Allumeur de réverbères
Qu'y a-t-il de plus beau sur terre
Que de faire naître la lumière
Là où c'est nécessaire ?
samedi 1 août 2026
Pourquoi ne réagissons-nous pas ?
La réponse la plus simple serait de dire que nos dirigeants sont incompétents ou prisonniers d'intérêts économiques. C'est parfois vrai. Mais cette explication est insuffisante. Car l'inertie est partout. au sein des gouvernements, bien sûr. Mais aussi chez chacun d'entre nous.
Au fond, nous sommes peut-être victimes de notre propre réussite évolutive. Pendant des centaines de milliers d'années, l'être humain a appris à survivre dans un monde où les dangers étaient immédiats. Un prédateur surgissait, il fallait courir. Un ennemi approchait, il fallait se défendre. La forêt brûlait, il fallait fuir. Notre cerveau est devenu extraordinairement performant... pour répondre à l'urgence.
Le changement climatique est tout le contraire. Il n'attaque pas d'un seul coup. Il avance par petites étapes. Une canicule. Puis une autre. Une sécheresse. Puis une inondation. Chaque événement paraît exceptionnel, mais aucun ne semble suffisant pour bouleverser nos habitudes. Lentement, l'exception devient la norme, et notre capacité d'indignation s'émousse.
À cette difficulté biologique s'en ajoute une autre, plus politique. La démocratie fonctionne à court terme. Les élections reviennent tous les quatre ou six ans. Les entreprises publient leurs résultats chaque trimestre. Les chaînes d'information vivent au rythme des événements quotidiens. Le climat, lui, se moque de nos calendriers. Les décisions courageuses coûtent aujourd'hui. Leurs bénéfices n'apparaîtront que dans vingt ou trente ans. Quel responsable politique est spontanément tenté de sacrifier sa popularité pour un résultat dont un successeur récoltera les fruits ?
Et puis il y a cette petite voix, au fond de chacun de nous. Celle qui murmure que quelqu'un finira bien par trouver une solution. Un ingénieur inventera une technologie révolutionnaire. Une innovation résoudra le problème. Un gouvernement prendra enfin les bonnes décisions. Cette illusion est confortable. Elle nous dispense d'agir. Nous sommes devenus de simples spectateurs. Les catastrophes arrivent sur nos écrans, au milieu d'une publicité pour une voiture, d'un résultat sportif et d'une vidéo humoristique. Elles deviennent un flux d'images parmi d'autres. Nous éprouvons de l'émotion, mais rarement un sentiment d'obligation. C'est peut-être l'une des grandes maladies de notre époque : nous voyons tout, nous savons tout... et cette profusion d'informations finit par anesthésier notre capacité à agir.
Il existe enfin une raison plus profonde encore. Depuis deux siècles, nous avons appris à considérer le progrès comme une évidence. Chaque génération vivrait mieux que la précédente. Produirait davantage. Voyagerait davantage. Consommerait davantage. Le changement climatique nous oblige à remettre en question cette promesse, non pas à renoncer au progrès, mais à accepter que le progrès ne se mesure peut-être plus à la quantité de biens consommés, ni à la vitesse avec laquelle nous les produisons. C'est une révolution culturelle autant qu'écologique.
Voilà pourquoi l'inertie est si redoutable. Elle ne vient pas seulement de quelques dirigeants ou de quelques intérêts économiques. Elle est inscrite, à des degrés divers, dans notre cerveau, dans nos institutions et dans le modèle de société que nous avons construit. Ce n'est pas seulement le climat qui résiste. C'est notre cerveau, notre économie, nos institutions et notre vision du monde qui ont été construits pour un autre temps.
Nous savons. Nous comprenons. Nous sommes même souvent inquiets. Mais savoir ne suffit pas toujours à changer. Nous répétons souvent que nos ancêtres « ne savaient pas ». Nous, nous ne pourrons jamais le dire.
Nos enfants ou nos petits-enfants ne nous demanderont pas pourquoi le climat s'est déréglé. Ils le sauront. En revanche, ils risquent de nous poser une question à laquelle nous aurons beaucoup plus de mal à répondre : « Vous saviez. Qu'est-ce qui vous empêchait d'agir ? »
mercredi 18 mars 2026
L’hilarité du chaos
© Belgaimage – Benoît Doppagne
28 février 2026. Une opération militaire conjointe américano-israélienne consistant en des frappes aériennes ciblées sur l'Iran marque le début de la guerre d'Iran. La veille encore, les émissaires iraniens et américains négociaient. Rapidement, cette guerre se propage à d’autres pays de la région, dont le Liban une nouvelle fois cible des bombes israéliennes.
12 mars 2026, Bruxelles. Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, et le Premier ministre belge, Bart De Wever, accompagné de plusieurs ministres, inaugurent dans l’hilarité le Bedex (Brussels European Defence Exhibition & Conference), salon de l’armement. Le ministre de la Défense Theo Francken estime que cet événement constitue « une énorme chance pour notre industrie et notre défense ».
16 mars 2026, Belgique. Une semaine après l’attentat ayant visé la synagogue de Liège, les ministres de l’Intérieur et de la Défense annoncent le déploiement de militaires pour sécuriser des sites liés à la communauté juive, en contournant le blocage politique qui persistait au sein de la coalition.
Le fracas des bombes au loin finit toujours par résonner sur nos trottoirs. En acceptant l'uniforme comme seule réponse à la peur et le commerce des armes comme une « chance » industrielle, nous laissons la logique de guerre infuser notre quotidien. La boucle est bouclée : on vend les engins de mort le matin dans l'entre-soi des salons, et on déploie les soldats le soir dans nos rues, comme si l'état d'urgence était devenu notre seule respiration.
En quelques jours, le sang versé en Orient est ainsi devenu la ligne de profit des banquets bruxellois. Entre les petits fours du Bedex et les communiqués martiaux, la guerre a perdu son effroi pour devenir une simple opportunité de croissance. On n'inaugure plus seulement des foires commerciales ; on célèbre, dans l'hilarité générale des puissants, l'échec définitif de notre diplomatie et de notre humanité.
Le vernis des discours officiels ne masque plus l'odeur de la poudre. Derrière les sourires de circonstance et les calculs de coalition, une vérité glaciale s'installe : nous nous sommes habitués. Habitués au bruit des bottes, habitués au décompte lointain des victimes, habitués à ce que le trépas soit un spectacle rentable. Mon dégoût n'est même plus une révolte, il n’est qu’une larme sans espoir face à un monde qui a choisi de s'armer plutôt que de penser.
samedi 22 novembre 2025
Sainte Cécile, priez pour moi
Cette prise de conscience n’est pas nouvelle, bien au contraire. Mais elle est encore accentuée par la Star Academy ! J’ai toujours été un fan de cette émission et je n’en ai aucune honte. Ce qui m’intéresse est toujours de voir comment ces jeunes apprennent petit à petit à perfectionner leur art pour devenir de vraies stars. C’est évidemment un programme commercial, formaté pour plaire et amener les téléspectateurs à devenir fan. Tous les jeunes qui s’y retrouvent ne sont pas des artistes mémorables, mais il faut bien admettre que plusieurs sont devenus de vraies vedettes de la chanson (que je n’apprécie pas nécessairement) : Jenifer, Nolwenn Leroy, Olivia Ruiz, Élodie Frégé, Grégory Lemarchal, Mosimann… et plus récemment Pierre Garnier, Héléna, Lénie, Marine… Ce sont évidemment de purs produits de l’industrie musicale, mais enfin, il faut quand même le faire !
Alors, j’avoue : à chaque émission, il y a un ou plusieurs moments où mes yeux s’embuent et où les larmes coulent. C’est l’émotion. L’émotion devant tant d’enthousiasme, tant de charisme, tant de travail, tant de sensibilité. Chaque fois, je me dis que j’aurais bien aimé être capable d’en faire autant. Cela ne restera qu’un rêve ! Sainte Cécile, priez pour moi !
vendredi 9 mai 2025
Le Service des Pensions se fout de nous
Les forts en math auront constaté que ces deux montants représentent 90,77% de ma pension totale. D'où viennent les 9,23% restants ? Bonne question !
En décembre 2021, je suis devenu veuf pour mon plus grand malheur. Brigitte, ma femme, était en passe de terminer sa carrière d’enseignante. J’ai donc eu droit à une « pension de survie » du secteur public. Lorsque j’ai obtenu cette pension de survie, le montant annoncé au départ ne fut pas le montant final, car – allez comprendre – ce nouveau montant me faisait dépasser le montant initial, ce qui mathématiquement est indubitable, mais qui légalement semblait poser quelques problèmes au fisc. Bref, au bout du compte, j’ai une « pension de survie » de 279,02 € bruts, ce qui est une belle économie pour l’État qui ne paie ainsi que même pas 10% de la pension qu’aurait eue Brigitte.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En novembre 2023, j’ai été amené à devenir échevin de ma commune, jusque décembre 2024. Une petite année avec un revenu supplémentaire (taxé en bonne et due forme), pendant laquelle j’ai – logiquement – cotisé pour ma pension à concurrence d’un peu moins de 300 € chaque mois. Le job étant terminé, j’ai agi – non sans difficultés – pour obtenir cette « pension de mandataire public ». C’est maintenant chose faite : depuis le 1er janvier 2025, j’ai droit à une pension mensuelle de 145,90 € bruts pour cette charge d’échevin ! La belle affaire !
Super… sauf que ! Le fisc ne perd pas le nord. Pour des raisons que seuls les initiés comprendront, ma « pension de survie » passe dans le même temps de 272,09 € (bruts) à 126,19 €. Les forts en math feront à nouveau le calcul : cette « pension de survie » diminue ainsi de 145,90 €, ce qui correspond exactement au nouveau montant de ma « pension de mandataire », soit une baisse de 53,62% de ma « pension de survie ». Bref, rien ne se perd. Ma « nouvelle » pension aura exactement le même montant qu’avant… et le fisc aura gagné environ 3600 € (12 x 300 €) sur mon dos en même temps que la « pension de survie » due à Brigitte diminue encore de plus de 50%.
Si vous m’avez lu jusqu’ici, vous avez beaucoup de courage, mais avouez : le Service des Pensions se fout de ma – de notre – gu… !
Et pendant ce temps-là, à Gaza, c’est encore bien pire : un peuple meurt dans l’indifférence mondiale !
mardi 4 mars 2025
L’horrible banalisation de la guerre
Depuis mon adolescence et la découverte de la non-violence de Gandhi, Lanza Del Vasto, Dom Helder Camara, Martin Luther King…, je suis convaincu que toute guerre est absurde. Cela m’a amené à ne pas faire mon service militaire : avec un frère l’ayant fait, un autre réformé, un troisième exempté, un père prisonnier de guerre… j’ai pu être « dispensé pour cause morale ». Si cela n’avait pas été le cas, j’aurais été objecteur de conscience, soutenu sans doute par mon père, militaire de carrière, mais qui m’avait dit que cela ne l’empêchait pas d’être anti-militariste !
Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe autour de la guerre en Ukraine, on assiste à une banalisation de la guerre. Pire même, certains responsables politiques s’en réjouissent ! Les budgets pour la Défense vont augmenter, et celle-ci va pouvoir acheter des armes et des munitions aux entreprises wallonnes qui œuvrent dans ce domaine. Alleluia ! C’est du pain béni : l’industrie wallonne va construire et vendre des armes qui permettront de tuer l’un ou l’autre adversaire. D’ailleurs, le Ministre de la Défense l’a dit avec un grand sourire : « Nous devons nous préparer à la guerre » !
Je ne suis pas bégueule. Ni un État ni surtout sa population ne peuvent accepter d’être agressés par un autre pays. La diplomatie devrait toujours être la première et seule arme pour négocier un retour à la paix. Malheureusement, ce n’est que rarement le cas. L’Ukraine a été et est encore agressée par la Russie de Poutine. Elle doit « se défendre » et l’Europe doit la soutenir. Si elle ne le fait pas, la folie hégémoniste du dirigeant russe le conduira jusqu’à Chisinau, puis Bratislava, Varsovie, Berlin, Bruxelles… avec apparemment l’appui des Américains !
Je veux donc croire à l’adage « Si tu veux la paix, prépare la guerre », en espérant que ce ne soit jamais qu’une préparation. J’avoue malheureusement ne plus trop y croire. Il est plus que possible que la guerre arrive jusque chez nous, pays de l’Europe de l’Ouest. Je ne sais pas sous quelle forme ni avec quelles implications. Je n’aurais jamais cru cela. Je constate.
Pendant ce temps-là, le vrai problème subsiste et tombe pour les mêmes dirigeants dans les oubliettes : le dérèglement climatique qui inexorablement nous conduit à une impasse. Il est encore possible d’agir et il faut y mettre toutes les énergies. Sinon, les conditions terrestres deviendront telles qu’il sera impossible d’y vivre pour nos enfants, nos petits-enfants…
Ce billet ne peut s’achever qu’en reprenant ma chanson Guère de guerres. Le contexte a changé, Pas le propos.
Guère de guerres
Qui en valent la peine
Même les guerres de naguère
Ne conduisent qu’à la haine
Toute guerre est vulgaire
Et tout à fait vaine
Bien sûr la guerre de 100 ans
A duré quelques temps
En est-elle pour autant
Plus jolie pour ses combattants ?
La guerre de Troie, c’est déjà mieux
Elle au moins n’aura pas lieu
Ses guerriers deviendront vieux
Et en béniront les cieux
Bien sûr rien ne vaut les guerres saintes
Qui ne sont jamais en demi-teinte
Pour faire naître la crainte
Et laisser leur empreinte
Sans oublier les guerres civiles
Qui se passent à domicile
Mais conduisent à l’exil
De milliers de civils
Bien sûr les 2 guerres mondiales
Rivalisent en pierres tombales
Comme s’il était presque normal
Pour l’homme d’être bestial
La guerre d’Irak ne fut pas un drame
Grâce à la capture de Saddam
Et à la gloire du programme
De M. Bush et ses amalgames
Bien sûr les guerres continueront
Il y aura toujours des faucons
Pour se conduire en vrais cons
Et faire tonner le canon
Il faut dire que la violence
Dernier recours de l’incompétence
N’apparaît que par ignorance
Des chemins de l’intelligence
François-Marie GERARD - FMG © 2003
mercredi 18 septembre 2024
Horreur absolue
Et puis, l’horreur absolue tombe sur l’humanité : des explosions simultanées de petits appareils de communication qui tuent et détruisent des milliers de personnes, au Liban, de manière aveugle et par surprise. Innocentes ou non, les victimes ne méritent pas une telle violence sournoise.
Je ne sais pas qui est responsable de ces explosions. Cela ne peut être qu’une puissance hyper organisée, tournée au quotidien vers l’anéantissement aveugle de ceux et de celles qui essaient d’exister à ses côtés. Il n’y a qu’une seule puissance au monde qui corresponde à ces caractéristiques. Je ne la nommerai pas. Ce serait lui faire trop d’honneur.
Elle ne connaît que l’horreur. Ce n’est sans doute pas le plus grand massacre depuis que l’homme existe. Mais c’est sans doute le plus horrible. Imaginez : vous avez dans votre poche un appareil qui permet de communiquer avec d’autres personnes. Peu importe que ces personnes soient recommandables ou non. L’appareil ne sert qu’à communiquer, rien de plus banal aujourd’hui.
Soudain, cet appareil – j’avoue ne pas encore comprendre comment – explose. En même temps pour des milliers de personnes. Aveuglément. Résultats : des blessures graves, des amputations, des yeux détruits à jamais… et des morts. Certaines victimes sont peut-être impliquées dans un combat lui-même violent, même si sans arme. D’autres ne le sont pas. Dans les deux cas, elles sont attaquées par surprise, sournoisement, sans s’occuper de l’endroit où elles se trouvent ni d’avec qui elles sont. Gratuitement.
C’est l’horreur absolue, la plus abjecte qui soit. Ce soir, je pleure notre humanité perdue. Maudits soient les responsables.
mardi 23 juillet 2024
À quoi ça tient ?

Camille Nicolle©2021
À quoi ça tient la création artistique ? Cadet de cinq, il me fallait trouver une place. Je n’avais pas encore cinq ans que je déclarais à qui voulait l'entendre que j'étais le génial inventeur du plan de l'Expo 58, ce plan en forme de vache ! Et qu'en passant, je n'étais pas moins que le brillant concepteur de l'Atomium, n'en déplaise à André Waterkeyn (concepteur officiel). Quelques années plus tard, j’écrivais mon premier poème, brillamment intitulé « La mort de Maman » ! Depuis lors, je n’ai jamais vraiment arrêté de « créer » : des poèmes, des chansons, des articles (parfois scientifiques), des livres (qu’ils soient scolaires, scientifiques, poétiques ou romanesques), des spectacles… Simple question de trouver sa place ? À quoi ça tient ?
À quoi ça tient la représentation ? Fondamentalement timide, incapable – sauf au prix d’immenses efforts – de rentrer en relation bilatérale avec qui que ce soit, toujours déjà ailleurs, je suis entré en représentation, sans jamais me sentir vraiment à ma place. Que ce soit dans ma vie professionnelle, amoureuse, associative, amicale, politique, artistique, familiale, intellectuelle…, je joue mon rôle, sans en avoir réellement les compétences. Touche à tout, je finis par ne toucher à rien… ou par ne rien toucher, c’est selon ! À quoi ça tient ? Tout ça.
dimanche 3 mars 2024
Quelle chance !
Parmi ces activités, mes expériences artistiques ne sont pas les moindres. Ce n’est pas nouveau : je n’avais que treize ans quand j’ai commencé à écrire de la poésie. Très rapidement la musique m’a rattrapé et j’ai donc fait des chansons. Jeune ado, j’ai eu l’occasion de découvrir les joies de la scène comme récitant et chanteur dans des spectacles collectifs, avant, à 22 ans, de devenir surtout musicien accompagnateur et ensuite de décider enfin de suivre quelques cours de musique : solfège et contrebasse. Celle-ci me ramènera sur scène au sein d’un orchestre classique de mandolines, puis dans un groupe animant des bals folks pour enfants et/ou adultes. Après avoir enregistré deux CD de mes chansons, j’ai découvert les joies de l’écriture collective romancée avec la publication de trois romans.
Les circonstances de la vie m’ont éloigné de ce travail d’écriture, mais elles m’ont permis de découvrir de nouveaux horizons dans une voie plus théâtrale. Il y a notamment eu la création le 17 décembre 2023 du spectacle Wisconsin ! consacré à la migration des Gréziens au milieu du 19e siècle, sur un texte d’Yves Destrée et avec des chansons créées pour l’occasion. Pour le moment, le spectacle dort un peu, mais j’espère qu’il pourra revivre, car il en vaut vraiment la peine.
Puis, il y a ces soirées de cabaret créées au sein de l’ARC asbl. Un travail collectif de création dans le respect de la personnalité de chacun. Au départ, je n’ai fait que mettre en musique et interpréter le poème Obsession de Baudelaire. Puis, un peu plus. Pour notre dernier spectacle, à la Chandeleur 2024, ayant constaté qu’un des partenaires, Yves Nollet, était également contrebassiste, j’ai osé proposer : « Et si on faisait un duo de contrebasses ? ». C’était une idée un peu folle : aucun de nous deux n'est un virtuose de cet instrument difficile. Mais nous nous sommes lancés dans l’aventure, en incluant ce duo dans un sketch lié aux trains qui passent (ou non) qui convertit ce duo en un (pseudo) duel ! Cela a surtout transformé notre échange musical en un véritable moment de plaisir, tant pour nous que pour le public, sans pourtant empêcher les fausses notes ! Ce sont celles-ci qui font que ce billet est publié sous la rubrique « Coup de blues » : comment est-il possible de prendre tant de plaisir à réaliser cette prestation alors qu’elle est si déplorable au niveau technique ? Bah, qu’à cela ne tienne, nous nous sommes bien amusés et pour moi, c’était la première fois que j’étais un contrebassiste au devant de la scène, partageant cet honneur avec un ami. Quelle chance !
mercredi 27 septembre 2023
Sauver une libellule… ou l’avenir de jeunes étudiantes ?
Facebook m’a permis hier de faire une expérience fortuite, mais très instructive. J’ai « posté » deux messages. Le deuxième concernait cette jolie libellule que j’ai sauvée des affres d’une toile d’araignée et à laquelle je souhaitais une « longue vie ». Quand on sait que la durée moyenne de la vie d’une libellule est entre un et trois mois, mon souhait ne signifiait pas grand-chose. Quoi qu’il en soit, ce post a eu un joli succès : 33 personnes ont réagi positivement et 4 ont commenté (plus pour la beauté de la bête que pour mon acte de bravoure).
Plus tôt dans la journée, j’avais posté l’annonce de la publication du dernier article auquel j’ai (intensément) contribué : QCM à points négatifs au début de l’enseignement universitaire – Échecs abusifs et biais de genre. Ça fait évidemment beaucoup plus sérieux qu’une libellule, et les réactions témoignent bien de l’intérêt rencontré par le post : 2 pouces levés (un des coauteurs et mon frère) et 1 commentaire d’une amie qui, visiblement, n’a pas lu le texte référencé.
Inutile de vous dire qu’entre cette libellule tout aussi jolie qu’elle soit et cet article auquel j’ai consacré pas mal d’heures et d’énergie, ma propre préférence va au texte sérieux ! Non seulement parce qu’il est le produit d’un long travail, mais aussi et surtout parce que ce qu’il apporte est essentiel pour l’avenir de nombreuses étudiantes.
En bref, il y a eu un jour un examen universitaire concernant plus de 600 étudiants et étudiantes. Répartis dans deux auditoires différents, un premier groupe a été informé qu’il s’agissait d’un « questionnaire à choix multiple » qui serait noté ainsi : 1 point pour une bonne réponse et 0 point dans tous les autres cas. Les encadreurs du deuxième groupe se sont involontairement trompés : ils ont dit qu’il s’agissait d’un QCM « à points négatifs », c’est-à-dire qu’il y aurait 1 point pour une bonne réponse, 0 point en cas d’abstention (pas de réponse) et -0,25 point pour une mauvaise réponse.
Résultats des courses : alors qu’il s’agit du même questionnaire, l’examen sans points négatifs (premier groupe) est mieux réussi que celui avec points négatifs (deuxième groupe). Et ce sont avant tout les étudiantes qui sont « victimes » de ce mode de notation de l’examen. Il semble qu’elles prennent moins de risques : comme s’abstenir est possible « gratuitement », elles sont plus enclines à adopter cette possibilité alors même que souvent elles connaissent la bonne réponse.
Ces examens par QCM à points négatifs sont encore très répandus. Par exemple, c’est la modalité utilisée en août dernier lors du concours d’admission aux études de médecine et de dentisterie. On ne connaît pas encore les résultats différenciés en fonction du genre, mais il est fort probable que les taux de réussite soient plus faibles pour les jeunes-filles que pour les garçons. De nombreuses postulantes se verraient donc refuser l’entrée dans ces études non pas par incompétence ou manque de connaissances, mais juste parce qu’elles sont des femmes et que la modalité utilisée pour noter le concours les défavorise, comme notre étude le montre de manière scientifique et limpide.
Je suis fier d’avoir pu sauver cette libellule pour quelques heures d’une vie très courte. Mais je serais encore plus fier si la diffusion de cet article parvenait à sauver des centaines d’étudiantes d’échecs dans leurs études et dans le choix de celles-ci.
lundi 28 août 2023
Tout fout l'camp
Caramba, j’ai constaté hier que la petite lampe rouge de mon ampli ne s’allume plus quand il est en fonctionnement, contrairement à ce qu’on voit sur cette photo issue du premier billet que j’ai consacré au dit appareil. Le matériel électronique n’est décidément plus du tout fiable. Pensez donc : j’ai acheté cet amplificateur le 21 décembre 1974, soit il y a à peine 48 ans, 8 mois et 7 jours (ou 17 782 jours). Alors, me lâcher comme ça d’un coup, c’est dur quand même !
C’est vrai qu’à part ça, l’appareil fait toujours parfaitement ce qu’il doit : amplifier le signal sonore qu’il reçoit de telle sorte que je puisse écouter ma musique quasiment toute la journée, environ 333 jours par an. Il s’est même très bien adapté à la source sonore quasi-monopolistique que j’utilise aujourd’hui : un iPod classic 6e génération modèle de septembre 2009, c’est-à-dire avec un disque dur de 160 Gb. Apple a arrêté depuis longtemps la production de ce lecteur mp3, mais le mien fonctionne très bien et contient aujourd’hui 34 832 morceaux de différents styles.
Ne plus pouvoir écouter toute cette musique en étant accompagné de la petite lampe rouge témoin est vraiment inacceptable. Ça va m’obliger à ouvrir le boîtier et vraisemblablement à restaurer le mauvais contact un peu vieilli. Vraiment, tout fout l’camp.
samedi 29 juillet 2023
Groseilles narquoises
Depuis que notre superbe jardin a perdu sa jardinière préférée, il se laisse aller un peu à l’abandon. On peut le comprendre : « Un jardin sans jardinier, c'est comme les souris quand le chat n'est pas là ! C'est le bazar ! », écrit un certain Barnabé. Il n’y a pas de chats à la maison, c’est peut-être pour cela qu’il y a les souris. Allez savoir. En tout cas, le jardin sans jardinière, c’est le bazar, je confirme.
Les dernières victimes sont les nombreux buis qui le peuplaient. La jardinière passait beaucoup de temps à essayer de les sauver des ravages de la pyrale des buis et autres champignons agressifs. Découragée, elle me disait chaque année : « C’est la dernière fois que je m’escrime, le combat est inégal ». À propos de combat inégal, la jardinière y connaissait quelque chose. Les buis lui ont survécu et j’ai essayé de reprendre la lutte. Ça fonctionnait vaille que vaille, mais là, ça y est : en deux ou trois jours, ils sont tous foutus.
Bref, tout pousse de manière un peu sauvage : la glycine, les rhododendrons (pas fameux cette année), le magnolia, les azalées, les jacinthes sauvages, les weigelias, le chèvrefeuille, les pivoines, les iris, les clématites, les roses, les geraniums, les cornouillers, les lysimaques, les seringats, les muscaris, les callicarpes, les hydrangeas, les spirées, les alchemilles, les bignones, les hibiscus, les anémones, les pieris, les ellébores, les primevères, les myosotis, et toutes d’autres plantes dont je ne connais pas les noms. Dans tous les cas, j’ignore complètement ce qu’il faut faire pour les entretenir.
Parmi toute cette végétation, il y a quelques plants qui sont censés donner des fruits. Mon œil ! Quand la jardinière était là, il y avait bien quelques fraises sauvages qui montaient le bout de leur nez pour aussitôt se faire dévorer. Elle avait planté aussi quelques petits fruitiers, style framboisier, cassissier et groseiller. Des cassis, on n’en a jamais eus. Des framboises, ce fruit merveilleux, je les ai comptées cette année sur les doigts d’une main. Et puis, il y a ces groseilles qui me narguent. Je n’ai jamais trop aimé ce fruit. Quand j’étais jeune, ma maman en faisait de la confiture ou de la gelée que je mangeais pour lui faire plaisir, sans plus. Depuis que j’ai quitté le nid maternel, je ne mange plus de confiture. Mais voilà, il y a ces groseilles. Elles ne sont pas très nombreuses, mais elles sont là, protégées des oiseaux par un filet que la jardinière avait placé avec les meilleures intentions du monde. Donc, ces groseilles sont là semblant me dire : « Tu vois, même sans la jardinière, la vie continue avec ses petits plaisirs » ! Je vous le dis, elles me narguent. Et je me laisse prendre : chaque fois que je passe devant elles, j’en récolte quelques-unes et je les mange là, directement de la plante à ma bouche, comme un baiser adorable, malgré son acidité.
Ah oui, un détail dans cette histoire : quand j’étais louveteau, il y a plus de soixante ans, j’ai été totemisé. Je vous le donne en mille : Groseille narquoise !
vendredi 10 février 2023
Quand les syndicats ferment la porte
Ils acceptent le volet formatif de cette future évaluation, mais rejettent totalement l’aspect « sanction » qui – après un long processus réglementé – pourrait déboucher sur une éviction de l’enseignant qui ne ferait rien pour améliorer ses (in)compétences. Le discours de ces syndicats – et de pas mal d’enseignants, il faut bien le reconnaître – peut se caricaturer ainsi : « nous refusons d’être évalués parce que nous risquons d’être sanctionnés, y compris par un renvoi de l’enseignement » !
Certains expliquent cette position par l’absence d’une culture de l’évaluation dans le monde de l’enseignement ! Or, s’il y a un univers professionnel où on n’arrête pas d’évaluer, c’est bien l’enseignement. Imaginez une seule seconde qu’un élève dise à son professeur : « je refuse d’être évalué parce que je risque d’être sanctionné, y compris par un redoublement ou un renvoi de l’école » ! Inutile de vous faire un dessin : il y a de fortes (mal)chances que cet élève se fasse remettre à sa place illico presto.
Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : bien sûr, cette évaluation – pouvant dans des cas extrêmes déboucher sur une sanction fatale – doit être cadrée, avec un processus clairement défini, des critères bien établis, des possibilités de recours, etc. Étant paraît-il un spécialiste de l’évaluation, cela me semble évident. Mais il me semble tout aussi évident qu’un professionnel de son domaine, faisant convenablement son boulot même dans des conditions difficiles, ne doit jamais craindre la moindre évaluation. Pas plus que l’élève qui est plus ou moins attentif aux cours et qui se prépare vaille que vaille à passer ses examens.
Dans quasi tous les métiers, il y a aujourd’hui des procédures d’évaluation, que ce soit dans le privé ou dans la fonction publique. Pourquoi le monde de l’enseignement devrait-il se différencier à ce niveau ? Pourquoi ceux qui évaluent à tour de bras – malheureusement parfois sans grande rigueur – devraient-ils être dispensés d’être de bons professionnels ? C’est bien de cela qu’il s’agit : mettre en place un processus qui permet d’améliorer les compétences des enseignants (c’est le volet formatif), mais pouvant déboucher sur un constat qu’un enseignant refuse ou est incapable de s’améliorer, avec une décision sévère au bout du compte. C’est dur, oui. Mais c’est le cas partout. Pourquoi faudrait-il traiter de manière différente les enseignants à cet égard ?
J’ai bien conscience que je ne vais pas me faire des ami·es avec ce billet. Surtout ne venez pas me dire, comme je le lis souvent, « on voit bien que vous n’êtes pas enseignant » ! Je ne le suis plus, mais je l’ai été – à tous les niveaux d’enseignement – et j’ai consacré et consacre encore une très grande partie de ma vie à la qualité de l’enseignement, que ce soit en Belgique ou dans le reste du monde.
C’est bien de cela qu’il s’agit : la qualité de l’enseignement. Celle-ci est liée à de nombreux éléments, mais – en tant que citoyen – je ne pourrais accepter qu’un système éducatif ne veille pas à être de qualité. Or, quoi qu’on puisse en penser, ce n’est pas le cas du système belge. La mise en œuvre du « Pacte d’excellence » (même si cette appellation est malheureuse) est à ce niveau indispensable. Mettre en danger celle-ci pour des réflexes de caste est inacceptable. J’ose espérer que les syndicats le comprendront.
dimanche 20 novembre 2022
C'est mignon, mais…
Aujourd’hui, commence au Qatar cette fameuse Coupe du Monde, non sans poser beaucoup de questions. L’Union royale belge des Sociétés de Football-Association (URBSFA) a eu la bonne idée de proposer au Roi de participer à un clip de soutien à nos Diables rouges. Philippe (et son service communication) a accepté. Ça nous a valu un truc déjanté à la belge dans lequel le Roi se montre non seulement supporteur, mais prend carrément la place de l’entraîneur, prodigue ses conseils, donne le tempo, etc. Je l’avoue, j’ai souri devant ce truc bien belge.
J’ai été un des premiers à le découvrir sur la page Facebook « Monarchie belge ». Je n’ai pas pu m’empêcher de commenter : « C'est mignon. Mais il y aurait pu quand même avoir une allusion à tous les problèmes humains et écologiques que pose cette coupe du monde au Qatar » ! En écrivant cela, je disais ma perception positive et amusée tout autant que mon étonnement devant l’occultation totale des questions de fond. Je ne disais pas que Philippe aurait dû consacrer un long discours à celles-ci – faut pas rêver quand même – mais qu’il aurait pu juste faire une « allusion ». Dans ma tête, cette allusion aurait dû exister avec le même humour que le reste. Par exemple, j’aurais bien imaginé entendre Kevin De Bruyne, lorsqu’il arrive près du Roi, dire quelque chose comme « Et les droits humains ? ». Philippe aurait répondu, comme dans la vidéo : « Selon mes notes, tu dois être là-bas ». Ça n’aurait bien sûr été qu’une allusion, bien en ligne avec l’hypocrisie officielle, mais enfin, elle aurait été là. Je ne suis pas scénariste et je ne suis pas sûr que ma proposition soit vraiment humoristique, mais ça m’aurait bien plu.
Mon commentaire a entraîné bien sûr quelques réactions : une cinquantaine de réponses, la plupart négatives, et 212 réactions par émoticônes. Il est intéressant de constater les 121 « pouces levés », soit 57% des réactions : ceux qui ont apprécié mon commentaire lèvent leur pouce, ceux qui n’ont pas apprécié sont plus enclins à l’écrire ! Les autres réactions se répartissent ainsi : 45 « haha », 41 « grrr », 3 « solidaire » et même 2 « j’adore ».
Les réponses formulées sont globalement négatives. Voici une tentative très imparfaite de classement (j’ai corrigé les fautes linguistiques).
- Celles qui me reprochent de ne pas percevoir le royal humour joyeux : « rabat-joie », « oui… mais à un moment on peut un peu se réjouir d'une initiative », « un peu de légèreté, c’est trop demander ? », « justement non, c'est tellement bien de ne pas verser dans la sinistrose . Bravo à notre Roi ».
- Celles qui utilisent le sempiternel et inexact argument qu’il aurait fallu contester plus tôt : « déja fait antérieurement ! Et là n’est pas la question », « c’est avant qu’il fallait boycotter », « C'est trop tard, il fallait y penser avant ».
- Celles qui narguent gratuitement : « vous n'êtes pas obligé de suivre la publication », « C’est bon, t’as gagné ton pin's d’Ecolo-humanitaire friendly, tu peux terminer tes céréales maintenant », « faudrait peut-être arrêter avec ces sempiternelles jérémiades d'écologie répétées 20 fois par jour ! ».
- Celles qui s’aventurent un peu plus réfléchies : « on ne parle pas de la coupe du monde mais des Diables rouges ! De la Belgique, de notre monarchie… Donc votre commentaire est hors contexte ! », « Ben oui pourquoi pas, et il aurait dû boycotter la coupe, parler de la Cop 27 en Égypte, de la misère en Afrique, de l'augmentation de l'énergie, des sdf, etc. Faut pas exagérer, cher François ! », « Notre roi ne peut pas, droit de réserve de sa fonction. Cette prérogative appartient à notre gouvernement ».
Je peux me tromper dans mon analyse, mais il me semble que ces réponses ne répondent pas vraiment à mon commentaire initial. Je m’y suis sans doute mal exprimé, sans m’expliquer suffisamment. On aurait pu espérer néanmoins une meilleure lecture de ce que j’avais écrit. Cela témoigne sans doute des limites des discussions sur les réseaux sociaux : souvent, ceux qui réagissent ne lisent pas vraiment le post ou le commentaire de départ. Ils n’essaient pas vraiment d’argumenter, mais plutôt d’attaquer ou de narguer. Ils disent parfois n’importe quoi, l’objectif n’étant nullement la recherche de vérité ou d’objectivité.
Il est vraisemblable que mon propre commentaire, comme d’ailleurs ce billet sur mon blog, ne valent pas beaucoup mieux ! Si vous pensez que je cherche la petite bête, vous avez sans doute raison. Je fais comme le Roi Philippe avec ses super-jumelles ! Et bonne coupe du monde à tous, quoi que vous en fassiez !
vendredi 2 septembre 2022
NewB, l’éthique vide
La plupart des banques ne sont que des pompes à fric, c’est bien connu. Aussi, comme beaucoup d’autres, j’ai été enthousiasmé quand est née en Belgique l’idée d’une banque « citoyenne et éthique » : NewB. J’ai été un des premiers à acheter une part de coopérateur. Plus tard, j’en ai acheté d’autres, tout comme ma femme très enthousiaste. J’ai même participé à des AG et tout ça. Bien mal nous en a pris !
En écrivant ce billet, mon objectif n’est pas de traiter le fond de ce dossier. D’autres, plus compétents, l’ont fait mieux que moi, notamment sur le Blog du Radis. Je ne suis pas sûr que tout ce qui est écrit dans cette analyse soit totalement correct. Mais il n’y a pas de fumée sans feu, et même si la fumée était limitée, cela ferait quand même beaucoup de feu ! À lire et à méditer !
Je ne parlerai ici que de deux événements qui me concernent directement. Ils sont isolés sans doute, mais ils m’amènent néanmoins à douter de l’aspect « éthique » de cette banque.
Le premier événement ne concerne que moi. En novembre 2020, notamment à la suite de la lecture du Blog du Radis, j’ai demandé à NewB de « retirer et récupérer tout mon investissement pour des raisons personnelles ». La réponse ne se fit pas attendre longtemps : « Nous accusons bonne réception de votre mail. Toutefois, nous ne pouvons malheureusement pas répondre favorablement à votre demande de retrait (démission partielle ou démission totale) actuellement.
En effet, depuis l’Assemblée Générale de septembre 2019, l’article 10bis des statuts de NewB prévoit qu’aucun·e coopérateur·rice ne peut démissionner ou demander la réduction du nombre de ses parts entre la date d’obtention de l’agrément en tant qu’établissement de crédit, et le troisième anniversaire de l’obtention de cet agrément. C’est-à-dire qu’aucune demande de retrait ne peut être faite entre le 31 janvier 2020 et le 31 janvier 2023 ».
Je ne pouvais que constater et admettre, tout en me disant que c’était quand même spécial. Mais je me suis contenté de noter la date du 31 janvier 2023, qui se rapproche !
Le deuxième événement est lié au décès prématuré de ma femme, en décembre 2021. Il a donc fallu gérer la déclaration de succession. Dans l’actif de son patrimoine, il y avait ses parts NewB. Pas grand-chose, mais des parts quand même. Les délais pour payer les droits de succession ne sont pas discutables avec l’administration et ont été payés dès juin 2022. Les démarches pour obtenir la restitution des parts, au montant de leur valeur au moment du décès, ont été très rapidement entreprises, dès janvier. NewB nous avait d’ailleurs fourni – en vue de la déclaration de succession – le montant concerné (12,67 € par part achetée à 20 €).
C’est alors que la galère commence. NewB semble totalement dépassée par les événements : « Nous n’avons jamais fait ça ! ». Je n’en crois rien, mais c’est l’argument. On apprend ensuite qu’il faut attendre leur Assemblée générale de juin. Sans réelle raison, car cela ne devrait être qu’un acte administratif. L’AG passée, ils déclarent un jour qu’il faut que cela passe par le Comité directeur ! C’est délirant pour quelques dizaines d’euros. Tout le monde y perd son temps… Ce vendredi 2 septembre 2022, après près de 8 mois d’attente et de démarches, le remboursement est enfin effectué. Montant de la part achetée à 20 € : 9,05 €.
Que les choses soient claires : je me fous totalement du montant des parts remboursées. La seule chose que je souhaite, c’est d’être « délivré » de NewB ! Il est néanmoins interpellant de constater que ces parts investies par des milliers de citoyens ne valent plus grand-chose et que leur valeur ne fait que baisser !
Je n’ai pas tous les éléments pour analyser ces deux histoires. Mais, pour moi, il n’y a que deux explications possibles : soit NewB, la banque « citoyenne et éthique » se fout complètement des citoyens et de l’éthique, n’étant comme les autres qu’une pompe à fric ; soit elle est totalement incompétente, ce qui est sans doute plus vraisemblable mais encore plus grave.
samedi 30 juillet 2022
Respect, mesdames
Le Tour de France pour les femmes se déroule pour le moment. Sur un vrai parcours, avec des difficultés, des surprises, des exploits, de la stratégie. Bref, une course comme une autre, intéressante de bout en bout. Mais évidemment, les « mecs » de tout bord n’hésitent pas pour sortir leurs âneries de « mâle dominant ».
Il y en a pour tous les goûts. Déjà, c’est toujours un étonnement d’entendre les commentateurs parler des « filles ». Que je sache, c’est officiellement le « Tour de France Femmes ». Lorsque ce sont les hommes qui courent, je n’ai jamais entendu le moindre commentateur parler des « garçons ». Alors, pourquoi parler des « filles » ? Quand c’est une course d’hommes, on parle le plus souvent des « coureurs ». Le féminin « coureuse » est reconnu depuis longtemps. Mais voilà, quand il s’agit de femmes, les commentateurs préfèrent parler de « filles ». Allez savoir pourquoi…
Depuis le départ du Tour, il y a eu beaucoup de chutes, parfois massives. Et les déclarations ici et là vont bon train : « C’est moins dangereux de cuisiner… », « Femmes au guidon », etc. En lisant ça, on se dit que chez les hommes, les as du vélo, il n’y a jamais de chutes, et surtout jamais de chutes collectives ! Eux au moins savent tenir leur guidon.
Un dernier exemple. Lors de l’arrivée de la 5e étape, à Saint-Dié-des-Vosges, l'Italienne Elisa Longo Borghini s’est trompée de route, à 500 mètres de la ligne d’arrivée : elle est partie à gauche dans la voie destinée aux voitures alors qu’il fallait aller à droite. Elle le savait et a été la première à en rire tout en perdant quelques précieuses secondes. Vous imaginez les commentaires : « Mais elle ne connaît même pas l’itinéraire, c’est une faute incroyable qui a mis tout le peloton en danger (sic)… ». Lors de la course Tirreno Adriatico de cette année, Tadej Pogacar et Remco Evenepoel, en pleine contre-offensive, se sont trompés de parcours et ont perdu du temps. Je cite : « À leur décharge, la bande plastique qui avait été installée en hauteur, pour marquer le changement de tracé, n'était pas très visible. Et les trois membres de l'organisation placés sur le bas côté dont un avec un drapeau rouge, n'étaient pas très visibles non plus. ». Bref, quand deux grands champions se trompent de parcours (et sont les seuls du peloton à le faire), c’est une erreur due aux organisateurs, etc., mais quand c’est une grande championne, elle est seule responsable et doit s’affubler d’un bonnet d’âne.
Alors, mesdames, je vous dis « Respect ». Ce que vous faites est extraordinaire. Vous le faites avec les mêmes exigences que vos collègues masculins, le même professionnalisme, la même audace, le même engagement. Et surtout, ne vous laissez pas abattre par la stupidité de tous ces « garçons » qui se croient encore les maîtres alors que ce ne sont que des connards.
dimanche 26 juin 2022
Le droit d'être femme
2022 © Jeanne-Marie Hausman
Ainsi donc, quelques hommes et femmes, six en vérité, qui n’ont d’autre légitimité démocratique que d’avoir été désigné·es juges par un Président, ont décidé de retirer l’avortement des droits constitutionnels des femmes américaines. Quelle honte !
À vrai dire, j’ai toujours été partagé sur le concept même d’avortement, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un droit indispensable dont toute femme doit pouvoir faire libre usage quand elle l’estime nécessaire. Cette reconnaissance fondamentale ne m’empêche pas de me dire qu’il y a chaque fois au moins une vie en péril. Mais qu’est-ce qu’une « vie » ? Et à partir de quel moment un embryon devient-il un être humain ? Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, je n’ai pas la réponse à cette question. Et je crois que je n’ai pas à l’avoir. Seule chaque femme, voire chaque couple concerné, peut avoir une réponse qui lui correspond, dans la situation qui est la sienne ou la leur.
Même si je n’ai jamais été directement concerné, mon premier contact avec l’avortement m’avait quelque peu perturbé. C’était dans les années 1970, soit bien avant la loi du 3 avril 1990 qui – en Belgique – dépénalisa l’avortement. Anne était une amie de mon amie. Elle était très jolie, le savait et en jouait. Lors d’une discussion à propos de la contraception, cette jeune fille d’environ 18 ans déclara « Moi, mon moyen de contraception, c’est l’avortement ». Il y eut comme un silence. Je ne sais pas si Anne pensait vraiment ces mots, parlait de son vécu, voulait juste provoquer… Peu importe, elle les a dits et ils étaient lourds.
Je crois que l’avortement est toujours la fin malheureuse d’une histoire, même si cette dernière est peut-être très belle en elle-même. Il y a des tas de raisons pour une femme de souhaiter avorter et ce n’est pas aux autres de décider si ces raisons sont bonnes ou mauvaises. Elles sont. C’est suffisant. Cela ne veut pas dire que cet acte serait banal. Non, c’est un acte médical important, résultant d’une décision difficile, et devant être accompli dans les meilleures conditions, tant sanitaires que psychologiques.
Refuser aux femmes ce droit fondamental de disposer de leur corps et de leur vie, est une atteinte à la dignité humaine. Donner naissance à un enfant est l’un des moments extraordinaires d’une vie. Ce don doit être une fête pour toutes les personnes concernées, en premier lieu l’enfant et la mère. Refuser à celle-ci le droit de décider si le moment est venu pour elle de réaliser cet incroyable don de soi est nier sa propre existence. C’est, en quelque sorte, ne la considérer que comme un animal tout juste bon à se reproduire, en ne lui reconnaissant que cette fonction biologique. En oubliant qu’elle n’est pas qu’une « femelle », mais avant tout une femme.
samedi 7 mai 2022
Adieu, monsieur ; adieu, madame…
En soi, je ne comptais pas parler ici de ce concert d’Hugues Aufray. Même si c’était une première pour moi, alors que c’est « avec lui » que j’ai appris à jouer de la guitare et à chanter, un peu. Mais – au moment où je ne m’y attendais pas – je me suis retrouvé une nouvelle fois dans un flot d’émotions que mes yeux n’ont pas pu gérer. Simplement, il a chanté « Adieu, monsieur le professeur ».
En mars 1991, c’est une femme qui reprit ma classe. Leur quatrième prof en un an. Cette femme était une institutrice exceptionnelle. Elle avait accepté de relever le défi, alors qu’il changeait méchamment son rythme de vie. D’un mi-temps peinard, elle passait titulaire à temps plein. Elle a par la suite changé d’école, mais elle est restée cette institutrice dynamique et attentive au développement de chacun des enfants qui l’ont côtoyée. À la fin juin 2022, elle devait prendre sa retraite. Si quelqu’un avait droit à la chanson « Adieu, madame la professeure », c’était bien elle. Un foutu cancer est passé par là, la privant définitivement de ses six derniers mois d’institutrice merveilleuse… et de la chanson.
Alors, j’ai essayé… j’ai essayé de chanter en même temps que tout le monde, les larmes coulant abondamment. Mon ami Raphy qui m’accompagnait m’a demandé « Ça va ? ». J’ai dit – comme je dis souvent ces derniers mois – « Ça va aller… ».
Dans toutes les émotions qui se bousculaient dans mon cerveau, j’avais aussi – bien sûr – conscience que je disais adieu à mon professeur de chansons. J’ai mis presque 60 ans pour aller le voir… peu de chance qu’il attendra la même période pour me revoir. Alors, pour tout ça, monsieur, je vous dis : « Votre chanson est une daube, mais mon Dieu, qu’est-ce qu’elle est vraie ! »
samedi 22 janvier 2022
S'adapter
Bien sûr, quand on est confronté à certaines situations où il faut y aller ou ne pas y aller, face à un danger plus ou moins réel, on a besoin pour y aller de se dire « Allez, j’y vais… ». Et ce n’est pas simple. Peut-être là, y a-t-il du courage, je ne sais pas trop.
Dans la plupart des situations où on nous souhaite du « courage », celui-ci n’en est pas. Parce qu’il n’y a pas vraiment de décision face à quelque chose qui nous dépasse. Il y a – je crois, en toute humilité – seulement alors de l’adaptation.
« S’adapter ». C’est le titre du livre avec lequel je termine mes journées et commence mes nuits pour le moment. Il m’a été offert par trois de mes nièces lors des fêtes de fin d’année. Très bien écrit par Clara Dupont-Monod. Avec de belles distinctions méritées : Prix Goncourt des lycéens, Prix Femina, Choix Goncourt de l'Orient, Prix Landerneau…
Ce livre parle du courage d’enfants et d’adultes qui n’en ont pas, face à un enfant qui n’a pas vraiment d’existence. Aucun ne fait preuve de courage, mais tous s’adaptent. Sans en avoir nécessairement conscience. Dans cette adaptation, ils peuvent paraître ou non « courageux ». En réalité, il y a une situation bouleversante avec laquelle il faut vivre. Il n’y a alors qu’une seule solution : s’adapter. Ne pas le faire, c’est risquer à son tour de ne pas exister. La vie est plus forte, même si elle ne montre plus jamais sa force.
S’adapter. C’est la seule chose qu’on peut vraiment faire finalement…
jeudi 18 novembre 2021
Convaincre ?
C’est la raison principale qui fait que depuis le début de la pandémie, je n’ai jamais publié quoi que ce soit en essayant de convaincre ceux ou celles qui n’auraient pas le même avis que moi. J’ai bien publié certains billets cherchant à apporter de l’information, à nuancer certaines affirmations, à éclairer les différents regards… sans jamais croire que cela aurait le moindre impact. J’ai souvent été plus incisif en commentant des posts de certains amis sur Facebook. C’est difficile de lire certaines absurdités sans réagir ! J’ai réagi… et je n’ai convaincu personne. Ai-je perdu mon temps ? Peut-être, mais on ne se refait pas…
Ce matin, j’ai reçu ma 3e dose de vaccin. Non pas pour obéir en mouton au discours dominant. J’en ai discuté avec mon médecin traitant, un gars pas vraiment partisan au départ des médecines invasives. Mais un gars qui réfléchit lucidement, en connaissance de cause, et qui prend les réalités telles qu’elles sont. Dans notre discussion, il est apparu que dans mon cas il était préférable d’avoir cette protection supplémentaire. Et voilà.
J’ai réfléchi aussi de mon côté. Dans ma vie professionnelle, j’ai formé beaucoup de personnes à la gestion de projets, y compris l’analyse des risques. Il y a des risques en acceptant d’être vacciné. Pour les deux premières doses, j’ai chaque fois eu deux ou trois jours où je me sentais moins bien, sans gravité heureusement (pour dire les choses comme elles sont, j’ai été bien plus malade et pendant 15 jours lorsque j’ai eu le Covid). Mais oui, les effets secondaires existent. Dont l’effet le plus grave : la mort. Je parlerai ici uniquement de cet effet secondaire, car il est le plus factuel qui soit. Il y a d’autres effets secondaires, ils sont analysés par la pharmacovigilance, mais ils sont plus difficiles à comptabiliser. Parlons donc de chiffres.
En Belgique, il y a actuellement 8 625 656 personnes vaccinées, soit 74,9% de la population. Les observations officielles attribuent 4 cas de morts au vaccin. Traduire ça en pourcentage est illisible, alors disons que cela fait 4,64 décès pour 10 000 000 d’habitants. Ce sont les chiffres belges, mais ils sont sans doute valables plus largement.
Toujours en Belgique, les chiffres officiels donnent 1 540 000 cas de Covid détectés à ce jour. Parmi ceux-ci, il y a eu 26 484 morts. Cela fait 171 974,03 décès pour 10 000 000 de cas.
Certains me diront (mais oui, on me l’a dit) que ça, ce sont les chiffres « officiels » (et donc sujets à caution contrairement aux chiffres « aliternatifs ») et qu’« on sait bien que la plupart des "morts de Covid" ne sont pas morts du Covid » (sic).
Admettons qu’il y ait quelques erreurs d’approximation dans les chiffres, mais enfin, restons réalistes : s’il y a des erreurs, elles ne peuvent être que marginales et ne nous fions donc pas trop aux décimales… Mais enfin, il y a quand même un ordre de proportion. Selon ces chiffres, la maladie Covid-19 est (environ) 37 000 fois plus meurtrière que les vaccins élaborés pour s’en protéger.
N'importe quelle personne sensée conclurait qu’il vaut mieux se vacciner. Mais l’intelligence humaine est pleine de surprises : d’aucuns restent convaincus, en toute bonne fois (et j’insiste sur cet aspect), qu’il vaut mieux ne pas se faire vacciner parce que c’est bien trop dangereux.
Ce ne sont que des chiffres sur une dimension. Je pourrais en fournir bien d’autres, mais cela ne changerait rien. Ceux et celles qui pensent qu’il vaut mieux ne pas se faire vacciner continueront à penser qu’il vaut mieux ne pas se faire vacciner. Point barre.
Et mon billet n’aura convaincu aucun d’entre eux. Triste réalité.
lundi 25 octobre 2021
Exister
En 1988, paraît le deuxième tome de S·O·S Bonheur par Griffo et Van Hamme. La première histoire de ce volume magistral nous conte l’aventure de Joachim Robin-Dulieu, chef de cabinet à la Sécurité publique, créateur de la C.U., carte universelle qui remplace toutes les autres cartes, y compris celles de paiement. Jusqu’au jour où un hacker quelconque décide de supprimer le dit Joachim de la banque de données centrale. Instantanément, Joachim Robin-Dulieu n’existe plus.
Cette histoire m’a profondément marqué à l’époque : nous n’existons donc que parce qu’une carte dit qui nous sommes. C’est le principe même de toutes les cartes que nous avons : carte d’identité, permis de conduire, cartes de banque, etc. Il suffit de perdre une de ces cartes (ou toutes) pour ne plus exister… ou découvrir le parcours du combattant existentiel.
Ce n’est pas mon cas et j’avoue que je fais une confiance quasi absolue à ces cartes. Sans trop y réfléchir, je me disais néanmoins que l’idéal serait de pouvoir supprimer le support physique « carte » alors qu’il y a bien d’autres moyens d’être reconnu pour qui l’on est : nos yeux uniques, nos empreintes digitales uniques, la forme de notre visage unique, etc. Les moyens existent pour utiliser ces éléments. Lorsque je voyageais souvent en avion (il y a 6 ou 7 ans), j’ai dû plus d’une fois présenter ma tête face à une machine pour laisser la machine décider si elle ouvrait ou non la porte automatique… Bref, je me disais : « Mais pourquoi s’encombrer de cartes puisqu’on peut être reconnu autrement, sans craindre le fait de perdre sa carte ? ».
Vous imaginez : vous allez au resto ou faites vos courses, la machine vous identifie dès le départ, vous consommez et vous vous en allez l’âme en paix en attendant que votre compte soit débité ! Plus de risque de perdre sa carte, de l’avoir oubliée ou encore de se l’être fait voler ! Pas même besoin d’une puce implantée corporellement pour exister et être reconnu en tant que tel !
Je m’apprêtais à écrire mon billet (désormais mensuel) en ce sens lorsque j’ai lu ce matin l’article La reconnaissance faciale s’étend de plus en plus en Europe. Et j’ai commencé (ou plutôt continué) à me poser des questions. Certes, les technologies existent dès maintenant et cela faciliterait méchamment la vie. La question centrale est que tout cela serait rassemblé dans un super grand fichier « central » et qu’on ne sait jamais ce qui serait fait de toutes ces données. Que ce soit pour des raisons commerciales, policières, sécuritaires, vénales… ou tout simplement pour le bon plaisir d’un fou qui déciderait d’en faire n’importe quoi.
Au bout du compte, une seule certitude : oui, j’existe. Je le sais, je le sens. Mais comment le prouver ? Comment être reconnu pour le citoyen que je suis, sans qu’on me piste ou me contrôle ? Comment circuler librement là où je veux aller, travailler là où je veux être utile, aimer là où je m’épanouis… sans m’encombrer de tous ces papiers qui ne sont jamais que des papiers ?
















