mardi 10 juin 2014

La bande à Renaud

On aurait, de toute évidence, préféré avoir droit à un nouvel opus de Renaud himself. Mais bon, il est là où il en est – en pleine reconstruction apparemment – et on est déjà bien content de pouvoir réécouter ses chansons, des grands classiques, mais aussi de petites merveilles moins connues.

Renaud s’est impliqué lui-même dans l’élaboration de cet album de reprises par d’autres, y compris dans le choix des artistes et même dans la réécriture de certains textes.

Au total, un album plaisant à entendre. Même si on regrette que ce ne soit pas Renaud qui chante de nouvelles chansons, dans la ligne de ce qu’il a pu déjà écrire. Ce n’est pas le cas, et il faut faire avec. Surtout quand on sait que cet album n’est peut-être que l’occasion d’appliquer un contrat avec une firme de disques (et on sait que la seule chose qui intéresse celle-ci est de vendre, point barre).

Il y a des chansons qui ne passent pas. Laisse béton, par le rappeur (?) Diniz. Hexagone, par Nicolas Sirkis. Et la désastreuse collégiale Dès que le vent soufflera. Quand l’artistique est écrasé par le commercial…

Mais il y a, pour moi, de très bonnes choses. Je n’aime en règle générale pas trop Jean-Louis Aubert, mais sa version de Manu – qui ouvre l’album – est intéressante. J’adore aussi Mistral gagnant par Cœur de pirate. Il faut dire que la chanson est extraordinaire et que la chanteuse aussi, une fois qu’on est entré dans son univers. Elle respecte celui-ci et y amène la chanson. Cela aussi, c’est être une véritable artiste. Même commentaire pour Élodie Fregé qui reprend dans son univers sulfureux la chanson Il pleut, peu connue mais transfigurée ici. Je retiendrai aussi Je suis une bande de jeunes, bien développée par Alexis HK, Renan Luce et Benoît Dorémus, les trois meilleurs héritiers de Renaud, même si je ne suis pas sûr que l’idée d’en avoir le transcende. Puis La médaille, texte peu connu, qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit de Grand corps malade.

Reste C’est quand qu’on va où ?, interprétée par Carla Bruni. Avant même la parution de l’album, cela faisait déjà scandale chez certains bien pensants. Sous le prétexte qu’ils voyaient mal ce que l’épouse d’un Président flirtant plus souvent qu’à son tour avec la droite de la droite pourrait apporter à un chanteur se situant dans l’inconscient collectif plutôt à gauche de la gauche. La réponse est purement artistique. Carla Bruni, dans toute la fragilité de sa voix, reste une interprète exceptionnelle. Elle ne déçoit pas ici.

Au total, cela reste simplement un album agréable à entendre. Peut-être pas à écouter. Ça fait juste passer le temps. En attendant un improbable album de l’artiste lui-même, sans avoir besoin de sa bande.

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