samedi 20 mars 2010

Rendez-nous Tintin !

J’ai célébré ici l’inauguration du Musée Hergé, à Louvain-la-Neuve. Un très bel outil pour mettre en valeur l’œuvre de ce génie de la bande dessinée.

Malheureusement, les gestionnaires des droits liés à cette œuvre semblent une fois de plus délirer. Au terme d’un procès en appel, la société Moulinsart et M. Nick Rodwell sont parvenus à condamner l’écrivain et tintinophile Bob Garcia à payer la somme de 50 000 euros. Son tort est d’avoir écrit 5 petites études sur Hergé tirées à quelques centaines d’exemplaires par une association tintinophile sans but lucratif. Assez logiquement, Bob Garcia a reproduit quelques vignettes issues de l’œuvre d’Hergé, en citant ses sources. Cela correspond a priori au droit de courte citation, même si j’avoue ne pas connaître les attendus du jugement. On peut imaginer que les avocats de Moulinsart auront utilisé des arguments massues pour convaincre les juges qu’une simple citation dans le cadre d’une étude était une atteinte aux droits de l’œuvre.

Il semble que toutes les tentatives de négociation et de discussion ont échoué, y compris la demande de paiement par étalement. Aujourd’hui Moulinsart et Rodwell mettent deux hypothèques sur la maison de Bob Garcia, incapable de payer une telle somme. Demain, ils peuvent ordonner la vente forcée et le jeter à la rue pour exercer leur « pouvoir ». Comme on peut le sentir sur son blog, il est physiquement et moralement épuisé par cette lutte inégale et injuste. On le serait à moins.

Comme le soulève le Comité de soutien à Bob Garcia, au-delà de cette sinistre affaire, ce sont la liberté d’expression, le droit à la parodie et le droit à l’exégèse qui sont gravement remis en question. Pour permettre l’exercice de ces droits fondamentaux, il est essentiel de protéger et de défendre le droit d’auteur. Mais il est aussi essentiel que cette défense ne soit pas un diktat aveugle qui enlève tout honneur à ceux qui l’imposent.

Tintin n’est pas mort et il ne mourra sans doute jamais. N’empêche, il doit certainement se retourner dans sa tombe !

samedi 13 mars 2010

Plastique que ça

Petits fragments de plastiques, bouchons de bouteilles, filets, cartouches vides, morceaux de cigarettes... Les scientifiques de la Sea Education Association (SEA) ont découvert dernièrement un énorme amas de débris plastiques dans l'Atlantique Nord, amas qui cause notamment la mort de centaines d'animaux marins. Cette immense décharge flottante est située à environ 1 000 km des côtes américaines, à l'est de la Floride et sous les Bermudes. Les déchets s'accumulent à cet endroit, car c'est une zone de hautes pressions, où les vents sont faibles et où les courants tournent en rond dans le sens d'une aiguille d'une montre.

Ce continent de déchets plastiques n’est pas le seul au monde ! En 1997 déjà, la « poubelle de l'est du Pacifique » (Eastern Garbage Patch) était découverte par le capitaine Charles Moore. En novembre 2006, Greenpeace découvrait encore, lors d'une expédition dans le Pacifique entre Hawaii et la Californie, une plaque de déchets d'un peu plus 600 000 km2 et de plusieurs millions de tonnes, formant une île plus grande que la France juste à proximité de la plus grande réserve marine au monde !

Cette situation désastreuse aura peut-être une issue heureuse d’ici… quelques dizaines d’années ! En même temps qu’on annonçait la découverte de cette île polluée, des chercheurs du géant informatique IBM et de l'université californienne de Stanford annonçaient la création d'un plastique biodégradable fabriqué à partir de plantes, qui pourrait remplacer le plastique issu de dérivés pétroliers.

Il semblerait que le processus, relativement économique, permettrait d’obtenir un plastique pouvant se recycler à l'infini, au lieu d'une seule fois comme c'est le cas du plastique actuellement fabriqué à partir du pétrole. Ce plastique vert pourrait également être compatible avec l'organisme humain pour améliorer l'effet de certains médicaments, notamment ceux contre le cancer.

On n'ose y croire… et pourtant cela semble bien vrai. Il est évident que ce plastique, si sa production industrielle se confirme, ne va pas remplacer du jour au lendemain tous les objets plastiques qui peuplent notre quotidien et qui viennent polluer notre environnement d’une manière ou d’une autre. Mais on peut quand même se réjouir d’une telle solution alternative. Plus que jamais, les Hommes sont confrontés à la nécessité de développer des pistes durables et respectueuses de l’environnement. Il est temps !

jeudi 11 mars 2010

Ma sage tête

Je l’avoue, j’ai succombé, une fois de plus. En réalité, je n’imagine plus un passage dans l’hôtel Palissandre, à Antananarivo, sans un moment de détente dans son SPA. Finalement, je suis ici en pleine tension professionnelle, dans un contexte sociopolitique difficile. Alors, il me semble que j’aurais bien tort de me priver de ces instants où j’oublie tout, sauf les sensations fournies par mon propre corps.

Mes voyages ici s’espacent, mais je sais désormais ce dont j’ai besoin : une petite heure d’un massage relaxant, sous des mains professionnelles. C’est toujours la même chose, sauf que c’est chaque fois différent : étant chaque fois pris en charge par une autre masseuse (en tout bien tout honneur… mais enfin, c’est mieux quand même que ce soit une masseuse qu’un masseur…), je peux découvrir d’autres sensations, d’autres manières d’aborder la détente.

L’opératrice du jour avait des gestes parfois d’une extrême douceur, se contentant d’effleurer ma peau, mais globalement se caractérisait plutôt par une approche forte. Détendande, mais forte. Une pression sur des endroits sensibles qui entraînent une relaxation extrême. Saisissant.

Ce n’est pourtant pas ce qui m’a le plus saisi. J’ai été entraîné dans un autre monde par les quelques mouvements qu’elle a menés autour de ma tête. Je ne sais pas comment elle s’y est prise. Ce n’était que des effleurements, des frôlements dont je ne sais même pas s’ils étaient réels… Mais je me sentais aspiré vers un autre monde. À ce moment-là, je ne savais même plus que j’avais un corps, alors que j’étais justement là pour me consacrer à lui… Je ne savais pas non plus si j’avais un esprit, et encore moins une âme… J’étais envolé. Surprenant.

Pas de morale là-dedans. Juste un nouvel instant magique où des doigts de fée m’ont emporté là où je ne pensais pas aller et sans que je sache comment j’y suis arrivé. Décidément, j’ai encore beaucoup de choses à découvrir !

mercredi 10 mars 2010

À la guerre comme à la guerre

Il ne faudrait pas croire que les guerres mondiales sont terminées. Elles se jouent simplement autrement.

Prenons le cas de Madagascar. On pourrait croire, quand on en suit un peu l’actualité, qu’il ne s’agit que d’une dispute dans la cour de récréation, où des egos incommensurables empêchent toute solution à la situation pourrie dans laquelle ce pays se trouve. Il y a certainement de cela, mais c’est plus complexe quand même.

Le complexe, c’est que le Président, Marc Ravalomanana, qui a été « destitué » il y a plus d’un an maintenant était d’obédience étatsunienne (et protestante). Cela ne plaisait pas trop au colonisateur français. Alors, la France a appuyé le mouvement d’Andry Rajoelina ! Un DJ (catholique) qui avait réussi, beau gosse (avec une belle femme). Mais il ne suffit pas d’être un bon DJ (catholique) et un beau gosse (avec une belle femme) pour faire un bon chef d’État. Seulement, celui-ci s’y est cru et souhaite y rester. La France appuie, sans pouvoir le faire de manière officielle, car la Communauté internationale ne voit pas – avec raison – tout cela d’un bon œil. Difficile quand même d’accepter qu’on dise à un Président élu « Tu as fait des erreurs, va-t’en ! » sans autre forme d’élections libres.

Bref, on est bel et bien dans une guerre franco-américaine, même si les belligérants ne sont ni l’un ni l’autre.

En attendant, c’est le peuple qui trinque. Quel avenir a-t-il encore ? Les projets sont en standby (je me permets exceptionnellement d’utiliser les deux langues pour ne pas faire de jaloux…). Il y a de nouvelles équipes qui ont repris les anciens projets pour essayer d’en faire quelque chose. Ces nouvelles équipes sont motivées et même peut-être compétentes. Simplement, elles ne savent pas ce qui s’est passé avant. Et donc, tout est à recommencer, non sans un retour en arrière au passage. Désastreux. Ce n’est pas un avis gratuit. C’est la réalité que je vis.

Tout ça parce que les Français n’appréciaient pas trop de ne plus être souverains dans un pays dont ils ne sont plus les colons depuis longtemps. Il y a de quoi être découragé, non ?

mardi 9 mars 2010

Pink Floyd montre l’exemple !

La problématique des droits d’auteur est très complexe. À qui appartient quoi ? Je ne rentrerai pas dans le détail, mais cette problématique devient de plus en plus importante avec l’explosion des supports numériques qui permettent une diffusion exponentielle des œuvres sans qu’on puisse réellement en assurer le contrôle.

Faut-il seulement en assurer le contrôle ? C’est une question complexe et des solutions telles que la loi Hadopi en France ne me convainquent pas. Il n’en reste pas moins qu’une « œuvre » ne tombe jamais du ciel. Pas même de la face cachée de la lune. Il a fallu que quelqu’un y travaille, y passe du temps, y donne de sa créativité. Le droit de l’auteur me semble quelque chose d’essentiel et de réellement « inaliénable », en ce sens qu’il ne peut pas être retiré à l’auteur. Comme tout se vend de nos jours, il est logique que l’auteur soit rémunéré pour ce travail et cette créativité. On est cependant aujourd’hui dans un univers bien flou à cet égard.

Notamment, le rôle d’un éditeur est assez ambigu. L’éditeur édite et diffuse. Il prend un risque au départ… et tant mieux pour lui quand le risque est récompensé. La société EMI a certainement été récompensée en éditant les œuvres extraordinaires de Pink Floyd, selon moi un des groupes les plus mythiques de l’histoire de la musique pop ou rock.

Alors oui, je me réjouis d’apprendre que Pink Floyd s’est présenté ce mardi devant une Haute Cour de Londres dans le cadre de l’affaire qui l’oppose à sa maison de disques EMI. Pink Floyd veut savoir quelle est exactement sa situation contractuelle avec EMI. La première question est de savoir comment sont comptabilisés les droits d’auteur de leur musique sur le net. La deuxième est que le groupe ne veut pas qu’EMI vende des morceaux individuellement et sortis de leur contexte original, ce qui – cela me semble évident – est contraire à toute la démarche artistique du groupe et est de plus – plus que vraisemblablement – contraire au contrat qu’ils ont avec la maison de disques.

Les enjeux financiers en l’occurrence sont évidemment énormes. Mais à une échelle bien moindre, il y a de nombreux petits auteurs qui ne sont considérés par leurs éditeurs que comme une usine à production et dont l’avis n’est que bien peu pris en considération dans le grand chamboulement actuel autour des droits numériques.

Pink Floyd montre l’exemple et c’est tant mieux. Est-ce que cela servira à quelque chose pour la grande masse des auteurs ignorés, j’en suis moins sûr ? Mais enfin, on ne sait jamais…

vendredi 5 mars 2010

L’animal, être libre comme un autre

FMG © 2010

Je voudrais revenir sur mon billet « Vaut-il mieux être homme ou animal ? » qui a peut-être été mal compris par certains.

Simplement pour dire que je n’ai rien contre les animaux. J’ai vécu avec des chiens – Kidu est celui dont je me souviens le plus. J’ai vécu avec des chats auxquels je suis malheureusement allergique, et je n’en peux rien. J’ai vécu avec des poissons qui m’ont apporté beaucoup de plaisir.

J’ai surtout vécu – et je continue à le faire – auprès de toutes sortes d’animaux qui vivent en liberté. J’ai la chance de vivre dans un coin plus ou moins reculé. Je vis donc à côté de ce faisan qui a visiblement adopté notre maison, en toute liberté. Il vit à côté de chevreuils, de biches, d’écureuils, de renards et d’une multitude d’autres oiseaux plus merveilleux les uns que les autres. Je prends toujours plaisir à observer tous ces animaux qui vivent en totale liberté, ne dépendant en aucune manière de l’homme. C’est sans doute cette liberté que j’apprécie avant tout.

Je n’ai rien contre les animaux plus dépendants. Ce n’est pas pour rien que, lorsque j’ai créé – en un clin d’œil – le « Parti du Moment Présent » (PMP), j’ai choisi comme emblème une magnifique vache photographiée dans le champ voisin. Elle me semblait personnifier ce bonheur d’être, simplement, sans se compliquer la vie.

Bref, j’aime les animaux. Mais je les aime surtout en liberté. Je peux aussi, bien sûr, comprendre que de véritables liens se créent entre un individu et son animal domestique. Ces liens sont faits de respect et je sais bien que l’un apporte à l’autre autant que ce que l’autre apporte à l’un, si pas plus.

De tous les animaux, l’homme est le plus complexe. Et donc le plus passionnant. C’est simplement ça que j’ai voulu dire… Je peux me tromper bien sûr, mais la seule certitude que j’ai est que si vous lisez ce billet, c’est que vous êtes un être humain… Et ça, c’est irremplaçable !

dimanche 28 février 2010

Au-delà des drames…

FMG © 2008

Ces derniers mois, notre Terre est soumise à quelques drames. Le séisme d’Haïti et ses centaines de milliers de morts et de sans-abri. Le Chili aujourd’hui qui n’en mène pas large non plus. La tempête Xynthia qui fait des ravages – et de nombreuses victimes – tout au long de l’Europe, y compris en France et en Belgique. Et puis, chez nous évidemment, cet incendie à Liège et cette catastrophe ferroviaire.

Y a pas de quoi pavoiser. On est méchamment attaqué. Pas de raison de retenir ses larmes et de ne pas se demander pourquoi tout ça…

Derrière toute cette souffrance, inacceptable, un constat néanmoins : l’homme survit. Mieux que ça, il vit. Il relève le défi, retrousse ses manches et avance. Sans trop savoir pourquoi. Mais vers la vie.

On est bien peu de chose, il faut se rendre à l’évidence. Mais ce bien peu de chose a une force extraordinaire qui mérite le respect.

Mine de rien, un homme – ou plutôt un être humain – ce n’est pas n’importe quoi. C’est la force de la vie, même quand il n’y a que mort. C’est la volonté de reconstruction, même quand tout est détruit. C’est la confiance en son futur, même quand le présent ou le passé ne créent que méfiance.

À vous tous qui souffrez et gardez la tête haute, bravo !

vendredi 26 février 2010

Vaut-il mieux être homme ou animal ?

Une amie, profondément attachée aux animaux, a écrit sur son statut Facebook une citation de George Bernard Shaw : « L'homme est le seul animal qui rougisse ; c'est d'ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose ». Cette citation était là pour accompagner un lien vers un fait-divers sinistre : un individu a froidement abattu son chien de chasse en l’abandonnant à son triste sort.

L’événement interpelle effectivement et je me garderai d’en faire un quelconque commentaire.

La citation de Shaw m’interpelle aussi. Il a sans doute raison… et c’est bien pourquoi je suis heureux d’être un homme, ou plutôt un être humain ! Si je peux rougir de mes propres turpitudes, c’est qu’au moins j’en suis conscient. Je suis un homme, ce qui veut dire que j’ai la liberté de ma conscience et la conscience de ma liberté. Comme la plupart des êtres humains, je n’en fais pas nécessairement le meilleur usage. Mais, contrairement à un animal, j’ai conscience de ce que je fais. Mes actes résultent de mes choix. Ceux-ci ne sont pas seulement guidés par un besoin de survie, mais sont fonction de mes valeurs, des objectifs que je me donne, des faiblesses que je m’accorde…

C’est là la force de l’homme. Quand il est faible, il peut le savoir et l’assumer. Un animal est, jusqu’à preuve du contraire, incapable de ce « libre arbitre ».

J’avoue un certain énervement quand je vois qu’on défend les animaux parce qu’ils ne feraient rien de mal à qui que ce soit (sauf quand ce serait nécessaire évidemment). J’ai le même énervement quand on promeut les choses naturelles sous prétexte qu’elles au moins seraient bonnes, car naturelles. À ce que je sache, ce qui est avant tout « naturel », ce sont les catastrophes…

L’homme est loin d’être parfait. Il l’est de par sa nature même d’être libre. Ceux qui rêvent que l’humanité soit semblable à l’animalité ne rêvent-ils donc qu’un asservissement aux lois de la nature ?

samedi 20 février 2010

On s'amuse comme on peut

Je n’ai jamais été touché de collectionnite aiguë. Bien sûr, j’ai des collections d’albums de musique, de BD, etc. Mais ce n’est pas pour la collection : c’est pour avoir toute l’œuvre que j’aime. Faire des collections pour des collections, il ne me semble pas que j’ai jamais fait cela. Même pas les albums Panini de mon enfance. Ça ne m’intéressait pas trop.

Et voilà qu’à l’âge avancé qui est le mien, je collectionne des images virtuelles dans un jeu de « familles ». Tout ça, c’est la faute à Facebook et au jeu qui y est développé « Is cool ». Vous savez, cette histoire de points à récolter qui montreraient soi-disant combien vous êtes « cool ». Je suis désormais bien loin de la course effrénée à ces points (même si j’en ai un certain nombre), mais il faut reconnaître qu’un bon tiers des personnes qui arrivent sur ce blog Réverbères y cherchent en fait le moyen illégal d’obtenir plus de points cool !

À côté de ces points – et en interaction – s’est développé cette collection d’images. Au début, j’avoue que je m’en moquais complètement, jusqu’au jour où je me suis rendu compte qu’il y avait moyen de gagner quelques points cool supplémentaires lorsqu’une famille était complète. Ma première famille m’a valu royalement 50 points, mais les responsables du jeu ont compris qu’il fallait en donner plus s’ils voulaient avoir une véritable dynamique. Bref, depuis, j’en ai obtenu jusqu’à 4000 d’un coup ! Ça fait monter le compteur.

Le plus marrant dans tout cela, c’est qu’on se prend au jeu. Si j’ai des doublons – comme le micro ci-dessus -, je peux offrir l’image à un de mes « amis ». Bref, on part vite à la recherche d’images précieuses. Certains pratiquent des « échanges ». Personnellement, je ne pratique que des « dons » et des « renvois d’ascenseur ». Cela n’a pas beaucoup d’importance. L’important, c’est de s’amuser. Tout simplement. Vous êtes sceptique. Vous avez bien raison. Mais moi, comme d’autres, je m’amuse comme je peux… et ça me fait bien plaisir !

lundi 15 février 2010

Sans voie, sans voix…

On ne peut que rester sans voix devant cette horrible catastrophe.

Des centaines de gens vont travailler un lundi matin enneigé. Ils choisissent le train, un des moyens de transport les plus sûrs. Comme chaque matin, il y a des tas de trains qui circulent sur le réseau belge. Avec quantité de croisements à gérer pour que tout se passe bien. Un retard de quelques minutes, une erreur quelque part, un train passe de la voie 4 à la voie 6. Entre les deux, la voie 5. Un autre train arrive. Ou étaient-ils sur la même voie ? De toute façon, c’est le choc inévitable. Ce soir, on annonce entre 18 et 25 morts, et une centaine de blessés. Plus tous ceux dont le corps n’a pas souffert, mais dont l’esprit ne se remettra sans doute jamais tout à fait.

Certains hurlent déjà aux responsabilités. Il faudra les chercher bien sûr. Pour comprendre et essayer d’éviter que cela ne se reproduise. Devant certaines expressions de colère – que je peux comprendre -, je préfère rester sans voix et garder le silence.

La seule chose que j’ai envie ce soir, c’est de prendre dans mes bras, une à une, toutes les victimes de cette catastrophe et de pleurer avec elle. Sans voix.

dimanche 14 février 2010

Le rhume

Le rhume
Embrume.
Amertume
Des coutumes
Posthumes,
L’écume
Allume
Les plumes.
Je hume
La brume.

samedi 13 février 2010

Ecosia, le moteur de recherche écologique

Il y a deux ans, quasiment jour pour jour, je consacrais un billet à Écogle, un moteur de recherche écologique. Leur argument était simple : les pages de recherche s’affichaient sur fond noir, ce qui entraînait une consommation électrique moindre. Un mois plus tard, j’écrivais un autre billet pour dénoncer ce qui n’était qu’une arnaque. Aujourd’hui, Écogle n’existe plus.

Par contre, Ecosia existe en revendiquant également le titre de moteur de recherche écologique. Le principe est également simple : dans toute recherche, il y a des « clics commerciaux ». Chaque fois qu’une personne clique sur un de ces liens, cela rapporte de l’argent au moteur de recherche. Google a fait sa fortune sur ce principe. Ecosia récolte aussi cet argent des liens commerciaux, mais en redistribue 80% au WWF chargé de les utiliser pour protéger la forêt tropicale. D’après les recherches que j’ai faites, cela a l’air sérieux. Plus sérieux qu’Écogle en tout cas.

Ce serait un vrai coup de cœur s’il n’y avait quelques bémols. Le premier est qu’Ecosia utilise les moteurs de Yahoo et de Bing (Microsoft). Ceux-ci sont malheureusement nettement moins performants que le grand champion Google. Lorsque vous faites une recherche, vous cherchez d’en savoir le plus possible… Il est d’ailleurs amusant de constater qu’Ecosia permet, dans son menu déroulant « Recherche plus » de faire une recherche sur… Google ! Bref, faut-il vraiment passer par Ecosia pour aboutir sur Google ?

Deuxième bémol : en fait, tout cela vogue sur une vague quand même assez commerciale et on ne sait pas trop ce qu’on en fait au bout du compte. Même Google a une politique écologique, sans qu’on sache vraiment si c’est un réel souci ou si c’est simplement par bonne conscience.

Des moteurs de recherche écologiques, il y en a d’autres : par exemple Ethicle (qui plante un arbre toutes les 100 recherches). Il y a aussi des moteurs « solidaires » qui permettent d’aider des associations, par exemple Veosearch.

Dans tout cela, finalement, l’important est de se dire qu’un acte aussi anodin aujourd’hui qu’une recherche sur Internet peut contribuer à réduire la destruction progressive de notre planète. "Que chacun donne selon son cœur", comme écrivait Saint Paul. (Comme quoi, l'informatique mène à tout…)

mercredi 10 février 2010

Poudreuse

FMG © 2010

Il suffit d’un peu de neige pour que la vie arrête son cours normal. Si seulement la neige tombait en été, quand le soleil darde ses rayons chauds. Qu’il serait bon de profiter de cette beauté, de cette pureté immaculée, en sirotant un bon apéritif, assis sur la terrasse en bonne compagnie. La neige aurait un charme fou en été.

Il suffit de quelques pertes d’emploi dans une région pour que la vie arrête son cours normal. Si seulement ces pertes d’emploi concernaient ceux qui sont riches et n’ont pas besoin de gagner d’argent. Qu’il serait bon pour eux de se retrouver à ne devoir rien faire, rien d’autre qu’à dépenser leur argent pour faire vivre ceux qui n’en ont pas. Le chômage aurait un charme fou s’il était celui des riches.

Il suffit d’un séisme quelconque pour que la vie arrête son cours normal. Si seulement ces séismes se contentaient de renouveler un peu les paysages pour attirer de nouveaux touristes dans des régions désertées. Qu’il serait bon de se rendre dans des endroits oubliés pour y observer une faille dans la terre. Les séismes auraient un charme fou s’ils ne s’attaquaient aux êtres humains.

Il suffit de mots glaciaux pour que la vie arrête son cours normal. Si seulement les mots n’étaient voués qu’à traduire de gentilles pensées pour transmettre aux gens tout le bien qu’on pense d’eux. Qu’il serait bon de discuter avec tous ceux qui nous sont proches dans une valorisation mutuelle et infinie. Les mots auraient un charme fou s’ils n’exprimaient que la beauté du monde.

La beauté de la neige, de l’homme et de la femme, de la Terre et des sentiments, par exemple…

dimanche 7 février 2010

Dépendre…

Ben Heine © 2009

Dépendre est toujours difficile. Que dire quand on dépend de l’alcool, de la drogue et autres assuétudes ? Que faire pour en sortir ?

J’avoue ne pas connaître grand chose à cette problématique, et c’est tant mieux. Mais en quelques jours, deux amis m’ont parlé du drame qu’ils vivaient. Ce ne sont pas eux qui sont concernés par la dépendance, mais ils sont proches de personnes perdues dans leur prison cauchemardesque.

À les entendre, j’ai pu comprendre qu’il y a un trou dans les structures qui peuvent accompagner les personnes en besoin. Il y a des structures d’extrême urgence, mais elles sont de très courte durée et « libèrent » le malade dès que celui-ci est assez conscient pour faire croire qu’il peut se débrouiller tout seul. Bien sûr, dès qu’il est sorti, il recommence. Il n’y a pas de miracle.

Il y a des structures d’accueil pour des cures de plus longue durée. Ces structures sont la plupart du temps des structures ouvertes. Elles se fondent sur la notion de contrat entre l’individu et l’institution qui peut l’aider. C’est bien sûr hautement louable et sans doute la seule solution à long terme. Mais quand l’état de manque se fait sentir, l’individu essaie évidemment de passer à côté des règles. À la moindre incartade – qui apparaît inévitable – il y a rupture du contrat et donc renvoi. Tout recommence : l’individu est de nouveau seul face à ses démons et c’est son entourage qui le recueille, ne sachant qu’en faire.

Il semble donc manquer une structure à moyen ou long terme qui aurait un pouvoir plus coercitif, c’est-à-dire qui aurait les moyens organisationnels et structurels d’empêcher l’inévitable incartade. En quelque sorte, le sevrage ne devrait pas être une question de choix, mais une obligation contrôlée et suivie d’un accompagnement cadré et ferme.

De toute évidence, la question est complexe et je suis bien incapable d’y apporter une réponse pertinente et cohérente. Je suis en règle générale hostile à toute contrainte ou entrave à la liberté. Mais quand on n’est plus capable d’être libre – et c’est le cas de toute personne sous assuétude profonde – ne faut-il pas limiter drastiquement sa liberté individuelle et lui imposer un chemin cadré qui lui permettra de retrouver, au bout du cheminement, une véritable liberté, assumée et responsable ? Nos sociétés offrent-elles cette possibilité ou ne sont-elles pas enfermées dans des principes sacrés des droits de l’homme qui les empêchent de mettre en place les structures nécessaires ?

vendredi 5 février 2010

Bûcheronnage


Passé la plus grande partie de ma journée à bûcheronner. Pas de grande prouesse. Juste un noisetier foisonnant à décortiquer. Me sens quand même abattu (sans jeu de mots) : les bras en compote et le cou tendu. Suis pas un bûcheron, moi. En plus, l’odeur de la tronçonneuse a définitivement décidé de me pénétrer.

Cela dit, c’est la meilleure idée que j’ai eue de la journée, voire de la semaine. Au moins, pendant ce temps, je n’ai pas trop pensé. Juste pensé à ne pas me blesser et à faire avancer le travail.

Il y a des moments comme ceux-là où on a besoin de faire le vide. Quand on est plutôt du genre cérébral, il suffit que tout ne tourne pas rond pour que les pensées commencent à gamberger. Une fois qu’elles ont commencé, difficile de les arrêter.

Il faut alors se rappeler qu’on a aussi un cerveau reptilien et qu’il fait bon de l’utiliser. Quoique, à ce niveau, le bûcheronnage n’est pas l’activité tout à fait idoine. Y a intérêt à savoir ce qu’on fait. Pour ça, le cerveau reptilien ne suffit pas.

Enfin voilà. Rien d’autre à dire. Juste le plaisir d’avoir découpé et de m’être dépensé sans trop compter. Mal partout, mais oublié quand même pendant tout un temps que la bêtise humaine parvient toujours à ne pas se faire oublier.