dimanche 16 septembre 2012

Coups de matraque

Un jeune part en vacances avec copains et copines dans un pays étranger. Il fait la fête avec ses amis. Il est là pour ça : prendre du bon temps ! Il y a beaucoup d’autres jeunes en vacances dans ce coin ensoleillé. La fête est parfois bruyante, pas toujours contrôlée.

Un soir, l’ambiance est chaude. Le jeune se balade avec ses copains, en s’amusant comme il se doit. Tout à coup, il est bousculé… par des policiers qui n’aiment pas trop ces fêtes. Les a-t-il provoqués ? Difficile à savoir. Mais quand ils le bousculent, il se contente d’esquiver. Il n’aime pas la violence. Premier moment terminé. Deuxième échauffourée. Les policiers reviennent à l’assaut et le jeune reçoit quelques coups de matraque… Cette fois, il répond par quelques injures tout en cherchant à nouveau à se retirer de ce combat qui ne le concerne pas. Troisième attaque, groupée cette fois. Cinq ou six policiers, armés de matraques, contre un jeune sans aucune défense. Combat inégal. Le jeune se retrouve enfermé dans un cachot.

Un médecin vient le voir : il paraît que tout est en ordre. Les blessures ont sans doute une autre couleur par là. Il reçoit aussi la visite d’une avocate. Elle le prépare à son passage devant le juge. Mais celui-ci n’aura jamais lieu : une heure avant, il est libéré. Il s’en va, sans demander son reste, reconduit par l’avocate.

Banal événement de vacances ? Peut-être. On peut évidemment se demander pourquoi ce jeune était là, au mauvais moment et au mauvais endroit. On peut se dire que les brutalités se seraient arrêtées s’il n’avait pas réagi aux premiers coups. On peut penser qu’il est normal que les policiers en aient marre de devoir faire face tous les soirs à des fêtards venus dont on ne sait où et qui troublent l’ordre public. On peut, évidemment.

On peut aussi se demander s’il est normal pour autant de tabasser un jeune qui n’a pas commis d’acte délictuel. On peut penser que les policiers se sont acharnés sur lui pour ne pas devoir s’acharner sur les autres, plus nombreux. On peut enfin s’interroger sur le fait qu’il ait finalement été libéré sans passer devant le juge : il y avait sans doute un risque qu’il dise la vérité et que ces policiers se retrouvent dans une situation difficile. On peut, aussi.

On peut enfin penser que tout aurait pu se passer autrement. On peut espérer que le dialogue est encore possible, même dans des moments tendus. On peut rêver que l’hospitalité consiste à autre chose qu’à asséner des coups de matraque. On peut, enfin.

jeudi 6 septembre 2012

Délation vertueuse ?

Ainsi donc, la chaîne Casa, en Belgique, invite son personnel à dénoncer tout acte délictuel d’un autre membre du personnel, dont il aurait connaissance. Chacun est encouragé à dénoncer ses collègues qui auraient volé de l'argent ou des marchandises, octroyé une remise à un ami, ou qui n'auraient pas presté leurs heures de travail… Gros scandale apparemment, qui me laisse perplexe.

La délation, c’est quelque chose de mauvais. Wikipédia le dit d’ailleurs : la délation est une dénonciation méprisable et honteuse. Elle consiste à fournir des informations concernant un individu, en général à l'insu de ce dernier, souvent inspiré par un motif contraire à la morale ou à l'éthique et donc honteuse. On m’a toujours dit et fait sentir que raccuspoter, cela ne se faisait pas ! Dénoncer une bêtise commise par quelqu'un d'autre est ignoble. On dit d'ailleurs que la raccuspote est sans culotte ! Dans ma carrière d’enseignant, j’ai d’ailleurs toujours admiré – quoiqu’elle m’énervait – la solidarité entre enfants qui faisait qu’on ne disait surtout pas quel était l’auteur du petit méfait, malgré toutes les tentatives de séduction et/ou de menace des professeurs !

D’accord, la solidarité, c’est très bien. C’est même peut-être la seule valeur qui en vaille la peine. Mais si j’étais témoin d’un crime – prenons comme exemple imaginaire celui de cette horrible histoire en Haute-Savoie – et que je connaisse l’assassin, qu’il soit même peut-être mon ami, devrais-je me taire ? Ne serait-ce pas ce silence qui serait alors honteux et méprisable ? L’exemple est fort, bien sûr. Mais jusqu’où faut-il être solidaire des conneries des autres ? J’avoue que je n’en sais rien.

Dénoncer un collègue qui vole ou roule l’entreprise dans laquelle je travaille n’est-il pas en réalité un acte naturel au service de l’intérêt collectif plutôt qu’à celui d’un individualisme nocif ? Le mot « délation » fait peur, bien sûr, parce qu’il est connoté négativement. Mais pourquoi faudrait-il « protéger » celui qui fait le mal sous le prétexte que c’est mon collègue ?

Ne soyons pas bégueules : inciter à dénoncer les méfaits des autres peut conduire malheureusement à en inventer pour le plaisir de les dénoncer. Les règlements de compte entre collègues risquent de trouver là une voie royale pour leur épanouissement injuste et nauséabond. C’est un risque, j’en ai bien conscience. Mais cela change-t-il vraiment quelque chose sur le fond ?

Plus que jamais, je n’ai pas de réponse définitive à toutes ces questions. La seule réponse au bout du compte est au niveau de l’éthique personnelle. Celle-ci se fonde sur des valeurs, des histoires, des souffrances, des bonheurs… Personnellement, si j’étais cadre dans la société Casa, je ne crois pas que j’aurais incité les membres du personnel à dénoncer leurs collègues malfaisants, mais peut-être aurais-je trouvé utile de les informer que s’ils voulaient le faire, ils pouvaient toujours s’adresser à tel numéro de téléphone ou à telle adresse électronique. Cette nuance est-elle hypocrite ? À vous de le dire…

dimanche 2 septembre 2012

Quel bel été !

Quel bel été ! Depuis le 21 juin, je n’ai quasiment plus vu de pluie. La fin du mois de juin n’était pas superbe, mais je me suis retrouvé en mission au Cap Vert la première quinzaine de juillet et le soleil y était naturellement présent. De plus, la mission était intéressante : je n’y ai pas fait grand chose, mais j’ai vu un peuple qui se prenait en mains face aux défis du 21e siècle. Passionnant.

Après, je fus en vacances. Au Portugal, sous un soleil limpide et chaud. Quel bonheur ! Les quelques contacts que j’ai eus avec la population m’ont là aussi permis de découvrir un peuple qui en veut, qui voit avant tout le soleil avant de se lamenter sur la crise qui pourtant les touche de plein fouet.

Le mois d’août me permis de connaître le soleil belge, resplendissant de Sint-Agatha-Rode à Saint-Idesbald ! Pas sûr que les dieux y soient pour quoi que ce soit, mais c’était bien agréable.

Demain, ce sera pour moi – comme pour beaucoup – la rentrée professionnelle. Il faut bien que les choses s’arrêtent pour laisser la place à d’autres défis, d’autres enjeux, d’autres rêves. Mais en me baignant encore tout à l’heure dans l’eau plus ou moins froide de la piscine familiale, j’ai goûté le plaisir du soleil de septembre, la fraîcheur de l’eau désaltérante, la lumière des saines fins de journée.

Quel bel été ! Je ne suis pas seul à le penser. Je vous invite à visionner cette vidéo du réalisateur luxembourgeois Vitùc qui glorifie les petits plaisirs de la vie. Que la rentrée soit illuminée par cette vision !


mercredi 29 août 2012

L’incroyable saga de l’été

Estimant qu’on en parlait déjà beaucoup trop, j’avais décidé jusqu’à présent de ne pas m’exprimer sur la saga de l’été : la libération conditionnelle de Michèle Martin. Mais poussé par certains de mes lecteurs, dont des Français ayant des difficultés légitimes à décoder la situation du fait de leur éloignement, je me décide. Pour l’essentiel, j’ai déjà tout dit dans mon billet « Vindicte populaire » écrit en mai 2011, lorsque pour la première fois une éventuelle libération avait été rendue publique. Je continue à assumer tous les mots écrits en ces temps-là.

L’incroyable saga de l’été 2012 nous a cependant apporté un certain nombre de nouveaux éléments.

En premier lieu, la « victimisation ». Plusieurs des victimes de Dutroux et Martin se sont largement exprimées, dont notamment Jean-Denis Lejeune. Que les choses soient claires : je partage fondamentalement la douleur de ces victimes. Celle-ci leur confère-t-il pour autant une justesse dans leur jugement ? Leur donne-t-elle des droits supérieurs à ceux du commun des mortels ? À ces deux questions, je réponds « non ». Toutes les victimes ne se sont d’ailleurs pas larmoyées : j’admire la dignité des parents de Melissa Russo, la sobriété de la maman de Eefje Lambrechts, la volonté de vie de Sabine Dardenne.

À côté de ces victimes volontairement en retrait, essayant sans doute avant tout de faire leur « deuil » dans le respect de la société, on en a vu d’autres surtout animées par leur esprit de révolte. Celui-ci est tout aussi respectable, la question n’est pas là. Mais ce n’est pas parce qu’on est victime qu’on a forcément raison sur tous les points et qu’on est en droit d’imposer à la société certaines orientations. Les victimes ont bien sûr le droit de s’exprimer et de se faire entendre. Mais elles n’ont pas forcément raison du simple fait d’être victimes. Quand on voit l’hyper-médiatisation de Jean-Denis Lejeune, il y a de quoi se poser des questions. Non pas sur sa souffrance. Celle-ci est son histoire. Mais pourquoi être présent en permanence dans les médias, pour dire parfois tout et n’importe quoi ? Cet homme souffre, c’est certain. Mais il a aussi désormais besoin d’être omniprésent dans la presse pour surmonter sa souffrance en soignant avant tout son ego. Trop, c’est trop. Il ne semble pas le comprendre.

Cela amène à traiter une autre question : la « récupération politique » de toute cette affaire. J’en parle d’une part parce qu’on sent bien – malheureusement – que toujours le même Jean-Denis Lejeune est aussi en campagne électorale pour les élections communales du 14 octobre. Mais tous les politiciens le sont aussi. Comment expliquer que ce sempiternel Jean-Denis Lejeune soit reçu par deux ministres (Justice et Intérieur) plus encore le Premier Ministre lui-même, sans émettre l’hypothèse d’une récupération politique ? Sans compter le minable conflit lancé par Charles Michel, président du MR, accordant au PS la responsabilité politique de la libération de Michèle Martin, réécrivant ainsi l’histoire sans aucune vergogne !

Cette récupération politique essaie de suivre le mouvement populaire, évidemment. C’est un autre trait du feuilleton de l’été : le « populisme ». Le peuple a raison, envers et contre tout, simplement parce qu’il est le peuple… et donc on le caresse dans le sens du poil. Ce qui guide le « peuple » - du moins est-ce ce qu’on essaie de nous faire croire – c’est la vengeance, la loi du talion. Cette femme, Michèle Martin, a fait des horreurs – et effectivement, c’est bien le cas ! – et elle ne peut donc être elle-même que l’objet de l’horreur. Il faut la faire souffrir, la nourrir uniquement de pain et d’eau, l’humilier, la torturer… voire la tuer ! La loi primaire du talion est encore bien présente. Ce « peuple » ne semble pas se rendre compte que l’humanité s’est promue quand elle a remplacé la vengeance brutale par un système de justice – fusse-t-il imparfait – en comprenant qu’il faut prendre un minimum de recul pour juger de choses innommables et pour prendre des décisions humaines, fondées sur la reconstruction et l’espoir, plutôt que sur la punition et la négation de l’autre. Ce qui me semble assourdissant dans cette démarche « populaire », c’est que la seule réponse apportée à la violence est la violence. C’est un débat que je tiens depuis longtemps face à la peine de mort. Tant que la seule réponse qu’on peut apporter à la violence absurde d’un assassin est de lui faire à son tour le mal qu’il a fait à d’autres, on ne peut être que son égal, à savoir un assassin parmi d’autres.

Un phénomène à analyser dans ce feuilleton de l’été est aussi l’« hyper-médiatisation ». Depuis que la nouvelle d’une éventuelle libération de Michèle Martin a surgi, les medias en ont parlé en long et en large tous les jours, attisant ainsi surtout la haine et l’absence de recul, ce qui est exactement l’inverse de ce que les medias devraient faire ! Cependant, aujourd’hui, les medias ne sont plus des instruments de parole à sens unique. Un journaliste écrit un article. Celui-ci est éventuellement publié dans un journal en papier, mais la plupart du temps il paraît surtout sur Internet. Dans ce cas, tout le monde peut réagir et donner son avis, quel que soit celui-ci. Il faut bien l’avouer : c’est, la plupart du temps, parfaitement désolant. J’avoue – et c’est là un autre débat que je me refuse d’approfondir ici en ce moment – mais en lisant de nombreux commentaires, je me suis dit « Heureusement qu’on n’est pas dans une démocratie directe ! ».

Dans tout ce magma nauséabond, il y a quand même une éclaircie, qui fait que je range ce billet dans mon libellé « Lumières » ! C’est bien sûr l’attitude des Clarisses de Malonne, ces religieuses qui envers et contre tout ont décidé d’accueillir Michèle Martin, non pas dans leur Communauté, mais dans leur maison. Il fallait l’oser. Alors qu’on est aujourd’hui souvent confronté à une Église égoïste et hautaine, sertie de ses convictions morales abscondes, voilà des Sœurs qui – simplement – essaient de mettre en pratique les leçons de l’Évangile. Juste quelques paroles d’un certain Jésus-Christ : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » ; « Si on te frappe sur la joue droite, tends la joue gauche » ; « Ce que tu as fait au plus petit des miens, c’est à moi que tu l’as fait »… Je ne veux pas ici me prononcer sur le bien-fondé ou non de ces paroles. Je constate simplement que les Clarisses de Malonne, en accueillant Michèle Martin, n’ont fait qu’essayer de les mettre en pratique. Et c’est réjouissant de voir qu’il y a encore au sein de l’Église des personnes qui, en toute humilité, se réfèrent avant tout au message évangélique et non pas à un discours aseptisé et péremptoire d’une hiérarchie morale détachée de toute réalité.

dimanche 26 août 2012

Doutes



À vrai dire, je ne sais pas trop sur quoi ou sur qui écrire, tant les événements se bousculent : les décès de Neil Armstrong, de Jean-Luc Delarue, voire même de Guy Spitaels ou de Michel Daerden ; la vraisemblable et normale – devrais-je écrire légale ? – libération conditionnelle de Michèle Martin ; la condamnation apparemment douce d’Anders Behring Breivig, champion de l’assassinat programmé ; l’improbable abandon de Lance Armstrong dans sa lutte pour faire reconnaître sa tout aussi improbable innocence ; la première victoire de la saison de Philippe Gilbert, sans compter les belles victoires du Standard ; les sempiternelles disputes linguistiques autour du Gordel ; l'extraordinaire restauration du tableau Ecce Homo par Cecilia Gimenez ; etc. De beaux sujets, sur lesquels on pourrait dire tant de choses. Sur lesquels – vraisemblablement – je prendrais sans doute une position un peu à contre-courant, on ne se refait pas !

Et pourtant, je n’ai pas trop envie de me lancer dans ces sujets. Peut-être parce qu’il est lassant de nager à contre-courant… ou de nager tout simplement !

Comme beaucoup d’autres, j’exprime des avis, mes avis. C’est un besoin pour moi. Mais est-ce un besoin fondé ? Mes avis sont-ils eux-mêmes fondés ? Comme beaucoup de monde – surtout ceux qui s’expriment à tort et à travers – j’ai l’impression de penser par moi-même. Mais est-ce le cas ? Est-il seulement possible de penser par soi-même ?

J’en doute. Je doute donc que je pense par moi-même, comme je doute que les autres puissent penser par eux-mêmes. Nous sommes tous baignés dans un bain d’informations dans lequel il est difficile de nager en gardant la tête froide. Nous pensons bien sûr nous forger notre propre opinion, mais celle-ci n’est jamais qu’influencée, voire construite, par notre entourage, nos valeurs, notre culture, notre attachement à l’un ou l’autre courant de pensée.

Faut-il s’en inquiéter ? En soi, non. Les convictions – qu’elles soient soi-disant personnelles ou incrustées dans une pensée directrice – ne sont jamais dangereuses que lorsqu’elles se drapent d’une infaillibilité aveuglante. Tant qu’on ne fait que penser – quelle que soit l’origine de nos pensées – on ne fait en fait qu’exister. « Je pense, donc je suis », écrivait Descartes. C’est plus clair en latin : « Cogito, ergo sum ». En français, « je suis » peut toujours avoir deux sens ! Et malheureusement, c’est souvent le sens de « suivre » que certains vivent dans leur pensée. N’empêche, l’être humain ne l’est que parce qu’il pense, que parce qu’il est subjectif. C’est notre grandeur de ne pas toujours être d’accord sur l’une ou l’autre question. Le même Descartes se fit le chantre du doute philosophique. On ne peut être sûr de rien… et il faut douter de tout !

Paraphrasant la chanson célèbre de Gabin « On ne sait jamais la couleur des choses, c’est tout ce que je sais, mais ça je le sais ! », je dirais que « La seule chose dont je ne doute pas, c’est que je doute ! Et encore, j’en doute ! ».


vendredi 24 août 2012

Tours défiance

Lance Armstrong devrait donc être déchu de ses 7 victoires au Tour de France. Quelle désolation !

Si c’est le cas, on ne saura sans doute jamais la vérité. Armstrong arrête – par lassitude – de se battre contre ces procédures juridiques interminables, tout en répétant qu’il est innocent et qu'il ne s’est jamais dopé. Il s’agit là d’une affirmation sans doute peu crédible, mais de deux choses l’une :
  • soit Armstrong dit la vérité et ne s’est jamais dopé. La perte de toutes ses victoires, la pire des déchéances pour un sportif de ce niveau, serait alors aussi une profonde injustice, à vous dégoûter du sport de compétition ;
  • soit Armstrong ment et s’est dopé durant ces nombreuses années. Les conséquences actuelles et futures de cette tromperie seraient dès lors légitimes, mais quel sentiment alors de gâchis, de duperie, de lâcheté, à vous dégoûter du sport de compétition.
Dans les deux cas, comment accorder un quelconque crédit à ce sport que j’adore et à cette épreuve qui me fait rêver depuis tant d’années ? Il suffit d’ailleurs de se demander qui serait déclarer des Tours dont Armstrong serait déchu ! La liste des coureurs qui figuraient sur les 7 podiums parle par elle-même : Alex Zulle, Fernando Escartin, Jan Ullrich, Joseba Beloki, Raimondas Rumsas, Alexandre Vinokourov, Andreas Klöden et Ivan Basso ! Huit coureurs qui ont tous été convaincus de dopage à un moment donné de leur carrière !

La seule solution serait donc de décider qu’il n’y a aucun vainqueur à ces sept Tours. Serait-ce seulement possible ? Et quel crédit pourrait-on encore apporter aux épreuves des autres années ? Car il ne faut pas se leurrer. Le dopage ne date pas des années Armstrong. Il existait déjà du temps des Merckx, Hinault, Indurain et autres coureurs mythiques. Je ne dis pas que ceux-ci se sont dopés. Je n’en sais rien. De toute façon, on ne peut être maintenant que dans des « Tours défiance », sans pouvoir croire qui que ce soit… sauf ceux qui ont été pris en flagrant délit et qui ont avoué ! Une petite minorité !


mardi 21 août 2012

Carabouya

FMG © 2012

Traversée rapide du marché de Louvain-la-Neuve cette après-midi. Pas grand monde. Une nouvelle échoppe attire mon regard : rien que des cuberdons, de toutes les couleurs et de tous les goûts. Ma confiserie officiellement préférée (même si parfois j’en ai un peu la nausée). Soudain, ma vue est attirée par un panneau : « carabouya » ! Je m’approche et je vois effectivement des sachets blancs remplis de carabouya ! Retour brutal dans mon enfance !

C’était à Namur. Lorsque nous y allions, il nous arrivait de nous rendre au marché du samedi matin, une ambiance que nous ne connaissions pas vraiment à Bruxelles. Le moment que je préférais était quand nous arrivions près de « Carabouya », un noir débonnaire qui vantait sa marchandise ! Et il avait bien raison.

À l’époque – c’était au début des années 60 – il n’y avait pas vraiment beaucoup de noirs dans les rues. En voir un était déjà extraordinaire, et je me demandais toujours s’il était vraiment noir ou simplement grimé de cirage ! Qu’importe, il était absolument jovial et convivial sans jamais être trivial. Et puis, il vendait du carabouya : ça ressemblait à du charbon, mais ce n’en était pas. C’était dur, au goût d’anis (je n’avais jamais entendu parler d’anis à cette époque). Parfois, ma tante nous en achetait. Et c’était le plus beau des bonheurs du monde !

J’ai continué à aimer tous les bonbons à l’anis ! En souvenir – je crois – de ce carabouya de mon enfance, aussi mystérieux que délicieux. J’en avais déjà plus ou moins retrouvé le goût dans des cuberdons à l’anis. Mais là, en voir à nouveau devant moi ! Je n’ai pas pu résister (mes dents non plus, mais ça, c’est une autre affaire).

Pour la petite histoire, la plupart de ceux qui se souviennent du carabouya et de leur(s) vendeur(s) noir(s) débonnaire(s) pensent qu’il s’agit d’une confiserie africaine. En réalité, il n’en est rien : c’est du bon belge ! Les descendants de plusieurs confiseurs en revendiquent la paternité. Ce qui est sûr, c’est qu’au vingtième siècle, ce bonbon de réglisse, mélange durci de sucre et d'anis, eut son heure de gloire vendu un peu partout sur les marchés belges, chaque fois par un noir débonnaire. Avec des slogans imparables : « Carabouya , carabouya, jamais malade, jamais mourir... Toudis crever ! ».

Pas sûr que le carabouya ait guéri qui que ce soit, mais en tout cas, aujourd’hui, il a fait – une fois de plus et de manière inattendue – mon (petit) bonheur !


mercredi 8 août 2012

Cherchez l’erreur

Trouver les 7 différences entre Wojdan Saharkhani, judoka saoudienne, Sandeep Singh, joueur de hockey indien, et Maria Sharapova, joueuse de tennis russe, ne serait pas très difficile. Trouver la ressemblance – en dehors du fait qu’ils ont participé tous les trois aux Jeux Olympiques de Londres – est plus subtil et pourtant beaucoup plus interpellant.

Ne languissons pas : ces sportifs concourent tous les trois avec un « signe religieux distinctif » ! Inutile sans doute de revenir sur le « voile » de Saharkhani qui eut un premier combat à réaliser dans ces JO : faire accepter qu’elle puisse lutter en portant le voile musulman, finalement réduit à un bonnet de bain noir. Singh, comme bon nombre de ses compatriotes, n’eut aucun problème à concourir en turban, comme tout Sikh qui se respecte. Enfin, personne n’a émis la moindre remarque sur la croix orthodoxe que Sharapova porte au cou.

Dans les trois cas – et il y en a beaucoup d’autres, notamment tous ces sportifs qui « se signent » avant de commencer leur compétition – il y a clairement la volonté de manifester son appartenance à une religion. Simplement, ce n’est pas la même religion.

Ma position est claire : ils ont tous les trois bien raison ! Pour quelqu’un qui – que ce soit de manière intime ou simplement sociale – a la « foi », il me semble évident que cette « foi » anime sa vie entièrement. Y compris donc dans sa vie sportive. Il me semble donc « normal » qu’au moment où ces sportifs vont donner le meilleur d’eux-mêmes, ils y associent – d’une manière ou d’une autre – la religion à laquelle ils se rattachent.

Pourtant, cherchez l’erreur ! De ces trois sportifs qui ont tous les trois la même démarche, seule celle de Saharkhani a posé problème et a remué toute la planète sportive ! Avait-elle seulement le droit de manifester ainsi son appartenance religieuse ? Bien sûr, les règles du judo stipulent que les concurrents ne peuvent avoir de foulard ou autre tissu, en fonction du risque d’étranglement. D’accord. Le « bonnet de bain noir » était là une bonne solution. Mais fallait-il pour autant en faire tout un foin ? On en aurait même fini par croire que vouloir porter le voile menaçait les grandes « valeurs » sportives des jeux olympiques !

Ce qu’il y a de grave, c’est qu’on ne dénonce jamais aujourd’hui les « marques extérieures religieuses » que si elles sont musulmanes. Pas de problème pour les chrétiens – pas même les nonnes qui se camouflent tout à fait dans leur habit de carmélite ou autre, ni évidemment le Pape qui se déguise comme aucun autre homme n’oserait le faire – ni pour les Sikhs, ni pour les Mormons, ni pour les Juifs, ni pour des tas d’autres religions. Mais les Musulmans, eux, sont – par définition – coupables de tous les maux !

En soi, je n’ai rien ni pour ni contre les Musulmans. Pas plus que pour ou contre les autres religions. Mais ne commence-t-on pas à dépasser les bornes en stigmatisant toujours l’Islam ? En écrivant cela, j’ai bien conscience qu’il y a actuellement au sein de cette religion, un bon nombre de fanatiques dangereux. Il y en a dans les autres religions aussi, mais ils sont moins nombreux sans doute. C’est un vrai problème. Faut-il pour autant condamner d’avance tous les Musulmans qui essaient simplement de vivre leur religion ? Cherchez l’erreur…

vendredi 27 juillet 2012

Mais où est la crise portugaise ?

FMG © 2012

Depuis que je suis au Portugal, je dois bien avouer que je n’ai pas vraiment vu « la crise ». À part quelques graffitis par-ci par-là appelant à la « greve geral », le pays semble vivre au rythme de la douceur du soleil et du tourisme. J’ai bien conscience de n’avoir vu là que le vernis doré d’une réalité toute autre. On n’en parle moins, mais le Portugal est confronté à la même crise que la Grèce, que l’Espagne, que l’Italie, que l’Irlande…

Cette crise est complexe et – une fois de plus – je ne prétendrai pas en détenir les clés, ni pour l’expliquer, ni pour la solutionner. Sans doute, est-ce la crise de « ceux qui ont cru pouvoir vivre au-dessus de leurs moyens »… et les premiers coupables sont à ce niveau les banquiers qui continuent à croire et à faire croire que c’est possible ! Nous séjournons dans un « village » construit de toutes pièces ces dernières années, avec des maisons plus ou moins luxueuses et architecturalement originales. À vue de nez, un tiers de ces somptueuses demeures sont abandonnées à leur triste sort. Elles ont sans doute été achetées à un moment donné, mais « l’heureux propriétaire » n’a plus pu payer par la suite…

Comme partout, la seule réponse apportée à cette crise est « l’austérité » : réductions de salaires dans le secteur public et coupes pour les retraités dans les domaines de la santé, de l'enseignement et du social ; TVA augmentée à 23 % ; augmentation de la taxe sur le carburant avec un litre d'essence qui coûte plus qu'en Belgique ; primes de vacances et de Noël réduites dans le secteur public et pour les retraités (mesure jugée inconstitutionnelle, car elle viole le principe d'égalité de traitement) ; quatre jours fériés nationaux annulés en 2013 (ils en avaient beaucoup !) ; la plupart des autoroutes désormais payantes ; soins de santé plus coûteux en raison de l'introduction d'une nouvelle taxe… Et pendant tout ce temps, le taux de chômage tourne autour de 15%, pour les jeunes 30% !

La crise portugaise existe et est bien là. Si je ne l’ai pas vue, c’est évidemment parce que je ne suis qu’un touriste à qui on ne montre que ce qu’on veut bien lui montrer. Au-delà de ce truisme, il me semble qu’il y a aussi une certaine fierté portugaise, consistant à dire « nous allons nous en sortir ». Les Portugais sont loin d’être les seuls à avoir cette fierté. Mais elle existe néanmoins et est sans doute le meilleur moteur vers la sortie hypothétique d’une crise bien plus mondiale qu’on ne veut bien le croire.

En éducation – un domaine que je connais mieux – lorsqu’un apprenant rencontre des difficultés, la phase la plus importante est qu’il se dise : « OK, j’ai des problèmes, je comprends plus ou moins pourquoi, et grâce à cette compréhension, je sais que je peux m’en sortir ! » (c’est ce que Sophie Courau a joliment appelé la phase d’« incompétence consciente »).

Peut-être qu’en termes de crise socioéconomique, c’est la même chose. Mais je n’oserais pas le jurer !

mercredi 25 juillet 2012

Cromlech des Almendres

BH © 2012

Au bout de 5 km de piste, il reste 200 m à parcourir à pied. Il fait beau. La journée a été pleine de découvertes et on n’en espère plus rien de plus. Tout convie à la sérénité et à la bonne humeur. Et nous voilà soudain face à un site extraordinaire, tout en étant d’une simplicité désarmante : le Cromlech des Almendres.

Un cromlech est un monument mégalithique préhistorique constitué par un alignement de monolithes verticaux (menhirs), formant une enceinte de pierres levées, généralement circulaire. Celui des Almendres est exceptionnel : c'est le plus important de toute la péninsule ibérique, non seulement en raison de sa taille, mais aussi pour son état de conservation. C'est aussi l'un des plus importants d'Europe.

Face à ces morceaux de pierre taillés et disposés en pleine nature, j’ai vécu un moment assez étonnant. J’étais là dans un lieu plein d’histoire, plein d’humanité : ces pierres et leur agencement datent de la Préhistoire, il y a 5000 ans environ. Des hommes ont construit ce type de monument un peu partout en Europe, dont le plus connu est celui de Stonehenge, en Angleterre. Mais nous sommes ici au Portugal, bien loin de l’Angleterre. Le seul fait que des mêmes types de monuments ont été construits éloignés les uns des autres par d’aussi longues distances est déjà interpellant.

Que voulaient-ils faire ou signifier par ces constructions ? Il n’y a nulle certitude à ce niveau, mais les idées de lieu de rassemblement culturel ou de lieu d'observation des astres ou de la Lune semblent les plus solides. Toujours est-il que – comme beaucoup d’autres personnes sans doute – en parcourant ces quelques pierres, je me suis senti embarqué dans une atmosphère particulière. Qui transcende l’homme. Je ne veux pas dire quelque chose de divin, tant on est ici ancré dans ce qu’est fondamentalement l’homme. Il n’empêche, en tournant autour de ces pierres, je me sentais un peu comme dans l’atmosphère feutrée et mystérieuse d’une cathédrale. Derrière toutes ces pierres, il y a la recherche ou la reconnaissance d’une réalité transcendantale et pourtant parfaitement humaine et matérielle. Le poids de ces pierres nous le rappelle fondamentalement.

Vraiment, un moment magique et étonnant. (Une fois de plus, gratuit de surcroît… ça ajoute au mystère !).

mardi 24 juillet 2012

Le site touristique idéal

FMG © 2012

Aujourd’hui, nous avons visité le site touristique idéal. Jugez-en !
  1. C’est un site historique. Un château comme il y en a des milliers un peu partout dans le monde. Mais celui-ci est beau, ouvert et particulièrement bien conservé. Il contient quelques musées. Nous n’en avons visité qu’un : celui sur les « télécommunications » durant la guerre (sans doute la 2e guerre mondiale). Visite rapide. D’autres musées sans doute plus intéressants étaient fermés : il y a une tournante dans les jours d’ouverture.
  2. Le château est placé au-dessus d’une colline, ce qui n’a rien d’extraordinaire en soi. Mais il permet de découvrir une vue à 360° absolument fabuleuse, notamment sur la mer qui se trouve à 6 ou 7 km de là. Les autres flancs permettent de contempler des paysages mirifiques, surtout avec le ciel définitivement bleu qui nous accompagne.
  3. C’est un site varié. Il y a bien sûr ce qu’on trouve dans un château fortifié, mais on voit aussi des recherches archéologiques, une ou deux églises charmantes et intéressantes, des « personnages historiques pour photographier son visage à travers un trou », etc. Vraiment, on ne s’embête pas pendant plus d’une heure.
  4. Pendant cette heure, nous avons dû croiser en tout et pour tout une douzaine d’autres touristes ! Autant dire qu’il n’y a vraiment personne dans ce superbe endroit et que cela lui ajoute un charme absolument adorable. Rien que pour cela, on y retournerait bien.
  5. Enfin – et cela pourrait paraître paradoxal avec le point précédent, mais finalement ce ne l’est pas du tout – ce site merveilleux est absolument gratuit. Il n’y a donc nulle barrière nulle part (sauf pour des raisons de sécurité), nulle entrave, nulle recherche de faire de l’argent à tout prix. La paix financière. Comme nous sommes toujours en pleine chaleur, nous nous sommes permis une petite folie à la sortie de la visite : nous avons bu un verre sur la terrasse du petit café bien sympathique situé au bas du château. Pour deux, nous avons payé la somme astronomique d’1,85 EUR !
Bref, vraiment, c’est un lieu à visiter ! Je sais qu’en écrivant ce billet, je cours un risque. Car les milliers de lecteurs de Réverbères vont sûrement se précipiter sur ce lieu béni. Mais que voulez-vous, il est des moments où on ne peut se taire ! Et puis, assez égoïstement, je ne serai plus là pour voir cette populace débarquer !

Mais où se trouve donc ce paradis touristique : à Palmela. Et si vous cliquez, vous pourrez voir une vue à 360° (il y en a d’autres, sur le même site, en cliquant par ci par là).

lundi 23 juillet 2012

Azur

FMG © 2012

Maintenant que le soleil semble revenu en Belgique, en Lorraine ou dans les Vosges, j’ose l’avouer : depuis que nous sommes arrivés dans ce pays, nous n’avons pas encore vu un seul nuage. Le ciel est d’un bleu azurin en permanence (sauf la nuit évidemment) et qui dit ciel bleu, dit soleil en abondance !

À vrai dire – je sens qu’on va me taper dessus – durant ce mois de juillet, je n’ai vu de la pluie que lors d’un court passage à la maison, juste à la moitié du mois. Et encore, si je me souviens bien, elle est tombée durant la nuit et je n’ai donc pas dû sortir le parapluie.

Croyez-moi, c’est vrai : ça fait du bien ! Moi qui ai un léger penchant à voir d’abord ce qui ne va pas, je dois bien reconnaître que se laisser dorer au soleil, c’est bon pour le moral. Notez bien que je trouverai encore des failles dans le système, mais j’essaie en tout cas de ne pas les laisser (trop) apparaître.

Que tous ceux qui peuvent donc profiter de ce soleil resplendissant en jouissent pleinement. Que tous ceux qui ne peuvent pas vraiment en profiter pour l’une ou l’autre raison regardent quand même par la fenêtre et se disent que le charme est certain. Que le soleil réchauffe les cœurs et les corps de chacun !

Ça fait un peu lyrique comme ça, mais il faut parfois se laisser aller, non ?

dimanche 22 juillet 2012

Au loup

FMG © 2012

Dans ce pays, il n’est vraiment pas difficile de trouver où manger : les restaurants pullulent et offrent des poissons grillés délicieux pour presque rien. Visitant aujourd’hui une charmante cité balnéaire, avec des tas de sardines humaines en train de se faire griller sur la plage, nous nous réjouissions de combler nos papilles et nos estomacs.

C’est sans difficulté que nous nous sommes mis d’accord sur l’établissement qui nous sustenterait : les prix affichés sur l’ardoise étaient tout à fait concurrentiels, le poisson exposé semblait frais et appétissant, la terrasse était propre et accueillante. De plus, on nous proposait un menu en français. Le serveur nous signala aussi les noms des poissons du jour. Les poissons écrits sur l’ardoise ne figuraient pas sur la carte, nous supposions donc que c’étaient ceux du jour ! Nous nous laissâmes tenter par un « loup de mer », sans doute d’ailleurs plutôt un bar !

Le poisson arriva bientôt, il avait fière allure. Nous le mangeâmes avec appétit, même si pour moi il y en avait trop. Il était accompagné de légumes frais divers. Tout allait bien.

Jusqu’au moment où nous avons demandé l’addition : il y avait un loup ! Ce n’était pas le prix auquel nous nous attendions, mais au moins le triple ! Autant dire que les arêtes étaient soudainement dures à faire passer et que ce loup laissait un goût amer dans la bouche.

Ma tendre et chère a bien sûr essayé de négocier, mais – à part le fait de ne pas devoir payer une salade commandée, mais jamais servie – elle n’obtint rien. On lui montra cependant qu’il était bien écrit quelque part dans le restaurant que le poisson du jour était payé au kilo et on lui expliqua que la préparation n’était pas la même que les poissons grillés pour le commun des mortels.

Je ne vais pas en faire un plat, rassurez-vous. Mais je me demande quand même ce que gagne à long terme ce restaurateur. À court terme, je comprends bien. Mais il est clair que je ne retournerai pas de sitôt dans cette foutue auberge et que je déconseillerai à quiconque d’y aller ! C’est là que l’illustration ci-dessus intervient. Dans notre mauvaise humeur, nous n’avons même pas noté le nom de ce restaurant. Alors, si un jour, vous voyez l’horrible céramique en illustration de ce billet, méfiez-vous : n’allez surtout pas dans le restaurant qui se trouve juste en face. Ou bien vérifiez à deux fois ce que vous commandez !

Ce billet aura-t-il une quelconque efficacité ? Il faut l’espérer : les loups ne se mangent pas entre eux !

samedi 21 juillet 2012

Louez une voiture, qu’ils disaient…

Arrivant au soleil en avion, il nous fallait bien un moyen de déplacement quelconque, d’autant plus que les transports en commun n’ont pas l’air des plus disponibles. Bref, nous avons loué une voiture. Je vous passe le temps d’attente à l’aéroport pour enfin disposer dudit véhicule, car ce n’est qu’en en prenant possession que nous avons découvert un léger problème : la climatisation ne fonctionnait pas, pour un véhicule qui n’avait même pas 20 000 km au compteur.

Il devait être passé 20 heures lorsque nous roulions vers notre lieu de villégiature et il faisait étouffant ! Bref, nous avons vite compris que circuler avec ce véhicule serait suicidaire, surtout pour des ceusses qui comme nous ne sont pas habitués aux fortes chaleurs. Nous avons donc pris contact avec le loueur de voitures qui n’a pas hésité une seconde : une autre voiture était à notre disposition. Il fallait simplement faire une quinzaine de kilomètres pour en prendre possession. Ne nous plaignons pas : cela nous a permis de découvrir le quartier historique d’une agréable petite ville et d’y manger du poisson grillé dont on se souviendra longtemps.

Équipé de notre nouveau véhicule, nous n’avons pas hésité pour partir découvrir la capitale de ce pays chaud, accordant – sans doute à tort – toute notre confiance géographique à mon GPS importé de Belgique. Nous sentions se rapprocher la capitale lorsque ledit GPS nous indiqua qu’il préférait être rechargé si nous souhaitions bénéficier encore de ses services ! Nous appréciâmes cette marque d’attention, mais nous dûmes aussi nous rendre compte que cet appareil courtois était bel et bien connecté à la précieuse prise, appelée encore « allume-cigare » alors que plus personne n’allume de cigares en voiture. Enfin, je l’espère !

Un peu d’énervement, il faut bien l’avouer, surtout lorsque – sans plus prévenir cette fois – l’appareil géolocalisateur s’éteignit définitivement alors que nous étions entrés dans la ville dont nous ne connaissions rien.

Je vous rassure tout de suite : nous avons passé une très belle journée, à pied et en voiture, découvrant de superbes endroits. La grande question était celle du retour : comment allions-nous faire pour retrouver notre lieu d’hébergement sans avoir aucune carte ni indication quelconque ? Et bien, cela fut d’une facilité désarmante, à part les quelques embouteillages bien compréhensibles quand on quitte une grande ville à l’heure de pointe.

Arrivé « chez nous », je pus enfin vérifier mon hypothèse : le fusible de « l’allume-cigares » était hors d’usage ! Ça ne servait donc à rien de retourner chez le loueur de voitures qui n’aurait certainement pas eu un fusible en ordre de marche et qui n’allait quand même pas nous donner encore une autre voiture pour ce « petit » problème. Il suffisait de se mettre en recherche d’un nouveau fusible.

Bien vu ! Mais vous ne pouvez pas imaginer le nombre de formats différents de fusibles qu’il existe. Nous, nous avons besoin d’un « mini-fusible » (celui qui est tout à fait à gauche sur l’image).
Croyez-moi : c’est (quasi) impossible à trouver, surtout un samedi où tous les garages sont fermés ! J’ai fini par écouter ma femme – c’est ce que j’aurais dû faire depuis le début évidemment ! – et comme il y avait un autre fusible du même ampérage apparemment destiné au « chauffage » (dont nous n’avons pas vraiment besoin pour le moment), j’ai interverti les deux fusibles. La prise pour le GPS fonctionne… et nous verrons demain si la voiture ne s’arrête pas toute seule dès qu’il fera trop chaud. En route pour de nouvelles aventures !

jeudi 19 juillet 2012

Ultra

Courir pour le plaisir ou plus, il y en a des tas qui le font. Personnellement, je n’ai jamais été plus loin qu’un 20 km. En fait, j’en ai même fait trois : Bruxelles, Forêt de Soignes et Paris (avec là-bas un temps honorable pour moi… mais peu importe). Si j’ai chaque fois – il y a longtemps – souffert pour arriver au bout, je sais qu’il y a des gens pour qui un 20 km n’est qu’une promenade. Eux, ce qui les intéresse, c’est l’ultra : 6 heures, 12 heures, 24 heures, 6 jours, ultra-trail, raids par étapes, 100 km, 50 km, courses sur routes par étapes, etc.

Ce sont des fêlés. Mais de doux fêlés. Leur truc, c’est courir, courir et courir. Sans qu’ils sachent vraiment pourquoi, sans qu’ils sachent ce que cela leur apporte vraiment, à part bien sûr la souffrance, le dépassement de soi, l’abnégation. Il ne faudrait cependant pas les prendre pour des masochistes : même si lorsqu’ils courent, ils sont seuls face à eux-mêmes, ils forment une confrérie à part et sont toujours heureux de se retrouver, de vivre ensemble un nouveau défi. À leur niveau, la compétition n’est jamais le combat contre l’autre, mais toujours contre soi-même. Continuer à courir malgré la douleur, malgré la vacuité de la démarche, malgré la solitude éternelle.

Ne croyez pas que j’invente. Un gars ultra, j’en connais un. C’est un doux fêlé, mais il est ultra. Il a cette folie de courir, d’aller au-delà de ses limites… et de prendre son plaisir dans ces tas de petites choses de la vie qu’il avale sans retenue.

Non content de courir, il écrit. Au départ, ce n’est pas trop son truc, mais il nous délivre quand même des récits passionnants. N’hésitez pas à découvrir ses comptes-rendus des 6 jours d’Antibes 2012, de l’Ultr’Ardèche, des 100 km de Belvès et d’autres encore… Sur son blog « Manu Ultra Runner », mon ami Manu ne se contente pas de parler – avec modestie – de ses propres exploits : il partage sa passion de l’Ultra, nous fait découvrir des courses et des coureurs ou coureuses, il donne ses conseils de coach, il déménage comme on dit !

Avant de le connaître, je n’aurais même jamais imaginé que de telles courses fussent possibles. Maintenant que je sais, j’admire. L’Ultra, c’est vraiment ultra !