samedi 13 juillet 2013

Quand la crainte s’éclipse


FMG © 2013

Il est des moments qu’on craint. Pour toutes sortes de raisons, des bonnes et des moins bonnes. La crainte est que tout aille mal, que rien ne se passe comme cela devrait. La crainte est une réalité incontrôlable, qu’elle soit fondée ou non. Lorsqu’elle s’infiltre dans notre esprit, elle s’immisce tel un poison atteignant chaque méandre de notre pensée, y créant des ravages sur les rivages de notre existence fragile.

Puis, vint le moment. L’expérience que j’en ai est que – la plupart du temps – la crainte n’avait pas de raison d’être. Tout se passe bien, pas nécessairement comme c’était prévu, mais bien. On reste, jusqu’au dernier moment, avec une pointe d’angoisse. On se dit que tout peut encore basculer, donner raison à la crainte. Rien n’est jamais évident.

J’ai pu vivre plusieurs de ces moments ces derniers temps. Mes craintes se sont révélées infondées. Elles se sont éclipsées. J’en suis bien heureux.

Ce ne furent jamais des moments faciles. Mais ils furent sereins, libérateurs, ouverts et féconds. Ce sont sans doute ces moments-là qui donnent sens à la vie, qui nous font croire que finalement tout est possible, qui éclairent le pénombre d’une lumière ardente faite d’espoir et de lucidité.

Au bout du compte, au-delà de la crainte, il y a la vie !

lundi 8 juillet 2013

Papa

Papa aimait la musique. Je crois bien que c’est la grande passion de sa vie. Toute notre enfance a été animée de son piano qu’il jouait avec beaucoup de brio. Il a essayé, sans jamais nous forcer, de nous l’apprendre à notre tour. Bernard était de loin le plus doué à ce jeu-là. J’ai personnellement préféré la guitare, tout en n’oubliant jamais tout à fait l’instrument de base. Il était certainement fier de nous entendre jouer de la musique, comme je le suis lorsque j’entends mes enfants continuer le chemin.

Papa aimait jouer de la musique, mais il aimait aussi en écouter. Dans les années 60, nous fûmes enchantés de voir arriver à la maison un tourne-disque Teppaz qui nous permit d’écouter nos morceaux favoris, mais qui lui permettait à lui aussi de se plonger dans ses disques de musique classique et parfois de jazz.

Dans cette passion musicale, il fut confronté à deux difficultés majeures : en 1980, il y eut cette embolie cérébrale qui paralysa tout son côté gauche. Il n’avait plus qu’une main pour jouer au piano. Plus tard, ce sont ses oreilles qui l’abandonnèrent petit à petit. Moi qui commence à avoir les mêmes problèmes, je peux imaginer quel drame ce handicap représenta.

Pourtant, il y a à peine un mois ou deux, alors que nous parlions de tout et de rien lors d’une de mes visites du vendredi, je lui demandai : « Et la musique, tu en entends encore ? ». Je vis ses yeux et son visage s’éblouir. Il me répondit, en chantant « Ah, mais oui… La Sol La Do Si Sol La Si La Do Si Sol La Do Si Sol La… ». Les premières mesures de la Valse Opus 64, n°1, de Frédéric Chopin. De toute évidence, la musique continuait à remplir le silence dans lequel il était le plus souvent plongé.

La musique est sans doute ce qui lui a permis de tenir le coup durant une des grandes épreuves de sa vie : ses cinq années de captivité durant la deuxième guerre mondiale. Nous savons peu de choses de ces années. Mais nous savons que cela l’a profondément marqué, pour toute sa vie. Comment pourrait-il en être autrement ? Il me semble savoir qu’il continua à jouer de la musique, plutôt avec un violon. Peu importe l’instrument, ce qui compte, c’est la musique.

Ces cinq ans de captivité – qui séparèrent inévitablement nos parents avant qu’ils puissent se retrouver pour immédiatement se marier – restèrent un sujet tabou, mais omniprésent. Aussi, le jour où je voulus rendre un hommage à Papa avec les moyens qui sont les miens, c’est tout naturellement que me vint à l’esprit cette chanson, cette valse qui fit danser Scott et Kelly lors de leur mariage en 2007.

Aujourd’hui, elle a plus que jamais son sens. Papa, tu es et tu seras à tout jamais – ad vitam æternam – mon père.

Prisonnier de guerre



T’avais 25 ans en l’an 40
T’avais rencontré la femme de ta vie
Tu t’apprêtais à la surprendre
À l’emmener en blanc à la mairie
T’avais pas prévu qu’il y aurait la guerre
Que tu partirais défendre ton pays
Pour te retrouver prisonnier de guerre
En captivité 5 ans de ta vie
Pendant tout ce temps il t’a fallu survivre
Continuer à croire aux vertus de l’amour
Veiller à ne pas partir à la dérive
Pour exister le jour du grand retour

Et t’es revenu pour épouser ta belle
Faire comme si rien ne s’était passé
T’as fait des enfants en restant fidèle
À celle dont l’amour avait pu te conserver
C’est en silence que tu as encaissé
De voir ton fils devenir immobile
Réduit à rester à jamais allongé
Par la simple faute d’une automobile
T’as connu l’horreur de le voir partir
Vers la mort indicible qui réduit au néant
T’as dû chercher d’autres raisons de vivre
L’homme n’est pas fait pour survivre à son enfant

Quand tu as pu enfin te reposer
Tu fus victime d’un bête caillot de sang
Qui vint réduire ta motricité
Mais sans t’empêcher de marcher vers les gens
Toi qui m’as fait découvrir la musique
Celle qui enchante les oreilles
Il a fallu que les tiennes abdiquent
T’enfermant dans un monde qui n’est pas pareil
Et t’as maintenant plus de nonante ans
Tu vis dans ton rêve qu’enfin on te libère
En riant parfois avec tes petits enfants
Toi qui seras pour toujours mon père

On ne s’est pas souvent parlé
Ça n’se fait pas d’montrer ses sentiments
Mais sache que ta plus grande liberté
Est d’avoir pu y éduquer tes enfants
T’avais 25 ans en l’an 40
T’as rencontré la femme de ta vie
T’as réussi à la surprendre
À l’emmener en blanc à la mairie

FMG © 2006

mercredi 3 juillet 2013

Juste Belge, ni monarchiste ni républicain

Charles Ier Stuart © 1636 – Anthonis van Dyck

Avec Albert II qui a – enfin – officialisé son abdication, on voit et on verra refleurir les arguments en faveur de la monarchie et, plus souvent, en faveur de la république. Personnellement, je n’ai pas de religion à cet égard. Je pense qu’il y a de très bonnes monarchies comme de très mauvaises… et il suffit de remplacer le mot « monarchies » par « républiques » pour dire une autre vérité.

Certes, les Présidents de républiques trouvent (habituellement) leur légitimité dans un vote du peuple qui pourra, lors de l’élection suivante, révoquer ou confirmer son choix. C’est un élément fondamental, tant la principale caractéristique de la démocratie est l’alternance.

Celle-ci est difficile avec une monarchie. Cela ne signifie cependant pas qu’elle n’a pas été choisie par le peuple. La monarchie belge résulte d’un choix populaire. Il date évidemment de 1831, mais c’est néanmoins un choix. En d’autres termes, les rois belges ne tiennent nullement leur légitimité d’un droit divin, mais du droit populaire. Même si effectivement, on devient roi parce qu’on est né dans la « bonne » famille !

Est-ce un véritable problème ? Tout dépend du pouvoir du roi. On n’en est plus à la monarchie absolue. La monarchie belge est « constitutionnelle », ce qui veut dire que si le roi est bien le chef de l’État, ce n’est pas lui qui le dirige. Le pouvoir est bien dans les mains du gouvernement, dirigé par le Premier ministre. Ce gouvernement dispose d’une majorité parlementaire, avec des députés directement élus par le peuple. À la différence d’autres monarchies, la nôtre n’est pas « protocolaire », limitée seulement au protocole. Le roi a un certain pouvoir qui se manifeste principalement lors de la constitution du gouvernement. Non pas que ce soit le roi qui choisisse celui-ci, mais c’est lui qui décide – sur la base des élections et des négociations – celui qui le formera. C’est un réel pouvoir qui va au-delà de l’influence, mais au bout du compte, c’est quand même la majorité parlementaire, démocratiquement élue, qui prend les réelles décisions.

À quoi sert le roi alors ? Pas à grand chose. Mais il a une fonction symbolique importante. Il est le Roi des Belges (et non pas de la Belgique). Cela signifie qu’il est censé être le roi de tous et toutes, sans discrimination. Dans notre pays où les tensions communautaires sont aussi puissantes que complexes, ce n’est pas rien. Admettons que la Belgique – dans sa structure actuelle – devienne une République. Le Président élu serait inévitablement flamand puisque la majorité des Belges sont flamands. À vrai dire, je ne vois pas qui, dans le paysage politique actuel, pourrait obtenir une majorité de votes et être reconnu par suffisamment de personnes pour être le légitime chef de l’État. En d’autres termes, si la Belgique reste unie, il n’est vraisemblablement pas possible d’élire un Président. Alors, en attendant, le roi fait l’affaire et ne pose finalement pas tellement de problèmes.

Son rôle pourrait évoluer, certes, dans une direction plus protocolaire. La question serait alors de savoir qui, et comment, jouerait le rôle d’« aiguilleur » après des élections, dans la mesure où notre système de vote proportionnel ne peut déboucher que sur des majorités hybrides. On pourrait évidemment passer à un vote majoritaire, comme en France. Mais cela n’apporterait pas de solution à la situation belge, que du contraire. Et je ne suis pas sûr que ce soit un système plus démocratique.

Bref, c’est plus par raison que par conviction que j’estime que la monarchie constitutionnelle est le régime qui convient le mieux à la Belgique. Du moins dans sa structure actuelle, qui me semble la plus adaptée à notre réalité, même si l’évolution vers plus d’autonomie des communautés et des régions est inéluctable.

Albert II fut un bon roi, dans tous les sens de l’expression. Qu’en sera-t-il avec son fils Philippe ? Personne ne peut le savoir. Je ne vois en tout cas pas trop l’intérêt d’avoir des a priori négatifs. Comme on dit, la fonction fait l’homme. Ce n’est pas elle ni lui qui empêcheront la Belgique d’évoluer ni d’exister. Les problèmes auxquels celle-ci est confrontée ne sont pas ces questions de régime. Les solutions que les Belges attendent concernent les réalités sociales, économiques, professionnelles. Les enjeux ne manquent pas. Allons à l’essentiel !

dimanche 30 juin 2013

Quand l’indécence s’organise

Ainsi donc, la RTBF – en collaboration avec Actiris, l'Office Régional Bruxellois de l'Emploi – s’apprête à monter une émission « Je veux ce joooooob ! » mettant en œuvre des candidats en quête d'un travail ou exerçant un métier qui ne leur convient plus afin de les aider à trouver Le job idéal et ce, en seulement une semaine. Les candidats devront – soutenus par des « coachs » – relever un défi exceptionnel pour séduire et convaincre un futur employeur. Tout le monde peut être candidat, pourvu qu’il ait « la motivation ».

La belle affaire ! On pourrait être séduit par cette idée, puisqu’au bout du compte on suppose que les candidats trouveront un emploi. Enfin, on peut seulement le supposer. Il n’y aura évidemment aucune obligation de résultat ni aucun suivi de ce qui se passera après.

Au-delà de ce premier sentiment de séduction, il faut cependant s’interroger. Jouer à théâtraliser la vie de demandeurs d’emploi, est-ce vraiment considérer ceux-ci pour ce qu’ils sont et ce qu’ils font ? Rechercher un emploi est aujourd’hui tout sauf une partie de plaisir, sauf un jeu ! Ce n’est même pas une question de manque de compétence ou de motivation. Il est bien sûr – heureusement – des demandeurs d’emploi qui finissent par en trouver. Mais ce n’est jamais miraculeux et, derrière ceux qui ont cette chance, il y a tous ceux qui jour après jour essaient de se vendre, de montrer leur motivation et leur compétence et qui ne rencontrent qu’un désintérêt évident des employeurs potentiels. Pour tenir le coup, il faut une sacrée dose de courage et de conviction qu’on peut y arriver. Chercher un emploi, c’est la plupart du temps une réelle souffrance, où les portes qui se ferment et les claques que l’on reçoit sont le quotidien de celui ou celle qui espère juste pouvoir trouver une petite place dans l’univers socio-professionnel.

Alors, faire de cette détresse quotidienne un spectacle télévisuel, c’est vraiment le sommet de l’indécence. On s’imagine déjà le brave peuple rire de celui qui n’y parvient pas. Ou, au contraire, prendre conscience du chemin infranchissable qu’il devrait parcourir pour trouver lui-même un emploi.

Une telle émission n’apportera rien, si ce n’est un parfum nauséabond fondé sur la détresse humaine, bafouée dans le plus élémentaire de ses droits : avoir un travail pour se nourrir, pour survivre.

J’ose espérer que cette émission ne se concrétisera jamais. Mais la bêtise humaine est telle que j’ai bien peur que mon espoir ne soit lui-même qu’illusion. Pourquoi la télévision se sent-elle obligée de tomber si bas ?

samedi 29 juin 2013

Quand la réussite s'affiche…

Cette fin d’année scolaire a permis à de nombreux parents de s’extasier devant la réussite de leur progéniture. Ces parents sont plus nombreux que ceux qui n’ont pas cette chance, et c’est tant mieux. Ils ont bien raison de se réjouir et ont toutes les raisons d’être fiers de leurs enfants, car il est vrai que le parcours d’étudiant – désormais même depuis l’école maternelle ! – est le plus souvent un parcours du combattant !

Nous sommes à l’ère du Web 2.0, voire 3.0, et désormais tout se dit et se partage sur le Web. On a ainsi vu fleurir sur les réseaux sociaux des tas de « Super fière de Josué : une distinction ! », « Félicitations à ma toute grande fille qui a eu de superbes résultats pour son CEB !!! 80 % de moyenne ! », « Pas de grands cris de victoire, mais un grand ouf : tout le monde passe ! » et bien d’autres encore.

Comment pourrait-on adresser le moindre reproche à ces parents qui expriment ainsi leur légitime fierté, voire tout simplement leur soulagement, face à la réussite de leurs enfants ? Je peux témoigner combien l’attente des résultats peut être une véritable partie de stress. Quand au bout du compte la délivrance arrive – et c’en est bien une – quoi de plus normal que de vouloir la partager, la crier, la faire savoir au monde entier.

Comment, aussi, ne pas penser à tous ces parents qui n’ont pas la même délivrance, qui au contraire voient tomber sur eux une immense chape de plomb qui ruine toutes leurs espérances ? Cette souffrance – et c’en est bien une – ne peut évidemment qu’être exacerbée devant l’étalement de la réussite des autres.

Dans tous ces messages parentaux, j’ai aimé celui-ci : « Bon, je suis fière de ma fille... parce que c'est la mienne et que quoi qu'elle fasse, c'est la meilleure... mais pour le reste... ». Il y a là tant l’expression de la déception que celle de la confiance.

Arriver au bout de ses études, à quelque niveau que ce soit, n’est pas une sinécure. Sans doute encore plus aujourd’hui qu’hier. Notre culture scolaire est malheureusement fondée sur le fait que pour avoir un bon système scolaire avec un bon niveau, il faut passer par l’échec et le redoublement. Ceux qui ont une approche scientifique de la situation savent que cette idée n’a aucun fondement sérieux. Les systèmes les plus performants sont aussi ceux où le redoublement est le moins présent. Mais allez dire ça à « ceux qui pensent tout bas » et qui s’imaginent donc avoir raison… L’échec fait partie de notre culture éducative. De ce fait, ceux qui se réjouissent – légitimement – de la réussite de leurs enfants se positionnent inévitablement dans la frange de cette élite qu’on essaie de nous faire croire indispensable. Pourtant, ce qui est vraiment indispensable est que chaque enfant, chaque jeune soit amené au maximum de ses possibilités, dans un accompagnement respectueux de son cheminement, aussi tortueux soit-il.

Ce qu’il faudrait, c’est que tout le monde puisse se réjouir en exprimant sa fierté de constater que – grâce à l’accompagnement positif des acteurs éducatifs – son enfant a pu faire encore mieux que ce qu’on croyait possible ! Je suis convaincu qu’en de telles circonstances, la société entière pourrait s’extasier devant la hausse du niveau de connaissance et de compétence de nos jeunes.

On est loin du compte, dans toutes les dimensions de la question.

samedi 15 juin 2013

Les patrouilleurs de Wikipédia

Wikipédia est un projet extraordinaire et j’y participe avec enthousiasme, en tant que contributeur. Je ne suis pas du tout un professionnel de la chose. J’interviens sur différents sujets, au gré de mes passions ou de l’actualité. J’essaie toujours d’apporter une information exacte et validée, y compris sur des éléments parfois polémiques.

Wikipédia est une encyclopédie libre, et c’est ce qui fait sa force, mais sans doute aussi sa faiblesse. À partir du moment où tout un chacun peut venir y écrire ce qu’il veut, on peut redouter que certains viennent y écrire n’importe quoi. C’est effectivement le cas : les tentatives de vandalisme sont nombreuses. Néanmoins, je suis toujours frappé de la vitesse avec laquelle une information erronée est corrigée et/ou rejetée. Ce contrôle collectif – qui fonctionne très bien – est le meilleur moyen de disposer d’une information valide.

Certains contributeurs de Wikipédia reçoivent – je ne sais pas trop comment – le statut de « patrouilleur ». Leur fonction devient alors de vérifier en permanence l’exactitude et la pertinence des informations publiées dans l’encyclopédie. Leur travail est absolument indispensable, mais il y a malheureusement de nombreux abus de leur part, sans qu’ils s’en rendent compte.

Ils ont en effet le pouvoir, dans certains cas, de « supprimer immédiatement » un article. Il ne s’agit donc pas de corriger une information, mais de supprimer l’entièreté d’un article nouvellement créé. À nouveau, il faut bien comprendre que parmi tous les articles créés quotidiennement, il y en a effectivement beaucoup qui n’ont pas vraiment leur place dans une encyclopédie, pour différentes raisons. Cela n’est pas discutable. Mais ce qui l’est, c’est la manière dont cela se passe. Certains patrouilleurs s’arrogent des droits qui dépassent leur fonction. S’ils ne sont pas d’accord avec l’existence d’un article, ils devraient toujours en référer au créateur de l’article en entrant avec lui en « discussion ». Si cette discussion ne parvenait pas à une solution acceptée par les deux parties, alors il serait nécessaire d’aller plus loin et d’en référer à d’autres contributeurs. Mais – et je peux en témoigner – cela ne se passe malheureusement pas comme ça, même pour des articles qui ne posent pas de réelles difficultés. J’ai ainsi pu suivre l’activité de certains « patrouilleurs » et c’est vraiment désolant : ils passent leur temps à avoir une attitude négative, quasi despotique, vis-à-vis des nouveaux articles.

Que ce soit clair : un contrôle de ce qui est publié est absolument indispensable. Mais un patrouilleur ne devrait jamais disposer du droit ultime de décision. Bien sûr, il y a des procédures permettant de « sauver » un article. Mais elles ne sont pas accessibles au premier venu, car il faut bien reconnaître que le maniement de Wikipédia en tant que contributeur est très complexe ! La seule chose que ces patrouilleurs réussissent, c’est (1) à faire disparaître une information sans doute mal formulée mais peut-être intéressante et (2) à dégoûter certains contributeurs d’apporter de l’information nouvelle et originale.

De ce fait, Wikipédia n’est sans doute malheureusement pas si « libre » que ça !

vendredi 14 juin 2013

Démission et rémission d’une moto

FMG © 2013

Quelques jours après avoir enfin nettoyé ma moto des affres de l’hiver et pris cette photo quelque peu frimeuse, elle s’est lamentablement vengée et est tombée méchamment en panne en pleine accélération à la sortie d’un rond-point où je venais de réaliser un magnifique dépassement, totalement inutile !

Je ne suis pas un vrai motard ! Je roule en moto, toute l’année et par tous les temps, mais uniquement lorsque je vais à Bruxelles. Cela me permet d’oublier les files, de me faufiler partout… et d’arriver à l’heure là où je dois aller sans avoir dû me lever aux petites heures.

Je ne suis pas – non plus – un « mécanicien ». Pour moi, un moteur doit démarrer au quart de tour quand je mets le contact et doit s’arrêter lorsque je le coupe. Entre les deux, il doit tourner. S’il décide de faire autrement, j’en suis totalement perdu, incapable de faire quoi que ce soit : j’ai certains talents pour polémiquer sur des tas de sujets avec de nombreuses personnes, mais face à un moteur récalcitrant, je suis totalement incompétent !

Bref, cette rupture brutale de fonctionnement ne m’arrangeait vraiment pas. Tout en me disant que cela aurait pu arriver à un plus mauvais endroit – je n’étais finalement qu’à 3 km de chez moi – je maudissais quand même cet instant, d’autant plus que ce jour-là le soleil était en pleine crise de confiance et dardait ses rayons de toute sa force. Pousser une moto durant 3 km, sous le soleil, vêtu de l’indispensable veste de motard, croyez-moi : ce n’est pas une partie de plaisir ! Enfin, j’y suis arrivé… et j’ai fini par récupérer de mon effort.

Mais ma bécane continuait à dormir lamentablement dans ce qui lui sert de garage. J’avais bien téléphoné – lors d’une pause dans les 3 km – à mon mécanicien, mais celui-ci m’avait répondu qu’il était à la veille d’un WE « portes ouvertes » et qu’il avait donc bien d’autres chats à fouetter. Il m’avait simplement promis qu’il essayerait de voir quand il pourrait me dépanner, sans s’engager vraiment.

En début de semaine, je l’ai relancé et il m’a vaguement promis de venir chercher la moto mardi en fin de journée. Je me sentais mieux : allant travailler jeudi à Bruxelles, il me semblait redevenir possible d’y aller en moto.

Mardi, rentrant d’une longue journée à Libramont, je l’appelle donc pour savoir quand il comptait venir. Il m’annonce alors qu’il est désolé : le démarreur de sa camionnette vient de mourir à son tour… Dans notre conversation désolée et désolante, il a soudain une idée géniale : il me demande d’aller près de ma moto et d’essayer de la faire démarrer pour qu’il entende – par téléphone – ce qui se passe. Sceptique, je m’exécute pour n’entendre qu’un rikiki de bruit tout en essayant de ne pas lâcher mon téléphone. Lorsque je remonte celui-ci à hauteur d’oreille, c’est pour entendre Sébastien me dire : « OK, c’est ta batterie qui déconne ! Je viens ce soir ! ». Ah bon !

Il est venu, après 20 heures. Il a changé la batterie et la moto a redémarré. Il a quand même testé, constaté qu’il y avait un problème de recharge, trouvé un fusible défectueux, déniché un autre fusible pour le remplacer de manière provisoire, et voilà… Cela lui a quand même pris une bonne heure, plus les déplacements. Tout ça avec le sourire. Je suis repassé le mercredi soir au garage MecanicMotos pour rechanger le fusible et je suis reparti sous les sourires satisfaits de toute l’équipe. Tous ces sourires pour la satisfaction d’avoir pu dépanner un client dans l’adversité. Bien sûr, je paierai – avec plaisir – l’addition, mais en repartant pour de nouvelles aventures motorisées, je me suis dit que fournir un tel service, avec le sourire, ce n’est pas être simplement un commerçant, mais c’est avoir la passion, non pas seulement celle de la mécanique, mais aussi celle du service. Et ça, par les temps qui courent, c’est un petit bonheur !

mardi 11 juin 2013

Rage de dents


Ça vous tombe dessus comme ça, presque d’un coup, sans vous y être vraiment préparé. Et quand elle est là, cette foutue rage de dents vous rend la vie impossible.

La douleur engendrée est insoutenable. Ce n’est pas qu’elle soit nécessairement forte et je suis prêt à accepter qu’il existe bien d’autres souffrances plus insoutenables encore. Finalement, une rage de dents, ce n’est qu’une rage de dents. Mais cette douleur est persistante, irradiante, tenace. On a beau se tourner dans tous les sens, appuyer sur le lieu de la douleur, respirer profondément, tout cela ne change rien : la douleur continue lancinante et assommante.

Il y a – heureusement – des anti-douleurs ! Ils produisent un certain effet, mais lorsqu’on en prend un de manière répétée, l’effet diminue avec le temps dans un délai qui se raccourcit lui-même. Résultat des courses : vous passez à un anti-douleur plus puissant tout en réduisant le temps entre chaque prise. Non sans effets secondaires : fatigue, abattement, digestion bancale, etc. Et vous avez de plus en plus mal du fait de cette satanée rage de dents qui n’en finit pas, qui au contraire s’installe et prend ses aises.

Vous me direz : mais il faut se soigner, aller voir un dentiste ! Ça, c’est fait. Antibiotiques. Y a plus qu’à attendre. Mais en attendant, c’est quand même une sacrée déveine de se retrouver dans cette situation. Surtout que le travail, lui, n’attend pas ! La vie est parfois mal faite !

mercredi 5 juin 2013

L'enfant

« L’envol » © Claude Théberge


Y a les yeux d’un enfant
Qui découvre une fleur
En oubliant sa peur
De devenir un grand
Y a les mains de sa mère
Qui caressent son front
Sans lui faire de sermon
Sur la peur de la terre
Y a la force de l’homme
Qui lui dit le chemin
Pour qu’il trouve le moyen
D’être un jour autonome

Avoir un enfant est une expérience extraordinaire.
Être un enfant est une existence singulière.

L’enfant n’est pas un jouet. Il est un être humain, dans toute l’acception du terme. Ce n’est pas un être en réduction. Il est pleinement homme ou femme. Tout est en lui. Il doit bien sûr grandir, mais tout ce dont il a besoin est disponible, mobilisable à tout instant. Il ne le sait pas encore – il ne le saura peut-être jamais – et son chemin bascule continuellement entre la joie et la peur d’épanouir son potentiel, de se découvrir et de découvrir le monde.

Dans ce parcours, l’enfant n’est pas seul. S’il parvient à assembler les pièces de son expérience, c’est parce que les autres l’y aident, non pas en le faisant à sa place, mais en renforçant son estime de soi et en lui donnant l’affection dont il a besoin pour croire en lui et à son pouvoir d’agir et de vivre. La confiance qu’on lui témoigne est la pierre angulaire de son édifice propre. L’enfant n’a pas besoin qu’on lui fasse confiance. Il a besoin qu’on ait confiance en lui. Alors, il peut grandir.

Sa mère est sa précieuse alliée. Elle le rassure, le stimule, l’étreint, le caresse… C’est elle qui lui permet de transformer sa peur en un plaisir charnel et existentiel.

Son père est son précieux partenaire. Il lui ouvre le chemin, l’aide à se relever quand il trébuche, lui indique les limites de son pouvoir, lui montre la force de celui-ci. C’est lui qui permet de transformer le chemin tâtonnant en un envol libérateur.

Parfois d’ailleurs, la mère est le père et/ou le père est la mère, dans un partage permanent et responsable. Pour l’enfant, l’important n’est pas de savoir qui fait quoi, mais que ce soit fait.

Alors, un jour, il s’envole… et peut créer à son tour l’amour et la vie.

Qu’est-ce qui fait vivre la vie

Qui nous porte au-delà de nous
Qu’est-ce qui nous rend fou
Qui nous donne autant d’envie

Y a les yeux d’un enfant
Qui découvre une fleur
En oubliant sa peur
De devenir un grand
Y a les mains de sa mère
Qui caressent son front
Sans lui faire de sermon
Sur la peur de la terre
Y a la force de l’homme
Qui lui dit le chemin
Pour qu’il trouve le moyen
D’être un jour autonome

samedi 1 juin 2013

Stupide intolérance

Ce matin, un site d’information a relayé celle-ci : la prison de Leuven est la première en Belgique à disposer d’une mosquée. À part l’espace alloué, celle-ci n’a rien coûté à l’administration et ce sont les 60 détenus concernés (pour une capacité théorique de 301 détenus) qui ont rassemblé 1400 euros pour aménager leur lieu de prière. En soi, c’est une bonne nouvelle : que chacun puisse vivre sa religion est un droit fondamental, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (Article 18).

Il n’a pas fallu longtemps pour que « le peuple » se déchaîne dans les commentaires suivant l’article. De toute évidence, un tel espace religieux est un scandale qui menace notre société. Si ces détenus sont emprisonnés, c’est qu’ils ne croient pas en leur Dieu et bien sûr qu’ils ne peuvent manifester d’aucune pratique religieuse : « ils n’avaient qu’à y penser avant »…

Je me tairai sur les commentaires les plus racistes, les plus méchants, les plus stupides. Ils n’en valent même pas la peine. Mieux vaut les ignorer, non sans s’effrayer que « ceux qui pensent tout bas » puissent s’exprimer ainsi, derrière l’apparent et protecteur anonymat du clavier de leur ordinateur.

Qui donc est menacé par l’existence de ce local voué à un culte religieux ? Qui voit sa vie changer du fait des prières que quelques détenus paumés y prononceront ? En quoi cette « mosquée » est-elle une atteinte à notre société ?

Dans toutes les prisons de Belgique, il y a une « chapelle » qui permet aux détenus chrétiens de s’y recueillir. Celles-ci n’ont jamais posé de problèmes à qui que ce soit. Pourquoi en serait-il autrement pour une « mosquée » permettant aux détenus musulmans de s’y recueillir ? Est-ce parce qu’on est en prison qu’on ne peut avoir de droits religieux ? Est-ce parce qu’on est musulman que ces droits ont encore moins de sens ?

Comment pourrais-je qualifier cette intolérance autrement que par l’adjectif « stupide » ? Notre société belge est fondamentalement multiculturelle, comme le prouve d’ailleurs le nom de plusieurs de ces intervenants « blanc bleu belge ». Dans cette multiculturalité, le fait musulman est une réalité et ne pose aucun problème au quotidien. Du temps des Nazis, on mettait une croix sur les Juifs. Tous ces « belges bien pensants » sont prêts à mettre un croissant sur chaque musulman pour pouvoir mieux les supprimer ! Quelle absurdité !

Ma révolte est grande. Plus grande que leur stupidité, et ce n’est pas peu dire. Mais je ne la laisserai pas gronder. Je préfère appeler mon ami Raphy pour qu’il chante son « Nouvel hymne international belge ».

vendredi 24 mai 2013

Le prosélytisme athée

Je suis toujours étonné de voir l’énergie et le temps que certains athées consacrent à critiquer les religions et les événements qui y sont liés. C’est assez difficile à expliquer, mais on peut supposer qu’ils se sentent – dans leur athéisme déclaré – menacés par ceux qui professent leur Foi, alors que ceux-ci ne me semblent pas adopter la même attitude vis-à-vis des premiers.

Que les choses soient claires : je n’appartiens personnellement ni à l’une ni à l’autre des deux catégories. Je me qualifierais d’« agnostique positif ». En d’autres mots, sachant qu’il est impossible de prouver ni l’existence de Dieu ni son inexistence, je dis que je ne sais pas si Dieu existe ou non, mais qu’il est donc possible qu’il existe, ce qui apporterait des réponses à certaines questions fondamentales. Mais il est donc aussi possible qu’il n’existe pas, sans avoir alors les réponses à ces questions. Dans les deux cas, cela ne change finalement rien à ma vie. Je suis vivant et j’essaie de vivre ce court moment de la meilleure manière possible, dans le respect du monde et des personnes qui sont dans le même bateau que moi. Il m’arrive de participer à des événements religieux et cela ne me pose aucun problème. Au contraire, ça me va. Sans pour autant que cela ne constitue une nécessité impérieuse.

Lorsque je vois les réactions et commentaires qui ont été exprimés lors de l’élection du pape François – notamment sa condamnation sans appel pour ses supposés liens avec la dictature de Videla en Argentine, alors que cette soi-disant complaisance vis-à-vis de ce sinistre régime politique n’a pu être confirmée en aucune manière – je me demande en quoi l’élection d’un pape atteint à ce point ces athées déclarés.

Bien sûr, le pape est un personnage public jouissant d’un pouvoir d’influence important. Il est assez clair que l’Église catholique essaie partout où elle est présente d’influencer la sphère politique. Il suffit de voir encore ce qui s’est passé en France lors du processus d’adoption du mariage pour tous. Mes positions dans ces grandes questions morales sont la plupart du temps différentes de celles de l’Église, mais je peux comprendre que dans la continuité logique de son approche, celle-ci défende fermement ses idées. Ce faisant, elle ne me menace en rien. Elle essaie d’intervenir dans le débat démocratique et elle en a bien le droit. Au bout du compte, les décisions sociétales sont prises par ceux qui sont mandatés pour les prendre… et la Terre continue à tourner.

Au-delà des différences d’opinion eu égard à ces grands débats moraux et sociétaux, il ne me semble pas y avoir de menaces pour l’un ou l’autre. Sauf bien sûr quand certains intégristes – de quelque camp qu’ils soient – choisissent d’associer leur vision à une attitude violente et destructrice. Ceux-là sont pour moi non seulement de dangereux personnages dont il faut se prémunir, mais aussi des personnes qui s’inscrivent en faux avec leurs propres croyances (ou non-croyances). Une « conscience morale », quel que soit ce qui l’anime, ne devrait jamais être en soi destructrice.

La Foi est une affaire de conviction personnelle. Que quelqu’un croie en Dieu ou non ne change jamais rien à la vie d’un autre. Chacun me semble libre de penser ce qu’il veut à cet égard et d’animer sa vie en fonction des références qui lui semblent les plus correctes. Je peux comprendre que lorsqu’on croit profondément quelque chose, on ait envie que les autres adhèrent à la même conviction. Mais il me semble absurde de critiquer, voire de condamner, celui qui ne pense pas comme moi sur des éléments qui de toute façon ne dépendent que d’une vision personnelle des choses, que d’un vécu personnel. Euh… n’est-ce pas ce que je suis en train de faire moi-même ?

La seule chose nécessaire n’est-elle pas finalement de vivre dans un respect mutuel ? Pour le reste, taisons-nous ! Tais-moi !

lundi 20 mai 2013

L'eau

"Les nauvragés" © Claude Théberge

Y a l’eau de l’océan

Ou d’une petite rivière

Qui chante la lumière

D’un monde éblouissant

Il est paradoxal de louer l’eau alors que tout le monde n’attend qu’une seule espérance : se laisser chauffer par les rayons du soleil, à l’abri de toute pluie, fût-elle une ondée.

Pourtant, l’eau est la vie ! Sans elle, la Terre n’est rien, juste une planète perdue dans l’océan galactique. Par l’eau, la Terre adopte la couleur bleue, celle de la paix, du calme, de la volupté, de la fraîcheur et de la pureté. Et la vie naît de cette alliance moléculaire. Elle s’en nourrit et s’y épanouit. La vie n’est rien sans l’eau.

La force de l’eau est incommensurable, elle qui porte d’immenses bateaux et qui – lorsqu’elle est domestiquée – apporte énergie et nourriture. Elle peut aussi être dévastatrice. Lorsque l’eau décide d’exploser, elle ravage la Terre et balaie les gens dans leur stupidité fondamentale. Il ne faut jamais rire de l’eau.

Indispensable pour chacun d’entre nous, elle est cependant profondément inégalitaire et ne distille ses bienfaits que là où la richesse est évidente. C’est elle d’ailleurs qui crée cette richesse inéquitable.

L’eau est dès lors le défi le plus indéniable pour l’Homme du 21e siècle. Alors qu’elle les purifie et les guérit, les hommes la transforment en guerre. Ils savent que sans elle, ils ne sont rien. Ils cherchent alors à se l’approprier, sans se rendre compte que l’eau qui coule dans leurs mains ne peut que s’échapper à travers leurs doigts pour s’offrir à tous ceux qui ont soif de vie, de paix et de lumière.

Chaque goutte d’eau est le trésor du monde.

Qu’est-ce qui fait vivre la vie

Qui nous porte au-delà de nous

Qu’est-ce qui nous rend fou

Qui nous donne autant d’envie

Y a l’eau de l’océan

Ou d’une petite rivière

Qui chante la lumière

D’un monde éblouissant

vendredi 17 mai 2013

Bubble Island, une évolution réussie

Ceux qui me suivent le savent : je m’intéresse aux jeux internet, et en particulier aux « jeux de bulles ». Il faut bien garder une part d’enfance quand on est un homme sérieux ! Il existe une kyrielle de jeux de bulles différents, mais – au bout du compte – je suis toujours resté fidèle à celui qui est sans doute le plus basique : Bubble Island.

Il y a une partie « Aventure » avec des niveaux progressifs que j’ai terminés depuis longtemps. Il y a aussi une partie « Tournoi » qui est celle qui m’intéresse aujourd’hui le plus. C’est vraiment le niveau zéro du jeu : il faut faire éclater des bulles en en associant au moins trois de la même couleur et obtenir ainsi le plus de points en un temps limité. Il existe quelques « boosters » qui permettent d’obtenir soit plus de points soit plus de temps.

C’est un tournoi : on voit les points obtenus par les (quelques) amis qui jouent aussi. Et chaque semaine, le lundi à 10 heures précises, tous les scores sont remis à zéro pour un nouveau tournoi. J’avoue y avoir joué même quand il n’y avait pas d’amis qui y participaient. Mais c’est vrai que c’est plus stimulant quand il y a compétition. Jadis, une de mes amies, Dorothée pour ne pas la nommer, y participait fidèlement et était souvent devant moi. Puis les scores se sont équilibrés, je me suis souvent retrouvé en tête… et Dorothée a finalement quitté le jeu ! Heureusement, j’ai d’autres concurrents, dont notamment mon frère Bernard. La semaine dernière, il a sorti un score pas possible et a gagné le tournoi. Bravo ! Mais cela me semblait quand même bizarre qu’il puisse faire soudain un score pareil. Alors, j’ai cherché à comprendre et je crois que j’ai compris.

Depuis quelques semaines, quasi imperceptiblement, le jeu a évolué. Il y a eu l’introduction de « vies », puis d’un booster supplémentaire et enfin de « niveaux » qu’on peut monter au fur et à mesure des parties jouées. Au début, ceux-ci ne semblaient servir à rien, d’autant plus qu’après avoir pu voir pendant une ou deux semaines le niveau atteint par les autres concurrents, cette inscription a disparu depuis lors.

Pourtant, ces niveaux sont devenus essentiels ! Ils correspondent à un « parcours » de petites îles. Chaque fois qu’on atteint l’une d’entre elles, on reçoit soit des « boosters » directement utilisables, soit une amélioration des boosters disponibles ! Et ça, ça change tout. Imaginez une bulle « étoile » qui vous permet d’obtenir 7500 points lorsqu’elle éclate. Au fur et à mesure de l’avancement dans les niveaux, ces 7500 points peuvent augmenter. Par exemple, j’ai actuellement droit à un bonus de 30% par étoile explosée, soit 9750 points ! À ce rythme-là, croyez-moi, le score global explose lui aussi !

En soi, le jeu est toujours le même et aussi stupide : il faut faire exploser le plus de bulles possible ! Mais ces petites évolutions changent quand même pas mal la donne et apportent quelques piments. Plus on avance dans les niveaux, plus on a des chances d’avoir beaucoup de points. Et pour avancer dans les niveaux, il faut jouer beaucoup de parties. Cela permet de fidéliser les joueurs. Il deviendra en effet de plus en plus difficile d’être bien classé sans jouer fréquemment. Et par exemple, si Dorothée revenait jouer, il est fort probable qu’elle ne parvienne pas à dépasser le million de points, comme cela devient (presque) courant pour le petit peloton de tête de notre tournoi entre amis.

Allez, je vais aller me faire une petite partie…

samedi 11 mai 2013

Les Serres, ça sert !

Photos © FMG 2013

Il y a de ces endroits proches dont on connaît l'existence, mais qu'on n'a jamais pris la peine de visiter, sans trop savoir pourquoi. Puis, un jour, on se décide et on ne regrette rien, malgré les merveilles que l'on découvre, là, juste à côté.

Il a fallu que les visites des Serres royales de Laeken soient presque terminées pour cette année 2013 que nous nous décidions - pour la première fois de notre vie - à aller les visiter. C'est bien beau et ça vaut vraiment la peine. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'un Roi ne sert qu'à ça ! Mais au moins, les Serres, ça sert !

Ces Serres royales sont d'abord un superbe ensemble architectural !
 

Ces Serres sont de plus installées dans un parc magnifique dont chacun ferait bien son jardin. Et finalement, c'est un peu le jardin de tous les Belges…
  

Et puis, bien sûr, des Serres, ça sert à cultiver des plantes ! Celles-ci ne manquent pas. Elles permettent de découvrir un monde féérique. Les fleurs d'ici et là offrent leurs ramages et leurs senteurs, presque jusqu'à indigestion ! Quelles merveilles !
   
 

Au détour du labyrinthe, on découvre même d'autres surprises phénoménales !

Jusqu'au moment où la visite se termine, comme un moment retiré du monde réel. Est-ce que tout cela existe vraiment ?

mercredi 1 mai 2013

Nauséabond

Il a suffi qu’un Monsieur Météo, Luc Trullemans, déverse – quelques instants – ses propos aux relents racistes sur Facebook pour enflammer la planète internet belge et permettre à « chacun de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ». C’est-à-dire de la haine, du racisme primaire, de la généralisation nauséabonde.

Les exemples de ce delirium tremens ne manquent pas, mais j’agrippe au passage ce montage photographique. Le propos est simpliste : pendant que l’homme occidental (même russe) s’élève dans tous les sens du terme, l’homme « musulman », lui, continue encore et toujours à braire ses insanités ! La force des images, même si au passage on prend quelques raccourcis avec la vérité historique. Celle-ci n’a aucune importance, ce qui seul compte est d’enfoncer le « méchant étranger qui vient imposer sa culture barbare » !

La critique historique de cette image est évidemment sans appel : la même photographie ne pourrait avoir été prise quatre fois dans l’intervalle de plus d’un siècle ! En réalité, elle fut prise à Istanbul, en septembre 2012, quelques jours après l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi à la suite d’un film de série B américain stupidement anti-islam. Cette photo n’est donc prise ni en 1896 ni en 2013, le musulman qu’elle illustre n’est pas un « arabe » et il n’est pas un de ces « envahisseurs » qui nous (soi-disant) menacent, puisqu’il est simplement un turc vivant à Istanbul.

Parlons-en d’ailleurs des envahisseurs : en 1896, l’Algérie vient d’être décrétée département français ! Les Musulmans peuvent être assimilés aux Français par abandon du statut musulman. Cette politique d’assimilation échouera cependant, car le Musulman considère – avec raison – comme une véritable abjuration le fait de perdre volontairement son statut pour se placer sous le régime du code civil français. Pendant ce temps, l’envahisseur français continue à vouloir imposer son mode de vie occidental aux populations colonisées (et cela est valable de tout temps pour tous les pays colonisateurs et colonisés).

Les Musulmans qui vivent en Belgique et dans les autres pays occidentaux sont-ils des « envahisseurs » qui cherchent à imposer leur religion, leur culture, leurs us et coutumes… ? Clairement, non ! Ma position tranchée ne m’empêche pas de me poser des questions, d’être attentif et critique face à certains débordements. Je ne suis pas un aveugle naïf ! Ayant travaillé de nombreuses années à Schaerbeek, mais aussi par la suite en Tunisie, au Maroc, en Algérie, en Mauritanie, au Liban, à Djibouti, au Sénégal… j’ai côtoyé plus d’un Musulman et je peux affirmer que la plupart d’entre eux ne songent qu’à vivre en paix avec tout le monde. Dans le respect de leur culture et de leur manière de vivre, c’est vrai. Mais c’est tout aussi vrai pour les occidentaux d’origine judéo-chrétienne que nous sommes tous. Simplement, ces cultures et ces manières de vivre sont différentes. Sans qu’il y en ait une qui soit meilleure que l’autre.

Ce qui est grave aujourd’hui, c’est que le discours raciste est banalisé. On dit que c’est ce que « tout le monde pense »… en sous-entendant dès lors que c’est bien et que c’est bon. Mais le discours raciste n’est jamais qu’un repli sur soi-même qui, lorsqu’il s’étend, conduit – comme l’Histoire, pas si lointaine, en témoigne – inexorablement à la violence et à la guerre. Est-ce cela que « tout le monde veut » ? Je ne le crois pas.

En attendant, ça pue. Et c’est dramatique pour un 1er mai !