mercredi 8 août 2012

Cherchez l’erreur

Trouver les 7 différences entre Wojdan Saharkhani, judoka saoudienne, Sandeep Singh, joueur de hockey indien, et Maria Sharapova, joueuse de tennis russe, ne serait pas très difficile. Trouver la ressemblance – en dehors du fait qu’ils ont participé tous les trois aux Jeux Olympiques de Londres – est plus subtil et pourtant beaucoup plus interpellant.

Ne languissons pas : ces sportifs concourent tous les trois avec un « signe religieux distinctif » ! Inutile sans doute de revenir sur le « voile » de Saharkhani qui eut un premier combat à réaliser dans ces JO : faire accepter qu’elle puisse lutter en portant le voile musulman, finalement réduit à un bonnet de bain noir. Singh, comme bon nombre de ses compatriotes, n’eut aucun problème à concourir en turban, comme tout Sikh qui se respecte. Enfin, personne n’a émis la moindre remarque sur la croix orthodoxe que Sharapova porte au cou.

Dans les trois cas – et il y en a beaucoup d’autres, notamment tous ces sportifs qui « se signent » avant de commencer leur compétition – il y a clairement la volonté de manifester son appartenance à une religion. Simplement, ce n’est pas la même religion.

Ma position est claire : ils ont tous les trois bien raison ! Pour quelqu’un qui – que ce soit de manière intime ou simplement sociale – a la « foi », il me semble évident que cette « foi » anime sa vie entièrement. Y compris donc dans sa vie sportive. Il me semble donc « normal » qu’au moment où ces sportifs vont donner le meilleur d’eux-mêmes, ils y associent – d’une manière ou d’une autre – la religion à laquelle ils se rattachent.

Pourtant, cherchez l’erreur ! De ces trois sportifs qui ont tous les trois la même démarche, seule celle de Saharkhani a posé problème et a remué toute la planète sportive ! Avait-elle seulement le droit de manifester ainsi son appartenance religieuse ? Bien sûr, les règles du judo stipulent que les concurrents ne peuvent avoir de foulard ou autre tissu, en fonction du risque d’étranglement. D’accord. Le « bonnet de bain noir » était là une bonne solution. Mais fallait-il pour autant en faire tout un foin ? On en aurait même fini par croire que vouloir porter le voile menaçait les grandes « valeurs » sportives des jeux olympiques !

Ce qu’il y a de grave, c’est qu’on ne dénonce jamais aujourd’hui les « marques extérieures religieuses » que si elles sont musulmanes. Pas de problème pour les chrétiens – pas même les nonnes qui se camouflent tout à fait dans leur habit de carmélite ou autre, ni évidemment le Pape qui se déguise comme aucun autre homme n’oserait le faire – ni pour les Sikhs, ni pour les Mormons, ni pour les Juifs, ni pour des tas d’autres religions. Mais les Musulmans, eux, sont – par définition – coupables de tous les maux !

En soi, je n’ai rien ni pour ni contre les Musulmans. Pas plus que pour ou contre les autres religions. Mais ne commence-t-on pas à dépasser les bornes en stigmatisant toujours l’Islam ? En écrivant cela, j’ai bien conscience qu’il y a actuellement au sein de cette religion, un bon nombre de fanatiques dangereux. Il y en a dans les autres religions aussi, mais ils sont moins nombreux sans doute. C’est un vrai problème. Faut-il pour autant condamner d’avance tous les Musulmans qui essaient simplement de vivre leur religion ? Cherchez l’erreur…

vendredi 27 juillet 2012

Mais où est la crise portugaise ?

FMG © 2012

Depuis que je suis au Portugal, je dois bien avouer que je n’ai pas vraiment vu « la crise ». À part quelques graffitis par-ci par-là appelant à la « greve geral », le pays semble vivre au rythme de la douceur du soleil et du tourisme. J’ai bien conscience de n’avoir vu là que le vernis doré d’une réalité toute autre. On n’en parle moins, mais le Portugal est confronté à la même crise que la Grèce, que l’Espagne, que l’Italie, que l’Irlande…

Cette crise est complexe et – une fois de plus – je ne prétendrai pas en détenir les clés, ni pour l’expliquer, ni pour la solutionner. Sans doute, est-ce la crise de « ceux qui ont cru pouvoir vivre au-dessus de leurs moyens »… et les premiers coupables sont à ce niveau les banquiers qui continuent à croire et à faire croire que c’est possible ! Nous séjournons dans un « village » construit de toutes pièces ces dernières années, avec des maisons plus ou moins luxueuses et architecturalement originales. À vue de nez, un tiers de ces somptueuses demeures sont abandonnées à leur triste sort. Elles ont sans doute été achetées à un moment donné, mais « l’heureux propriétaire » n’a plus pu payer par la suite…

Comme partout, la seule réponse apportée à cette crise est « l’austérité » : réductions de salaires dans le secteur public et coupes pour les retraités dans les domaines de la santé, de l'enseignement et du social ; TVA augmentée à 23 % ; augmentation de la taxe sur le carburant avec un litre d'essence qui coûte plus qu'en Belgique ; primes de vacances et de Noël réduites dans le secteur public et pour les retraités (mesure jugée inconstitutionnelle, car elle viole le principe d'égalité de traitement) ; quatre jours fériés nationaux annulés en 2013 (ils en avaient beaucoup !) ; la plupart des autoroutes désormais payantes ; soins de santé plus coûteux en raison de l'introduction d'une nouvelle taxe… Et pendant tout ce temps, le taux de chômage tourne autour de 15%, pour les jeunes 30% !

La crise portugaise existe et est bien là. Si je ne l’ai pas vue, c’est évidemment parce que je ne suis qu’un touriste à qui on ne montre que ce qu’on veut bien lui montrer. Au-delà de ce truisme, il me semble qu’il y a aussi une certaine fierté portugaise, consistant à dire « nous allons nous en sortir ». Les Portugais sont loin d’être les seuls à avoir cette fierté. Mais elle existe néanmoins et est sans doute le meilleur moteur vers la sortie hypothétique d’une crise bien plus mondiale qu’on ne veut bien le croire.

En éducation – un domaine que je connais mieux – lorsqu’un apprenant rencontre des difficultés, la phase la plus importante est qu’il se dise : « OK, j’ai des problèmes, je comprends plus ou moins pourquoi, et grâce à cette compréhension, je sais que je peux m’en sortir ! » (c’est ce que Sophie Courau a joliment appelé la phase d’« incompétence consciente »).

Peut-être qu’en termes de crise socioéconomique, c’est la même chose. Mais je n’oserais pas le jurer !

mercredi 25 juillet 2012

Cromlech des Almendres

BH © 2012

Au bout de 5 km de piste, il reste 200 m à parcourir à pied. Il fait beau. La journée a été pleine de découvertes et on n’en espère plus rien de plus. Tout convie à la sérénité et à la bonne humeur. Et nous voilà soudain face à un site extraordinaire, tout en étant d’une simplicité désarmante : le Cromlech des Almendres.

Un cromlech est un monument mégalithique préhistorique constitué par un alignement de monolithes verticaux (menhirs), formant une enceinte de pierres levées, généralement circulaire. Celui des Almendres est exceptionnel : c'est le plus important de toute la péninsule ibérique, non seulement en raison de sa taille, mais aussi pour son état de conservation. C'est aussi l'un des plus importants d'Europe.

Face à ces morceaux de pierre taillés et disposés en pleine nature, j’ai vécu un moment assez étonnant. J’étais là dans un lieu plein d’histoire, plein d’humanité : ces pierres et leur agencement datent de la Préhistoire, il y a 5000 ans environ. Des hommes ont construit ce type de monument un peu partout en Europe, dont le plus connu est celui de Stonehenge, en Angleterre. Mais nous sommes ici au Portugal, bien loin de l’Angleterre. Le seul fait que des mêmes types de monuments ont été construits éloignés les uns des autres par d’aussi longues distances est déjà interpellant.

Que voulaient-ils faire ou signifier par ces constructions ? Il n’y a nulle certitude à ce niveau, mais les idées de lieu de rassemblement culturel ou de lieu d'observation des astres ou de la Lune semblent les plus solides. Toujours est-il que – comme beaucoup d’autres personnes sans doute – en parcourant ces quelques pierres, je me suis senti embarqué dans une atmosphère particulière. Qui transcende l’homme. Je ne veux pas dire quelque chose de divin, tant on est ici ancré dans ce qu’est fondamentalement l’homme. Il n’empêche, en tournant autour de ces pierres, je me sentais un peu comme dans l’atmosphère feutrée et mystérieuse d’une cathédrale. Derrière toutes ces pierres, il y a la recherche ou la reconnaissance d’une réalité transcendantale et pourtant parfaitement humaine et matérielle. Le poids de ces pierres nous le rappelle fondamentalement.

Vraiment, un moment magique et étonnant. (Une fois de plus, gratuit de surcroît… ça ajoute au mystère !).

mardi 24 juillet 2012

Le site touristique idéal

FMG © 2012

Aujourd’hui, nous avons visité le site touristique idéal. Jugez-en !
  1. C’est un site historique. Un château comme il y en a des milliers un peu partout dans le monde. Mais celui-ci est beau, ouvert et particulièrement bien conservé. Il contient quelques musées. Nous n’en avons visité qu’un : celui sur les « télécommunications » durant la guerre (sans doute la 2e guerre mondiale). Visite rapide. D’autres musées sans doute plus intéressants étaient fermés : il y a une tournante dans les jours d’ouverture.
  2. Le château est placé au-dessus d’une colline, ce qui n’a rien d’extraordinaire en soi. Mais il permet de découvrir une vue à 360° absolument fabuleuse, notamment sur la mer qui se trouve à 6 ou 7 km de là. Les autres flancs permettent de contempler des paysages mirifiques, surtout avec le ciel définitivement bleu qui nous accompagne.
  3. C’est un site varié. Il y a bien sûr ce qu’on trouve dans un château fortifié, mais on voit aussi des recherches archéologiques, une ou deux églises charmantes et intéressantes, des « personnages historiques pour photographier son visage à travers un trou », etc. Vraiment, on ne s’embête pas pendant plus d’une heure.
  4. Pendant cette heure, nous avons dû croiser en tout et pour tout une douzaine d’autres touristes ! Autant dire qu’il n’y a vraiment personne dans ce superbe endroit et que cela lui ajoute un charme absolument adorable. Rien que pour cela, on y retournerait bien.
  5. Enfin – et cela pourrait paraître paradoxal avec le point précédent, mais finalement ce ne l’est pas du tout – ce site merveilleux est absolument gratuit. Il n’y a donc nulle barrière nulle part (sauf pour des raisons de sécurité), nulle entrave, nulle recherche de faire de l’argent à tout prix. La paix financière. Comme nous sommes toujours en pleine chaleur, nous nous sommes permis une petite folie à la sortie de la visite : nous avons bu un verre sur la terrasse du petit café bien sympathique situé au bas du château. Pour deux, nous avons payé la somme astronomique d’1,85 EUR !
Bref, vraiment, c’est un lieu à visiter ! Je sais qu’en écrivant ce billet, je cours un risque. Car les milliers de lecteurs de Réverbères vont sûrement se précipiter sur ce lieu béni. Mais que voulez-vous, il est des moments où on ne peut se taire ! Et puis, assez égoïstement, je ne serai plus là pour voir cette populace débarquer !

Mais où se trouve donc ce paradis touristique : à Palmela. Et si vous cliquez, vous pourrez voir une vue à 360° (il y en a d’autres, sur le même site, en cliquant par ci par là).

lundi 23 juillet 2012

Azur

FMG © 2012

Maintenant que le soleil semble revenu en Belgique, en Lorraine ou dans les Vosges, j’ose l’avouer : depuis que nous sommes arrivés dans ce pays, nous n’avons pas encore vu un seul nuage. Le ciel est d’un bleu azurin en permanence (sauf la nuit évidemment) et qui dit ciel bleu, dit soleil en abondance !

À vrai dire – je sens qu’on va me taper dessus – durant ce mois de juillet, je n’ai vu de la pluie que lors d’un court passage à la maison, juste à la moitié du mois. Et encore, si je me souviens bien, elle est tombée durant la nuit et je n’ai donc pas dû sortir le parapluie.

Croyez-moi, c’est vrai : ça fait du bien ! Moi qui ai un léger penchant à voir d’abord ce qui ne va pas, je dois bien reconnaître que se laisser dorer au soleil, c’est bon pour le moral. Notez bien que je trouverai encore des failles dans le système, mais j’essaie en tout cas de ne pas les laisser (trop) apparaître.

Que tous ceux qui peuvent donc profiter de ce soleil resplendissant en jouissent pleinement. Que tous ceux qui ne peuvent pas vraiment en profiter pour l’une ou l’autre raison regardent quand même par la fenêtre et se disent que le charme est certain. Que le soleil réchauffe les cœurs et les corps de chacun !

Ça fait un peu lyrique comme ça, mais il faut parfois se laisser aller, non ?

dimanche 22 juillet 2012

Au loup

FMG © 2012

Dans ce pays, il n’est vraiment pas difficile de trouver où manger : les restaurants pullulent et offrent des poissons grillés délicieux pour presque rien. Visitant aujourd’hui une charmante cité balnéaire, avec des tas de sardines humaines en train de se faire griller sur la plage, nous nous réjouissions de combler nos papilles et nos estomacs.

C’est sans difficulté que nous nous sommes mis d’accord sur l’établissement qui nous sustenterait : les prix affichés sur l’ardoise étaient tout à fait concurrentiels, le poisson exposé semblait frais et appétissant, la terrasse était propre et accueillante. De plus, on nous proposait un menu en français. Le serveur nous signala aussi les noms des poissons du jour. Les poissons écrits sur l’ardoise ne figuraient pas sur la carte, nous supposions donc que c’étaient ceux du jour ! Nous nous laissâmes tenter par un « loup de mer », sans doute d’ailleurs plutôt un bar !

Le poisson arriva bientôt, il avait fière allure. Nous le mangeâmes avec appétit, même si pour moi il y en avait trop. Il était accompagné de légumes frais divers. Tout allait bien.

Jusqu’au moment où nous avons demandé l’addition : il y avait un loup ! Ce n’était pas le prix auquel nous nous attendions, mais au moins le triple ! Autant dire que les arêtes étaient soudainement dures à faire passer et que ce loup laissait un goût amer dans la bouche.

Ma tendre et chère a bien sûr essayé de négocier, mais – à part le fait de ne pas devoir payer une salade commandée, mais jamais servie – elle n’obtint rien. On lui montra cependant qu’il était bien écrit quelque part dans le restaurant que le poisson du jour était payé au kilo et on lui expliqua que la préparation n’était pas la même que les poissons grillés pour le commun des mortels.

Je ne vais pas en faire un plat, rassurez-vous. Mais je me demande quand même ce que gagne à long terme ce restaurateur. À court terme, je comprends bien. Mais il est clair que je ne retournerai pas de sitôt dans cette foutue auberge et que je déconseillerai à quiconque d’y aller ! C’est là que l’illustration ci-dessus intervient. Dans notre mauvaise humeur, nous n’avons même pas noté le nom de ce restaurant. Alors, si un jour, vous voyez l’horrible céramique en illustration de ce billet, méfiez-vous : n’allez surtout pas dans le restaurant qui se trouve juste en face. Ou bien vérifiez à deux fois ce que vous commandez !

Ce billet aura-t-il une quelconque efficacité ? Il faut l’espérer : les loups ne se mangent pas entre eux !

samedi 21 juillet 2012

Louez une voiture, qu’ils disaient…

Arrivant au soleil en avion, il nous fallait bien un moyen de déplacement quelconque, d’autant plus que les transports en commun n’ont pas l’air des plus disponibles. Bref, nous avons loué une voiture. Je vous passe le temps d’attente à l’aéroport pour enfin disposer dudit véhicule, car ce n’est qu’en en prenant possession que nous avons découvert un léger problème : la climatisation ne fonctionnait pas, pour un véhicule qui n’avait même pas 20 000 km au compteur.

Il devait être passé 20 heures lorsque nous roulions vers notre lieu de villégiature et il faisait étouffant ! Bref, nous avons vite compris que circuler avec ce véhicule serait suicidaire, surtout pour des ceusses qui comme nous ne sont pas habitués aux fortes chaleurs. Nous avons donc pris contact avec le loueur de voitures qui n’a pas hésité une seconde : une autre voiture était à notre disposition. Il fallait simplement faire une quinzaine de kilomètres pour en prendre possession. Ne nous plaignons pas : cela nous a permis de découvrir le quartier historique d’une agréable petite ville et d’y manger du poisson grillé dont on se souviendra longtemps.

Équipé de notre nouveau véhicule, nous n’avons pas hésité pour partir découvrir la capitale de ce pays chaud, accordant – sans doute à tort – toute notre confiance géographique à mon GPS importé de Belgique. Nous sentions se rapprocher la capitale lorsque ledit GPS nous indiqua qu’il préférait être rechargé si nous souhaitions bénéficier encore de ses services ! Nous appréciâmes cette marque d’attention, mais nous dûmes aussi nous rendre compte que cet appareil courtois était bel et bien connecté à la précieuse prise, appelée encore « allume-cigare » alors que plus personne n’allume de cigares en voiture. Enfin, je l’espère !

Un peu d’énervement, il faut bien l’avouer, surtout lorsque – sans plus prévenir cette fois – l’appareil géolocalisateur s’éteignit définitivement alors que nous étions entrés dans la ville dont nous ne connaissions rien.

Je vous rassure tout de suite : nous avons passé une très belle journée, à pied et en voiture, découvrant de superbes endroits. La grande question était celle du retour : comment allions-nous faire pour retrouver notre lieu d’hébergement sans avoir aucune carte ni indication quelconque ? Et bien, cela fut d’une facilité désarmante, à part les quelques embouteillages bien compréhensibles quand on quitte une grande ville à l’heure de pointe.

Arrivé « chez nous », je pus enfin vérifier mon hypothèse : le fusible de « l’allume-cigares » était hors d’usage ! Ça ne servait donc à rien de retourner chez le loueur de voitures qui n’aurait certainement pas eu un fusible en ordre de marche et qui n’allait quand même pas nous donner encore une autre voiture pour ce « petit » problème. Il suffisait de se mettre en recherche d’un nouveau fusible.

Bien vu ! Mais vous ne pouvez pas imaginer le nombre de formats différents de fusibles qu’il existe. Nous, nous avons besoin d’un « mini-fusible » (celui qui est tout à fait à gauche sur l’image).
Croyez-moi : c’est (quasi) impossible à trouver, surtout un samedi où tous les garages sont fermés ! J’ai fini par écouter ma femme – c’est ce que j’aurais dû faire depuis le début évidemment ! – et comme il y avait un autre fusible du même ampérage apparemment destiné au « chauffage » (dont nous n’avons pas vraiment besoin pour le moment), j’ai interverti les deux fusibles. La prise pour le GPS fonctionne… et nous verrons demain si la voiture ne s’arrête pas toute seule dès qu’il fera trop chaud. En route pour de nouvelles aventures !

jeudi 19 juillet 2012

Ultra

Courir pour le plaisir ou plus, il y en a des tas qui le font. Personnellement, je n’ai jamais été plus loin qu’un 20 km. En fait, j’en ai même fait trois : Bruxelles, Forêt de Soignes et Paris (avec là-bas un temps honorable pour moi… mais peu importe). Si j’ai chaque fois – il y a longtemps – souffert pour arriver au bout, je sais qu’il y a des gens pour qui un 20 km n’est qu’une promenade. Eux, ce qui les intéresse, c’est l’ultra : 6 heures, 12 heures, 24 heures, 6 jours, ultra-trail, raids par étapes, 100 km, 50 km, courses sur routes par étapes, etc.

Ce sont des fêlés. Mais de doux fêlés. Leur truc, c’est courir, courir et courir. Sans qu’ils sachent vraiment pourquoi, sans qu’ils sachent ce que cela leur apporte vraiment, à part bien sûr la souffrance, le dépassement de soi, l’abnégation. Il ne faudrait cependant pas les prendre pour des masochistes : même si lorsqu’ils courent, ils sont seuls face à eux-mêmes, ils forment une confrérie à part et sont toujours heureux de se retrouver, de vivre ensemble un nouveau défi. À leur niveau, la compétition n’est jamais le combat contre l’autre, mais toujours contre soi-même. Continuer à courir malgré la douleur, malgré la vacuité de la démarche, malgré la solitude éternelle.

Ne croyez pas que j’invente. Un gars ultra, j’en connais un. C’est un doux fêlé, mais il est ultra. Il a cette folie de courir, d’aller au-delà de ses limites… et de prendre son plaisir dans ces tas de petites choses de la vie qu’il avale sans retenue.

Non content de courir, il écrit. Au départ, ce n’est pas trop son truc, mais il nous délivre quand même des récits passionnants. N’hésitez pas à découvrir ses comptes-rendus des 6 jours d’Antibes 2012, de l’Ultr’Ardèche, des 100 km de Belvès et d’autres encore… Sur son blog « Manu Ultra Runner », mon ami Manu ne se contente pas de parler – avec modestie – de ses propres exploits : il partage sa passion de l’Ultra, nous fait découvrir des courses et des coureurs ou coureuses, il donne ses conseils de coach, il déménage comme on dit !

Avant de le connaître, je n’aurais même jamais imaginé que de telles courses fussent possibles. Maintenant que je sais, j’admire. L’Ultra, c’est vraiment ultra !


dimanche 24 juin 2012

Banque Bang


Savez-vous qu’il y a actuellement une crise financière qui n’en finit pas et dont on ne voit pas vraiment la fin ? La cause de cette crise ? J’avoue ne pas être économiste et je n’oserais prétendre détenir la vérité en la matière. Mais – en tant que citoyen européen – il me semble avant tout que ce soit la crise des banques.

Sans doute, y a-t-il une analyse plus simple et plus englobante : nous vivons au-dessus de nos moyens ! Les possibilités de crédit entraînent les gens à dépenser plus que ce qu’ils n’ont dans leur porte-monnaie pour bénéficier du rêve consummatoire. S’ils trouvent du crédit, c’est parce que les banques n’hésitent que rarement à leur fournir de l’argent avec la promesse de plantureux intérêts. Comme les banques n’ont pas assez d’argent pour accorder ces nombreux crédits, elles empruntent elles-mêmes auprès d’autres banques qui donnent de l’argent qu’elles n’auront jamais la possibilité de récupérer. On entre dans le monde nauséeux et nauséabond des créances douteuses.

À un certain moment, les banques n’ont plus d’argent… et elles font appel alors aux États. Ceux-ci n’ont pas plus d’argent que les banques. Ils n’arrêtent d’ailleurs pas d’emprunter et d’augmenter leur dette publique. Mais voilà, il paraît qu’ils ont une responsabilité vis-à-vis du système économico-financier. Alors, ils paient eux aussi. Jusqu’au moment où il n’y a plus d’argent.

La question qui se pose est simple, soutenue par ce qui s’est passé notamment en Islande : ne faut-il pas arrêter de soutenir – artificiellement – les banques et amener celles-ci à assurer leurs erreurs de gestion ? Ne faut-il pas opter définitivement pour le « banque bang » ?

Toutes les solutions qui sont actuellement adoptées pour soutenir les banques et les États déficitaires ne sont-elles pas que des emplâtres sur des jambes de bois ? Ne consistent-elles pas à absoudre les dirigeants inconscients qui n’ont pensé qu’à leurs plantureux et indécents salaires personnels ? Ne faut-il pas se dire une fois pour toutes que ce système financier ne peut plus durer comme tel et qu’il faut donc laisser crever les banques (et les banquiers) dans leurs sinistres magouilles ?

Bien sûr – et c’est cela qui me fait hésiter – une telle décision conduirait à des dégâts incommensurables. Surtout, des millions de petits épargnants verraient vraisemblablement leurs économies s’envoler en fumée virtuelle. Mais faut-il pour autant continuer à nourrir les comptes bien remplis de ceux qui ne vivent que de ce système financier ?

La question est complexe et – je le répète – je n’ai pas les clés pour y répondre de manière totalement pertinente. Mes lectures quotidiennes ne m’apportent pas plus d’éléments en un sens ou en un autre. Certains sont convaincus qu’il faut avant tout sauver le système pour éviter la catastrophe alors que d’autres affirment avec vigueur que la seule solution est de ne pas sauver le système afin de pouvoir déboucher sur un nouveau fonctionnement plus social, plus ouvert, plus responsable. Qui a raison ?

dimanche 3 juin 2012

La pluie

"Rosée de nuit" © Claude Théberge

Y a la pluie qui chagrine

Quand le temps est pourri

Mais qui nous rafraîchit

Quand le soleil décline

Il fut un temps où je rentrais souvent chez moi en survolant le ciel belge et en redécouvrant à chaque retour la beauté de cette terre. Je revenais de ces pays d’Afrique qui ont un charme fou, mais qui ne laissent voir du ciel qu’étendue de sable désertique ou que brousse désorganisée. Il suffisait de regarder les champs belges structurés, riches et fertiles pour comprendre ce qui fait la richesse de nos pays : la pluie !

La pluie est omniprésente, tout en laissant sa place aux jours sans pluie. Officiellement, un jour de pluie sur deux dans nos régions. En réalité, il pleut plus souvent la nuit que le jour, et nous bénéficions donc de toute évidence de plus de jours « sans » que de jours « avec ». Même si on a souvent tendance à faire croire le contraire.

Il y a pluie et pluie. On peut craindre le déluge qui nécessiterait l’arche de Noé, l’orage qui détruit parfois plus qu’il ne faudrait, la grèle qui plus souvent ravage qu’elle ne séduit. On peut ne pas trop aimer la bruine ou le crachin qui sans véritablement tomber nous transpercent jusqu’au os. Mais on se laisse séduire par une averse qui ne fait que passer, par une giboulée qui rappelle que l’hiver n’est jamais très loin, par une ondée qui vient nourrir la terre de son eau tout en laissant le soleil continuer à la chauffer…

Quel bonheur après certains orages de humer l’odeur de la pluie humide, de voir la terre et les plantes respirer pour se réjouir de cette manne céleste. Quel jaillissement d’espoir de savoir qu’après la pluie vient de toute façon le beau temps. Quel émerveillement de découvrir l’arc-en-ciel lorsque pluie et soleil se courtisent.

« Et ruisselle à jamais, sur le chemin, l’eau d’une heure de pluie, dans la lumière. »
(Yves Bonnefoy)

Qu’est-ce qui fait vivre la vie

Qui nous porte au-delà de nous

Qu’est-ce qui nous rend fou

Qui nous donne autant d’envie

Y a la pluie qui chagrine

Quand le temps est pourri
Mais qui nous rafraîchit

Quand le soleil décline

mardi 29 mai 2012

La fillette au cartable

Rentrant l’autre jour à la maison, je dépasse une fillette d’environ 12 ans, son cartable sur le dos, marchant d’un bon pas. Visiblement, elle s’apprêtait à parcourir le chemin qui la séparait du village : un bon demi-kilomètre d’une route étroite, sans dégagement et présentant dès lors un réel danger pour les rares piétons qui s’y aventurent. Spontanément, j’ai ralenti. Il me semblait normal de lui proposer de monter dans ma voiture pour passer ce sinistre goulet. Mais j’ai soudain réalisé ce que la situation signifiait et j’ai continué ma route, non sans verser une larme.

Les affaires sont passées par là… Aujourd’hui, s’arrêter pour proposer à une jeune fille de monter dans sa voiture ne peut être perçu que comme une tentative d’enlèvement. J’ai soudain pleinement compris que j’allais mettre cette fillette dans une situation impossible. On lui avait certainement dit, avec raison, de se méfier des hommes qui pourraient l’aborder. Son pas décidé semblait d’ailleurs témoigner de sa volonté d’avancer sans s’occuper de ce qui l’entourait. Comment aurais-je pu lui faire comprendre que je n’étais pas dangereux, que je souhaitais simplement lui rendre service et faire en sorte qu’elle ne soit pas obligée de cheminer dans cette zone dangereuse ? Le seul fait de m’arrêter à sa hauteur aurait sans doute provoqué sa peur : seul un « méchant » fait cela aujourd’hui…

Et si à ce moment-là une autre voiture était arrivée ? Si on m’avait vu « interpeller » cette jeune adolescente… ? Qu’en aurait pu penser le conducteur ou la conductrice de cette voiture ? Ne courrais-je pas le risque d’être dénoncé comme kidnappeur pédophile potentiel ?

Dans cette affaire, je ne pouvais être que seul à connaître mes bonnes intentions. Il ne me restait qu’une seule solution : ignorer cette petite, ignorer les dangers qu’elle allait courir… et continuer ma route comme si de rien n’était.

Ne sommes-nous pas tombés bien bas ? À cause de quelques malades qui s’en sont pris à des enfants, on ne peut plus aujourd’hui être naturel, solidaire, bienveillant…

Ancien instituteur, j’ai conscience que certains gestes d’affection, de soutien ou de commisération que j’ai eus vis-à-vis des enfants qui m’étaient confiés pourraient aujourd’hui – à tort – être interprétés comme tendancieux alors qu’ils n’étaient qu’empathie avec ces enfants.

Notre société souffre de nombreux maux. Celui d’avoir faussé les saines relations entre adultes et enfants est peut-être un des plus inacceptables. En tout cas, moi, je ne l’accepterai jamais, tout en ne pouvant rien y faire !

lundi 28 mai 2012

Chansons oubliées : L’espoir fait vivre, par Roger Guitary (1965)

Voilà bien une chanson complètement oubliée, pour autant d’ailleurs que quelqu’un (à part ma famille) l’ait jamais connue ! J’exagère sans doute, car ce 45 tours a quand même été publié chez « Ronnex Records », label qui édita de nombreux artistes entre 1951 et 1980.

Roger Guitary fut un de ceux-là. Il publia encore en 1967 deux autres 45 tours chez « Monopole Records » (Occupée et Juliette), sous le nom de Roger Wauthy cette fois. Il se rapprochait ainsi de son vrai nom : Roger Wautherickx !

Pour tout dire, ce brave Roger Wautherickx – il était effectivement très brave – était le livreur des légumes et autres aliments que ma maman commandait dans une supérette avant la lettre située près de la Place Vanderkindere. Assez naturellement, il nous avait proposé ses productions et comme c’était à l’époque quasiment un des seuls disques « modernes » que nous avions à la maison, il est beaucoup passé sur le Teppaz familial !

Le disque paraît en 1965, soit un an après que Robert Cogoi a représenté la Belgique au Concours européen de l’Eurovision, à Copenhage. Ce chanteur était alors en pleine gloire et on ne peut nier la parenté dans la voix et dans la manière de chanter des deux artistes. Enfin, « artiste » est peut-être un grand mot pour désigner Roger Guitary !

Quant à la chanson « L’espoir fait vivre » – la face B du 45 tours – elle ne mérite évidemment pas de figurer au panthéon des plus belles chansons françaises, mais je l’aime bien ! Moi qui avais 12 ans lors de sa découverte, elle me faisait rêver au moment béni où j’aurais enfin 18 ans ! Tout ça a bien changé ? Ah bon…

L'espoir fait vivre

L’espoir fait vivre, ma chérie
Écoute bien ce que j’te dis
Quand tu auras tes 18 ans
Et de plus rien tu ne dépends
C’est mieux d’attendre encore un peu
Avant de faire ce que tu veux
La vie n’est pas si drôle que ça
Tout change quand tu es dans mes bras

Chez toi chérie je le sais bien
On voudrait nous séparer demain
Laissons-les dire, laissons-les faire
Nous nous aimerons une vie entière

L’espoir fait vivre, ma chérie
Écoute bien ce que j’te dis
Quand tu auras l’âge désiré
Alors on pourra bien s’aimer

dimanche 27 mai 2012

Le vent

Y a le vent dans les bois

Qui murmure la douceur
Ou montre sa fureur

En donnant de la voix

Le vent m’a toujours paru mystérieux et envoûtant. Il est à la fois immatériel (on ne le voit pas, il est impossible de le saisir en mains) et bien réel (on le sent sur son corps, il fait bouger les choses). Le vent s’infiltre partout, là où il le veut, que ce soit d’une caresse douce ou d’une claque cinglante.

Le vent ne fait pas de bruit, mais c’est lui qui rend le silence absolu quasiment impossible, du moins en situation naturelle. On peut se balader dans la forêt la plus éloignée des bruits de la civilisation, assaillie par le calme profond. On peut y croire s’enrober de silence, mais on ne peut pourtant éviter le bruissement des feuilles, le craquement des arbres, le chuintement des branches… On est seul, mais le vent provoque tant de sons qu’on en est habité fondamentalement.

Le vent peut ainsi se faire léger souffle, douce brise, fragile zéphyr, rassurant suroît, limpide foehn… Mais bien sûr, il peut aussi se transformer en vilaine tempête, en froid blizzard, en glacial mistral, en obscur tourbillon… quand il n’est sinistrement ouragan, cyclone ou typhon destructeur et meurtrier. Le vent ne se dompte pas. Il peut hurler et, dans ce cas, il vaut mieux l’éviter et le fuir.

Qu’il soit douceur agréable ou force brutale, le vent garde ses mystères dont le plus profond est d’être toujours déjà ailleurs. Le vent ne fait que passer ou tourner. Nul ne peut l’enfermer, mais son souffle nous pousse toujours au-delà de nous-mêmes.

Qu’est-ce qui fait vivre la vie

Qui nous porte au-delà de nous

Qu’est-ce qui nous rend fou

Qui nous donne autant d’envie

Y a le vent dans les bois
Qui murmure la douceur

Ou montre sa fureur

En donnant de la voix

samedi 19 mai 2012

La maladie


Il suffit de la maladie d’un ami pour se poser de nombreuses questions sur le sens des maladies et de la souffrance. On ne se pose ces questions que parce que c’est un « ami ». S’il était plus que ça, un époux, un enfant, un frère…, on ne se poserait sans doute pas ces questions. On n’en aurait pas le temps, pris dans la danse infernale des soins. Mais quand « ce n’est qu’un ami » et que de plus il est loin, la seule chose qu’on puisse vraiment faire, c’est se poser des questions…

Pourquoi quelqu’un de relativement jeune se trouve-t-il embarqué dans une histoire difficile qu’il n’a pas voulue, pas cherchée ? Pourquoi ses proches sont-ils confrontés brusquement aux questions sans réponse, à l’angoisse du moment qui suivra sans savoir de quoi celui-ci sera fait, à cette dépense d’énergie évidente mais prenante pour adoucir les moments de celui qu’ils aiment… ? Pourquoi lui, pourquoi maintenant, pourquoi comme ça… ?

Ces questions n’ont sans doute pas de réelle réponse. Elles sont légitimes, mais n’ont pas de fondement. C’est comme ça, un point c’est tout ! Et il faut « faire avec », en utilisant toutes les maigres ressources que la médecine moderne possède.

Toute maladie a sans doute du sens. Mais celui-ci n’existe qu’après. Quand on relit la maladie, quand on regarde ce qu’elle a pu nous apporter ou nous enlever. Parfois alors, on peut y trouver du sens.

Inutile de chercher celui-ci du côté de Dieu. Je ne sais toujours pas s’il existe. Comment pourrais-je le savoir ? Mais même s’il existe, je suis profondément convaincu qu’il n’a rien à voir avec la maladie. Cette dernière existe par elle-même. Elle n’a pas besoin d’un instigateur divin ! Pourquoi d’ailleurs Dieu interviendrait-il d’une quelconque manière dans l’existence d’une maladie ? Ce serait contraire au sens même de Dieu. Certains diront, croiront qu’il peut intervenir sur la maladie. Je n’y crois pas trop, tout en me disant « Pourquoi pas ? ». Mais même s’il pouvait intervenir, il ne serait en rien responsable de la maladie. L’homme est fragile. Il est à la merci de n’importe quelle maladie, de n’importe quel accident, à n’importe quel moment. Dieu n’a rien à voir là-dedans.

Alors, plutôt que de chercher un sens improbable, il faut sans doute d’abord accepter, et puis lutter. Accepter que c’est ainsi. Lutter pour qu’il en soit autrement. La maladie n’a pas de sens, mais peut-être révèle-t-elle parfois le sens de la vie : créer un peu de lumière ?

mardi 1 mai 2012

Les rois de l'assistanat

Affreux, sales et méchants © Ettore Scola, 1976

Que ce soit dans la bouche de Charles Michel, de Nicolas Sarkozy ou de l’inénarrable Marine Le Pen, la lutte contre l’assistanat est un des slogans à la mode. Ce serait à cause de lui que la « crise » menace nos sociétés fondées sur l’opulence. Cachez ces pauvres que je ne saurais voir !

Comme Wikipédia le précise, le terme d’assistanat désigne péjorativement un système de redistribution des richesses ou de solidarité, dont les effets pervers ruinent la fonction. L’intention – la solidarité – serait noble, mais les moyens mis en place pour l’atteindre conduiraient à des abus individuels et à la faillite de l’ensemble du système ! Les personnes – les pauvres, les défavorisés de la vie, les chômeurs, les étrangers venus ici chercher un peu de ce bien-être que leur pays ne pouvait leur offrir… – ne seraient que des profiteurs vivant au crochet de la société ! Ils ne chercheraient qu’à recevoir de l’argent en refusant de prendre leur vie en mains et de s’enrichir par le travail…

Pourfendre aveuglément l’assistanat est d’abord avoir une très mauvaise connaissance de la réalité, comme l’ont dénoncé très justement M. Samuel Laurent, du journal Le Monde, il y a déjà un an, et tout récemment M. Claude Emonts, Président de la Fédération des CPAS de Wallonie et du CPAS de Liège. Tant en France qu’en Belgique, ce discours anti-assistanat se fonde sur des préjugés, des rumeurs et des idées fausses. Cela n’exclut pas le fait qu’il y a sans doute des abus individuels, comme il y en a malheureusement à tout niveau de la société.

Ces abus ne sont pas nécessairement le fait de ceux que l’on croit ! En réalité, il est nécessaire de lutter contre l’assistanat, pas celui des pauvres, mais celui des riches ! Celui-là est un réel fléau.

M’inspirant d’une argumentation souvent défendue par Isabelle, nous pouvons constater que nos sociétés favorisent un assistanat inacceptable :
  • quand les États renflouent sans arrêt les caisses des banques qui ont des difficultés du fait de la mauvaise gestion de leurs responsables, fondée sur la seule approche financière du profit à court terme ;
  • quand de grandes entreprises ayant profité d’aides accordées par les États ou par l’Union européenne n’hésitent pas à fermer des sites entiers ou à se délocaliser, sans se préoccuper des ravages économiques et sociaux que cela engendre ;
  • quand des administrateurs de grandes entreprises s’accordent des augmentations sans commune mesure avec la réalité de leur travail ou, pire encore, des « parachutes dorés » pouvant leur garantir de substantiels revenus même en cas d’incompétence de leur part ;
  • quand les États se sentent obligés de mettre en place des mécanismes permettant aux grosses entreprises d’éluder l’impôt (intérêts notionnels…) avec comme seul résultat de gros dividendes distribués aux actionnaires qui se frottent les mains, sans même se demander si elles sont vraiment propres ;
  • quand des mandataires publics abusent de leur fonction pour cumuler différents mandats, y compris (et surtout) ceux qui sont les plus rentables ;
Bien sûr, ce sont les entreprises qui sont créatrices d’emploi et par là de cette « richesse » qui contribue au bien-être. Il faut donc effectivement aider les entreprises. Mais il faut le faire dans un cadre bien strict. Il faut le faire dans l’intérêt non pas de la production de profits financiers ne bénéficiant qu’à une minorité de personnes déjà riches. Il faut le faire pour le développement social, culturel et économique de toute la population pour mettre en place les conditions nécessaires à un réel bien-être de chacun, en commençant par les plus faibles et les plus démunis.