À l’heure où Tiger Woods, le premier sportif milliardaire en dollars, se débat dans une sombre affaire où il est obligé de demander pardon pour avoir trahi sa famille, une enquête réalisée auprès des jeunes belges de 15 à 17 ans m’a interpellé.
On y apprend que, pour eux, la relation idéale est basée sur la gentillesse, la fidélité, le respect et la confiance. Quoi de plus normal finalement ! Ce sont là quatre valeurs fondamentales de notre société.
Il n’empêche, on pourrait croire ces valeurs surannées, dépassées, obsolètes… et en tout cas peu partagées par les nouvelles générations. On nous dit que c’est la génération « fast food », qui consomme tout et n’importe quoi immédiatement, sans trop réfléchir au sens des choses. On essaye de nous faire croire que seul le « paraître » importe, que l’image que ces jeunes donnent d’eux-mêmes est leur seule préoccupation.
Et voilà qu’ils nous disent : "Mais non, nous, ce qui nous intéresse dans nos relations amoureuses, c’est d’être gentil avec l’autre, de lui être fidèle, de le respecter, d’avoir confiance en lui". Pas mal.
Pas d’illusion à se faire. Si c’est la tendance majoritaire, ils ne sont pas tous de cet avis. Pourquoi serait-ce le cas d’ailleurs ? On apprend aussi dans cette enquête que ces jeunes n’aiment pas le manque de respect, la brutalité, le fait d’être contraints de « faire des choses » qu’ils n’aiment pas, la banalité, la routine… S’ils disent – avec raison – qu’ils n’aiment pas tout cela, c’est qu’ils savent de quoi ils parlent. Beaucoup ont été confrontés au manque de respect, à la brutalité, à la contrainte, à la banalité, à la routine. C’est moins gai.
L’amour est la plus belle des choses qui peut nous arriver dans la vie. Il y a des contes de fée, mais il y a plus souvent des histoires complexes. Rien n’est jamais gagné. Mais les jeunes ont raison : le défi ne peut sans doute se gagner que si on vit l’amour avec gentillesse, fidélité, respect et confiance.
Je m’en faisais une fête ! Enfin, j’allais voir Olivia Ruiz sur scène ! Cette fille m’épate. Non seulement elle est d’une beauté époustouflante, mais en plus elle chante de manière superbe et elle ne chante pas n’importe quoi, y compris lorsqu’elle participe à d’autres projets dont je fais état dans la page que je lui consacre sur mon site personnel.
Enfin bref, j’allais enfin la voir et l’entendre de près, aux Halles de Schaerbeek. C’est une salle qui a un cachet certain, mais elle a un premier défaut : il est quasi impossible de se garer à sa proximité. Donc, on a tourné en rond pendant un bon quart d’heure avant d’enfin trouver une place à un peu moins d’un kilomètre de là. Nous avons alors entamé une marche rapide, sous la pluie battante belge. Nous n’étions pas les premiers ni les derniers. Ça faisait une belle file dans laquelle nous avons eu tout le loisir de nous mouiller un peu plus.
Entrés enfin dans la salle, ce que je craignais s’est tout de suite confirmé : il n’y avait pas de place assise ! Pour la plupart des gens, ça ne pose pas problème. Mais mon dos n’est plus ce qu’il était et j’avais bien peur qu’il ne tienne pas le coup. Qu’à cela ne tienne, la première partie – une belle chanteuse accompagnée par un excellent musicien – était commencée et chauffait l’ambiance.
Entre-temps, nous avions trouvé une place assez près de la scène, bien dégagée. Tout allait bien. La première partie était terminée et les régisseurs s’activaient pour mettre en place la scène pour le concert d’Olivia, à travers un voile transparent qui indiquait clairement l’univers : celui des météores.
Le spectacle commence enfin, avec une animation sur écran permettant à chacun de prendre sa place. Et c’est parti. Olivia apparaît, sublime. Je n’ai pas toujours apprécié les mini-robes qu’elle a portées dans ses différents spectacles. Mais ici, rien à dire : elle est superbe, jusqu’à ses escarpins rouges (qu’elle remplacera quand même pendant une partie de la soirée par de bonnes bottes au talon plat).
De toute évidence, c’est un spectacle magnifique : les musiciens maîtrisent parfaitement leur art, les éclairages sont mirobolants, les chansons sont météoresques et Olivia est d’une énergie à couper le souffle. Elle donne à en voir de toutes les couleurs surtout quand ça s’anime un peu beaucoup.
Dans ces moments-là, évidemment, le son augmente un peu (trop), et c’est bien normal. On ne comprend plus trop ce qu’elle chante, mais ça n’a pas beaucoup d’importance. L’ambiance est là. Pas seulement l’ambiance d’ailleurs. Petit à petit, des chaleurs montent en moi. L’éclairage offre des milliers de couleurs, mais j’ai l’impression d’en voir plus encore. Je m’agenouille pour essayer de reprendre mes esprits, mais j’ai de plus en plus de mal à respirer. Visiblement, je suis assailli par le bruit, par le manque d’air, par la chaleur, par les odeurs humaines. J’essaie encore de me redresser… mais je sens bien que si je reste debout, je m’effondrerai pour ne plus voir que les météores qui commencent à défiler. J’essaie de montrer que tout va bien, mais je me retire vers un mur. Ouf, je l’atteins sans m’être effondré ! Je m’assieds par terre. Un gars du service de sécurité me demande si ça va. Je lui dis vaguement « oui, ça va aller… ». Je respire un peu mieux, mais visiblement je suis loin. Je suis le seul à le savoir. Mais pas le seul à s’en inquiéter : Brigitte me rejoint, ne sachant pas trop ce qu’il en est. Je suis rassuré de la savoir près de moi. Mais j’en profite pour aller me rafraîchir aux toilettes. Ça va mieux, même si les météores continuent à défiler.
Sur la scène, Olivia continue son merveilleux spectacle. Je ne suis plus tout à fait là, tout en n’étant pas ailleurs. Finalement, c’est pour elle que je suis là. Le spectacle se termine. Elle n’accorde qu’un bis, sur sa balançoire, qui l’emmène vers les météores. C’est fini. Vraiment, un beau spectacle. Je nous pousse vers la sortie. Ouf, de l’air. Il était temps. La nuit est toujours humide. Pas ce soir qu’on verra des météores dans le ciel de Bruxelles. Pourtant, moi, j’en ai vu… et de toutes les couleurs.
Je n’ai filmé ce soir-là qu’une seule chanson en entier ! Pas n’importe laquelle : Les météores ! « Mais ça monte, ça lutte, ça me saisit, ça tire, ça brûle, ça jaillit ! ». Tout à fait ce que j’ai vécu. Quelle communion quand même !
Dans un blog ami, Grains de sel a récemment raconté son émoi face à une caissière d’un supermarché dans lequel s’était déroulé un braquage pour quelques sous. La caissière, fort émue sans doute, avait décrété – sans rien en savoir sans doute – qu’il s’agissait de « bougnouls » qui ont tous les droits et qui peuvent tout obtenir parce qu’ils s’appellent « Mohamed ». Sacré paquet d’amalgames !
L’avis de mon amie, assistante sociale, était très posé et nuancé, même si elle ne cachait pas son agacement devant cette bêtise humaine.
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais un personnage douteux – se prénommant Le Hutin, médecin à la retraite – a cru bon d’ajouter quelques commentaires. C’est là que les amalgames deviennent tragiques. Du banal émoi d’une caissière victime – directe ou indirecte – d’un fait divers malheureusement devenu banal lui aussi aujourd’hui, on en est venu à tout mettre dans le même panier : les « bougnouls » en question seraient les plus racistes, notamment parce qu’ils refuseraient de consommer porc et whisky ; ce ne seraient d’ailleurs que des barbares ; il faudrait les pendre et s’ils commettent des actes aussi répréhensibles, c’est parce qu’on n’en liquide pas suffisamment, etc.
L’agacement de mon amie s’est transformé chez moi en nausée devant tant d’amalgames.
Qu’on ne me fasse pas dire ici ce que je ne dis pas. Un délinquant commet un acte répréhensible. La société doit se protéger d’une récidive. Cela prend la forme d’une punition qui le plus souvent est la privation de liberté. Cette punition, atroce en soi, protège la société à court terme, mais pas à long terme. Le délinquant, à un moment donné, sort de prison. Si on n’a rien fait pour essayer de le réinsérer, il ne pourra que recommencer ses méfaits, ne fut-ce que par vengeance ou rancune. Il faut donc agir, quand il est emprisonné, pour le rééduquer, voire même simplement l’éduquer. Ce n’est pas une tâche facile. C’est même un euphémisme de dire qu’elle est éminemment complexe. Mais c’est la seule issue.
Tous les délinquants, quels qu’ils soient, sont des êtres humains. Certains ont perdu beaucoup de leur humanité, sans doute. Ou n’ont pas réussi à la gagner. Mais ils restent humains. Comme vous et moi.
L’enjeu de nos sociétés est de faire de nous tous de vrais humains. Reconnus en tant que tels. Chaque geste d’humanité en crée un peu plus. Chaque geste de déshumanité détruit un peu l’humanité. Cette double relation est en fait assez simple.
Parviendrons-nous jamais à construire ensemble, sans amalgame, malgré la diversité des personnes, des parcours, des expériences de vie ? J’en doute parfois, mais comme chantait John Lennon, « imagine »…
Maintenant, c’est devenu un cloaque, un amas de boue qui se vide petit à petit de son eau pour finir par s’assécher complètement. Louvain-la-Neuve est en train de perdre son écrin !
Bien sûr, on me dira que c’est pour la bonne cause. Les autorités ont décidé de vider progressivement les 85 000 m3 d’eau. Tout l’hiver 2009 verra alors un paysage lunaire qui se couvrira d’algues et de mousse. Au mois de mars, la vase, futur substrat des plantations, sera minéralisée. Elle devrait alors se transformer en un vaste pré fleuri, avec du plantain d’eau, des épilobes, des trèfles d’eau, de la véronique, de la menthe d’eau, du mouron des oiseaux, de la salicaire… Un travail de pépinière aquatique sera réalisé pour permettre la multiplication de la végétation au sein du lac et sur les berges. Celles-ci seront alors reprofilées.
En septembre 2010, le lac sera à nouveau rempli par les pluies. Les plantes non aquatiques ne survivront pas à cette nouvelle mise sous eau et celle-ci sera à nouveau brune et trouble. Progressivement, cependant, grâce à l’action digestive des bactéries, l’eau devrait s’éclaircir. On devrait alors réintroduire avec intelligence moules et poissons. En mars 2011, le lac devrait être entièrement rénové, plus superbe que jamais. Enfin, c’est ce qu’on dit !
En attendant, ils ont vidé mon lac et la vue depuis mon bureau n’est plus tout à fait la même. Avec le temps qu’il fait, elle est déjà bien morose. Mais là, elle est vraiment sordide !
Je ne connaissais pas… et ce n’est personne d’autre que mon patron qui me l’a fait découvrir ! Rien que ça, c’est déjà génial !
Bon, ce gars (Gurrumul, pas mon patron) est un australien arborigène et chante dans la langue de Yolngu. Il est aveugle de naissance… et c’est d’autant plus avec plaisir que ce billet entre dans le libellé « Lumières ». Car c’est bien de la lumière qu’il y a dans sa voix et dans ses musiques.
C’est encore tout neuf comme découverte, et je ne peux en dire beaucoup plus. Alors simplement, on peut le retrouver sur MySpace et sur YouTube. Le détour en vaut la peine !
Voici donc notre brave Herman Van Rompuy /hɛrmɑn vɑn rɔmpœy/ Président du Conseil européen. Le premier Président de l’Europe ! Un Belge !
On ne peut que s’en réjouir. Non seulement parce qu’il est Belge, mais surtout parce que c’est un homme admirable. Il est devenu Premier Ministre de la Belgique à un moment où rien n’allait. C’était la crise financière, et derrière elle, il y avait notre crise belgo-belge communautaire. En quelques mois, il a réussi ce que bien d’autres avaient raté avant lui : recréer un peu de confiance dans les interlocuteurs politiques pour qu’ils se mettent au travail. Tout cela avec calme, écoute et humour. J’ajouterais, mais oui, avec volupté, au sens de jouissance intellectuelle profonde. Voici bien un homme, rigoureux, qui sait ce qu’est le vrai plaisir…
Ces grandes compétences devraient maintenant être au service de l’Europe, et celle-ci ne pourra qu’en profiter. Certains sans doute s’imaginent que, surtout, il ne fera pas d’ombre à leur ego démesuré de Chef d’État. C’est sûr, il n’essayera pas de prendre leur place. Il restera à la sienne. On ne sait pas trop ce que sera celle-ci. La fonction est à construire. Mais qu’on se le dise : Herman la marquera de son empreinte.
Une empreinte faite de consensus. Pour avancer, il faut se mettre d’accord. Cela n’est possible que si l’on est à l’écoute de chacun et si chacun se reconnaît dans les décisions finales. Van Rompuy connaît la chanson. Héritage belge ? Sans doute. Mais il ne suffit pas d’être Belge pour en hériter.
C’est là sans doute le problème. Qui va lui succéder en Belgique ? Nous sommes, inévitablement, à la veille de négociations communautaires qui décideront de l’avenir du pays. Comme chaque négociation d’ailleurs. Mais la tâche est ardue. Aujourd’hui, on peut penser qu’un consensus aurait pu être dégagé par notre désormais ex-Premier Ministre. Y aura-t-il quelqu’un d’autre pour le faire ? Pas sûr. Et sans doute pas celui qui devrait lui succéder, le Roi des gaffeurs. Enfin, ça c’est une autre histoire.
En attendant, réjouissons-nous. Bravo, Herman ! Et bonne chance !
Ce n’est qu’un caillou. Un vulgaire caillou. Il contient bien des reflets brillants, mais il n’a vraiment rien d’extraordinaire. De plus, il est entouré d’un béton qui, s’il est solide, ne brille pas par son esthétisme.
Ce vulgaire caillou, pourtant, je le garde précieusement depuis 20 ans. C’est un morceau du Mur de Berlin qui fut brisé le 9 novembre 1989.
J’avais vu le Mur quelques mois plus tôt, très impressionné. L’absurdité de cette séparation était alors aussi grande que son immuabilité. Il ne semblait pas possible de le faire disparaître, car il symbolisait tout un système qui, même s’il connaissait des soubresauts, était tout à fait cadenassé. Je découvrais ce Mur, ainsi que le Rideau de fer (tout aussi sinistre), en me rendant en Pologne pour y jouer de la musique avec La Mandore. L’accueil des Polonais avait été des plus chaleureux. Comment pouvions-nous être séparés par du béton et des fils de fer barbelés ?
Pourtant, l’incroyable est arrivé. Le Mur est tombé. Pour moi, une nouvelle ère a commencé. Ce qui était inimaginable était arrivé parce que des personnes comme vous et moi y avaient cru, s’étaient donné à fond pour retrouver le sens de la liberté. Le monde vacillait. Toute une idéologie autoritaire était en train de s’effondrer.
Alors, quand quelques semaines plus tard, un de mes élèves m’apporta ce morceau de caillou après un voyage express jusque Berlin, je sus que je tenais là dans mes mains un symbole extraordinaire de ce que l’homme peut faire. Ce qu’il peut faire de mal, en ayant construit ce mur, en séparant des familles et des amis, en imposant une manière de vivre. Mais aussi ce qu’il peut faire de bien, en abolissant les frontières, en refusant de se laisser dicter sa conduite, en prenant la liberté d’être libre…
Ce vulgaire caillou, j’aimerais le garder avec moi jusqu’au bout de telle sorte que personne ne puisse plus jamais l’utiliser pour construire des murs absurdes.
On n’en est pas là, heureusement. J’avoue cependant un étonnement toujours inquiet devant l’intransigeance de certaines autorités flamandes.
La dernière en date est liée au sport, avec la suspension pour un an de deux joueurs de tennis : Xavier Malisse, et surtout Yanina Wickmayer. Sans doute n’ont-ils pas fait ce qu’ils devaient faire dans le cadre du système de lutte contre le dopage. En tant que sportifs professionnels, ils devaient entrer dans le système les données permettant d’exercer d’éventuels contrôles inopinés. Wickmayer a manqué 3 fois à ses obligations. Malisse, seulement deux fois, mais il a manqué un contrôle, ce qui est plus grave. Même si le système d’encodage est complexe et contraignant, ces deux sportifs de pointe n’ont pas fait ce qu’ils devaient, et il est normal qu’ils soient sanctionnés d’une manière ou d’une autre.
Fallait-il pour autant les suspendre pendant un an ? Non. Pour Wickmayer, qui à 20 ans à peine vient de réussir une brillante saison, c’est une véritable catastrophe.
C’est pour moi d’autant plus grave que cela ne me semble lié qu’à l’intransigeance flamande : il fallait un exemple et se montrer fort. Alors, peu importe les drames humains que cela occasionnera : il fallait frapper.
C’est la même chose dans nos problèmes communautaires belges. Si les Flamands prenaient l’entrée « humaine », c’est-à-dire celle liée aux hommes et aux femmes qui vivent en Flandre, il n’y aurait sans doute pas de problèmes linguistiques. Quelle que soit leur langue, les hommes et les femmes savent vivre ensemble. Mais l’entrée de certains Flamands est celle de la terre, celle du droit du sol. Vous êtes en Flandre, donc vous devez parler flamand, et si vous ne le faites pas, il faut – d’une manière ou d’une autre – vous éliminer. Je ne parviens pas à accepter cette logique.
Les semaines qui viennent seront sans doute difficiles pour la Belgique, d’autant plus que notre Premier ministre Herman Van Rompuy sera sans doute appelé à d’autres fonctions, ce qui est très bien pour lui et pour l’Europe, mais certainement moins bien pour ce pauvre petit peuple belge qui risque de se retrouver dans les mains de politiciens ne sachant plus très bien ce qu’est le consensus à la belge, ne connaissant que l’intransigeance !
Mamy est partie cette nuit, dans la sérénité de sa nuit. En réalité, il y a quelque temps qu’elle était partie : Alzheimer avait rattrapé son cerveau, mais pas sa douceur.
Mamy était ma belle-maman… et c’était une belle femme, dans tous les sens du terme. Il y avait une aura qui émergeait d’elle, et ses petits-enfants ne s’y étaient pas trompés. Cette personne-là était extraordinaire. Elle était attentive au moindre petit détail, au moindre petit bobo, au moindre petit espoir. Toujours avec discrétion. Mamy était quelqu’un qui ne s’imposait pas. Mais elle en imposait.
Elle a aimé son George, ses enfants, ses petits-enfants, ses beaux-enfants sans doute aussi, son jardin, ses peintures, ses amies, sa chorale… Elle était de ces personnes à qui personne n’a rien à reprocher. Vous en connaissez beaucoup de ce genre ?
Elle était avant tout un cœur luisant. Mais, beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire, elle était un esprit vif, curieux, avide d’apprendre. C’est peut-être ça qui m’avait le plus frappé chez elle, moi qui suis un professionnel de l’apprentissage. Lorsqu’on lui parlait de choses qu’elle ne connaissait pas, elle était toute ouïe, pas sûre de toujours bien comprendre, mais soucieuse de le faire et de s’enrichir de ce qu’elle ne connaissait pas.
Les journées comme aujourd’hui ont toujours le goût du frisson de la tristesse. Pourtant, ce soir, c’est de la lumière que je vois. Ta lumière. Au revoir, Mamy.
Un jeune que je connais bien a eu dernièrement un accident de scooter. Heureusement, rien de grave. Lui-même n’a rien eu : ni dégât physique, ni dégât matériel. C’est le principal.
Il arrivait à un carrefour en « Y », venant de la voie droite supérieure. Il s’est engagé dans le carrefour, mais une voiture venant de la voie inférieure n’en a pas tenu compte, alors que la priorité de droite était de toute évidence d’application. Pour éviter de se faire écraser, le scooter a fait un écart et a cogné légèrement une voiture qui était stationnée au croisement de la voie gauche supérieure et de la voie inférieure : pare-choc légèrement griffé. En réalité, cette voiture n’avait rien à faire là, car il y a une interdiction de stationner, mais elle était là. Inutile de dire que la première voiture ne s’est pas arrêtée et a continué son chemin comme si de rien n’était.
Bref, le jeune a sauvé sa vie – ce qui est le principal – mais il a embouti une voiture qui ne devait pas être là ! Il était dans son droit, étant prioritaire… mais ça s’arrête là.
Au bout du compte, il est déclaré « responsable » de l’incident : il n’avait pas à foncer dans une voiture qui était bien visible ! Les assurances reconnaissent bien que la voiture qui n’a pas respecté sa priorité – et qui aurait pu blesser gravement le jeune ! – est la cause de tout, mais comme on ne sait pas qui était le conducteur puisqu’il a fui, il faut bien trouver un responsable… et ça ne peut donc être que le jeune conducteur du scooter. Le fait que la voiture endommagée n’avait rien à faire là est peu important : elle était là, et il fallait l’éviter !
Inutile d’entrer dans un débat juridique qui ne débouchera sur rien. Au bout du compte, ceux qui paient l’assurance en responsabilité civile du scooter verront simplement leur prime augmenter en vertu du système bonus-malus. Rien de dramatique.
On peut quand même s’interroger sur le fait qu’un jeune qui n’a fait qu’éviter de se faire renverser par une voiture en délit de fuite est jugé responsable de dégâts causés à une voiture qui n’était là que parce qu’elle était en infraction avec le code de la route. Pour créer la confiance de ce jeune dans la justice, c’est bien parti !
Le jour où je reçois mon invitation annuelle à payer ma taxe d’immatriculation, la presse annonce que cette taxe est perçue illégalement, comme l’a décidé la Cour d’appel d’Anvers ! En réalité, l’administration fiscale peut réclamer la taxe parce qu’elle reçoit des informations de la part de la Direction pour l’Immatriculation des Véhicules (DIV). Or, cette transmission automatique est en violation de la loi sur la protection de la vie privée !
Cette information me pose deux questions. La première – la plus naturelle – est bien sûr de savoir si, dans ces conditions, je vais payer ma taxe d’immatriculation. Ma réponse est clairement « oui » ! Cela me semble bien la moindre des choses ! J’utilise un véhicule qui pollue et qui use les routes construites par la collectivité. Il me semble normal de payer ma contribution à la lutte contre la pollution et à la mise en œuvre de politiques de mobilité efficaces pour le bien-être de tous. Même si je n’aime évidemment pas payer trop d’impôts et autres taxes, je ne vois pas comment une société pourrait fonctionner autrement. Être taxé, c’est être solidaire. Et je suis de ceux qui pensent que plus on gagne d’argent, plus on en a, plus on devrait payer des impôts. C’est donc par exemple tout à fait normal de payer une taxe d’immatriculation plus élevée lorsqu’on dispose d’un véhicule plus puissant que d’autres (ce qui n’est pas mon cas !).
L’autre question est celle de la protection de la vie privée. Dans notre société de l’information, il est effectivement important de mettre en place des dispositifs qui évitent les dérives. Dernièrement, j’ai été offusqué de voir que la banque qui gère les comptes de l’entreprise pour laquelle je travaille détenait des informations personnelles qu’elle n’avait pas, selon moi, à avoir puisque je n’ai avec elle aucun lien personnel. On peut donc supposer (est-ce le verbe idoine ?) que des tas d’informations personnelles circulent un peu partout dans des bases de données publiques ou privées. Il faut y être attentif, et la loi sur la protection de la vie privée est à cet égard un outil essentiel. Il me semble cependant qu’il ne faut pas être paranoïaque ! Qu’une administration transmette à une autre une information ponctuelle dont elle a besoin pour fonctionner, cela me semble aller de soi et faciliter la vie des gens. Y voir une violation de la vie privée me semble exagéré (même si formellement, cette transmission est peut-être en violation avec la lettre de la loi).
« Nous avons neuf mois de vie privée avant de naître, ça devrait nous suffire. » déclarait Heathcote Williams. Ça n’engage que lui, mais ça mérite réflexion et interrogations !
Aujourd’hui, on allume son ordinateur et de manière quasi instantanée, on est connecté au reste du monde. Tout passe par Internet et on n’imagine plus pouvoir s’en passer.
Internet a même permis l’émergence d’un nouveau pouvoir de pression. Il suffit par exemple de voir comment, en France, les internautes ont réussi à empêcher la nomination du Prince Jean à la présidence de la Défense alors qu’au départ ni les politiques ni les journalistes ne s’intéressaient à cette question qui, vue de Belgique, est anecdotique, mais qui en réalité touche les fondements de la démocratie. Le peuple a désormais le pouvoir d’influencer en ligne directe le destin du monde. C’est un bouleversement historique extraordinaire.
Il n’y a cependant pas tellement longtemps qu’Internet existe. Plusieurs dates jalonnent l’apparition du réseau mondial, mais il semble bien qu’on va en fêter les 40 ans. En 1969, pour la première fois, il y eut une connexion entre les ordinateurs de 4 universités américaines. Pour cela, il avait évidemment fallu qu’on inventa - durant la 2e guerre mondiale - le premier ordinateur et qu'en 1958, le premier Modem permettant de transmettre des données binaires sur une simple ligne téléphonique fit son apparition.
À partir de 1969, les choses s’accélèrent : en 1979, les premiers forums de discussion – ceux-là même qui peuvent influencer le monde et sortir des tas de personnes de leur isolement – sont créés par des étudiants américains.
L’accélération sera ensuite quantitative : en 1989, 100 000 ordinateurs connectés ; en 1999, 200 000 000 ordinateurs ; en 2009, sans doute plus de 2 500 000 000 d’ordinateurs connectés ! Tout cela avec des améliorations qualitatives évidemment, en termes de vitesse et de stabilité des réseaux.
Tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Internet est sans doute à l’origine de plusieurs dérives. N’empêche, j’ai conscience d’avoir vécu la naissance et l’éclosion d’un outil absolument phénoménal qui n’a pas fini de changer nos vies et dont je n'imagine pas un seul instant pouvoir me passer.
Point de publicité dans ce billet ! L’outil en question est bien sûr en vente, mais ça me semble quand même bien cher pour un appareil qui devrait pour bien faire être remboursé par la sécurité sociale.
Il y a longtemps qu’on sait que de nombreuses personnes souffrent de dépression hivernale par manque de lumière. On estime qu’ils sont entre 15% et 20% dans nos pays du nord. Mais elles sont sans doute plus nombreuses encore, car beaucoup ne s’en rendent même pas compte.
On sait aussi qu’on peut combler ce déficit de lumière par une exposition à une lumière blanche. D’habitude, il faut pour cela aller dans des centres spécialisés avec des appareils sophistiqués.
Mais voilà que les travaux sur la lumière bleue de Janis Louise Anderson à la Harvard Medical School ont permis de développer un appareil beaucoup plus petit, mais tout aussi efficace, du moins pour le « blues de l’hiver », premier stade de la dépression hivernale. L’exposition à un faible niveau de ce nouveau type de lumière spécifique pourrait – paraît-il - compenser la perte de dynamisme et de moral ainsi que rétablir l’humeur et le tonus estivaux.
Mine de rien, c’est là une excellente nouvelle en ce jour de changement d’heure ! Dommage que ce petit appareil soit si cher (apparemment, un minimum de 250 EUR est requis !). N’empêche, vive la lumière et la luminothérapie !
Il y a un certain temps que je n’ai plus parlé de Madagascar. Il faut dire qu’on n’en parle pas beaucoup en Europe. Tout au plus peut-on parfois lire un entrefilet de cinq ou six lignes annonçant occasionnellement un nouvel accord.
Pourtant, depuis le début de l’année 2009, il n’y a plus d’accord dans ce pays. Aujourd’hui, grâce à Internet, il est possible de se tenir informé en temps réel à propos d’un pays aussi isolé et éloigné que Madagascar. J’ai principalement deux sources d’information : les sites Sobika et Madagascar Tribune. Je vous conseille d’y jeter un coup d’œil pour vous faire une idée de l’ampleur du désastre.
Car désastre, il y a. Depuis dix mois, le combat des coqs continue, en se moquant pas mal du peuple. Ils étaient 2 coqs au départ. Ils sont désormais à 4 mouvances, et parfois au sein d’une d’entre elles, ils parviennent encore à se disputer. Aujourd’hui, Madagascar a le grand bonheur de disposer de 2 Présidents et de 3 Premiers ministres ! Pendant ce temps, quasiment rien ne bouge pour le peuple. Au contraire, le peuple malgache – aussi merveilleux soit-il – passe de plus en plus d’un état de précarité extrême à un état de précarité… insupportable.
Les autorités – les mouvances - s’assoient périodiquement pour essayer de trouver un accord. Elles le feront encore normalement bientôt, à Addis Abbeba, début novembre. La probabilité de déboucher sur un accord est réduite à sa plus simple expression. Celui-ci ne serait possible que si les coqs acceptaient de s’effacer. Il ne faut pas rêver.
Pendant ce temps-là, les affaires publiques ne peuvent fonctionner que de manière bien imparfaite. Engagé depuis 5 ans dans l’accompagnement d’un projet autour de l’évaluation des acquis scolaires des enfants malgaches, je devais exécuter une nouvelle mission afin de tirer les leçons de la passation du dernier CEPE, en juillet 2009, et de dégager de nouvelles pistes d’action et de formation.
Une telle mission n’avait plus de sens : les nouvelles « autorités » placent leurs gens par-ci par-là, et aujourd’hui les personnes en charge de ce dispositif important, que ce soit au niveau central ou au niveau régional, ont été remplacées par d’autres personnes, qui ne connaissent rien ni aux procédures en vigueur ni – a fortiori – aux projets d’amélioration de la qualité.
Cette situation n’est qu’un exemple de la déliquescence générale qui prévaut désormais dans ce pays. On est en train d’y perdre toutes les connaissances emmagasinées au fil du temps. Je suis convaincu que chaque personne qui se retrouve parachutée dans une nouvelle fonction essaye de l’exécuter de la meilleure manière. La conscience professionnelle malgache est générale et élevée. Mais comment être compétent quand on n’y a pas été préparé, quand la structure ne peut accompagner les démarches à exécuter, quand les autorités sont gentiment assises dans leurs sacro-saintes voitures témoins de leurs soi-disant pouvoirs ?
Pendant ce temps-là, la vie continue… et les espoirs de toute une nation s’envolent au gré des illusions de leurs « responsables » politiques !
C’est d’abord un très bel objet. Un vrai livre. Une vraie histoire. L’histoire d’un gars qui aime faire des chansons sans prétentions, qui racontent juste des histoires.
Puis c’est un très beau son. Rien de tonitruant. Juste de la vérité, acoustique la plupart du temps. De vrais instruments. Pas fait pour danser, mais on peut écouter et prendre son pied. Avec une voix claire, pure, chantante.
C’est enfin des textes simples. C’est pas du Brassens, mais peut-être du Souchon. Quoique. C’est pas du luxe, c’est du Luce. Tout simplement.
Je les aime toutes, ces chansons toutes menues. Y a que du bon là-dedans. J’en retire une, pour la beauté du geste. Nantes ! Il n’y est même pas arrivé ! Quelle aventure !