samedi 21 juin 2008

Hugo et la boule

FMG © 2008
Hugo a quitté son étang. Après y être resté tant et tant de temps, s’y être figé dans la pierre, il a sans doute fini par se rendre compte qu’il ne restait plus d’eau dans cet espace ouvert, qu’il n’y avait plus rien à regarder, que la vie était désormais partie ailleurs.

Qu’allait alors devenir Hugo ? Il aurait pu disparaître, découvrir d’autres mondes, appartenir à d’indéfinissables étrangers.

Mais je l’ai vu, hier soir, alors que le soleil se couchait, n’éclairant plus que quelques percées d’univers. Il était là, à l’orée du bois, juste où le chemin du mystère se termine. Ou commence, c’est selon.

Hugo était là, agenouillé, attentif, émerveillé. Habillé de ce regard malicieux qui s'étonne d’exister. Nourri du bonheur de découvrir d’autres cieux, de s’y parer des éclats d’une nouvelle lumière, plus ténue peut-être, mais plus ouverte sans doute.

Hugo observait une autre Terre. Un monde où tout est à construire. Un monde qui ne connaît pas encore toutes ces guerres qui détruisent le respect. Un monde sans catastrophe, sans cataclysme, sans perturbation. Un monde où l’ordre peut exister sans qu’il y ait le pouvoir. Un monde où la couleur de la terre montre qu’il est possible d’y croire encore, d’y créer des chemins de partage, d’y bâtir l’amitié et la tendresse.

Hugo observait, avec ce regard si chaleureux, mais aussi si détaché des bassesses qui hantent notre quotidien. Hugo était là, mais je sentais bien qu’il était parti déjà, vers d’autres souffles, d’autres rêves, d’autres improbables possibles.

Je n’ai pas osé le déranger. Hugo est pourtant le signe que la vie continue, ici ou ailleurs. Sa complicité est celle de la graine qui germe et qui croît. Qui vit.


Avant d'écouter "Bon Papa Grand-père", arrêtez le lecteur à droite.

Bon Papa Grand-Père,
Quand tu seras mort,
Au fond de la terre,
Vivras-tu encore ?

Mon petit bonhomme
Au-dessus de moi,
Plante un grain de pomme
Et il fleurira.

Raphy © 1992

3 commentaires:

  1. C'est toujours aussi beau... Et derrière le poète, l'homme n'est jamais loin...
    Je serais curieux de savoir d'où l'idée t'es venue. Vraiment.

    Quelle bonne idée en tout cas d'avoir fait revenir Hugo. Moi qui ne parviens plus à écrire, ça me porterait presque vers le haut... Merci !

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  2. t'est venue, je voulais dire...

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  3. Votre petit prince a bien choisi sa nouvelle demeure... pour méditer, inspirer et rayonner.

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