mercredi 15 janvier 2020

Yaka

Bien malin serait celui qui pourrait avancer la date du futur gouvernement fédéral belge de plein exercice. Il semble bien que l’impasse soit totale et qu’on vogue allègrement de perte de temps à perte de temps. Il suffirait vraisemblablement de cinq minutes de courage politique, mais ce n’est pas demain la veille. Dans ce brouillard, il est troublant d’entendre les Yaka !

Yaka faire un gouvernement de techniciens. Cela aurait du sens si gouverner un pays n’était qu’une question de bonne gestion. Mais ce sont aussi des choix politiques à faire. Même les choix techniques reposent sur des arbitrages politiques. Décider de refinancer la justice et/ou la santé peut apparaître comme une évidence technique. Mais, si un gouvernement dispose de 100 qqch pour refinancer, comment va-t-il les répartir entre la justice et la santé (ou autre chose encore) ? Cela ne peut résulter que d’orientations politiques.

Yaka faire un gouvernement avec des majorités politiques dans chacune des communautés. Il suffirait de mettre ensemble les majorités présentes dans les entités fédérées. Par exemple, du côté flamand, N-VA, CD&V et Open Vld. Du côté francophone… c’est déjà plus compliqué ! La majorité wallonne et de la Communauté française de Belgique PS, MR et Ecolo ? Ou la majorité bruxelloise PS, Ecolo et Défi ? Ou encore – pourquoi pas ? – la majorité de la Communauté germanophone ProDG, SP et PFF ? En faisant simple, l’idée serait donc d’avoir un gouvernement (par ordre alphabétique) CD&V, Ecolo, MR, N-VA, Open Vld, PS ? Ce serait un gouvernement majoritaire partout ! Mais, à nouveau, comment ce gouvernement pourrait-il prendre des décisions politiques ? À la première question délicate (pension, migration, éthique, sécurité sociale, etc.), ce serait le désaccord… et la rupture. Un tel système serait encore envisageable dans un système confédéré, comme la Suisse par exemple (en sachant que la réalité est très différente pour ce pays). Mais on n’y est pas, et un des enjeux actuels est justement d’aller vers ou de ne pas aller vers une Belgique confédérée, chère à la N-VA. Un Gouvernement belge est inévitablement dans le cadre actuel un gouvernement de coalition, c’est-à-dire l’association de partis qui trouvent suffisamment de points de convergence pour gouverner ensemble. Si ces points de convergence n’existent pas, pas de gouvernement.

Yaka arrêter de payer les salaires des politiciens s’ils ne trouvent pas une solution dans les 15 jours. Yaka les enfermer tous et ne les autoriser à sortir qu’en cas de fumée blanche. Yaka tirer au sort parmi eux. Yaka laisser faire les citoyens. Yaka…

Je n’ai pas de Yaka à proposer. Et je n’ai pas de boule de cristal pour avancer la solution qui sera adoptée, même si j’ai ma petite idée qui correspond aussi à mes préférences. Mais il faut quand même constater qu’on est dans une situation bassement politicienne qui ne favorise pas la rapidité de la mise en place d’un nouveau gouvernement. Je fais un constat. Je n’affirme pas que les questions qu’il soulève ont une réponse claire et unique. Le Gouvernement actuel, totalement minoritaire depuis décembre 2018, est composé de trois partis. Il y a 7 ministres MR, 3 CD&V et 3 Open Vld. Quelle que soit la composition du futur gouvernement, il est évident que ces partis n’auront plus autant de ministres. Alors, pourquoi ne pas prolonger cette situation… ? Je laisse à chacun le soin d’apporter la réponse qu’il souhaite à cette question ! Yaka !

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