mardi 30 juillet 2013

Chansons oubliées : La p’tite tête, par Aimé Duval (1959)

Aimé Duval, plus connu sous l’appellation « Le père Duval ». En 1959, j’avais 5 ans. Pas vraiment l’âge d’écouter et d’apprécier le « Brassens en soutane ». C’était plutôt mon frère aîné qui accrochait, sans doute avec l’assentiment de mes parents bons catholiques. Mais quelque part, ce prêtre chantant était en train de me faire découvrir la chanson française, la chanson de paroles.

C’était quand même un personnage. En d’autres temps. Il ne serait sans doute plus possible aujourd’hui d’avoir un chanteur – seul sur scène, avec sa guitare – qui se permet de délirer musicalement pendant que la salle entière, bourrée, chante en c(h)œur la chanson dans sa version originale. Il serait encore moins possible qu’un chanteur « religieux » ait un tel succès (même si le succès du groupe « Les Prêtres », avec beaucoup moins de charisme, n’est pas à dédaigner).

Cela reste pour moi essentiellement une émotion musicale : à l’âge que j’avais, la dimension religieuse m’importait peu, mais l’énergie et la mélodie m’emportaient.

La vie du bonhomme, au-delà du conte de fée de la chanson, ne fut pas un fleuve tranquille. Inexorablement, le père Duval est devenu alcoolique. Dans la souffrance et la solitude. Il en a témoigné dans un livre – « L'Enfant qui jouait avec la lune: Chanteur, Jésuite, Alcoolique » - et dans une interview encore accessible.

Au passage, il était donc jésuite. Comme le pape François. Mine de rien, le message que celui-ci vient encore de transmettre lors des JMJ au Brésil me semble assez bien dans la ligne de celle chantée par Duval. « Que fais-tu là à m'attendre mon ami ? Ton ciel se fera sur terre avec tes bras ! ».

Peu importe. Ce qui compte, c’est l’émotion. Celle de la chanson. Et plus de 50 ans plus tard, je la ressens encore !


Qu'est-ce que j'ai dans ma p'tite tête
À rêver comme ça, le soir,
D'un éternel jour de fête
D'un grand ciel que j'voudrais voir !

J'ai roulé, j'ai vécu, j'ai aimé,
Et j'ai passé aujourd'hui des moments roses,
Mais j'ose espérer, Seigneur, bien autre chose !

Et j'attends, cœur ouvert, rêvant,
Battant la semelle à la porte de ton ciel,
Je crois qu'un beau jour ton amour l'ouvrira.

Et voici que Jésus m'a surpris :
« Que fais-tu là à m'attendre mon ami ?
Ton ciel se fera sur terre avec tes bras ! »

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