dimanche 20 décembre 2009

Sources

FMG © 2009

Après en avoir été empêché par la neige jeudi dernier, nous avons finalement pu aller voir le spectacle « Sources » ce samedi soir. Je l’avoue volontiers : ce spectacle de la Compagnie Dessources m’a fondamentalement ressourcé.

Il s’agit de la première création du danseur chorégraphe Nono Battesti qui a à peine 21 ans. Parcours singulier que le sien ! Venu enfant de Haïti pour être adopté par Olivier Battesti (Mamémo), il peine à s’acclimater aux studieuses exigences belges. Jusqu’au jour où, à 12 ans, il découvre – sans le vouloir – la danse : hip-hop, break dance, danse contemporaine, jazz… Cinq ans plus tard, il devient lui-même professeur de danse. Et le voilà maintenant qui raconte son histoire, et celle de sa sœur, dans un spectacle époustouflant.

Au départ, Géraldine, 18 ans, aurait dû aussi être sur scène avec son corps et sa voix. Mais elle a été engagée pour tourner un peu partout dans le monde avec une compagnie israélienne. C’est là que naît une idée de génie : la rendre présente à travers un écran de plexiglas où elle apparaît en hologramme. Cet écran devient acteur lui-même du spectacle en permettant la rencontre incessante du réel et du virtuel. Il est prolongé par des éclairages « rectangulaires » qui délimitent un nouvel espace scénique.

L’audace est aussi d’avoir associé Didier Laloy et son accordéon diatonique. Didier transfigure la musique. Il devient lui-même danseur. Son accordéon devient respirations, angoisses, plaisirs, hésitations, portes vers la vie.

Pourquoi le cacher, pour nous, c’était aussi l’occasion de retrouver des amis dans cette famille artistique : à côté de Nono et de Géraldine, il y avait Olivier à la scénographie, Benjamin aux lumières, Céline à la gestion des réservations et bien sûr Paul et Martine. Au-delà de l’enchantement du spectacle, il y avait aussi la magie de ces retrouvailles. On en redemande !


samedi 19 décembre 2009

La neige, c'est vraiment joli…


Toutes photos : FMG © 2009

Mine de rien, la neige, c'est quand même bien joli ! Alors, le temps d'une petite promenade dans le jardin, je me réconcilie avec elle !







J'en profite pour faire le tour de la maison !



Et quand on y entre, on sent la douce chaleur envahir à nouveau nos pores et nos sens !

vendredi 18 décembre 2009

La neige, c’est bien joli, mais…

FMG © 2009

Ce jeudi 17 décembre 2010, je l’attendais depuis longtemps avec impatience. Non seulement parce que c’était le jour de mes 26 ans de mariage, mais aussi parce que c’était mon dernier jour de travail en 2009. Je l’espérais d’autant plus que la dernière semaine de travail était certes passionnante, mais aussi fatigante avec la formation d’ingénieurs algériens en gestion de projets. Cette formation se déroulait à Bruxelles, ce qui m’obligeait à me lever plus tôt que d’habitude et à parcourir chaque jour 70 km en scooter sous des températures glaciales.

Mercredi soir, on annonçait des chutes de neige pendant la nuit ou à partir de 9 heures. Je n’ai pas beaucoup dormi, ne sachant pas trop ce que je ferais si tout était couvert de neige au petit matin. Il n’en fut rien, et j’arrivai à Bruxelles sans difficultés. Vers 11 heures, la neige commença à tomber. Continuer à former ne fut pas facile : j’ai toujours constaté que lorsqu’il neige, il y a comme une certaine nervosité qui apparaît. Que dire alors d’un groupe d’Algériens pour qui la neige n’est quand même pas un phénomène fréquent !

Au début de l’après-midi, la neige se fit plus tenace. J’entrevoyais déjà le pire. Je n’allongeai pas le temps de formation et, vers 16h20, je quittais le parking. Dès les premiers mètres, ce ne fut pas une sinécure. Le parking était recouvert de neige et je compris rapidement que ma roue arrière filait à gauche ou à droite à chaque accélération. Je me disais que ce n’était que lié au parking peu utilisé et que tout irait bien dès que je serais dans les rues de la ville. Je dus vite déchanter : celles-ci ressemblaient à une patinoire de Noël plutôt qu’à des voies de communication. Avec beaucoup de concentration, quelques glissades heureusement contrôlées, quelques bouffées de chaleur, j’atteignis cependant l’entrée de l’autoroute. Il commençait à faire noir, ce qui n’arrangeait rien. D’autant plus que ma sueur m’empêchait de fermer la visière de mon casque dans la mesure où, très rapidement, je ne voyais plus rien du tout !

Qu’à cela ne tienne, je commençai à me faufiler entre les files de voitures. Il était 17 heures et tout était quasi à l’arrêt alors que les départs des bureaux n’allaient que commencer. J’avais conscience du danger de mon avancement, mais j’avançais. Je dépassai ainsi plusieurs autres motards qui, eux, ne se risquaient pas à la remontée des voitures.

Soudain, la neige recommença à tomber. En même temps, le gel s’accentua. C’est à temps que je vis l’autoroute devenir de plus en plus brillante. Ce n’était plus de l’eau qui était au sol, mais du verglas. Je décidai d’arrêter ma remontée de voitures. Combien en avais-je laissées derrière moi ? Un sacré paquet. Je roulais désormais au pas, mes deux pieds assurant un semblant de stabilité.

La sortie de l’autoroute se rapprochait. Je me disais que j’avais sans doute fait le plus dur. Je commençai à sortir, me posant quelques questions en voyant la difficulté que rencontraient certaines voitures pour monter la bretelle d’autoroute. Ce questionnement était pertinent : à peine sorti d’un mètre de l’autoroute, je glissai lamentablement et ne pus cette fois contrôler le mouvement. Mon scooter s’allongea sur la route. Je m’empressai de le relever. Il ne démarrait plus. Je le poussai dans une demi-inconscience vers le bord de l’autoroute, pour m’extraire au plus vite des dangers. J’y parvins et pris rapidement ma décision : je ne ferais pas un mètre de plus ! Je rangeai donc ma machine, non sans inquiétude. Juste avant de la quitter, je tentai de la faire démarrer, ce qu’elle fit sans hésitation. C’était toujours ça.

Je montai à pied la bretelle de l’autoroute en constatant de visu combien celle-ci était impraticable. Ma décision était la bonne ! J’avais 7 km à parcourir encore. Je fis du stop. Un taxi me prit d’abord. Puis une autre voiture. J’avais bien essayé de contacter ma femme, mais les réseaux étaient saturés. On le comprend. J’étais dans ma deuxième voiture qui semblait totalement bloquée dans une file anormale. Le téléphone sonna : une inconnue me dit qu’elle me passait ma femme. Celle-ci avait appris par mon fils que je revenais à pied et, prise elle-même dans les méandres neigeux tout en ayant été abandonnée par la batterie de son GSM, me signalait qu’elle était à un rond-point… quelques centaines de mètres devant moi. Tout était encore à l’arrêt. Je descendis de la voiture et rejoignis à pied celle de ma femme. Il nous restait quatre kilomètres à parcourir, normalement déserts. Nous mîmes 50 minutes pour faire ce trajet qui ne demande d’habitude que quelques minutes.

Notre soirée d’anniversaire prit une autre tournure que nous ne l’avions imaginé, mais enfin, nous étions à la maison, ensemble, et – en ce qui me concerne – en vacances.

Aujourd’hui, vers 10h30, je me suis décidé à espérer pouvoir réduire mon angoisse pour mon scooter. Je suis parti à pied et en stop. J’ai été pris par une charmante dame qui partait à la recherche du GSM perdu par sa fille… juste après que celle-ci ait aidé ma femme à me téléphoner ! Une autre voiture m’amena au-dessus de l’autoroute. Je descendis la bretelle. Je ne voyais pas ma moto parce qu’il y avait 5 ou 6 voitures qui avaient passé la nuit là aussi ! Finalement, je vis mon engin préféré, tout couvert de neige. Il démarra sans difficulté. Après l’avoir dégagé, avoir retiré de la neige glacée qui créait des monticules infranchissables, je pus enfin démarrer et me retrouver sur l’autoroute jusqu’à la sortie suivante. Je ne vais pas dire que tout se passa sans problème, mais je suis arrivé à la maison sans encombre, une heure et demie après en être parti.

Tout est bien qui finit bien ? Non, pas vraiment. Ma voiture est coincée chez nous, au bas d’un chemin impossible à monter. Mon fils vient de partir… en scooter : il n’en pouvait déjà plus d’être enfermé dans la maison. Ma fille doit quitter ce soir son travail pour rentrer chez elle, à Bruxelles et… en scooter ! Bref, les angoisses ne sont pas finies. Normalement, ce soir, nous allons au théâtre. Sera-ce possible ? Je n’en sais rien à vrai dire.

La neige est là. Elle étale son manteau blanc et son profond silence, et c’est bien joli. Mais qu’est-ce que cela me fait ch… !

PS : pour la petite histoire, mon scooter abandonné sur l'autoroute a même eu les honneurs du journal télévisé de BEL-RTL ! Quelle affaire quand même !

samedi 12 décembre 2009

Ne jamais oublier, toujours pardonner

FMG © 2009

Une amie me rappelait dernièrement la phrase de Sweeney Todd : « Ne jamais oublier, ne jamais pardonner... ». Quelle horreur ! Aussi horrible que le personnage !

Pas question d’oublier, évidemment. Tout ce qui marque notre vie y laisse une trace indélébile. On peut toujours bien sûr en faire un déni. Mais n’est-ce pas alors toujours une fuite ? Les blessures les plus graves – celles qui sont faites à notre confiance – ne peuvent être que reconnues, admises comme telles. Les oublier ne servirait à rien. Au contraire, c’est sans doute en les admettant et en les intégrant qu’on peut se construire petit à petit et devenir ce qu’on est vraiment, en interaction avec les autres, y compris ceux qui nous font mal. Connaître ses blessures, c’est pouvoir les transcender. Les ignorer, c’est passer à côté de sa réalité.

Pour autant, il ne sert à rien – me semble-t-il – de ne pas pardonner. Garder rancœur, c’est se faire souffrir soi-même. Pardonner, c’est ouvrir la voie à de nouveaux chemins, c’est donner sa chance à la vie, c’est se donner la possibilité de reconstruire.

J’imagine qu’il n’est pas donné à tout le monde de pardonner facilement. Les souffrances sont parfois si profondes et si obscures. Mais n’est-ce pas pourtant la seule issue ? Vivre avec de la haine au fond du cœur ne peut que conduire à la folie, non ?

Des trahisons, j’en ai connu. Elles m’ont fait mal. Très mal. Je ne les ai pas oubliées. Aucune. Mais, fondamentalement, j’ai pardonné. Même à celui et à celle qui m’ont fait le plus souffrir, eux qui auraient pu m’amener de l’autre côté du miroir. Aujourd’hui, je suis toujours là. Bien là. Enrichi de ces blessures. Fort d’avoir pu les surmonter. De les avoir transformées en champ d’amour.

Ce ne sont pas que des mots : ne jamais oublier, toujours pardonner…

mercredi 9 décembre 2009

Inutile fatigue

Grosse fatigue © Mag 2009

Je suis fatigué et ça m’énerve. On a beau me dire que c’est normal, que tout le monde est fatigué à cette période de l’année, que ça passe, que je ne suis pas le seul, etc. Je suis fatigué et ça m’énerve.

Ça m’énerve d’autant plus que je ne vois pas à quoi ça sert. Le plus logique serait que cela serve à se reposer. Mais soyons sérieux : quand on est fatigué, c’est qu’on n’a pas le temps de se reposer. Ou pas l’occasion. Ou peut-être tout simplement pas la volonté. Bref, je ne suis pas sûr que ma fatigue m’amènera à me reposer. Ce qui inévitablement crée un cercle vicieux.

Ça ne sert certainement pas à être de bonne humeur ! Non pas que je sois spécialement de mauvaise humeur. Mais enfin, je ne me sens pas non plus d’humeur à me tordre de rire devant toutes les absurdités du monde ni à rêvasser béatement à des jours meilleurs. Plutôt tendance à broyer du noir. Quoique, je trouve que le noir est plutôt fatigant. Ce qui inévitablement crée un cercle vicieux.

Ça sert peut-être à ne pas faire trop d’efforts. On se sent un peu las, et on a plus envie de laisser couler que de remonter les vagues. L’esprit devient alors un peu vague et on finit pas divaguer. C’est alors qu’on se rend compte qu’on est un tantinet fatigant pour les autres qui nous côtoient. À force d’être fatigué, on fatigue les autres qui ne manquent pas d’en faire autant. Ce qui inévitablement crée un cercle vicieux.

Qu’on le veuille ou non, la fatigue, ça m’énerve. Il n’y a qu’une seule solution donc : ne pas être fatigué. Ou alors croire qu’on ne l’est pas. Vous avez dit « fatigue » ? Tiens, comme c’est bizarre !

jeudi 3 décembre 2009

Les fondamentales

À l’heure où Tiger Woods, le premier sportif milliardaire en dollars, se débat dans une sombre affaire où il est obligé de demander pardon pour avoir trahi sa famille, une enquête réalisée auprès des jeunes belges de 15 à 17 ans m’a interpellé.

On y apprend que, pour eux, la relation idéale est basée sur la gentillesse, la fidélité, le respect et la confiance. Quoi de plus normal finalement ! Ce sont là quatre valeurs fondamentales de notre société.

Il n’empêche, on pourrait croire ces valeurs surannées, dépassées, obsolètes… et en tout cas peu partagées par les nouvelles générations. On nous dit que c’est la génération « fast food », qui consomme tout et n’importe quoi immédiatement, sans trop réfléchir au sens des choses. On essaye de nous faire croire que seul le « paraître » importe, que l’image que ces jeunes donnent d’eux-mêmes est leur seule préoccupation.

Et voilà qu’ils nous disent : "Mais non, nous, ce qui nous intéresse dans nos relations amoureuses, c’est d’être gentil avec l’autre, de lui être fidèle, de le respecter, d’avoir confiance en lui". Pas mal.

Pas d’illusion à se faire. Si c’est la tendance majoritaire, ils ne sont pas tous de cet avis. Pourquoi serait-ce le cas d’ailleurs ? On apprend aussi dans cette enquête que ces jeunes n’aiment pas le manque de respect, la brutalité, le fait d’être contraints de « faire des choses » qu’ils n’aiment pas, la banalité, la routine… S’ils disent – avec raison – qu’ils n’aiment pas tout cela, c’est qu’ils savent de quoi ils parlent. Beaucoup ont été confrontés au manque de respect, à la brutalité, à la contrainte, à la banalité, à la routine. C’est moins gai.

L’amour est la plus belle des choses qui peut nous arriver dans la vie. Il y a des contes de fée, mais il y a plus souvent des histoires complexes. Rien n’est jamais gagné. Mais les jeunes ont raison : le défi ne peut sans doute se gagner que si on vit l’amour avec gentillesse, fidélité, respect et confiance.

dimanche 29 novembre 2009

Des météores de toutes les couleurs

Photos et vidéo : FMG © 2009

Je m’en faisais une fête ! Enfin, j’allais voir Olivia Ruiz sur scène ! Cette fille m’épate. Non seulement elle est d’une beauté époustouflante, mais en plus elle chante de manière superbe et elle ne chante pas n’importe quoi, y compris lorsqu’elle participe à d’autres projets dont je fais état dans la page que je lui consacre sur mon site personnel.

Enfin bref, j’allais enfin la voir et l’entendre de près, aux Halles de Schaerbeek. C’est une salle qui a un cachet certain, mais elle a un premier défaut : il est quasi impossible de se garer à sa proximité. Donc, on a tourné en rond pendant un bon quart d’heure avant d’enfin trouver une place à un peu moins d’un kilomètre de là. Nous avons alors entamé une marche rapide, sous la pluie battante belge. Nous n’étions pas les premiers ni les derniers. Ça faisait une belle file dans laquelle nous avons eu tout le loisir de nous mouiller un peu plus.

Entrés enfin dans la salle, ce que je craignais s’est tout de suite confirmé : il n’y avait pas de place assise ! Pour la plupart des gens, ça ne pose pas problème. Mais mon dos n’est plus ce qu’il était et j’avais bien peur qu’il ne tienne pas le coup. Qu’à cela ne tienne, la première partie – une belle chanteuse accompagnée par un excellent musicien – était commencée et chauffait l’ambiance.

Entre-temps, nous avions trouvé une place assez près de la scène, bien dégagée. Tout allait bien. La première partie était terminée et les régisseurs s’activaient pour mettre en place la scène pour le concert d’Olivia, à travers un voile transparent qui indiquait clairement l’univers : celui des météores.

Le spectacle commence enfin, avec une animation sur écran permettant à chacun de prendre sa place. Et c’est parti. Olivia apparaît, sublime. Je n’ai pas toujours apprécié les mini-robes qu’elle a portées dans ses différents spectacles. Mais ici, rien à dire : elle est superbe, jusqu’à ses escarpins rouges (qu’elle remplacera quand même pendant une partie de la soirée par de bonnes bottes au talon plat).

De toute évidence, c’est un spectacle magnifique : les musiciens maîtrisent parfaitement leur art, les éclairages sont mirobolants, les chansons sont météoresques et Olivia est d’une énergie à couper le souffle. Elle donne à en voir de toutes les couleurs surtout quand ça s’anime un peu beaucoup.

Dans ces moments-là, évidemment, le son augmente un peu (trop), et c’est bien normal. On ne comprend plus trop ce qu’elle chante, mais ça n’a pas beaucoup d’importance. L’ambiance est là. Pas seulement l’ambiance d’ailleurs. Petit à petit, des chaleurs montent en moi. L’éclairage offre des milliers de couleurs, mais j’ai l’impression d’en voir plus encore. Je m’agenouille pour essayer de reprendre mes esprits, mais j’ai de plus en plus de mal à respirer. Visiblement, je suis assailli par le bruit, par le manque d’air, par la chaleur, par les odeurs humaines. J’essaie encore de me redresser… mais je sens bien que si je reste debout, je m’effondrerai pour ne plus voir que les météores qui commencent à défiler. J’essaie de montrer que tout va bien, mais je me retire vers un mur. Ouf, je l’atteins sans m’être effondré ! Je m’assieds par terre. Un gars du service de sécurité me demande si ça va. Je lui dis vaguement « oui, ça va aller… ». Je respire un peu mieux, mais visiblement je suis loin. Je suis le seul à le savoir. Mais pas le seul à s’en inquiéter : Brigitte me rejoint, ne sachant pas trop ce qu’il en est. Je suis rassuré de la savoir près de moi. Mais j’en profite pour aller me rafraîchir aux toilettes. Ça va mieux, même si les météores continuent à défiler.

Sur la scène, Olivia continue son merveilleux spectacle. Je ne suis plus tout à fait là, tout en n’étant pas ailleurs. Finalement, c’est pour elle que je suis là. Le spectacle se termine. Elle n’accorde qu’un bis, sur sa balançoire, qui l’emmène vers les météores. C’est fini. Vraiment, un beau spectacle. Je nous pousse vers la sortie. Ouf, de l’air. Il était temps. La nuit est toujours humide. Pas ce soir qu’on verra des météores dans le ciel de Bruxelles. Pourtant, moi, j’en ai vu… et de toutes les couleurs.

Je n’ai filmé ce soir-là qu’une seule chanson en entier ! Pas n’importe laquelle : Les météores ! « Mais ça monte, ça lutte, ça me saisit, ça tire, ça brûle, ça jaillit ! ». Tout à fait ce que j’ai vécu. Quelle communion quand même !

jeudi 26 novembre 2009

Amalgames

Amalgame © Alexandre Bardel 2006

Dans un blog ami, Grains de sel a récemment raconté son émoi face à une caissière d’un supermarché dans lequel s’était déroulé un braquage pour quelques sous. La caissière, fort émue sans doute, avait décrété – sans rien en savoir sans doute – qu’il s’agissait de « bougnouls » qui ont tous les droits et qui peuvent tout obtenir parce qu’ils s’appellent « Mohamed ». Sacré paquet d’amalgames !

L’avis de mon amie, assistante sociale, était très posé et nuancé, même si elle ne cachait pas son agacement devant cette bêtise humaine.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais un personnage douteux – se prénommant Le Hutin, médecin à la retraite – a cru bon d’ajouter quelques commentaires. C’est là que les amalgames deviennent tragiques. Du banal émoi d’une caissière victime – directe ou indirecte – d’un fait divers malheureusement devenu banal lui aussi aujourd’hui, on en est venu à tout mettre dans le même panier : les « bougnouls » en question seraient les plus racistes, notamment parce qu’ils refuseraient de consommer porc et whisky ; ce ne seraient d’ailleurs que des barbares ; il faudrait les pendre et s’ils commettent des actes aussi répréhensibles, c’est parce qu’on n’en liquide pas suffisamment, etc.

L’agacement de mon amie s’est transformé chez moi en nausée devant tant d’amalgames.

Qu’on ne me fasse pas dire ici ce que je ne dis pas. Un délinquant commet un acte répréhensible. La société doit se protéger d’une récidive. Cela prend la forme d’une punition qui le plus souvent est la privation de liberté. Cette punition, atroce en soi, protège la société à court terme, mais pas à long terme. Le délinquant, à un moment donné, sort de prison. Si on n’a rien fait pour essayer de le réinsérer, il ne pourra que recommencer ses méfaits, ne fut-ce que par vengeance ou rancune. Il faut donc agir, quand il est emprisonné, pour le rééduquer, voire même simplement l’éduquer. Ce n’est pas une tâche facile. C’est même un euphémisme de dire qu’elle est éminemment complexe. Mais c’est la seule issue.

Tous les délinquants, quels qu’ils soient, sont des êtres humains. Certains ont perdu beaucoup de leur humanité, sans doute. Ou n’ont pas réussi à la gagner. Mais ils restent humains. Comme vous et moi.

L’enjeu de nos sociétés est de faire de nous tous de vrais humains. Reconnus en tant que tels. Chaque geste d’humanité en crée un peu plus. Chaque geste de déshumanité détruit un peu l’humanité. Cette double relation est en fait assez simple.

Parviendrons-nous jamais à construire ensemble, sans amalgame, malgré la diversité des personnes, des parcours, des expériences de vie ? J’en doute parfois, mais comme chantait John Lennon, « imagine »…

mercredi 25 novembre 2009

Ils ont vidé mon lac !

FMG © 2009

Ils ont vidé mon lac. Il y a deux semaines encore, j’en avais fait le tour avec bonheur, m’extasiant devant sa beauté. C’était comme ça :

FMG © 2009

Maintenant, c’est devenu un cloaque, un amas de boue qui se vide petit à petit de son eau pour finir par s’assécher complètement. Louvain-la-Neuve est en train de perdre son écrin !

Bien sûr, on me dira que c’est pour la bonne cause. Les autorités ont décidé de vider progressivement les 85 000 m3 d’eau. Tout l’hiver 2009 verra alors un paysage lunaire qui se couvrira d’algues et de mousse. Au mois de mars, la vase, futur substrat des plantations, sera minéralisée. Elle devrait alors se transformer en un vaste pré fleuri, avec du plantain d’eau, des épilobes, des trèfles d’eau, de la véronique, de la menthe d’eau, du mouron des oiseaux, de la salicaire… Un travail de pépinière aquatique sera réalisé pour permettre la multiplication de la végétation au sein du lac et sur les berges. Celles-ci seront alors reprofilées.

En septembre 2010, le lac sera à nouveau rempli par les pluies. Les plantes non aquatiques ne survivront pas à cette nouvelle mise sous eau et celle-ci sera à nouveau brune et trouble. Progressivement, cependant, grâce à l’action digestive des bactéries, l’eau devrait s’éclaircir. On devrait alors réintroduire avec intelligence moules et poissons. En mars 2011, le lac devrait être entièrement rénové, plus superbe que jamais. Enfin, c’est ce qu’on dit !

En attendant, ils ont vidé mon lac et la vue depuis mon bureau n’est plus tout à fait la même. Avec le temps qu’il fait, elle est déjà bien morose. Mais là, elle est vraiment sordide !

samedi 21 novembre 2009

La voix pure

Geoffrey Gurrumul Yunupingu. Extraordinaire ! Pur ! Émouvant !

Je ne connaissais pas… et ce n’est personne d’autre que mon patron qui me l’a fait découvrir ! Rien que ça, c’est déjà génial !

Bon, ce gars (Gurrumul, pas mon patron) est un australien arborigène et chante dans la langue de Yolngu. Il est aveugle de naissance… et c’est d’autant plus avec plaisir que ce billet entre dans le libellé « Lumières ». Car c’est bien de la lumière qu’il y a dans sa voix et dans ses musiques.

C’est encore tout neuf comme découverte, et je ne peux en dire beaucoup plus. Alors simplement, on peut le retrouver sur MySpace et sur YouTube. Le détour en vaut la peine !

jeudi 19 novembre 2009

Bienvenue, monsieur Homme !

Voici donc notre brave Herman Van Rompuy /hɛrmɑn vɑn rɔmpœy/ Président du Conseil européen. Le premier Président de l’Europe ! Un Belge !

On ne peut que s’en réjouir. Non seulement parce qu’il est Belge, mais surtout parce que c’est un homme admirable. Il est devenu Premier Ministre de la Belgique à un moment où rien n’allait. C’était la crise financière, et derrière elle, il y avait notre crise belgo-belge communautaire. En quelques mois, il a réussi ce que bien d’autres avaient raté avant lui : recréer un peu de confiance dans les interlocuteurs politiques pour qu’ils se mettent au travail. Tout cela avec calme, écoute et humour. J’ajouterais, mais oui, avec volupté, au sens de jouissance intellectuelle profonde. Voici bien un homme, rigoureux, qui sait ce qu’est le vrai plaisir…

Ces grandes compétences devraient maintenant être au service de l’Europe, et celle-ci ne pourra qu’en profiter. Certains sans doute s’imaginent que, surtout, il ne fera pas d’ombre à leur ego démesuré de Chef d’État. C’est sûr, il n’essayera pas de prendre leur place. Il restera à la sienne. On ne sait pas trop ce que sera celle-ci. La fonction est à construire. Mais qu’on se le dise : Herman la marquera de son empreinte.

Une empreinte faite de consensus. Pour avancer, il faut se mettre d’accord. Cela n’est possible que si l’on est à l’écoute de chacun et si chacun se reconnaît dans les décisions finales. Van Rompuy connaît la chanson. Héritage belge ? Sans doute. Mais il ne suffit pas d’être Belge pour en hériter.

C’est là sans doute le problème. Qui va lui succéder en Belgique ? Nous sommes, inévitablement, à la veille de négociations communautaires qui décideront de l’avenir du pays. Comme chaque négociation d’ailleurs. Mais la tâche est ardue. Aujourd’hui, on peut penser qu’un consensus aurait pu être dégagé par notre désormais ex-Premier Ministre. Y aura-t-il quelqu’un d’autre pour le faire ? Pas sûr. Et sans doute pas celui qui devrait lui succéder, le Roi des gaffeurs. Enfin, ça c’est une autre histoire.

En attendant, réjouissons-nous. Bravo, Herman ! Et bonne chance !

lundi 9 novembre 2009

Un vulgaire caillou

FMG © 2009

Ce n’est qu’un caillou. Un vulgaire caillou. Il contient bien des reflets brillants, mais il n’a vraiment rien d’extraordinaire. De plus, il est entouré d’un béton qui, s’il est solide, ne brille pas par son esthétisme.

Ce vulgaire caillou, pourtant, je le garde précieusement depuis 20 ans. C’est un morceau du Mur de Berlin qui fut brisé le 9 novembre 1989.

J’avais vu le Mur quelques mois plus tôt, très impressionné. L’absurdité de cette séparation était alors aussi grande que son immuabilité. Il ne semblait pas possible de le faire disparaître, car il symbolisait tout un système qui, même s’il connaissait des soubresauts, était tout à fait cadenassé. Je découvrais ce Mur, ainsi que le Rideau de fer (tout aussi sinistre), en me rendant en Pologne pour y jouer de la musique avec La Mandore. L’accueil des Polonais avait été des plus chaleureux. Comment pouvions-nous être séparés par du béton et des fils de fer barbelés ?

Pourtant, l’incroyable est arrivé. Le Mur est tombé. Pour moi, une nouvelle ère a commencé. Ce qui était inimaginable était arrivé parce que des personnes comme vous et moi y avaient cru, s’étaient donné à fond pour retrouver le sens de la liberté. Le monde vacillait. Toute une idéologie autoritaire était en train de s’effondrer.

Alors, quand quelques semaines plus tard, un de mes élèves m’apporta ce morceau de caillou après un voyage express jusque Berlin, je sus que je tenais là dans mes mains un symbole extraordinaire de ce que l’homme peut faire. Ce qu’il peut faire de mal, en ayant construit ce mur, en séparant des familles et des amis, en imposant une manière de vivre. Mais aussi ce qu’il peut faire de bien, en abolissant les frontières, en refusant de se laisser dicter sa conduite, en prenant la liberté d’être libre…

Ce vulgaire caillou, j’aimerais le garder avec moi jusqu’au bout de telle sorte que personne ne puisse plus jamais l’utiliser pour construire des murs absurdes.

dimanche 8 novembre 2009

Intransigeance flamande

Massacre de la Saint-Barthelemy © François Dubois 1572

On n’en est pas là, heureusement. J’avoue cependant un étonnement toujours inquiet devant l’intransigeance de certaines autorités flamandes.

La dernière en date est liée au sport, avec la suspension pour un an de deux joueurs de tennis : Xavier Malisse, et surtout Yanina Wickmayer. Sans doute n’ont-ils pas fait ce qu’ils devaient faire dans le cadre du système de lutte contre le dopage. En tant que sportifs professionnels, ils devaient entrer dans le système les données permettant d’exercer d’éventuels contrôles inopinés. Wickmayer a manqué 3 fois à ses obligations. Malisse, seulement deux fois, mais il a manqué un contrôle, ce qui est plus grave. Même si le système d’encodage est complexe et contraignant, ces deux sportifs de pointe n’ont pas fait ce qu’ils devaient, et il est normal qu’ils soient sanctionnés d’une manière ou d’une autre.

Fallait-il pour autant les suspendre pendant un an ? Non. Pour Wickmayer, qui à 20 ans à peine vient de réussir une brillante saison, c’est une véritable catastrophe.

C’est pour moi d’autant plus grave que cela ne me semble lié qu’à l’intransigeance flamande : il fallait un exemple et se montrer fort. Alors, peu importe les drames humains que cela occasionnera : il fallait frapper.

C’est la même chose dans nos problèmes communautaires belges. Si les Flamands prenaient l’entrée « humaine », c’est-à-dire celle liée aux hommes et aux femmes qui vivent en Flandre, il n’y aurait sans doute pas de problèmes linguistiques. Quelle que soit leur langue, les hommes et les femmes savent vivre ensemble. Mais l’entrée de certains Flamands est celle de la terre, celle du droit du sol. Vous êtes en Flandre, donc vous devez parler flamand, et si vous ne le faites pas, il faut – d’une manière ou d’une autre – vous éliminer. Je ne parviens pas à accepter cette logique.

Les semaines qui viennent seront sans doute difficiles pour la Belgique, d’autant plus que notre Premier ministre Herman Van Rompuy sera sans doute appelé à d’autres fonctions, ce qui est très bien pour lui et pour l’Europe, mais certainement moins bien pour ce pauvre petit peuple belge qui risque de se retrouver dans les mains de politiciens ne sachant plus très bien ce qu’est le consensus à la belge, ne connaissant que l’intransigeance !

vendredi 6 novembre 2009

Mamy est partie

FMG © 2009

Mamy est partie cette nuit, dans la sérénité de sa nuit. En réalité, il y a quelque temps qu’elle était partie : Alzheimer avait rattrapé son cerveau, mais pas sa douceur.

Mamy était ma belle-maman… et c’était une belle femme, dans tous les sens du terme. Il y avait une aura qui émergeait d’elle, et ses petits-enfants ne s’y étaient pas trompés. Cette personne-là était extraordinaire. Elle était attentive au moindre petit détail, au moindre petit bobo, au moindre petit espoir. Toujours avec discrétion. Mamy était quelqu’un qui ne s’imposait pas. Mais elle en imposait.

Elle a aimé son George, ses enfants, ses petits-enfants, ses beaux-enfants sans doute aussi, son jardin, ses peintures, ses amies, sa chorale… Elle était de ces personnes à qui personne n’a rien à reprocher. Vous en connaissez beaucoup de ce genre ?

Elle était avant tout un cœur luisant. Mais, beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire, elle était un esprit vif, curieux, avide d’apprendre. C’est peut-être ça qui m’avait le plus frappé chez elle, moi qui suis un professionnel de l’apprentissage. Lorsqu’on lui parlait de choses qu’elle ne connaissait pas, elle était toute ouïe, pas sûre de toujours bien comprendre, mais soucieuse de le faire et de s’enrichir de ce qu’elle ne connaissait pas.

Les journées comme aujourd’hui ont toujours le goût du frisson de la tristesse. Pourtant, ce soir, c’est de la lumière que je vois. Ta lumière. Au revoir, Mamy.

lundi 2 novembre 2009

Responsable ? Oui, mais…

Un jeune que je connais bien a eu dernièrement un accident de scooter. Heureusement, rien de grave. Lui-même n’a rien eu : ni dégât physique, ni dégât matériel. C’est le principal.

Il arrivait à un carrefour en « Y », venant de la voie droite supérieure. Il s’est engagé dans le carrefour, mais une voiture venant de la voie inférieure n’en a pas tenu compte, alors que la priorité de droite était de toute évidence d’application. Pour éviter de se faire écraser, le scooter a fait un écart et a cogné légèrement une voiture qui était stationnée au croisement de la voie gauche supérieure et de la voie inférieure : pare-choc légèrement griffé. En réalité, cette voiture n’avait rien à faire là, car il y a une interdiction de stationner, mais elle était là. Inutile de dire que la première voiture ne s’est pas arrêtée et a continué son chemin comme si de rien n’était.

Bref, le jeune a sauvé sa vie – ce qui est le principal – mais il a embouti une voiture qui ne devait pas être là ! Il était dans son droit, étant prioritaire… mais ça s’arrête là.

Au bout du compte, il est déclaré « responsable » de l’incident : il n’avait pas à foncer dans une voiture qui était bien visible ! Les assurances reconnaissent bien que la voiture qui n’a pas respecté sa priorité – et qui aurait pu blesser gravement le jeune ! – est la cause de tout, mais comme on ne sait pas qui était le conducteur puisqu’il a fui, il faut bien trouver un responsable… et ça ne peut donc être que le jeune conducteur du scooter. Le fait que la voiture endommagée n’avait rien à faire là est peu important : elle était là, et il fallait l’éviter !

Inutile d’entrer dans un débat juridique qui ne débouchera sur rien. Au bout du compte, ceux qui paient l’assurance en responsabilité civile du scooter verront simplement leur prime augmenter en vertu du système bonus-malus. Rien de dramatique.

On peut quand même s’interroger sur le fait qu’un jeune qui n’a fait qu’éviter de se faire renverser par une voiture en délit de fuite est jugé responsable de dégâts causés à une voiture qui n’était là que parce qu’elle était en infraction avec le code de la route. Pour créer la confiance de ce jeune dans la justice, c’est bien parti !