Allumeur de réverbères
Qu'y a-t-il de plus beau sur terre
Que de faire naître la lumière
Là où c'est nécessaire ?
vendredi 27 novembre 2015
Quand on n'a que l'amour
Ce serait une banalité de dire que les événements de ces dernières semaines posent question. Je ne le dirai pas. Mais je me pose quand même des questions.
Il y a bien sûr les questions fondamentales. Pourquoi ? Avec quel sens ? En raison de quoi ? Je n’ai pas les réponses à ces questions. Personne ne les a. Pas même ceux qui ont commis ou participé à ces actes abominables. Tant il n’y a aucune « raison ». Il peut sans doute y avoir des motivations, des explications. Mais elles ne résistent pas un seul instant à la raison. Cela fait sans doute partie du problème.
Puis, il y a toutes les questions annexes. Nos gouvernements ont-ils géré la crise comme il le fallait ? Que risquons-nous encore, où et quand ? Quel est le rôle des enjeux économiques dans la réalisation de ces événements, dans la réaction qu’ils suscitent, dans le déroulé des conséquences ? À ces questions-là, j’imagine que certains ont des réponses. Personnellement, j’ai juste des hypothèses.
Un constat cependant : je suis à la fois étonné et effrayé qu’autant de personnes qui ne savent en réalité pas plus que moi déclarent sans ambages savoir que nos gouvernements font n’importe quoi, qu’ils sont même complices, que leurs décisions sont incohérentes…
Devait-on, en Belgique, passer du niveau 3 au niveau 4 de menace terroriste, puis – tout aussi soudainement – repasser de niveau 4 au niveau 3 ? Je n’en sais rien. Mais j’imagine que ceux qui prennent ces décisions le font sur la base d’éléments fondés. Qu’on – le vulgum pecus – ne connaisse pas ces éléments me semble d’une telle évidence que je ne comprends pas un seul instant qu’on puisse reprocher aux dirigeants de ne pas les communiquer ! C’est vrai qu’on peut s’étonner face à une incohérence apparente des décisions. Il faut même s’en étonner. De là à les remettre en cause en raison du seul prétexte qu’on ne sait pas ce qui les motive, il y a une marge. Que je ne franchirai pas.
Que risquons-nous encore ? Tout ! À tout moment, nous pouvons être victimes de ces actes barbares et fous. Que ce soit à Bruxelles, à Paris, à Berlin, à Rome, à Beyrouth, au Caire, à New York, ou n’importe quel autre endroit. Je dirai une banalité, malheureuse : dans les mois qui viennent, il y aura inévitablement de nouveaux attentats. Aussi atroces et aussi inutiles. Où ? Personne ne le sait. Mais ils viendront, c’est une certitude. Est-ce que cela change quelque chose à la vie ? Oui, sans doute. Dans le vécu des gens. Mais au bout du compte, il faut avoir conscience qu’il y a dans nos pays plus de morts violentes liées à des accidents de travail qu’à des actes terroristes, sans compter les victimes de la route… Bien sûr, 130 personnes qui meurent un vendredi soir à Paris sous les balles de fous belliqueux, c’est effrayant, atroce, horrible, insupportable… ! Mais il y a tant de gens qui meurent chaque jour pour des tas d’autres raisons, tout aussi inacceptables !
Reste la question économique. C’est vrai qu’en Belgique, on peut s’étonner de la coïncidence entre l’abaissement du niveau de menaces de 4 à 3 et l’inauguration des « Plaisirs d’hiver ». Comme on peut se poser beaucoup de questions par rapport par exemple au soutien économique de l’Arabie saoudite alors que celle-ci est de toute évidence au cœur du soutien à la mouvance terroriste. Je suis convaincu qu’il n’y a jamais de guerres de religion. Il n’y a de guerres qu’économiques. Malgré cette conviction profonde, je crois aussi que le monde humain se caractérise avant tout par la complexité et qu’il est vain de vouloir l’analyser de manière dichotomique. Par rapport à la manière à travers laquelle on la perçoit et l’analyse, la réalité est toujours plus complexe. Croire qu’on détient les clés de l’analyse des causes et des solutions est sans doute le plus grand danger.
La réalité est toujours plus complexe qu’on ne le croit. On aimerait bien qu’elle soit simple. Dichotomique. Mais elle est plurielle, comme nos sociétés. N’est-ce pas la première prise de conscience à faire, bien avant de se prononcer sur le bien-fondé de l’une ou l’autre décision ?
En attendant, aujourd’hui, j’ai pleuré en entendant Yaël Naïm, Carmelia Jordana et Nolwenn Leroy chanter « Quand on n’a que l’amour », lors de l’hommage aux victimes. J’ai pleuré face à l’intensité en toute simplicité de cette chanson qui prenait encore un nouveau sens. J’ai pleuré face à l’harmonie de ces voix, d’origines plurielles. J’ai pleuré parce qu’au bout du compte, quelles que soient les questions que l’on puisse se poser, oui, on n’a que l’amour à opposer à la folie.
samedi 21 novembre 2015
Si t'as Sion
Pourtant, il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’il est impossible d’attribuer cette pensée à Napoléon Bonaparte et de ne pas l’attribuer à Abraham Lincoln, comme nous le montrent tous les éléments suivants extraits de Wikipédia :
- enfant, Napoléon dira de lui-même qu’il était « turbulent, adroit, vif et preste à l'extrême ». Impossible bien sûr de lier une telle turbulence avec une quelconque authenticité ;
- quand Napoléon quitte la Corse, à 9 ans, pour la France, son précepteur – l’abbé Chardon – prétend qu’« il apprit en trois mois le français, au point de faire librement la conversation et même de petits thèmes et de petites versions ». Cela ne prouve en aucune manière qu’il apprit à lire ou à écrire ;
- d’ailleurs, lorsqu’il est admis à l'école militaire de Brienne-le-Château, il est « excellent en mathématiques, mais médiocre en littérature, latin et allemand ». On ne parle même pas de l’anglais ;
- on fait beaucoup de cas du fait que Napoléon a édicté le Code Napoléon. Mais celui-ci ne fait que reprendre une partie des articles de la coutume de Paris et du droit écrit du Sud de la France, en protégeant le droit des obligations et des contrats. Bien loin des préoccupations d’authenticité des citations de Facebook qui – on le sait – se moque tout à fait des droits et des obligations contractuelles ;
- le 13 avril 1814, en pleine tentative de suicide, Napoléon déclare bien à Caulaincourt : « Qu’on a de peine à mourir, qu’on est malheureux d’avoir une constitution qui repousse la fin d’une vie qu’il me tarde tant de voir finir ! ». À nouveau, aucune allusion à Facebook. D’ailleurs, Caulaincourt sortira de la pièce pour demander au valet de chambre et au service intérieur de garder le silence ;
- Napoléon meurt un samedi, le 5 mai 1821, « à 17 heures et 49 minutes », rendant ainsi « le plus puissant souffle de vie qui eut jamais agité l'argile humaine » (Chateaubriand). À nouveau, aucune trace de Facebook dans ce qui n’a finalement rien d’un suicide ;
- par contre, après une enfance et adolescence sans relief, Abraham Lincoln apprend le droit grâce à ses seuls talents d’autodidacte et devient avocat itinérant, ce qui prouve bien qu’il savait lire et écrire ;
- c’est lui qui, en 1863, abolit l’esclavage aux États-Unis d’Amérique et qui du fait même incite tous ses amis Facebook à lutter contre la ségrégation raciale ;
- étant de toute évidence le plus grand président des USA (1,93 mètre quand même), il est aussi celui dont la sexualité reste la plus mystérieuse et la plus ouverte : père au moins de quatre enfants (aujourd’hui, tous décédés), on ne sait pas très bien s’il était homosexuel ou bisexuel. Ce genre de débats n’ayant aucune importance, cela le rapproche inexorablement du phénomène Facebook connu pour sa vacuité intellectuelle ;
- la vie d’Abraham Lincoln semble conditionnée par des « Marie », en anglais « Mary ». Amoureux d’une Mary Owens, il se fait jeter en mai 1837. Dix-huit mois plus tard, il se fiance à Mary Todd, mère de ses quatre enfants. Il n’y a pas de hasard : quatre personnes furent condamnées à mort à la suite de l’assassinat de Lincoln, dont Mary Surratt qui fut la première à être exécutée par le gouvernement des États-Unis ;
- de plus, son assassin Booth n’hésite pas à crier lors de cet événement morbide « Sic semper tyrannis ! » (« Ainsi en est-il toujours des tyrans ! »), citation qui se trouve dans l'hymne du Mary-land, ce qui fait bien 4 Mary ;
- dans la Bible hébraïque, la fille de Sion désigne Jérusalem et sa population, ainsi que l'ensemble du peuple juif par extension. Pour le catholicisme romain, la « fille de Sion » n’est autre que Marie, la mère de Jésus. La boucle est bouclée.
Bref, s’il y en a encore parmi vous un(e) seul(e) qui croirait de bonne foi à l’insu de son plein gré que Napoléon Bonaparte est l’auteur de cette citation pleine de vérité, vraiment, je ne comprendrais pas. J’en discutais d’ailleurs encore hier avec Nelson Mandela et il était bien d’accord avec moi !
vendredi 20 novembre 2015
Une semaine après
Il y a juste une semaine – seulement ? – Paris redécouvrait l’horreur du terrorisme. Le sport, la culture et la convivialité étaient les cibles choisies. Il n’y a pas de cibles plus fragiles ni plus innocentes que le sport, la culture et la convivialité. Les assassins savaient ce qu’ils faisaient : blesser à mort là où personne ne l’attend, là où personne ne le mérite, là où il n’y a aucun sens. J’ai choisi délibérément depuis une semaine de me taire : la nausée était trop forte. Je devais assimiler.
Je ne sais pas si j’ai plus assimilé aujourd’hui. La nausée est toujours présente. Mais j’ai pu prendre un peu de recul. J’ai notamment pris conscience que notre émotion est à géométrie variable : elle n’existe apparemment qu’en fonction de la proximité. Je suis horrifié lorsque 130 personnes meurent sous les balles de terroristes, mais je reste relativement froid quand 224 occupants russes d’un avion quittant Charm El-Cheikh sont heureux de rentrer chez eux, mais qu’ils explosent en vol, déchiquetés par le même État islamique. Entre les deux événements, il n’y a pas de réelle différence en ce qui concerne l’atrocité. Pourtant, il faut bien reconnaître qu’on n’y donne pas le même sens, la même émotion.
Globalement, aucun de mes amis côtoyés sur les réseaux sociaux n’a émis de commentaires « sur le chaud » déplacés. Cela ne veut pas dire que je me sentais en accord avec tout ce que j’ai lu, bien au contraire. Plus d’une fois, sans réagir pour autant, je me suis posé des questions de pertinence par rapport à ce que je lisais, mais globalement je sais aujourd’hui que je peux faire confiance à mes « amis ». Ils ne sont pas perdus dans des pensées simplificatrices et nauséabondes.
Puis-je faire confiance au « monde » ? Je n’oserais pas l’affirmer. J’étais à Paris hier et ce matin. La ville était étrangement calme. Métros quasi vides, même en heure de pointe. Rues désertes là où d’habitude il y a foule et mouvement. On sent que les gens se regardent. À la Gare du Nord, montant un escalator, j’entends le gars devant moi dire « Bizarre ». Je le regarde et lui dis « Vous avez dit bizarre ? ». Mais ce n’était pas Louis Jouvet. Il était barbu et avait le teint légèrement basané. Il m’a répondu : « Cette femme, pourquoi elle me regarde comme ça ? Cela fait deux fois. C’est bizarre ! ». Je lui ai dit : « Oui, vous avez raison. Il faudra vous y faire. Courage ! ». Il m’a regardé, m’a souri et a continué son chemin.
Nos sociétés sont éminemment plurielles. C’est leur richesse. Malheureusement, pour beaucoup, la perception de l’« autre » ne sera plus tout à fait la même. La peur obscurcit nos consciences et falsifie nos jugements. C’est à ce niveau qu’il faudrait le plus agir. Cependant, une fois de plus, nos gouvernements n’ont que des mesures sécuritaires à proposer. Je ne les conteste pas. Elles sont sans doute – malheureusement – nécessaires pour le moment. Mais elles ne peuvent suffire.
Plutôt que de vouloir nier ou minimiser la diversité et l’hétérogénéité de nos sociétés, il conviendrait de les reconnaître et de les valoriser. En réalité, sur le terrain, c’est peut-être un des effets positifs de ces tragiques événements. Beaucoup de musulmans se sont cette fois clairement distancés de ces actes terroristes et barbares qui n’ont rien à voir avec l’Islam. Beaucoup de non-musulmans ont compris que ceux qui le sont n’étaient pas responsables de ces actes commis soi-disant au nom de leur religion. Beaucoup de citoyens se sont rencontrés et ont partagé leur douleur et leur compassion, dans le respect de leurs différences. C’est en ce sens qu’il faut aller. Notre société est riche de ceux et celles qui la constituent. Malgré la folie de ceux qui s’en sont exclus par eux-mêmes, sans doute aidés par le rejet et l’ostracisme malheureusement trop fréquents de ceux qui pensent être les seuls possesseurs de la vérité et de notre terre.
Et maintenant ? Difficile à dire. Il serait illusoire de croire que les actes terroristes vont disparaître, comme si de rien n’était. Au contraire, il y a toutes les raisons de penser qu’ils continueront, sans doute en s’intensifiant et en se diversifiant. Les événements de ce jour, à Bamako, nous le démontrent, s’il le fallait encore. Plus que jamais, nous ne serons en sécurité nulle part ni à aucun moment. C’est l’évidence. Il faut vivre avec elle. Oui, c’est cela : il faut vivre. Plus que jamais. Notre vie risque désormais d’être raccourcie à tout moment et n’importe où. Raison de plus d’en profiter pleinement. Rencontrer les gens. Partager nos rêves. Construire nos petits bonheurs. Écouter les autres. Les aimer. S’émerveiller de la beauté du monde. Jouir de chaque moment, dans sa simplicité. Vivre !
samedi 14 novembre 2015
Cette nausée…
Pas de mots. Juste cette nausée…
Il se trouvera suffisamment de bien pensants pour justifier, condamner, disserter, accuser, fantasmer, rejeter, dichotomiser, expliquer, solutionner, caricaturer…
Je n’ai que ma nausée. Celle qui me noue l’estomac depuis hier soir, vendredi 13 pour une fois réellement noir. Cette nausée que je ne parviens ni à oublier ni à éliminer.
Jeudi prochain, je dois me rendre à Paris. Je veux y aller. Même si je serai encore et toujours envahi par cette nausée. Mais la vie doit continuer à exister. Face à l’absurdité, il n’y a qu’une réponse : vivre. Se laisser emporter par la vie. S’imprégner tous les pores de la vie. Croire profondément en la vie. Vivre pour que la vie vive. Au-delà de la nausée.
Vivre, en hommage à tous ceux et toutes celles qui ont perdu la vie au nom d’une folie incompréhensible.
Vivre.
Il se trouvera suffisamment de bien pensants pour justifier, condamner, disserter, accuser, fantasmer, rejeter, dichotomiser, expliquer, solutionner, caricaturer…
Je n’ai que ma nausée. Celle qui me noue l’estomac depuis hier soir, vendredi 13 pour une fois réellement noir. Cette nausée que je ne parviens ni à oublier ni à éliminer.
Jeudi prochain, je dois me rendre à Paris. Je veux y aller. Même si je serai encore et toujours envahi par cette nausée. Mais la vie doit continuer à exister. Face à l’absurdité, il n’y a qu’une réponse : vivre. Se laisser emporter par la vie. S’imprégner tous les pores de la vie. Croire profondément en la vie. Vivre pour que la vie vive. Au-delà de la nausée.
Vivre, en hommage à tous ceux et toutes celles qui ont perdu la vie au nom d’une folie incompréhensible.
Vivre.
vendredi 13 novembre 2015
Paseo a dos
Un bijou ! Renaud Garcia-Fons, génie de la contrebasse, rencontre David Peña Dorantes, génie du piano. L’harmonie est totale entre ces deux musiciens qui nous emmènent découvrir des flamencos improbables, chacun au sommet de la maîtrise de leur instrument.
Depuis plus de 20 ans, Renaud Garcia-Fons partage son art de la contrebasse. Jouer de cet instrument, je connais ! Si c’est bien une femme que l’on a dans ses bras, il faut se battre avec elle, tant avec la main gauche – mon petit doigt en garde des séquelles d’ailleurs, avec de l’arthrose – qu’avec la main droite, que ce soit en pizzicato (bonjour les cloches) ou avec cet archet rebelle. C’est le seul instrument que j’ai vraiment « appris », mais c’est lui qui m’a fait comprendre que je ne serais jamais à la hauteur de mes rêves musicaux ! Garcia-Fons, par contre, m’a convaincu s’il le fallait encore de toutes les richesses de cet instrument. Avec lui, la contrebasse se fait lumineuse, enjouée, mélodieuse, primesautière, universelle. Il a innové à tout niveau dans le jeu de son instrument. Une pure merveille !
Je ne connaissais pas Dorantes, mais c’est un pianiste dans la lignée directe de Keith Jarrett, celui qui m’a accompagné dans ma découverte du jazz.
Le dialogue entre ces deux musiciens exceptionnels est tout simplement prodigieux. Il y a une tension permanente, celle qui permet de dépasser la somptuosité du travail technique pour atteindre l’émotion totale, dans des territoires inexplorés et improbables. La musique à l’état pur. Un autre monde. Le nirvana !
mardi 10 novembre 2015
Jeu de dupes
La Belgique politique vit en ce moment un imbroglio sans grande importance sans doute, sauf qu’il ne réconciliera pas les citoyens avec leurs « dirigeants ». Une ministre a visiblement outrepassé les règles des marchés publics, mais elle ne reconnaît qu’une imprudence, avec la bénédiction de ses collègues gouvernementaux. Un bel exemple de jeu de dupes.
Pour ceux qui ne connaissent pas bien la situation belge, un petit rappel. À la suite des élections de 2014, nous avons un gouvernement qui dispose d’une majorité. Si celle-ci est évidente du côté flamand, elle ne l’est pas du tout du côté francophone : un seul parti, le Mouvement réformateur (MR), d’obédience libérale, participe à ce gouvernement alors qu’il représente moins de 30% des électeurs francophones.
Dans cet équilibre boiteux, on voit bien les enjeux : pour les flamands, majoritaires, il est important de concrétiser le maximum de revendications. Pour le MR, minoritaire, l’important est simplement d’exister. Dans le cas présent de la Ministre de la Mobilité, cela se traduit concrètement en deux aspirations parfaitement complémentaires, même si pour cela on ignorera la loi. Le MR se doit d’exister et surtout de ne pas perdre une Ministre, protégée du Premier ministre, qu’on ne saurait remplacer, malgré son incompétence manifeste. Pour sauver leur peau, la Ministre et le MR n’ont qu’une seule solution : obtenir le soutien du reste du gouvernement composé de trois partis flamands. Ceux-ci ne vont pas accorder leur béquille sans obtenir une satisfaction compensatoire. On est dans le dossier de l’aéroport de Zaventem et ces satanés avions qui doivent – de toute façon - survoler des zones habitées, qu’elles soient bruxelloises (à majorité francophones) ou flamandes. Le jeu politique est simple : dans le cas présent, ce seront les populations flamandes qui seront épargnées, au détriment des francophones (et flamands) de Bruxelles.
Tout ça pour maintenir le MR dans sa position gouvernementale. Que la Ministre Galant ait transgressé – en toute connaissance de cause – les règles des marchés publics, en fait tout le monde s’en fout. Même moi. L’enjeu principal n’est pas là : c’est juste l’exercice du pouvoir qui importe les acteurs de ce malheureux vaudeville. Au-delà de cet enjeu proche, il en est un bien plus important, mais qui visiblement n’intéresse pas les protagonistes du spectacle : la confiance des citoyens dans le jeu politique. Comment pourrais-je, moi, simple citoyen, accorder une quelconque confiance à des politiciens qui non seulement bafouent les règles indispensables des marchés publics, mais qui en plus n’y voient qu’une simple « imprudence », tout simplement parce qu’il faut sauver des têtes au risque de perdre la sienne ? Et qui sont dès lors prêts à tout pour sauver celle-ci !
Pauvre Belgique ! Pauvre démocratie !
samedi 31 octobre 2015
Petits plaisirs
FMG©2015
Il est de ces petits plaisirs qui n’ont l’air de rien. En réalité, ils n’ont parfois pas la moindre importance. Si ce n’est le plaisir qu’ils apportent. Pouvoir tondre un 31 octobre (record battu), simplement vêtu d’un pull léger, fait partie de ceux-là.
Il en est de plus merveilleux encore, bien sûr. J’avoue avoir pleuré d’émotion hier en découvrant une vidéo épurée : on y voit deux personnes parler de ce que serait pour eux leur plus grand plaisir. Seulement, l’une des personnes est atteinte d’un cancer ou proche d’une personne dans cette situation. On découvre là l’abîme qui existe entre les rêves « matériels » des personnes « normales » et ceux des personnes qui savent le prix de la vie et des petits plaisirs. Bouleversant.
Si je suis très sensible au vécu des personnes souffrant d’un cancer, je ne suis pas directement concerné parmi mes proches proches. J’ai beaucoup de chance. Celle qui fait qu’il m’arrive rarement de devoir tourner en rond pour trouver une place pour garer ma voiture : celle-ci s’offre à moi la plupart du temps assez rapidement. Celle aussi qui fait que j’habite là où j’habite. Il est clair qu’il y a beaucoup d’endroits plus sinistres pour vivre. Les circonstances de la vie ont fait que – depuis exactement 29 années – je me retrouve, avec ma famille, dans un endroit un peu idyllique. Tant mieux pour nous ! L’endroit est paradisiaque, mais cela ne veut pas dire que c’est le paradis. Nous sommes en quelque sorte dans une cuvette, entourée d’arbres. Tous les matins de l’année, l’herbe est humide. Que dire sur ce qu’il en est en cette fin d’octobre. C’est là que le plaisir de tondre trouve son sens, une fois de plus. Oui, ce plaisir est vain, dérisoire, insignifiant. Mais qu’est-ce qu’il est bon !
C’était ma minute de plaisir du mois. Elle est merveilleuse, étonnante, magique…
vendredi 23 octobre 2015
Première violence
Deux personnes sont mortes. Si une manifestation n’avait pas bloqué l’autoroute, il est possible que ces deux personnes soient toujours en vie. La presse en fait grand cas, condamnant de facto la dite manifestation. Et par là, tous les mouvements syndicaux. La mort de ces personnes est dramatique. Peut-être la responsabilité des grévistes manifestants est-elle engagée. Mais s’arrêter à celle-ci serait plus qu’un peu court.
Finalement, ce qui est regrettable, c’est l’attitude des syndicats qui – surtout dans un premier temps – ont cherché avant tout à minimiser l’impact possible du blocage de l’autoroute et surtout à reporter la « faute » sur l’hôpital qui n’aurait même pas été capable de prévoir une doublure au chirurgien. C’est dans ce déni de responsabilité que les syndicats perdent surtout leurs plumes. Manque d’empathie et de prise de recul. Dommage.
Pour le reste, il est évident qu’il faudrait avant tout se poser la question sur les raisons qui amènent des travailleurs à manifester de manière violente leur colère face à ce que les patrons et les politiques leur font subir. Que ce soit dans ce blocage d’autoroute, mais aussi dans la destruction d’une chemise d’un responsable des ressources humaines français ou encore dans le chemin inéluctable qui conduit un père de famille à tuer ses trois enfants, sa femme et lui-même… Tous ces événements ne sont pas anodins. Ce ne sont pas des faits divers. Ils témoignent, chacun à leur manière, de la détresse dans laquelle se trouvent des milliers de personnes qui se sentent ignorées, jetées, refoulées par le système et ses décideurs.
La violence est – pour moi – toujours inacceptable. Comme Isaac Asimov l’a écrit dans le Cycle de Fondation, « la violence est le dernier refuge de l’incompétence ». Réduire la violence aux actes de travailleurs exacerbés et méprisés serait cependant une erreur fondamentale et, à vrai dire, elle-même violente. La première violence est celle de ceux qui décident – en raison de leur seul profit - d’exiger toujours plus des travailleurs en offrant à ceux-ci de moins en moins de moyens pour s’épanouir. La première violence est celle de ceux qui décident – en raison d’impératifs théoriques et idéologiques – de priver des citoyens des maigres moyens de subsistance dont ils disposent en ne leur offrant comme seule perspective d’avenir que la rue. La première violence est celle de ce monde qui ne connaît que quelques mots : croissance, individualisme, repli sur soi, mépris, productivité, libéralisme…
La mort de ces deux personnes est dramatique, comme toute mort. La mort sociale et économique de millions de sous-citoyens, même si elle se fait à petit feu, l’est bien plus encore. On ne peut l’oublier, même si les médias n’en feront pas leur Une. Malheureusement.
Finalement, ce qui est regrettable, c’est l’attitude des syndicats qui – surtout dans un premier temps – ont cherché avant tout à minimiser l’impact possible du blocage de l’autoroute et surtout à reporter la « faute » sur l’hôpital qui n’aurait même pas été capable de prévoir une doublure au chirurgien. C’est dans ce déni de responsabilité que les syndicats perdent surtout leurs plumes. Manque d’empathie et de prise de recul. Dommage.
Pour le reste, il est évident qu’il faudrait avant tout se poser la question sur les raisons qui amènent des travailleurs à manifester de manière violente leur colère face à ce que les patrons et les politiques leur font subir. Que ce soit dans ce blocage d’autoroute, mais aussi dans la destruction d’une chemise d’un responsable des ressources humaines français ou encore dans le chemin inéluctable qui conduit un père de famille à tuer ses trois enfants, sa femme et lui-même… Tous ces événements ne sont pas anodins. Ce ne sont pas des faits divers. Ils témoignent, chacun à leur manière, de la détresse dans laquelle se trouvent des milliers de personnes qui se sentent ignorées, jetées, refoulées par le système et ses décideurs.
La violence est – pour moi – toujours inacceptable. Comme Isaac Asimov l’a écrit dans le Cycle de Fondation, « la violence est le dernier refuge de l’incompétence ». Réduire la violence aux actes de travailleurs exacerbés et méprisés serait cependant une erreur fondamentale et, à vrai dire, elle-même violente. La première violence est celle de ceux qui décident – en raison de leur seul profit - d’exiger toujours plus des travailleurs en offrant à ceux-ci de moins en moins de moyens pour s’épanouir. La première violence est celle de ceux qui décident – en raison d’impératifs théoriques et idéologiques – de priver des citoyens des maigres moyens de subsistance dont ils disposent en ne leur offrant comme seule perspective d’avenir que la rue. La première violence est celle de ce monde qui ne connaît que quelques mots : croissance, individualisme, repli sur soi, mépris, productivité, libéralisme…
La mort de ces deux personnes est dramatique, comme toute mort. La mort sociale et économique de millions de sous-citoyens, même si elle se fait à petit feu, l’est bien plus encore. On ne peut l’oublier, même si les médias n’en feront pas leur Une. Malheureusement.
mardi 13 octobre 2015
Premiers
Ainsi donc, voici la Belgique première au classement mondial de la FIFA (c’est en football, pour ceux qui ne le sauraient pas). Quoi qu’on en pense, c’est un exploit historique dont on a toutes les raisons de se réjouir.
Ce n’est bien sûr qu’un classement basé sur une moyenne de points attribués lors des matchs internationaux, officiels ou amicaux. Inévitablement, la méthodologie est discutable. Les Belges se retrouvent premiers sans avoir jamais battu les neuf suivants ! Bien plus, j’ai appris aujourd’hui que si le match amical gagné contre le Luxembourg n’avait pas été invalidé (étant donné le nombre trop élevé de changements de joueurs), le peu de points qui auraient été gagnés par cette victoire contre une « petite équipe » aurait en réalité fait « baisser la moyenne », ce qui ne nous aurait pas permis d’occuper aujourd’hui la première place ! À quoi donc peut tenir un tel classement !
N’empêche, on y est et il faut se réjouir qu’un « petit pays » puisse atteindre un tel niveau. Cela montre qu’il faut toujours y croire ! Je me souviens, lors de la médaille en or de Fred Deburghgraeve sur l'épreuve du 100 m brasse aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, avoir entendu je ne sais plus quel autre « grand » sportif avoir déclaré qu’il n’était pas possible que Deburghgraeve soit le vainqueur, car il venait d’un trop petit pays ! Absurde, n’est-il pas ?
Bref, comme beaucoup d’autres Belges aujourd’hui, amateurs ou non de football (je ne le suis pas trop), je me sens un peu fier de ma belgitude. À quoi donc peut tenir un tel sentiment ! Et il n’y a vraiment pas de quoi bouder son plaisir !
Ce n’est bien sûr qu’un classement basé sur une moyenne de points attribués lors des matchs internationaux, officiels ou amicaux. Inévitablement, la méthodologie est discutable. Les Belges se retrouvent premiers sans avoir jamais battu les neuf suivants ! Bien plus, j’ai appris aujourd’hui que si le match amical gagné contre le Luxembourg n’avait pas été invalidé (étant donné le nombre trop élevé de changements de joueurs), le peu de points qui auraient été gagnés par cette victoire contre une « petite équipe » aurait en réalité fait « baisser la moyenne », ce qui ne nous aurait pas permis d’occuper aujourd’hui la première place ! À quoi donc peut tenir un tel classement !
N’empêche, on y est et il faut se réjouir qu’un « petit pays » puisse atteindre un tel niveau. Cela montre qu’il faut toujours y croire ! Je me souviens, lors de la médaille en or de Fred Deburghgraeve sur l'épreuve du 100 m brasse aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, avoir entendu je ne sais plus quel autre « grand » sportif avoir déclaré qu’il n’était pas possible que Deburghgraeve soit le vainqueur, car il venait d’un trop petit pays ! Absurde, n’est-il pas ?
Bref, comme beaucoup d’autres Belges aujourd’hui, amateurs ou non de football (je ne le suis pas trop), je me sens un peu fier de ma belgitude. À quoi donc peut tenir un tel sentiment ! Et il n’y a vraiment pas de quoi bouder son plaisir !
vendredi 9 octobre 2015
Paix à la société civile tunisienne
L’attribution du Prix Nobel de la Paix au dialogue national en Tunisie me fait particulièrement plaisir. Non seulement parce que j’ai beaucoup travaillé dans ce pays – j’y ai effectué plus de 50 missions – et qu’inévitablement j’y ai rencontré des amis, mais aussi et surtout parce que ce Nobel est la reconnaissance d’un véritable mouvement démocratique et pacifique.
Comment ne pas oublier que la Tunisie est à l’origine du « Printemps arabe », à partir de décembre 2010 ? Par un slogan clair « Dégage », ils ont réussi – quasiment sans effusion de sang – à faire fuir le « président » Zine el-Abidine Ben Ali, toujours élu – depuis 1987 – avec au moins 98% des voix ! En quelques semaines, les Tunisiens ont réussi la « Révolution de la Dignité ». Un exemple quasiment unique dans l’histoire des révolutions !
Il ne suffisait évidemment pas de faire partir ce dictateur de salon pour résoudre tous les problèmes de la société tunisienne. Ceux-ci sont d’ailleurs loin d’être résolus : pas plus tard qu’hier, jeudi 8 octobre 2015, le député Ridha Charfeddine a été visé par une tentative d'assassinat par balles. Et on ne peut évidemment pas oublier les attentats meurtriers du Bardo et de Sousse.
Malgré ces violences innommables, la Tunisie poursuit son chemin vers une démocratie civilisée, basée sur le respect de toutes les parties de la société civile. Le quartette aujourd’hui primé – l'UGTT, syndicat historique en Tunisie et fer de lance pour son indépendance, le patronat (UTICA), la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) et l'Ordre des avocats – s’est constitué durant l'été 2013, « à un moment où le processus de démocratisation était en danger en raison d'assassinats politiques et de vastes troubles sociaux ». Il a organisé un long et difficile « dialogue national » entre les islamistes et leurs opposants, les obligeant à s'entendre pour sortir d'une paralysie institutionnelle.
Ce Prix Nobel de la Paix récompense bien entendu avant tout tous ces Tunisiens qui ont tout fait et qui continuent à tout faire pour que la transition soit vraiment démocratique et pacifique. Mais il encourage aussi tous les peuples partout dans le monde à s’inscrire dans la voie du dialogue avec la participation active de la société civile, de tous les citoyens qui ne désirent qu’une chose : « vivre en paix » !
Comment ne pas oublier que la Tunisie est à l’origine du « Printemps arabe », à partir de décembre 2010 ? Par un slogan clair « Dégage », ils ont réussi – quasiment sans effusion de sang – à faire fuir le « président » Zine el-Abidine Ben Ali, toujours élu – depuis 1987 – avec au moins 98% des voix ! En quelques semaines, les Tunisiens ont réussi la « Révolution de la Dignité ». Un exemple quasiment unique dans l’histoire des révolutions !
Il ne suffisait évidemment pas de faire partir ce dictateur de salon pour résoudre tous les problèmes de la société tunisienne. Ceux-ci sont d’ailleurs loin d’être résolus : pas plus tard qu’hier, jeudi 8 octobre 2015, le député Ridha Charfeddine a été visé par une tentative d'assassinat par balles. Et on ne peut évidemment pas oublier les attentats meurtriers du Bardo et de Sousse.
Malgré ces violences innommables, la Tunisie poursuit son chemin vers une démocratie civilisée, basée sur le respect de toutes les parties de la société civile. Le quartette aujourd’hui primé – l'UGTT, syndicat historique en Tunisie et fer de lance pour son indépendance, le patronat (UTICA), la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) et l'Ordre des avocats – s’est constitué durant l'été 2013, « à un moment où le processus de démocratisation était en danger en raison d'assassinats politiques et de vastes troubles sociaux ». Il a organisé un long et difficile « dialogue national » entre les islamistes et leurs opposants, les obligeant à s'entendre pour sortir d'une paralysie institutionnelle.
Ce Prix Nobel de la Paix récompense bien entendu avant tout tous ces Tunisiens qui ont tout fait et qui continuent à tout faire pour que la transition soit vraiment démocratique et pacifique. Mais il encourage aussi tous les peuples partout dans le monde à s’inscrire dans la voie du dialogue avec la participation active de la société civile, de tous les citoyens qui ne désirent qu’une chose : « vivre en paix » !
samedi 3 octobre 2015
Sui caedere : se tuer soi-même
Voilà longtemps que je voulais écrire un billet sur le suicide. C’est difficile. Comment mettre des mots sur un geste qui – par définition – supprime volontairement tous les mots ? Se suicider, c’est clamer qu’il n’y a plus de place pour le dialogue, que discuter ne servira plus à rien, que seul le silence peut encore apporter une réponse. Parler du suicide, c’est quelque part en nier la réalité !
Et pourtant, il y en a tant. Non seulement autour de moi, mais dans le monde entier. Environ un million de suicides par an, pour dix à vingt fois plus de tentatives. Un suicide toutes les 30 secondes. Une tentative environ toutes les 2 secondes. Réalité difficile à nier.
Chaque histoire est différente, dans toute sa complexité, sa singularité, ses sentiers égarés et tordus. Vu de l’extérieur, on peut comprendre certaines choses. Mais on ne peut jamais se mettre réellement à la place de celui ou de celle qui n’en peut plus, qui ne voit plus d’issue, dont le tourment est tel qu’il est insupportable et n’offre plus comme seule piste que la disparition.
Il me semblerait vain et méprisant de chercher à juger quiconque se suicide. On peut bien sûr se dire qu’il aurait pu agir autrement, que cela ne sert à rien, mais pour le suicidé, s’il est passé à l’acte, c’est qu’il n’y avait pas d’autre solution.
Il n’empêche, quelque part, le suicide est le sommet de l’orgueil, même quand il est le fait de personnes n’en ayant aucune once. Se suicider, c’est croire qu’on est à la fois le problème et la solution. C’est penser que tout ce qui ne va pas ne tient qu’à soi-même et qu’en se supprimant il n’y aura plus de problème. C’est évidemment illusoire. Les problèmes ne disparaissent pas par le suicide. Ils sont simplement déposés dans les bras de ceux qui restent. Cadeau empoisonné, parfois impossible à gérer ou à assimiler. Celui qui est parti ne s’est pas vraiment posé la question de ce qu’il laissait derrière lui. Le fardeau était si lourd pour lui qu’il a fini par s’imaginer qu’il était le fardeau lui-même et qu’il fallait donc disparaître. Si le problème était vraiment son existence, on pourrait penser que le problème disparaît par son départ. C’est sans doute ce que le suicidé pense. C’est rarement ce que ses proches vivront, même dans le respect de sa décision.
Je l’ai dit, aborder le suicide est difficile. Le faisant, je n’ai aucune prétention. Ce billet ne changera rien : si une personne suicidaire le lisait, je doute fort qu’il influence sa décision. Et pour ceux qui restent, après un suicide d’un proche, il n’apportera vraisemblablement aucun réconfort. Mais il est quand même étonnant de constater que ce sujet qui concerne tellement de personnes n’est que peu traité sur la toile, du moins en français.
Il se fait qu’il y a longtemps, en pleine jeunesse, je suis passé par là. Si je suis aujourd’hui en vie, c’est par un curieux concours de circonstances. J’ai finalement été sauvé par ceux qui m’avaient – à mes yeux – condamné. Sans savoir ni trop comment ni trop pourquoi, ils ont fait les actes qu’il fallait faire dans l’urgence. Après, au-delà de l’aspect purement physique, j’ai pu poser mon fardeau auprès d’amis qui m’ont aidé à retrouver le sens de la vie. Les deux personnes les plus impliquées dans cet événement de ma vie – le problème et la solution – sont malheureusement parties trop tôt, emportées chacune par la maladie. Mais je sais aujourd’hui pourquoi et comment je suis encore en vie. Heureux de l’être, grâce à ces autres personnes – mes proches – qui me construisent au quotidien.
La vie est la réalité la plus précieuse que nous avons. Elle n’est pas toujours facile. Loin de là. Mais elle est toujours un cadeau. Le suicide, lui, n’est jamais qu’une sortie de secours. La vie – aussi tortueuse soit-elle – est le chemin. Puisse chacun et chacune trouver le sien.
jeudi 1 octobre 2015
Mauvaise piste
Pas de chance : j’aime jouer ! Notamment à l’ordinateur, avec quelques jeux accessibles par Facebook. J’essaie de me limiter, mais la vérité est là : je joue ! Notamment, un jeu du style Trivial Pursuit. Je viens de devoir répondre à la question : « Combien y a-t-il de pistes dans un stade d’athlétisme ? ».
La réponse me paraissait évidente : 8 ! Dans toutes les grandes compétitions, il y a en finale 8 finalistes… et il faut donc au moins 8 pistes ! Mais le petit ingénu qui a proposé cette question n’est visiblement pas un connaisseur. Pour lui, la bonne réponse n’est autre que 6, oui j’écris bien six pistes ! C’était vrai il y a longtemps, c’est vrai dans un petit stade provincial ! Mais quand même, un vrai stade d’athlétisme a inévitablement au moins 8 pistes !
Si en athlétisme, on peut contester certaines victoires, que ce soit pour dopage ou non-respect des lignes ou je ne sais quoi encore, dans mon bête jeu, impossible de contester quoi que ce soit ! J’ai répondu 8 (= la bonne réponse). Mais il fallait répondre 6 (= la réponse attendue par un ignare). J’ai donc raté et j’ai perdu mon tour sur une question qui était pourtant tellement évidente !
Rassurez-vous : cela n’a aucune espèce d’importance ! J’attendrai simplement mon tour pour – sans doute – gagner la partie au bout du compte ! Et même si je la perdais – hypothèse peu probable – je continuerais à exister et à m’extasier de cette vie qui nous réserve toujours tellement de surprises !
N’empêche, je râle ! D’autant plus que jouant sur la version « ordinateur », il ne m’était même pas possible de signaler que cette question était vraiment mal foutue ! Quand je joue sur une tablette, c’est possible. Mais là, je n’avais qu’à constater l’étendue de l’ignorance humaine !
Ça la fout mal, non ?
La réponse me paraissait évidente : 8 ! Dans toutes les grandes compétitions, il y a en finale 8 finalistes… et il faut donc au moins 8 pistes ! Mais le petit ingénu qui a proposé cette question n’est visiblement pas un connaisseur. Pour lui, la bonne réponse n’est autre que 6, oui j’écris bien six pistes ! C’était vrai il y a longtemps, c’est vrai dans un petit stade provincial ! Mais quand même, un vrai stade d’athlétisme a inévitablement au moins 8 pistes !
Si en athlétisme, on peut contester certaines victoires, que ce soit pour dopage ou non-respect des lignes ou je ne sais quoi encore, dans mon bête jeu, impossible de contester quoi que ce soit ! J’ai répondu 8 (= la bonne réponse). Mais il fallait répondre 6 (= la réponse attendue par un ignare). J’ai donc raté et j’ai perdu mon tour sur une question qui était pourtant tellement évidente !
Rassurez-vous : cela n’a aucune espèce d’importance ! J’attendrai simplement mon tour pour – sans doute – gagner la partie au bout du compte ! Et même si je la perdais – hypothèse peu probable – je continuerais à exister et à m’extasier de cette vie qui nous réserve toujours tellement de surprises !
N’empêche, je râle ! D’autant plus que jouant sur la version « ordinateur », il ne m’était même pas possible de signaler que cette question était vraiment mal foutue ! Quand je joue sur une tablette, c’est possible. Mais là, je n’avais qu’à constater l’étendue de l’ignorance humaine !
Ça la fout mal, non ?
mercredi 23 septembre 2015
Le baiser des réfugiés syriens
István Zsíros © 2015
Cette photo a été prise par le photographe hongrois István Zsíros dans la gare Kelety de Budapest, le 30 août, alors que la Hongrie accueillait encore les réfugiés syriens fuyant la guerre. Photographe de mariages, il s’est rendu à la gare. « Une sorte de force supérieure m’a dit de regarder cette scène, et cette aide divine m’a donné la chance de prendre cette image. J’ai vu ce couple, et c’était vraiment touchant, surtout dans cet environnement. Alors, j’ai pris la photo. »
Je ne sais pas s’il y a une quelconque force supérieure qui aide à capturer une telle image, mais celle-ci est d’une force extraordinaire ! Elle vient en tout cas nous rappeler des éléments essentiels – trop souvent absents des discours politiques – face à cette grande transhumance actuelle : les réfugiés sont des êtres humains, comme vous et moi !
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche le bonheur.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à manger à sa faim.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche l’espoir d’être reconnu et d’avoir sa place dans la société.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à parler avec ses semblables, à échanger ses peurs et ses rêves, à reconstruire le monde.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche les moyens et les conditions nécessaires pour éduquer ses enfants et pour leur proposer une histoire à bâtir.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à travailler, à nourrir sa famille, à participer à la grande aventure humaine.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche la paix, celle des âmes, mais aussi celle qui lui permettra peut-être un jour d’oublier le bruit des fusils, des canons, des proches qui meurent à cause de politiciens ou de chefs inconscients du mal qu’ils génèrent.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à vivre, tout simplement.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche l’amour, celui qui s’échange et se construit dans des baisers et des caresses qui permettent de croire – ne fut-ce qu’un instant – qu’on est seuls au monde, unis par cette communion corporelle.
Comme tout être humain – ou presque –, un réfugié ou un migrant cherche à être humain.
Cette photo a été prise par le photographe hongrois István Zsíros dans la gare Kelety de Budapest, le 30 août, alors que la Hongrie accueillait encore les réfugiés syriens fuyant la guerre. Photographe de mariages, il s’est rendu à la gare. « Une sorte de force supérieure m’a dit de regarder cette scène, et cette aide divine m’a donné la chance de prendre cette image. J’ai vu ce couple, et c’était vraiment touchant, surtout dans cet environnement. Alors, j’ai pris la photo. »
Je ne sais pas s’il y a une quelconque force supérieure qui aide à capturer une telle image, mais celle-ci est d’une force extraordinaire ! Elle vient en tout cas nous rappeler des éléments essentiels – trop souvent absents des discours politiques – face à cette grande transhumance actuelle : les réfugiés sont des êtres humains, comme vous et moi !
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche le bonheur.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à manger à sa faim.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche l’espoir d’être reconnu et d’avoir sa place dans la société.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à parler avec ses semblables, à échanger ses peurs et ses rêves, à reconstruire le monde.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche les moyens et les conditions nécessaires pour éduquer ses enfants et pour leur proposer une histoire à bâtir.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à travailler, à nourrir sa famille, à participer à la grande aventure humaine.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche la paix, celle des âmes, mais aussi celle qui lui permettra peut-être un jour d’oublier le bruit des fusils, des canons, des proches qui meurent à cause de politiciens ou de chefs inconscients du mal qu’ils génèrent.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche à vivre, tout simplement.
Comme tout être humain, un réfugié ou un migrant cherche l’amour, celui qui s’échange et se construit dans des baisers et des caresses qui permettent de croire – ne fut-ce qu’un instant – qu’on est seuls au monde, unis par cette communion corporelle.
Comme tout être humain – ou presque –, un réfugié ou un migrant cherche à être humain.
lundi 14 septembre 2015
La chasse
Chercher à chasser toute discussion polémique n’est pas une mince affaire ! J’aimerais souvent me taire, mais c’est vraiment difficile de résister à la tentation de venir mettre mon grain de sel. C’est ainsi que je me suis retrouvé dernièrement dans une discussion à propos de la chasse. Avec une position claire : je suis contre.
Tout en étant nuancé évidemment. Il est absolument nécessaire de réguler la faune sauvage qui peuple nos bois et nos champs. Pas sûr cependant que cela passe par une opération de chasse basée malheureusement plus souvent sur le « plaisir de tuer » que sur celui de participer à l’équilibre de la nature.
Mon intention n’est pas ici de relancer ce débat, car je crois en fait que souvent les interlocuteurs se contentent de rester sur leur position et de la défendre sans trop écouter ce que l’autre a à lui dire. Ce n’est pas toujours le cas.
Je me souviens m’être retrouvé un jour chez un ami chasseur, convaincu de son fait. J’avais beau lui dire que pour moi, c’était avant tout le plaisir de tuer qui animait ces chasseurs du dimanche, il ne voulait rien entendre. Jusqu’au moment où nous avons entendu une détonation suivie de quelques mouvements ! Ensuite, le fils aîné de mon ami est arrivé arborant le corps meurtri d’un oiseau quelconque (j’avoue mon ignorance totale). Ce brave enfant venait de s’amuser avec son fusil à plombs à tirer l’oiseau et revenait tout altier vers son père, fier d’avoir pu faire comme lui ! Je vis le père blêmir, horrifié par le geste de son fils. Je sus par la suite que mon ami chasseur ne chassa plus. La détonation s’était faite également dans son cerveau, plutôt bien construit d’ailleurs ! C’est une amitié qui s’est délitée avec le temps et je ne sais pas trop où cet ex-chasseur en est aujourd’hui. Mais l’important n’est pas là.
L’important est que – malheureusement – la chasse continue. Elle s’étend même. Aujourd’hui, les cibles des chasseurs deviennent de plus en plus souvent des êtres humains. Vous savez, tous ces réfugiés et tous ces migrants qui arrivent chez nous avec l’espoir de pouvoir simplement y vivre. Pour certains, il faudrait les chasser. « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », et donc il faut réguler cet afflux de nouveaux arrivants. La meilleure solution n’est-elle donc pas la chasse ? Celle-ci est évidemment un peu plus sophistiquée que le fusil à plombs. Mais ça revient au même : on fait tout pour faire comprendre que ces gens-là n’ont rien à faire chez nous.
Faudrait-il qu’un des enfants de ces chasseurs de migrants prenne son fusil et tire un bon coup, croyant faire plaisir à son père, pour que les chasseurs à la conscience tranquille se rendent compte de ce qu’ils sont en train de faire ? Je ne suis même pas sûr que cela changerait quelque chose.
Quand la vie d’un être vivant – humain ou animal – ne devient qu’un objet de plaisir égoïste, on peut tout craindre. En sommes-nous là ?
Tout en étant nuancé évidemment. Il est absolument nécessaire de réguler la faune sauvage qui peuple nos bois et nos champs. Pas sûr cependant que cela passe par une opération de chasse basée malheureusement plus souvent sur le « plaisir de tuer » que sur celui de participer à l’équilibre de la nature.
Mon intention n’est pas ici de relancer ce débat, car je crois en fait que souvent les interlocuteurs se contentent de rester sur leur position et de la défendre sans trop écouter ce que l’autre a à lui dire. Ce n’est pas toujours le cas.
Je me souviens m’être retrouvé un jour chez un ami chasseur, convaincu de son fait. J’avais beau lui dire que pour moi, c’était avant tout le plaisir de tuer qui animait ces chasseurs du dimanche, il ne voulait rien entendre. Jusqu’au moment où nous avons entendu une détonation suivie de quelques mouvements ! Ensuite, le fils aîné de mon ami est arrivé arborant le corps meurtri d’un oiseau quelconque (j’avoue mon ignorance totale). Ce brave enfant venait de s’amuser avec son fusil à plombs à tirer l’oiseau et revenait tout altier vers son père, fier d’avoir pu faire comme lui ! Je vis le père blêmir, horrifié par le geste de son fils. Je sus par la suite que mon ami chasseur ne chassa plus. La détonation s’était faite également dans son cerveau, plutôt bien construit d’ailleurs ! C’est une amitié qui s’est délitée avec le temps et je ne sais pas trop où cet ex-chasseur en est aujourd’hui. Mais l’important n’est pas là.
L’important est que – malheureusement – la chasse continue. Elle s’étend même. Aujourd’hui, les cibles des chasseurs deviennent de plus en plus souvent des êtres humains. Vous savez, tous ces réfugiés et tous ces migrants qui arrivent chez nous avec l’espoir de pouvoir simplement y vivre. Pour certains, il faudrait les chasser. « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », et donc il faut réguler cet afflux de nouveaux arrivants. La meilleure solution n’est-elle donc pas la chasse ? Celle-ci est évidemment un peu plus sophistiquée que le fusil à plombs. Mais ça revient au même : on fait tout pour faire comprendre que ces gens-là n’ont rien à faire chez nous.
Faudrait-il qu’un des enfants de ces chasseurs de migrants prenne son fusil et tire un bon coup, croyant faire plaisir à son père, pour que les chasseurs à la conscience tranquille se rendent compte de ce qu’ils sont en train de faire ? Je ne suis même pas sûr que cela changerait quelque chose.
Quand la vie d’un être vivant – humain ou animal – ne devient qu’un objet de plaisir égoïste, on peut tout craindre. En sommes-nous là ?
samedi 29 août 2015
Quand on n'est que Milanov
Ce 29 août 2015, le brugeois Philip Milanov a gagné la médaille d’argent au lancer du disque, aux Championnats du monde d’athlétisme à Pékin. Jamais un belge n’a réalisé une telle performance. Nous avons déjà eu plusieurs médailles, mais elles n’étaient que de bronze. L’argent, c’est un exploit extraordinaire.
Au journal télévisé de la RTBF, on en a parlé, en fin de journal, pendant une quinzaine de secondes. Pourtant, si cette médaille d’argent avait été obtenue par un des frères Borlée, je suis sûr que cela aurait fait la Une du journal et qu’on en aurait parlé pendant au moins cinq bonnes minutes.
Alors, bien sûr, le lancer du disque est moins populaire et moins spectaculaire que le 400 mètres. Mais est-ce vraiment cela la différence de traitement entre deux informations ? Ce n’est pas lié aux athlètes : ils donnent chacun le meilleur qu’ils peuvent dans ces Championnats du monde. Les frères Borlée sont les plus médiatisés de tous ces athlètes belges, et ils le méritent bien. D’ailleurs, ce sont des cousins !
Ce qui fait la différence de traitement est malheureusement vraisemblablement à chercher ailleurs. Milanov a un nom qui finit par « ov » ! S’il est né, en 1991, à Bruges et s’il est donc « entièrement » belge, son père bulgare n’est arrivé en Belgique qu’en 1989. C’est donc un de ces immigrés dont la populace belge dit actuellement tant de mal, parce qu’ils viendraient voler notre pain et notre travail, sans oublier de violer nos filles et nos femmes.
Qu’on me comprenne bien : je ne tiens pas du tout à attiser moi-même ce racisme primaire qui fait tant de ravages actuellement. Bien au contraire : Milanov a – pour moi – réalisé un véritable exploit ce WE et il devrait logiquement recevoir tous les hommages médiatiques qu’une telle prestation mérite. Il en va d’ailleurs de même de Toma Nikiforov qui, alors même qu’il s’est blessé en début de combat, a décroché la médaille de bronze en catégorie des moins de 100 kg aux Championnats du monde de judo. Le JT en a parlé, rapidement. Lui aussi a un nom qui finit pas « ov ».
En publiant ce billet, je ne veux en rien faire le procès des journalistes, même si je suis convaincu qu’ils auraient pu traiter ces deux informations d’une toute autre manière. Ce ne sont que des informations sportives. Elles ne sont rien par rapport à celle qui parle de la mort de 70 migrants dans un camion, entre la Hongrie et l’Autriche. Mais la place qu’on veut bien donner à ces informations sportives ne reflète-t-elle pas la même logique que ces commentaires déchaînés de ceux qui osent dire « Bien fait pour eux ! » ?
Mais où allons-nous ?
Au journal télévisé de la RTBF, on en a parlé, en fin de journal, pendant une quinzaine de secondes. Pourtant, si cette médaille d’argent avait été obtenue par un des frères Borlée, je suis sûr que cela aurait fait la Une du journal et qu’on en aurait parlé pendant au moins cinq bonnes minutes.
Alors, bien sûr, le lancer du disque est moins populaire et moins spectaculaire que le 400 mètres. Mais est-ce vraiment cela la différence de traitement entre deux informations ? Ce n’est pas lié aux athlètes : ils donnent chacun le meilleur qu’ils peuvent dans ces Championnats du monde. Les frères Borlée sont les plus médiatisés de tous ces athlètes belges, et ils le méritent bien. D’ailleurs, ce sont des cousins !
Ce qui fait la différence de traitement est malheureusement vraisemblablement à chercher ailleurs. Milanov a un nom qui finit par « ov » ! S’il est né, en 1991, à Bruges et s’il est donc « entièrement » belge, son père bulgare n’est arrivé en Belgique qu’en 1989. C’est donc un de ces immigrés dont la populace belge dit actuellement tant de mal, parce qu’ils viendraient voler notre pain et notre travail, sans oublier de violer nos filles et nos femmes.
Qu’on me comprenne bien : je ne tiens pas du tout à attiser moi-même ce racisme primaire qui fait tant de ravages actuellement. Bien au contraire : Milanov a – pour moi – réalisé un véritable exploit ce WE et il devrait logiquement recevoir tous les hommages médiatiques qu’une telle prestation mérite. Il en va d’ailleurs de même de Toma Nikiforov qui, alors même qu’il s’est blessé en début de combat, a décroché la médaille de bronze en catégorie des moins de 100 kg aux Championnats du monde de judo. Le JT en a parlé, rapidement. Lui aussi a un nom qui finit pas « ov ».
En publiant ce billet, je ne veux en rien faire le procès des journalistes, même si je suis convaincu qu’ils auraient pu traiter ces deux informations d’une toute autre manière. Ce ne sont que des informations sportives. Elles ne sont rien par rapport à celle qui parle de la mort de 70 migrants dans un camion, entre la Hongrie et l’Autriche. Mais la place qu’on veut bien donner à ces informations sportives ne reflète-t-elle pas la même logique que ces commentaires déchaînés de ceux qui osent dire « Bien fait pour eux ! » ?
Mais où allons-nous ?
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