Ainsi donc, dans les heures qui viennent, la Belgique devrait avoir un gouvernement. Ce faisant, la Belgique devrait continuer à battre quelques records mondiaux ! Après avoir démontré pendant plus de 6 mois qu’un pays pouvait très bien vivre sans gouvernement et sans que cela ne pose trop de problèmes au pays, nous voici à l’aube d’un gouvernement qui annonce fièrement une durée d’existence prévue d’exactement 3 mois ! Ce qui est sûr, c’est que ce ne seront pas ces 3 malheureux petits mois avec un gouvernement qui changeront quelque chose : la Belgique continuera à vivre, et à bien vivre. (Du moins pour la majorité de ses citoyens : je n’oublie pas les près de 15% d’habitants qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.)
Le gouvernement qui se met en place est un gouvernement en noir et blanc, ou plutôt sans couleurs… comme le temps qui nous refroidit tous pour le moment, y compris les arbres. Un peu de bleu, un peu d’orange, un peu de rouge… mais sans aucune conviction de quelque côté que ce soit. Pourquoi en aurait-on d’ailleurs alors qu’on sait n’exister que pour 3 mois ? Et qu’en plus, on résulte d’un compromis visant à ne pas faire perdre la face plus longtemps à la classe politique… Et qu’il a fallu pour cela faire appel au premier ministre précédent alors que le soi-disant futur premier ministre n’a pas arrêté de recevoir des claques à force de laisser ses collègues flamands donner des gifles aux francophones.
Pourquoi réussiraient-ils dans les trois mois qui viennent ce qu’ils n’ont pas réussi à faire pendant les six derniers mois, alors qu’ils n’avaient que ça à faire ? J’avoue être parmi les plus sceptiques. Je ne sais pas ce qu’il se passera dans 3 mois, le 23 mars exactement. Ce sera bien sûr la fête de Pâques, et on fêtera la Résurrection ! Mais je crains fort que l’Esprit Saint ne soit pas encore passé pour offrir à tous les talents de tolérance, d’ouverture, de conviction et de langues ! Faudra-t-il attendre la Pentecôte ? Je n’y crois pas beaucoup plus.
Mais nous voici à la veille de la Noël, la fête de la lumière et de la renaissance. Nous voici même, aujourd’hui, le premier jour de l’hiver. Et si cela signifie qu’il fera froid, cela veut dire aussi et surtout que les jours vont commencer à s’allonger à nouveau, à faire renaître la lumière. Dans trois mois, ce sera le printemps. Finalement, pourquoi ne pas y croire, ou plus simplement espérer ?
Allumeur de réverbères
Qu'y a-t-il de plus beau sur terre
Que de faire naître la lumière
Là où c'est nécessaire ?
vendredi 21 décembre 2007
dimanche 9 décembre 2007
Les signaux détournés (3)
J’étais parti en balade. J’adore prendre la voiture et me laisser conduire là où elle veut me mener. Sans obligation d’aller quelque part. Juste pour le plaisir. J’avoue que par les temps qui courent, je profite de moins en moins de ce plaisir qui non seulement coûte de plus en plus cher, mais qui surtout ne fait que contribuer à détruire un peu plus notre planète et son climat. Cependant, ce matin-là, il faisait beau, et je n’avais pas pu résister à l’appel de la promenade automobilisée.Je ne sais plus trop où j’étais. Je roulais à mon aise, goûtant chaque parcelle du paysage. La route serpentait. Elle était en bon état, mais ci et là on voyait qu’elle avait bénéficié de travaux de réfection. À la sortie d’un long tournant, je vis d’ailleurs le panneau ci-dessus indiquant des travaux. J’avoue ne pas m’en être inquiété : nous étions un dimanche et il y avait peu de chance que les cantonniers soient à l’ouvrage. De plus, mon train de sénateur ne me faisait pas craindre de brusques coups de freins.
Grossière erreur. Une centaine de mètres plus loin, il y avait bien des travaux. Et près d’eux, toute une série de voitures étaient stationnées. Un agent de police me fit un signe péremptoire pour aller les rejoindre. Je ne pus que m’exécuter.
Très cordial, l’agent s’approcha et m’expliqua que plutôt que d’instaurer des zones à péage sur les routes, il avait été décidé de créer des zones à travail obligatoire. J’étais donc prié de rejoindre le groupe des travailleurs et – étant donné que ma vitesse avait été contrôlée à du 57 km/heure – de consacrer 57 minutes de mon temps à réparer quelques menus trous sur la chaussée. Charmant, il m’expliqua que j’avais beaucoup de chance, car la plupart des autres travailleurs roulaient au minimum à du 90 km/heure.
J’allai donc rejoindre le groupe où j’appris à manier pelle, brouette, cailloux et autre goudron. Non sans m’étonner de constater que non seulement certaines voitures continuaient à circuler librement sur la route, mais aussi que notre petit groupe de travailleurs forcés n’était composé que d’hommes, à l’exclusion de toute femme.
Après 57 minutes de travail effréné, l’agent vint me prévenir que je pouvais continuer ma route. Il m’offrit même un rafraîchissement, en me signalant que celui-ci était offert par la marque qui sponsorisait la dite action.
Le temps avait passé et, plutôt que de continuer ma route, je décidai de faire demi-tour et de rentrer chez moi. Me retournant une dernière fois pour contempler cette zone étonnante, je vis un signal auquel j’avoue n’avoir pas été attentif lorsque j’étais arrivé et qui expliquait bien des choses !
Ainsi donc, les femmes étaient exclues de cette contribution citoyenne ! Décidément, ne reste-t-il pas beaucoup de chemins à faire pour l’égalité des genres ?
samedi 8 décembre 2007
Un moment de détente
J’avoue : je me suis laissé tenter. Je me suis offert une heure de détente sous les mains expertes de Iando, une « thérapeute » du SPA de l’Hôtel Palissandre. En tout bien, tout honneur ! Mais en pleine détente quand même.C’est une revanche. Ces dernières années, mon corps a été quelque peu meurtri. Je suis passé dans les mains de kinésithérapeutes, d’un ostéopathe, même d’un microsthéopathe. Mais j’allais les voir parce que j’avais mal et – même s’ils me soignaient – ils me torturaient.
Ici, je me suis retrouvé sur cette table de massage juste pour laisser la place à mon corps, le laisser se détendre par la grâce des gestes étudiés, tant doux que solides, de cette experte des soins corporels.
Et ça fait du bien. Au moment même. Il y a les sensations bizarres, à la limite du chatouillement, lorsque les plantes des pieds sont caressées, lorsque les paumes des mains sont appuyées, lorsque les doigts de pieds ou de mains subissent quelques torsions douces. Mais il y a aussi le bien-être qui vous pénètre petit à petit lorsque vous sentez chaque espace de votre corps accompagné par la douceur et la profondeur.
Il paraît que mon dos et ma nuque avaient quelques tensions. Ben tiens, pour un roi du cerveau, cela me semble plutôt normal. Mais la détente a pu s’immiscer là aussi.
L’heure achevée, on ne se sent pas tout à fait pareil. Il y a à la fois une lourdeur et une légèreté qui vous habitent. On est différent. Un peu plus libre peut-être. Un peu plus soi-même sans doute. Doux paradoxe : se sentir différent parce qu’on est un peu plus soi-même !
Je ne suis pas « thérapeute » et n’ai aucune science des soins corporels. Mais j’ai toujours aimé pratiquer quelques massages pour ceux ou celles qui les acceptaient. Avec un certain talent apparemment. Mais pour la première fois, j’étais de l’autre côté. Et je peux vous le dire : c’est bien agréable !
mercredi 5 décembre 2007
Cendres pâlies du Palissandre
Cela fait trois ans et demi que je viens périodiquement en mission à Madagascar. J’ai la chance de descendre chaque fois dans un hôtel merveilleux, le Palissandre. Vraiment, c’est un véritable havre de paix. Loin de l’anonymat et de la froideur des grands hôtels chics et chers, on trouve ici proximité, chaleur, douceur, confort, luxe, calme et volupté.
Alors que les restaurants de la plupart des autres hôtels que je fréquente un peu partout dans le monde sont soit inexistants soit sinistres soit inapétissants, une force du Palissandre est cet espace à dimension humaine qui propose des mets plus délicieux les uns que les autres. Je ne suis pas vraiment ce qu’on peut appeler un gourmet et, en règle générale, je me cantonne plutôt à ce que je connais déjà n’aimant pas trop confronter mes papilles gustatives à l’inconnu. Pourtant, ici, je choisis chaque jour un des deux plats du jour et je suis quasiment chaque fois ravi. C’est fin, succulent, esthétique et délicat, à défaut d’être copieux. Juste ce qu’il faut, mais la qualité remplace largement la quantité.
Et pourtant, dans ce paradis, il y a une lueur d’enfer ! Comme tout enfer, c’est sans doute moi qui le construis, qui l’interprète tel. Mais c’est l’enfer quand même. Tout le personnel de l’hôtel et du restaurant a pour consigne d’être serviable et amical. Bonjour par ci, comment allez-vous par là, bienvenue par delà, etc. Admettons.
Mais le personnel de table a aussi pour mission de veiller à ce que les verres des convives soient toujours remplis (ce qui a l’avantage de vider les bouteilles et d’éventuellement nécessiter leur remplacement). Moi, je bois une misérable petite bouteille d’eau gazeuze. Rien de plus banal. Elle n’est pas très grande. Juste ce qu’il faut pour tout le repas. Mais si on vient remplir le verre un peu trop souvent, il risque de ne pas y avoir assez d’eau, et surtout de ne plus avoir de bulles !
Le plus ennuyeux n’est pas là pourtant. Chaque fois qu’un serveur vient remplir mon verre, j’ai l’impression qu’il me donne à manger. Vous imaginez des serveurs qui tiendraient les couverts et prendraient les morceaux dans l’assiette pour les glisser gentiment dans votre bouche. Ce serait intolérable. Je ne peux m’empêcher de ressentir cette intolérance à chaque bouteille qui se soulève par une autre main que la mienne !
J’ai bien conscience de l’ambiguïté fondamentale de ce ressentiment. Finalement, on fait tout pour moi, dans cet hôtel comme dans un autre : on fait mon lit, on nettoie ma chambre, on change mes serviettes de bain, on m’apporte à table mes plats, etc. Je n’ai quasiment rien à faire, si ce n’est défaire le lit, utiliser mes couverts, lever mon verre… (et payer bien sûr). J’aimerais tant pouvoir – comme un grand – vider ma bouteille moi-même. Mais c’est bien difficile.
Hier, j’avais manifesté sans doute un peu trop ostensiblement ma mauvaise humeur. Aujourd’hui, le service était superbe et le personnel impeccable, à commencer par mon ami Iando, maître d’hôtel pris en photo. J’ai même eu droit à une petite conversation avec le patron. Mais rien n’est parfait : j’ai quand même hérité d’un serveur qui – voulant en faire trop – a commencé à vouloir vider la petite bouteille d’eau dans mon verre à moitié plein. Dur destin !
Alors que les restaurants de la plupart des autres hôtels que je fréquente un peu partout dans le monde sont soit inexistants soit sinistres soit inapétissants, une force du Palissandre est cet espace à dimension humaine qui propose des mets plus délicieux les uns que les autres. Je ne suis pas vraiment ce qu’on peut appeler un gourmet et, en règle générale, je me cantonne plutôt à ce que je connais déjà n’aimant pas trop confronter mes papilles gustatives à l’inconnu. Pourtant, ici, je choisis chaque jour un des deux plats du jour et je suis quasiment chaque fois ravi. C’est fin, succulent, esthétique et délicat, à défaut d’être copieux. Juste ce qu’il faut, mais la qualité remplace largement la quantité.
Et pourtant, dans ce paradis, il y a une lueur d’enfer ! Comme tout enfer, c’est sans doute moi qui le construis, qui l’interprète tel. Mais c’est l’enfer quand même. Tout le personnel de l’hôtel et du restaurant a pour consigne d’être serviable et amical. Bonjour par ci, comment allez-vous par là, bienvenue par delà, etc. Admettons.
Mais le personnel de table a aussi pour mission de veiller à ce que les verres des convives soient toujours remplis (ce qui a l’avantage de vider les bouteilles et d’éventuellement nécessiter leur remplacement). Moi, je bois une misérable petite bouteille d’eau gazeuze. Rien de plus banal. Elle n’est pas très grande. Juste ce qu’il faut pour tout le repas. Mais si on vient remplir le verre un peu trop souvent, il risque de ne pas y avoir assez d’eau, et surtout de ne plus avoir de bulles !
Le plus ennuyeux n’est pas là pourtant. Chaque fois qu’un serveur vient remplir mon verre, j’ai l’impression qu’il me donne à manger. Vous imaginez des serveurs qui tiendraient les couverts et prendraient les morceaux dans l’assiette pour les glisser gentiment dans votre bouche. Ce serait intolérable. Je ne peux m’empêcher de ressentir cette intolérance à chaque bouteille qui se soulève par une autre main que la mienne !
J’ai bien conscience de l’ambiguïté fondamentale de ce ressentiment. Finalement, on fait tout pour moi, dans cet hôtel comme dans un autre : on fait mon lit, on nettoie ma chambre, on change mes serviettes de bain, on m’apporte à table mes plats, etc. Je n’ai quasiment rien à faire, si ce n’est défaire le lit, utiliser mes couverts, lever mon verre… (et payer bien sûr). J’aimerais tant pouvoir – comme un grand – vider ma bouteille moi-même. Mais c’est bien difficile.
Hier, j’avais manifesté sans doute un peu trop ostensiblement ma mauvaise humeur. Aujourd’hui, le service était superbe et le personnel impeccable, à commencer par mon ami Iando, maître d’hôtel pris en photo. J’ai même eu droit à une petite conversation avec le patron. Mais rien n’est parfait : j’ai quand même hérité d’un serveur qui – voulant en faire trop – a commencé à vouloir vider la petite bouteille d’eau dans mon verre à moitié plein. Dur destin !
lundi 3 décembre 2007
Lever du drapeau
Il est des moments auxquels on ne s’attend pas, mais qui soudain se remplissent d’émotion, simple mais dense.
Ce matin, j’arrivais à 9 heures pour commencer ma journée d’appui au système éducatif malgache. Début d’une nouvelle semaine et d’une nouvelle partie de mission. Il fait beau. Je retrouve quelques partenaires malgaches qui semblent heureux de se rassembler. Dans la cour de l’INFP, je constate un attroupement. Barry m’invite à le rejoindre.
Soudain, tout le monde se tourne vers le drapeau, en rangs bien alignés. Le drapeau commence à se lever et les voix malgaches se lèvent pour chanter l’hymne national, à plusieurs voix. L’instant est tout simple, mais on sent chez ces adultes un profond respect pour leur pays et une intense communion à sa vie et son développement.
Moi qui viens d’un pays qui ne sait plus trop s’il existe, je me sens brusquement bien petit. Un peu comme si j’étais remis à ma place. Ce n’est pas que j’accorde beaucoup d’importance à un drapeau, quel qu’il soit. Mais sentir cette cinquantaine d’adultes mettre en chanson leur semaine au service de leur pays, j’avoue, ça m’émeut.
J’étais avec eux. Pour la petite histoire, pendant ce temps, d’autres consultants – légèrement concurrents – n’avaient rien trouvé de mieux que de regarder la situation de haut. Ce n’était pas tout à fait la même chose. Ça fait du bien parfois de se sentir à la bonne place.
Ce matin, j’arrivais à 9 heures pour commencer ma journée d’appui au système éducatif malgache. Début d’une nouvelle semaine et d’une nouvelle partie de mission. Il fait beau. Je retrouve quelques partenaires malgaches qui semblent heureux de se rassembler. Dans la cour de l’INFP, je constate un attroupement. Barry m’invite à le rejoindre.
Soudain, tout le monde se tourne vers le drapeau, en rangs bien alignés. Le drapeau commence à se lever et les voix malgaches se lèvent pour chanter l’hymne national, à plusieurs voix. L’instant est tout simple, mais on sent chez ces adultes un profond respect pour leur pays et une intense communion à sa vie et son développement.
Moi qui viens d’un pays qui ne sait plus trop s’il existe, je me sens brusquement bien petit. Un peu comme si j’étais remis à ma place. Ce n’est pas que j’accorde beaucoup d’importance à un drapeau, quel qu’il soit. Mais sentir cette cinquantaine d’adultes mettre en chanson leur semaine au service de leur pays, j’avoue, ça m’émeut.
J’étais avec eux. Pour la petite histoire, pendant ce temps, d’autres consultants – légèrement concurrents – n’avaient rien trouvé de mieux que de regarder la situation de haut. Ce n’était pas tout à fait la même chose. Ça fait du bien parfois de se sentir à la bonne place.
dimanche 2 décembre 2007
De quoi je me mêle ? De mes oignons ou de tes ognons ?
De toute évidence, il n’est pas simple d’apprendre et de maîtriser l’orthographe française. D’autres langues présentent moins de difficultés – l’espagnol par exemple – et certaines ont réussi de belles réformes facilitant la vie des gens, notamment le néerlandais.
Il y a donc bientôt 20 ans que ces propositions ont été faites – elles n’ont jamais eu le statut d’obligations : juste des recommandations – et il faut bien avouer qu’elles sont relativement peu passées dans la pratique de la langue écrite. Pas plus que d’autres tolérances déjà retenues en 1901 !
A priori, j’aurais plutôt tendance à appuyer cette réforme. Autant simplifier ce qui peut l’être, surtout quand ce qui est compliqué n’a aucune raison de l’être. Et peut-on espérer faire évoluer le monde si on n’est pas capable de participer à l’évolution de sa propre langue ?
Néanmoins, j’ai fini par m'interroger non pas sur son utilité, mais sur celle de la promouvoir. Face au constat que quasiment personne ne suivait ce chemin, si ce n'est bien sûr quelques intellectuels ou quelques organismes spécialisés, j’ai surtout été conduit, de par ma profession, à voyager dans de nombreux pays francophones et à agir pour le développement de leur système éducatif, notamment eu égard aux manuels scolaires. Ce sont vraisemblablement les nombreux contacts que j'ai eus dans ce cadre qui m'ont amené à oublier ces rectifications orthographiques de 1990 et – très concrètement – à renoncer à les utiliser ici ou ailleurs.
Pour différentes raisons, il faut en effet bien constater que ces rectifications ont une caractéristique fondamentale : celle d'être complètement inconnues de la plus grande majorité des utilisateurs de la langue française. Un exemple parmi d'autres, très interpellant : j’ai participé pendant plusieurs années à la formation des nouveaux inspecteurs de l'enseignement, en France. Je n'en ai jamais rencontré un qui savait que des rectifications avaient été proposées, même parmi les inspecteurs de français. Si les inspecteurs eux-mêmes ne sont pas au courant, vous imaginez ce qu'il en est au niveau de la base. Et vous imaginez aussi la situation dans les nombreux autres pays francophones.
Inévitablement, celui qui tient compte des recommandations apparaît surtout comme quelqu'un qui ne maîtrise pas l'orthographe.
Promouvoir ces rectifications n'est-il pas dès lors une démarche « impérialiste » qui ne tient aucunement compte de la réalité des utilisateurs de la langue française ? N'est-ce pas de toute façon un combat perdu d'avance lorsqu'on a un peu mieux conscience des canaux d'information et d'éducation qui caractérisent la plupart des pays francophones ? Comment ces nouvelles règles pourraient-elles être appliquées dans les pays francophones africains qui ont déjà tant de difficultés à disposer d’un personnel éducatif maîtrisant suffisamment le français pour pouvoir l’enseigner ? Comment croire qu’il serait possible qu’une telle réforme arrive dans les écoles de brousse, alors que les réels besoins de formation des enseignants sont tout autres et ô combien plus importants ?
Constatant que les recommandations ne sont utilisées que dans quelques milieux très privilégiés, essentiellement belges et suisses, n’est-on pas en droit de penser que leur promotion est une forme comme une autre de néo-colonialisme ? Au bout du compte d’ailleurs, l’important n’est-il pas que l’Allium cepa soit une de ces belles et bonnes choses que l’on trouve notamment ici, à Madagascar, qu’il soit connu ou non comme oignon ou ognon ?
mercredi 21 novembre 2007
Route ensoleillée
J’ai quitté la Belgique sous la pluie. Un vrai temps de novembre, sinistre et morose. Ma tête était en harmonie, malheureusement.
Dès la frontière française, le soleil est apparu. Qu’ont-ils donc fait, ces Français, pour mériter un peu de soleil ? Se mettre en grève – sans fin – des transports en commun, ce bien irremplaçable ? Il m’étonnerait quand même qu’il y ait un lien de cause à effet. À moins que ce ne soit la mise en examen d’un ex-Président ! Arriver à regarder les choses en face aide peut-être à les clarifier !
Toujours est-il qu’il faisait soleil sur la route. Et que ce soleil pouvait mettre en relief les beaux paysages qu’on trouve un peu partout dans ce pays. Décidément, il y a toujours ici quelque chose à voir, à redécouvrir, à contempler.
Les larges paysages du Nord offrent des terres à perte de vue, juste entrecoupées ici et là d’un village où le clocher rappelle qu’il y baigne encore aussi quelque spiritualité. Ces plaines détendent, calment, aèrent. On y est tout petit, et donc si grand !
Les vallons de la Normandie ne sont pas en reste. Même le serpent autoroutier, œuvre de l’homme, devient – pour un instant furtif – une œuvre d’art qui conduit à la lumière, à l’ouverture. Tout devient alors possible. Il suffit de saisir sa chance, et de ne pas regarder derrière soi. À du 130 km/h, c’est d’ailleurs préférable !
Dès la frontière française, le soleil est apparu. Qu’ont-ils donc fait, ces Français, pour mériter un peu de soleil ? Se mettre en grève – sans fin – des transports en commun, ce bien irremplaçable ? Il m’étonnerait quand même qu’il y ait un lien de cause à effet. À moins que ce ne soit la mise en examen d’un ex-Président ! Arriver à regarder les choses en face aide peut-être à les clarifier !
Toujours est-il qu’il faisait soleil sur la route. Et que ce soleil pouvait mettre en relief les beaux paysages qu’on trouve un peu partout dans ce pays. Décidément, il y a toujours ici quelque chose à voir, à redécouvrir, à contempler.
Les larges paysages du Nord offrent des terres à perte de vue, juste entrecoupées ici et là d’un village où le clocher rappelle qu’il y baigne encore aussi quelque spiritualité. Ces plaines détendent, calment, aèrent. On y est tout petit, et donc si grand !
Les vallons de la Normandie ne sont pas en reste. Même le serpent autoroutier, œuvre de l’homme, devient – pour un instant furtif – une œuvre d’art qui conduit à la lumière, à l’ouverture. Tout devient alors possible. Il suffit de saisir sa chance, et de ne pas regarder derrière soi. À du 130 km/h, c’est d’ailleurs préférable !
mardi 20 novembre 2007
Jours sans
Pas beaucoup de commentaires à faire : ça vient, ça va… mais au bout du compte, on reste dans les ténèbres. On ne sait pas trop ce qu'on deviendra, ce que tout cela deviendra. La lumière a beau rejaillir par instant, elle repart de plus belle quelques fibres de temps plus tard.
Alors, on n'a pas trop envie d'aller plus loin. De repartir encore. Partir pour aller où ? Partir pourquoi ? Tout cela en vaut-il vraiment la peine ?
Ce soir, j'ai le blues. Ça passera. Ça finit toujours par passer. Mais ça finit toujours aussi par revenir.
aujourd'hui je pars
je quitte le monde je m'en vais
ne cherchez pas à me rattraper
je pars
et j'en suis libre
car je sais qu'il y a le vent qui m'appelle
j'ouvre mon cœur
à la tendresse
et je griffe ma vie
du silence de la mort
j'ai cherché longtemps et j'ai compris
qu'il importe peu de chercher
le panier n'est jamais que vide
le puits n'a jamais de fond
et la route ne mène que derrière soi
mais je sais
je sais qu'il y a le vent qui m'appelle
un jour peut-être je reviendrai
je ne sais pas
et mes soucis sont loin de tel bruit
quelqu'un sait sans doute
mais le vent seul m'ouvre la voie
et s'il faut se taire
je me tairai
car je dois partir
et je pars.
FMG © 1975
je quitte le monde je m'en vais
ne cherchez pas à me rattraper
je pars
et j'en suis libre
car je sais qu'il y a le vent qui m'appelle
j'ouvre mon cœur
à la tendresse
et je griffe ma vie
du silence de la mort
j'ai cherché longtemps et j'ai compris
qu'il importe peu de chercher
le panier n'est jamais que vide
le puits n'a jamais de fond
et la route ne mène que derrière soi
mais je sais
je sais qu'il y a le vent qui m'appelle
un jour peut-être je reviendrai
je ne sais pas
et mes soucis sont loin de tel bruit
quelqu'un sait sans doute
mais le vent seul m'ouvre la voie
et s'il faut se taire
je me tairai
car je dois partir
et je pars.
FMG © 1975
dimanche 18 novembre 2007
Des premières amours musicales
Le 33 tours ci-dessus est le premier disque que j’ai acheté. Oh, j’avais déjà acquis quelques 45 tours divers, mais, vraisemblablement en 1965, j’ai franchi d’un pas décidé la porte du petit disquaire du quartier en sachant que j’allais faire le grand saut : acheter un vrai album de chansons !Mon choix portait donc sur Hervé Vilard, lui qui m’avait séduit quelques temps auparavant avec « Capri, c’est fini ». Il faut bien avouer qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans ces chansons : les textes sont un peu larmoyants, les musiques grandiloquentes. Mais il y a la voix d’Hervé Vilard, et surtout l’émotion qu’il y distille. Et du haut de mes 11-12 ans, j’avoue que je ressentais des vibrations étonnantes en écoutant ce disque.
C’est en réalité toujours le cas. Et Hervé Vilard reste quelqu’un à part pour moi. Ses chansons du milieu des années 60 résonnent toujours avec un accent particulier, une fibre unique et exceptionnelle.
J’avoue avoir été moins sensible à tout ce qu’il a pu produire par après. Un double mouvement peut l’expliquer : d’une part, j’ai découvert moi-même d’autres chansons, d’autres chanteurs… qui m’ont plus apporté parce que je m’y retrouvais mieux. Je pouvais chanter leurs chansons, frémir aux paroles qu’ils prononçaient, partager les instrumentations plus proches de mon univers musical. D’autre part, il me semble qu’Hervé Vilard faisait un peu n’importe quoi, sans vraiment retrouver – du moins de manière régulière – les émotions qu’il avait pu partager à ses débuts.
Son dernier album original, paru en 2004, fait exception cependant… et permet de découvrir un Hervé Vilard bien différent, proche de la poésie, de la littérature et de la chanson de paroles, dont il interprète de grands noms : Ionesco, Duras, Prévert, Brecht, Aragon, Fanon, Neruda, Léveillée, Dimey… Excusez du peu !
Entre ces deux disques, je crois qu’il y a en réalité la même sensibilité, la même recherche du beau. Hervé Vilard restera à jamais un de ceux qui m’ont fait découvrir la chanson. Et rien que pour ça, je l’en remercie éternellement.
jeudi 15 novembre 2007
My Space, c'est toujours spéc !

Il y a quelques mois, je consacrais ici-même un message à mon inscription sur le site MySpace. Pour l'essentiel, je m'interrogeais sur la vacuité de ces amitiés virtuelles où par quelques clics on devient l'ami de personnes qu'on n'a jamais vues, y compris des "stars".
Je viens d'accueillir dans mon espace mon 500e ami ! Si mon questionnement de base existe toujours, j'avoue aborder la problématique autrement.
Surfant d'espaces en espaces, j'ai rapidement pris conscience que MySpace était un moyen extraordinaire pour découvrir non pas de nouveaux amis - ce serait galvauder l'amitié - mais des centaines, voire des milliers, d'artistes qui ont choisi ce média pour se faire un peu beaucoup connaître. Et si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que je dois bien reconnaître que j'ai découvert pas mal d'artistes, essentiellement des chanteurs et chanteuses en langue française, que je n'aurais jamais découvert autrement. J'ai toujours été à la recherche de chanteurs inconnus. La radio n'est que rarement un moyen efficace à ce niveau, car c'est plutôt le lieu pour la musique formatée. Alors, j'ai abondamment utilisé la Médiathèque ou encore l'achat de disques de chanteurs inconnus mais qui me semblaient intéressants. L'ennui, c'est que cela ne permet de découvrir que ceux qui ont fait des disques. J'ai aussi découvert des artistes dans divers spectacles, mais je ne suis pas assez branché pour le faire vraiment.
Avec MySpace, un tout autre univers s'offre à qui le veut : on peut passer d'un artiste à un autre, écouter une chanson ou une autre, se laisser tenter, revenir, ou abandonner. J'ai écouté tous les artistes qui sont devenus mes amis. Ne sont devenus tels que ceux et celles qui quelque part me plaisaient. Ils ne sont pas tous géniaux, mais ils ont quelque chose auquel j'ai été sensible : le texte, la voix, la musique, l'ambiance… toutes ces choses qui font que la chanson est une richesse irremplaçable.
Et parmi tous ces "amis", il y en a qui m'ont plus encore touché. Cela n'engage que moi. Mais rien que pour ceux-là, mon parcours sur MySpace en valait la peine. N'hésitez pas à les découvrir vous-même, et d'aller en écouter d'autres. Voici une liste non exhaustive, classée par ordre alphabétique, de ceux et celles qui ont ouvert la cage aux oiseaux : Clémence Avril, Azul, Bidibule , Boulbar, Cédric, Delphine Chaneac, Coralie Clément, Chloé Clerc, Vincent Delbushaye, Lorène Devienne, Jeuc Dietrich, Dorval, Yannick Duhamel, Face à la mer, Gaëlle, K le Son, Kandid, Khaban, Lana 5 bis, Bastien Lucas, Coline Malice, Mayane, Miss Lily, Mouzanar, Wendy Nazaré, Philine, Charlotte Renoy, Rose, RoxaneK, Staël, Thierry Stremler, Vis à vies, Marie Warnant…
Et il y en a encore bien d'autres à découvrir à partir de mon MySpace !
mercredi 14 novembre 2007
Frontière linguistique
Un des grands reproches que font les Flamands aux francophones (du moins ceux qui habitent en Flandre), c’est qu’ils ne sont même pas capables d’apprendre la langue de la région dans laquelle ils vivent.
Les Flamands ont tout à fait raison : lorsqu’on vit dans une région, la moindre des choses est d’en apprendre la langue. Si j’allais vivre dans un pays où on ne parle pas le français, j’imagine qu’après 10 ans je parlerais la langue du pays. Par nécessité.
Cela fait 21 ans que je vis en Flandres… et j’avoue que mon néerlandais n’est pas excellent. Cela ne veut pas dire qu’il est nul, mais enfin, je ne suis pas bilingue. Comme beaucoup de francophones qui sont à peu près dans la même situation que moi.
Oui, je vis en Flandre. Le long de la frontière qu’on dit « linguistique ». Sur la photo aérienne, j’habite au point bleu du milieu de l’image. La ligne rouge est bien sûr la frontière linguistique : tout ce qui est au nord de la ligne est en Flandre et tout ce qui est au sud est en Wallonie. Je vis dans une enclave : que ce soit à l’ouest, au sud ou à l’est de mon domicile, on est en Wallonie et on parle français. On ne parle flamand qu’au nord. La largeur de l’enclave est d’environ 3 km. Bref, j’habite en Flandres par accident.
Mais l’important n’est pas là. La réalité, c’est que je ne dois quasiment jamais parler flamand. La ville la plus proche est Wavre, du côté francophone. Je travaille à Louvain-la-Neuve, du côté francophone. Le village d’Ottenburg est à côté de chez nous : nous y faisons quelques courses. Tous les commerçants pratiquent les deux langues indifféremment. La plupart du temps (c’est-à-dire rarement), je leur parle en français, mais je reconnais que je pourrais le faire en néerlandais. Ce serait plus logique (sauf quand la caissière de l’épicerie est elle-même francophone !). Les seuls moments où le flamand est indispensable, c’est pour les contacts officiels avec la commune. Quelques mots par an… et on peut se comprendre autrement pour de nombreuses opérations.
En d’autres termes, il n’y a pas de raison impérieuse de maîtriser le néerlandais, puisque je ne l’utilise quasiment jamais. La plupart des francophones de la périphérie sont dans le même cas : ils habitent en Flandre, mais travaillent à Bruxelles ou en Wallonie, vivent entourés de francophones, etc. J’imagine que certains d’entre eux sont tout à fait opposés à l’idée d’apprendre le néerlandais. Si c’est le cas, c’est une attitude particulièrement stupide. Les autres n’y sont pas opposés, mais ne peuvent se situer dans un apprentissage fonctionnel.
Pour moi, le réel problème réside dans cette frontière linguistique que les flamands voudraient voir tracée sur le sol. Mais les frontières ne sont jamais tracées : ce sont des lignes imaginaires. Sauf lorsqu’elles séparent des « ennemis » : j’ai vu, il y a quelques temps déjà, la frontière entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est. Ce n’était pas une frontière virtuelle ! J’espère que la frontière linguistique ne deviendra jamais une ligne de démarcation, concrétisée par des barbelés et surveillée par des miradors.
Je ne dis pas que la frontière linguistique ne doit pas exister. Des frontières, il y en a partout. Mais je dis qu’elle ne doit pas devenir un carcan, ni d’un côté ni de l’autre. Je ne suis pas sûr de pouvoir être entendu !
Les Flamands ont tout à fait raison : lorsqu’on vit dans une région, la moindre des choses est d’en apprendre la langue. Si j’allais vivre dans un pays où on ne parle pas le français, j’imagine qu’après 10 ans je parlerais la langue du pays. Par nécessité.
Cela fait 21 ans que je vis en Flandres… et j’avoue que mon néerlandais n’est pas excellent. Cela ne veut pas dire qu’il est nul, mais enfin, je ne suis pas bilingue. Comme beaucoup de francophones qui sont à peu près dans la même situation que moi.
Oui, je vis en Flandre. Le long de la frontière qu’on dit « linguistique ». Sur la photo aérienne, j’habite au point bleu du milieu de l’image. La ligne rouge est bien sûr la frontière linguistique : tout ce qui est au nord de la ligne est en Flandre et tout ce qui est au sud est en Wallonie. Je vis dans une enclave : que ce soit à l’ouest, au sud ou à l’est de mon domicile, on est en Wallonie et on parle français. On ne parle flamand qu’au nord. La largeur de l’enclave est d’environ 3 km. Bref, j’habite en Flandres par accident.
Mais l’important n’est pas là. La réalité, c’est que je ne dois quasiment jamais parler flamand. La ville la plus proche est Wavre, du côté francophone. Je travaille à Louvain-la-Neuve, du côté francophone. Le village d’Ottenburg est à côté de chez nous : nous y faisons quelques courses. Tous les commerçants pratiquent les deux langues indifféremment. La plupart du temps (c’est-à-dire rarement), je leur parle en français, mais je reconnais que je pourrais le faire en néerlandais. Ce serait plus logique (sauf quand la caissière de l’épicerie est elle-même francophone !). Les seuls moments où le flamand est indispensable, c’est pour les contacts officiels avec la commune. Quelques mots par an… et on peut se comprendre autrement pour de nombreuses opérations.
En d’autres termes, il n’y a pas de raison impérieuse de maîtriser le néerlandais, puisque je ne l’utilise quasiment jamais. La plupart des francophones de la périphérie sont dans le même cas : ils habitent en Flandre, mais travaillent à Bruxelles ou en Wallonie, vivent entourés de francophones, etc. J’imagine que certains d’entre eux sont tout à fait opposés à l’idée d’apprendre le néerlandais. Si c’est le cas, c’est une attitude particulièrement stupide. Les autres n’y sont pas opposés, mais ne peuvent se situer dans un apprentissage fonctionnel.
Pour moi, le réel problème réside dans cette frontière linguistique que les flamands voudraient voir tracée sur le sol. Mais les frontières ne sont jamais tracées : ce sont des lignes imaginaires. Sauf lorsqu’elles séparent des « ennemis » : j’ai vu, il y a quelques temps déjà, la frontière entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est. Ce n’était pas une frontière virtuelle ! J’espère que la frontière linguistique ne deviendra jamais une ligne de démarcation, concrétisée par des barbelés et surveillée par des miradors.
Je ne dis pas que la frontière linguistique ne doit pas exister. Des frontières, il y en a partout. Mais je dis qu’elle ne doit pas devenir un carcan, ni d’un côté ni de l’autre. Je ne suis pas sûr de pouvoir être entendu !
jeudi 8 novembre 2007
Novembre
Novembre est un mois difficile. Il commence par changer d’heure. Ça ne fait qu’augmenter le temps de noirceur ! Le reste du temps, il va passer son temps à diminuer le temps !
Alors, c’est au mois de novembre qu’on voit apparaître un peu partout du spleen, des dépressions, des ruptures, des disputes, des vides… La lumière commence à manquer, et ça n’est bon pour personne. Les réverbères ont beau s’allumer ci et là, la vérité est cruelle et évidente : il fait sombre.
Sauf quand le soleil brille. Alors, il promène ses rayons dans nos vallons et illumine de mille lueurs les feuilles qui sont en train de s’endormir. C’est un véritable joyau que nous offre alors novembre ! Voit-on une telle beauté à un autre moment de l’année ? Novembre est superbe.
Cette vérité n’est pas simple à dire à tout le monde. Quand la bruine étale son manteau sur nos silences, on a parfois juste envie de se blottir au creux de son lit, sous une chouette couette.
J’ai lu un conseil extraordinaire : un bon moyen pour lutter contre la noirceur de novembre, c’est de s’habiller en jaune… La couleur du soleil !
Coloriez votre vie… mettez du jaune, même si votre tête est un peu noire et si la vie vous met en peine ou en colère rouge. Du noir, du jaune, du rouge… les couleurs de l’autodérision, de l’entente cordiale… Colorions notre vie !
Alors, c’est au mois de novembre qu’on voit apparaître un peu partout du spleen, des dépressions, des ruptures, des disputes, des vides… La lumière commence à manquer, et ça n’est bon pour personne. Les réverbères ont beau s’allumer ci et là, la vérité est cruelle et évidente : il fait sombre.
Sauf quand le soleil brille. Alors, il promène ses rayons dans nos vallons et illumine de mille lueurs les feuilles qui sont en train de s’endormir. C’est un véritable joyau que nous offre alors novembre ! Voit-on une telle beauté à un autre moment de l’année ? Novembre est superbe.
Cette vérité n’est pas simple à dire à tout le monde. Quand la bruine étale son manteau sur nos silences, on a parfois juste envie de se blottir au creux de son lit, sous une chouette couette.
J’ai lu un conseil extraordinaire : un bon moyen pour lutter contre la noirceur de novembre, c’est de s’habiller en jaune… La couleur du soleil !
Coloriez votre vie… mettez du jaune, même si votre tête est un peu noire et si la vie vous met en peine ou en colère rouge. Du noir, du jaune, du rouge… les couleurs de l’autodérision, de l’entente cordiale… Colorions notre vie !
mercredi 7 novembre 2007
Ils ont perdu la boule…
Ainsi donc, aujourd’hui, les flamands ont voté unilatéralement, en Commission de l’Intérieur, la scission de l’arrondissement Bruxelles-Halle-Vilvoorde. La scission en soi n’a pas beaucoup d’importance. Mais le fait que tous les partis flamands se soient associés, sauf les écologistes mais y compris l’extrême-droite la plus repoussante, pour imposer leurs vues aux francophones, au mépris de toute idée de consensus à la belge, est profondément révoltant.Sans doute, tout cela n’est-il qu’un immense jeu politique. Mais il n’empêche, le jeu devient dangereux.
L’atomium, symbole de notre pays, est une construction qui défie les lois de l’apesanteur. Un cube parfait, planté sur sa pointe. Neuf boules, unies par des tuyaux de passage. Neuf boules comme les neuf provinces belges. (D’accord, aujourd’hui, il y en a dix… le Brabant a été partagé en deux… mais alors, c’est peut-être justement cette dixième boule qui a été perdue !). Il suffit d’enlever une des boules pour que la construction ne soit plus parfaite, n’ait plus de sens, soit fragilisée. Surtout si c’est la boule centrale : le noyau. Enfin bref, il suffit de perdre la boule pour sombrer dans le plus mauvais des scénarios.
Le pire, c’est qu’ils pensent tous avoir raison. Ce sont bien sûr les autres qui ont tort. Francophone vivant en Flandres, je ne me retrouve pas dans les positions rigides et closes, ni des flamands, ni des francophones. Mais je sais qu’ils détiennent chacun une part de vérité. Ou plutôt que la vérité de chacun n’est pas nécessairement mauvaise. Sauf celle des extrémistes du Vlaams Belang, et de ceux qui s’y associent.
Je n’ai pas la solution au problème. Mais je crois que pour trouver celle-ci, il faut que chacun fasse un bout de chemin vers l’autre, en acceptant de ne pas voir satisfaites toutes ses revendications. La solution ne peut être que dans le dialogue. Un vrai dialogue. Ouvert. Respectueux.
Mais ce dialogue est-il encore possible ? De chaque côté, les partis se sont trop engagés dans un sens. Ils ne peuvent accepter de perdre la face. Alors, à défaut de face, ils perdent la boule. Et quand on perd la boule, on se perd surtout soi-même.
dimanche 4 novembre 2007
Viendra de ce côté
Jean-Louis Humblet © 1978Viendra la terre des épousailles du temps
Où le voyageur s'habillera de voiles d'antan ;
L'aveugle lumière caressera nos corps de larmes,
Et nos mains éteindront le cri de nos armes.
Il y aura du feu de ce côté.
Viendra l'heure des sans-avenir, des culs-de-tête ;
Les galons et autres prestiges manqueront la fête.
Peut-être qu'au milieu de cet océan, sur l'île,
Trouverons-nous place, toi, moi ; les autres où seront-ils ?
Il y aura du vin de ce côté.
Viendra encor le silence, le regard, le sourire.
L'ivresse embrassera les corps qui sauront se pétrir ;
Enfin, le vent promènera les lèvres du baiser,
Lui au moins connaît l'unique richesse : aimer.
Il y aura la vie de ce côté.
FMG © 1978
vendredi 2 novembre 2007
Timgad, ville ensevelie
De passage en Algérie, dans la région de Batna, j’ai eu l’occasion de visiter les vestiges de la ville romaine de Timgad. Assez impressionnant : plus de 12 hectares de ruines. Fondée par l’empereur Trajan, à la fin du 1er siècle de notre ère, cette ville a – semble-t-il – été surtout une immense maison de repos pour les militaires retraités. Elle en a en tout cas l’aspect rigoureux : rues bien droites et bien larges, laissant peu de place aux méandres de ruelles qui risqueraient d’apporter désordre et rêverie. Ce qui n’a pas empêché quelqu’un de graver sur une pierre du forum cette inscription célèbre : « Venari, lavari, ludere, ridere, occ est vivere ». Chasser, aller au bain, jouer, rire, ça c’est vivre !
Ces vestiges à perte de vue sont en soi impressionnants. Mais j’avoue avoir plus encore été impressionné par la fin de cette ville, dont on connaît peu de choses mais qui interpelle. Lorsque la ville fut redécouverte, en 1765 pour la première fois puis à partir de 1851 pour des fouilles plus systématiques, elle était entièrement recouverte. Des colonnes majestueuses du Capitole, seuls deux ou trois mètres émergeaient. Il faut être sur place pour se rendre compte de ce que cela signifie. Ces colonnes ont plus de 10 mètres de hauteur ! En d’autres mots, cette ville a un certain moment été rayée de la carte et recouverte d’une couche de plus de 5 mètres. De quoi était composée cette couche ? Sans doute des ruines de la ville elle-même. À la question que je lui posais, le guide qui nous accompagnait a été des plus évasifs : il y aurait eu un ou deux tremblements de terre… C’est fort vraisemblable. La terre tremble, les constructions s’effondrent, la vie et la ville disparaissent, et petit à petit sans doute, le vent transporte du sable et de petites pierres qui viennent recouvrir de leur chape ces vestiges qui finissent par ne plus exister. Possible ! Il apparaît en tout cas que l'histoire de l’abandon complet de cette ville ne peut actuellement pas être écrite faute de source historique ou archéologique. On ne peut dès lors que fantasmer sur la manière dont une immense cité est recouverte d’une couche de silence qui la fait disparaître pendant des siècles.
En réalité, cette ville risque bien à nouveau de disparaître. Le site, bien que classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1982, n’en finit pas de se détériorer… comme si l’histoire était vraiment un éternel recommencement.
Une morale à tout cela ? Oui, bien sûr : nous sommes bien peu de choses. Toute une ville peut disparaître, sans qu’on sache pourquoi. Volonté des dieux ? Volonté de quelques hommes ? Volonté d’un peuple ? Allez savoir ! Les hommes disparaissent, au gré du vent et du sable. Qui sont-ils, que sommes-nous, au bout du compte ?
Ces vestiges à perte de vue sont en soi impressionnants. Mais j’avoue avoir plus encore été impressionné par la fin de cette ville, dont on connaît peu de choses mais qui interpelle. Lorsque la ville fut redécouverte, en 1765 pour la première fois puis à partir de 1851 pour des fouilles plus systématiques, elle était entièrement recouverte. Des colonnes majestueuses du Capitole, seuls deux ou trois mètres émergeaient. Il faut être sur place pour se rendre compte de ce que cela signifie. Ces colonnes ont plus de 10 mètres de hauteur ! En d’autres mots, cette ville a un certain moment été rayée de la carte et recouverte d’une couche de plus de 5 mètres. De quoi était composée cette couche ? Sans doute des ruines de la ville elle-même. À la question que je lui posais, le guide qui nous accompagnait a été des plus évasifs : il y aurait eu un ou deux tremblements de terre… C’est fort vraisemblable. La terre tremble, les constructions s’effondrent, la vie et la ville disparaissent, et petit à petit sans doute, le vent transporte du sable et de petites pierres qui viennent recouvrir de leur chape ces vestiges qui finissent par ne plus exister. Possible ! Il apparaît en tout cas que l'histoire de l’abandon complet de cette ville ne peut actuellement pas être écrite faute de source historique ou archéologique. On ne peut dès lors que fantasmer sur la manière dont une immense cité est recouverte d’une couche de silence qui la fait disparaître pendant des siècles.
En réalité, cette ville risque bien à nouveau de disparaître. Le site, bien que classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1982, n’en finit pas de se détériorer… comme si l’histoire était vraiment un éternel recommencement.
Une morale à tout cela ? Oui, bien sûr : nous sommes bien peu de choses. Toute une ville peut disparaître, sans qu’on sache pourquoi. Volonté des dieux ? Volonté de quelques hommes ? Volonté d’un peuple ? Allez savoir ! Les hommes disparaissent, au gré du vent et du sable. Qui sont-ils, que sommes-nous, au bout du compte ?
Inscription à :
Articles (Atom)







