mercredi 30 juin 2010

Ma non-coupe du monde

Moi aussi, je joue au football. Enfin, j’ai joué. La dernière fois que j’ai participé à un match, c’était exactement il y a 20 ans, le 30 juin 1990 ! Je m’en souviens très bien.

J’appartenais à l’équipe des « profs ». Nous étions opposés à l’équipe des « élèves ». Comme toujours, j’occupais le poste de gardien de but. En deuxième mi-temps, une balle haute est arrivée. J’ai sauté pour la repousser et j’y suis arrivé ! En même temps, j’ai senti une douleur vive dans le mollet et je suis retombé sur le dos. En me relevant, j’ai dû me rendre à l’évidence : mon pied gauche balançait lamentablement au bas de ma jambe sans que je n’en ai plus le moindre contrôle. Rupture totale du tendon d’Achille.

Les semaines qui suivirent furent encore moins glorieuses. Il y eut une hernie discale, avec immobilisation sous traction pendant une semaine et finalement une opération. Je fis une « pneumonie » qui n’était rien d’autre qu’une petite embolie pulmonaire annonciatrice d’une thrombophlébite. Six mois d’interruption de travail avant d’hériter d’une invalidité professionnelle.

Tout cela aurait pu me couper du monde ! Eh bien non, que du contraire. Cet accident dont je garde bien sûr des séquelles a accéléré ma reconversion professionnelle. Il n’en est pas seul responsable, loin de là, mais il y a certainement contribué. Alors que j’aurais pu passer le reste de ma carrière à être un (bon) prof devant sa classe, jouant par ci par là un match de foot, je me suis retrouvé dans un job beaucoup plus ouvert qui m’a fait courir le monde à défaut de courir les terrains : Canada, France, Hongrie, Luxembourg, Moldavie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Suède, Algérie, Burkina Faso, Burundi, Comores, Congo (RDC), Djibouti, Gabon, Madagascar, Maroc, Île Maurice (Rodrigues), Mauritanie, Sénégal, Tunisie, Hong-Kong, Liban, Thaïlande, Vietnam ! Voilà les pays où m’a amené ce match de football raté ! J’ai du mal à comprendre qu’en France, on en fasse une affaire d’État !

Finalement, dans tous les cas, l’important, c’est de se relever !

dimanche 27 juin 2010

Surprenant et… déplorable !

Ainsi donc, ce brave Pape Benoît XVI s’est fendu aujourd’hui d’un télégramme de soutien à son copain Mgr André Joseph Léonard. Il y exprime « sa proximité et sa solidarité en ce moment de tristesse, dans lequel, avec certaines modalités surprenantes et déplorables, des perquisitions ont été menées » par la Police belge pour instruire les affaires de pédophilie qui – malheureusement – touchent l’Église belge.

C’est vrai que ces perquisitions sont surprenantes. L’Église belge, comme d’autres, se sait confrontée à une difficulté qui, si elle n’est pas l’apanage du clergé, montre toute sa faiblesse. Elle a désormais décidé de voir la réalité en face et avait instauré en son sein une commission chargée de traiter les plaintes de victimes d'abus sexuels.

Je ne suis pas dans le secret des dieux (☺) et ne suis donc pas à même de juger si cette commission faisait son travail avec tout le sérieux et la célérité nécessaires. Par contre, si la Justice belge a décidé à un moment de faire des perquisitions de la manière dont elle l’a fait, je suis enclin à penser que ce n’est pas pour persécuter l’Église, mais parce qu’elle avait de bonnes raisons de le faire.

En tant que citoyen belge, je ne peux accepter que le Pape du haut de sa très grande sainteté exprime un tel jugement sur la manière dont la Justice belge mène son enquête. Il n’a absolument rien à dire à ce propos.

En tant que « chrétien », je m’offusque encore plus. Que les choses soient claires : aujourd’hui encore, je me déclare « chrétien », car Jésus-Christ et son message restent pour moi des références exemplaires fondées sur l’Amour, la Vérité, la Charité et le Respect. Mais il y a longtemps que je ne me sens plus « catholique ». L’Église qui porte ce qualificatif me semble totalement à côté de la plaque – car elle s’éloigne sans cesse du message chrétien – et je n’ai plus de liens avec elle. Une fois de plus, je vois que le « chef » de cette confrérie s’immisce dans un domaine qui n’est pas le sien en émettant de plus des jugements péremptoires. J’allais ajouter « sans balayer devant sa propre maison », mais ce serait injuste. Je crois que l’Église a – enfin ! – pris conscience de l’immensité du désastre et qu’elle essaie de s’en sortir. Ce n’est malheureusement pas en diffusant de tels communiqués qu’elle y arrivera.

La vertu première de l’Amour, de la Vérité, de la Charité et du Respect est l’humilité. Cela, l’Église ne me semble pas encore l’avoir compris ! Et tant qu’elle ne le comprend pas, elle crucifie un peu plus le Christ ! C’est surprenant, tout autant que déplorable.

samedi 19 juin 2010

Lost, définitivement disparus

Voilà donc Lost définitivement disparue des écrans de télévision belge. La sixième saison s’est terminée hier, avec un final qui divise les foules, spécialement ceux qui ont suivi de manière très fidèle les épisodes depuis leur début.

Ce n’est pas mon cas. Je ne suis pas trop TV et encore moins « séries ». J’ai pris Lost en marche, durant la deuxième saison si ma mémoire est bonne. Puis je l’ai laissée continuer son chemin épisodique, en visionnant parfois ci et là un épisode parmi d’autres. Puis, la sixième saison m’a ramené à la série et ça m’a bien plu.

J’ai donc peu d’investissement émotionnel sur cette série. Pour moi, ce n’était qu’un divertissement comme un autre, plutôt bien fait. À vrai dire, Lost m’a rappelé une autre série mythique : Le prisonnier. Il y a beaucoup de points communs entre les deux séries. D’abord, toutes les deux ont innové dans les concepts audiovisuels. Le langage narratif a pris avec les deux séries des dimensions nouvelles, en mêlant réalité, imaginaire, surnaturel, passé, présent et avenir. Ensuite, le concept est un peu le même : il y a un prisonnier (on ne sait pas trop de quoi) ou des perdus (on ne sait pas plus de quoi ni où). Ils essaient tous de quitter le lieu béni où ils se retrouvent, sans y parvenir. Et quand ils en sortent, ils y reviennent ! Enfin, le dernier épisode des deux séries – censé amener les réponses aux nombreuses questions – n’apportent en réalité que des réponses très imparfaites et incomplètes. Au bout du compte, dans les deux séries, le message est que tout est en nous et que les mystères n’ont pas beaucoup d’importance si on peut leur apporter une réponse personnelle.

Enfin bref, la seule chose que je sais, c’est que la série est finie et que de nombreuses questions n’ont pas trouvé de réponse. J’ai le même sentiment qu’il y a plus de 40 ans lorsque la série Le prisonnier s’est terminée : le mystère plane toujours, et il faudra que je revoie ça. Ce fut le cas avec Le prisonnier : c’est la seule série dont j’ai acquis la version complète en DVD. Je l’ai regardée avec autant de passion que la première fois et avec autant de questions sans réponse à la fin… me faisant penser que je regarderai encore tout cela une prochaine fois quand j’aurai le temps, tant ces mystères sont prenants.

Lost est finie, mais il faudrait bien que j’ai les 6 saisons en DVD et qu’un jour, quand j’aurai le temps, je puisse me replonger dans ses mystères en sachant déjà qu’au bout du compte, ils resteront nombreux. Et c’est très bien ainsi : n’est-ce pas cela le véritable divertissement ?

jeudi 10 juin 2010

Vers la Wallonie française ?

Voir aussi "Non à la Wallonie française".

Au point où on en est, tout est évidemment possible. Aussi, je me garderai de dire « jamais » alors que c’est bien un des mots qu’il faut éviter en toute circonstance.

Mais enfin, quelle idée ! Parce que la Belgique vit quelques soubresauts qui ne seront sans doute qu’accentués par les résultats des élections de ce dimanche, certains s’imaginent ou rêvent de voir la Wallonie se rattacher à la France et devenir une de ses régions. Du Sud de la Belgique, la Wallonie passerait ainsi au Nord de la France. Il paraît même qu’une majorité de Français sont prêts à accueillir ces braves Wallons.

Soit. Mais qu’y gagnerait la Wallonie ? Elle deviendrait une région atypique, sans doute jamais vraiment acceptée. Les Wallons se retrouveraient dans un paysage politique où ils n’auraient pas grand chose à dire. Férus du « je fais comme j’ai envie de faire », comment pourraient-ils s’y retrouver dans un État fondé sur une centralisation à l’outrance des institutions ? Ne prenons qu’un seul exemple : imagine-t-on un seul instant les écoles wallonnes s’inscrire dans le système éducatif français ? Je sais que le surréalisme est typiquement belge, mais là on fait fort !

Je n’ai rien contre les Français, bien au contraire. Je reste cependant convaincu qu’un Wallon est plus proche d’un Flamand que d’un Français. Tout comme un Flamand est plus proche d’un Wallon que d’un Hollandais. C’est ce qu’on appelle la belgitude. On pourrait sans doute disserter sur le sujet… mais c’est ma conviction.

Les Wallons qui luttent pour le rattachement à la France – et il y en a de plus en plus apparemment – commettent selon moi une grande erreur stratégique. En réalité, le problème belge n’est pas « Wallonie contre Flandre ». Le problème, c’est Bruxelles. Si un rattachement de la Wallonie est concevable sur papier, il me semble évident qu’il se ferait sans Bruxelles, car Bruxelles est une ville (ou une région) bilingue. La minorité flamande de Bruxelles doit aussi pouvoir se retrouver dans les nouvelles structures. Comment le pourrait-elle si elle était annexée à la France ? Défendre le rattachement de la Wallonie à la France, c’est lâcher Bruxelles. Les Flamands n’attendent que ça. Or, c’est là le véritable enjeu, tout en étant d’ailleurs la véritable difficulté de la situation belge.

Ce billet n’énonce qu’un sentiment diffus. Il faudrait plus de temps pour développer les arguments. Il faudra peut-être le faire à plus ou moins court terme !

Au bout du compte, tout cela ne me regarde peut-être pas, moi qui suis un francophone vivant en Flandre. Tous les jours, je passe la « frontière linguistique » qui deviendrait de la sorte « frontière d’États ». Jusqu’à présent, je n’ai jamais très bien vu où était cette frontière (sauf à regarder le revêtement de la route). Finalement, je ne tiens pas à le voir plus !

dimanche 6 juin 2010

Ma nouvelle arme terroriste

Attention, mes amis, méfiez-vous de moi : je suis un dangereux terroriste ! D’ailleurs, il suffit de me regarder ! Ou plutôt de regarder ma petite valise de consultant qui vadrouille le monde.

Les contrôleurs burkinabés du vol Air France AF 547 Ouagadougou-Paris de ce vendredi 4 juin ne s’y sont pas trompés. Ils m’ont tout de suite reconnu ! J’étais celui qui avait déjà, à Paris, essayé de passer, en 2008, les contrôles de sécurité avec l’arme absolue : un rouleau de papier collant pour peintres ! Sans oublier bien entendu la fois où j’avais essayé de transférer dans l’avion Amsterdam-Bruxelles un précieux et dangereux élixir contenu dans une petite maison miniature qu’on m’avait offert dans l’avion New York-Amsterdam !

Les passagers du vol AF 547 (on se croirait presque dans le vol Oceanic 815 de la série Lost que je regarde actuellement) peuvent remercier ce brave contrôleur : grâce à lui, ils ne se sont pas fait crapuleusement agresser ! Avec un courage exemplaire, il a tout de suite repéré ma dernière invention terroriste : l’allonge multiprises que je trimballe avec moi un peu partout dans le monde depuis plus de vingt ans !

Ils m’ont donc enfin débusqué : de toute évidence, j’avais là une arme électrique très dangereuse. Il faut avouer que l’allonge en question était spéciale (et différente de la photo) : pour répondre aux nombreuses situations que j’ai rencontrées, elle était constituée d’un long fil brun – environ 5 mètres – à deux conducteurs. (J’en profite pour dire qu’il s’agit bien d’une allonge et non d’une rallonge : une rallonge, cela allonge quelque chose qui a déjà été allongé. La plupart du temps, j’allonge donc et je ne rallonge pas !)

Bref, mon allonge a été confisquée définitivement et les passagers du vol ont été sauvés. Enfin, ils l’ont été parce que cette confiscation m’a profondément bouleversé : il me restait dans mon sac les fils de mon chargeur d’ordinateur et dans ma valise ceux de mes hauts-parleurs portables, des chargeurs de mon téléphone portable et de mon appareil photographique. Bref, un véritable arsenal qui n’a pas eu l’air d’inquiéter le pandore en question. Il a même laissé passer une bouteille d’eau à moitié remplie !

Un drame a ainsi été épargné. De mon côté, ce n’est pas très grave : je remplacerai cette allonge indispensable pour un maximum de 5 euros. En réalité, la douleur est plutôt symbolique. J’ai fait toute ma carrière avec cette allonge. Je l’avais déjà quand j’étais instituteur, du temps d’ailleurs où un collègue avait écrit sur la multiprises le nom de ma tendre et chère. Chaque fois que je la branchais dans les hôtels qui m’hébergeaient un petit peu partout dans le monde, je pensais à elle et à ce temps où je travaillais avec des enfants !

Je suis peut-être un dangereux terroriste, mais, mine de rien, ce brave homme – qui n’a fait sans doute que son devoir – m’a volé une part de ma vie.

jeudi 3 juin 2010

S comme servage ?

FMG © 2010

Voilà quatre jours qu’en ouvrant les rideaux de ma chambre, je contemple cette piscine Splendide. Chaque matin, elle est là à me tendre la main. À midi, elle se dore toujours au soleil m’invitant à la rejoindre. Mais jusqu’à présent, j’avais résisté à ses appels. J’ai fini par craquer et j’ai bien fait. C’est très agréable !

Pourquoi ne pas l’avoir approchée plus tôt ? C’est une bonne question et la réponse est simple : parce que je travaillais. C’est d’ailleurs ce que je devrais être en train de faire maintenant, mais voilà il faut parfois un peu souffler.

Je ne l’ai pas vraiment fait depuis que je suis arrivé à Ouagadougou. À part quelques moments en fin de journée, quand la piscine était fermée.

Le travail n’est-il pas parfois un seigneur auquel on se lie dans une position de serf ? On pourrait bien sûr s’en distancer. Mais ce n’est pas toujours évident quand l’activité est intéressante, quand elle permet de découvrir des mondes insoupçonnés, quand elle offre la possibilité de se dépasser et de relever des défis. Tout cela est vrai, mais n’empêche pas de se poser des questions.

Ce n’est pas de l’esclavage, mais sans doute du servage. Ce qui lie le serf à son seigneur, c’est qu’il lui doit fidélité. Cette fidélité, comme tout lien féodal, a une contrepartie : le seigneur lui doit protection. La relation qu’on peut avoir avec son travail est de cet ordre. On y est fidèle, avec toutes les exigences que cela entraîne, mais c’est lui qui nous fournit de quoi subsister, et même de réaliser d’autres projets.

Tout à l’heure, en plongeant enfin dans la piscine, je me suis dit que j’étais bien stupide d’avoir attendu autant de temps pour le faire. Je me suis demandé pourquoi consacrer toute cette énergie au travail. En réalité, n’est-ce pas un donnant-donnant ? J’ai bien fait d’écouter enfin les voix des sirènes, mais j’ai aussi bien fait de donner un peu plus que ce que je devrais au projet sur lequel je travaille ici.

vendredi 28 mai 2010

Éloge de l'anonymat

FMG © 2010

Un sénateur français, Jean-Louis Masson, a déposé une proposition de loi « tendant à faciliter l’identification des éditeurs de sites de communication en ligne et en particulier des « blogueurs » professionnels et non professionnels ». Par « faciliter l’identification », il faut comprendre mettre fin à l’anonymat des blogueurs, professionnels ou pas. Il propose, ni plus ni moins, que tous les blogueurs, quel que soit leur statut, mettent « à disposition du public […] leurs noms, prénoms, domicile, numéro de téléphone […] et adresse électronique ».

La problématique est délicate. Les médias actuels permettent à n’importe qui d’écrire n’importe quoi à tout moment avec une diffusion potentielle inouïe. On ne peut tolérer, bien entendu, les mensonges et autres diffamations. Il y a plus que vraisemblablement des limites à établir et à faire respecter.

N’est-ce pas cependant un droit fondamental de pouvoir s’exprimer librement sans devoir nécessairement dévoiler son identité ? Si ce blog ne pouvait pas s’appeler « Réverbères », mais devait être clairement relié à l’individu que je suis, il est vraisemblable que je n’aurais pas toujours publié ce que j’ai publié. Non pas que j’érige l’anonymat en règle sacrée. Il est d’ailleurs assez facile pour celui ou celle qui le voudrait de retrouver mon chemin. Mais de là à donner quelque part mes nom, prénom, numéro de téléphone et adresse électronique, il y a une marge que je ne tiens pas à franchir.

Ce n’est pas une question de se cacher. C’est pouvoir écrire des mots en prenant un angle particulier, en créant une atmosphère spécifique. À ce moment, ce n’est plus l’identité de celui qui écrit qui importe. Ce sont les mots. Ce sont eux qui donnent du sens tant à l’écriture qu’à la lecture. Ils sont bien sûr témoins d’une personnalité. Mais ils prennent une dimension supérieure à l’individu. Du moins, je l’espère. Et quand je vais sur un blog, ce n’est pas tant la personne qui partage ses mots qui m’intéressent, mais les idées, les émotions, les rêves, les angoisses… qu’elle communique ainsi.

Au bout du compte, ce qui m’effraie le plus dans cette proposition de loi française, c’est cette volonté de tout légiférer. Si on continue dans cette logique, on risque un jour de devoir prouver son identité avant de pouvoir découvrir toute page sur Internet ! Vous aimeriez ça, vous ?

mardi 25 mai 2010

La magie des ans

Bernard Gerard © 2010

Il est des moments magiques où il suffit d’être pour se sentir bien. Cela peut vous tomber dessus à n’importe quel moment, mais ce sont aussi parfois des moments que l’on fait naître.

Naître. Il y a 50 ans (quasiment), la femme que j’aime naissait. Vingt-cinq ans plus tard, elle faisait naître à son tour notre fille. Ne comptez pas trop loin : cela faisait deux beaux anniversaires à fêter.

Qu’est-ce qui nous a pris de décider il y a longtemps de fêter cela ce dimanche 23 mai 2010, la journée qui fut la plus chaude et la plus ensoleillée de cette année 2010 ? Le choix était bon… et tout le monde en a profité !

L’important n’était, évidemment, pas dans le temps (celui qu'il fait… mais peut-être celui qui passe) ! Il aurait plu, c’eût été le même plaisir de revoir tout le monde, de fêter cela ensemble. Bien sûr, cela n’aurait pas été comparable. C’est vrai que le soleil, quand il est là, revigore tout ce qui doit l’être. En fait, il ne fait que dorer ce qui dort !

Le bonheur d’être ensemble, de se retrouver, ou simplement de se trouver. J’en ai vu plus d’un qui parlait avec un de nos amis jamais rencontré auparavant. J’en ai vu plusieurs qui jouissaient de cette occasion de se retrouver. J’en ai même vu qui se reparlaient après un long silence.

J’en ai vu deux, évidemment, ma femme et ma fille, qui sentaient le bonheur de par tous les pores. Ce sont des moments magiques, c’est sûr.

HuGo lui-même était de la partie, reGardant Goulûment ce ballon sur sa boule tout en feiGnant d’iGnorer le contenu du contenant. Il avait raison. Ce jour-là, il n’y avait ni contenu ni contenant puisqu’il n’y avait aucun con ! Seulement le GonG !

Vous n'y comprenez rien ? Aucune importance. Comme dit l’autre, « la vie est belle » !

mercredi 19 mai 2010

Angers et contre toux

FMG © 2010

Je suis à Angers. Pour la première fois. Pour une nuit. Et une demi-journée professionnelle. Ce serait un épisode parmi d’autres, si ce n’était…

Si ce n’était d’abord, que je suis à Angers. Pas n’importe quoi cette ville. Elle a durant de longues années été la ville de référence de mon amie qui se bat contre le cancer et qui est bien en train de gagner son combat. Elle n’est plus ici. Mais elle y a vécu tant de choses que je me sens habité d’elle, ce soir. Comme un ange !

Si ce n’était que j’ai décidément bien mangé… ou m-Angers s’il faut le dire autrement. Je m’apprêtais à manger une bête pizza. Mais voilà, je me suis laissé conseiller par le réceptionniste de l’accueil. Et j’ai bien fait. Si vous passez par ici, n’hésitez pas : allez au restaurant Le Crémet d’Anjou ! Je ne « mens : j’ai » vraiment bien mangé !

Si ce n’était que je suis ici pour faire une « conférence », demain matin. J’aurai besoin de toute ma voix. Mais il n’y a qu’une toux. Allergique. Je peine à respirer. À aligner deux mots l’un derrière l’autre. Je ne sais pas où j’irai chercher la force de me faire comprendre demain. J’ai toujours des doutes sur le fond. Cette fois, j’ai simplement des doutes sur la forme. Je ne sais même pas si je saurai parler.

Mais ça ne fait rien, ce sera - je l'espère ! - Angers et contre toux !

lundi 17 mai 2010

Le feu

FMG © 2010

Le feu vit. Il purifie et détruit. Il ravage et réchauffe. Il illumine et réduit à néant. Le feu est l’alpha et l’oméga.

Le feu évide. Il élimine toutes ces branches inutiles, mortes, pourries. Il est l’outil idéal du nettoyage botanique. Il ne fait pas de différences entre les espèces. De toute façon, il les vide de toute substance.

Le feu unit. Il rassemble autour de lui les perdus des horizons humains. Il leur fournit la chaleur qu’ils ont définitivement égarée en cours de route, dans ces méandres ingrats de la vie réelle. Le feu les nourrit alors de toute substance.

Le feu démantèle. En quelques secondes, il peut retirer tout le sens de la vie. Peu lui importe de frapper les pauvres, les riches, les incongrus ou les rêveurs. Après son passage, ils n’ont plus que leurs souvenirs pour croire encore qu’ils ont existé. Mais ils n’ont plus alors aucune substance.

Le feu est la force pure. Celle qui peut tout. Spleen et idéal. Métaphysique ontologique ou déchéance tangible.

Le feu brûle.

dimanche 9 mai 2010

Et si l'improbable arrivait…

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne sait plus trop bien où va la Belgique. Tout peut arriver à partir de dorénavant et jusqu’à désormais !

Un scénario extrême est la scission de la Belgique… C’est improbable, mais on ne sait jamais. Cela dit, j’ai été interpellé par une interview parue dernièrement dans Le Soir de l’ancien Premier ministre Marc Eyskens, flamand critique !

Pour lui, la scission de la Belgique est tout simplement impossible, « pour la simple raison qu’il faudrait modifier la Constitution et que les francophones et les Bruxellois ne vont jamais l’accepter ! ». Sans majorité des deux tiers, pas de modification de la Constitution possible… et donc pas de scission.

La seule chose qui serait possible, c’est que les Flamands décident de se séparer de la Belgique. Il s’agirait alors d’une sécession unilatérale, mais pas d’une scission.

Les conséquences seraient certainement néfastes pour les francophones et les Bruxellois, mais seraient inattendues pour les Flamands.

Se séparant de la Belgique, celle-ci continuerait à exister, peuplée – majoritairement – de francophones. C’est elle qui continuerait à exister et à être reconnue internationalement comme étant le Royaume de Belgique, membre de l’Union européenne et de l’Organisation des Nations Unies. La « République de Flandre » n’aurait, quant à elle, aucune reconnaissance internationale et il est peu probable que les grandes Nations qui connaissent des mouvements nationalistes, comme l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, etc. acceptent de reconnaître un Etat faisant sécession.

La Flandre risquerait aussi de connaître quelques déboires territoriaux. Assez logiquement, certaines communes « flamandes » souhaiteraient décider de leur rattachement à la Flandre ou à la Belgique par voie de référendum ou même par simple décision du Conseil communal. Il y a fort à parier que plusieurs communes décideraient ainsi de se séparer de la Flandre et demanderaient leur rattachement à la « Belgique ». La Flandre ayant montré l’exemple de la sécession, elle pourrait difficilement s’opposer à ces sécessions plus petites ! La Flandre se retrouverait ainsi amputée de territoires pour lesquels elle semble actuellement intransigeante.

Tout ceci n’est encore aujourd’hui qu’un scénario fictionnel. Mais au bout du compte, on risque bien de se dire « tel est pris qui croyait prendre ». Je ne l’espère pas. J’espère qu’il y aura assez de sagesse pour trouver un compromis respectueux des intérêts de tous. Est-ce encore possible ?

dimanche 2 mai 2010

J'habite en Flandre

© Antonio Jimenez
Nous voilà donc repartis pour un tour, dans notre belle Belgique. Je ne vois pas très bien ce que ces élections changeront, car la position des uns et des autres ne variera pas beaucoup. Mais enfin, si ça les amuse, pourquoi pas ?

En attendant, moi, j’habite en Flandre, tout en parlant français. Je n’habite pas une commune à facilités : je suis un vrai « flamand » ! Comme je l’ai déjà exprimé ici, cela ne fait pas de moi un bon bilingue, et je le regrette. Cela ne fait pas de moi non plus un bon flamand, et je ne le regrette pas finalement. Il y a des choses que je ne comprends pas chez eux. Certaines me posent même question.

J’en ai fait un jour une chanson. Bon moment pour la ressortir. On m’a dit que la musique n’était pas géniale : c’est volontaire ! Je voulais une musique lourde, basique. C’est le cas. Dans mes rêves, la fanfare était même encore plus pesante, plus fausse, plus lamentable !

Un dernier mot, indispensable : je vis dans un lieu extraordinaire et je m’entends très bien avec mes voisins ! Bien sûr !

J'habite en Flandre


Je suis un francophone vivant en Flandre
Ou un flamand parlant français
Prenez-le comme bon vous semble
Moi, je m’sens bien même si c’est pas parfait

Quand j’ai choisi d’habiter ma maison
Ce n’est pas la Flandre qui fut l’objet de mon choix
Mais simplement c’était un bel endroit
Où il fait bon vivre pour écrire des chansons
La Flandre est remplie de beaux paysages
De mille lieux où l’on peut se poser
Notre Belgique est pleine de ces beautés
Qui ne sont pas liées à des langages

Moi qui suis fou de la chanson française
Je ne renie pas le folk flamand
D’Ambrozijn à Laïs c’est stupéfiant
D’écouter ces musiques tant elles me plaisent
J’avoue un faible pour les résultats sportifs
Mais où les trouver sans perdre de temps
Rien de mieux que le télétexte flamand
Qui donne l’info à un rythme explosif

À vrai dire j’croise que peu de flamands
Je n’ai rien contre eux, y a d’ailleurs pas de quoi
Je dirais plutôt qu’ils me laissent froid
Comme s’il y avait absence de sentiments
Cela dit je sens quand même naître la peur
Quand ils se mettent à exclure de leurs rangs
Ceux qui ne parlent pas le bon flamand
Ou dont la peau n’a pas la bonne couleur

Né à Bruxelles, j’habite en Flandre
Je travaille en Wallonie ou au bout du monde
J’appartiens à la Terre où je vagabonde
Sur les chemins de la carte du tendre
Qu’importe l’endroit de mon domicile
Je reste moi-même quels que soient mes voisins
On peut se comprendre si chacun y met du sien
À moins bien sûr que ce soient des imbéciles

Ik ben een franstalige die in Vlaanderen woont
Of als je wil een vlaming met Frans spraak
Neem het op zoals je wilt, mijn zoon
Ik voel me’r goed bij al is het niet volmaakt

François-Marie GERARD - FMG © 2006


samedi 1 mai 2010

Muguet du travail

FMG © 2010

Pour beaucoup, le 1er mai, c’est avant tout la fête du muguet. Ce l’est d’autant plus aujourd’hui : un samedi de repos comme les autres, où seuls quelques brins de muguet viennent enrober l’atmosphère de leur parfum si subtil et doux. Au début du mois d’avril, la nature avait environ 3 semaines de retard. Elle les a bien rattrapées.

Pour moi, le 1er mai, c’est bien sûr aussi la fête du muguet. Mais c’est aussi et sans doute surtout la célébration de tous ceux qui se sont battus pour que les travailleurs soient reconnus dans leurs droits les plus élémentaires : avoir un salaire décent, avoir des congés payés, pouvoir être entendus dans leurs revendications, ne pas être seulement un « esclave professionnel », mais être aussi un homme ou une femme qui vit sa vie, a ses rêves et ses espérances.

Des milliers de travailleurs se sont battus pour que soient reconnus ses droits élémentaires, parfois au péril de leur vie, quand ce n’était pas simplement au péril de perdre leur travail. Il faut leur rendre hommage : sans eux, nous ne vivrions pas aujourd’hui de la même façon.

Le combat social a encore toute sa raison d’être : les travailleurs sont encore trop souvent perçus comme une vulgaire main d’œuvre n’ayant qu’à s’incliner devant les obsessions mesquines de leurs supérieurs. Le principe de Peter et son corrolaire sont malheureusement vrais : « tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence », ce qui fait qu’« avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité ». Spécialement les postes de responsabilité : ceux-ci sont souvent aux mains de personnes qui ont atteint leur niveau d’incompétence… et qui le font sentir à leurs subalternes.

L’actualité proche me montre toute la justesse de ces principes. On ne sait pas y faire grand chose… si ce n’est continuer à lutter comme nos ancêtres l’ont fait pour faire reconnaître nos droits de travailleurs et d’êtres humains. Je leur rends profondément hommage !

lundi 26 avril 2010

Le célibat comme (fausse) porte de sortie…

L’heure n’est pas aux réjouissances avec une Belgique laminée par des égocentrismes lamentables, au Nord comme au Sud ou au centre. Mais, puisque j’ai fait mine de ne rien y comprendre (sans être sûr d’avoir été compris dans ma démarche ironique), je ne tiens pas à approfondir ce déchirement bien fâcheux.

La Belgique, comme d’autres pays, est confrontée à d’autres problèmes, peut-être encore plus navrants. Je veux parler de la pédophilie dans le clergé catholique.

Le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, qui avait créé la polémique début avril en liant les crimes de pédophilie à l’homosexualité, a remis ça. Il a affirmé dimanche que la multiplication des scandales de pédophilie parmi les religieux catholiques était sans lien « direct » avec le célibat imposé aux prêtres.

« Il n’y a pas de relation directe entre le célibat et la conduite déviante de certains prêtres. Au contraire, c’est précisément le non-respect du célibat qui produit une dégradation progressive de la vie du prêtre qui cesse d’être un exemple, un don, un guide spirituel pour les autres. »

En soi, il a raison : le célibat des prêtres peut contribuer à les rendre disponibles tant à leur propre spiritualité qu’aux « fidèles » dont ils ont la charge. On peut donc très bien être célibataire sans être nécessairement pédophile, que l’on soit prêtre ou non d’ailleurs.

Mais les déclarations du cardinal Bertone semblent montrer que l’Église ne s’interroge pas réellement sur les raisons du phénomène. Ce n’est sans doute pas le célibat qui crée la pédophilie, mais c’est peut-être la pédophilie qui crée le célibat. Comme je l’ai lu dernièrement dans un commentaire sur Facebook, sous la plume du journaliste André François, « si on est pédophile, c’est… qu’on est pédophile ». Pour des raisons que j’ignore, et vraisemblablement liées à l’histoire de chacun, certains sont – malheureusement – attirés par les enfants. Quand un jeune à l’aube de sa carrière ressent cette pulsion, cela doit lui poser de nombreux problèmes. Quelle issue ? L’une d’elles est peut-être le célibat ecclésiastique. Ne pouvant avoir de relations sexuelles « normales », ils peuvent se dire, tant qu’à faire, que le mieux est de ne pas en avoir du tout. Le célibat des prêtres, bien réglementé, leur offre alors une porte de sortie.

Une porte de sortie, peut-être. Mais pas une solution. Au contraire, les pulsions ne doivent être que plus vives et la seule solution qui s’offre à eux est alors de transgresser l’interdit et de s’attaquer aux faibles victimes qu’ils convoitent.

En d’autres termes, je pense que le célibat des prêtres n’est pas la cause de la pédophilie – et que la majorité des prêtres ne sont pas pédophiles -, mais qu’il n’aide certainement pas à déplacer les pulsions négatives sur des objets de désir plus sains.

En écrivant ceci, je ne cherche pas à influencer d’une quelconque manière l’Église catholique. Mais tant qu’elle n’acceptera pas de regarder en face sa propre réalité, elle ne pourra pas progresser. À ce stade de ma réflexion, c’est comme pour la Belgique : j’ai quelques doutes…

vendredi 23 avril 2010

Bell(g)e Histoire Vraie

Ainsi donc, la Belgique est au bord de la crise de régime. Le surréalisme devient vraiment la caractéristique essentielle de ce brave peuple belge !

Et si tout cela n’était qu’une histoire familiale ? Depuis longtemps, les frères Van Rompuy jouent un rôle important dans la vie politique belge. L’aîné, Herman, a un profil plutôt consensuel. Cela lui a valu dernièrement de devenir le premier Président européen (non élu) de l’histoire ! Pas mal… mais il faut reconnaître qu’il peine un peu à s’installer dans la fonction. L’autre, Eric, est un trublion. Il peut dire tout et n’importe quoi, tant qu’on parle de lui. Bon flamand, il est depuis longtemps un de ceux qui participent activement au lent processus de destruction de la Belgique, étant activement impliqué dans la proposition de loi relative à la scission du désormais célèbre arrondissement BHV (Bruxelles-Halle-Vilvoorde).

Enfin bref, ce qui se passe aujourd’hui est peut-être un bon coup entre frères. Même si Eric est beaucoup plus calme depuis qu’Herman occupe de hautes fonctions, il n’est pas douteux qu’il continue à agir.

Le premier juillet prochain, la Belgique prendra la présidence tournante de l’Europe. Ce système de présidence tournante, assurée actuellement par l’Espagne, n’est pas simple à gérer pour notre ami Herman. Comment être Président quand un autre (élu) est lui-même Président pour 6 mois et tient à paraître l’homme de la situation ?

Grâce aux nouveaux soubresauts de l’histoire BHV, la Belgique risque bien de se retrouver sans véritable gouvernement lors de la prise de présidence en juillet. Ne serait-ce pas providentiel pour Herman qui – pendant 6 mois – aurait les coudées franches pour se révéler un véritable Président, homme de la situation, en absence de véritable concurrent ?

Voilà donc la belle explication de ce nième épisode de la politique belge : nous sommes prêts à paraître stupides devant le monde entier, simplement pour laisser l’un des nôtres créer et pérenniser sa fonction de Président européen.

C’est beau, quand même, non ? Je n’ai rien compris ? Ah bon !