Allumeur de réverbères
Qu'y a-t-il de plus beau sur terre
Que de faire naître la lumière
Là où c'est nécessaire ?
mercredi 17 octobre 2007
Je te donne ma parole… et la reprends aussitôt
Que vaut une parole donnée ? Finalement, il est si facile de dire « Oui, je m’engage à ceci ou cela… » et puis, quelques temps après, de dire « Voilà, je fais autrement ».
Une telle attitude, nous l’avons tous rencontrée un jour ou l’autre, que ce soit dans la vie quotidienne, dans la vie amoureuse, dans la vie professionnelle, dans la vie des affaires… Et au bout du compte, nous vivons dans une société où tout le monde sait bien qu’une « parole » n’est jamais « donnée » qu’au moment où on la donne. Après, basta. Même quand cette parole donnée est accompagnée d’un écrit signé, d’un contrat, on sait bien que ce n’est pas parole d’Évangile !
Mais chaque fois qu’on se retrouve victime d’un tel reniement, cela fait mal. Et ça donne envie de se rebeller. Sans grande chance de succès, mais envie quand même.
Nous venons de vivre un épisode de ce type. C’est un peu compliqué… mais disons que mon sacré fils Simon a besoin d’un « kot » étudiant à Louvain-la-Neuve. Il s’y est pris un peu tard et se retrouve pour le moment Gros-Jean comme devant. Il y a 3 semaines, miracle : un appartement pour 4 étudiants se dégage. On saute sur l’occasion. Elle fait le bonheur de Simon qui va pouvoir koter avec ses potes… mais il faut attendre jusqu’au 15 octobre pour réaliser quelques travaux. Je passe des détails, mais le 15 octobre le propriétaire nous informe que finalement, il a décidé de ne pas louer. Patatras !
En dehors des ennuis que cela provoque, des autres occasions qui ont été entretemps ratées, de la recherche qu’il faut recommencer, il faut bien reconnaître que ce qu’il y a de plus triste dans cette histoire, c’est l’image que cet adulte donne aux jeunes. Pourquoi ceux-ci auraient-ils encore confiance ? Pourquoi à leur tour n’agiraient-ils pas de la même manière ? Sacrebleu, dans quel monde vivons-nous ?
lundi 15 octobre 2007
Hugo, l’enfant de l’étang
Un jour, il arriva au bord d’un étang. Quoi de plus normal : s’il y a bien un milieu de vie, ce sont les étangs. Tout le monde sait cela. Mais cet étang était particulier. D’abord, il était tout petit. Aurait-il fallu parler d’une mare ? C’eût peut-être été plus correct. Et peut-être cela aurait-il changé le cours de cette histoire. Qui sait ?
Toujours est-il que dès qu’il aperçut cet étang – ou cette mare, c’est selon – il s’arrêta brusquement et s’accroupit à son bord. Il commença à fixer le centre de l’étang, sans lever les yeux, sans se laisser distraire par tout ce qui l’entourait. Que voyait-il ? Personne ne l’a jamais su. Peut-être avait-il découvert le trésor de la vie. Peut-être même était-ce tout simplement la vie qu’il scrutait ainsi, un sourire béat au coin des lèvres. On eut beau l’appeler, lui dire de revenir sur terre, rien n’y fit. Il resta là, à regarder le centre de l’étang, à moins que ce ne fut une mare. Qui sait ?
Petit à petit, à force de regarder, lui qui était si impétueux en temps normal, il se transforma, lentement mais sûrement, en statue de pierre. Figée pour l’éternité. À regarder sans discontinuer le cœur de l’étang, un sourire béat au coin des lèvres.
Depuis le temps, l’étang s’est asséché. Il n’y a plus que des herbes hautes et sauvages. Mais Hugo observe toujours, contemplant cette vie qui n’apparaît plus. Il sourit toujours. Comme s’il avait trouvé le sens de la vie. Comme si maintenant, il savait. Il savait ces choses que nous ne savons pas.
Je l’ai rencontré l’autre jour. Il était là, accroupi, heureux, à regarder fixement son invisible secret. En le voyant, je me suis demandé ce que son histoire pouvait bien nous apporter. Tout cela avait-il un sens ? Bizarrement, je me suis dit que décidément, la vie ne se laisse pas enfermer. Elle surgit toujours là où on ne l’attend pas, sous une forme étonnante, bien différente de ce qu’on imagine pour la vie. Parfois même, la vie se fige. Mais, c’est pour mieux vivre, pour mieux ensoleiller le monde. Le cœur du monde est dans un sourire.
Il y a toujours la vie quelque part.
dimanche 14 octobre 2007
SMTP ou les serveurs sortants
La question que je voudrais aborder ici est cependant importante pour de nombreux voyageurs et la réponse – simple – que je voudrais y apporter risque d’en intéresser quelques-uns. La question est elle aussi simple : « Comment identifier le nom d’un serveur sortant, aussi connu sous le nom de SMTP (Simple Mail Transfer Protocol), quand on est connecté n’importe où dans le monde ? ».
Pour ceux qui n’y comprennent rien, voici quelques explications. Lorsqu’on envoie un courriel à l’aide d’un gestionnaire de courriels du type Thunderbird, Eudora ou autre Outlook, on l’envoie en réalité dans une « boîte postale » qui dépend du fournisseur d’accès à Internet (FAI) sur lequel on est branché. Ce FAI transmettra ensuite le courriel aux autoroutes de l’information qui aboutira dans la boîte aux lettres du destinataire, localisée sur le « serveur entrant » (POP) du fournisseur d’adresse électronique. Le destinataire va ensuite chercher sur ce serveur entrant le courriel qui lui est destiné. Dès que vous êtes connecté sur Internet, vous pouvez vous connecter sur votre serveur entrant. Celui-ci est accessible de n’importe quel ordinateur. Par contre, on ne peut se connecter que sur le serveur sortant lié au réseau sur lequel on est branché. Voilà pour la partie technique, en résumé…
Le problème survient donc quand on est connecté sur un réseau inconnu. Par exemple, lors de ma dernière mission au Liban, je pouvais me connecter sur le réseau de l’hôtel, mais personne n’était capable de me dire le nom de ce réseau. Je pouvais donc lire mon courrier, mais pas en envoyer, car pour cela j’ai besoin de connaître le nom du serveur sortant. Pour qu’on se comprenne bien, je signale que ce problème ne se pose pas à celui qui utilise un « webmail » (style Gmail, Yahoo…), car il se connecte directement sur sa boîte que ce soit pour lire ou écrire son courriel. Une fois qu’il n’est plus connecté, il n’a plus accès à ses messages envoyés ou reçus, contrairement à l’utilisateur d’un gestionnaire de courriels.
Bref, je me suis retrouvé comme ces milliers d’utilisateurs qui se connectent un petit peu partout dans le monde, le plus souvent grâce à une connexion wifi, sans savoir comment il est relié au reste de la toile. Vous direz qu’il suffit de demander : détrompez-vous ! La plupart du temps, personne n’est au courant. Mon expérience me montre que les réceptionnistes des hôtels n’ont aucune idée de ce que vous leur demandez quand on les interroge sur leur fournisseur d’accès. Et encore plus quand vous sollicitez le nom du serveur sortant !
J’ai fini par résoudre ce problème, que je rencontre relativement souvent :
- Quand je suis connecté, je me rends sur une page qui a un compteur de visite, par exemple celle que j’ai créée : page test ! (Mais vous pouvez utilisez n’importe quelle autre page qui contient un compteur susceptible de vous renseigner.)
- Arrivé sur cette page, je clique sur le petit carré bleu à gauche. J’arrive chez le fournisseur du compteur qui m’indique, par exemple, que le 5 octobre j’étais connecté sur le réseau IncoNet Data Management sal, Beirut, Beyrouth, Liban.
- Je vais sur une autre page qui pour la plupart des fournisseurs fournit le nom du serveur smtp.
- Si le fournisseur n'est pas repris dans la liste, je copie cette information et je la rentre dans mon moteur de recherche préféré. Cela me permet d’identifier plus ou moins facilement l’adresse du site du fournisseur d’accès, de m’y rendre et – en cherchant un peu – de trouver l’adresse du serveur smtp. En l’occurrence, c’était smtp.idm.net.lb.
- Il me suffit maintenant d’entrer cette information dans mon gestionnaire, de faire un essai en m’envoyant un message, et le tour est joué.
Vous m’avez suivi ??? En réalité, dans tout cela, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a toujours une solution à un problème ! En voici un autre d’ailleurs : vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai choisi cette illustration pour ce sujet. Quel est le lien entre cet oiseau et un serveur sortant ? D’abord, je trouvais cette illustration très jolie. Ensuite, j’aimais bien cette image d’aller chercher la maison parmi tous ces personnages aveugles en bois. C’est un peu ce que je fais quand je cherche le nom du SMTP. D’ailleurs et enfin, cette toile de François Knopf est intitulée « Le grutier sortant une maison »… et il s’agit donc bien d’un serveur sortant !
samedi 6 octobre 2007
De la musique avant toute chose
Mais la vie continue. Ce vendredi soir, j’ai assisté au concert donné par l’Orchestre symphonique national du Liban. Orchestre et chœurs. Plus de 180 musiciens et chanteurs ! L’Église Saint-Joseph était remplie. Plus de 500 spectateurs ?
Un peu plus d’une heure de musique. Du classique accessible : Mozart, Orff, Beethoven et Sibelius. De la musique puissante. Carmina Burana, c’est quelque chose. L’hymne à la joie, ce n’est pas moins. Et que dire de Finlandia, véritable cri d’indépendance finlandais.
L’important n’était sans doute pas dans la musique. Mais dans le fait que la musique était là. Qu’elle rassemblait toutes ces personnes. Des libanais de tout âge. Mais aussi des gens venus d’ailleurs, roumains, hongrois et arméniens dans les musiciens, et même belge dans le public. Et tous ces gens ont – le temps d’un concert – oublié que personne ne sait ce que sera demain. Que peut-être demain ne sera pas.
Merci, la musique !
mercredi 3 octobre 2007
Détecteurs de brouillard
Quand on est sur la route, le brouillard est un adversaire redoutable. Il se permet parfois d’être plus profond, supprimant brusquement toute visibilité. Dans nos pays du nord, plus d’une voiture s’est laissée surprendre.
Mais il existe désormais des détecteurs de brouillard. Ces machines, bien placées, peuvent activer les bonnes procédures en cas de nécessité et les automobilistes peuvent être prévenus d’un brouillard qui risque de surgir, tel un chevalier aveuglant. Cela n’amène sans doute que rarement les conducteurs à ralentir leur machine, mais au moins ils sont prêts à le faire, guettant la surprise annoncée.
Le brouillard est un phénomène physique et il n’était sans doute pas trop difficile d’inventer des détecteurs de brouillard… simple question de densité de l’eau contenue dans l’air. Le brouillard des routes n’est cependant pas le seul brouillard. Dans la vie, il arrive souvent qu’on se retrouve dans le brouillard, que ce soit en amour, en amitié, en pensée, etc. Ces brouillards-là sont souvent plus denses, plus dangereux encore. Il ne semble malheureusement pas encore y avoir de détecteurs de ces brouillards sentimentaux.
Imaginez que lorsqu’un brouillard risque de surgir dans la vie d’un couple, un détecteur se mette à vibrer dans la tête de chaque partenaire. Imaginez que ce détecteur fasse comprendre à chacun qu’il y a risque de collision ou de disparition si on continue à rouler de la même manière sur l’autoroute des blessures personnelles. Imaginez que le détecteur propose de ralentir, de s’arrêter même, pour prendre le temps de regarder la route et le soleil qui luit quelque part, enrobé des méandres de l’indifférence ou du mépris.
Combien d’accidents de l’amour, de l’amitié, de la vie… seraient ainsi évités ? Pas de miracle bien sûr. Il ne suffirait pas qu’un détecteur existe et détecte le brouillard pour que celui-ci disparaisse. Ni pour que chacun change fondamentalement sa manière d’aborder l’autre. Mais cela éveillerait peut-être l’attention. Et, dans la vie, il suffit souvent de commencer à faire attention à l’autre pour pouvoir cheminer un peu plus longuement et un peu plus heureusement avec lui.
Finalement, ces détecteurs existent peut-être. Mais nous ne sommes sans doute la plupart du temps pas suffisamment sensibles aux signaux qu’ils nous envoient, nous laissant alors surprendre par nos nappes brouillardeuses. Et pourtant, le soleil est toujours derrière le brouillard !
jeudi 27 septembre 2007
Les signaux détournés (2)
On aura décidément tout vu. L’autre jour, avec mon automobile, je me promenais calmement le long de la Meuse, du côté de Wépion. J’avais dégusté quelques bonnes fraises et je voyais plutôt la vie en rose… enfin, en rouge, honneur aux fraises !Soudain, devant moi, un panneau routier que je n’avais jamais vu ! Non, je ne rêvais pas : c’était bien un panneau d’obligation. Obligation de plonger avec sa voiture dans la Meuse ! J’étais éberlué ! J’avoue ne pas avoir respecté cette obligation nouvelle. Je me suis garé dans une de ces nouvelles aires pour pique-nique, vérifiant quand même que je ne risquais pas trop de me faire écraser par des chutes de rochers. Et je me suis approché de la berge. Il y avait là un amas de voitures, entassées les unes sur les autres ! Stupéfiant !
Quelque peu à l’écart, je vis un argousin de la plus belle espèce en train d’observer une nouvelle voiture qui venait de faire le grand plongeon. Je m’approchai et lui demandai à quoi rimait tout cela. Il me regarda d’un air encore plus étonné et me dit : « Mais cela ne rime à rien, mon petit père ! Nos députés ont simplement estimé qu’il y avait trop de voitures sales et qu’il était temps d’organiser un grand lavage. Alors, on lave gratis ! Le problème, c’est que cela a tellement de succès qu’on ne sait plus comment récupérer les voitures qui sont au fond. Enfin, comme leurs propriétaires y sont aussi, on n’a pas encore reçu de plaintes ! ».
Devant tant de bon sens, je suis retourné vers ma voiture, ai retiré quelques cailloux qui étaient tombés dessus ainsi qu’un sandwich aplati, suis remonté dedans en démarrant en douce, question de ne pas me faire remarquer par l’agent, et dès que je ne le vis plus dans mon rétroviseur, j’ai accéléré méchamment.
Car enfin, toute cette histoire est absurde : comme si l’eau polluée de la Meuse était capable de nettoyer quoi que ce soit !
mercredi 26 septembre 2007
Conscience professionnelle
Je n’oserais pas affirmer le contraire, pour la bonne et simple raison que je ne sais pas comment les gens vivent leur boulot. Je suis convaincu qu’il doit y en avoir pas mal qui s’en foutent du tiers comme du quart, mais je suis tout aussi convaincu qu’il y en a d’autres, sans doute plus même, pour qui il importe de se donner à fond dans leur travail, en exécutant celui-ci de la meilleure manière qui soit.
C’est sans doute une bonne chose, tant pour les entreprises, privées ou publiques, que pour les clients de celles-ci, individuels ou collectifs. Mais à vrai dire, je me demande si c’est toujours une bonne chose pour l’individu lui-même. Bien sûr, tant qu’il s’agit de bien faire son boulot, cela ne peut que lui être profitable. Le problème survient quand cette foutue conscience professionnelle pousse à faire un peu plus que bien faire son boulot. Inévitablement au détriment d’autres choses.
Comment expliquer que le premier dimanche matin que je passe chez moi depuis quatre semaines, enfin en week-end, j’ai la folle idée de dépouiller mon courrier électronique professionnel et la mauvaise surprise d’y trouver un message d’un collègue appelant à l’aide pour un travail qu’il aurait pu tout aussi bien faire lui-même ? Et, surtout, comment expliquer que je décide ni une ni deux de réaliser ce travail séance tenante, rien que pour satisfaire le client qui n’en demandait sans doute pas autant ?
Comment expliquer ma réaction, il y a une dizaine d’années, lorsque, étant en mission au Vietnam, j’ai commencé à ressentir une douleur importante dans le pli du genou accompagnée d’un gonflement de la jambe. Moi qui avais déjà fait, à la même jambe, une thrombophlébite quelques années auparavant, il ne fallait pas me faire un dessin pour savoir ce que j’avais ni ce que je risquais. Mais voilà, à l’époque, cette mission était importante pour mon entreprise. Alors, j’ai continué à la réaliser, en limitant au mieux – sans doute au pire – les quelques mouvements que j’avais à faire pour aller travailler. J’ai fait toute la mission. J’ai pris l’avion du retour, alors que je savais bien que mon mal s’appelait le « syndrome de la classe économique ». J’ai juste demandé à ma tendre et chère de me prendre un rendez-vous chez le médecin dès mon retour… et j’ai abouti – bien sûr – à l’hôpital pour soigner cette veine folle. Je m’en suis sorti – sans doute aussi une question de veine -, mais avec le recul, quelle folie !
Des exemples comme ça, j’en ai d’autres. Il faut être fou. Je m’apprête à partir à Beyrouth, où on ne peut pas dire que tout soit calme, et puis à Batna, en Algérie, où une bombe humaine a fait des ravages il y a peu. Pourquoi ? Parce que mon travail me conduit à aller là-bas. Et que j’ai envie de faire mon travail convenablement.
Conscience professionnelle. Oui, sans doute. Mais n’est-ce pas aussi la science d’être con ? Sans doute aussi. En attendant, je suis comme ça !
mardi 18 septembre 2007
La quatrième voie
Par les temps qui courent, rejoindre le cœur des grandes villes en début de journée est la plupart du temps un chemin de croix. Ça n’avance pas, et on est juste bon à se croiser les bras !Lorsqu’il faut être à l’heure à un endroit bien délimité, il faut se lever très tôt et espérer que tout ne sera pas entièrement coincé. C’est encore plus vrai les jours de pluie, comme c’était le cas aujourd’hui. Bref, c’est une solution, mais sa probabilité de réussite est relativement faible.
Depuis quelques années, j’en ai découvert une autre : la moto. Que les choses soient claires : je ne suis pas un vrai motard. Juste l’utilisateur ponctuel d’un petit scooter 125 cm3, qui me rend de fiers services !
Ce matin, parcourant les 20 derniers kilomètres de la E411 pour me rendre à Bruxelles, dans des conditions de pluie épouvantables, j’ai senti une grande joie… en utilisant la quatrième voie.
La quatrième voie est l’espace laissé par les automobilistes entre la deuxième et la troisième bandes de circulation. Surtout ceux qui roulent sur la troisième bande. Celle de gauche. Et pour être à gauche, ils se mettent à gauche. Tout à fait. Ils laissent ainsi quasiment la moitié de la bande disponible pour les motos qui peuvent dès lors avancer à une vitesse relativement bonne.
C’est très dangereux, car il peut toujours y avoir un automobiliste distrait ou ignorant la règle. Surtout ceux qui déboîtent de la deuxième bande pour aller sur la troisième, sans regarder leur rétroviseur. Il faut donc à tout instant être prêt à réagir. C’est dangereux, et cela demande une concentration intense.
Mais c’est formidable de voir tous ces automobilistes, coincés dans leur véhicule, qui se positionnent clairement à gauche pour laisser la place libre aux motards. Il se trouve bien sûr toujours l’un ou l’autre qui ignore le principe et reste planté en plein milieu de la bande. C’est vrai, il y en a. Mais ils sont rares. Rien n’oblige les gens à se mettre autant à gauche. Ce n’est en fait qu’une marque de savoir-vivre. Ils n’y gagnent rien, si ce n’est de permettre à d’autres, qui ont fait un autre choix qu’eux, de se déplacer plus rapidement et surtout plus sûrement. Merci.
lundi 17 septembre 2007
Ça ne fait rien, mais…
Ça ne fait rien, maisQuand un avion tombe,
Même si l'on n'est pas dedans,
C'est un peu sur vous qu'il retombe,
Et même mort il fait une ombre
Plus sombre que celle d'avant.
Dimanche matin, pendant que j’atterrissais à l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Paris, à bord d’un avion aux couleurs bordeaux et blanc d’Air Madagascar, bien loin, à Phuket, en Thaïlande, un autre avion, aux mêmes couleurs, s’écrasait au sol. 89 morts, 41 survivants.
Comme sans doute tout le monde, à chaque décollage et à chaque atterrissage, j’ai – le temps d’un instant – une angoisse… c’est peut-être la dernière fois.
L’avion est le moyen de transport le plus sûr… mais il y a des avions qui tombent. Et quand ils tombent, on ne sait pas faire grand chose. Juste espérer.
Ce soir, en rentrant de Bruxelles en moto par temps humide, j’avais bien conscience d’être bien plus en danger. Avec cependant l’illusion que s’il se passait quelque chose, je pourrais exercer un certain contrôle. Je sais bien que ce n’est qu’une illusion. Le danger est réel. Plus que lorsque je monte dans un avion. Et pourtant…
Quand un avion tombe,
Même si l'on n'est pas dedans,
C'est un peu sur vous qu'il retombe,
Et même mort il fait une ombre
Plus sombre que celle d'avant.
Georges Chelon, 1969
vendredi 14 septembre 2007
Les signaux détournés (1)
Après de longs palabres, le gouvernement s’est enfin décidé : dans un souci d’économie et de rentabilisation des espaces publics, les aires de possibles chutes de pierres seront désormais transformées en aires de pique-niques.
Bref, comme il y avait des espaces dégagés réservés aux chutes de pierres, mais que ces espaces étaient très peu utilisés, il a été décidé d’installer des tables à pique-nique dans ces espaces souvent situés dans un cadre exceptionnel. Pour prévenir toute critique, le gouvernement a également proposé un nouveau signal routier, qui présente en toute clarté les avantages de ces nouvelles aires de pique-niques.
Certains esprits chagrins ont bien posé la question de l’entretien de ces nouvelles aires : qui s’en chargera ? Il a finalement été proposé que les ambulances des régions concernées soient équipées d’un réservoir spécialement prévu pour réceptionner des sacs poubelles aplatis. À chaque intervention sur les lieux, les ambulanciers seront chargés de jeter dans le réservoir les sacs qui resteraient visibles sur le lieu-dit.
Personne ne semble s’être posé la vraie question : pourquoi prendre une telle décision à l’aube de l’automne, alors qu’on sait bien que le taux de pique-niques chute – c’est le cas de le dire – drastiquement à partir de la mi-septembre ? Ne serait-ce qu’un effet d’annonce, une fois de plus ?lundi 10 septembre 2007
La mémoire collective des chemins rocailleux
J’ai vécu une telle sensation lors de mon bref passage à Moroni, capitale des Comores. L’île de Ngazidja est liée à son volcan qui, de loin en loin, se rappelle périodiquement à ses habitants. On dit que la lave ne repasse jamais au même endroit. J’ai habité dans ce qu’on appelle là « La coulée » ou « Le Sahara », allusion à l’éruption qui un jour a tout dévasté sur son passage ne laissant qu’un désert de pierres de lave. Celle-ci ne repasse jamais, dit-on, au même endroit. Et l’homme a repris le terrain à la lave. Il y a construit ses maisons, parfois somptueuses, plus souvent bidonvillesques. Reliant ces maisons, des chemins faits de rocailles de volcan. Les routes des Comores sont criblées de trous… que dire de leurs chemins ?
Rentrant le soir d’être allés manger, nous remontions ce chemin dans le noir, sans trop bien savoir où nous allions. À chaque pas, le pied se posait doucement, prêt à s’adapter aux sillons de pierres et aux aspérités aléatoires. Il faisait chaud. Et nous étions bien ensemble, après une longue journée de travail.
Soudain, je n’étais plus à Moroni à remonter le chemin vers notre maison. J’étais plongé trente-cinq ans – un peu plus, un peu moins – en arrière, à Gratte. J’étais jeune. Nous avions passé une journée entière à travailler la pierre ardéchoise pour restaurer quelque peu ce village perdu sur le mauvais flanc de la colline. Nous avions passé du bon temps à manger, à boire, à chanter, à rire. Et nous étions en train de remonter le chemin qui nous reliait au reste du monde. Nous allions, dans l’obscurité, rejoindre une improbable folie : une fête votive, un bain de minuit… À chaque pas, il nous fallait déposer le pied avec prudence pour s’adapter aux sillons de pierres et aux aspérités aléatoires. Il faisait chaud. Et nous étions bien ensemble, après une longue journée de travail.
Je n’ai pas « pensé » à Gratte. Sans l’avoir voulu, sans aucune anticipation, je m’y suis retrouvé. Avec les sentiments et les sensations de mes 20 ans, et cette douce illusion de croire que tout est possible, que le monde est refait. Je remontais le chemin de l’espoir et du bonheur. Ces rocailles noires, de l’autre bout du monde, avaient reçu la mémoire des pierres rouges de cette Ardèche aimée. J’étais happé par elles. Tout était à nouveau possible, même si ma conscience savait désormais que refaire le monde ne sera jamais qu’une illusion perdue.
Pierre qui roule n’amasse pas mousse, pierre qui taille creuse la source, et pierre qui chemine ouvre la mémoire des rêves.
samedi 8 septembre 2007
Ce qu'il faut pour être heureux
Ce message 100 ne correspondra pas à 100% à ma situation concrète actuelle, mais il témoigne de mon état d’esprit, et c’est le plus important. Il ne sera pas non plus à 100% une production personnelle, puisque – une fois n’est pas coutume – je ferai appel au texte d’un autre. François-Marie Arouet, mon homonyme dont le patronyme me sert de pseudonyme sur l’encyclopédie Wikipédia. Il est d’ailleurs lui-même plus connu sous son pseudonyme : Voltaire. Je le savais libre d’esprit, mais je le croyais bien austère. Jusqu’au jour, cet été, où j’ai découvert ce texte « Ce qu’il faut pour être heureux ». Il y dit de bien belles et libres vérités, celles que moi aussi je souhaiterais dire. Alors, voilà :
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d'être homme.
Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.
Il faut avoir un ami, qu'en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.
Il faut, le soir, un souper délectable
Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
Et sans être ivre, il faut sortir de table.
Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s'endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.
Voltaire, 1694-1778
dimanche 2 septembre 2007
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse
La première fois, en revenant des USA, la KLM nous avait offert une petite maison contenant du genièvre. Mais il nous avait fallu changer d’avion pour arriver en Belgique, et au contrôle, cette petite bouteille avait été confisquée puisqu’elle ne figurait pas dans un plastique transparent !
Depuis lors, j’ai pris plusieurs fois l’avion, avec mon petit sac en plastique, et les quelques récipients dont j’ai besoin : dentifrice, déodorant, gel de douche et after-shave. Pour ces deux derniers, je transvase dans un autre récipient (m’étant déjà fait confisquer en 2006 un flacon de gel de douche, plus grand que 100 ml). La bouteille que j’utilise pour l’after-shave m’accompagne depuis au moins 5 ans. Elle n’a plus d’étiquette, a déjà contenu toutes sortes de marques différentes et je ne la remplis que par petites quantités.
Pour des raisons de liaisons aériennes, j’ai dû passer cette fois par l’aéroport de Marseille. J’en gardais un très mauvais souvenir : la dernière fois que j’y étais passé, on m’avait presque confisqué mon ordinateur sous prétexte que je n’avais pas le papier prouvant qu’il m’appartenait ! Mieux vaut en sourire, sauf à lire la suite !
Cette fois, je sors de mon sac l’ordinateur et le sac transparent avec les quelques récipients. En toute confiance. Mais voilà que la préposée regarde le sac, en sort le flacon d’after-shave, l’ausculte et me dit que cela ne va pas. Je lui dis que tout est en ordre, que j’ai d’ailleurs passé de nombreux contrôles avec ce flacon, et lui demande ce qui ne va pas. Elle me répond :
- Il n’y a pas d’étiquette !
- Oui, je sais, je l’ai enlevée. L’étiquette n’a pas d’importance.
- Mais je ne peux pas savoir si ce récipient est inférieur ou non à 100 ml !
- Vous voyez bien qu’il n’est pas supérieur… vous devez en voir beaucoup de récipients de moins de 100 ml !
- Oui, mais ce n’est pas marqué. Je ne peux pas laisser passer ça. C’est le règlement.
J’ai abandonné. Devant la stupidité, que voulez-vous faire ? J’aurais pu exiger de voir le règlement. Je suppose qu’il y est fait mention de récipients de maximum 100 ml, sans faire état du fait que la capacité du récipient doit être spécifiquement indiquée. J’aurais pu exiger de voir le supérieur de la cerbère, mais il aurait sans doute soutenu sa collègue. Bref, j’ai abandonné et j’ai vu le flacon valser à la poubelle, ce qui a fait le bonheur d’une boutique free-tax à laquelle j’ai racheté un flacon d’after-shave (non sans vérifier qu’il n’était pas supérieur à 100 ml et que c’était bien indiqué).
Avec le recul, j’en veux peut-être surtout aux instituteurs qui ont enseigné les mesures de capacité à cette charmante donzelle. Je suis quasi sûr qu’ils ne lui ont jamais demandé d’estimer la capacité de différents récipients. Elle a sans doute dû faire de nombreuses conversions entre ml, cl, l, dal, etc., exercices totalement inutiles. Mais apprendre à estimer une capacité, cela ne se fait que trop rarement. C’est d’ailleurs un savoir-faire très difficile. Tellement important pourtant. Surtout quand on est chargé de contrôler des récipients. Enfin, rassurez-vous, je ne vais pas en faire un plat. Juste un flacon.
mardi 28 août 2007
Une lectrice

Le texte qui suit a été écrit sur la base de la peinture mise en ligne par Lali sur son blog consacré pour l’essentiel aux lectrices. Tous les dimanches, Lali propose une illustration à partir de laquelle chacun est invité à réagir. Un jour, je me suis laissé tenter.
C’était le premier jour de soleil. Enfin ! Presque deux semaines que j’étais arrivé à la mer pour des vacances bien méritées. La pluie en avait décidé autrement. J’avais passé douze jours enfermé dans ma chambre à lire tous ces livres emportés avec moi pour passer le temps sur la plage.
J’en étais au dernier livre de Nicolas Peyrac : « J’ai su dès le premier jour que je la tuerais ». J’en étais à me dire que ce n’était pas en restant dans ma chambre, sous la pluie, que moi aussi je rencontrerais cette femme qui changerait ma vie…
Et puis, le soleil est arrivé. Dès le matin, je suis parti vers la plage. Il n’y avait pas encore grand monde. Je me suis installé, les yeux tournés vers la mer. J’adore passer une journée assis devant la mer à déguster un bon livre. Mes yeux passent des lignes du livre à la ligne d’horizon. Il y a peut-être autant à lire dans ces lettres imprimées que dans cette vaste étendue d’eau qui n’arrête pas de vivre.
Petit à petit, la plage s’est remplie. Normal : je n’allais pas être le seul à profiter de ces rayons de soleil tant attendus. Et elle est arrivée. Une femme parmi d’autres. Mais elle, elle s’est arrêtée devant moi, a bien ausculté l’endroit et s’est assise, là, en plein dans ma vue… ou en plein dans ma vie ! Elle s’est tournée vers le soleil. Peu lui importait la mer. Seul le soleil l’intéressait. Et son livre. J’ai rapidement constaté qu’elle était plongée dans « J’ai su dès le premier jour que je la tuerais », le dernier livre de Nicolas Peyrac. Elle avait visiblement un peu d’avance sur moi.
Nous lisions au même rythme, c’est-à-dire rapide. On n’est pas un grand lecteur pour rien. Mon rythme, ce jour-là, se ralentissait cependant au fur et à mesure du temps. Quand je levais les yeux, non seulement je voyais la mer et ses messages d’eau, mais je la voyais aussi, elle, ma lectrice tournée vers le soleil, ignorant la mer. Ses yeux semblaient ne jamais quitter les pages du livre. Seul son corps était tourné vers le soleil. Son corps qui, il faut bien l’avouer, me troublait. Le fin fuselage de ses jambes qui se dépliaient ou s’étendaient selon ses sensations. L’harmonieuse courbe de son sein que je ne pouvais que deviner derrière les lignes noires et blanches de son maillot, tout comme j’essayais de deviner la fin de l’histoire entre les lignes noires et blanches de mon livre. Son chapeau qu’elle tenait penché vers la mer pour mieux me laisser contempler la finesse de ses traits ensoleillés. Elle restait plongée dans son livre, mais parfois – m’a-t-il semblé – alors que j’étais plongé dans le mien, j’ai pu saisir un regard furtif tourné vers moi. La mer était à sa droite. C’est de ce côté qu’elle aurait dû regarder. Mais il me semble bien que c’était vers la gauche que ses yeux parfois se détournaient. À gauche, il n’y avait que moi.
Alors qu’une fois de plus, je regardais la mer – mais voyais-je encore autre chose qu’elle, ma lectrice ? –, elle a fermé son livre, terminé, s’est levée avec tant de grâce, a replié ses affaires et rempli son sac. Je restais là, assis, feignant de regarder la mer, mon cœur battant de manière vertigineuse. Elle a pris ses affaires, s’est élancée vers sa vie, mais s’est arrêtée un court instant à ma hauteur, m’a regardé de ses yeux lumineux et m’a dit : « La fin n’est pas ce que l’on croit ».
lundi 27 août 2007
Belgique, pour combien de temps encore ?
La Belgique, mon pays, est confronté à une crise politique importante. À vrai dire, il ne semble guère y avoir d’issue : deux blocs s’affrontent, avec deux logiques différentes, et chaque bloc est bien décidé à ne rien lâcher.C’est comme ça que souvent commencent les guerres. On n’en est pas là, heureusement. C’est même une caractéristique bien belge. De par le monde, les nationalismes fleurissent un peu partout exacerbant les différences qui souvent n’en sont pas vraiment et débouchent sur la nécessité absolue d’éliminer l’autre. Que ce soit au Rwanda, en Yougoslavie, en Irak, en Irlande, et en bien d’autres endroits encore. Rien de cela en Belgique : les Flamands et les Francophones s’opposent sur bien des points, mais jusqu’à présent ces tensions n’ont jamais fait la moindre victime. Et les Belges ont toujours débouché sur un consensus. Mais aujourd’hui, cela semble plus compliqué.
Le problème n’est pas linguistique. Finalement, quand on a envie de se comprendre et de s’entendre, c’est toujours possible, quelle que soit la langue qu’on parle. Il y a une dimension socio-historique : ce sont surtout des francophones, bourgeois, qui ont créé la Belgique, après s’être délivré du joug de la Hollande (qui en 1830 était l’envahisseur du moment… après que quasi tous les pays d’Europe aient possédé la Belgique à un moment ou à un autre). Bref, pendant des années, ce sont les bourgeois francophones qui ont géré notre pays, les Flamands n’ayant que peu de choses à dire. Les choses ont changé, et c’est tant mieux. Plus les gens participent aux décisions qui les concernent, mieux c’est. Bref, dans les différends actuels, il y a toujours ce ressentiment par rapport à l’ancienne domination francophone. C’est vrai, mais je ne crois pas que ce soit le plus important.
Il y a aussi une dimension socio-économique. Aujourd’hui, les Flamands sont plus riches que les francophones. Globalement. Et ils souhaitent profiter entre eux de leur richesse. En réalité, c’est sans doute plus compliqué que cela. Et qu’est-ce que la richesse ? Ces différences économiques influencent certainement les problèmes actuels, mais à nouveau, je ne suis pas sûr que ce soit le plus important.
Je crois que la vraie question tourne autour de l’identité : qui sommes-nous ? Qu’est-ce qui fait que je suis flamand ? Qu’est-ce qui fait que je suis francophone ? Je me définis comme un francophone parce que je parle français, et cela quel que soit le lieu où j’habite. Mais un flamand se définit comme tel parce qu’il habite en Flandres… et estime donc que toute personne qui vit en Flandres est un flamand, quelle que soit la langue qu’elle parle. Les Flamands sont loin d’être des imbéciles et se rendent bien compte qu’il y a des personnes qui parlent français sur leur territoire. Ils sont aussi logiques : puisqu’elles habitent en Flandres, elles doivent devenir flamandes et parler flamand. Et adopter la culture flamande. C’est le droit du sol, plus fort que celui de la culture. Alors que les francophones, eux, se revendiquent du droit de la culture, plus fort que celui du sol. Deux logiques différentes, qui inévitablement s’opposent.
Quand on touche à l’identité des gens, on touche à ce qu’ils sont au plus profond d’eux. C’est pourquoi on n’est pas prêt de s’en sortir. Comment arriver à concilier des identités inscrites dans deux logiques aussi différentes ? Comment concilier ces deux logiques, dans le respect des identités différentes ?
Personnellement, francophone vivant en Flandres, ou Flamand parlant français, j’aspire à ce qu’une solution soit trouvée. La Belgique est un tout petit pays. Ce serait absurde de le rétrécir encore. Mais j’avoue que je suis dubitatif… Suite à un prochain numéro !







