Qu’est-ce qui fait que quelqu’un pète soudainement les plombs ? Qu’est-ce qui fait que toute rationalité disparaît subitement d’un esprit doué pourtant d’une rigueur efficace ? Qu’est-ce qui fait que tout peut exploser, d’un seul coup, sans plus aucune maîtrise de soi ni des autres ?Suffit-il d’un « non » qui s’oppose à une volonté farouche et égoïste ? Pourtant, la vie n’est-elle pas un immense apprentissage du « non » ? Il vient dès qu’on est très petit et est indispensable pour grandir. Il fait fondamentalement partie de l’éducation et il s’y vit d’ailleurs en double sens : tu dis non, je dis non, nous disons non… nous aimerions bien dire oui, mais il faut, pour toi comme pour moi, dire non. C’est la vie.
On apprend à l’accepter, à lire les non, à savoir qu’ils ne sont souvent qu’un moyen pour dire d’aller plus loin, tout simplement, de devenir autonome, responsable, libre, non dépendant du oui de l’autre. N’entendre que des oui nous rendrait foncièrement dépendants de celui qui les prononce. Alors, pour celui qui éduque, dire non, c’est dire « Débrouille-toi autrement ! Débrouille-toi sans moi ! Trouve une solution par toi-même ! ».
Évidemment, il faut un minimum de résistance à la frustration. De toute évidence, tout le monde n’a pas ce minimum.
Alors, quand on dit un non, relativement bénin et justifié, on s’étonne – c’est le moins que l’on puisse dire – que l’autre pète, une fois de plus, les plombs, en fait une affaire d’état menaçant sa vie. Ça ne s’explique pas. Ça se constate. Et ça se vit dans la douleur.























