lundi 17 mars 2008

La pluie

Il pleut. Il n’arrête pas de pleuvoir. La pluie tombe. Sans rémission. Sans pitié. Il pleut.

Et c’est heureux. Quelle merveille, la pluie. Si l’herbe est si verte par ici, c’est parce qu’il pleut. En moyenne, un jour sur deux. L’or bleu fait la richesse de nos pays. Il y pleut juste ce qu’il faut. Que ferait-on sans cette eau inespérée ?

Beaucoup de guerres tournent encore autour de l’or noir en ce début de 21e siècle, du moins officiellement. Mais les véritables batailles ne seront-elles pas – si elles ne le sont déjà – celles de l’eau ? L’accès à l’eau constitue non seulement souvent un enjeu stratégique local et régional mais aussi mondial.

Ici, il pleut. Presque chaque jour. Un peu plus certains jours, comme pour le moment. À force de voir toute cette eau tomber, on finit parfois par se sentir morose. Car la pluie, ça mouille. Et quand on est mouillé, on n’a pas trop envie de se sentir bien. Mais si la pluie mouille, l’eau finit toujours par sécher. Du moins chez nous. Car un jour sur deux, il ne pleut pas.

La pluie offre des plaisirs magiques : regarder la pluie à travers une vitre, écouter les sons de la pluie qui créent des concertos surprenants, humer l’odeur de la terre après la pluie, surtout en été, sentir la pluie rafraîchir notre peau un soir d’orage et goûter la fraîcheur d’un verre d’eau, à tout moment.

Certains, quand il pleut, auraient tendance à rester chez eux. À lézarder. À goûter les plaisirs d’une grasse matinée ou d’une sieste câline. Ils ont bien raison. Ce n’est pas trop mon cas, mais j’ai tort !

Et puis, après la pluie, vient le beau temps !

vendredi 14 mars 2008

Mon top ennemi

Qui ferait du mal à cet adorable animal ? Moi !

Je sais bien que sur le site de Peta (People for the Ethical Treatment of Animals), on voit des choses horribles. Comment des êtres humains peuvent-ils se conduire ainsi ? Comment peut-on arracher la peau d’un animal encore vivant ? Comment esquinter un animal simplement pour pouvoir en faire un manteau de fourrure ? Il y a vraiment de quoi être dégoûté.

J’avoue pourtant que je ne suis pas passionné par les animaux. Je les respecte comme tout être vivant, tant qu’on vit en bonne entente. C’est même avec une certaine émotion que je regarde dans le jardin quelques chevreuils, quelques écureuils, quelques poules faisanes et autres animaux en toute liberté.

Mais la taupe, ça, non ! Qui pourrait accepter de voir son jardin ravagé par les galeries et autres taupinières ? Il n’y a pas chez moi de belle pelouse bien plate tel un gazon anglais. C’est plutôt une prairie sauvage qui simplement bénéficie durant la saison de tontes hebdomadaires. Bref, pas de quoi pavoiser. Mais est-ce une raison pour venir y creuser d’horribles tunnels qui risquent de provoquer des pieds tordus ? Y a-t-il la moindre excuse à venir faire ces petits monts de terre qui dénaturent le vert herbeux ?

Bref, la taupe, il faut la chasser. J’ai essayé des méthodes douces, style ultrasons. C’est de la foutaise. La seule chose qui fonctionne, c’est un piège à taupe. C’est cruel, j’en conviens. Mais c’est la seule solution. Pas évidente d’ailleurs. Quand on rate son coup, il paraît que la taupe mémorise la méchante tactique qui a essayé de l’avoir… et qu’on ne l’y prend pas une seconde fois. C’est bien ça qui est catastrophique. Ces foutues taupes ne se laissent pas avoir et continuent à me narguer ouvertement.

Que Peta se rassure : je n’ai aucune envie d’attraper les quelques 900 taupes nécessaires pour faire un manteau de fourrure ! Je veux simplement supprimer celle(s) qui ravage(nt) mon jardin. Sans état d’âme. Suis-je réellement un monstre ?

jeudi 13 mars 2008

Belge side story


(Mettez le lecteur audio sur Pause avant de lire la vidéo.)

À l’heure où il est plus que légitime de se demander si la Belgique disposera d’un gouvernement à partir du 20 mars, à l’heure où la Flandre se fait tancer par une commission des Nations Unies du fait d’une politique d’accès à l’habitat qui serait fondée sur une discrimination linguistique, à l’heure où même les entrepreneurs flamands n’ont aucune confiance dans la capacité des politiciens belges à maintenir le cap économique et social, à l’heure où même un concert de Joe Jackson devient le lieu où s’exprime la bêtise communautaire, bref à l’heure où on se demande bien comment la Belgique pourrait continuer à exister… il reste des gens assez décalés (en l'occurrence des comédiens de l'émission "Action discrète") pour mettre un peu d’humour dans cette absurde impasse.

Est-il illusoire de croire que c’est par ce sens de l’autodérision que la Belgique s’en sortira ? Ce serait sans doute naïf de le croire. Et pourtant, j’en ai bien envie.

Est-il bien sérieux de croire qu’on peut dresser des frontières – quelles qu’elles soient – entre les êtres humains et de penser que, selon qu’on se trouve d’un côté ou l’autre de la frontière, on soit plus ou moins fréquentable ? Est-il crédible d’attribuer au fait qu’on naisse dans telle ou telle famille, appartenant à telle ou telle communauté, à telle ou telle religion, à telle ou telle ethnie, à telle ou telle philosophie… une valeur telle que la personne elle-même aurait une valeur différente selon sa naissance ? Y a-t-il quelqu’un sur terre qui pourrait réellement se regarder dans un miroir et déclarer – en toute lucidité – être le meilleur face aux 6 683 820 700 autres personnes qui vivent ensemble sur la même planète ce jeudi 13 mars 2008 à 13 h 21 min et 08 s ?

Je sais bien que depuis la nuit des temps, les hommes se font la guerre parce que certains d’entre eux répondent « oui » à ces questions. Personnellement, cela me semble tellement absurde que je préfère en rire… et pour fêter ça, aller manger un bon moules-frites. Ça, au moins, c’est du sérieux , non ?

dimanche 9 mars 2008

Ecogle, une arnaque ? Ou les besoins de valider une information

Il y a quelques temps, j’ai présenté ici le site Ecogle qui ferait de l’informatique écologique. Le principe était simple : présenter le célèbre moteur de recherche sur fond noir, ce qui permettrait d’économiser des milliers de pixels non allumés sur nos écrans… L’idée était belle, et je m’en suis fait le relais avec plaisir !

Était-ce une bonne idée ? Je n’en suis plus si sûr. Ce site Ecogle n’est pas un site officiel de Google, mais ça, je m’en doutais un peu. Il ne fait que prendre le relais du moteur.

Plusieurs utilisateurs ont remarqué que le code source de la page (aisément affichable) renvoyait chaque demande vers le site extremetracking, flairant l’arnaque ! Utiliser Ecogle permettrait de transmettre à cet autre site des tas d’informations personnelles qui pourraient être utilisées pour nous vendre mille et une choses. Il semble qu’en réalité, cet extremetracking n’est qu’un site de statistiques, qui permet d’avoir des informations du genre « nombre de personnes allant sur le site, provenance, mots clés utilisés, etc. ». Bref, ce que n’importe quel site de statistiques fournit de nos jours. Pas de quoi en faire un drame.

Plus intéressant, selon moi, est le problème de savoir si l’information de base justifiant l’utilisation d’Ecogle est exacte : utiliser un fond noir permet-il de faire des économies d’énergie ? Je ne suis pas technicien, et apparemment la question est complexe. Des quelques recherches que j’ai faites – non exhaustives -, il ressort ceci :
  • sur un écran CRT (cathode ray tube : écran à tube cathodique, bref un moniteur classique), un pixel noir non allumé consomme effectivement moins de courant ;
  • sur un LCD (Liquid Crystal Display : écran à cristaux liquides, bref les écrans plats et ceux des portables), on a affaire à un rétroéclairage qui illumine la totalité de l’écran. Pour éteindre un pixel, il faut rendre opaques les cristaux liquides le recouvrant , ce qui est fait en les soumettant à une tension électrique qui les met tous dans le même direction. Il semblerait dès lors que sur un LCD, un pixel noir consomme plus qu'un pixel blanc (même si c'est infime), vu qu'il faut lui appliquer une tension pour l'éteindre.
En tout état de cause, l’information avancée par Ecogle ne paraît pas tout à fait exacte. Je m’y suis laissé prendre, sans trop me poser de questions. C’est cela qu’il faut le plus retenir de cette histoire. Dans notre société de l’information, il est troublant de voir qu’il suffit de lire une information quelque part pour la prendre pour de l’argent comptant, sans trop chercher à la valider d’une manière ou d’une autre. On se laisse tous prendre. Je croyais être à l’abri. Mais non, je suis comme tout le monde !

Finalement, c’est peut-être une bonne chose : cela me permet de parler de l'indispensable site Hoaxbuster qui me semble être un détour obligé lorsqu’on reçoit une information par courriel, surtout quand il est demandé de transmettre cette information à tout son carnet d’adresses. Aller sur ce site permettra très souvent de découvrir qu’il ne s’agit que d’un hoax, d’un canular dont il vaut mieux arrêter la transmission. Et constatons que cet excellent site est sur fond blanc !

samedi 8 mars 2008

Le calme de la vie

FMG © 2008

Les funérailles d’un proche sont souvent des moments bénis. Comme si le souffle de l’être disparu venait emplir les esprits de ceux qui l’ont aimé.

Les retrouvailles de chacun, l’un dans sa force apparente, l’autre dans sa fragilité autorisée, resserrent les liens. Plus besoin de jouer les mondanités vaines. Seule l’authenticité importe à ce moment, chacun pouvant être lui-même et retrouver en l’autre une autre part de vérité.

Les mots qui sont prononcés ce jour-là permettent souvent de découvrir le défunt sous des lumières qu’on ne lui connaissait pas nécessairement. On croyait connaître ses limites, on découvre – grâce au regard des autres – ses horizons d’amour, d’écoute, de reconnaissance. Au plus profond de soi, on se dit qu’on est sans doute passé à côté de certains bonheurs, de moments d’amour qu’on aurait pu mieux partager. On se dit qu’on aurait pu vivre cela autrement, mais aussi que ce qu’on a vécu valait vraiment la peine de l’être. Le disparu reste si présent. Ou le devient.

Il y a ensuite le calme. Le simple plaisir d’être ensemble, de revoir ceux qu’on n’a plus vus depuis longtemps, mais qu’on n’oublie pas. On parle – pour une fois – de choses vraies, de leur sens et de leur vérité. En toute humilité. À ce moment, la complicité de l’amour transcende les vanités. La communion est à portée de mains.

Le temps s’arrête. Pour un moment. La vie se fait calme. Le temps d’un souffle. Un souffle de vie. Une vie de partage.

Adieu.

vendredi 7 mars 2008

Le lit d'animal

FMG © 2008

Il y a des soirs où rien ne va vraiment comme il faut. On se réjouit d’aller quelque part, mais le tringlerie d’un changement de vitesse décide soudainement de manifester et on se retrouve avec une voiture condamnée à n’utiliser que la 3e et la 4e vitesses. Tant que ça roule, ça va. Mais s’il faut s’arrêter ? Heureusement, ça roule. À l’aller comme au retour. Signe du destin : même dans l’adversité, on peut s’en sortir… il suffit presque de croire qu’on peut y arriver, et on y arrive.

Suffit-il d’y croire pour être artiste ? En tout cas, on peut y arriver. Ça ne suffit sans doute pas pour faire prendre la mayonnaise. Sans qu’on sache trop pourquoi. J’ai donc assisté en première partie d’un spectacle de Michel Bühler (qui d’ailleurs n’était pas trop en forme, comme quoi, il y a de ces soirs…), au spectacle Retrouver le sud, de Michel Arbatz. C’est un spectacle qui tourne depuis 2003. Il a eu le temps de le peaufiner. Et c’est vrai que techniquement, c’est assez au point. Entouré de deux bons musiciens, Roch Avet au piano et surtout Guillaume Kervel aux percussions, Michel Arbatz, polyinstrumentiste, ne se contente pas de rester derrière un micro : il bouge, explore l’espace, le libère. Ses chansons proposent des textes denses, aux nombreux jeux de mots et dont il est impossible d’en comprendre le sens profond à la première écoute. Apparemment, Arbatz avoue qu’il n’est pas sûr d’en comprendre tout lui-même…

Bref, c’est un spectacle bien construit, mais qui reste en rade. Est-ce la voix qui n’explore pas toutes les pistes auxquelles les mélodies devraient la conduire ? Est-ce cette trop grande densité de mots ? Est-ce ce mouvement incessant qui finalement ne permet pas de se poser ? Est-ce tout simplement que ce n’était pas mon jour pour goûter pleinement les fleurs posées ci et là ? Allez savoir.

Il ne me reste qu’à vous laisser vous faire votre propre impression. Voici La litanie des mâles. Une belle prouesse sémantique, scénique et technique, mais qui ne remplit pas mon bonheur artistique. Que voulez-vous, il y a des jours comme ça…

samedi 1 mars 2008

Ton dernier rêve

FMG © 2007

Tu es parti, George. Vers ces autres horizons auxquels tu aspirais depuis longtemps. Qu’ils soient comme tu les as rêvés !

Tu as toujours été pour moi quelqu’un de désarçonnant. Nos premiers contacts n’ont pas été faciles. Je n’étais pas celui dont tu avais rêvé. Il y eut des moments de tension. Celle-ci aurait pu gagner la manche. Mais derrière cette barrière que tu semblais dresser, il y avait le respect. C’est lui qui a fini par gagner.

Tu as passé beaucoup de temps à rouspéter, parce que les choses ne se passaient pas comme tu les rêvais. Mais le rôle que tu préférais jouer, c’était celui de clown. Je ne t’ai pas vu souvent prendre cet habit de rêve, mais j’ai bien vu ces quelques fois que tu étais alors celui que tu rêvais d’être.

Mais la vie n’est pas souvent faite de rêves. Tu t’es battu avec la réalité. Sans toujours la comprendre ni te faire comprendre. Tes poumons t’empêchaient de respirer autant que tu l’aurais voulu. Il n’y avait pas que tes poumons. Mais toujours cette barrière que tu construisais, sans doute par peur que la vie soit un autre rêve.

La fin de ton parcours ne fut pas facile. Certainement pas comme tu l’avais rêvée. Pour moi, c’est là que tu fus le plus admirable. Toi qui avais été servi plus souvent qu’à ton tour par celle que tu aimais et qui t’aimait, tu t’es mis – quand il l’a fallu – pleinement à son service. Là non plus, ce ne fut pas facile. Une fois de plus, ce n’était pas comme cela que tu l’avais rêvé. Mais tu l’as fait. Chapeau.

Te voilà maintenant parti. Vers ton dernier rêve. Tout au fond de moi, je prie pour qu’il soit comme tu l’as espéré tout au long de ta vie.

vendredi 29 février 2008

Improbable, mais réel

FMG © 2008

Nous voici donc le 29 février. Un jour qui ne revient que tous les 4 ans. Et encore, c’est plus compliqué que ça. Il revient tous les 4 ans, sauf les années qui se terminent par deux zéros, à moins que les deux premiers chiffres de l’année forment un nombre divisible par 4. Bref, le 29 février 2000 a bien existé, mais pas le 29 février 1900, ni 1800. Le prochain 29 février qui n’existera pas sera en 2100. Peu de chance que je connaisse ça. Ce jour-là sera encore plus improbable. Pire même, il n’existera pas.

Mais aujourd’hui, le 29 février existe. Bien réel, mais improbable. Quelle est la probabilité d’être un 29 février ? Une chance sur 1461 ! Ce n’est pas grand chose, mais c’est toujours ça.

Combien y a-t-il ainsi de choses improbables, mais qui sont pourtant bien réelles ? Quand je regarde la photo prise il y a deux jours à Alger, elle me paraît improbable, constituée de surfaces n’ayant rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, ces surfaces font bien partie du même paysage nocturne. Il y a bien un bateau au milieu, de l’eau, de la lumière. Improbable, mais réel.

Dans notre monde, l’amitié est une chose bien improbable. Comment pourrait-on accorder sa confiance à des personnes que finalement on ne connaît que bien peu ? Et pourtant, on se lance, sans réserve. On se confie, on se laisse apprivoiser. Quoi de plus enivrant ? Quoi de plus merveilleux ?

La vie n’est-elle pas elle-même improbable ? Comment pourrait-on croire qu’on existe vraiment, qu’on est autre chose qu’une illusion ? Et pourtant, l’évidence semble bien là. On existe, on vit, on pense, on aime, on s’émerveille. Toutes ces choses qui n’ont pas de sens réel, mais qui sont réelles et qui à force de l’être donnent sens à toute chose.

Heureusement que l’improbable existe. Sans lui, existerait-on ?

samedi 16 février 2008

Écogle, ou l’informatique écologique

Si vous lisez ce message, allez aussi lire Ecogle, une arnaque ? Ou les besoins de valider une information, posté un peu moins d'un mois plus tard.

Je ne le savais pas, mais mon blog Réverbères participe pleinement à l’écologie informatique. Tout simplement parce qu’il s’affiche sur fond noir. Les pixels blancs consomment beaucoup plus d’énergie que les pixels noirs. Mieux vaut donc un écran noir qu’un écran blanc.

Je vous accorde que l’apport de Réverbères à cette problématique doit être infime. Ce n’est pas les quelques lecteurs quotidiens qui arrivent jusqu’ici qui contribueront à une modification significative de l’énergie utilisée par tous les blogs mondiaux. Quoique : ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

Il y a plus d’un site plus visité que le mien. Dont bien entendu les moteurs de recherche, en particulier Google qui est de loin le plus utilisé : 93,6% des personnes qui arrivent sur une des pages de mon blog ou de mon site à partir d’un moteur de recherche viennent de Google ! Bref, avec son fond blanc, cela fait quelques millions de pixels trop lumineux.

Certains ont donc eu l’idée de créer un Google sur fond noir : Écogle, accessible par http://www.ecogle.fr. Si tous les utilisateurs de Google utilisaient Écogle, on pourrait économiser 750 mégawatts-heures par an, soit toute l’énergie produite par 1000 petites éoliennes ou par 26 turbines du barrage des Trois Gorges en Chine. Le jeu en vaut la chandelle, non ?

Il n’y a que le fond qui change : c’est bien le moteur Google qui travaille. Deux regrets quand même : d’abord, il n’y a actuellement pas de version belge (et j’ignore si un tel projet existe). Ensuite, il n’est pas possible de modifier les préférences. Or, il y a deux préférences qui me semblent indispensables : afficher 100 résultats par page au lieu de 10 et montrer les résultats de recherche dans une nouvelle fenêtre de navigateur. Ça viendra peut-être… on peut l’espérer. (Après essais, si le nombre de pages affichées ne peut apparemment pas être modifié, l’ouverture des résultats dans une nouvelle fenêtre semble liée aux préférences enregistrées sur google.fr…).

Et finalement, de toute façon, c’est vrai que la lumière des réverbères ne vient que dans le noir !

vendredi 15 février 2008

Casse-tête : ça m’énerve !


Voilà un vrai casse-tête, au propre comme au figuré. C’est énervant : ils sont 12 au départ, on casse leurs têtes, et ils se retrouvent 13 à l’arrivée. Tout se passe devant vous, il suffit de regarder pour comprendre… et je ne comprends rien !

Sachant quand même manier des images numériques, j’ai décomposé le processus, analysé chaque étape, observé dans le détail ce qui se passe, fait des hypothèses en cherchant à les vérifier, etc. J’ai bien vu que certaines têtes de départ ne sont plus les mêmes à l’arrivée. Mais ça, je le savais puisque c’est un casse-tête. Et même si on casse des têtes, ce n’est pas pour ça qu’on multiplie les pieds. Certains pieds sont bien cassés aussi, et cette histoire devient vraiment casse-pieds, mais ça n’explique toujours pas pourquoi on en a au bout du compte treize à la douzaine.

Cela fait trois bonnes semaines qu’on m’a fait découvrir cette image, et depuis je planche. Comment peut-on être si bête devant une bête planche de dessin ?

J’ai bien vu évidemment que c’est à gauche que ça se passe : le groupe de 5 gars en marcel se retrouve soudain à 6, alors que rien n’a changé à droite où ils sont toujours 7.

Bref, je n’y comprends vraiment rien, et ça m’énerve. Alors, si quelqu’un est à même de proposer ici une solution, qu’il n’hésite pas à faire un commentaire. J’en connais plus d’un qui serait heureux de se sentir moins bête !

mercredi 13 février 2008

Ils continuent à tuer Socrate…

Un beau jour de mai 399 avant Jésus-Christ, Socrate dut boire un verre de ciguë sachant qu’il allait y rester. Il avait été condamné par ses concitoyens athéniens pour avoir soi-disant introduit de nouvelles divinités et corrompu les jeunes. Il n’avait en fait que cherché à ce que les gens réfléchissent par eux-mêmes et sur eux-mêmes. De ce fait, il avait rénové la philosophie et la politique, en mettant l’individu, dans toute sa fragilité, au centre des préoccupations. Socrate fut le premier à dire que la seule chose qu’il savait, c’est qu’il ne savait rien. Quand on y réfléchit, c’est effectivement – dans son ironie – révolutionnaire. Socrate fut donc tué et son disciple-témoin Platon eut raison d’écrire alors que « les maux ne cesseront pas pour les humains avant que les authentiques philosophes n'arrivent au pouvoir ou que les chefs des cités, par une grâce divine, ne se mettent à philosopher véritablement ».

On est bien loin du compte ! Quand on regarde la manière dont nos politiciens gèrent les affaires de l’État, il y a de quoi se poser des questions. Un exemple, parmi d’autres : mon pays – la Belgique – est, pour ce que j’en perçois, confronté à une crise politique importante et profonde, dont on n’est pas prêt de sortir. La véritable crise n’est sans doute pas celle qu’on croit. Les révélations diverses et réactions multiples de ces derniers jours semblent montrer que nous sommes confrontés à une querelle permanente entre les hommes politiques. L’enjeu n’est plus de gouverner la cité. L’enjeu n’est même plus d’avoir le pouvoir. L’enjeu est simplement d’empêcher l’autre de l’avoir. Je ne crois malheureusement pas qu’il y en ait qui soient plus propres que les autres. Tous, chacun à sa manière, passent leur temps à lancer une petite phrase assassine, à empêcher qu’un dialogue avance, à critiquer et à dénigrer l’autre. Comment pourrait-on progresser avec comme seule volonté d’empêcher l’autre d’avancer ?

Dans cette lutte publique morbide, un acteur important n’est pas en reste : la presse. On a l’impression que chaque journal cherche avant tout à publier l’information qui mettra le feu aux poudres. En osant prétendre que c’est ça, faire du vrai journalisme ! Sans doute, toute information est-elle bonne à dire. Mais le tout est dans la manière de le dire. Lorsqu’en plus de l’information, on cherche la provocation, fait-on encore du journalisme ? Tout comme pour les politiques, l’enjeu de ce type d’informations n’est même plus – pour ce que j’en comprends – de vendre le maximum d’exemplaires. Il est simplement d’être celui qui lâchera l’information qui tue…

On en revient à Socrate. On continue à le tuer. Si les objectifs ne sont plus ni de gérer le bien collectif ni d’informer et de faire réfléchir, alors toute cette clique ne vaut pas mieux que ceux qui ont condamné Socrate. Mine de rien, l’impact de celui-ci sur notre civilisation et notre culture est immense. Socrate représente le réel début de la culture dite judéo-chrétienne. Lors de sa mort, certains décidèrent de lui ériger une statue, disparue depuis longtemps. Mais sa pensée est encore là, bien vivante. Toujours dangereuse pour ceux qui ne voient que leur propre personne. Ceux qui n’ont pas compris que le « Connais-toi toi-même » n’a de sens que pour mieux comprendre les autres.

Pendant combien de siècles encore allons-nous lui faire boire la ciguë ?

lundi 11 février 2008

Sir Paul, voulez-vous m’épouser ?

Puisque de toute évidence, l’Euromillions n’est pas le bon moyen pour s’enrichir, il faut innover. Je crois que j’ai trouvé un bon filon : suivre l’exemple de Mme Heather Mills !

La démarche n’est pas trop compliquée : il suffit d’épouser Paul McCartney, de vivre quelques années avec lui, éventuellement – mais ce n’est peut-être pas obligatoire – de lui faire un enfant au passage, et puis, quand le moment est venu, de demander le divorce pour incompatibilité d’humeur. Après, il faut s’armer un peu de patience, recruter quelques bons avocats, menacer de tout divulguer (?), attendre encore un peu, et au bout du compte, vous obtenez 55 millions de livres – 74 millions d'euros – pour simplement disparaître de sa vie définitivement.

D’accord, 74 millions, ce n’est quasiment que la moitié des 130 millions promis par Euromillions. Mais il faut bien faire avec ce qu’on a, et – à tout prendre – autant se contenter de ça. Finalement, ce n’est quand même pas si mal.

Bref, le plan m’a l’air particulièrement bon. D’autant plus que durant le mariage, il est permis d’utiliser l’argent disponible pour de bonnes causes, y compris humanitaires. De quoi s’acheter une bonne conscience tranquille.

Évidemment, il me faudrait encore rencontrer ce brave Paul qui, pour le moment, ne sait pas encore que j’existe. Si quelqu’un peut m’aider, j’en serais bien content. Après, j’en fais mon affaire : je suis sûr que je parviendrai sans problème à le séduire, en lui montrant combien je ne suis pas du tout intéressé par son argent. Il me faudra sans doute être un peu patient, quoique quand on voit avec quelle rapidité M. Sarkozy a pu épouser Mme Bruni, je me dis que j’ai toutes mes chances.

Et je vois déjà devant moi le sourire ébloui de M. McCartney lorsque, l’instant béni enfin arrivé, je lui susurrerai « Sir Paul, voulez-vous m’épouser ? ».

dimanche 10 février 2008

Ils ne m’auront plus !

Vraiment, j’ai participé à l’arnaque du siècle. Ils ne m’auront plus. Soi-disant, j’allais devenir scandaleusement riche. Même mon dentiste s’y était mis en me faisant croire que pour une mise de 6 euros, j’allais en empocher 130 millions.

Bernique, j’ai eu beau jouer à ce foutu Euromillions – comme tant d’autres européens -, rien. Je n’ai rien gagné. À vrai dire, c’est encore même plus grave que ça. Avec mes 6 euros conseillés par mon dentiste, ce foutu arracheur de dents, j’avais droit à 15 nombres. Et bien, pas un seul de ces 15 nombres n’a été tiré par leur foutue machine. Du moins si je dois en croire les résultats donnés sur Internet… parce qu’enfin, s’il fallait croire tout ce qu’on trouve sur Internet, on deviendrait rapidement con !

En attendant, j’ai bêtement perdu 6 euros. Vous allez me dire qu’il n’y a pas de quoi en faire un drame. D’accord, ce n’est pas ça qui va me ruiner. Quoique. Si je m’écoutais, je rejouerais. C’est détestable de rester sur un échec. Mais ils ne m’auront pas : je ne participerai plus à leur arnaque.

C’en est vraiment une : j’allais donc gagner 130 millions… et il n’y a même personne qui a touché le jackpot ! Ces 130 foutus millions sont répartis en je ne sais combien de joueurs. En fait, je le sais : il y en a 16, s’il faut en croire Internet. Et ils gagnent chacun 8 662 872 euros. À côté de 130 millions, c’est vraiment la honte ! D’autant plus que je n’en suis pas : je vous l’ai dit, je n’ai même pas eu un numéro de bon !

Y a vraiment de quoi déprimer. D’ailleurs, je déprime. Na !

samedi 9 février 2008

Il suffit d’un peu de bleu…

FMG © 2008

Il suffit d’un peu de bleu et tout revit. Chacun remise ses souffrances. Chacun profite de cette lumière nouvelle qui vient chasser les gris des jours brouillardeux et les noirs des nuits glaciales.

Cela ne m’a pas empêché de prendre un coup de froid et de me retrouver avec une laryngite à syndrome rhinique ! Il me fallait passer par la pharmacie. Pas de chance : le samedi est le jour préféré de la plupart des malades pour faire leurs courses en pilules, gelules et sirops divers. Bref, le samedi, il faut s’armer de patience pour aller faire la file dans l’officine. Quand j’y entrai, quelle surprise : personne, si ce n’est la pharmacienne avec son sourire enjôleur. Toute contente de me voir : depuis ce matin, c’est le calme plat. Comme si les malades n’étaient plus malades. D’ailleurs, elle me raconte que son mari – ah, il y a un mari ! – a été ce matin chez le dentiste et que le client précédent – oui, je sais, normalement, on parle de « patient », mais je préfère la réalité du terme « client » -, bref le client précédent a tout simplement oublié de venir ! Sa rage de dents n’était plus qu’un lointain souvenir auquel il était devenu inutile de consacrer un peu de temps et d’argent.

Il suffit d’un peu de bleu et tout s’illumine. Chacun va se promener ou jardiner quelque peu. Chacun profite de la chaleur des rayons lumineux pour oublier que les arbres sont encore noirs et nus.

Suis-je donc condamné à ne parler que de la pluie ou du beau temps, comme tout un chacun ? Sans doute est-ce là la banalité de l’existence ? Mais un des charmes de nos pays n’est-il pas de bénéficier de quatre saisons bien marquées, bien distinctes, même si elles ont tendance ces derniers temps à bouleverser leurs bonnes vieilles habitudes ? Et voir renaître la lumière alors que nous ne sommes jamais qu’au début du mois de février, c’est toujours un miracle. C’est d’ailleurs bien le sens des carnavals de chez nous : faire un pied de nez au bonhomme hiver. Et si le mystère de l’organisation temporelle des années religieuses a fait tomber le mardi gras fort tôt cette année, ce n’est peut-être pas un hasard. Pas un signe non plus. Juste une réalité.

Il suffit d’un peu de bleu et tout reprend sens. Chacun se love dans la lumière. Chacun retrouve un peu du sel de sa vie pour s’ouvrir aux autres, à la nature, à l’universalité de nos rêves humains.

dimanche 3 février 2008

Le temps, quête inutile ?

FMG © 2005

Il y a quelques années, un nouvel accès à l’autoroute a été construit à partir de Louvain-la-Neuve. J’avais estimé que ce raccourci me permettrait de gagner entre 20 à 30 secondes par trajet.

Dérisoire ! Mais nous étions en 1998-1999. L’année de ma mise à la retraite étant théoriquement 2019, j’allais donc pouvoir gagner ces 20 à 30 secondes pendant une vingtaine d’années. À raison d’environ 230 jours de travail par an – nombre bien théorique, surtout dans mon cas, mais il faut bien une base – j’allais donc pouvoir gagner environ 115 000 secondes, soit un peu moins de 2000 minutes, ou environ 33 heures. Presque une semaine de travail ! Ou plutôt, une semaine de congé supplémentaire !

Je me souviens avoir à l’époque partagé mon enthousiasme avec un collègue tunisien. Il m’avait regardé avec un air très étonné – conformément à la sentence africaine bien connue « Vous avez vos montres, mais nous avons le temps ! » – mais néanmoins très intéressé. À côté de ses tâches pédagogiques, il écrivait quelques articles pour la presse locale et était ravi d’avoir un exemple concret pour montrer à ses lecteurs les différentes manières d’appréhender le temps !

Nous ne sommes pas encore en 2019, et – après 10 années – je ne suis pas sûr d’avoir vraiment gagné une demi-semaine de congé. Quand bien même serait-ce le cas, aurais-je vraiment gagné quelque chose ?

J’ai plutôt l’impression d’être compressé en permanence par le temps. Inexorablement. J’adore ce mot : inexorablement… Je le sens résonner de tout son sens. S’il y a bien quelque chose auquel il peut s’appliquer, c’est le temps. Le temps qui défile, sans jamais s’arrêter, sans jamais reculer, sans jamais se reposer. Inexorablement. Vouloir le retarder ou vouloir le gagner ne peuvent être que des illusions désespérantes.

Je n’ai pas l’impression d’avoir assez de temps pour faire tout ce que j’ai à faire, ou plutôt tout ce que je voudrais faire. Et pourtant, je n’ai pas l’impression non plus de prendre mon temps. Plutôt celle d’être pris par le temps. Est-ce que cela a du sens ?

« Le Temps n'a d'autre fonction que de se consumer : il brûle sans laisser de cendres. » (Elsa Triolet). Ne devrions-nous pas le laisser brûler à son rythme ? Peut-on espérer un jour avoir le temps d’avoir le temps ? Plutôt que de vouloir le vaincre, ne faut-il pas s’en libérer ? Ne plus y penser ? De toute façon, il s’écoulera bien sans nous.