
Mon choix portait donc sur Hervé Vilard, lui qui m’avait séduit quelques temps auparavant avec « Capri, c’est fini ». Il faut bien avouer qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans ces chansons : les textes sont un peu larmoyants, les musiques grandiloquentes. Mais il y a la voix d’Hervé Vilard, et surtout l’émotion qu’il y distille. Et du haut de mes 11-12 ans, j’avoue que je ressentais des vibrations étonnantes en écoutant ce disque.
C’est en réalité toujours le cas. Et Hervé Vilard reste quelqu’un à part pour moi. Ses chansons du milieu des années 60 résonnent toujours avec un accent particulier, une fibre unique et exceptionnelle.
J’avoue avoir été moins sensible à tout ce qu’il a pu produire par après. Un double mouvement peut l’expliquer : d’une part, j’ai découvert moi-même d’autres chansons, d’autres chanteurs… qui m’ont plus apporté parce que je m’y retrouvais mieux. Je pouvais chanter leurs chansons, frémir aux paroles qu’ils prononçaient, partager les instrumentations plus proches de mon univers musical. D’autre part, il me semble qu’Hervé Vilard faisait un peu n’importe quoi, sans vraiment retrouver – du moins de manière régulière – les émotions qu’il avait pu partager à ses débuts.
Son dernier album original, paru en 2004, fait exception cependant… et permet de découvrir un Hervé Vilard bien différent, proche de la poésie, de la littérature et de la chanson de paroles, dont il interprète de grands noms : Ionesco, Duras, Prévert, Brecht, Aragon, Fanon, Neruda, Léveillée, Dimey… Excusez du peu !

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