dimanche 23 novembre 2014

Première sculpture

FMG © 2014

Comment savoir si je suis un artiste ? Qu’est-ce qui caractérise celui-ci ? En toute humilité, j’ai écrit de la poésie – publiée pour la première fois en 1974, aux Éditions Saint-Germain-des-Prés –, j’ai composé et chanté plus de 200 chansons, certaines étant gravées sur différents supports, j’ai publié ici-même près de 700 billets qui abordent différentes thématiques mais où le souci du verbe est toujours présent… Bref, j’ai beaucoup créé, mais toujours de manière très intellectuelle. Alors même que mon rêve est d’être sculpteur !

Mais voilà, je ne supporte pas le contact de la terre humide et sale ! Je n’ai aucune idée de ce qu’il faut faire pour modeler quoi que ce soit et – à vrai dire – l’idée de modeler me révulse assez fondamentalement. Bref, ma carrière de sculpteur a peu de chance de réellement démarrer !

Jusqu’à hier. Je venais d’ouvrir une bouteille de vin. Plutôt un vin quelconque qu’un grand cru. C’était peut-être là l’idée de génie ! Soudain, en triturant le tire-bouchon, j’eus un éclair trans-subliminal. Il faut dire que ce tire-bouchon m’avait quand même coûté environ 1,25 EUR dans un magasin vulgaire (c’est-à-dire pour le bas peuple dont je fais partie).

En le tournant dans tous les sens, je sentis soudainement me laisser pousser des ailes et m’envoler : à moi la liberté des oiseaux ! Une poussée ontologique délirante envahit la moindre parcelle de mon corps, de mon être. J’étais oiseau ! Sans pouvoir mettre le moindre mot sur cette sensation de liberté, de liesse, de sublime éternité !

J’ai eu peur de perdre l’émerveillement de cet instant fragile. Heureusement, je sentis dans la poche de mon pantalon la forme délicate de mon GSM, accessoirement aussi appareil photographique de fortune. Je me précipitai sur celui-ci pour immortaliser ma première création sculpturale. De toute évidence, une œuvre plastique de toute première importance ! Immédiatement, je me dis qu’une autre approche de cet envol lumineux permettrait d’en saisir toute la profondeur. Quittant la chaleur froide, j’utilisai la froideur chaude ! Quelle merveille !

Me voici enfin sculpteur, façonneur de la liberté existentielle !

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