données publiques ou privées. Il faut y être attentif, et la loi sur la protection de la vie privée est à cet égard un outil essentiel. Il me semble cependant qu’il ne faut pas être paranoïaque ! Qu’une administration transmette à une autre une information ponctuelle dont elle a besoin pour fonctionner, cela me semble aller de soi et faciliter la vie des gens. Y voir une violation de la vie privée me semble exagéré (même si formellement, cette transmission est peut-être en violation avec la lettre de la loi).

« Nous avons neuf mois de vie privée avant de naître, ça devrait nous suffire. » déclarait Heathcote Williams. Ça n’engage que lui, mais ça mérite réflexion et interrogations !

vendredi 30 octobre 2009

Vous imaginez votre vie sans Internet ?

Aujourd’hui, on allume son ordinateur et de manière quasi instantanée, on est connecté au reste du monde. Tout passe par Internet et on n’imagine plus pouvoir s’en passer.

Internet a même permis l’émergence d’un nouveau pouvoir de pression. Il suffit par exemple de voir comment, en France, les internautes ont réussi à empêcher la nomination du Prince Jean à la présidence de la Défense alors qu’au départ ni les politiques ni les journalistes ne s’intéressaient à cette question qui, vue de Belgique, est anecdotique, mais qui en réalité touche les fondements de la démocratie. Le peuple a désormais le pouvoir d’influencer en ligne directe le destin du monde. C’est un bouleversement historique extraordinaire.

Il n’y a cependant pas tellement longtemps qu’Internet existe. Plusieurs dates jalonnent l’apparition du réseau mondial, mais il semble bien qu’on va en fêter les 40 ans. En 1969, pour la première fois, il y eut une connexion entre les ordinateurs de 4 universités américaines. Pour cela, il avait évidemment fallu qu’on inventa - durant la 2e guerre mondiale - le premier ordinateur et qu'en 1958, le premier Modem permettant de transmettre des données binaires sur une simple ligne téléphonique fit son apparition.

À partir de 1969, les choses s’accélèrent : en 1979, les premiers forums de discussion – ceux-là même qui peuvent influencer le monde et sortir des tas de personnes de leur isolement – sont créés par des étudiants américains.

L’accélération sera ensuite quantitative : en 1989, 100 000 ordinateurs connectés ; en 1999, 200 000 000 ordinateurs ; en 2009, sans doute plus de 2 500 000 000 d’ordinateurs connectés ! Tout cela avec des améliorations qualitatives évidemment, en termes de vitesse et de stabilité des réseaux.

Tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Internet est sans doute à l’origine de plusieurs dérives. N’empêche, j’ai conscience d’avoir vécu la naissance et l’éclosion d’un outil absolument phénoménal qui n’a pas fini de changer nos vies et dont je n'imagine pas un seul instant pouvoir me passer.

Et vous ?

dimanche 25 octobre 2009

La lumière bleue contre le blues de l’hiver

Point de publicité dans ce billet ! L’outil en question est bien sûr en vente, mais ça me semble quand même bien cher pour un appareil qui devrait pour bien faire être remboursé par la sécurité sociale.

Il y a longtemps qu’on sait que de nombreuses personnes souffrent de dépression hivernale par manque de lumière. On estime qu’ils sont entre 15% et 20% dans nos pays du nord. Mais elles sont sans doute plus nombreuses encore, car beaucoup ne s’en rendent même pas compte.

On sait aussi qu’on peut combler ce déficit de lumière par une exposition à une lumière blanche. D’habitude, il faut pour cela aller dans des centres spécialisés avec des appareils sophistiqués.

Mais voilà que les travaux sur la lumière bleue de Janis Louise Anderson à la Harvard Medical School ont permis de développer un appareil beaucoup plus petit, mais tout aussi efficace, du moins pour le « blues de l’hiver », premier stade de la dépression hivernale. L’exposition à un faible niveau de ce nouveau type de lumière spécifique pourrait – paraît-il - compenser la perte de dynamisme et de moral ainsi que rétablir l’humeur et le tonus estivaux.

Mine de rien, c’est là une excellente nouvelle en ce jour de changement d’heure ! Dommage que ce petit appareil soit si cher (apparemment, un minimum de 250 EUR est requis !). N’empêche, vive la lumière et la luminothérapie !

samedi 24 octobre 2009

Quand l’autorité s’assied

FMG © 2009

Il y a un certain temps que je n’ai plus parlé de Madagascar. Il faut dire qu’on n’en parle pas beaucoup en Europe. Tout au plus peut-on parfois lire un entrefilet de cinq ou six lignes annonçant occasionnellement un nouvel accord.

Pourtant, depuis le début de l’année 2009, il n’y a plus d’accord dans ce pays. Aujourd’hui, grâce à Internet, il est possible de se tenir informé en temps réel à propos d’un pays aussi isolé et éloigné que Madagascar. J’ai principalement deux sources d’information : les sites Sobika et Madagascar Tribune. Je vous conseille d’y jeter un coup d’œil pour vous faire une idée de l’ampleur du désastre.

Car désastre, il y a. Depuis dix mois, le combat des coqs continue, en se moquant pas mal du peuple. Ils étaient 2 coqs au départ. Ils sont désormais à 4 mouvances, et parfois au sein d’une d’entre elles, ils parviennent encore à se disputer. Aujourd’hui, Madagascar a le grand bonheur de disposer de 2 Présidents et de 3 Premiers ministres ! Pendant ce temps, quasiment rien ne bouge pour le peuple. Au contraire, le peuple malgache – aussi merveilleux soit-il – passe de plus en plus d’un état de précarité extrême à un état de précarité… insupportable.

Les autorités – les mouvances - s’assoient périodiquement pour essayer de trouver un accord. Elles le feront encore normalement bientôt, à Addis Abbeba, début novembre. La probabilité de déboucher sur un accord est réduite à sa plus simple expression. Celui-ci ne serait possible que si les coqs acceptaient de s’effacer. Il ne faut pas rêver.

Pendant ce temps-là, les affaires publiques ne peuvent fonctionner que de manière bien imparfaite. Engagé depuis 5 ans dans l’accompagnement d’un projet autour de l’évaluation des acquis scolaires des enfants malgaches, je devais exécuter une nouvelle mission afin de tirer les leçons de la passation du dernier CEPE, en juillet 2009, et de dégager de nouvelles pistes d’action et de formation.

Une telle mission n’avait plus de sens : les nouvelles « autorités » placent leurs gens par-ci par-là, et aujourd’hui les personnes en charge de ce dispositif important, que ce soit au niveau central ou au niveau régional, ont été remplacées par d’autres personnes, qui ne connaissent rien ni aux procédures en vigueur ni – a fortiori – aux projets d’amélioration de la qualité.

Cette situation n’est qu’un exemple de la déliquescence générale qui prévaut désormais dans ce pays. On est en train d’y perdre toutes les connaissances emmagasinées au fil du temps. Je suis convaincu que chaque personne qui se retrouve parachutée dans une nouvelle fonction essaye de l’exécuter de la meilleure manière. La conscience professionnelle malgache est générale et élevée. Mais comment être compétent quand on n’y a pas été préparé, quand la structure ne peut accompagner les démarches à exécuter, quand les autorités sont gentiment assises dans leurs sacro-saintes voitures témoins de leurs soi-disant pouvoirs ?

Pendant ce temps-là, la vie continue… et les espoirs de toute une nation s’envolent au gré des illusions de leurs « responsables » politiques !

dimanche 18 octobre 2009

Le clan des Miros

C’est d’abord un très bel objet. Un vrai livre. Une vraie histoire. L’histoire d’un gars qui aime faire des chansons sans prétentions, qui racontent juste des histoires.

Puis c’est un très beau son. Rien de tonitruant. Juste de la vérité, acoustique la plupart du temps. De vrais instruments. Pas fait pour danser, mais on peut écouter et prendre son pied. Avec une voix claire, pure, chantante.

C’est enfin des textes simples. C’est pas du Brassens, mais peut-être du Souchon. Quoique. C’est pas du luxe, c’est du Luce. Tout simplement.

Je les aime toutes, ces chansons toutes menues. Y a que du bon là-dedans. J’en retire une, pour la beauté du geste. Nantes ! Il n’y est même pas arrivé ! Quelle aventure !
(N'oubliez pas d'arrêter le lecteur automatique de chansons, à droite.)

vendredi 16 octobre 2009

Toutes les cinq secondes

Toutes les cinq secondes, un enfant meurt de faim. Cela fait 288 enfants morts chaque jour. Cent cinq mille cent vingt enfants morts par an. De faim.

Pendant ce temps, nos poubelles regorgent de nourriture. Ne soyons pas simplistes : le problème de la faim dans le monde est loin de se réduire à un combat entre ceux qui mangent au-delà de ce dont ils ont besoin et ceux qui n’ont quasi rien pour s’alimenter.

Il n’empêche, on ne fait pas grand chose pour éradiquer ce problème. Le gouvernement belge a désormais des pouvoirs spéciaux pour lutter contre la grippe AH1N1. Il n’en a malheureusement jamais eu pour lutter contre la faim dans le monde. Ni aucun autre gouvernement.

La Journée mondiale de l’alimentation est là pour nous rappeler ce fléau. Comment peut-on accepter que des gens meurent aujourd’hui de faim ou de malnutrition alors que, globalement, il y a trop d’alimentation. Bien sûr, c’est la crise… mais ne devons-nous pas tout faire pour assurer la sécurité alimentaire mondiale ?

Que pouvons-nous y faire ? Sans doute donner de l’argent aux organisations qui luttent. Chercher aussi à acheter équitable. Puis être conscient de ce qu’on fait lorsque l’on mange. Pas pour se culpabiliser, mais pour être responsable.

Il en va de l’honneur de l’humanité.

mercredi 14 octobre 2009

Balade d'automne

FMG © 2009

Comment résister à l’appel d’une balade autour du lac ? Il faisait beau, mais froid. Ma tête avait besoin de se détendre et mes pieds, sans doute, de marcher. La lumière était lucide et responsable. J’étais seul.

Une vingtaine de minutes suffisent pour faire le tour, à un rythme de promeneur. J’imagine que les joggeurs le font entre cinq à dix minutes. Rien que le simple fait de marcher transporte dans un autre monde, en dehors du temps, proche de la rive, loin des dérives. On finit par ne plus penser à rien, si ce n’est à la richesse des tons automnaux.

L’automne est souvent perçu comme une saison morose. C’est vrai que les jours déclinent, que la froidure s’installe, que la nature s’engrise. Mais « l’automne est le printemps de l’hiver », disait Toulouse-Lautrec. Les couleurs de la vie s’y immiscent et créent un univers à part, éphémère dans le temps, mais lumineux dans sa profondeur. Et quand le soleil se joint à la fête, la tête est en balade.

mardi 13 octobre 2009

So long, Frank !

Il est parti comme il a vécu sa vie : en la flambant ! Mourir à 34 ans, bourré d’alcool et dans les bras d’une belle Sénégalaise… j’en connais d’autres qui seraient prêts à tenter l’expérience !

Frank Vandenbroucke est donc parti sous d’autres cieux. Il y a longtemps qu’il en a vu de toutes les couleurs.

Un cycliste pareil, la Belgique n’en a sans doute jamais eu. Ce ne sont pourtant pas les cyclistes de génie qui manquent à la Belgique. Mais VDB, c’était autre chose. Un talent incommensurable, une verve sublime, une intelligence de course remarquable, une confiance en soi démesurée… Tout cela l’a amené à des victoires inespérées, il y a une dizaine d’années. Puis, ce fut la chute. Sans doute avait-il été trop confiant, en lui et en d’autres. Dopage, drogue, délires… les D de la vie lui ont joué de vilains tours.

Il a continué à y croire. Moi aussi. Chaque année, je me disais « Cette année, c’est l’année de Frank ! Il va gagner à nouveau, retrouver sa place… ». C’est sans doute ce qu’il se disait aussi, comme tant d’autres.

Sa place, il ne l’a jamais retrouvée. Du moins, celle dans le peloton. Ou plutôt, devant le peloton. Aujourd’hui, il a peut-être trouvé – enfin – sa vraie place. J’ose l’espérer en tout cas. Le cœur ému. C’est sans doute cette place-là qu’il aura le plus gagnée : celle dans le cœur de ses milliers de supporters.

Frank Vandenbroucke, « Francesco del Ponte », a vécu.

samedi 10 octobre 2009

J’entends Jarrett, j’arrête tout !

Hier soir, vendredi 9 octobre 2009, j’ai raté Keith Jarrett en solo au Bozar (Palais des Beaux-Arts) ! Et je m’en veux. J’ai appris l’existence de ce concert il y a une semaine. Je me suis dit que ce serait complet… et je n’ai pas cherché à en savoir plus. J’aurais dû. Peut-être aurais-je trouvé une place et n’aurais-je pas raté ce moment exceptionnel.

Il y a une trentaine d’années, Jarrett était aussi pour un soir, dans la même salle. Je n’avais pas de place. Je m’y suis rendu le soir-même, en toute naïveté. Au cinéma, on achète sa place quand on s’y rend ! Je croyais que c’était la même chose pour un musicien de jazz. Cette fois-là, ça avait marché : quelques places s’étaient libérées en dernière minute et j’avais pu en acheter une pour un concert exceptionnel. J’étais heureux : j’avais vu, au moins une fois, le maître jouer un de ces concerts solos qu’il est le seul à pouvoir donner.

Je croyais d’ailleurs qu’il ne faisait plus de concert solo. Il était atteint du syndrome de fatigue chronique et ne parvenait plus à assurer de telles prestations. Apparemment, ce n’est plus le cas. Je m’en réjouis, mais ça me fait encore plus râler d’avoir raté ça !

Keith Jarrett, c’est à lui que je dois la découverte du jazz, ou du moins d’autres musiques. Comme beaucoup, c’est passé par « The Köln Concert », paru en 1975. Une musique envoûtante, qui parle aux tripes, aux sens, aux fantasmes, aux rêves. Jarrett a tout fait : du jazz bien sûr, mais aussi du classique, de la musique world, du folk, de la composition… C’est pour moi un des artistes les plus complets de notre époque. Il a un sens incroyable de la mélodie, de la rupture, du rebond.

Et dire qu’hier soir, il était à quelques kilomètres… Il me reste à espérer que ce concert sorte en CD !