samedi 26 février 2011

Liberté du choix ou choix de la liberté

Jackson Pollock © 1952

Jean-Luc Delarue a donc commencé son tour de France de la bonne parole : « Ne buvez pas ! Ne vous droguez pas ! Je sais ce que c’est ! ». Au-delà de l’aspect un peu people et exaspérant de la démarche, le gars a quand même raison. Et si le partage de son expérience peut encourager ne fut-ce que deux ou trois jeunes à ne pas sombrer dans les ravages de l’alcool et de la drogue, il aura réussi !

Parmi ces fléaux, l’alcool – en tant que drogue légale et socialement correcte – est sans doute le plus sournois. Ses ravages sont catastrophiques : en France, l’alcool provoque 23 000 décès par an par cancers, cirrhoses ou alcoolo-dépendance. Mais outre ces morts qui lui sont directement imputables, il agit comme facteur associé dans 45 000 décès.

Le drame, c’est que l’alcool est perçu comme un plaisir noble. Le vin est érigé au rang de rempart d'un certain art de vivre en train de se perdre ! Valeurs familiales, symbole de virilité, héritage familial, transmission de père en fils… se mêlent et provoquent un attachement identitaire, qui représente un obstacle important aux messages de prévention et à la prise en compte des dangers d'une consommation excessive.

Difficile de savoir ce qu’est une « consommation excessive ». J’ignore si celle qui était la mienne pouvait être ainsi qualifiée. Toujours est-il qu’elle me pesait… et qu’elle pesait aussi à mon corps à travers différents symptômes. Rien de dramatique, mais j’ai décidé d’être à leur écoute. Il y a un mois, étant seul à la maison, j’ai ouvert la meilleure bouteille que j’ai trouvée. J’en ai bu un peu plus de la moitié. J’ai terminé la soirée par un bon cognac, mon alcool préféré. Puis je me suis couché en sachant que c’était fini.

Depuis lors, pas une goutte. Ce n’est en réalité pas la première fois que j’arrête. Il y a une dizaine d’années, j’avais commencé une abstinence qui a duré 8 ans. Puis j’ai retrouvé les plaisirs du gosier pendant deux ans. Me revoilà parti pour un certain bail.

Bien sûr, un petit verre de vin n’a jamais fait de mal à personne. Au contraire, il semblerait qu’il soit même bénéfique. À condition de rester « un » et « petit » ! C’est là mon problème : j’ai du mal à respecter ces deux critères ! Alors, je préfère être plus sévère pour l’un et moins pour l’autre : les verres d’alcool que je m’autorise désormais peuvent avoir toutes les tailles imaginables ou non, mais je ne m’en autorise aucun ! C’est une règle plus facile !

C’est un choix personnel. Je ne l’impose à personne. Je m’y sens bien. Tant au niveau de ma tête que de mon corps. Et puis, cela me permet de rechanter, l’esprit clair.

Le blues des vices


Ah cette cigarette, après la sieste
Quand le ventre est bien repu
Y a pas à dire c’est vraiment céleste
La fumée qui vous met à nu
Cette sensation au milieu des poumons
Qui vous pénètre au fond de votre être
C’est le plaisir de se sentir souffrir
Grâce à ce mégot, ah le saligaud !

Mais mon vieux tabac je t’ai plaqué
Délaissé abandonné
Je ne veux ni Dieu ni maître
Surtout pas me soumettre
J’ai pris la liberté de ne plus fumer
De ne plus me laisser détruire à petit feu
De ne plus polluer ces dames et messieurs
Je vis sans tabac et c’est très bien comme ça
Je suis libre de vivre sans combustible

Ah ce verre d’alcool qui fait qu’on rigole
Autour d’un repas avec tous ses amis
On se laisse aller sans aucun protocole
Sans le contrôle de notre esprit
Cette sensation d’être en évasion
De tous ces maux qui peuplent nos cerveaux
C’est le plaisir de se sentir vivre
Grâce à ce verre de vin, mais c’est tout à fait vain

Mais mon vieil alcool je t’ai plaqué
Délaissé abandonné
Je ne veux ni Dieu ni maître
Surtout pas me soumettre
J’ai pris la liberté de ne plus me saouler
De garder le contrôle de mes fantasmes
D’être le maître de mon enthousiasme
Je vis sans alcool sans que ça me désole
Je suis libre de vivre sans être ivre

Ah cette caresse enchanteresse
Le corps d’une femme est un paradis
Qu’on peut découvrir avec ou sans prouesse
Mais qui toujours nous épanouit
Cette sensation de communion
Qui nous dépasse quand elle nous embrasse
C’est le plaisir de se sentir partir
Vers la petite mort dans ce corps à corps

Et toi ma femme j’t’ai pas plaquée
Ni délaissée ni abandonnée
Je ne veux ni Dieu ni maître
Surtout pas me soumettre
Mais je prends la liberté de toujours t’aimer
De te rester fidèle envers et contre tout
De croire en toi en moi et en nous
Je vis avec toi et c’est mon choix
Je suis libre de vivre en étant libre
Libre de t’aimer libre de te libérer
Mais surtout libre de me laisser aimer

François-Marie GERARD - FMG © 2004


samedi 19 février 2011

Quand un prof devient élève…

Dernièrement, j’ai animé une formation à la gestion de projets, en deux jours, pour des professeurs d’économie de l’enseignement professionnel, issus de différentes écoles. Le matin du deuxième jour, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que six enseignantes – soit la moitié du groupe – avaient demandé à leur directrice de ne plus assister à la formation qui ne répondait pas à ce qu’elles souhaitaient. Elles avaient obtenu le soutien de leur direction…

Il faut reconnaître qu’il y avait effectivement un problème en ce qui concerne les objectifs de cette formation. Ceux qui m’avaient été communiqués en tant que formateur n’étaient pas ceux sur la base desquels les enseignants s’étaient inscrits, cette formation étant de plus pour la plupart un « troisième choix ».

Il y avait donc un vrai problème, mais – alors même que je m’étais efforcé durant toute la première journée de solliciter les enseignants pour coller à leur réalité – à aucun moment les enseignantes concernées n’ont exprimé de manière explicite ce qui allait entraîner leur abandon. Si elles l’avaient fait, nous aurions bien entendu analyser ensemble la situation pour y trouver des solutions, comme nous l’avons fait d’ailleurs avec les autres participants après avoir appris ce renoncement.

Celui-ci est quand même très interpellant. Admettons pour un court instant et à titre de simple hypothèse que certains élèves de ces enseignantes estiment que le cours qu’elles leur dispensent ne répond pas tout à fait à ce qu’ils souhaitent. Admettons que ces élèves aillent s’exprimer auprès de la direction de l’établissement en demandant de pouvoir ne plus assister au cours d’économie. Admettons que la direction estime cette demande tout à fait justifiée et décide donc de dispenser lesdits élèves de l’obligation de se former dans cette branche. Quelle serait la réaction des enseignantes ? Accepteraient-elles une seule seconde cette attitude, tant de la part des élèves que de la direction ?

Racontant ma mésaventure à une de mes collègues qui avait donné la même formation dans le même contexte (et donc avec le même problème au niveau de la communication des objectifs), elle me dit avoir vécu une expérience similaire, si ce n’est que les enseignants insatisfaits s’étaient réunis à une table en tournant le dos à la formatrice, en lisant, en discutant, voire en tapant la carte… ! Les enseignants qui continuaient à suivre la formation, en s’y intéressant, leur avaient demandé d’avoir au moins la décence de s’en aller. Mais ils étaient restés en montrant clairement leur mépris. À nouveau, je n’ose imaginer une seule seconde quelle serait la réaction de ces enseignants contestataires si leurs élèves se permettaient de faire la même chose qu’eux !

Mon métier m’a amené à former des adultes dans de nombreux contextes (entreprises privées, administrations, organismes parastataux, enseignement…) et un peu partout dans le monde. Cette large expérience m’a conduit à penser que le public le plus difficile en formation est constitué d’enseignants occidentaux. Ma dernière expérience n’a fait que renforcer cette perception.

Loin de moi l’idée de généraliser. Ancien enseignant moi-même, je peux aussi témoigner qu’il y a de nombreux enseignants qui adoptent une attitude très positive en formation, cherchant à profiter pleinement de celle-ci, même si elle ne correspond pas toujours exactement à ce qu’ils souhaiteraient.

N’empêche, quand j’entends ces mêmes enseignants se plaindre des conditions dans lesquelles ils doivent travailler, liés notamment à la démotivation des élèves et à leurs attitudes négatives, je ne peux que me demander si ces enseignants n’ont pas tout simplement les élèves qu’ils méritent.

jeudi 17 février 2011

L’eau pure à coups de pédale

La problématique de l’eau est assurément une donnée majeure pour comprendre le 21e siècle ! Il y en a trop peu à l’échelle mondiale, alors que c’est la première nécessité. Bien sûr, il y a de plus en plus souvent des inondations ravageuses. Celles-ci apportent de l’eau, mais totalement impropre à la consommation. Au contraire, les réserves d’eau potable sont fondamentalement polluées par ces déferlements aquatiques.

Dans ce contexte, la production par une usine japonaise de vélos susceptibles de purifier l’eau de manière simple et efficace est une excellente nouvelle. Yuichi Katsuura, président de Nippon Basic, la société créatrice de cette bicyclette, explique : « Vous pédalez jusqu'à une rivière, une mare ou toute autre source d'eau, et vos jambes suffisent à produire de l'eau potable ». En pédalant sur son Cycloclean, l’utilisateur peut non seulement pomper l’eau, mais aussi la faire passer à travers trois filtres, la rendant ainsi directement utilisable.

Le vélo coûte assez cher (4 850 EUR !) et n’a pour le moment été commercialisé qu’au Japon. L’objectif annoncé est désormais de proposer le produit au Bangladesh, mais aussi en Birmanie, au Cambodge, en Chine, en Indonésie et aux Philippines. Il devrait selon moi intéresser bien d’autres pays dans le monde, pour autant que le prix de vente puisse diminuer.

Pour être complet, il faut ajouter que les Américains ont créé un prototype du même genre, l’Aquaduct, mais avec un côté gadget bien plus prononcé.

Ces inventions s’inscrivent évidemment dans une perspective commerciale. C’est malheureusement l’univers dans lequel on vit : les bonnes idées ne sont concrétisées que lorsqu’il y a des profits à en retirer. Il n’empêche, ces vélos peuvent offrir une véritable solution à des millions de personnes pour qui l’eau est une denrée aussi rare qu’indispensable, tout ça seulement à coups de pédale ! Et ça, c’est génial !

mercredi 16 février 2011

Double langage

Il y a longtemps qu’on sait que les politiques sont les maîtres du double langage. Un exemple frappant nous est encore donné actuellement avec l’Iran : après avoir félicité le peuple égyptien pour avoir pris son autonomie et dégager Moubarak, suppôt de Satan, ils s’empressent de réprimer férocement ceux qui se contentent d’imiter les Égyptiens félicités !

Un autre exemple – plus complexe et heureusement moins sanglant – nous est donné dans les négociations pour la constitution d’un gouvernement en Belgique. C’est surtout le CD&V qui pratique le style, à propos de la question de Bruxelles. Un des points qui posent difficulté, fortement relayé ces derniers jours par des ténors du parti flamand et très bien expliqué par Vincent de Coorebyter, est le fait qu’en cas de nouvelle répartition de compétences communautaires, comme les allocations familiales ou les soins de santé, les francophones et certains partis flamands (SP.A et Groen) souhaiteraient que ces compétences soient attribuées à la Région de Bruxelles-Capitale, alors que le CD&V (et dans une moindre mesure la N-VA) exige qu’elles soient régies d’une part par la Communauté flamande et d’autre part par la Communauté française de Belgique, afin de ne pas « séparer » le peuple flamand.

La logique mise en avant est donc celle de la « communauté », définie sur une base linguistique, et qui conduit à des compétences liées pour l’essentiel à la langue et à la culture, dont l’enseignement.

Néanmoins, dès qu’on aborde la question des francophones habitant en Flandre, que ce soit dans n’importe quelle commune, mais en particulier dans les communes de la périphérie bruxelloise, dites « à facilités », le discours change. Il n’est en effet pas question pour les flamands – et ils sont sans doute tous unanimes sur ce point – de considérer que ces francophones appartiendraient à la Communauté française de Belgique du fait de leur langue et de leur culture, ni même à la Région bilingue de Bruxelles-Capitale. Dans ce cas, la dimension linguistique est totalement gommée : puisqu’ils habitent sur le territoire flamand (celui-ci étant géré par la Région flamande), ils sont considérés comme « flamands » et doivent se conformer à ce que les pouvoirs publics flamands décident pour eux.

Double langage donc : lorsque c’est la logique communautaire qui est avantageuse pour les flamands, seule celle-ci doit être prise en compte alors que lorsque c’est la logique régionale qui est nécessaire, seule celle-ci doit s’imposer. Visiblement, le côté paradoxal de ce double langage échappe totalement aux responsables du CD&V. Il n’y a pas de raison de penser qu’ils pourraient changer de discours. Nous ne sommes donc pas près d’une solution, même si celle-ci devra finir par exister. J’ajoute que la solution « scission » du Plan B n’en est pas une puisque le double langage serait encore exacerbé dans ce cas !

Alors, exceptionnellement, utilisons un troisième langage : « Wait and see » ! (Quoique l'attente commence à être longue… on a surtout envie de voir maintenant !)

samedi 12 février 2011

95 millions de FMG !

FMG © 2011

Plus de 95 millions de FMG ! Moi qui me pensais unique, ça fiche un sacré coup pour mon ego !

Pourtant, le franc malgache – héritage du colonialisme français – n’existe plus officiellement depuis 2003. Il a été remplacé par l’ancienne monnaie malgache, l’ariary, qui vaut le cinquième du franc malgache. Ainsi donc, 95 millions de FMG, ça ne fait jamais que 19 millions de MGA, soit – au jour d’aujourd’hui – 6 940,12 EUR. Une cagnotte de 7 000 EUR, c’est évidemment nettement moins que 95 millions de FMG, et cela continue à relativiser mon ego !

Pour les Malgaches, assurément, c’est appréciable ! Celui qui gagnerait cette somme aurait de quoi voir venir pendant un certain temps, sans que ce soit un temps certain ! C’est d’ailleurs pourquoi ils préfèrent s’imaginer 95 000 000 que 19 000 000 ! Le FMG est encore bien vivace, surtout dans les villes…

La première fois que je suis venu à Madagascar, c’était en 2004, soit quelques temps après la réintroduction officielle de l’ariary. Ne sachant pas trop quelles étaient les possibilités de paiement, j’avais changé quelques euros dès mon arrivée à l’aéroport, vers deux heures du matin. Un peu endormi et stressé, je n’avais pas trop fait attention à ce que le préposé me donnait, supposant pouvoir lui faire confiance. Mais j’avais entendu un gros chiffre…

Arrivé à l’hôtel, je regarde le paquet de billets reçus et, là, mon sang se fige ! Il y avait beaucoup moins que le chiffre qui m’avait été dit ! À peine arrivé dans ce pays encore inconnu, je me faisais déjà arnaquer ! J’ai recompté plusieurs fois, arrivant à chaque fois à la même conclusion ! Jusqu’au moment où, bien sûr, j’ai remarqué l’inscription « ARIARY 5000 » et en petits caractères « 25 000 FRANCS ». J’ai alors compris mon erreur et l’inutile suspicion qui était en train de naître en moi vis-à-vis du peuple malagasy. Une fois de plus, mon ego était – au moins – cinq fois trop fort !

vendredi 11 février 2011

Place aux citoyens

Ils l’ont fait ! Il a fini par démissionner. Un dictateur en moins, moins d’un mois après le précédent ! À qui le tour ? Il y en a quelques-uns encore à faire disparaître. Les Tunisiens et les Égyptiens ont montré comment il fallait faire : apparemment, il suffit de le vouloir, de le clamer… et surtout – comme beaucoup l’ont dit – de ne plus avoir peur !

Il est trop tôt encore pour faire une analyse politique fine. Seul l’avenir nous apprendra quel sera l’impact de ces mouvements populaires. Mais les choses ne seront plus jamais comme avant. Du moins si ces peuples parviennent à ne pas se faire voler leur révolution.

L’Égypte est au cœur du Moyen Orient, une zone dont la fragilité est extrême, à l’image des pensées extrémistes qui nourrissent de nombreux dirigeants qui s’imaginent œuvrer pour le bien de leur peuple, voire du monde. Le défi est immense : arriver à ce que le départ forcé des dictateurs soit source de paix, et non pas de haine exacerbée, de tensions supplémentaires.

Tout le monde se sent aujourd’hui un peu Égyptien. Nous sommes tous citoyens. Citoyens du monde. Qui aurait pu croire d’ailleurs, il y a un an encore, qu’un réseau comme Facebook, avec tous ses défauts et toutes ses limites, pourrait devenir un outil central de révolte citoyenne ?

Il y a là un mouvement inéluctable. Ce ne sont plus quelques activistes qui mènent une révolution. C’est tout un peuple, en contact permanent grâce aux technologies de communication. Et ce peuple n’est lui-même plus seul : il est en relation avec le monde entier, avec tous ceux – ils sont très nombreux – qui, de par le monde, sont empreints de liberté ! Les dictateurs de tous bords ont de quoi s’inquiéter, car il n’y a en fait aucune raison que le mouvement s’arrête.

Il ne faut pas rêver évidemment. Ils ne vont pas tous disparaître comme ça, comme si on jouait aux quilles ! N’empêche, place aux citoyens !

mardi 8 février 2011

Saleté de temps

FMG © 2011

Normalement, c’est la saison des pluies ! Pourtant, il n’arrête pas d’y avoir un soleil éblouissant, lumineux, narquois, altier… C’est à désespérer des saisons !

Pendant ce temps-là, les récoltes ne se préparent pas à ce qu’elles devraient être. Les grains de riz sont petits. Les pousses ne sont pas aussi vertes et nourries qu’elles devraient l’être. Dans un pays qui se débat avec une crise politique aussi vaine qu’inutile, il fallait bien ça ! Si seulement il pouvait pleuvoir.

Mais ici aussi, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient. Au lieu d’un ciel noir, seul un ciel bleu transparaît. Avec bien sûr quelques nuages ici ou là, mais ça, c’est habituel.

Évidemment, il y a un avantage. Qui dit « pas de pluie » dit aussi « pas de cyclone ». Les régions qui redoutent ceux-ci et leurs effets dévastateurs doivent bénir le ciel d’être aussi clément pour le moment. J’avoue, c’est un argument de poids.

N’empêche, tout à l’heure, ayant rejoint mon hôtel après une bonne journée de travail, je suis allé me détendre un peu en nageant dans la piscine. Vous ne me croirez pas, mais avec ce soleil couchant au sommet de sa forme, j’ai été obligé – toutes les deux longueurs – de fermer mes yeux quand ma tête sortait de l’eau, tant j’étais ébloui par cette lumière infâme ! Avouez, il y a de quoi râler. Vraiment, tout fout l’camp !

lundi 7 février 2011

Boucherie

FMG © 2011

Un étal de boucherie, comme il y en a tant à Madagascar. La viande pend à l’air libre. Pas si libre que ça d’ailleurs : c’est le long des rues où la pollution ambiante règne en maître. La chaîne du froid, on ne connaît pas. Combien de temps reste ainsi cette viande dans des températures entre 20°C et 30°C ?

C’est pourtant là que la plupart des Malgaches achètent leur viande. Ce n’est pas le centre de leur alimentation : le riz n’est pas près d’être détrôné ! Et lorsqu’il y a de la viande, elle est toujours bien cuite en espérant que toutes les bactéries soient ainsi détruites.

N’empêche, j’ose espérer que la viande que je mange ici provient de boucheries plus sophistiquées… Juste un espoir, certainement pas une certitude. Ça n’empêche d’ailleurs pas les gens de continuer à vivre. Bien sûr, l’espérance de vie est plus courte que par chez nous, mais ce n’est pas uniquement à cause de la viande !

C’est parfois aussi pour des raisons bassement politiques. Il y a juste deux ans, le 7 février 2009, à quelques centaines de mètres d’où je suis, il y eut une effroyable boucherie. Le samedi rouge. 28 morts, tombés sous les feux de la garde présidentielle. Toute la lumière n’est pas encore faite sur ces événements, tant ceux qui ont précédé – notamment le « lundi noir » – et ceux qui ont suivi. Depuis lors, la situation stagne… C’est la « transition », sans doute encore pour longtemps.

Tout ça pour quoi ? Pour pas grand chose. Quoi de plus atroce que de mourir dans la rue, abandonné comme un vulgaire morceau de viande ?

dimanche 23 janvier 2011

Honte aux critiqueurs

Environ 30 000 personnes sont en train de manifester à Bruxelles pour dénoncer l’absence de nouveau gouvernement fédéral belge. Je n’en suis pas, pour différentes raisons qui ne concernent que moi. Sans être entièrement d’accord avec les objectifs de cette manifestation, je suis cependant éberlué par les réactions négatives qu’elle suscite !

On est bien d’accord que cette manifestation n’est pas la baguette magique qui nous donnera un gouvernement. On est bien d’accord que ce qui compte avant tout, c’est ce que cet éventuel gouvernement souhaitera mettre en œuvre comme politique dans le respect de tous et de chacun. On est bien d’accord que la situation est complexe et qu’il est normal – dans le cadre institutionnel belge – que toutes ces discussions et négociations prennent du temps.

Comment cependant les soi-disant démocrates qui expriment leur hargne peuvent-ils justifier leur opposition à un mouvement populaire, à une expression de ras-le-bol d’une part de la population ? On peut ne pas être d’accord avec les objectifs, voire même avec le procédé. Mais peut-on postuler pour autant que quelque 30 000 personnes sont stupides, inaptes, ignorantes, vides de sens politique ?

Le plus étonnant (quoique) est le fait que la majorité de ces grincheux qui pratiquent la critique systématique, peu argumentée et parfois injurieuse, ne proposent rien d'autre ! Il y a de quoi se demander de quel côté se trouve la vacuité !

vendredi 21 janvier 2011

La langue est la mère, non la fille, de la pensée

Pensée © Eveline Gallet

« La langue est la mère, non la fille, de la pensée ». Ainsi s’exprimait Karl Kraus, polémiste autrichien du début du XXe siècle. Sans doute, voulait-il dire autre chose que ce que ce billet soutient. Ce paradoxe ne rend la réflexion que plus intéressante. Je ne sais plus trop comment, dernièrement, nous étions arrivés à nous demander si la pensée préexistait au langage. En d’autres termes, peut-on penser en dehors du langage ?

La discussion est apparemment d’ordre philosophique et plus d’un s’y est déjà coltiné (J’adore cet accord paradoxalement singulier avec « plus d’un », alors qu’il est pluriel avec « moins de deux » !). On peut montrer que ce qui caractérise la pensée humaine (la conscience, la réflexion, l'imagination, le maniement des abstractions) dépend fondamentalement de l'acquisition du langage. Il n'y a ainsi pas de pensée consciente en dehors du langage. Cependant, on ne peut nier que les mots ne permettent pas toujours de formaliser la pensée et qu’il nous arrive de penser sans pouvoir traduire par exemple nos sentiments par des mots. Au bout du compte, les philosophes s’accordent à penser et à exprimer que si la pensée, en sa totalité excède bien le langage, la pensée consciente, quant à elle, n'existe que grâce au langage.

Au-delà de la question philosophique, il y a bien sûr la dimension physiologique ou neuropsychologique. Plusieurs études ont été menées, notamment auprès d’aphasiques qui ont perdu le langage, sans pour autant perdre la pensée, ce qui postulerait l’existence d’une pensée non verbale. Au bout du compte (que je n’essaie pas d’atteindre ici), il semble cependant que toute pensée se réfère d’une manière ou d'une autre à un langage.

Une étude récente me semble à cet égard assez subjuguante (Voir Le Soir, 21 janvier 2011, p. 31). Maude Beauchemin et Maryse Lassonde (Hôpital Sainte-Justine, Montréal) ont placé quelque 126 électrodes sur la tête de nouveaux-nés (est-ce de la torture d’enfants ?) afin d’analyser les réactions du cerveau face à différentes paroles, dont celles de la mère. L’étude montre ainsi qu’un nouveau-né interprète d’emblée la voix de sa maman comme une ébauche de communication, traitée par l’hémisphère gauche du cerveau, alors que la même parole prononcée par une autre personne est traitée d’abord par l’hémisphère droit, puis gauche, puis à nouveau droit.

Lorsque ces nouveaux-nés entendent la voix de leur mère, l’information est non seulement traitée comme une ébauche de langage, mais suscite aussi un début de réponse : la partie centrale du cortex, zone motrice de la parole, finit aussi par « s’allumer ».

Au-delà du rôle fondamental de la mère dans la construction du langage et de la pensée, cette étude met en évidence que, dès les premiers instants de sa vie, l’enfant pense en interaction avec le langage et communique grâce à la pensée. C’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule. Sans œuf, pas de poule. Sans poule, pas d’œuf. Sans pensée, pas de langage. Sans langage, pas de pensée.

vendredi 14 janvier 2011

Incroyable Tunisie

L’incroyable est arrivé. Ben Ali s’est enfin décidé à quitter la Tunisie, poussé par ce peuple – surtout ses jeunes – qui n’en pouvaient plus.

Ayant réalisé, depuis 1992, plus de cinquante missions en Tunisie, j’avoue que cette éventualité ne m’a jamais semblé pouvoir devenir réelle. Avec mes amis tunisiens, nous rigolions – rire jaune – à chaque nouvelle réélection devant ces résultats faramineux. En 2009, il y avait cependant de quoi s’inquiéter pour lui : il n’avait obtenu que 89,62% des voix ! Tout cela était tourné en plaisanterie parce que nous savions qu’il n’était malheureusement pas possible de faire autrement. Oser critiquer ouvertement ces résultats aurait pu se retourner contre nous.

Ben Ali était un dictateur. C’est évident. Je n’ai cependant jamais eu la sensation de me rendre dans une dictature. À part bien sûr le fait que je ne parlais jamais de Ben Ali qu’avec ceux dont j’étais sûr des convictions et que la seule manière d’en parler était ironique. Pour le reste, j’ai toujours trouvé la Tunisie un pays très ouvert. Je me souviens avoir assisté à un colloque où les acteurs du système éducatif critiquaient ouvertement certaines actions du Ministère de l’Éducation, en présence de représentants officiels. Ceux-ci me semblaient particulièrement à l’écoute, prêts à améliorer le système en fonction des échos du terrain. La Tunisie est d’ailleurs un des seuls pays que je connais qui a pris des mesures drastiques pour passer d’un système éducatif fondé sur la sélection et l’élimination à un vrai système d’éducation pour tous. Cette réelle ouverture ne changeait cependant rien à la vérité du régime.

Les jeunes Tunisiens ont fini par braver la police et à dire tout haut ce qu’ils voulaient. Plusieurs d’entre eux y ont laissé leur vie. Cette souffrance est insupportable. Mais au moins elle aura servi à quelque chose.

Il s’agit maintenant de dépasser cette première victoire. Ce n’est pas gagné. Alors que le Premier ministre, Mohammed Gannouchi, s’est autoproclamé Président ad interim, on entend déjà des cris « Gannouchi, dégage ! ». Ces cris sont sans doute légitimes : comment le Premier ministre d’un dictateur pourrait-il se transformer soudainement en démocrate ?

Il y a donc peu de chance que le mouvement s’arrête comme si tout était désormais pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les manifestations continueront. Espérons qu’elles ne seront pas suivies de bruits de bottes nauséabondes. L’armée ne semble pas encore avoir tout à fait choisi son camp. Pourra-t-elle garder le bon cap, celui du peuple ? Qu’en sera-t-il, d’autre part, des intégristes ? Ne vont-ils pas profiter de l’occasion pour chercher à s’imposer, à s’immiscer au pouvoir ? C’était un des grands arguments de Ben Ali : il était le dernier rempart contre les intégristes ! Il n’avait sans doute pas tout à fait tort (sans que cela puisse justifier d’une quelconque manière sa dictature). Maintenant que le régime vacille, que se passera-t-il ?

Bien malin celui qui aurait les réponses à ces questions. Le peuple tunisien est face à son destin. L’espoir existe. Qu’il se concrétise. Ce qui paraissait impensable il y a encore quelques jours est désormais arrivé. Alors, tous les espoirs sont permis !

jeudi 13 janvier 2011

Les « imbéciles » qui pleurent

La Belgique en est à plus de 200 jours sans gouvernement. Record d’Europe. Le record du monde n’est plus trop loin (289 jours, en Irak). Il n’est donc pas étonnant de voir surgir pour l’instant divers mouvements citoyens et virtuels qui exigent que cela cesse. Face à ces revendications, Claude Semal – artiste typiquement belge et de haute qualité – a estimé bon d’écrire sur son statut Facebook, avec un succès certain d’ailleurs : « Les imbéciles qui pleurent pour avoir un gouvernement sont les mêmes que ceux qui pleureront quand ils en auront un ».

Plus de 100 personnes ont « aimé » cette phrase sans appel… et c’est affligeant. Claude a sans doute raison de penser que beaucoup de ceux qui pleurent maintenant pleureront demain. Est-ce une raison pour les traiter d’imbéciles et ainsi de les injurier ? Ma maman m’a toujours appris que, lorsqu’on parle de personnes, derrière le verbe « être », il faudrait toujours des mots gentils ! On peut ne pas être d’accord avec certains, mais ce n’est pas une raison pour les rabaisser. Claude l’a sans doute d’ailleurs compris. Dans un commentaire, il a ensuite écrit : « Ce qui me semble imbécile, c'est revendiquer « un gouvernement » sans jamais poser la question de la politique que ce gouvernement appliquera ». Quelle différence entre ce commentaire portant sur une action et sa première formulation portant sur des personnes, à la limite du poujadisme (aïe, il ne va pas aimer ça) !

Cela dit, je crois qu’il a tout faux, même dans ce commentaire. Ce n’est pas parce qu’on revendique que nos politiciens arrivent enfin à se mettre d’accord et à constituer un gouvernement qu’on ne s’intéresse pas à la politique qui sera mise en œuvre et qu’on est prêt à accepter tout et n’importe quoi. La Belgique est un État démocratique et il y a eu des élections – entièrement libres, il faut le souligner – où chacun a pu exprimer ses attentes politiques. Il ressort de ces élections que les flamands et les francophones n’ont plus tout à fait la même vision. Le vote flamand est majoritairement à droite, même parfois à l’extrême. Le vote francophone est majoritairement à gauche, ou plutôt vers le centre. À côté de ce clivage classique, on sait que la « logique du sol » reste prédominante chez les flamands – ce qui explique le vote massif pour des partis relativement nationalistes – alors que les francophones restent dans une « logique de la personne ».

Le fait que les différents partis qui négocient n’arrivent pas à se mettre d’accord est donc relativement compréhensible, car – au-delà des personnes et des partis – il y a vraiment des oppositions fondamentales sur un certain nombre de valeurs. Les problèmes concrets qui en découlent ne manquent pas et l’immobilisme dans lequel on se retrouve n’est somme toute qu’assez cohérent. Cela, cependant, tout le monde le sait, y compris les hommes et les femmes politiques qui sont à la table de négociation. Aucun d’entre eux ne parviendra à imposer sa conception. L’accord ne sera inévitablement qu’un compromis, insatisfaisant pour tout le monde. C’est cette audace-là qu’il faut avoir. Oser dire qu’on est d’accord avec une solution qui n’est satisfaisante qu’en partie. Comme disait l’autre (on ne sait plus qui… tout le monde l’a dit), il suffit de cinq minutes de courage politique.

Quand certains citoyens réagissent – enfin – devant l’absence de ce courage, ils ne pleurent pas nécessairement. Ils disent qu’ils en ont marre, avec sagesse et humour. J’avoue que je fais partie des quelques 78 000 campeurs qui ont dressé, en 3 jours, leur tente virtuelle devant le 16, rue de la Loi (Cabinet du Premier ministre belge) afin d’exiger que nos politiciens débouchent sur un gouvernement. Des campings sauvages de ce type, j’en ai connu d’autres, notamment au Liban et en Moldavie. Là, les gens étaient vraiment dans leur tente et risquaient leur vie. Nous sommes en Belgique et nous n’avons droit qu’à un camping « virtuel », ou devrais-je écrire « surréaliste » ? Je ne crois vraiment pas que tous ces campeurs sont des « imbéciles » qui pleurent. Ce sont seulement des citoyens qui expriment leur ras-le-bol, avec dignité et humour.

Parmi eux, il doit sans doute y avoir toutes les opinions politiques. La question fondamentale est bien sûr de savoir quel gouvernement se mettra en place et quelle politique celui-ci mènera. Celle-ci ne sera à nouveau que la résultante d’un compromis, lié au système proportionnel belge. En France, une situation comme celle que la Belgique vit actuellement est impensable. Leur système majoritaire entraîne inévitablement une majorité qui impose ses vues tant qu’elle est au pouvoir. Est-ce mieux ? J’avoue ne pas en être persuadé. La notion belge de « compromis » me semble diantrement intéressante, réellement démocratique. Au bout du compte, chacun devrait pouvoir un peu s’y retrouver. On n’est pas encore « au bout du compte ». Mais il faut y arriver. C’est cela que tous ces « imbéciles » revendiquent aujourd’hui. Et ils ont bien raison.

vendredi 7 janvier 2011

Assez !

Entre les « oui mais » des uns et les « non mais » des autres, la Belgique doit bien se rendre à l’évidence : il n’y a plus de place pour la négociation. Et donc, pas de solution.

La note du conciliateur Vande Lanotte était inévitablement un texte de compromis. Après tant de temps, il fallait bien déboucher sur un document qui ne prend en compte qu’imparfaitement les positions de chacun. Si tout le monde était du même avis, il y aurait évidemment un gouvernement depuis longtemps. Cela, tout le monde le sait et tout le monde sait aussi que pour s’en sortir, il n’y a qu’une seule vraie issue : négocier et accepter que les choses ne soient pas tout à fait comme on le voudrait.

Ceux qui ont dit « non mais » sont évidemment montrés du doigt, mais leur attitude est-elle réellement différente de ceux qui ont dit « oui mais » ? En avançant le fait qu’il faut des amendements, des éclaircissements, des préalables, etc., le discours est le même : « Nos obsessions ne sont pas suffisamment présentes et il faut qu’elles le soient ! ». D’un texte de compromis, ils ne veulent en faire qu’un texte qui leur ressemble et donc où les autres se retrouvent de moins en moins. Comment pourrait-on avoir la moindre solution au bout du compte ?

Certains avancent maintenant un changement de partenaires et de méthodes. Peu de chance que cela débouche sur une meilleure situation quand on sait que les positions sont encore plus tranchées chez les dits partenaires.

Bref, est-on ailleurs que dans l’impasse ? Le lion, menaçant, grogne et le coq, altier, chante ! Si seulement on pouvait encore boire une bonne gueuze ensemble !

mercredi 5 janvier 2011

La traversée

FMG © 2011

À l’embouchure de l’Escaut, il y a d’un côté Breskens et de l’autre Vlissingen, deux petites villes hollandaises non dépourvues de charme. La distance qui les sépare est d’environ 6 kilomètres. Pendant des années, un ferry reliait les deux villes, transportant voitures et camions (pour un prix modique), mais aussi vélos et piétons (gratuitement).

Depuis 2003, cette liaison a été supprimée et remplacée par le Westerscheldetunnel. Les 6 kilomètres en sont devenus 60, avec droit de péage pour le tunnel. Lorsqu’on se contente d’être à pied ou à vélo, il est néanmoins toujours possible de faire la traversée dans un ferry plus chic et plus rapide. Ça n’a pas le même charme sauvage qu’avant, mais quand il fait aussi lumineux (quoique froid) qu’aujourd’hui, ce n’est pas désagréable. Si ce n’est que de gratuite, la traversée aller-retour coûte désormais 4,60 EUR par personne, ce qui n’est quand même pas donné.

Qu’importe… cette traversée donne toujours autant de plaisir. Pendant une petite vingtaine de minutes, on se sent dans un autre monde, un autre rythme, une autre vérité. Les rites de passage – avec toutes leurs contraintes dont le sens n’apparaît pas toujours très clairement – ne m’ont jamais trop intéressé. Ils devraient être aussi simples que cette traversée : on marche un peu, on monte quelques marches, on s’assied et on se laisse aller à la lente cadence du traversier qui lui-même se laisse doucement bercer par la houle soyeuse. Sans s’en rendre compte vraiment, on se retrouve de l’autre côté : on se lève comme si de rien n’était, on descend quelques marches, et puis on marche le temps qu’il faut.

Si toutes les traversées et tous les passages étaient aussi simples, ça faciliterait pas mal de choses. Ici, pas besoin de résolutions, de fêtes forcées ou autres défis. Juste le plaisir de passer de l’autre côté ! Et même d’en revenir, par le même chemin. Mais au retour, on se sent autre : on a pu y aller et en revenir, dans la simplicité de la traversée.

dimanche 2 janvier 2011

L’espace bleu entre les nuages

FMG © 2011

Finalement, il ne faut pas grand chose pour que le soleil se montre. En réalité, il suffit que les nuages se laissent aller quelque peu pour créer l’espace… l’espace bleu entre les nuages !

À partir de ce moment, tout est permis. Ou plutôt, il est permis de croire à tout. Même de croire que les méandres de la vie ne sont qu’un fleuve tranquille tourné vers la mer.

Peu importe où ils se dirigent finalement. L’important, c’est d’y croire. Croire que tout est permis. Croire que tout est encore possible. Croire qu’au bout de la nuit, il y a quand même la lumière. Croire que celle-ci est éternelle.

Il ne suffit pas – évidemment – que naisse l’espace. Encore faut-il le voir et le regarder ! Chercher à scruter ce bleu qui s’y dégage. Lui donner les couleurs qu’il mérite. Faire de ce mince interstice une lueur d’espoir.

Surtout, profiter du moindre rayon salvateur. S’y lover, voire même s’y étendre. Et jouir. Savourer chaque signe de reconnaissance. Le prendre pour ce qu’il est, sans gamberger. S’y prélasser.