En ce jour de grandes manifestations pour la liberté d’expression, je suis tombé sur le fil d’une discussion sur Facebook. En soi, celle-ci ne m’intéressait pas trop, mais j’ai été interpellé par les propos de Youness, un musulman parmi d’autres. Ce qu’il écrivait me semblait empli de sagesse, de vérité et d’humilité. Je me permets de retranscrire ici ses propos, sans modification autre qu’orthographique. Pour moi, le sens des manifestations de ce jour est entièrement contenu dans ces mots.
Youness
Bonjour, je voulais intervenir en disant juste une chose. La culture musulmane est différente de la culture belge (pour prendre un exemple). Dans notre religion, nos croyances, nos pensées, nos actions sont en lien avec une intimité que l'on crée avec Dieu. Si c'est intime, on ne va pas en parler à la TV ni sur Facebook. Les musulmans n'écoutent pas les imams, les mouftis, les représentants religieux ou politiques lorsqu'il s'agit de religion. C'est intégré dans notre culture. C'est pour cela que selon moi, la ligue arabe et les autres représentants ne le font pas. Après, c'est dommage que les gens ne voient que les méfaits faits par les extrémistes arabes ou noirs (pas musulmans !) et pas ceux des autres parce que la barbarie et la connerie sont une des caractéristiques de l'homme (au regard de l'histoire et du présent) et non des musulmans.
Benoît
La relation intime avec Dieu est une chose, mais l’organisation sociale en est une autre. Par exemple, Erdogan, Président islamiste de la Turquie (et donc élu par les musulmans de son pays ou alors je ne comprends plus rien) a déclaré le 24 novembre 2014 (j'imagine que cela fait partie de sa demande d'adhésion à l'Union Européenne) : « Notre religion (l’Islam) a défini une place pour les femmes (dans la société) : la maternité » (ce qui n’est pas sans rappeler ce que déclarait Adolf Hitler en 1925 : « Le seul rôle de la femme dans la société est d’être mère »). J’imagine que tu désapprouves entièrement ses propos et que pour toi, la femme doit avoir dans la société les mêmes droits et les mêmes devoirs que l’homme.
Youness
Oui, je désapprouve le discours d’Erdogan et justement, mon propos dans mon commentaire était que les Musulmans n'écoutent pas les discours des politiques et donc que se baser sur cela fausse le débat à mes yeux. Vous savez ce que c'est la politique : tous tiennent des discours afin d'être réélus et de plaire à leur électorat. Une grande partie des discours tenus et défendus par les politiques n’est pas appliquée plus tard dans leur politique (je parle en général et pas que pour la Turquie). Vous savez aussi que tous les mois, il y a des manifestations et des révoltes en Turquie qui sont durement réprimée, preuve que tous les Turcs ne sont pas d accord avec lui.
Je voudrais ajouter que des politiciens occidentaux ont déjà tenu ce genre de discours qui vise à discriminer et à enlever des droits à un groupe de personnes. Ex: les homosexuels en France (tous les discours des politiques dans les média, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy...), les discours de George W. Bush où il met Dieu au centre de tout, ce Dieu qui l’a sauvé de l'alcoolisme et qui sauvera l'Amérique de ses ennemis.
Je voudrais répondre aussi sur la question de l'intégration (…). Pour moi, la question ne se pose pas. L'Islam est intégré dans la société occidentale. Les Musulmans occupent une place active dans l'économie des pays, la culture, la politique (il y a beaucoup de personnes de confession musulmane au PS, au cdH, au MR, chez Écolo... preuve qu'on rentre dans les normes et qu'on n’essaye pas d'imposer les nôtres (qui sont finalement très proches lorsqu'on regarde ce qui nous rassemble et pas ce qui sépare)). De plus en plus de Musulmans ont des responsabilités et il y en a encore plus qui n’en ont pas mais qui sont heureux de vivre et de leur vie (chauffeur de bus, épicier, éboueur, femme de ménage, fonctionnaire, employé, employeur... la liste est longue). L'Islam, c'est la relation de l'intime avec Dieu. Donc, ça nous est propre et ça m’a aidé à prendre conscience que si on a une base (des croyances, une idéologie, tout ce qu'on veut), les autres aussi ont la leur et qu’elle n'est pas forcément la même que moi.
Dans cette optique, j’ai pris conscience que je n'ai pas à juger ou à imposer ma vision parce que c'est de l'ordre de l'intimité et donc à chaque personne son droit de croire, si moi j'en ai le droit.
Cet enseignement est répété plusieurs fois dans le Coran. Je le prends comme de l’ouverture et comme de la liberté d’expression également.
J'aimerais finir en disant que ce sont mes propos et ma vision. Elles me sont propres. Je n'ai aucune vérité absolue. Je n'ai de certitude sur cette terre que chacun est différent, a vécu des expériences différentes et que notre discours est le reflet de notre vie. Je n'aurais peut-être jamais dit cela si j'étais né au Caire, à Saint-Denis, ou à Embourg. (…) Prendre ses expériences personnelles, des faits divers, des discours de politique... n'est pas constructif. On pourra toujours trouver quelqu'un d'autre, d'important ou de moins, qui aura un avis contraire ou convergent au nôtre.
Ne faut-il pas se focaliser sur les maux de la planète et sur leurs causes et non leurs conséquences (comme les médias le font) afin de comprendre le problème ? Merci.
Allumeur de réverbères
Qu'y a-t-il de plus beau sur terre
Que de faire naître la lumière
Là où c'est nécessaire ?
dimanche 11 janvier 2015
mercredi 7 janvier 2015
Monde de merde
Charlie Hebdo est massacré. J’espère qu’il renaîtra plus caustique que jamais, plus lucide que l’aveuglement généralisé, plus puissant que la bêtise humaine. Ça ne va pas être simple, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais il le faut. Nous avons tous besoin – fondamentalement – de Charlie Hebdo. C’est une question de survie.
Nous sommes tous aujourd’hui des Charlie. Sauf bien sûr – et malheureusement – les ignares. Ceux qui parviendront encore à y redire, à prétendre qu’ils l’ont bien cherché ! La seule chose qu’ils ont cherchée, c’est à nous ouvrir les yeux, à nous garder éveillés, à ne pas nous laisser endormir.
Leur rendre hommage, dans les mois qui viennent, sera d’être plus que jamais vigilant, de refuser toute atteinte à la solidarité, de contrer tous ces amalgames simplistes et réducteurs, de ne se laisser embobiner par personne, et surtout pas par les puissants et autres endormeurs.
Alors, Charlie Hebdo vivra. Inexorablement.
mercredi 31 décembre 2014
Chaleur et lumière
FMG©2014
L’année 2014 se termine comme elle a été : chaude et lumineuse. Il semblerait qu’elle soit l’année la plus chaude depuis 1900, avec une moyenne supérieure à 1,2°C par rapport à la normale (période de référence 1981-2010). Les températures ont été nettement supérieures aux normales sur la plupart des mois de l'année, exceptions faites de mai et juillet qui ont connu des valeurs proches des normales et d'août qui a été particulièrement frais. Ces chaleurs s’accompagnent de lumière, évidemment. La production de mes panneaux photovoltaïques est de son côté supérieure de 4% à la moyenne des années précédentes, près de 6% de plus qu’en 2013.
Doit-on s’en réjouir ? Oui, bien sûr : il est très agréable d’avoir un peu plus de chaleur et un peu plus de lumière. On ne peut que s’en sentir mieux… et il serait bien stupide de ruminer contre ces petits plaisirs !
Néanmoins, cette année 2014 n’est pas vraiment une exception, mais s’inscrit dans une tendance constante observée cette dernière décennie : exception faite de 1989, les dix années les plus chaudes observées à ce jour en Europe depuis le début du XXe siècle sont toutes postérieures à 2000. À terme, ces quelques degrés supplémentaires bien agréables ponctuellement peuvent se révéler catastrophiques pour la planète.
Les soubresauts climatiques sont ce qu’ils sont. Qu’en est-il des soubresauts vitaux, ceux qui font que les années se suivent, sans jamais vraiment se ressembler tout à fait ? De mon côté, il y eut de beaux moments de chaleur et de lumière. Ce sont eux que je veux garder en mémoire. Ce sont eux que j’ai envie de revivre, non pas semblables, mais dans la lignée. Il y eut évidemment aussi de moins beaux moments, plus froids et plus sombres. Ils font aussi partie de la vie et en constituent le sel indispensable. Même si je m’en passerais volontiers.
Je vois autour de moi que beaucoup craignent 2015 dont les perspectives seraient plus sombres que lumineuses. Il faut reconnaître que ça ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, à de nombreux égards. J’ai appris cependant à ne pas tirer des plans sur la comète, que ce soit dans un sens ou dans un autre. Vivre pleinement le moment présent.
Dans la chaleur et la lumière, comme aujourd’hui !
L’année 2014 se termine comme elle a été : chaude et lumineuse. Il semblerait qu’elle soit l’année la plus chaude depuis 1900, avec une moyenne supérieure à 1,2°C par rapport à la normale (période de référence 1981-2010). Les températures ont été nettement supérieures aux normales sur la plupart des mois de l'année, exceptions faites de mai et juillet qui ont connu des valeurs proches des normales et d'août qui a été particulièrement frais. Ces chaleurs s’accompagnent de lumière, évidemment. La production de mes panneaux photovoltaïques est de son côté supérieure de 4% à la moyenne des années précédentes, près de 6% de plus qu’en 2013.
Doit-on s’en réjouir ? Oui, bien sûr : il est très agréable d’avoir un peu plus de chaleur et un peu plus de lumière. On ne peut que s’en sentir mieux… et il serait bien stupide de ruminer contre ces petits plaisirs !
Néanmoins, cette année 2014 n’est pas vraiment une exception, mais s’inscrit dans une tendance constante observée cette dernière décennie : exception faite de 1989, les dix années les plus chaudes observées à ce jour en Europe depuis le début du XXe siècle sont toutes postérieures à 2000. À terme, ces quelques degrés supplémentaires bien agréables ponctuellement peuvent se révéler catastrophiques pour la planète.
Les soubresauts climatiques sont ce qu’ils sont. Qu’en est-il des soubresauts vitaux, ceux qui font que les années se suivent, sans jamais vraiment se ressembler tout à fait ? De mon côté, il y eut de beaux moments de chaleur et de lumière. Ce sont eux que je veux garder en mémoire. Ce sont eux que j’ai envie de revivre, non pas semblables, mais dans la lignée. Il y eut évidemment aussi de moins beaux moments, plus froids et plus sombres. Ils font aussi partie de la vie et en constituent le sel indispensable. Même si je m’en passerais volontiers.
Je vois autour de moi que beaucoup craignent 2015 dont les perspectives seraient plus sombres que lumineuses. Il faut reconnaître que ça ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, à de nombreux égards. J’ai appris cependant à ne pas tirer des plans sur la comète, que ce soit dans un sens ou dans un autre. Vivre pleinement le moment présent.
Dans la chaleur et la lumière, comme aujourd’hui !
dimanche 28 décembre 2014
L’immuable changement
FMG©2014
Cette année, plus encore que les autres, la première chose qui m’a frappé en entrant dans la zone de promenade – outre cette beauté intrinsèque – consiste dans tous les changements qui sont apparus depuis l’année dernière. En réalité, de nombreux travaux sont réalisés pour améliorer le mouvement des marées et, par là, désensabler le Zwin. Même en dehors de ces travaux cependant, j’ai pris conscience combien ce paysage majestueux change chaque année, chaque saison, chaque jour, tout en restant fondamentalement lui-même.
N’en est-il pas ainsi de toute chose, de toute personne, de toute relation ? Tout en restant foncièrement elles-mêmes, elles changent chaque année, chaque saison, chaque jour. On peut ne pas apercevoir ces changements et croire qu’on a toujours en face de soi la même personne engagée dans la même relation. Lorsqu’un événement quelconque fait apparaître distinctement les modifications qui se sont accumulées petit à petit, le réveil peut-être difficile. À force de croire que rien ne changeait, on finit pas vraiment découvrir, brutalement, une nouvelle personne ! On peut aussi apercevoir ces changements et vouloir les refuser. Mais peut-on empêcher l’eau de creuser le lit qu’elle veut dans le sable de la plage ?
Au-delà des ces attitudes d’aveuglement ou de rejet, il existe heureusement de nombreux autres chemins. Accueillir le changement permanent comme un élément de la beauté du paysage, de la personne, de la relation est sans doute la meilleure voie pour l’accompagner et découvrir au passage des recoins de lumière, de tendresse et de vérité qui renouvellent la vie.
jeudi 25 décembre 2014
Malade
Voilà quatre jours que ça dure : je suis malade. Rien de bien grave évidemment. Juste une « crève » comme on dit dans le langage populaire. Sans doute pas la grippe. Mais une bonne dizaine de symptômes – dont je vous passerai l’inventaire – qui font que je me sens mal, pas bon à grand chose.
Il y a des tas de personnes qui passent également par là. Il y a surtout des tas de personnes qui souffrent de maladies bien plus graves que ce refroidissement passager. N’empêche, dans ce genre de circonstances, on se sent bien peu de choses. Pis : je fais partie de ces hommes – ne sont-ils pas tous comme ça ? – qui dès qu’ils sont malades se sentent proches de la mort !
Ce qui est frustrant, c’est que cette semaine est pour moi une semaine de congé, après quelques mois de travail bien remplis. C’est frustrant, mais sans doute logique. Tant qu’on est dans l’action, on ne laisse pas beaucoup de place pour que la maladie s’infiltre. Mais il suffit de relâcher un peu la pression pour qu’elle trouve un terrain propice. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est malade uniquement parce qu’on le veut bien, mais il y a un peu de ça quand même.
Certains penseront que c’est aussi frustrant parce que cela tombe dans une semaine de fête. À vrai dire, je n’ai jamais trop aimé cette période de fin d’année avec toutes ces fêtes qui se succèdent. Ce n’est donc pas essentiel pour moi, mais je reconnais qu’hier soir, lors d’un petit réveillon entre amis, j’avais plutôt l’impression de plomber l’ambiance et je n’aimais pas trop ça. Même si physiquement ce fut une soirée pénible, c’était quand même bien sympathique.
Ce billet est évidemment un peu sinistre – sans compter sa vacuité sémantique – mais en ce jour, je le terminerai néanmoins, sans trop de conviction, par un « Joyeux Noël ! ».
Il y a des tas de personnes qui passent également par là. Il y a surtout des tas de personnes qui souffrent de maladies bien plus graves que ce refroidissement passager. N’empêche, dans ce genre de circonstances, on se sent bien peu de choses. Pis : je fais partie de ces hommes – ne sont-ils pas tous comme ça ? – qui dès qu’ils sont malades se sentent proches de la mort !
Ce qui est frustrant, c’est que cette semaine est pour moi une semaine de congé, après quelques mois de travail bien remplis. C’est frustrant, mais sans doute logique. Tant qu’on est dans l’action, on ne laisse pas beaucoup de place pour que la maladie s’infiltre. Mais il suffit de relâcher un peu la pression pour qu’elle trouve un terrain propice. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est malade uniquement parce qu’on le veut bien, mais il y a un peu de ça quand même.
Certains penseront que c’est aussi frustrant parce que cela tombe dans une semaine de fête. À vrai dire, je n’ai jamais trop aimé cette période de fin d’année avec toutes ces fêtes qui se succèdent. Ce n’est donc pas essentiel pour moi, mais je reconnais qu’hier soir, lors d’un petit réveillon entre amis, j’avais plutôt l’impression de plomber l’ambiance et je n’aimais pas trop ça. Même si physiquement ce fut une soirée pénible, c’était quand même bien sympathique.
Ce billet est évidemment un peu sinistre – sans compter sa vacuité sémantique – mais en ce jour, je le terminerai néanmoins, sans trop de conviction, par un « Joyeux Noël ! ».
samedi 20 décembre 2014
L'amant
Y a le cœur de l’amant
Qui donne le plaisir
De ne pas se suffire
Pour vivre pleinement
Parmi tous les plaisirs de la vie, y en a-t-il de plus sublime que celui de la chair ? Je ne parle pas du sexe pour le sexe, sans aucune recherche du plaisir de l’autre. Je parle de l’échange des corps dont le seul but est d’offrir le plaisir, de donner son cœur – même si ce n’est que pour un instant – pour dire à l’autre qu’il existe pleinement, qu’il peut être au centre de la vie, qu’il est et vit !
Le mystère de la vie est immense. On existe, sans trop savoir pourquoi. Souvent, on se dit que tout cela ne sert à rien. Qu’on pourrait finalement tout aussi bien s’en priver.
Mais lorsqu’on est amant ! Lorsqu’on sent son corps vibrer avec celui qui donne le plaisir ! Lorsqu’on s’abandonne pleinement à cette délivrance ! Lorsqu’on se suffit entièrement de la jouissance offerte par l’autre ! Lorsqu’on sait, parce qu’on le vit par tous les pores du corps, que la vie n’a de sens que par la rencontre de l’autre ! Alors, on vit pleinement, en toute liberté ! Même – et surtout – si cette liberté s’exprime dans des liens durables et féconds !
Qu’est-ce qui fait vivre la vie
Qui nous porte au-delà de nous
Qu’est-ce qui nous rend fou
Qui nous donne autant d’envie
Y a le cœur de l’amant
Qui donne le plaisir
De ne pas se suffire
Pour vivre pleinement
Qui nous porte au-delà de nous
Qu’est-ce qui nous rend fou
Qui nous donne autant d’envie
Y a le cœur de l’amant
Qui donne le plaisir
De ne pas se suffire
Pour vivre pleinement
vendredi 19 décembre 2014
Complicité
©Martin Lavoie
J’ai la chance d’avoir plusieurs ami(e)s qui sont de vrais complices. À ma manière évidemment : je ne suis pas quelqu’un de démonstratif, je n’ai pas besoin de me retrouver en permanence avec eux pour faire la fête ou simplement être ensemble. À vrai dire, ces ami(e)s, je les vois assez rarement. Mais ce sont mes ami(e)s, avec quelle complicité !
Quand nous nous retrouvons, que ce soit réellement ou virtuellement, le maître-mot est la confiance. Nous savons que nous pouvons parler de tout et de rien – plus souvent de tout d’ailleurs – sans que l’autre ne prenne la mouche ou émette le moindre jugement. Cela ne veut pas dire que la réaction critique n’est pas présente, bien au contraire. C’est justement parce que l’autre réagit, sans avoir peur de blesser, que nous pouvons ensemble aller au fond des choses et mieux les comprendre. C’est une introspection commune qui mène vers plus de lucidité et de liberté. À aucun moment, l’un ne cherche à imposer quoi que ce soit à l’autre. C’est à chacun de faire son chemin, mais celui-ci s’éclaircit toujours grâce aux lumières bienveillantes tout autant qu’exigeantes de l’ami.
À côté de ce mouvement de fond, il y a bien sûr aussi le simple plaisir d’être ensemble, de partager un repas, de boire un (ou deux) verre(s), d’écouter une chanson, de prendre des nouvelles de nos familles respectives, d’être amis tout simplement.
Savoir qu’on est de toute façon unique pour quelqu’un. Savoir qui – pour nous – est unique et sera là le jour où il faudra que ce soit le cas. Vivre chaque fois des découvertes permanentes merveilleuses. Se sentir complice, non pas d’un crime, mais d’une libération mutuelle !
Je parle de « plusieurs » ami(e)s… mais il ne faut quand même pas rêver. Ils ne sont pas légion. Ce n’est d’ailleurs pas la quantité qui compte à cet égard, mais évidemment la qualité. Et la complicité. J’avoue qu’à ce niveau, j’ai vraiment beaucoup de chance… et je les remercie !
J’ai la chance d’avoir plusieurs ami(e)s qui sont de vrais complices. À ma manière évidemment : je ne suis pas quelqu’un de démonstratif, je n’ai pas besoin de me retrouver en permanence avec eux pour faire la fête ou simplement être ensemble. À vrai dire, ces ami(e)s, je les vois assez rarement. Mais ce sont mes ami(e)s, avec quelle complicité !
Quand nous nous retrouvons, que ce soit réellement ou virtuellement, le maître-mot est la confiance. Nous savons que nous pouvons parler de tout et de rien – plus souvent de tout d’ailleurs – sans que l’autre ne prenne la mouche ou émette le moindre jugement. Cela ne veut pas dire que la réaction critique n’est pas présente, bien au contraire. C’est justement parce que l’autre réagit, sans avoir peur de blesser, que nous pouvons ensemble aller au fond des choses et mieux les comprendre. C’est une introspection commune qui mène vers plus de lucidité et de liberté. À aucun moment, l’un ne cherche à imposer quoi que ce soit à l’autre. C’est à chacun de faire son chemin, mais celui-ci s’éclaircit toujours grâce aux lumières bienveillantes tout autant qu’exigeantes de l’ami.
À côté de ce mouvement de fond, il y a bien sûr aussi le simple plaisir d’être ensemble, de partager un repas, de boire un (ou deux) verre(s), d’écouter une chanson, de prendre des nouvelles de nos familles respectives, d’être amis tout simplement.
Savoir qu’on est de toute façon unique pour quelqu’un. Savoir qui – pour nous – est unique et sera là le jour où il faudra que ce soit le cas. Vivre chaque fois des découvertes permanentes merveilleuses. Se sentir complice, non pas d’un crime, mais d’une libération mutuelle !
Je parle de « plusieurs » ami(e)s… mais il ne faut quand même pas rêver. Ils ne sont pas légion. Ce n’est d’ailleurs pas la quantité qui compte à cet égard, mais évidemment la qualité. Et la complicité. J’avoue qu’à ce niveau, j’ai vraiment beaucoup de chance… et je les remercie !
lundi 8 décembre 2014
Du pareil au même
La lutte sociale continue en ce jour de grève tournante. Mais contre qui ou contre quoi luttent tous ces grévistes ? Entre le « libéralisme social » et le « socialisme néolibéral », il n’y a guère de différences. Juste des accents, et encore. Sur un plan socio-économique, le gouvernement de Charles Michel ne fait que continuer l’action du gouvernement précédent de Di Rupo.
Ce n’est pas propre à la Belgique. C’est la même chose partout : quelles différences y a-t-il entre les options politiques du socialiste François Hollande, de la chrétienne-démocrate Angela Merkel, du conservateur David Cameron, du démocrate Barack Obama… ? Au bout du compte, la religion suprême de tous ces politiciens est l’austérité au détriment des travailleurs afin de servir les intérêts des investisseurs et du capital.
Sans doute, la marge de manœuvre est étroite. Elle l’est même encore plus qu’on ne le croit : on voit bien que toutes ces politiques ne débouchent sur rien de vraiment réjouissant, si ce n’est l’enrichissement des riches. Il faudrait tester d’autres politiques, plus solidaires, plus innovantes (au sens où elles prendraient vraiment en compte la réalité du monde tel qu’il est aujourd’hui), plus ouvertes au bien commun. Je ne suis pas politicien et je n’ai pas de solutions toutes faites à proposer. Mais je suis convaincu que les stratégies actuelles – toutes les mêmes – ne mènent nulle part.
En attendant, le peuple ronronne, relevant parfois la tête, se redressant plus rarement encore. Il y a pour le moment en Belgique quelques soubresauts. Mais il ne faut pas se leurrer : même si le mouvement social parvenait à modifier certaines orientations, celles-ci n’entraîneraient pas de changements radicaux. Finalement, ce serait du pareil au même.
Ce n’est pas propre à la Belgique. C’est la même chose partout : quelles différences y a-t-il entre les options politiques du socialiste François Hollande, de la chrétienne-démocrate Angela Merkel, du conservateur David Cameron, du démocrate Barack Obama… ? Au bout du compte, la religion suprême de tous ces politiciens est l’austérité au détriment des travailleurs afin de servir les intérêts des investisseurs et du capital.
Sans doute, la marge de manœuvre est étroite. Elle l’est même encore plus qu’on ne le croit : on voit bien que toutes ces politiques ne débouchent sur rien de vraiment réjouissant, si ce n’est l’enrichissement des riches. Il faudrait tester d’autres politiques, plus solidaires, plus innovantes (au sens où elles prendraient vraiment en compte la réalité du monde tel qu’il est aujourd’hui), plus ouvertes au bien commun. Je ne suis pas politicien et je n’ai pas de solutions toutes faites à proposer. Mais je suis convaincu que les stratégies actuelles – toutes les mêmes – ne mènent nulle part.
En attendant, le peuple ronronne, relevant parfois la tête, se redressant plus rarement encore. Il y a pour le moment en Belgique quelques soubresauts. Mais il ne faut pas se leurrer : même si le mouvement social parvenait à modifier certaines orientations, celles-ci n’entraîneraient pas de changements radicaux. Finalement, ce serait du pareil au même.
dimanche 30 novembre 2014
Avant, après…
FMG©2014
Avant, après… Va t’en savoir ! Un mois, une minute… Peu importe ! Reste juste la laideur, celle de l’âge, de la fatigue, du sérieux des choses ! En tout cas, la différence entre ces deux photos exécrables ne réside que dans le mois de novembre 2014. Movember !
Je me suis donc laissé pousser la moustache durant ce mois de novembre, pour sensibiliser au cancer de la prostate et des testicules, autres apparats typiquement masculins. Ça a marché en réalité. Plus d’une fois, on m’a dit « Alors, tu te laisses pousser la moustache ? ». Je répondais que non, je n’en ai pas vraiment l’intention, mais que c’était parce que je participais à Movember. L’accueil était poli, gentil, bienveillant. Pas plus. Aucune personne ne m’a interrogé sur ces deux cancers bien cruels !
L’idée de Movember est bien sûr aussi de récolter quelques sous qui permettront de mieux lutter contre ces cancers. J’avoue que là, c’est l’échec total. Pas un de mes interlocuteurs n’a manifesté le moindre intérêt pour un quelconque don. J’en parlais, bien sûr. Mais je voyais bien que, bon, cette moustache était sympathique, mais enfin de là à donner de l’argent pour ça…
Il faut dire que Movember ne simplifie pas la chose : je serais bien en peine de donner un numéro de compte quelconque pour permettre un don ! Juste un numéro de téléphone : 02 808 69 40 (en Belgique). J’espère que leur standard sera écrasé d’appels à la suite de ce billet, mais je n’y crois pas trop.
La problématique du cancer de la prostate ou des testicules est vraiment importante. L’initiative Movember est vraiment dynamique, amusante et positive. Elle manque cependant encore de beaucoup de visibilité et de clarté. Au bout du compte, je suis effectivement mitigé, d’autant plus que – heureusement – je ne suis pas du tout concerné par ces fléaux. Mais bon, avant, après, comme si cela changeait quelque chose…
Avant, après… Va t’en savoir ! Un mois, une minute… Peu importe ! Reste juste la laideur, celle de l’âge, de la fatigue, du sérieux des choses ! En tout cas, la différence entre ces deux photos exécrables ne réside que dans le mois de novembre 2014. Movember !
Je me suis donc laissé pousser la moustache durant ce mois de novembre, pour sensibiliser au cancer de la prostate et des testicules, autres apparats typiquement masculins. Ça a marché en réalité. Plus d’une fois, on m’a dit « Alors, tu te laisses pousser la moustache ? ». Je répondais que non, je n’en ai pas vraiment l’intention, mais que c’était parce que je participais à Movember. L’accueil était poli, gentil, bienveillant. Pas plus. Aucune personne ne m’a interrogé sur ces deux cancers bien cruels !
L’idée de Movember est bien sûr aussi de récolter quelques sous qui permettront de mieux lutter contre ces cancers. J’avoue que là, c’est l’échec total. Pas un de mes interlocuteurs n’a manifesté le moindre intérêt pour un quelconque don. J’en parlais, bien sûr. Mais je voyais bien que, bon, cette moustache était sympathique, mais enfin de là à donner de l’argent pour ça…
Il faut dire que Movember ne simplifie pas la chose : je serais bien en peine de donner un numéro de compte quelconque pour permettre un don ! Juste un numéro de téléphone : 02 808 69 40 (en Belgique). J’espère que leur standard sera écrasé d’appels à la suite de ce billet, mais je n’y crois pas trop.
La problématique du cancer de la prostate ou des testicules est vraiment importante. L’initiative Movember est vraiment dynamique, amusante et positive. Elle manque cependant encore de beaucoup de visibilité et de clarté. Au bout du compte, je suis effectivement mitigé, d’autant plus que – heureusement – je ne suis pas du tout concerné par ces fléaux. Mais bon, avant, après, comme si cela changeait quelque chose…
mercredi 26 novembre 2014
Les errements de Facebook
Depuis hier, je n’arrête pas de signaler à Facebook l’existence et les publications d’un groupe : Mise à terme des demandeurs d'asile & mise à jour de l'expulsion. Ce groupe, de toute évidence, stigmatise la communauté musulmane et publie amalgame sur amalgame.
La réponse reçue de Facebook est toujours la même : « Nous avons examiné la Page que vous avez signalée comme contenant des propos ou des symboles haineux et avons déterminé qu’elle n’allait pas à l’encontre de nos Standards de la communauté. »
Sauf évidemment quand ce groupe nauséabond a eu la mauvaise idée de publier la photo d’une femme dont le voile couvrant la tête était le seul vêtement. J’ai évidemment directement signalé cette image comme étant « de nature pornographique » ! La réponse de Facebook ne s’est pas fait attendre : « Nous avons examiné la photo que vous avez signalée pour nudité. Dans la mesure où elle était contraire à nos Standards de la communauté, nous l’avons supprimée. Merci pour votre signalement. Nous avons informé Mise à terme des demandeurs d'asile & mise à jour de l'expulsion que sa photo avait été supprimée, sans dire de qui venait le signalement.
Je suis scandalisé ! Non pas tant par la nudité exposée sur la photo en question. On trouve bien pire sur Internet avec une facilité débordante. Cette photo était inacceptable, non pas pour la nudité qu’elle montrait – la chose la plus naturelle qui soit – mais par la provocation qu’elle contenait. Photographier et publier une femme nue portant le voile n’a qu’un seul but : ironiser sur les convictions religieuses musulmanes et provoquer cette communauté. En écrivant cela, je ne me prononce en rien sur le bien-fondé du voile qui n’est, malheureusement trop souvent, qu’un symbole d’un mépris de la femme, mais qui est aussi – qu’on le veuille ou non – la seule possibilité laissée à de nombreuses femmes d’affirmer, en toute liberté, leurs convictions religieuses face à une société qui globalement les méprise.
Ce qui est grave et totalement inacceptable, c’est que les « Standards de la communauté » Facebook acceptent sans sourciller qu’on méprise et injurie des personnes sous le seul prétexte de leur (supposée) appartenance religieuse tout en ne tolérant pas le moindre bout de peau dénudée.
Si vous lisez ce billet d’humeur et que vous m’accordez quelque crédit, n’hésitez pas : dénoncez ce groupe malfaisant. Et continuez à le faire pour tous les groupes du même acabit. Ils se présentent comme défenseurs de notre société occidentale, mais ils ne font en réalité que l’enterrer toujours un peu plus en niant les valeurs de solidarité, de liberté, de fraternité, d’égalité, de tolérance, d’humanité !
mardi 25 novembre 2014
Vestiges des temps modernes
FMG©2014
Mes chemins professionnels me menaient ce matin à Forem-Formation, situé depuis plusieurs années sur le site du Val-Benoît, à Liège. Ce site, après avoir été un fleuron universitaire, est aujourd’hui à l’abandon, ou plutôt en réhabilitation. Certains bâtiments sont recyclés, d’autres sont détruits pour faire place à du neuf.
Cela m’a permis de saisir cette étonnante photo : c’est tout ce qu’il restait ce matin de ce bâtiment dans lequel il me semble avoir travaillé au début des années ’90. Ces deux ossatures centrales – anciennes cages d’ascenseur ? – étaient ce soir déjà entièrement séparées. Dans quelques jours, elles n’existeront même plus.
Ces vestiges d’un passé récent disparaissent ainsi. C’est bien sûr des pans entiers d’histoire qui se retrouvent en poussière. On peut se laisser envahir par un brin de nostalgie, c’est le droit de chacun. Personnellement, j’ai plutôt tendance à considérer que ces bâtiments ont fait leur temps, ont rendu les services qu’ils devaient rendre et que les remplacer par de nouveaux ne peut être qu’un pas vers l’avenir. À quoi me servirait-il d’être nostalgique ?
La vie n’est-elle pas toujours ainsi faite ? On construit des choses – des bâtiments, mais aussi des vies, des relations, des rêves – qui remplissent leur office le temps qu’il faut. À un moment, ces choses deviennent obsolètes. Elles gardent sans doute toujours une certaine âme, mais faut-il à tout prix préserver celle-ci. L’âme n’existe-t-elle pas d’ailleurs que dans le souvenir, le sens symbolique, qu’on veut bien lui accorder ? Alors, autant détruire la chose, la faire disparaître pour qu’elle puisse laisser la place à une nouvelle chose – un nouveau bâtiment, une nouvelle vie, une nouvelle relation, un nouveau rêve. Ce n’est pas nier la chose d’origine. C’est la transcender, la conduire là où elle n’aurait même pas pu être en elle-même.
Je ne dis pas qu’il faut détruire toutes les vieilles choses. Tant qu’elles peuvent vivre et être utiles – même si cette utilité est purement symbolique – alors autant les garder. Mais si elles doivent disparaître, je ne serai jamais le premier à verser une larme. L’avenir se construit toujours sur le passé, mais ce n’est jamais celui-ci qui construit l’avenir.
dimanche 23 novembre 2014
Première sculpture
FMG © 2014
Comment savoir si je suis un artiste ? Qu’est-ce qui caractérise celui-ci ? En toute humilité, j’ai écrit de la poésie – publiée pour la première fois en 1974, aux Éditions Saint-Germain-des-Prés –, j’ai composé et chanté plus de 200 chansons, certaines étant gravées sur différents supports, j’ai publié ici-même près de 700 billets qui abordent différentes thématiques mais où le souci du verbe est toujours présent… Bref, j’ai beaucoup créé, mais toujours de manière très intellectuelle. Alors même que mon rêve est d’être sculpteur !
Mais voilà, je ne supporte pas le contact de la terre humide et sale ! Je n’ai aucune idée de ce qu’il faut faire pour modeler quoi que ce soit et – à vrai dire – l’idée de modeler me révulse assez fondamentalement. Bref, ma carrière de sculpteur a peu de chance de réellement démarrer !
Jusqu’à hier. Je venais d’ouvrir une bouteille de vin. Plutôt un vin quelconque qu’un grand cru. C’était peut-être là l’idée de génie ! Soudain, en triturant le tire-bouchon, j’eus un éclair trans-subliminal. Il faut dire que ce tire-bouchon m’avait quand même coûté environ 1,25 EUR dans un magasin vulgaire (c’est-à-dire pour le bas peuple dont je fais partie).
En le tournant dans tous les sens, je sentis soudainement me laisser pousser des ailes et m’envoler : à moi la liberté des oiseaux ! Une poussée ontologique délirante envahit la moindre parcelle de mon corps, de mon être. J’étais oiseau ! Sans pouvoir mettre le moindre mot sur cette sensation de liberté, de liesse, de sublime éternité !
J’ai eu peur de perdre l’émerveillement de cet instant fragile. Heureusement, je sentis dans la poche de mon pantalon la forme délicate de mon GSM, accessoirement aussi appareil photographique de fortune. Je me précipitai sur celui-ci pour immortaliser ma première création sculpturale. De toute évidence, une œuvre plastique de toute première importance ! Immédiatement, je me dis qu’une autre approche de cet envol lumineux permettrait d’en saisir toute la profondeur. Quittant la chaleur froide, j’utilisai la froideur chaude ! Quelle merveille !
Me voici enfin sculpteur, façonneur de la liberté existentielle !
vendredi 14 novembre 2014
100 000
Hier, à 7h55, en arrivant à Mons, ma voiture a passé le cap des 100 000 kilomètres. J’imagine qu’avec raison, ça n’intéresse personne, mais moi, ça m’a ému ! Mine de rien, ce n’est quand même pas n’importe quoi, même si aujourd’hui c’est devenu banal. Ça n’a pas toujours été le cas.
Je me souviens, en 1978, lorsque – pour la première fois – une de mes voitures a passé ce seuil. C’était une Peugeot 204 achetée d’occasion en mauvais état : lorsque j’étais allé la chercher de l’autre côté de Bruxelles, il n’y avait plus d’embrayage et j’ai traversé la ville en utilisant comme seul embrayage que la clef de contact ! Mais quelques mois après, les 100 000 km se profilaient. J’ai invité mon ami Stephen à m’accompagner et lorsque nous sommes arrivés au moment fatidique, je me suis arrêté et j’ai ouvert une petite bouteille de champagne que nous avons dégusté avec émotion !
Aujourd’hui, 36 ans plus tard, ça n’émeut plus personne que moi ! Même ma femme adorée, lorsque je lui ai communiqué l’information, n’a émis qu’un « Ah bon ! » révélateur de l’intérêt qu’elle y apportait.
Pourtant, c’est quand même extraordinaire, non ? On parle toujours de l’obsolescence programmée, et je suis convaincu que celle-ci existe. Mais au niveau des voitures, aujourd’hui, il est tout à fait normal qu’elles atteignent cent mille, voire deux cent mille kilomètres, sans que personne y ait quoi que ce soit à redire.
Ah, c’est votre cas aussi ! Inutile de me jeter en pâture à la vindicte populaire qui s’y connaît pour condamner toute âme qui vive sans même savoir de quoi il en retourne. J’ai compris, je sors…
Je me souviens, en 1978, lorsque – pour la première fois – une de mes voitures a passé ce seuil. C’était une Peugeot 204 achetée d’occasion en mauvais état : lorsque j’étais allé la chercher de l’autre côté de Bruxelles, il n’y avait plus d’embrayage et j’ai traversé la ville en utilisant comme seul embrayage que la clef de contact ! Mais quelques mois après, les 100 000 km se profilaient. J’ai invité mon ami Stephen à m’accompagner et lorsque nous sommes arrivés au moment fatidique, je me suis arrêté et j’ai ouvert une petite bouteille de champagne que nous avons dégusté avec émotion !
Aujourd’hui, 36 ans plus tard, ça n’émeut plus personne que moi ! Même ma femme adorée, lorsque je lui ai communiqué l’information, n’a émis qu’un « Ah bon ! » révélateur de l’intérêt qu’elle y apportait.
Pourtant, c’est quand même extraordinaire, non ? On parle toujours de l’obsolescence programmée, et je suis convaincu que celle-ci existe. Mais au niveau des voitures, aujourd’hui, il est tout à fait normal qu’elles atteignent cent mille, voire deux cent mille kilomètres, sans que personne y ait quoi que ce soit à redire.
Ah, c’est votre cas aussi ! Inutile de me jeter en pâture à la vindicte populaire qui s’y connaît pour condamner toute âme qui vive sans même savoir de quoi il en retourne. J’ai compris, je sors…
vendredi 7 novembre 2014
Quand les patrons ignorent la réalité
La Belgique vit des heures difficiles. Un gouvernement de droite prend des décisions de droite. Le peuple trinque et il s’exprime. Avec dignité : une manifestation de plus de 100 000 personnes a pu montrer la volonté des citoyens de résister à cette politique assassine. Certains casseurs en ont malheureusement profité pour casser… C’est un épiphénomène, mais il est évidemment gonflé par les médias. Pourtant, où se trouve la véritable violence ?
Le jour de la manifestation, Jo Libeer, le patron des patrons flamands réunis au sein du Voka, s’est exprimé dans La Libre. Il en a bien le droit, mais ses propos sont stupéfiants !
Les décisions gouvernementales vont entraîner une perte du pouvoir d’achat des citoyens belges, surtout ceux de la base. Cette perte est certainement difficile à chiffrer, mais Libeer semble reconnaître une perte de 350 euros, en ajoutant que « ce n’est même pas une bière par jour » ! Le calcul mathématique est exact, mais il témoigne d’une méconnaissance totale de la réalité de la majorité des citoyens belges. Pour beaucoup, 350 euros correspondent aussi au budget maximal qui peut être consacré pour un mois d’alimentation. Perdre la possibilité de se nourrir pendant un mois sur douze, c’est quand même autre chose que de renoncer à une bière par jour ! Or, c’est ça la vraie vérité ! Libeer est non seulement insultant, mais aussi totalement déconnecté de la réalité.
Ce sinistre personnage ajoute plus loin « qu’il faut que les syndicats comprennent qu’il est nécessaire d’augmenter les profits avant de les redistribuer » ! Comme si des patrons redistribuaient les bénéfices engrangés ! La mise au jour des mécanismes de « fraude fiscale légale » au Grand-Duché de Luxembourg montrent clairement que la seule chose qui intéressent vraiment les patrons est de disposer du bénéfice le plus élevé. Ils ne se soucient en aucune manière de le redistribuer. Bien sûr, ils savent bien qu’ils ont besoin de travailleurs pour produire ce bénéfice, mais ceux-ci ne sont clairement perçus que comme des moyens pour dégager de l’argent dont seuls les patrons profiteront pleinement. Si les politiques en faveur des entreprises permettaient de multiplier le nombre d’emplois, il y a longtemps qu’on le saurait. En réalité – toujours elle -, ces politiques ne servent qu’à augmenter les marges bénéficiaires des patrons. Sans que ceux-ci contribuent réellement au bien-être collectif.
Il est regrettable que la manifestation du 6 novembre se soit terminée par des violences dues à quelques énergumènes. Il est inacceptable que les patrons, avec la complicité active de la gent politique, puissent sans arrêt continuer à exploiter et à mépriser les travailleurs. Où se trouve la véritable violence ?
Le jour de la manifestation, Jo Libeer, le patron des patrons flamands réunis au sein du Voka, s’est exprimé dans La Libre. Il en a bien le droit, mais ses propos sont stupéfiants !
Les décisions gouvernementales vont entraîner une perte du pouvoir d’achat des citoyens belges, surtout ceux de la base. Cette perte est certainement difficile à chiffrer, mais Libeer semble reconnaître une perte de 350 euros, en ajoutant que « ce n’est même pas une bière par jour » ! Le calcul mathématique est exact, mais il témoigne d’une méconnaissance totale de la réalité de la majorité des citoyens belges. Pour beaucoup, 350 euros correspondent aussi au budget maximal qui peut être consacré pour un mois d’alimentation. Perdre la possibilité de se nourrir pendant un mois sur douze, c’est quand même autre chose que de renoncer à une bière par jour ! Or, c’est ça la vraie vérité ! Libeer est non seulement insultant, mais aussi totalement déconnecté de la réalité.
Ce sinistre personnage ajoute plus loin « qu’il faut que les syndicats comprennent qu’il est nécessaire d’augmenter les profits avant de les redistribuer » ! Comme si des patrons redistribuaient les bénéfices engrangés ! La mise au jour des mécanismes de « fraude fiscale légale » au Grand-Duché de Luxembourg montrent clairement que la seule chose qui intéressent vraiment les patrons est de disposer du bénéfice le plus élevé. Ils ne se soucient en aucune manière de le redistribuer. Bien sûr, ils savent bien qu’ils ont besoin de travailleurs pour produire ce bénéfice, mais ceux-ci ne sont clairement perçus que comme des moyens pour dégager de l’argent dont seuls les patrons profiteront pleinement. Si les politiques en faveur des entreprises permettaient de multiplier le nombre d’emplois, il y a longtemps qu’on le saurait. En réalité – toujours elle -, ces politiques ne servent qu’à augmenter les marges bénéficiaires des patrons. Sans que ceux-ci contribuent réellement au bien-être collectif.
Il est regrettable que la manifestation du 6 novembre se soit terminée par des violences dues à quelques énergumènes. Il est inacceptable que les patrons, avec la complicité active de la gent politique, puissent sans arrêt continuer à exploiter et à mépriser les travailleurs. Où se trouve la véritable violence ?
lundi 3 novembre 2014
Movember symbolique
Pendant ce mois de novembre, je participe à Movember. Cela signifie que durant ce mois, je me laisse pousser la moustache (cela ne fera jamais que quelques poils disparates) pour « changer le visage de la santé masculine », et plus spécifiquement contribuer à récolter des fonds pour lutter contre le cancer de la prostate et des testicules.
Un cousin m’a interpellé parce qu’il ne voyait aucun lien entre une moustache et la prostate ou les testicules. Il a raison évidemment, si ce n’est que - jusqu'à preuve du contraire - il s'agit d'attributs spécifiquement masculins. Mais qu’importe qu’il y ait ou non un lien biologique et objectif. En réalité, le lien est essentiellement « symbolique ». C’est-à-dire qu’il dépend du sens qu’on lui donne. Je sais pourquoi je me laisse pousser cette moustache pendant un mois. C’est pour manifester mon soutien à ceux qui souffrent de ces maladies typiquement masculines. En soi, ma (maigre) moustache n’y changera rien. Mais – et ce billet en est la meilleure preuve – elle permet de discuter, de prendre conscience et peut-être – je l’espère – de motiver certains (peut-être mon cousin) à donner quelques sous en faveur de la recherche autour de ces cancers.
Le lien n’est que symbolique, mais c’est ce qui fait sa force. L’être humain ne l’est vraiment que parce qu’il a accès au symbolique, à savoir qu’il est capable de donner un sens spécifique à quelque chose qui n’en a pas en soi. C’est parce que nous sommes à même de faire cela que nous sommes des êtres humains, et non pas seulement des êtres vivants.
J’ai eu dernièrement une discussion animée avec une amie psychomotricienne. Elle me parlait des « jeux symboliques », c’est-à-dire ces jeux qui – en faisant semblant - permettent à des enfants de donner du sens aux choses et aux relations, à vaincre des angoisses fondamentales, etc. Pour mon amie, c’est par ces jeux que les enfants accédaient au symbolique. Malgré mes efforts, je ne crois pas être parvenu à lui faire accepter qu’en réalité, ces enfants sont déjà dans le symbolique, simplement parce qu’ils ont des angoisses fondamentales. Si celles-ci existent, c’est bien que ces enfants donnent du sens à tous les éléments qui les entourent et/ou qu’ils vivent. Ils sont en plein symbolique, mais leur problème est qu’ils ne donnent pas le « bon sens ». Grâce aux jeux symboliques, ils vont progressivement rectifier leur appréhension du monde et accéder au sens socialement validé.
Ce n’est pas évident, alors même que – par définition – être un humain ne consiste qu’à donner du sens, qu’à vivre dans le symbolique. En soi, le dessin « 4 » n’a aucun sens. Lorsqu’il devient le chiffre « 4 », associé à une compréhension du nombre « 4 », il prend pleinement sens. Il en va de même des lettres qui ne sont jamais que des dessins abstraits. Pour celui qui ne sait pas lire, « maman » ne veut rien dire. Pour celui qui accède à la maîtrise du code graphophonologique, cet ensemble abstrait devient le plus merveilleux des mots.
Une merveille qui l’est d’autant plus pour des enfants adoptés. Leur « maman » n’est même pas biologique. Elle est uniquement symbolique ! Mais quelle force, quel amour, quelle densité dans cette symbolique. Même d’un point de vue juridique, l’adoption est le seul lien qui ne peut pas se contester. Ce lien symbolique est bien plus puissant que le lien biologique, ce qui ne veut pas dire qu’il ne pose jamais de problèmes. Quand on ne parvient plus à lui donner sens, cela peut se révéler catastrophique.
Au bout du compte, tout passe par le symbolique. C’est sans doute ce que Descartes a voulu dire par son célèbre « Je pense, donc je suis ». Je ne suis un être humain que parce que je pense. Penser n’est autre chose que de donner du sens à ce qui en soi n’en a pas. Quand commence-t-on à « symboliser » ? Cela dépend sans doute de chacun, mais c’est en tout cas très tôt. Sans doute dès la naissance, voire avant la naissance. Peu importe finalement. L’important, c’est d’être conscient que la vie n’est que construction de sens, à tout moment. Dans une vie, on ne construit pas que du « bon sens ». Mais on construit toujours du sens. C’est cela être homme… ou femme !
Un cousin m’a interpellé parce qu’il ne voyait aucun lien entre une moustache et la prostate ou les testicules. Il a raison évidemment, si ce n’est que - jusqu'à preuve du contraire - il s'agit d'attributs spécifiquement masculins. Mais qu’importe qu’il y ait ou non un lien biologique et objectif. En réalité, le lien est essentiellement « symbolique ». C’est-à-dire qu’il dépend du sens qu’on lui donne. Je sais pourquoi je me laisse pousser cette moustache pendant un mois. C’est pour manifester mon soutien à ceux qui souffrent de ces maladies typiquement masculines. En soi, ma (maigre) moustache n’y changera rien. Mais – et ce billet en est la meilleure preuve – elle permet de discuter, de prendre conscience et peut-être – je l’espère – de motiver certains (peut-être mon cousin) à donner quelques sous en faveur de la recherche autour de ces cancers.
Le lien n’est que symbolique, mais c’est ce qui fait sa force. L’être humain ne l’est vraiment que parce qu’il a accès au symbolique, à savoir qu’il est capable de donner un sens spécifique à quelque chose qui n’en a pas en soi. C’est parce que nous sommes à même de faire cela que nous sommes des êtres humains, et non pas seulement des êtres vivants.
J’ai eu dernièrement une discussion animée avec une amie psychomotricienne. Elle me parlait des « jeux symboliques », c’est-à-dire ces jeux qui – en faisant semblant - permettent à des enfants de donner du sens aux choses et aux relations, à vaincre des angoisses fondamentales, etc. Pour mon amie, c’est par ces jeux que les enfants accédaient au symbolique. Malgré mes efforts, je ne crois pas être parvenu à lui faire accepter qu’en réalité, ces enfants sont déjà dans le symbolique, simplement parce qu’ils ont des angoisses fondamentales. Si celles-ci existent, c’est bien que ces enfants donnent du sens à tous les éléments qui les entourent et/ou qu’ils vivent. Ils sont en plein symbolique, mais leur problème est qu’ils ne donnent pas le « bon sens ». Grâce aux jeux symboliques, ils vont progressivement rectifier leur appréhension du monde et accéder au sens socialement validé.
Ce n’est pas évident, alors même que – par définition – être un humain ne consiste qu’à donner du sens, qu’à vivre dans le symbolique. En soi, le dessin « 4 » n’a aucun sens. Lorsqu’il devient le chiffre « 4 », associé à une compréhension du nombre « 4 », il prend pleinement sens. Il en va de même des lettres qui ne sont jamais que des dessins abstraits. Pour celui qui ne sait pas lire, « maman » ne veut rien dire. Pour celui qui accède à la maîtrise du code graphophonologique, cet ensemble abstrait devient le plus merveilleux des mots.
Une merveille qui l’est d’autant plus pour des enfants adoptés. Leur « maman » n’est même pas biologique. Elle est uniquement symbolique ! Mais quelle force, quel amour, quelle densité dans cette symbolique. Même d’un point de vue juridique, l’adoption est le seul lien qui ne peut pas se contester. Ce lien symbolique est bien plus puissant que le lien biologique, ce qui ne veut pas dire qu’il ne pose jamais de problèmes. Quand on ne parvient plus à lui donner sens, cela peut se révéler catastrophique.
Au bout du compte, tout passe par le symbolique. C’est sans doute ce que Descartes a voulu dire par son célèbre « Je pense, donc je suis ». Je ne suis un être humain que parce que je pense. Penser n’est autre chose que de donner du sens à ce qui en soi n’en a pas. Quand commence-t-on à « symboliser » ? Cela dépend sans doute de chacun, mais c’est en tout cas très tôt. Sans doute dès la naissance, voire avant la naissance. Peu importe finalement. L’important, c’est d’être conscient que la vie n’est que construction de sens, à tout moment. Dans une vie, on ne construit pas que du « bon sens ». Mais on construit toujours du sens. C’est cela être homme… ou femme !
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