samedi 21 juillet 2012

Louez une voiture, qu’ils disaient…

Arrivant au soleil en avion, il nous fallait bien un moyen de déplacement quelconque, d’autant plus que les transports en commun n’ont pas l’air des plus disponibles. Bref, nous avons loué une voiture. Je vous passe le temps d’attente à l’aéroport pour enfin disposer dudit véhicule, car ce n’est qu’en en prenant possession que nous avons découvert un léger problème : la climatisation ne fonctionnait pas, pour un véhicule qui n’avait même pas 20 000 km au compteur.

Il devait être passé 20 heures lorsque nous roulions vers notre lieu de villégiature et il faisait étouffant ! Bref, nous avons vite compris que circuler avec ce véhicule serait suicidaire, surtout pour des ceusses qui comme nous ne sont pas habitués aux fortes chaleurs. Nous avons donc pris contact avec le loueur de voitures qui n’a pas hésité une seconde : une autre voiture était à notre disposition. Il fallait simplement faire une quinzaine de kilomètres pour en prendre possession. Ne nous plaignons pas : cela nous a permis de découvrir le quartier historique d’une agréable petite ville et d’y manger du poisson grillé dont on se souviendra longtemps.

Équipé de notre nouveau véhicule, nous n’avons pas hésité pour partir découvrir la capitale de ce pays chaud, accordant – sans doute à tort – toute notre confiance géographique à mon GPS importé de Belgique. Nous sentions se rapprocher la capitale lorsque ledit GPS nous indiqua qu’il préférait être rechargé si nous souhaitions bénéficier encore de ses services ! Nous appréciâmes cette marque d’attention, mais nous dûmes aussi nous rendre compte que cet appareil courtois était bel et bien connecté à la précieuse prise, appelée encore « allume-cigare » alors que plus personne n’allume de cigares en voiture. Enfin, je l’espère !

Un peu d’énervement, il faut bien l’avouer, surtout lorsque – sans plus prévenir cette fois – l’appareil géolocalisateur s’éteignit définitivement alors que nous étions entrés dans la ville dont nous ne connaissions rien.

Je vous rassure tout de suite : nous avons passé une très belle journée, à pied et en voiture, découvrant de superbes endroits. La grande question était celle du retour : comment allions-nous faire pour retrouver notre lieu d’hébergement sans avoir aucune carte ni indication quelconque ? Et bien, cela fut d’une facilité désarmante, à part les quelques embouteillages bien compréhensibles quand on quitte une grande ville à l’heure de pointe.

Arrivé « chez nous », je pus enfin vérifier mon hypothèse : le fusible de « l’allume-cigares » était hors d’usage ! Ça ne servait donc à rien de retourner chez le loueur de voitures qui n’aurait certainement pas eu un fusible en ordre de marche et qui n’allait quand même pas nous donner encore une autre voiture pour ce « petit » problème. Il suffisait de se mettre en recherche d’un nouveau fusible.

Bien vu ! Mais vous ne pouvez pas imaginer le nombre de formats différents de fusibles qu’il existe. Nous, nous avons besoin d’un « mini-fusible » (celui qui est tout à fait à gauche sur l’image).
Croyez-moi : c’est (quasi) impossible à trouver, surtout un samedi où tous les garages sont fermés ! J’ai fini par écouter ma femme – c’est ce que j’aurais dû faire depuis le début évidemment ! – et comme il y avait un autre fusible du même ampérage apparemment destiné au « chauffage » (dont nous n’avons pas vraiment besoin pour le moment), j’ai interverti les deux fusibles. La prise pour le GPS fonctionne… et nous verrons demain si la voiture ne s’arrête pas toute seule dès qu’il fera trop chaud. En route pour de nouvelles aventures !

jeudi 19 juillet 2012

Ultra

Courir pour le plaisir ou plus, il y en a des tas qui le font. Personnellement, je n’ai jamais été plus loin qu’un 20 km. En fait, j’en ai même fait trois : Bruxelles, Forêt de Soignes et Paris (avec là-bas un temps honorable pour moi… mais peu importe). Si j’ai chaque fois – il y a longtemps – souffert pour arriver au bout, je sais qu’il y a des gens pour qui un 20 km n’est qu’une promenade. Eux, ce qui les intéresse, c’est l’ultra : 6 heures, 12 heures, 24 heures, 6 jours, ultra-trail, raids par étapes, 100 km, 50 km, courses sur routes par étapes, etc.

Ce sont des fêlés. Mais de doux fêlés. Leur truc, c’est courir, courir et courir. Sans qu’ils sachent vraiment pourquoi, sans qu’ils sachent ce que cela leur apporte vraiment, à part bien sûr la souffrance, le dépassement de soi, l’abnégation. Il ne faudrait cependant pas les prendre pour des masochistes : même si lorsqu’ils courent, ils sont seuls face à eux-mêmes, ils forment une confrérie à part et sont toujours heureux de se retrouver, de vivre ensemble un nouveau défi. À leur niveau, la compétition n’est jamais le combat contre l’autre, mais toujours contre soi-même. Continuer à courir malgré la douleur, malgré la vacuité de la démarche, malgré la solitude éternelle.

Ne croyez pas que j’invente. Un gars ultra, j’en connais un. C’est un doux fêlé, mais il est ultra. Il a cette folie de courir, d’aller au-delà de ses limites… et de prendre son plaisir dans ces tas de petites choses de la vie qu’il avale sans retenue.

Non content de courir, il écrit. Au départ, ce n’est pas trop son truc, mais il nous délivre quand même des récits passionnants. N’hésitez pas à découvrir ses comptes-rendus des 6 jours d’Antibes 2012, de l’Ultr’Ardèche, des 100 km de Belvès et d’autres encore… Sur son blog « Manu Ultra Runner », mon ami Manu ne se contente pas de parler – avec modestie – de ses propres exploits : il partage sa passion de l’Ultra, nous fait découvrir des courses et des coureurs ou coureuses, il donne ses conseils de coach, il déménage comme on dit !

Avant de le connaître, je n’aurais même jamais imaginé que de telles courses fussent possibles. Maintenant que je sais, j’admire. L’Ultra, c’est vraiment ultra !


dimanche 24 juin 2012

Banque Bang


Savez-vous qu’il y a actuellement une crise financière qui n’en finit pas et dont on ne voit pas vraiment la fin ? La cause de cette crise ? J’avoue ne pas être économiste et je n’oserais prétendre détenir la vérité en la matière. Mais – en tant que citoyen européen – il me semble avant tout que ce soit la crise des banques.

Sans doute, y a-t-il une analyse plus simple et plus englobante : nous vivons au-dessus de nos moyens ! Les possibilités de crédit entraînent les gens à dépenser plus que ce qu’ils n’ont dans leur porte-monnaie pour bénéficier du rêve consummatoire. S’ils trouvent du crédit, c’est parce que les banques n’hésitent que rarement à leur fournir de l’argent avec la promesse de plantureux intérêts. Comme les banques n’ont pas assez d’argent pour accorder ces nombreux crédits, elles empruntent elles-mêmes auprès d’autres banques qui donnent de l’argent qu’elles n’auront jamais la possibilité de récupérer. On entre dans le monde nauséeux et nauséabond des créances douteuses.

À un certain moment, les banques n’ont plus d’argent… et elles font appel alors aux États. Ceux-ci n’ont pas plus d’argent que les banques. Ils n’arrêtent d’ailleurs pas d’emprunter et d’augmenter leur dette publique. Mais voilà, il paraît qu’ils ont une responsabilité vis-à-vis du système économico-financier. Alors, ils paient eux aussi. Jusqu’au moment où il n’y a plus d’argent.

La question qui se pose est simple, soutenue par ce qui s’est passé notamment en Islande : ne faut-il pas arrêter de soutenir – artificiellement – les banques et amener celles-ci à assurer leurs erreurs de gestion ? Ne faut-il pas opter définitivement pour le « banque bang » ?

Toutes les solutions qui sont actuellement adoptées pour soutenir les banques et les États déficitaires ne sont-elles pas que des emplâtres sur des jambes de bois ? Ne consistent-elles pas à absoudre les dirigeants inconscients qui n’ont pensé qu’à leurs plantureux et indécents salaires personnels ? Ne faut-il pas se dire une fois pour toutes que ce système financier ne peut plus durer comme tel et qu’il faut donc laisser crever les banques (et les banquiers) dans leurs sinistres magouilles ?

Bien sûr – et c’est cela qui me fait hésiter – une telle décision conduirait à des dégâts incommensurables. Surtout, des millions de petits épargnants verraient vraisemblablement leurs économies s’envoler en fumée virtuelle. Mais faut-il pour autant continuer à nourrir les comptes bien remplis de ceux qui ne vivent que de ce système financier ?

La question est complexe et – je le répète – je n’ai pas les clés pour y répondre de manière totalement pertinente. Mes lectures quotidiennes ne m’apportent pas plus d’éléments en un sens ou en un autre. Certains sont convaincus qu’il faut avant tout sauver le système pour éviter la catastrophe alors que d’autres affirment avec vigueur que la seule solution est de ne pas sauver le système afin de pouvoir déboucher sur un nouveau fonctionnement plus social, plus ouvert, plus responsable. Qui a raison ?

dimanche 3 juin 2012

La pluie

"Rosée de nuit" © Claude Théberge

Y a la pluie qui chagrine

Quand le temps est pourri

Mais qui nous rafraîchit

Quand le soleil décline

Il fut un temps où je rentrais souvent chez moi en survolant le ciel belge et en redécouvrant à chaque retour la beauté de cette terre. Je revenais de ces pays d’Afrique qui ont un charme fou, mais qui ne laissent voir du ciel qu’étendue de sable désertique ou que brousse désorganisée. Il suffisait de regarder les champs belges structurés, riches et fertiles pour comprendre ce qui fait la richesse de nos pays : la pluie !

La pluie est omniprésente, tout en laissant sa place aux jours sans pluie. Officiellement, un jour de pluie sur deux dans nos régions. En réalité, il pleut plus souvent la nuit que le jour, et nous bénéficions donc de toute évidence de plus de jours « sans » que de jours « avec ». Même si on a souvent tendance à faire croire le contraire.

Il y a pluie et pluie. On peut craindre le déluge qui nécessiterait l’arche de Noé, l’orage qui détruit parfois plus qu’il ne faudrait, la grèle qui plus souvent ravage qu’elle ne séduit. On peut ne pas trop aimer la bruine ou le crachin qui sans véritablement tomber nous transpercent jusqu’au os. Mais on se laisse séduire par une averse qui ne fait que passer, par une giboulée qui rappelle que l’hiver n’est jamais très loin, par une ondée qui vient nourrir la terre de son eau tout en laissant le soleil continuer à la chauffer…

Quel bonheur après certains orages de humer l’odeur de la pluie humide, de voir la terre et les plantes respirer pour se réjouir de cette manne céleste. Quel jaillissement d’espoir de savoir qu’après la pluie vient de toute façon le beau temps. Quel émerveillement de découvrir l’arc-en-ciel lorsque pluie et soleil se courtisent.

« Et ruisselle à jamais, sur le chemin, l’eau d’une heure de pluie, dans la lumière. »
(Yves Bonnefoy)

Qu’est-ce qui fait vivre la vie

Qui nous porte au-delà de nous

Qu’est-ce qui nous rend fou

Qui nous donne autant d’envie

Y a la pluie qui chagrine

Quand le temps est pourri
Mais qui nous rafraîchit

Quand le soleil décline

mardi 29 mai 2012

La fillette au cartable

Rentrant l’autre jour à la maison, je dépasse une fillette d’environ 12 ans, son cartable sur le dos, marchant d’un bon pas. Visiblement, elle s’apprêtait à parcourir le chemin qui la séparait du village : un bon demi-kilomètre d’une route étroite, sans dégagement et présentant dès lors un réel danger pour les rares piétons qui s’y aventurent. Spontanément, j’ai ralenti. Il me semblait normal de lui proposer de monter dans ma voiture pour passer ce sinistre goulet. Mais j’ai soudain réalisé ce que la situation signifiait et j’ai continué ma route, non sans verser une larme.

Les affaires sont passées par là… Aujourd’hui, s’arrêter pour proposer à une jeune fille de monter dans sa voiture ne peut être perçu que comme une tentative d’enlèvement. J’ai soudain pleinement compris que j’allais mettre cette fillette dans une situation impossible. On lui avait certainement dit, avec raison, de se méfier des hommes qui pourraient l’aborder. Son pas décidé semblait d’ailleurs témoigner de sa volonté d’avancer sans s’occuper de ce qui l’entourait. Comment aurais-je pu lui faire comprendre que je n’étais pas dangereux, que je souhaitais simplement lui rendre service et faire en sorte qu’elle ne soit pas obligée de cheminer dans cette zone dangereuse ? Le seul fait de m’arrêter à sa hauteur aurait sans doute provoqué sa peur : seul un « méchant » fait cela aujourd’hui…

Et si à ce moment-là une autre voiture était arrivée ? Si on m’avait vu « interpeller » cette jeune adolescente… ? Qu’en aurait pu penser le conducteur ou la conductrice de cette voiture ? Ne courrais-je pas le risque d’être dénoncé comme kidnappeur pédophile potentiel ?

Dans cette affaire, je ne pouvais être que seul à connaître mes bonnes intentions. Il ne me restait qu’une seule solution : ignorer cette petite, ignorer les dangers qu’elle allait courir… et continuer ma route comme si de rien n’était.

Ne sommes-nous pas tombés bien bas ? À cause de quelques malades qui s’en sont pris à des enfants, on ne peut plus aujourd’hui être naturel, solidaire, bienveillant…

Ancien instituteur, j’ai conscience que certains gestes d’affection, de soutien ou de commisération que j’ai eus vis-à-vis des enfants qui m’étaient confiés pourraient aujourd’hui – à tort – être interprétés comme tendancieux alors qu’ils n’étaient qu’empathie avec ces enfants.

Notre société souffre de nombreux maux. Celui d’avoir faussé les saines relations entre adultes et enfants est peut-être un des plus inacceptables. En tout cas, moi, je ne l’accepterai jamais, tout en ne pouvant rien y faire !

lundi 28 mai 2012

Chansons oubliées : L’espoir fait vivre, par Roger Guitary (1965)

Voilà bien une chanson complètement oubliée, pour autant d’ailleurs que quelqu’un (à part ma famille) l’ait jamais connue ! J’exagère sans doute, car ce 45 tours a quand même été publié chez « Ronnex Records », label qui édita de nombreux artistes entre 1951 et 1980.

Roger Guitary fut un de ceux-là. Il publia encore en 1967 deux autres 45 tours chez « Monopole Records » (Occupée et Juliette), sous le nom de Roger Wauthy cette fois. Il se rapprochait ainsi de son vrai nom : Roger Wautherickx !

Pour tout dire, ce brave Roger Wautherickx – il était effectivement très brave – était le livreur des légumes et autres aliments que ma maman commandait dans une supérette avant la lettre située près de la Place Vanderkindere. Assez naturellement, il nous avait proposé ses productions et comme c’était à l’époque quasiment un des seuls disques « modernes » que nous avions à la maison, il est beaucoup passé sur le Teppaz familial !

Le disque paraît en 1965, soit un an après que Robert Cogoi a représenté la Belgique au Concours européen de l’Eurovision, à Copenhage. Ce chanteur était alors en pleine gloire et on ne peut nier la parenté dans la voix et dans la manière de chanter des deux artistes. Enfin, « artiste » est peut-être un grand mot pour désigner Roger Guitary !

Quant à la chanson « L’espoir fait vivre » – la face B du 45 tours – elle ne mérite évidemment pas de figurer au panthéon des plus belles chansons françaises, mais je l’aime bien ! Moi qui avais 12 ans lors de sa découverte, elle me faisait rêver au moment béni où j’aurais enfin 18 ans ! Tout ça a bien changé ? Ah bon…

L'espoir fait vivre

L’espoir fait vivre, ma chérie
Écoute bien ce que j’te dis
Quand tu auras tes 18 ans
Et de plus rien tu ne dépends
C’est mieux d’attendre encore un peu
Avant de faire ce que tu veux
La vie n’est pas si drôle que ça
Tout change quand tu es dans mes bras

Chez toi chérie je le sais bien
On voudrait nous séparer demain
Laissons-les dire, laissons-les faire
Nous nous aimerons une vie entière

L’espoir fait vivre, ma chérie
Écoute bien ce que j’te dis
Quand tu auras l’âge désiré
Alors on pourra bien s’aimer

dimanche 27 mai 2012

Le vent

Y a le vent dans les bois

Qui murmure la douceur
Ou montre sa fureur

En donnant de la voix

Le vent m’a toujours paru mystérieux et envoûtant. Il est à la fois immatériel (on ne le voit pas, il est impossible de le saisir en mains) et bien réel (on le sent sur son corps, il fait bouger les choses). Le vent s’infiltre partout, là où il le veut, que ce soit d’une caresse douce ou d’une claque cinglante.

Le vent ne fait pas de bruit, mais c’est lui qui rend le silence absolu quasiment impossible, du moins en situation naturelle. On peut se balader dans la forêt la plus éloignée des bruits de la civilisation, assaillie par le calme profond. On peut y croire s’enrober de silence, mais on ne peut pourtant éviter le bruissement des feuilles, le craquement des arbres, le chuintement des branches… On est seul, mais le vent provoque tant de sons qu’on en est habité fondamentalement.

Le vent peut ainsi se faire léger souffle, douce brise, fragile zéphyr, rassurant suroît, limpide foehn… Mais bien sûr, il peut aussi se transformer en vilaine tempête, en froid blizzard, en glacial mistral, en obscur tourbillon… quand il n’est sinistrement ouragan, cyclone ou typhon destructeur et meurtrier. Le vent ne se dompte pas. Il peut hurler et, dans ce cas, il vaut mieux l’éviter et le fuir.

Qu’il soit douceur agréable ou force brutale, le vent garde ses mystères dont le plus profond est d’être toujours déjà ailleurs. Le vent ne fait que passer ou tourner. Nul ne peut l’enfermer, mais son souffle nous pousse toujours au-delà de nous-mêmes.

Qu’est-ce qui fait vivre la vie

Qui nous porte au-delà de nous

Qu’est-ce qui nous rend fou

Qui nous donne autant d’envie

Y a le vent dans les bois
Qui murmure la douceur

Ou montre sa fureur

En donnant de la voix

samedi 19 mai 2012

La maladie


Il suffit de la maladie d’un ami pour se poser de nombreuses questions sur le sens des maladies et de la souffrance. On ne se pose ces questions que parce que c’est un « ami ». S’il était plus que ça, un époux, un enfant, un frère…, on ne se poserait sans doute pas ces questions. On n’en aurait pas le temps, pris dans la danse infernale des soins. Mais quand « ce n’est qu’un ami » et que de plus il est loin, la seule chose qu’on puisse vraiment faire, c’est se poser des questions…

Pourquoi quelqu’un de relativement jeune se trouve-t-il embarqué dans une histoire difficile qu’il n’a pas voulue, pas cherchée ? Pourquoi ses proches sont-ils confrontés brusquement aux questions sans réponse, à l’angoisse du moment qui suivra sans savoir de quoi celui-ci sera fait, à cette dépense d’énergie évidente mais prenante pour adoucir les moments de celui qu’ils aiment… ? Pourquoi lui, pourquoi maintenant, pourquoi comme ça… ?

Ces questions n’ont sans doute pas de réelle réponse. Elles sont légitimes, mais n’ont pas de fondement. C’est comme ça, un point c’est tout ! Et il faut « faire avec », en utilisant toutes les maigres ressources que la médecine moderne possède.

Toute maladie a sans doute du sens. Mais celui-ci n’existe qu’après. Quand on relit la maladie, quand on regarde ce qu’elle a pu nous apporter ou nous enlever. Parfois alors, on peut y trouver du sens.

Inutile de chercher celui-ci du côté de Dieu. Je ne sais toujours pas s’il existe. Comment pourrais-je le savoir ? Mais même s’il existe, je suis profondément convaincu qu’il n’a rien à voir avec la maladie. Cette dernière existe par elle-même. Elle n’a pas besoin d’un instigateur divin ! Pourquoi d’ailleurs Dieu interviendrait-il d’une quelconque manière dans l’existence d’une maladie ? Ce serait contraire au sens même de Dieu. Certains diront, croiront qu’il peut intervenir sur la maladie. Je n’y crois pas trop, tout en me disant « Pourquoi pas ? ». Mais même s’il pouvait intervenir, il ne serait en rien responsable de la maladie. L’homme est fragile. Il est à la merci de n’importe quelle maladie, de n’importe quel accident, à n’importe quel moment. Dieu n’a rien à voir là-dedans.

Alors, plutôt que de chercher un sens improbable, il faut sans doute d’abord accepter, et puis lutter. Accepter que c’est ainsi. Lutter pour qu’il en soit autrement. La maladie n’a pas de sens, mais peut-être révèle-t-elle parfois le sens de la vie : créer un peu de lumière ?

mardi 1 mai 2012

Les rois de l'assistanat

Affreux, sales et méchants © Ettore Scola, 1976

Que ce soit dans la bouche de Charles Michel, de Nicolas Sarkozy ou de l’inénarrable Marine Le Pen, la lutte contre l’assistanat est un des slogans à la mode. Ce serait à cause de lui que la « crise » menace nos sociétés fondées sur l’opulence. Cachez ces pauvres que je ne saurais voir !

Comme Wikipédia le précise, le terme d’assistanat désigne péjorativement un système de redistribution des richesses ou de solidarité, dont les effets pervers ruinent la fonction. L’intention – la solidarité – serait noble, mais les moyens mis en place pour l’atteindre conduiraient à des abus individuels et à la faillite de l’ensemble du système ! Les personnes – les pauvres, les défavorisés de la vie, les chômeurs, les étrangers venus ici chercher un peu de ce bien-être que leur pays ne pouvait leur offrir… – ne seraient que des profiteurs vivant au crochet de la société ! Ils ne chercheraient qu’à recevoir de l’argent en refusant de prendre leur vie en mains et de s’enrichir par le travail…

Pourfendre aveuglément l’assistanat est d’abord avoir une très mauvaise connaissance de la réalité, comme l’ont dénoncé très justement M. Samuel Laurent, du journal Le Monde, il y a déjà un an, et tout récemment M. Claude Emonts, Président de la Fédération des CPAS de Wallonie et du CPAS de Liège. Tant en France qu’en Belgique, ce discours anti-assistanat se fonde sur des préjugés, des rumeurs et des idées fausses. Cela n’exclut pas le fait qu’il y a sans doute des abus individuels, comme il y en a malheureusement à tout niveau de la société.

Ces abus ne sont pas nécessairement le fait de ceux que l’on croit ! En réalité, il est nécessaire de lutter contre l’assistanat, pas celui des pauvres, mais celui des riches ! Celui-là est un réel fléau.

M’inspirant d’une argumentation souvent défendue par Isabelle, nous pouvons constater que nos sociétés favorisent un assistanat inacceptable :
  • quand les États renflouent sans arrêt les caisses des banques qui ont des difficultés du fait de la mauvaise gestion de leurs responsables, fondée sur la seule approche financière du profit à court terme ;
  • quand de grandes entreprises ayant profité d’aides accordées par les États ou par l’Union européenne n’hésitent pas à fermer des sites entiers ou à se délocaliser, sans se préoccuper des ravages économiques et sociaux que cela engendre ;
  • quand des administrateurs de grandes entreprises s’accordent des augmentations sans commune mesure avec la réalité de leur travail ou, pire encore, des « parachutes dorés » pouvant leur garantir de substantiels revenus même en cas d’incompétence de leur part ;
  • quand les États se sentent obligés de mettre en place des mécanismes permettant aux grosses entreprises d’éluder l’impôt (intérêts notionnels…) avec comme seul résultat de gros dividendes distribués aux actionnaires qui se frottent les mains, sans même se demander si elles sont vraiment propres ;
  • quand des mandataires publics abusent de leur fonction pour cumuler différents mandats, y compris (et surtout) ceux qui sont les plus rentables ;
Bien sûr, ce sont les entreprises qui sont créatrices d’emploi et par là de cette « richesse » qui contribue au bien-être. Il faut donc effectivement aider les entreprises. Mais il faut le faire dans un cadre bien strict. Il faut le faire dans l’intérêt non pas de la production de profits financiers ne bénéficiant qu’à une minorité de personnes déjà riches. Il faut le faire pour le développement social, culturel et économique de toute la population pour mettre en place les conditions nécessaires à un réel bien-être de chacun, en commençant par les plus faibles et les plus démunis.

jeudi 26 avril 2012

Une voiture à air

M’étant réjoui ici du premier vol de Solar Impulse, l’avion mû par la seule énergie solaire ou encore des vélos qui à coups de pédales permettent de purifier l’eau, je ne peux que mettre en exergue cette voiture futuriste fonctionnant à l’air. Enfin, du moins en partie.

Elle serait le fruit du travail d’un chinois, Tang Zhenping, qui vit dans une région des plus pauvres de la Chine. Il a construit la voiture de ses rêves. Celle-ci possède des batteries électriques, mais apparemment un énorme ventilateur placé à l’avant de la voiture génère de l’électricité qui leur donne de la puissance supplémentaire. Cette monoplace – une Formule 1 – aurait ainsi une autonomie de 140 kilomètres, ce qui n’est pas rien.

La vidéo qui présente le véhicule est en chinois… et j’avoue ne pas avoir tout compris !

Ce véhicule semble bien sûr un peu abscons et je ne suis pas sûr que nous soyons prêts à l’adopter, mais enfin il est quand même un pas en avant vers ce qui sera sans doute nos voitures d’ici quelques années. Pour autant bien sûr que tout cela soit vrai.

Mais enfin, on peut rêver. Se dire de plus que c’est un gars perdu dans les campagnes chinoises, sans aucun soutien de grandes firmes, qui construit un véhicule modifiant les rapports aux sources classiques d’énergie, c’est quand même pas mal. Alors, moi, je dis « Chapeau, mec ! ».

mercredi 18 avril 2012

Abstention, piège à cons

Les Français s’apprêtent à aller voter pour le premier tour des présidentielles. Il n’y aura sans doute pas trop de surprises – quoique ! – mais une information qu’il sera intéressante à analyser est certainement le taux d’abstention. Par celle-ci, de nombreux citoyens souhaiteraient exprimer leur ras-le-bol de la politique et/ou des politiciens, suivant en cela Jean-Paul Sartre qui, en 1973 déjà, avait lancé le slogan « Élections, piège à cons ». Comme d’autres, je pense cependant que le slogan doit être retourné : « Abstention, piège à cons » !

S’abstenir, c’est par définition ne pas s’exprimer ! Si quelqu’un veut montrer sa désapprobation du système, qu’il le fasse ! La meilleure solution devrait alors être le vote nul : faire des graffitis sur le bulletin de vote, y écrire ses mémoires ou tout autre slogan, etc. Ce n’est malheureusement plus toujours possible. Je ne sais pas ce qu’il en est en France, mais en Belgique où le vote électronique existe dans de nombreuses communes, il (m’)est désormais impossible de voter nul. Il ne (me) reste que le vote blanc qui pourrait ressembler à une abstention, mais qui ne l’est pas. La situation en France et en Belgique est évidemment aussi différente, car chez nous, théoriquement, le vote est obligatoire. Cela dit, abstention, vote blanc ou vote nul, tout cela revient au même : ça ne « compte » pas !

S’abstenir, c’est ne pas s’exprimer, mais c’est aussi dès lors favoriser la majorité… et donc favoriser le système ! C’est là que s’abstenir est un piège à cons.

En effet, assez logiquement, les abstentions ne sont pas prises en compte dans les calculs de voix et de pourcentages de voix, pas plus que les votes blancs et les votes nuls d’ailleurs. C’est là que les problèmes surgissent. Essayons d’illustrer ceux-ci.

Pour faire simple, admettons qu’il y ait une élection avec plusieurs candidats et exactement 100 électeurs potentiels. Le jour de l’élection, seules 80 personnes se présentent aux élections. Il y a donc 20% d’abstentions. À qui profitent celles-ci ?

La candidate Mme Sourifaux obtient 40 voix. Le deuxième candidat, M. Lang-Debois, en obtient 20. Deux candidats – M. Vilain et Mme Hautetoit de Laque G’mimaite – se partagent le reste des voix : 10 voix à chacun. Si on réfère ces scores au nombre d’électeurs potentiels, à savoir 100, les deux premiers ont respectivement 40% des voix (40/100) et 20% (20/100). Les deux derniers n’ont que 10% des voix. On voit que Mme Sourifaux est en tête, mais elle n’atteint pas la majorité absolue.

Par contre, si on ne tient pas compte des abstentions – et c’est comme cela que ça se passe dans la réalité – les pourcentages se modifient : Mme Sourifaux obtient 50% des voix (40/80), M. Lang-Debois 25% (20/80), M. Vilain et Mme Hautetoit de Laque G’mimaite ayant chacun 12,5% (10/80). On peut aisément voir que les 20% d’abstentions se sont réparties proportionnellement aux scores de base : Sourifaux gagne 10%, Lang-Debois 5% et les deux « petits » chacun 2,5% (soit un total de 20%). Non seulement, grâce aux abstentionnistes, chacun gagne du « poids », à l’avantage des plus « gros », mais de plus, Mme Sourifaux atteint presque la majorité absolue (50% + 1 voix). On voit clairement que l’abstention favorise celui ou celle qui obtient le plus de voix, contrairement sans doute à ce que les abstentionnistes espèrent !

S’abstenir, c’est non seulement ne pas s’exprimer, mais c’est en plus aider ceux qui obtiennent au bout du compte le plus de voix. C’est vraiment un piège à cons !

Certains militent pour que les abstentions, les votes blancs et/ou les votes nuls soient pris en compte dans les calculs. Cela se fait dans certains pays (Suisse, Espagne, Suède…) pour certains scrutins. Le problème est cependant qu’on ne peut jamais vraiment interpréter le sens de ces (non-) « votes ». Une abstention peut par exemple résulter d’un désintérêt total pour la vie politique ou au contraire correspondre à un choix politique actif en voulant montrer son désaccord. Comment dès lors considérer de la même manière ces deux significations différentes, voire opposées ?

Bref, qu’on le veuille ou non, la meilleure manière de faire est sans doute d’aller voter. Dans l’élection présidentielle, au premier tour, voter pour les « petits candidats » permet d’exprimer d’une certaine manière son mécontentement sans favoriser les « grands candidats » tout en exprimant une certaine direction. Évidemment, au second tour, c’est différent !

Finalement, que chacun fasse comme il sent devoir le faire !

mardi 17 avril 2012

Mon blog n’est pas français

Depuis que ce blog existe, il est clairement belge, ce qui n’exclut pas que je m’y intéresse à toutes sortes de réalités internationales, y compris françaises. Mais je revendique ma belgitude, non pas par nationalisme ou par obsession, mais tout simplement parce que la réalité belge est celle que je connais le mieux !

Au moment de créer ce blog, je me suis assez naturellement tourné vers Blogger, le fournisseur de blogs de Google. Ça me semblait bien fait, simple à utiliser et correspondant à mes attentes. C’était de plus gratuit ! Un défaut quand même : au départ, il n'y avait pas de système de statistiques (et celui qui est désormais inclus n'est pas très performant ni très précis). J’ai donc fait appel à un fournisseur – tout aussi gratuit – spécialisé dans le comptage des visites, donnant un certain nombre de renseignements, non pas indispensables, mais utiles et intéressants, dont notamment les adresses IP de provenance.

Tout allait bien jusqu’au moment où j’ai constaté – il y a une quinzaine de jours – une diminution brusque du nombre de visiteurs de Réverbères ! C’était relativement étonnant, parce qu’il n’y avait pas vraiment de raison à cette diminution.

Puis, j’ai fini par comprendre : sans que j’en aie été averti, mon blog a désormais deux adresses URL : que vous tapiez http://reverberes.blogspot.com/ ou http://reverberes.blogspot.fr/, vous arrivez au même endroit ! Mon blog a donc été francisé et il est vraisemblable que la plupart des visiteurs français arrivant sur mon blog par un moteur de recherche sont automatiquement déviés sur l’adresse française. Mon compteur ne comprenant pas cette subtilité, il ne comptabilise que les « .com » et non pas les « .fr ». Alors que depuis le début de l’année, le pourcentage de visiteurs français est de 37,99%, pour ces sept derniers jours, il est tombé à 2,99% ! Les Français continuent bien sûr à visiter Réverbères, mais ils ne sont plus comptabilisés par mon compteur ! Dans mes comptes, la majorité de mes visiteurs disparaît donc !

Ça m’énerve, mais ce n’est pas dramatique, j’en conviens aisément. Finalement, ce qui m’énerve peut-être le plus, c’est que mon blog soit devenu – en partie – « français ». Je n’ai rien contre les Français. Bien au contraire, ils sont les bienvenus sur ce blog qui est d’ailleurs aussi répertorié sur le site http://www.paperblog.fr/ qui reprend une série de blogs qui en valent la peine. Mais ce n’est pas parce que les visiteurs français sont les bienvenus que mon blog est français. Ce changement unilatéral d’URL me vole un petit peu de mon identité. Et ça, je n’aime pas trop.

Il y a bien sûr des tas de choses bien plus graves dans notre monde, mais on exprime les coups de blues qu’on peut…

lundi 16 avril 2012

Invasion canine et policière

Or donc, je faisais gentiment un peu de jardinage. J’avais terminé tout ce que j’avais à faire et je rapportais progressivement les outils au garage. Soudain, je vis fuir un chien qui ressemblait à celui de mon voisin, avec qui j’entretiens les meilleures relations (tant avec mon voisin qu’avec son chien). Je m’étonnai de cette fuite, parce que d’habitude Ramsès (c’est le nom du chien, ou plutôt de la chienne) ne me fuit pas. Je m’étonnai d’ailleurs encore plus de la voir toute seule à cet endroit-là où elle n’avait rien à faire, mais avec un chien, on ne sait jamais.

Bref, je retournai chercher d’autres outils quand je vis débouler dans mon jardin, sans me prêter la moindre attention, une autre drôle de bête (sans doute plus que les chiens) : un flic, matraque en mains ! Visiblement, il courait après quelqu’un. Pas après moi, car je ne semblais pas du tout l’intéresser !

Je pris mon courage à deux mains et me rapprochai de cet énergumène qui était entré chez moi impétueusement (et illégalement). Je lui demandai ce qu’il faisait là. Question simple et naturelle, si ce n’est qu’habitant en Flandre, je m’étais évidemment adressé à lui en flamand, langue que je ne maîtrise malheureusement qu’imparfaitement. Enfin, je compris rapidement qu’il était à la poursuite d’un chien. Cela vaut toujours mieux qu’un voleur, un assassin ou un politicien ! Nous essayâmes vaille que vaille de dialoguer et je lui expliquai que mon voisin Raf avait une chienne qui ressemblait à ce qu’il me décrivait. J’eus beau lui dire que Ramsès était la gentillesse même (elle est pourtant censée garder la maison), mon policier belliqueux n’en semblait pas convaincu.

C’est alors que je vis près de la clôture qui sépare nos deux jardins la brave Ramsès roucouler avec un autre chien qui - de loin - lui ressemblait beaucoup. Pendant que le policier m’expliquait qu’il voulait attraper ce chien qui tuait par ci par là des brebis, je vis débouler un deuxième pandore. Décidément, c’était une véritable invasion.

De loin – n’étant pas spécialement ami des bêtes, je n’osais m’approcher – je voyais Ramsès continuer à faire les yeux doux à cet autre spécimen de la race canine qui me semblait finalement plus amoureux que guerrier. Ce n’était pas le cas du troisième agent qui passa à côté de moi en courant, matraque au poing, sans me jeter le moindre regard ! Enfin, je laissai faire en postulant que je ne risquais rien puisque mon jardin était envahi par « les forces de l’ordre ».

Ça ne semblait pas évident d’y mettre de l’ordre d’ailleurs. Je ne sais trop ce qu’ils ont fait, mais de longues minutes ont passé. Je me suis finalement résolu à me rapprocher de la clôture, un peu plus loin. Comme je m’y attendais, Ramsès s’est directement dirigée vers moi pour réclamer les caresses auxquelles elle a toujours droit. Nous avons un peu discuté ensemble, même si ce n’est pas évident de discuter avec un chien néerlandophone. Elle m’a quand même clairement signifié qu’il se passait des choses bizarres.

Finalement, j’ai vu un des pandores porter à bout de bras un chien ressemblant de plus près à un loup. Le premier flic me dit qu’ils couraient après lui depuis plus d’un kilomètre et qu’il était fatigué ! Il l’avait sans doute surtout endormi. Je me suis d’ailleurs dit qu’heureusement il ne m’avait pas confondu avec le chien.

Puis, les trois agents sont partis en camionnette avec le chien. Sans un mot d’explication ou d’excuse. Ils estimaient sans doute avoir fait leur devoir… et le fait d’être entrés dans une propriété tant privée que paisible ne leur semblait pas un élément digne d’intérêt. Ils avaient surtout selon eux sauvé tout le cheptel local d’une mort certaine par un très dangereux chien-loup (amoureux éperdu d’une ravissante chienne de type Lassy).

Quoi qu’il en soit, vous avez bien compris que je me demande encore qui était le plus dangereux : ce chien égaré ou ces trois policiers armés feignant d’ignorer superbement qu’il y avait de braves gens autour d’eux ?

lundi 9 avril 2012

Imaginez le cortège de la STIB…

Ce qui s’est passé samedi est effroyable : un superviseur de la STIB (Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles) venu constater – comme la procédure le veut – un banal accrochage entre un bus et une voiture particulière a reçu un coup de poing – un seul a suffi ! – de la part d’un ami du conducteur de la voiture et en est mort. Réaction immédiate et compréhensible de la STIB : arrêt des services jusqu’à plus tard. OK. Mais était-ce la seule et unique bonne réaction ?

Il est clair que personne ne pouvait passer à côté de cela. La STIB et tous ceux qui y travaillent sont là pour rendre service. Le service public, une notion qui il est vrai tend à avoir de moins en moins de sens. Qu’un employé de la STIB puisse décéder dans l’exercice de ses fonctions pour une banale altercation, c’est dramatique. Et il fallait marquer le coup.

En arrêtant tous les services pour une durée déterminée ? J’avoue ne pas en être convaincu. L’immense majorité des usagers qui auront à subir cette grève sont fondamentalement solidaires des employés de la STIB, mais ils ne pourront que constater que celle-ci, de ce fait, ne peut plus leur rendre le service pour lequel elle existe. Ce qui s’est passé est inacceptable. Arrêter de fournir le service public de transport l’est-il plus pour autant ?

Il fallait faire quelque chose. C’est certain. Mais à quoi sert d’arrêter les services tout le temps du WE de Pâques ? À rien sans doute, si ce n’est à embêter ceux qui avaient, ce WE-là, besoin des transports publics à Bruxelles. Et ils sont nombreux, qu’ils soient touristes en besoin de visiter la ville, ou tout simplement bruxellois en besoin de se rendre là où la ville les appelle.

Dans un débat sur Facebook, j’ai osé lancer une action alternative : au lieu de laisser les trams et bus au dépôt, au lieu de se tourner les pouces, au lieu même de faire une petite manifestation de 300 personnes, qu’on fasse rouler les véhicules ! Mais qu’ils forment un gigantesque cortège. Imaginez tous les trams et tous les bus de la STIB former un cortège unique, autour de Bruxelles. Imaginez que tous les usagers, prévenus du cortège, puissent à n’importe quel « arrêt » faire un signe et monter dans le véhicule – gratuitement bien sûr – pour manifester leur solidarité avec tout le personnel de la STIB et des autres sociétés de transport public (qui auraient pu bien sûr se joindre au mouvement). Imaginez…

Tout le monde a oublié les nombreuses grèves des différentes sociétés de transport public. Chaque fois, la cause de cette grève est sans doute justifiée. Mais elle ne sert la plupart du temps à rien d’autre qu’à ennuyer l’usager lambda, qui n’a rien à voir avec la cause du problème. On se fait une raison, mais surtout on oublie.

Personne pourtant n’a oublié l’image de ces tracteurs déversant le surplus de lait dans les champs. Tout le monde se disait alors qu’il y avait là quelque chose d’inacceptable. Et tout le monde était solidaire avec les fermiers en se disant qu’il fallait vraiment faire quelque chose.

Autre chose que la grève. Celle-ci n’a aujourd’hui plus beaucoup de sens. Ce qu’il faut, c’est marquer les esprits. L’arrêt de services de la STIB ne marquera l’esprit de personne, ou alors de manière bien éphémère. Mais imaginez un cortège de tous les véhicules de la STIB. Ces images feraient le tour du monde et marqueraient fondamentalement tout le monde, y compris peut-être les fauteurs de troubles.

On n’en est pas là. Dommage. Mais imaginez…

dimanche 8 avril 2012

Sois fier d’être Belge, sauf que…

Bon d’accord, Tom Boonen a gagné. Il n’est d’ailleurs pas le seul sportif belge a s’être illustré durant ce WE. Qu’on pense à l’équipe nationale de rugby, devenue championne d’Europe dans sa catégorie. Sans oublier la paire belge De Ketele et Van Hoecke, nouvelle championne du monde en course à l’américaine (cyclisme sur piste, pour les incultes). Que dire aussi de la brillante victoire de l’équipe belge en Coupe Davis sur l’Angleterre ? Bref, tout ça, c’est pas mal, mais où en est la Belgique avec la grève de la faim des sans-papiers ? Veut-elle battre un nouveau record du monde ?

Les catholiques, très fiers d’eux, fêtent ce WE Pâques. Ce devrait être leur plus grande fête, celle qui donne son sens à la vie, à l’amour, à la fraternité. Pour ce que j’en ai vu, ce ne fut que des flonflons inutiles et totalement déconnectés du monde réel dans lequel on vit. Pourtant, si Jésus est ressuscité, n’est-ce pas pour donner du sens à la Vie et à l’Amour ? Celui qui permet au plus petit d’entre tous les petits d’être reconnu et respecté pour ce qu’il est ?

Dans notre société belge, largement catholique même si le nombre de pratiquants commence à se compter sur les doigts de quelques mains, on peut se poser la question de savoir si elle sait encore ce que signifie la solidarité humaine. Et c’est une lourde question.

Depuis 87 jours, un groupe de sans-papiers fait la grève de la faim dans un bâtiment de la VUB (Vrije Universiteit Brussel). Simplement – comme l’écrit très bien Laurette –, ils ne veulent plus vivre sans droits, exploités dans le travail, dormant à la rue ou dans des squats, ou encore sous la coupe des marchands de sommeil. Ils ne veulent pas dépendre d’aide sociale, de Fedasil ou d’autres structures. Ils ne veulent plus avoir peur d’être dans l’espace public. Ils veulent une vie normale. Ils continuent simplement à demander le droit de vivre normalement, de travailler (un permis de séjour d’un an et un permis de travail).

Et la majorité des Belges s’en fout ! Tout comme les responsables politiques. Selon toute vraisemblance, certains de ces grévistes vont mourir. Ils y sont en tout cas décidé s’ils n’obtiennent pas ce simple droit d’exister.

Je ne suis pas de ceux qui pensent que la Belgique est l’Eden paradisiaque qui pourrait accueillir tous les exilés du monde. La question n’est pas là. Mais je suis de ceux qui pensent que la Belgique peut accueillir en son sein ceux qui veulent s’y intégrer, qui veulent – grâce à elle – retrouver un peu de dignité, qui espèrent tout simplement être des « hommes » et non des laissés-pour-compte qu’il suffit d’ignorer superbement.

Demain, Madame Maggie De Block, secrétaire d'État en charge de l'Asile et de l'immigration, il sera peut-être tout simplement trop tard ! Est-ce cela la Belgique dont je suis fier ? Pas sûr…