Allumeur de réverbères
Qu'y a-t-il de plus beau sur terre
Que de faire naître la lumière
Là où c'est nécessaire ?
samedi 25 août 2007
La vérité des pierres
Le seul charme du passé, c’est qu’il est le passé. Et j’avoue ressentir peu d’intérêt pour toutes les vieilleries, ces pierres d’un autre temps, ces vestiges témoins d’une autre époque ni meilleure ni pire que la nôtre, mais autre tout simplement.
Et pourtant, ces pierres peuvent avoir un certain charme, pour ne pas dire un charme certain. J’ai pu les apprécier cet été. Goûter leurs secrets. Humer leur profondeur. Les pierres de la Dordogne, puisque c’est d’elles qu’il s’agit, ne sont pas vénérables uniquement du fait de leur couleur ocre qui resplendit tant au soleil couchant. Elles portent aussi la vérité des hommes qui les ont taillées et assemblées. Les ruelles étroites de Sarlat-la-Caneda, de Beynac-et-Cazenac, de Le Bouyssou-des-Delloue et autres lieux mystérieux où les maisons s’entrelacent pour mieux former la vie et le partage, portent toutes ces lumières qui s’y réverbèrent. Elles sont faites de l’amitié des hommes qui construisent leur destinée sans peur et sans reproche. Libres d’aller là où ils le veulent et comme ils le veulent.
Cela dit, le pouvoir des pierres est nul. La mémoire collective n’est qu’affaire de culture, pas de carrières. Les pierres n’acceptent de parler – à moi du moins, il est possible qu’avec d’autres, elles procèdent autrement – que si elles sont entourées de vie, du bonheur d’être ensemble, de la balade de l’amitié.
Y a-t-il plus grande réalité que la force des pierres taillées ? N’est-ce pas par elle que la virtualité des relations éthérées trouve leur évidence réelle et éternelle ? On peut bien dire que pierre qui roule n’amasse pas mousse, car pierre qui taille creuse la source. La source du soleil et de ses rayons, la source du don et de ses largesses, la source du cœur et de ses émotions.
samedi 18 août 2007
(Dé)marre
Marre. Marre et remarre. J’ai beau chercher, scruter, fouiner. Rien. Impossible de trouver. Impossible de dénicher le moindre coup de blues. C’est déprimant. Ce n’est pas comme ça que je parviendrai à garder l’équilibre. L’équilibre de ce blog. Je ne sais plus trop pourquoi j’ai mis dès le départ quelques contraintes à cet espace de parole libre.
Une contrainte de fond, pas toujours respectée : parler de la lumière, la montrer, la visualiser, s’en éclairer. Même quand elle n’existe pas. Allumer des réverbères.
Une contrainte de forme, pas trop difficile à intégrer : commencer chaque message par une image, une photo. Si possible dont je serais l’auteur. Mais pas nécessairement : je ne suis pas suffisamment à la hauteur pour cela !
Et une contrainte d’équilibre, absurde, qui m’oblige à me triturer les méninges : le blog se structure autour de 4 libellés : Coups de cœur – Coups de blues – Interrogations – Lumières. Avec l’obligation - ??? – de progresser sur le même rythme pour les 4 libellés. Bref, ne pas faire un nouveau coup de cœur si les 3 autres libellés n’ont pas été utilisés, et ainsi de suite. Ça n’a pas de sens, je sais. Mais voilà, c’est mon côté mathématique. Structuré. Équilibré.
Sauf que décidément, par les temps qui courent, il n’y a vraiment pas de quoi avoir un coup de blues. Tout s’enchaîne dans la lumière. Il fait beau. La lumière est belle. Le calme de la vie s’est installé, source pure de repos. Et surtout, surtout, les amis sont là, dans toute la simplicité lumineuse de l’amitié. Comment voulez-vous avoir le blues dans de telles conditions ? C’est vraiment déprimant !
Alors, j’en ai marre. Il ne me reste plus qu’à démarrer une nouvelle journée de plénitude. En sachant déjà que mon prochain message sera un coup de cœur !
jeudi 16 août 2007
Le repos du guerrier
Tout arrive à qui le veut bien. Il suffit d’attendre parfois. De se laisser glisser même. Au bout de l’attente, au bout du chemin, il y a le plaisir. Il y a le repos.
On peut penser qu’il faut le mériter. Qu’il faut se battre pour l’obtenir. Qu’il n’est donné qu’au guerrier. Ce n’est pas tout à fait inexact, mais – parfois aussi – il suffit de s’asseoir et de laisser venir, le repos vient tout seul. La plénitude de la communion s’installe de par elle-même. Plus par l’alchimie des éléments naturels que par l’acharnement des actes à accomplir.
Celui qui a inventé le soleil a eu la bonne idée d’inventer l’ombre en même temps, celle qui permet de se rafraîchir. Et dans le même élan, inventant le soleil et l’ombre, il a inventé le jour et la nuit, celle qui permet le repos. Et le plaisir.
Pendant de longues années, les berges de la Dordogne ont vu défiler des gabarres, ces bateaux au fond plat, qui apportaient à la région de Bordeaux le bois permettant de construire les tonneaux. Ces tonneaux remplis de vin – le vin de l’ivresse, du plaisir et de la vie – repartaient plus tard sur les mêmes gabarres pour remonter la rivière, grâce à l’action du vent, de la marée ou des hommes qui s’unissaient pour haler ces péniches non motorisées. Quand la journée se finissait, les gabarres accostaient, s’arrimaient pour ne laisser la place qu’à la chaleur de la soirée. Au coin du feu, les hommes hâlés se réchauffaient le cœur par ces chants qui unissent les voix et les vies. Pour le plaisir. Pour le repos.
Il suffisait d’attendre, de se laisser glisser. Au bout de l’attente, au bout du chemin, il y a le plaisir. Il y a le repos. Tout arrive à qui le veut bien.
dimanche 12 août 2007
Pousse-pousse
Antsirabe, août 2007. En Europe, c’est l’été, même s’il pleut ou s’il vente. Mais à Madagascar, Hémisphère Sud, c’est l’hiver. Et à Antsirabe, en août 2007, il faisait froid. La nuit surtout. Le jour, le soleil réchauffe un peu les corps et les cœurs.
À Antsirabe, il n’y a pas de taxi. Comme dans beaucoup de villes asiatiques – et Madagascar a sa part asiatique – le pousse-pousse est roi. Amusant d’ailleurs cette appellation « pousse-pousse » pour un moyen de locomotion qui consiste pour celui qui l’utilise à être tiré. Tiré par un homme.
Tant qu’on est sur le plat, voire en descente, cela a un certain charme. On avance à allure humaine, à l’air libre, dans une certaine insouciance. Mais après la descente d’Antsirabe, il y a la montée. Le rythme se fait – nettement – moins rapide. L’homme qui tire commence à peiner. Ses pieds, nus pour la plupart, s’accrochent sur le sol pour tirer cet autre homme assis confortablement (enfin, plus ou moins), bien plus lourd que lui en ce qui me concerne. À ce moment, on a juste envie de lui dire « arrête-toi, je vais tirer avec toi… ». On se sent un peu esclavagiste. Un peu honteux de l’effort fourni par cet homme, alors qu’on pourrait tout aussi bien marcher avec lui. Ou à sa place…
C’est le genre de situation délicate. On est mal à l’aise, et pourtant, cette course matinale permet à notre homme de bien commencer sa journée, à défaut de faire son bonheur. Les habitants du cru paient la course de pousse-pousse 250 Ariary. Nous en payions 1000 (0,40 €). La plupart du temps, l’homme n’est pas propriétaire de son pousse-pousse. Il le loue lui-même, 1000 Ariary la journée. Notre course matinale, dans le froid du jour, permettaient à nos « tireurs » d’apurer le compte. Toute autre course du jour serait un bénéfice. Cela n’enlève pas les scrupules ni les questions… Mais il fallait voir leur empressement à être choisi pour la course pour savoir qu’ils étaient en train de faire une bonne affaire. Tant mieux pour eux. Et tant mieux pour nous qui pouvions nous réveiller plus en douceur…
vendredi 3 août 2007
Ambrozijn : 10 qu’on aime
Une fois n’est pas coutume, je voudrais parler d’une de mes dernières acquisitions : le CD « 10 » d’Ambrozijn (homerecords.be 4446028).Ce CD a été enregistré en public à l’occasion du 10e anniversaire du groupe de folk flamand Ambrozijn. J’ai toujours apprécié ce groupe, depuis que je l’ai vu sur une scène voisine de celle où mon groupe Gaïa animait un bal. Ambrozijn est composé de trois musiciens assez exceptionnels : Tom Theuns, au chant, à la guitare, au banjo et à la mandoline ; Wim Claeys, à l’accordéon diatonique ; et Wouter Vandenabeele, au violon et à la mandoline. Ils jouent du folk. Principalement flamand. Mais le folk français ou anglais est également présent.
Et, en plus de la qualité intrinsèque de la musique qui est proposée sur ce CD, c’est pour cela que je tiens à en parler. Alors que la Belgique est en pleine période de négociations – difficiles – pour la constitution d’un gouvernement fédéral.
Ambrozijn, par ce CD, nous montre combien on peut profondément appartenir à sa culture, en vivre, l’enrichir en s’y ancrant tout en l’ouvrant à d’autres horizons. Il ne viendrait à personne en Flandres de nier qu’Ambrozijn est un groupe flamand. Et personnellement, je considère que les plus belles chansons d’Ambrozijn, celles qui correspondent le mieux à son identité profonde et qui apportent quelque chose d’unique, sont celles qui sont en flamand. Mais la moitié des titres de ce CD – enregistré à Ternat, Gent et Leuven, villes bien flamandes – sont en français. La langue utilisée pour la pochette est l’anglais, utilisé aussi pour 2 chansons.
En chantant en français ou en anglais, Ambrozijn ne renie pas son statut de groupe flamand. Mais il se positionne clairement comme un groupe européen, où les langues et les cultures s’enrichissent d’elles-mêmes. Et en cela, Ambrozijn est un groupe belge. Qui ne fait pas de politique, ce n’est pas son objet. Ambrozijn fait de la musique populaire. Celle-ci est sans frontières : les frontières ne sont que des lignes invisibles qui concernent le sol. Entre peuples, entre personnes, il n’y a pas de frontières. Il y a des différences de langues et des différences de cultures. Mais les langues s’apprennent et leurs différences n’ont jamais empêché les cultures de s’interpénétrer.
Au-delà de cette dimension culturelle, ce CD me plaît bien parce qu’il rassemble aussi, outre les membres d’Ambrozijn, des invités, dont notamment Aurélie Dorzée avec qui j’ai partagé de nombreux bons moments musicaux au sein de Gaïa, mais aussi Sylvie Berger et Gabriel Yacoub… ce qui fera plaisir à quelqu’un de bien !
mercredi 1 août 2007
Pas à pas
La vie n'est pas facile. Qui oserait dire le contraire ? Et parfois, pour une raison ou pour une autre, on n'en voit plus trop la raison d'être. Cela peut ne durer qu'un moment, une seconde… ou plus longtemps. Jusque là, je ne dis rien de très original. C'est même plutôt banal ! Que voulez-vous ? On ne peut pas toujours être au mieux de sa forme. Parfois on ne se sent pas capable de dire quoi que ce soit d'intelligent. Ou si l'on pense dire quelque chose d'intelligent, il se trouve toujours quelqu'un pour penser que ce ne l'est pas trop. Bon, qu'importe.
Ce que je souhaite dire ce soir, c'est que même lorsqu'on a l'impression que rien ne va, qu'on ferait mieux de rester enfoncé sous ses couvertures, que de toute façon on ne s'en sortira pas, c'est justement dans ces moments-là qu'il faut mettre un pied devant l'autre pour faire un petit pas, puis un autre. Inutile de foncer à grandes enjambées. On risquerait alors vraiment de se casser la figure. Mais un petit pas. Puis un autre. Pas à pas.
Toujours rien de très original dans ce message… désolé pour ceux qui s'attendaient à se nourrir d'idées nouvelles et planantes. Juste un petit message de rien du tout, comme le petit bonhomme qui l'accompagne : un pas de rien du tout, plus un autre pas de rien du tout, ça fait toujours avancer. Ça n'élimine pas toutes les angoisses, toutes les déceptions, tous les malentendus, tous les découragements, toutes les erreurs, toutes les errances, tous les mensonges… Ça n'élimine rien du tout. Mais de rien du tout à rien du tout, on finit bien par faire quelque chose. Alors, un petit pas, un pas de rien du tout, ça vaut la peine. Quand même.
lundi 30 juillet 2007
Vent de liberté
Angelica et sa maman ont été libérées cet après-midi. Elles étaient en train d’être expulsées de Belgique. Irrémédiablement. Un juge a pris une décision contraire. Faut dire qu’elles avaient été ce matin maltraitées par ceux qui étaient chargés de leur expulsion. Dégâts constatés par leur avocate et un médecin, ainsi que par quelques politiciens. Apparemment, le Ministre de l’Intérieur aurait fini par téléphoner au conducteur de la camionnette qui les conduisaient vers les Pays-Bas, avant envol vers l’Équateur, pour dire de faire demi-tour.
Un combat a été gagné. Tant mieux. Ce n’est que justice. Et cela fait comme un vent de liberté.
Mais cette « anecdote » ne résout pas tous les problèmes. Loin de là. Ce soir, il y a encore en Belgique une vingtaine d’enfants enfermés, en voie d’être expulsés. Ainsi qu’un peu moins de 500 adultes. Combien faudra-t-il d’Angelica pour comprendre qu’il y a d’autres voies pour gérer ces situations ? Combien d’expulsés faudra-t-il pour se dire qu’il y a un peu de place pour beaucoup de monde, à défaut de place pour tout le monde ? Combien de maltraités, punis d’avoir simplement voulu vivre un peu plus dignement, faudra-t-il pour créer un peu de fraternité entre tous ceux qui sont simplement des êtres humains ?
Un combat a été gagné. Tant mieux. Ce n’est que justice. Et cela fait comme un vent de liberté.
Mais cette « anecdote » ne résout pas tous les problèmes. Loin de là. Ce soir, il y a encore en Belgique une vingtaine d’enfants enfermés, en voie d’être expulsés. Ainsi qu’un peu moins de 500 adultes. Combien faudra-t-il d’Angelica pour comprendre qu’il y a d’autres voies pour gérer ces situations ? Combien d’expulsés faudra-t-il pour se dire qu’il y a un peu de place pour beaucoup de monde, à défaut de place pour tout le monde ? Combien de maltraités, punis d’avoir simplement voulu vivre un peu plus dignement, faudra-t-il pour créer un peu de fraternité entre tous ceux qui sont simplement des êtres humains ?
Écoute mon ami
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent.
Combien de routes un garçon doit-il faire
Avant qu'un homme il ne soit ?
Combien l'oiseau doit-il franchir de mers
Avant de s'éloigner du froid ?
Combien de morts un canon peut-il faire
Avant que l'on oublie sa voix ?
Écoute mon ami
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent.
Combien de fois doit-on lever les yeux
Avant que de voir le soleil ?
Combien d'oreilles faut-il aux malheureux
Avant d'écouter leurs pareils ?
Combien de pleurs faut-il à l'homme heureux
Avant que son cœur ne s'éveille ?
Écoute mon ami
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent.
Combien d'années faudra-t-il à l'esclave
Avant d'avoir sa liberté ?
Combien de temps un soldat est-il brave
Avant de mourir oublié ?
Combien de mers franchira la colombe
Avant que nous vivions en paix ?
Écoute mon ami
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent
Écoute, la réponse est dans le vent.
(Blowin' In The Wind, Bob Dylan)
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent.
Combien de routes un garçon doit-il faire
Avant qu'un homme il ne soit ?
Combien l'oiseau doit-il franchir de mers
Avant de s'éloigner du froid ?
Combien de morts un canon peut-il faire
Avant que l'on oublie sa voix ?
Écoute mon ami
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent.
Combien de fois doit-on lever les yeux
Avant que de voir le soleil ?
Combien d'oreilles faut-il aux malheureux
Avant d'écouter leurs pareils ?
Combien de pleurs faut-il à l'homme heureux
Avant que son cœur ne s'éveille ?
Écoute mon ami
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent.
Combien d'années faudra-t-il à l'esclave
Avant d'avoir sa liberté ?
Combien de temps un soldat est-il brave
Avant de mourir oublié ?
Combien de mers franchira la colombe
Avant que nous vivions en paix ?
Écoute mon ami
Écoute dans le vent
Écoute, la réponse dans le vent
Écoute, la réponse est dans le vent.
(Blowin' In The Wind, Bob Dylan)
Répulsion de l’expulsion
Ce lundi matin, Angelica et sa maman Ana ont été conduites à l’aéroport de telle sorte qu’elles puissent prendre le vol Bruxelles-Quito via Amsterdam à 18h50. Elles refuseront vraisemblablement de monter dans l’avion et – si la loi est respectée – elles seront alors reconduites au Centre fermé 127bis de Steenokkerzeel. Jusqu’à la prochaine tentative d’expulsion qui sera refusée, et ainsi de suite.
Depuis la nuit des temps, l’expulsion fait partie du destin de l’humanité ! La paradis n’est pas permis, et il ne faut surtout pas laisser croire à quelqu’un qu’il pourrait bénéficier d’un coin de paradis sur cette Terre, ne serait-ce une enfant innocente de 11 ans. Voilà la véritable punition pour cette pomme soi-disant mangée par Eve, la mère de l’humanité : expulsés nous-mêmes, nous sommes – semble-t-il – condamnés à expulser ceux et celles qui viennent goûter un peu de notre bien-être, de notre bien-vivre. Expulsion organisée, légalisée. Question de protéger notre belle société de la vermine qui pourrait pourrir une pomme – toujours elle – qui finirait par pourrir toutes les autres.
Tout cela repose sur l’idée qu’une parcelle de terre appartient à quelqu’un qui s’y trouve dès lors chez lui. Toute personne venant s’y installer devient de ce fait un intrus, une menace, qu’il faut s’empresser d’extirper. Ne sommes-nous pas tous cependant des immigrés ? D’où tiendrait-on un quelconque droit d’être possesseur d’un morceau de terre au point d’en exclure toute autre personne ?
Je ne suis pas naïf : tout le monde ne peut pas venir s’installer dans nos pays n’importe comment. C’est l’évidence même. Sans doute faut-il légiférer, organiser. Mais ne devrait-on pas consacrer plus d’énergie à organiser l’accueil qu’à imposer l’exclusion et l’expulsion ?
En attendant, notre belle Belgique qui a ratifié le 16 décembre 1991 la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant, continue à enfermer et à expulser des enfants, en violation flagrante de ses engagements. Sous prétexte qu’il faut respecter et appliquer la loi. Il est évidemment facile d’appliquer la loi qu’on souhaite appliquer. Nos ministres choisissent d’appliquer celle qui exclut et expulse plutôt que celle qui respecte et accueille. C’est un choix politique. Je ne peux y souscrire.
Depuis la nuit des temps, l’expulsion fait partie du destin de l’humanité ! La paradis n’est pas permis, et il ne faut surtout pas laisser croire à quelqu’un qu’il pourrait bénéficier d’un coin de paradis sur cette Terre, ne serait-ce une enfant innocente de 11 ans. Voilà la véritable punition pour cette pomme soi-disant mangée par Eve, la mère de l’humanité : expulsés nous-mêmes, nous sommes – semble-t-il – condamnés à expulser ceux et celles qui viennent goûter un peu de notre bien-être, de notre bien-vivre. Expulsion organisée, légalisée. Question de protéger notre belle société de la vermine qui pourrait pourrir une pomme – toujours elle – qui finirait par pourrir toutes les autres.
Tout cela repose sur l’idée qu’une parcelle de terre appartient à quelqu’un qui s’y trouve dès lors chez lui. Toute personne venant s’y installer devient de ce fait un intrus, une menace, qu’il faut s’empresser d’extirper. Ne sommes-nous pas tous cependant des immigrés ? D’où tiendrait-on un quelconque droit d’être possesseur d’un morceau de terre au point d’en exclure toute autre personne ?
Je ne suis pas naïf : tout le monde ne peut pas venir s’installer dans nos pays n’importe comment. C’est l’évidence même. Sans doute faut-il légiférer, organiser. Mais ne devrait-on pas consacrer plus d’énergie à organiser l’accueil qu’à imposer l’exclusion et l’expulsion ?
En attendant, notre belle Belgique qui a ratifié le 16 décembre 1991 la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant, continue à enfermer et à expulser des enfants, en violation flagrante de ses engagements. Sous prétexte qu’il faut respecter et appliquer la loi. Il est évidemment facile d’appliquer la loi qu’on souhaite appliquer. Nos ministres choisissent d’appliquer celle qui exclut et expulse plutôt que celle qui respecte et accueille. C’est un choix politique. Je ne peux y souscrire.
lundi 23 juillet 2007
Angelica, 11 ans, enfermée en Belgique
Et pendant ce temps-là, Angelica, 11 ans, est toujours enfermée, détenue au centre fermé 127bis de Steenokkerzeel. Tout simplement parce que ses parents n’ont pas de papiers. Ils n’en ont pas demandé, parce qu’on les aurait déjà chassés depuis longtemps !
Voici ce qu’Angelica a écrit depuis sa cellule, dans une Carte blanche parue dans Le Soir du 18 juillet 2007.
Moi, Angelica Loja Cajamarca, de 11ans, je suis en 5eme année.
Le motif de faire cette carte c’est parce que je veux exprimer le mal que je suis en train de passer mes vacances enfermées.
Je comprends pas pourquoi on me laisse pas sortir dans la rue pour jouer avec mes amis.
Je suis très triste, déjà que le samedi 30 (juin) quand j’allais prendre le bus, le 116 pour Dilbeek, la police nous a demandé des papiers, après ils nous ont contrôlés.
J’avais très peur, j’étais nerveuse parce que la police nous a dit de rentrer dans la voiture, après ils nous avait déclare ( ?), après ils nous ont fait rentrer dans une chambre qui était toute noire et horrible, sans fenêtre, maman elle était très nerveuse. Elle pleurait beaucoup parce que elle voulait sortir, elle avait peur de que la police nous nous ramènent en Equateur et moi j’avais très peur.
Je me sentais mal, je veux voir ma famille parce que en équateur j’ai pas de famille,
Ma famille que j’ai ils sont à Bruxelles
et si je vais en Equateur je dois travailler pour aider maman,
et moi je veux être quelqu’un dans la vie.
Je sais que vous allez me sortir de là avec maman en liberté,
J’ai très peur que on me ramène en Equateur.
Aidez moi s’il vous plait, moi j’ai des amis à l’école,
et mon papa c’est le seul papa que j’ai dans la vie.
Ne me laissez pas sans papa.
Ce matin quand je me suis réveillée, je suis malade, j’ai la fièvre, j’ai mal à la tête, merci de votre compréhension.
Angelica
Angelica et sa mère vivent depuis 4 ans en Belgique, à St-Josse où Angelica va à l’école. Elle passe ses vacances enfermée. Quelle honte !
Voici ce qu’Angelica a écrit depuis sa cellule, dans une Carte blanche parue dans Le Soir du 18 juillet 2007.
Moi, Angelica Loja Cajamarca, de 11ans, je suis en 5eme année.
Le motif de faire cette carte c’est parce que je veux exprimer le mal que je suis en train de passer mes vacances enfermées.
Je comprends pas pourquoi on me laisse pas sortir dans la rue pour jouer avec mes amis.
Je suis très triste, déjà que le samedi 30 (juin) quand j’allais prendre le bus, le 116 pour Dilbeek, la police nous a demandé des papiers, après ils nous ont contrôlés.
J’avais très peur, j’étais nerveuse parce que la police nous a dit de rentrer dans la voiture, après ils nous avait déclare ( ?), après ils nous ont fait rentrer dans une chambre qui était toute noire et horrible, sans fenêtre, maman elle était très nerveuse. Elle pleurait beaucoup parce que elle voulait sortir, elle avait peur de que la police nous nous ramènent en Equateur et moi j’avais très peur.
Je me sentais mal, je veux voir ma famille parce que en équateur j’ai pas de famille,
Ma famille que j’ai ils sont à Bruxelles
et si je vais en Equateur je dois travailler pour aider maman,
et moi je veux être quelqu’un dans la vie.
Je sais que vous allez me sortir de là avec maman en liberté,
J’ai très peur que on me ramène en Equateur.
Aidez moi s’il vous plait, moi j’ai des amis à l’école,
et mon papa c’est le seul papa que j’ai dans la vie.
Ne me laissez pas sans papa.
Ce matin quand je me suis réveillée, je suis malade, j’ai la fièvre, j’ai mal à la tête, merci de votre compréhension.
Angelica
Angelica et sa mère vivent depuis 4 ans en Belgique, à St-Josse où Angelica va à l’école. Elle passe ses vacances enfermée. Quelle honte !
samedi 21 juillet 2007
Autre chose pour rêver
En deux jours, je viens de réaliser deux vieux rêves ! J’ai assisté – pour la première fois – aux concerts de deux des chanteurs que je préfère : Nicolas Peyrac et Yves Simon.
J’aurai mis un certain temps pour réaliser ces rêves ! Je suis passionné par le travail de ces chanteurs depuis un peu plus de 30 ans ! Mais les choses ne se sont jamais mises pour arriver jusqu’à eux. Faut dire qu’Yves Simon a arrêté de chanter sur scène en 1977… et j’ai pu le voir aux Francofolies de Spa lors du deuxième concert qu’il donnait depuis son retour sur scène !
Bizarrement, ces deux chanteurs ont beaucoup de choses en commun. Ils ont bien sûr plus ou moins le même âge, plutôt du côté de Mick Jagger que de Raphaël comme l’annonce avec humour Yves Simon. Mais leur point commun le plus important est que tous les deux sont loin de n’être que des chanteurs. Ils sont d’abord bien sûr auteurs-compositeurs, mais aussi romanciers. Les livres de Simon sont à cet égard plus nombreux et plus connus, mais l’écriture devient de plus en plus importante pour Peyrac. Ils sont aussi tous les deux passionnés de cinéma, en ayant écrit des musiques de films. Ils sont tous les deux journalistes, que ce soit en presse écrite ou pour la radio.Ils ont aussi un passé de randonneurs américains, ce qui nous a valu par exemple les chansons So far away from L.A. pour Peyrac, et J’ai rêvé New York pour Simon.
Ce sont deux chanteurs de « variétés ». Cela signifie que ce qui compte avant tout, c'est l'ambiance générale, l'émotion donnée par le triangle musique-paroles-voix. Mais ils sont tous les deux un peu plus que ça. Leurs textes sont aussi ciselés, avec un style propre. Et avec l’âge, leurs chansons sont de plus en plus engagées, dans la même direction d’ailleurs : la lutte contre le racisme, avec « Ne me parlez pas de couleurs » pour Peyrac (sur l’album Vice-Versa), et « Métisse » pour Yves Simon (sur l’album Rumeurs, à paraître en octobre 2007).
Bref, beaucoup de points communs. J’y ajoute le plaisir qu’ils m’ont apporté tous les deux. Dans des ambiances différentes bien sûr. Le concert de Peyrac s’est donné en plein air, au Festival de Wiltz, devant une belle assistance, mais qui ne remplissait pas toutes les chaises. Pas facile de créer la chaleur dans ces conditions. Le concert de Simon s’est déroulé, lui, dans le petit théâtre du Casino de Spa. La salle était comble et dès l’arrivée de Simon, le public lui faisait une « standing ovation » et n’a pas arrêté d’apprécier – à juste titre – ses chansons anciennes et nouvelles.
Dans tout cela, le plus important pour moi était sans doute de concrétiser enfin ces deux vieux rêves. La chanson, c’est décidément vraiment autre chose pour rêver !
J’aurai mis un certain temps pour réaliser ces rêves ! Je suis passionné par le travail de ces chanteurs depuis un peu plus de 30 ans ! Mais les choses ne se sont jamais mises pour arriver jusqu’à eux. Faut dire qu’Yves Simon a arrêté de chanter sur scène en 1977… et j’ai pu le voir aux Francofolies de Spa lors du deuxième concert qu’il donnait depuis son retour sur scène !
Bizarrement, ces deux chanteurs ont beaucoup de choses en commun. Ils ont bien sûr plus ou moins le même âge, plutôt du côté de Mick Jagger que de Raphaël comme l’annonce avec humour Yves Simon. Mais leur point commun le plus important est que tous les deux sont loin de n’être que des chanteurs. Ils sont d’abord bien sûr auteurs-compositeurs, mais aussi romanciers. Les livres de Simon sont à cet égard plus nombreux et plus connus, mais l’écriture devient de plus en plus importante pour Peyrac. Ils sont aussi tous les deux passionnés de cinéma, en ayant écrit des musiques de films. Ils sont tous les deux journalistes, que ce soit en presse écrite ou pour la radio.Ils ont aussi un passé de randonneurs américains, ce qui nous a valu par exemple les chansons So far away from L.A. pour Peyrac, et J’ai rêvé New York pour Simon.
Ce sont deux chanteurs de « variétés ». Cela signifie que ce qui compte avant tout, c'est l'ambiance générale, l'émotion donnée par le triangle musique-paroles-voix. Mais ils sont tous les deux un peu plus que ça. Leurs textes sont aussi ciselés, avec un style propre. Et avec l’âge, leurs chansons sont de plus en plus engagées, dans la même direction d’ailleurs : la lutte contre le racisme, avec « Ne me parlez pas de couleurs » pour Peyrac (sur l’album Vice-Versa), et « Métisse » pour Yves Simon (sur l’album Rumeurs, à paraître en octobre 2007).
Bref, beaucoup de points communs. J’y ajoute le plaisir qu’ils m’ont apporté tous les deux. Dans des ambiances différentes bien sûr. Le concert de Peyrac s’est donné en plein air, au Festival de Wiltz, devant une belle assistance, mais qui ne remplissait pas toutes les chaises. Pas facile de créer la chaleur dans ces conditions. Le concert de Simon s’est déroulé, lui, dans le petit théâtre du Casino de Spa. La salle était comble et dès l’arrivée de Simon, le public lui faisait une « standing ovation » et n’a pas arrêté d’apprécier – à juste titre – ses chansons anciennes et nouvelles.
Dans tout cela, le plus important pour moi était sans doute de concrétiser enfin ces deux vieux rêves. La chanson, c’est décidément vraiment autre chose pour rêver !
vendredi 20 juillet 2007
Résister aux ténèbres
Il y a à Wiltz, au Grand duché de Luxembourg, des jardins. Les jardins de Wiltz. N’espérez pas y trouver Versailles ! Couchés sur la colline, plantations, terrasses, ruisseaux, murs et talus, sentiers et chemins, sculptures et blocs de pierre forment à l'unisson un chef-d'oeuvre vivant de 2,5 ha.
Le plus intéressant est sans doute le projet social que représentent ces jardins. Ils ont en effet été réalisés par une multitude d’acteurs : handicapés, sans emplois, bénévoles, artisans et artistes… Ce n’était pas gagné d’avance : la pente est sévère à cet endroit, le sol est rocailleux et il ne suffit pas de la bonne volonté – ni des fonds de l’Union européenne – pour réussir un projet de cette envergure.
Au cœur des jardins, une obélisque : résister aux ténèbres !
C’est bien de cela qu’il s’agit. Là où la nature n’offre que sa dureté, là où la société n’offre que ses exclusions, il s’est trouvé des hommes pour résister aux ténèbres et pour faire de ce champ de roches des jardins où il fait bon se promener, découvrir aux détours des sentiers des fleurs ensoleillées, se laisser noyer par la force d’un noyer ancestral, s’illuminer de tous ces recoins surprenants.
Résister aux ténèbres !
Le plus intéressant est sans doute le projet social que représentent ces jardins. Ils ont en effet été réalisés par une multitude d’acteurs : handicapés, sans emplois, bénévoles, artisans et artistes… Ce n’était pas gagné d’avance : la pente est sévère à cet endroit, le sol est rocailleux et il ne suffit pas de la bonne volonté – ni des fonds de l’Union européenne – pour réussir un projet de cette envergure.
Au cœur des jardins, une obélisque : résister aux ténèbres !
C’est bien de cela qu’il s’agit. Là où la nature n’offre que sa dureté, là où la société n’offre que ses exclusions, il s’est trouvé des hommes pour résister aux ténèbres et pour faire de ce champ de roches des jardins où il fait bon se promener, découvrir aux détours des sentiers des fleurs ensoleillées, se laisser noyer par la force d’un noyer ancestral, s’illuminer de tous ces recoins surprenants.
Résister aux ténèbres !
mardi 17 juillet 2007
Majeurs
Je n’ai pas la naïveté de croire que devenus majeurs, mes enfants ont acquis toute l’autonomie nécessaire pour se prendre entièrement en mains. La majorité légale est une question de responsabilité. Il faut bien qu’on décide d’un moment où un jeune est censé assumer pleinement la responsabilité de ses actes. De mon temps, c’était à 21 ans. Aujourd’hui, c’est 18. Je ne sais si c’est de la nostalgie ou non, mais je pense que la majorité à 21 ans est plus proche de la réalité. Mais, de toute façon, ce n’est qu’un seuil arbitraire, certainement pas valable pour tout le monde.
Cela dit, le principe de la majorité repose sur le postulat qu’un enfant n'est pas responsable... Mais pas responsable de quoi ? Moi, quand je faisais une connerie (et j'en ai fait quelques-unes), il me semble que c'est toujours moi qui en ai assumé les conséquences.
Au bout du compte, ma connerie se retournait contre moi, c'était moi qui étais puni, qui n'avais pas ce que je voulais. Sauf si cela tournait à mon avantage : alors, c'était moi qui en bénéficiais. À ce niveau, enfant ou adulte, rien n'a changé !
Certains diront qu'un enfant n'est pas indépendant, qu'il ne prend pas de décision. Je n'ai pas eu cette impression. Je crois que j'ai toujours été indépendant et que j'ai toujours fait ce que je voulais. Bien sûr, je n'avais pas les moyens matériels d'être indépendant. Mais l'indépendance spirituelle, psychique, celle-là m'a toujours appartenu.
En fait, dès qu'on a quelqu'un en face de soi, qu'il soit enfant, adolescent, jeune ou adulte, on est en face de quelqu'un d'unique, qui fait ses propres choix, même s’il n’en a pas toujours une vue très claire.
N’empêche, avoir tous ses enfants majeurs, c’est une étape. Désormais, ils ne dérangent plus nos nuits en pleurant, mais en créant un peu d’angoisse chez leurs parents qui se demandent où ils sont, ce qu’ils font, vers quoi ils vont.
Bref, les grandes questions de la vie. En tant que parents, ces questions nous turlupinent. En réalité, nos enfants majeurs sont les seuls à pouvoir y répondre… qui sont-ils ? où vont-ils ? que font-ils pour y arriver ?
Que votre route soit bonne et belle, mes enfants.
lundi 16 juillet 2007
Soleil vert
Il suffit d’un peu de soleil couchant qui entre dans la forêt pour que la végétation s’illumine de couleurs qu’elle ne connaît pas en temps normal. La verdure devient resplendissante, lumineuse. On croirait y voir un peu du sens de la vie, tourné vers l’indicible.
Ce ne sont sans doute que quelques feuilles sauvages, dont en d’autres temps on rêverait qu’elles soient moins prolixes, mais elles prennent alors un éclat qui fait croire que tout est possible, malgré leur prolifération débridée.
Ce ne sont que quelques rayons d’un soleil, qui finalement est là depuis tellement longtemps qu’on en oublie la plupart du temps qu’il disparaîtra un jour, irrémédiablement et définitivement, dans 5 milliards d’années et quelques.
Ce n’est finalement qu’une lutte entre ces rayons qui veulent pénétrer partout et ces feuilles qui veulent garder fermé leur univers, car elles savent que plus de lumière encore ne ferait qu’accroître leur multiplication effrénée.
Ce n’est que peu de choses, juste un instant. De ces instants qui font la beauté du monde, le sel de la vie et le sens d’une balade.
Ce ne sont sans doute que quelques feuilles sauvages, dont en d’autres temps on rêverait qu’elles soient moins prolixes, mais elles prennent alors un éclat qui fait croire que tout est possible, malgré leur prolifération débridée.
Ce ne sont que quelques rayons d’un soleil, qui finalement est là depuis tellement longtemps qu’on en oublie la plupart du temps qu’il disparaîtra un jour, irrémédiablement et définitivement, dans 5 milliards d’années et quelques.
Ce n’est finalement qu’une lutte entre ces rayons qui veulent pénétrer partout et ces feuilles qui veulent garder fermé leur univers, car elles savent que plus de lumière encore ne ferait qu’accroître leur multiplication effrénée.
Ce n’est que peu de choses, juste un instant. De ces instants qui font la beauté du monde, le sel de la vie et le sens d’une balade.
samedi 14 juillet 2007
Bricolage
Avec le temps des vacances, je trouve un peu de temps pour faire des tas de choses que je laisse traîner le reste du temps. Notamment, de petits bricolages ci et là dans la maison.
C’est assez extraordinaire de pouvoir par quelques gestes, avec un minimum de matériaux et un nombre limité d'outils, résoudre des problèmes pratiques de rangement, d’écoulement, de grincement, etc. Rien de bien particulier, et en tout cas rien qui ne soit au-delà de mes compétences.
Quelles sont les véritables compétences d’un bricoleur ? Bien sûr, il faut savoir faire quelque chose avec ses mains, savoir manier un outil, savoir affiner un geste pour épurer le résultat final… Mais, sans doute parce que ce n’est pas là que je maîtrise le mieux, il me semble que la réelle démarche du bricoleur se trouve dans la réflexion ! Comment, à partir d’une situation problématique, faire pour que le problème n’existe plus ? Cela demande d’analyser la situation et ses différents éléments, d’identifier ses ressources et ses contraintes, d’imaginer une solution encore hypothétique et de planifier les différentes actions qui seront nécessaires pour y arriver en mobilisant tous les moyens nécessaires, que ce soient des ressources – matérielles, financières, humaines et/ou temporelles – ou des stratégies combinant ces ressources. Finalement, le moindre petit bricolage nécessite une véritable gestion de projet.
Celle-ci n’est bien sûr pas toujours structurée. Elle n’est la plupart du temps pas articulée autour d’outils conceptuels sophistiqués. Mais elle est indispensable et donne son véritable sens au bricolage… même s’il arrive évidemment que ce ne soit en réalité que « du bricolage ».
Mais qui a dit que bricoler était une tâche manuelle ?
C’est assez extraordinaire de pouvoir par quelques gestes, avec un minimum de matériaux et un nombre limité d'outils, résoudre des problèmes pratiques de rangement, d’écoulement, de grincement, etc. Rien de bien particulier, et en tout cas rien qui ne soit au-delà de mes compétences.
Quelles sont les véritables compétences d’un bricoleur ? Bien sûr, il faut savoir faire quelque chose avec ses mains, savoir manier un outil, savoir affiner un geste pour épurer le résultat final… Mais, sans doute parce que ce n’est pas là que je maîtrise le mieux, il me semble que la réelle démarche du bricoleur se trouve dans la réflexion ! Comment, à partir d’une situation problématique, faire pour que le problème n’existe plus ? Cela demande d’analyser la situation et ses différents éléments, d’identifier ses ressources et ses contraintes, d’imaginer une solution encore hypothétique et de planifier les différentes actions qui seront nécessaires pour y arriver en mobilisant tous les moyens nécessaires, que ce soient des ressources – matérielles, financières, humaines et/ou temporelles – ou des stratégies combinant ces ressources. Finalement, le moindre petit bricolage nécessite une véritable gestion de projet.
Celle-ci n’est bien sûr pas toujours structurée. Elle n’est la plupart du temps pas articulée autour d’outils conceptuels sophistiqués. Mais elle est indispensable et donne son véritable sens au bricolage… même s’il arrive évidemment que ce ne soit en réalité que « du bricolage ».
Mais qui a dit que bricoler était une tâche manuelle ?
dimanche 8 juillet 2007
Planifier ou se planter ?
Une des activités importantes dans mon travail – comme dans beaucoup d’autres – est de répondre à des appels d’offre. C’est ainsi qu’on obtient des marchés et qu’on peut réaliser des projets intéressants qui nous permettent de vivre. En soi, je n’aime pas trop ce travail de réalisation d’offres. Je n’ai pas trop l’âme d’un commercial et je ne ressens que peu d’intérêt pour me vendre ou vendre mon travail et/ou celui de mes collègues. Mais qu’on aime ou qu’on n’aime pas, il faut faire ce genre de choses.Cela se complique pourtant souvent parce que ceux qui lancent l’appel d’offres ne sont pas nécessairement des professionnels de ce genre d’activités ni de la gestion de projets. Or, un appel d’offres, c’est un projet difficile à gérer, notamment dans les aspects de planification. Il faut que l’appel d’offres paraisse au bon moment de telle sorte que la réalisation du projet puisse commencer au moment où elle est nécessaire. La bonne réflexion à avoir est donc de se demander quels objectifs on veut atteindre et à quel moment ils doivent être atteints. Sur cette base, on peut « remonter le temps » en fonction de toutes les opérations à mener afin de voir à quel moment on peut lancer l’appel d’offres pour être le plus efficace. Ça, c’est la théorie, mais dans la pratique, cela ne se passe pas toujours comme ça.
Le plus souvent, du moins dans le domaine où je travaille, les appels d’offre sortent… quand ils sont prêts. C’est même plus sournois que cela. La plupart des projets auxquels nous participons s’inscrivent dans les systèmes éducatifs des pays. Or, s’il y a bien des systèmes régis par le temps, ce sont les systèmes éducatifs, avec un début d’année scolaire et une fin d’année scolaire suivie des vacances scolaires.
Alors, de nombreux appels d’offre sortent des tiroirs de leurs concepteurs afin que les projets puissent commencer plus ou moins avec la rentrée scolaire. La conséquence en est que ces appels d’offre arrivent tous quasiment en même temps sur les bureaux de ceux qui doivent y répondre, à savoir vers la fin du mois de juin. Ça arrange bien les clients : ils lancent leur appel à la fin de leur année scolaire et s’apprêtent à dépouiller les offres un peu avant le début de l’année scolaire suivante. Ça leur laisse le temps de prendre un peu de vacances pendant que les consultants rédigent leur offre. Le problème est alors double : les consultants sont confrontés à une avalanche d’appels d’offre au moment où ils souhaiteraient eux-mêmes avoir un peu de vacances… à moins qu’ils ne soient occupés à travailler sur des projets qui ne peuvent se dérouler que durant les vacances scolaires, sans perturber le travail dans les classes.
Cette réflexion n’a l’air de rien et on pourrait croire qu’elle ne vise qu’à plaider la cause d’un consultant en mal de vacances. En réalité, elle est plus profonde que cela. Car ce qui se passe souvent est que les consultants répondent aux appels d’offre (ils y sont bien obligés), mais ils le font mal parce qu’ils n’ont pas le temps ni la disponibilité de le faire au moment où tous les appels arrivent en même temps. Au bout du compte, ce sont les clients qui sont confrontés à de mauvaises offres. Ou du moins à des offres qui auraient pu être meilleures si elles avaient pu être élaborées à un autre moment (par exemple au début de l’année civile, période traditionnellement plus calme dans mon domaine) et en accordant un peu plus de temps. Cela s’accorderait évidemment moins bien avec les calendriers des clients… mais je suis sûr qu’ils en tireraient profit. Grâce à une planification qui tiendrait compte des nécessités des projets et non pas de leur propre intérêt.
Je prêche ici dans le vide, j’en ai bien conscience. Et l’interrogation principale qui me reste est tout simplement celle-ci : est-ce que quelqu’un n’a pas envie de rédiger une offre à ma place ?
Inscription à :
Articles (Atom)












