lundi 31 août 2020

Plagiat ?

 


Calmement occupé à (re)lire une BD, mes oreilles furent attirées par le morceau tiré au sort par mon iPod. Katie Melua, On the road again. Sublime. Assez normalement, je me suis dit « je connais cette chanson ». Sauf que les paroles qui résonnaient dans ma tête étaient en français. Et ça, ce n’était pas normal !

Je fis plus attention et petit à petit j’entendis dans ma tête la voix d’Alain Souchon. Il parlait de jours… J’ai quitté ma BD et ne mis pas très longtemps pour identifier l’intrus : Les jours sans moi !

Si je me trompe, dites-le-moi, mais c’est quand même méchamment ressemblant. J’ai alors fait quelques recherches, mais sans succès : nulle part sur Internet, il n’est dit que ces deux chansons seraient liées d’une manière ou d’une autre. Finalement, la seule découverte fut que ce n’est certainement pas la seule musique pour laquelle Laurent Voulzy serait soupçonné de plagiat. Il connaît bien sûr On the road again, puisqu’il l’a reprise dans une de ses versions de Rockollection (Live, 2004). Mais nulle trace d’un quelconque détournement. C’est assez surprenant, parce que cela me paraît quand même évident !

Le plagiat est sans doute moins flagrant si on écoute l’extraordinaire version originale (1968) de Canned Head (elle-même étant l’adaptation d'une chanson de blues écrite par Floyd Jones, en 1953). La forte présence de l’harmonica masque un peu les lancinants accords de la guitare.


Bref, je ne ferai pas plus que m’étonner. À la fois du plagiat qui me semble patent et de l’absence de tout signalement de celui-ci. Les voies des muses sont impénétrables !


vendredi 28 août 2020

Bon appétit

 

Lors de la semaine de canicule, nous avons passé quelques jours en Ardennes. Ce foutu coronavirus nous aura permis – à d’autres aussi sans doute – de redécouvrir ces merveilleux paysages que recèle notre pays. Un soir, nous avons décidé d’aller manger dans une brasserie près d’un des trois ponts, au bord de la rivière. Conformément aux règles, nous avons réservé une place en terrasse.

Lorsque nous sommes arrivés masqués, nous avons été étonnés que le serveur était étonné de notre arrivée. Mais nous avons trouvé place. La carte était accessible par QR code, ce qui a permis à ma belle d’installer l’application nécessaire. Le choix n’était pas bien grand, mais nous avons trouvé de quoi nous satisfaire. Sauf que…

Assez rapidement, une jeune fille est venue prendre notre commande. Personnellement, j’avais opté pour de la langue de bœuf sauce madère. J’adore ça, et comme on ne rencontre pas ce plat tous les jours, je n’avais pas hésité. Outre de l’eau, nous avons aussi demandé un pichet de vin blanc. C’est là que les amusements commencent vraiment : la jeune serveuse nous a affirmé que ça, il n’y avait pas ! On se contentera d’eau !

Rien ne se passe alors. Après une bonne dizaine de minutes, un serveur vient nous annoncer que, désolés, mais il n’y a plus de langue de bœuf. Qu’à cela ne tienne, je me contenterai d’un spaghetti bolognaise. Et tant qu’on y est, est-ce que vous avez des pichets de vin ? Ah mais oui, bien sûr, du rouge, du blanc, du rosé ? Un pichet de blanc nous ira très bien. Je vous apporte ça tout de suite !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Puis, nous attendons. Juste avant notre arrivée, une bonne pluie avait rafraîchi l’atmosphère. Tout va bien, nous devisons de choses et d’autres. Le temps passe et, sentant une petite faim, quand un des serveurs passe près de nous, nous lui demandons quelques cacahouètes ou autres. Oui, je vous apporte cela.

Ne voyant rien venir, nous demandons – après un certain temps – s’il est possible d’avoir un peu de pain ou autres expédients. Oui, d’accord !

Devant le temps qui passe, j’appelle celui qui semble le chef : « Est-ce normal qu’il faille attendre une heure et demie pour avoir un spaghetti ? ». Ah, non, je vais voir. Après quelques minutes, il nous revient : « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais votre commande s’est perdue quelque part ! La cuisine est fermée, mais si vous le voulez, je peux demander à la cuisinière de préparer vos plats. Vous pouvez aussi décider de partir, mais si vous voulez vos plats… je vous les offre ! »

Il était tard, nous avions faim, impossible de trouver à manger ailleurs, bref, d’accord pour une nouvelle attente, en espérant qu’elle ne dure pas trop longtemps. Après une petite dizaine de minutes, le gars nous apporte triomphant deux assiettes. Comme il s’apprête à repartir, j’ose lui demander : « Serait-il possible d’avoir une cuiller ? Et aussi du fromage ? » « Ah oui, je vous apporte ça tout de suite. »

J’ai la prétention de savoir faire une sauce bolognaise, avec ma propre recette non homologuée. Je peux vous dire qu’elle est meilleure que celle que j’ai mangée ce soir-là. Mais enfin, ça nourrissait !

Au moment d’aller payer, je me préparais à devoir me battre, mais non, tout s’est bien passé : j’ai juste payé l’eau et le fameux pichet de vin qui n’existait pas.

Que demander de plus finalement ? Une soirée paisible passée (presque) au bord de la rivière, de quoi se sustenter en ne payant que de l’eau et un peu de vin, et un service quasiment irréprochable ! Manquaient juste ces cacahouètes que nous n’avons jamais vues. On sait ce que contiennent les cacahouètes de bistrot et on peut donc s’estimer heureux d’avoir pu éviter cela !

Nous avons très bien dormi.