jeudi 16 août 2007

Le repos du guerrier

FMG © 2007

Tout arrive à qui le veut bien. Il suffit d’attendre parfois. De se laisser glisser même. Au bout de l’attente, au bout du chemin, il y a le plaisir. Il y a le repos.

On peut penser qu’il faut le mériter. Qu’il faut se battre pour l’obtenir. Qu’il n’est donné qu’au guerrier. Ce n’est pas tout à fait inexact, mais – parfois aussi – il suffit de s’asseoir et de laisser venir, le repos vient tout seul. La plénitude de la communion s’installe de par elle-même. Plus par l’alchimie des éléments naturels que par l’acharnement des actes à accomplir.

Celui qui a inventé le soleil a eu la bonne idée d’inventer l’ombre en même temps, celle qui permet de se rafraîchir. Et dans le même élan, inventant le soleil et l’ombre, il a inventé le jour et la nuit, celle qui permet le repos. Et le plaisir.

Pendant de longues années, les berges de la Dordogne ont vu défiler des gabarres, ces bateaux au fond plat, qui apportaient à la région de Bordeaux le bois permettant de construire les tonneaux. Ces tonneaux remplis de vin – le vin de l’ivresse, du plaisir et de la vie – repartaient plus tard sur les mêmes gabarres pour remonter la rivière, grâce à l’action du vent, de la marée ou des hommes qui s’unissaient pour haler ces péniches non motorisées. Quand la journée se finissait, les gabarres accostaient, s’arrimaient pour ne laisser la place qu’à la chaleur de la soirée. Au coin du feu, les hommes hâlés se réchauffaient le cœur par ces chants qui unissent les voix et les vies. Pour le plaisir. Pour le repos.

Il suffisait d’attendre, de se laisser glisser. Au bout de l’attente, au bout du chemin, il y a le plaisir. Il y a le repos. Tout arrive à qui le veut bien.

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