jeudi 14 octobre 2010

Lui ! Weah !

Notre monde reste ce qu’il est, avec toutes ses misères et ses injustices. Dans cette mélasse, il y a de beaux moments. Le sauvetage des 33 mineurs chiliens bien sûr. Mais aussi la victoire de Liu Wei à l’émission « Incroyable talent » chinoise (juste au moment où son homonyme Liu Xiaobo recevait le Prix Nobel de la Paix, récompensant ainsi la Chine de sa belle politique d’ouverture et de respect des droits de l’homme).

Avec Liu Wei, on est dans un genre différent. Différent de beaucoup d’évidences. À 10 ans, il joue une belle partie de cache-cache, mais ne se cache pas au bon endroit. Il se fait électrocuter et y laisse ses deux bras. C’est pas de chance de manière générale, mais encore moins quand on se sent une âme de musicien. Pour la plupart des instruments, on utilise ces fameux bras laissés dans l’électricité.

Bref, à 18 ans, ce jeune gars prend une décision peu commune : il va apprendre le piano, en jouant avec ses doigts… de pied ! Quel pied de nez à la malchance ! Cela a quand même dû lui demander de sacrés efforts ! Mais il est arrivé à quelque chose. Quand l’émission « Incroyable talent » fait appel à des candidatures, il se dit – avec raison et à 22 ans – que son talent est quand même incroyable. Il se présente et dès sa première prestation, c’est l’émotion qui prime.

En finale, il interprète « You’re beautiful » de James Blunt, une belle chanson pleine de soleil et que Liu interprète à merveille ! Pas seulement au piano, mais avec un beau brin de voix ! Il gagne ! Quelle revanche ! You’re beautiful, Liu !

Juste pour le plaisir, je vous partage ça. Avec une pensée émue pour tous les handicapés du monde, quel que soit leur handicap. Ils ont tous une histoire à nous raconter !

dimanche 10 octobre 2010

Tour du bois

Toutes photos © FMG 2010

On n'est pas tous les jours le 10.10.10. Alors, quand ce jour s'ensoleille dans un été indien miraculeux, qu'on est forcé de se reposer, quoi de mieux qu'une ballade dans le bois. En écho à l'excellent billet de Grain de sel, je garde quelques images de cette lumière d'octobre.

Il suffit parfois de regarder le sol pour y voir perler la vie.


Il suffit aussi de lever les yeux pour s'illuminer de fontaines vivifiantes.


Il suffit de regarder devant soi pour sentir la fierté de la Terre et du Soleil.


Il suffit de se laisser aller là où la lumière nous mène pour découvrir celle de l'Homme.


Il suffit d'ouvrir les yeux pour s'emplir de la beauté du monde.

vendredi 8 octobre 2010

Rien qu’ça ! Oh, beau !

© Petar Kujundzic/Reuters

Comme on pouvait s’y attendre, la Chine dénonce l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Liu Xiaobo, « un criminel condamné par le système judiciaire chinois parce qu’il a enfreint les lois chinoises ».

C’est de bonne guerre (c’est le cas de le dire) ! Quand le jury d’Oslo fait vraiment son travail (ce qui n’est pas vraiment le cas quand il attribue le plus beau des prix à Obama qui n’avait encore rien prouvé dans le domaine de la paix), il ne peut que secouer les consciences et en titiller plus d’une. Cette fois-ci, c’est la démocratie chinoise qui en prend pour son grade. Et c’est très bien ainsi.

Un Prix Nobel de la Paix ne peut être que dérangeant pour le pouvoir en place là où il lutte pour la paix. Et ce pouvoir en place n’acceptera jamais qu’on puisse mettre en avant un de ses sujets qui justement l’ennuie profondément. Ça n’arrive malheureusement que tous les 20 ans : la fois précédente, c’était en 1991, avec l’attribution du prestigieux prix à Aung San Suu Kyi, toujours emprisonnée et dérangeante pour la junte birmane. On retiendra évidemment aussi l’année 1989, avec la reconnaissance accordée à Tenzin Gyatso, le 14e Dalaï Lama, au grand dam, déjà, de la Chine.

Bref, on ne voit pas trop comment ni pourquoi la Chine se réjouirait de la valorisation suprême accordée à un de ses dissidents. Il reste à espérer que ce Prix Nobel de la Paix incitera les responsables chinois à réfléchir sur leur manière de gérer les droits de l’homme, à un moment où plus que jamais on sent la Chine souhaiter devenir un acteur central du développement économique. Pour pouvoir faire des échanges, il faut un respect mutuel, une reconnaissance de la valeur de l’autre. Pour y arriver, on peut penser que les Chinois devront mettre un peu d’eau dans leur vin démocratique. Et qui sait, commencer par libérer Liu Xiaobo !

C’est sans doute une douce illusion… mais un jour comme aujourd’hui, ne faut-il pas se laisser bercer par les rêves ?

mercredi 6 octobre 2010

Saint Diktat

Ce matin, me rendant paisiblement au travail en traversant le Zoning-Nord de Wavre (Zoning = zone d’activités), j’ai croisé une petite action syndicale. Cinq ou six travailleurs vêtus de veste rouge, tenant à la main des ballons tout aussi rouges, organisaient un barrage filtrant pour les voitures qui se rendaient dans les entreprises de cette zone, essentiellement GlaxoSmithKline. Je ne suis pas sûr que le sort des employés et des ouvriers de cette entreprise soit le plus exécrable, mais enfin, il y a toujours à revendiquer.

Cette petite manifestation me semblait bien sympathique : les syndicalistes, avec leurs beaux ballons rouges, distribuaient des cacahouètes aux automobilistes afin – j’imagine – de les convaincre du bien-fondé de leur action dénonçant apparemment le recours abusif à l’intérim. Pourquoi pas après tout ?

Moi, j’étais de l’autre côté de la route et j’avançai donc sans problème. Mais il ne me fallut pas longtemps pour commencer à me poser des questions. Derrière ce barrage anodin et sympathique, il y avait des centaines de voitures – peut-être des milliers – qui étaient bloquées sur les routes, jusque et y compris sur l’autoroute. Parmi toutes ces voitures, de nombreux automobilistes ainsi que des bus des transports en commun se retrouvaient complètement à l'arrêt sans qu’ils aient quoi que ce soit à voir avec le problème des manifestants.

Même si je n’ai jamais été moi-même syndiqué – trop indépendant pour ça – je considère que le combat syndical a été et est encore indispensable dans nos sociétés. C’est grâce aux syndicats que nous pouvons vivre dans une société qui respecte un tant soit peu les travailleurs. Si la négociation est évidemment l’outil essentiel du travail syndical, je reconnais aussi qu’ils doivent parfois mener des actions marquantes pour faire entendre leurs revendications.

Néanmoins, je ne suis pas convaincu qu’il leur soit légitime de bloquer la circulation de toute une région (déjà compliquée par de nombreux travaux) et d’empêcher d’autres travailleurs, n’ayant rien à voir avec le problème en question, de se rendre normalement à leur travail. C’est le genre d’actions qui – malheureusement – me détourne du travail syndical (et je ne suis sans doute pas le seul). Les syndicats plaident pour le respect des travailleurs, mais ne les respectent pas toujours. Ils devraient être un outil de démocratisation de la société, mais s’érigent parfois en véritables dictateurs du dialogue social, ne voulant imposer que leur vision des choses et leur manière d’agir.

Qu’on me comprenne bien : je répète qu’aujourd’hui encore, le combat syndical me semble essentiel. Mais peut-être doit-il prendre des formes plus subtiles. À analyser cas par cas. Quand des millions de travailleurs manifestent dans les rues de France pour faire entendre leur avis par rapport à l’allongement de l’âge de la retraite, je les comprends bien. Même si je sais qu’il faut bien trouver une solution au financement des retraites et si en temps que belge pour lequel l’âge de la pension est fixé à 65 ans, je me dis qu’il ne doit pas être trop pénible de le faire passer à 62 ans ! Mais il est légitime, pour les syndicats, de contester une mesure qui revient sur des droits acquis sans qu’il y ait de véritable dialogue.

Par contre, je crois que je ne pourrai jamais accepter que quelques isolés imposent à la collectivité un blocage de ses activités sous le seul prétexte d’une revendication dont la légitimité n’est pas nulle, mais prête quand même à discussion.

dimanche 3 octobre 2010

Jean-Marc Le Bihan, chanteur populaire

Ceux qui ont connu Le temps des cerises, dans les années 1970, se souviennent sans doute de Jean-Marc Le Bihan. Comme ceux qui fréquentent chaque année la Fête de l’Huma. Pour la plupart des autres, ce nom ne doit rien signifier. Mais cela ne veut pas dire qu’ils n’ont jamais croisé Jean-Marc au coin d’une rue en train de chanter ses cris d’espoir et de détresse.

Né du côté de Lyon, il a trouvé en Belgique en son temps un terrain où la maréchaussée ne venait pas trop l’ennuyer lorsqu’il chantait dans les rues. C’est sans doute lui qui a développé le plus le genre. La rue, c’est son royaume. C’est en cela qu’il est chanteur populaire : il chante pour le peuple, loin de l’hypocrisie du show-business.

Malgré ce parti pris fondamental, il a quand même fait une certaine carrière, avec notamment un passage inoubliable (pour ceux qui en étaient) à Forest-National, en avril 1980. D’accord, la plus grande salle bruxelloise n’était pas pleine, mais l’ambiance était extraordinaire. Il a aussi publié quelques disques qui, sans jouir d’une grosse distribution, ont quand même touché pas mal de monde. On peut d’ailleurs écouter son dernier disque enregistré en studio, en 2002 déjà, sur les plates-formes telles que Deezer par exemple.

Il y a longtemps que je savais que je devais lui consacrer une page sur mon site personnel qui présente une bonne trentaine de chanteurs de paroles, d’ici et d’ailleurs. C’est désormais chose faite, et j’en suis bien content !

mardi 28 septembre 2010

L'herbe de mon voisin

FMG © 2010

Au-delà de cette barrière, l’herbe est celle de mon voisin. Est-elle plus verte que la mienne ? Je ne crois pas. Je n’ai jamais trop bien compris cette idée de croire que c’est mieux ailleurs ! On n’a jamais que le bien que l’on se donne ! Mais de plus, objectivement, son herbe n’est pas si verte que ça !

C’est un nouveau voisin. Il a acheté une maison – et un terrain – que j’ai bien connus pour des raisons familiales (en plus des relations de voisinage).

C’était une belle maison, du début des années 60. Avec le temps, elle avait un peu vieilli, au rythme de ses habitants. Mon voisin lui a donné un coup de neuf, en conformité avec son âge.

Il nous a invités dimanche dernier. Quel plaisir de (re-)découvrir cette maison ! Cette maison est à nouveau innovante, spacieuse, propre, ouverte, tournée vers l’avenir. Ce n’est nullement un regret tourné vers le passé. Au contraire, c’est un constat plein d’enthousiasme éclairé par le présent et le futur.

Il lui a fallu quelques euros, à notre voisin, pour faire de cette bâtisse un joli petit paradis. Il les avait et tant mieux pour lui. Je pourrais être un peu envieux, mais je ne le suis pas. Je suis bien chez moi, mais je suis bien content pour lui !

Finalement, le bonheur, c’est peut-être ça : être content de ce qu’on a (ou de ce qu’on est) et se réjouir de ce que l’autre a (ou de ce qu’il est) !

lundi 20 septembre 2010

Non à la Wallonie française

Bien malin celui qui pourrait dire avec certitude ce que deviendront demain, après-demain, dans 10 ans, dans 50 ans, dans un siècle… la Belgique et la Wallonie. Je m’abstiendrai de faire le moindre pronostic, mais aujourd’hui, j’ai envie clairement de dire « Non à la Wallonie française » !

Ce billet est évidemment le prolongement de celui que j’ai intitulé, il y a 3 mois déjà, « Vers la Wallonie française ? ». Ce message jouit d’un certain succès depuis sa publication. Un constat néanmoins : 9 personnes sur 10 qui lisent ce billet sont… françaises ! J’ai bien l’impression que cette Wallonie française n’est qu’un fantasme de certains Français, comme le montrent d’ailleurs certaines réactions de politiciens français et non des moindres. Ah, quelle gloire cela ferait pour la France de récupérer dans son giron ces braves Wallons (qui eux au moins ne s’installeraient pas dans des camps illégaux avec leurs caravanes et leurs enfants voleurs…) !

Je le répète : je n’ai rien contre la France ni contre les Français. Au contraire, s’il y a bien un pays – autre que la Belgique – où je me sens chez moi, émerveillé par tant de beauté, c’est la France. Et mes amis français sont parmi mes meilleurs amis.

Néanmoins, je crois que la Wallonie n’a rien à faire en France. D’abord parce qu’il y a Bruxelles. Comme Claude Semal le répétait aujourd’hui encore, il ne faut pas oublier que Bruxelles(-Ville) est la capitale de la Flandre. Elle est aussi capitale de la Belgique bien sûr, tout comme elle l’est de la Communauté française de Belgique, de la Région de Bruxelles-Capitale, ainsi que de l’Europe évidemment. La présence flamande à Bruxelles est un fait, même si elle est minoritaire. La Flandre n’acceptera jamais de lâcher Bruxelles (au contraire, elle ne rêve que de l’annexer). La solution serait donc de laisser Bruxelles à la Flandre et que la Wallonie annexe la France ? Ce serait la plus grande bassesse que les Francophones belges pourraient faire à ceux qui se retrouveraient en Flandre (et je ne parle même pas de ceux qui – comme moi – habitent objectivement en Flandre d’ores et déjà).

Au-delà du problème de Bruxelles, la Wallonie n’aurait rien à gagner à se retrouver française. Sans doute gagnerait-elle une certaine viabilité économique… dont bénéficierait sans doute surtout la France ! Mais fondamentalement, il faut se rendre compte combien la mentalité belge est autre que la mentalité française. Il y a bien sûr de nombreux points communs, mais comment pourrait-on concilier un État profondément centralisateur avec une Région qui ne rêve que d’en faire à sa tête. Il serait sans doute imaginable de créer un statut particulier pour cette nouvelle Région française. Mais les Français du terroir l’accepteraient-ils ? Les Wallons s’y retrouveraient-ils ?

Un détail parmi d’autres : les élections françaises sont profondément ancrées dans un mode majoritaire à deux tours. En Belgique, c’est la proportionnelle qui compte. Les deux systèmes sont très différents. Le système majoritaire conduit à limiter drastiquement la représentativité de toutes les tendances, alors qu’elle est un fondement du système proportionnel. Cela n’est pas sans poser de problèmes, c’est vrai, en termes de gouvernance. Mais c’est une réalité profondément ancrée dans le paysage belge. Un autre exemple : pour la France, le Bac est un fondement républicain qui chaque année bloque quasiment pendant un mois toute la vie économique et sociale française. En Belgique, le certificat de l’enseignement secondaire supérieur, donnant accès à l’enseignement supérieur, est simplement délivré par un jury d’enseignants au sein même des établissements scolaires. Même si certains rêvent d’introduire une épreuve de type Bac en Belgique, on n’y est pas encore… et surtout, elle ne correspondrait pas à la culture belge.

On pourrait multiplier les exemples qui – selon moi – montrent que non seulement une Wallonie française est inutile, mais aussi qu’elle est impossible.

Quelle solution alors pour la Belgique ? Je n’en sais rien… et j’observe avec un certain scepticisme les négociations en cours. Je crois qu’on n’est pas encore en train de passer au « plan B ». Même si les négociations pour redessiner une nouvelle Belgique échouaient, il faudrait négocier pour en finir avec la Belgique… et ces négociations seraient encore plus difficiles. On verra… mais avec tout l’amour que j’ai pour la France et les Français, je me répète : « Non à la Wallonie française ! ».

samedi 18 septembre 2010

Facebook n’est pas une succursale de l’école

Dernièrement, j’avais réagi au message d’une jeune amie ado sur Facebook. Elle avait écrit à une de nos amies communes, du même âge, « Tu me manque » ! Je m’étais permis de lui faire remarquer - avec humour - qu’il manquait aussi le « s » ! Il a fallu que je lui explique pour qu’elle comprenne, mais bon, ce n’est pas très grave. C’est alors que notre amie commune, apparemment conseillée par sa mère (une vraie amie d'ailleurs), a écrit que Facebook n’était pas une succursale de l’école !

Ah bon ! Ça me paraît évident bien sûr. Mais est-ce une raison pour oublier, dès qu’on est sur Facebook, tout ce qu’on apprend à l’école ? Je suis le premier à dire que dans la communication, ce qui compte c’est de communiquer, même si c’est parfois au détriment du code. Faut-il pour autant oublier ce code uniquement parce qu’on est sur Facebook ? N’est-ce pas un lieu comme un autre où le savoir-vivre s’impose ? L’orthographe (élémentaire) ne fait-elle pas partie de ce savoir-vivre ?

Il faut dire que ce qu’est réellement Facebook n’est pas très clair ! Un autre ami, adulte celui-là, a exprimé le même jour qu’il aimait « Il faudrait peut-être dire à toutes ceux qui changent de statues toute les 10 minutes que facebook nest pas un journal ou il faut écrire ces moindres gestes ou sensations. PARCE QUON SEN FOU !!!!!! » (sic). Bizarre… moi, je croyais naïvement que FB était justement un endroit où chacun pouvait exprimer ce qu’il ressentait par ses statuts. Quand un ami écrit un nouveau statut, je ne vais pas dire que ça me passionne, mais ça m’amuse et ça me permet de savoir comment il évolue. Mes amies qui changent le plus souvent de statut sont aussi les plus amusantes… mais là, j’ai peut-être beaucoup de chance !

Tout ça pour dire qu’il n’existe sans doute pas de règle pour définir ce qu’est réellement le site Facebook, quasiment le site le plus populaire au monde (sauf erreur de ma part, j’ai lu qu’il était désormais plus visité que Google, c’est dire…). On y trouve de tout. Si on n’est pas passionné par les élucubrations d’un(e) ami(e), il est très facile de « masquer » ses messages, voire même de le/la supprimer de sa liste d’amis. De toute évidence, l’orthographe encaisse pas mal d’attaques sur FB, mais j’estime que ce n’est pas une raison pour en rajouter par plaisir.

Ne prenez pas ce message trop au sérieux : il fait partie de mes « Coups de cœur » ! J’aimerais simplement savoir de quoi Facebook est la succursale. Si vous avez une idée, n’hésitez pas à partager ! ☺

vendredi 17 septembre 2010

Le silence

D’aucuns se sont étonnés de mon silence et je les en remercie. Il est vrai que je n’ai pas habitué mes lecteurs à une aussi longue période sans publication. Voilà presqu’un mois qu’aucun nouveau message n’est venu alimenter Réverbères !

Ce n’est pas que je n’avais rien à dire. Bien au contraire, les événements, les sentiments, les éléments n’ont pas manqué et je viens de vivre un mois intense, avec de beaux moments et puis aussi des interrogations plus profondes sans que beaucoup de réponses n’y soient apportées.

J’aurais pu parler de mille et une choses. Mais elles étaient bien personnelles, bien intimes. Je n’avais pas trop envie de me lancer dans un partage à ce sujet. Il est des moments où il vaut mieux se taire que de s’épancher.

C’est plus qu’une question de discrétion. C’est une question de survie. Il est des moments où il faut se taire pour pouvoir réellement se construire. Tous ces moments que j’ai vécus ne sont pas sinistres. Je le répète, il en est de très beaux. Mais ils nécessitaient la réserve et l’intériorité.

Ils m’ont questionné aussi. Finalement, écrire n’est-il pas parfois d’une immense vanité ? Dans les deux sens du terme : d’un côté, tout cela a-t-il un sens ? N’est-ce pas rien d’autre que futilé ? D’un autre côté, se confier ainsi n’est-il pas avoir une trop bonne opinion de soi ? N’est-ce pas rien d’autre que fatuité ?

Ces interrogations ont été nombreuses durant ces quelques semaines de silence. Il me fallait les respecter. Je n’y ai pas trouvé de réponse à vrai dire. Si ce n’est celle qu’inévitablement, j’écrirai encore.

Et puis, il y a eu ce commentaire de Polyphrène sur mon message dédié à Martine. Cette émotion était si belle que je me suis dit que le silence avait son temps, mais qu’il ne fallait pas l’éterniser !

vendredi 20 août 2010

Vin en vain

Potferdek, ça n’est quand même pas possible cette histoire une fois. Un brave peye cultive son vin depuis des années sur un bout de terrain du Parc Josaphat à Schaerbeek, et voilà qu’un snul d’échevin vient lui dire comme ça qu’il doit aller poser ses slaches ailleurs, sans discussion possible.

Toute cette histoire commence au début des années septante. Un ket de Schaerbeek, Armand Ell, rêve de cultiver sa vigne. Le bourgmestre de l’époque, le sinistre Roger Nols, l’autorise à planter son brol sur une parcelle du Parc Josaphat. Le gars travaille tout ça a mac. À croire qu’il frouchelle avec sa vigne ! Mais pas de carabistouille, hein : il n’utilise que du fumier bio, pas le moindre pesticide.

À force de travail passionné, il a finalement fini par produire chaque année entre 200 et 300 bouteilles du précieux nectar. Et c’est pas du vlek : des spécialistes l’ont goûté à l’aveugle et ce vin rivalise avec les plus grands crus, à ce qu’il paraît. Comme il fait ça rien que pour le plaisir, Armand n’a même jamais vendu la moindre bouteille, pas même pour une dringuelle : il en boit quelques-unes – pas de quoi se prendre une tamponne – et distribue les autres à des amis ou des grands de ce monde qui ont un boentje pour ce liquide, y compris le zieverer d’échevin qui veut le foutre dehors maintenant.

Et pourquoi qu’il devrait s’en aller ? C’est même pas pour une brette, mais tout simplement parce que la commune veut installer un potager bio pour les enfants des écoles, avec des chicons peut-être. Moi, je sais vous dire : j’ai travaillé comme instit à Schaerbeek, tout près du Parc Josaphat, et croyez-moi, il y a toute la place qu’on veut pour faire ce potager ailleurs que sur la vigne d’Armand. Tout ça, c’est rien que pour lui foutre des emmerdes !

Pour une fois qu’il y a quelque chose de tof dans notre petit pays, faut qu’un pète-plus-haut-que-son-cul qui sait rien que babeler vienne embrouiller le bazar. Y a de quoi se dégoûter. Heureusement, y en a qui ont fait une pétition : ça peut réussir, mais pour ça, faut la signer et pas en stoemelings !!!

samedi 14 août 2010

Au-delà du visage

Qui n’a pas été impressionné par le visage d’Aisha, cette jeune afghane au visage mutilé, apparu en couverture du Times de la semaine dernière ? Impressionné bien sûr par l’absurdité de cette mutilation nasale liée à sa soif de liberté contrée par son mari obligé et taliban, mais impressionné aussi par – malgré tout – la beauté extraordinaire de cette femme libre et fière ?

Au-delà de l’absurdité de cette mâle vengeance, se pose la question du visage. L’être humain n’est-il pas avant tout un visage ? N’est-ce pas la première – si pas la seule – caractéristique que l’on voit lorqu’on découvre quelqu’un ? N’est-ce par par notre visage que nous extériorisons notre identité profonde ?

Comme le rappelle un article très intéressant de Libération, « l’illustration la plus frappante en est ce que les neurologues appellent la prosopagnosie. À la suite de la lésion d’une zone corticale bien précise, vous devenez incapable de reconnaître à qui appartiennent les visages qui vous font face, visages que vous voyez toutefois distinctement, et sur lesquels vous pouvez lire le sexe, l’âge, les émotions, bref, tout ce qui n’est pas l’identité. Votre propre visage dans le miroir vous semble celui d’un étranger. Ceci n’empêche pas de deviner à qui vous avez à faire, en vous fondant sur l’âge, le sexe, la voix, la démarche, les vêtements ».

Cette force identitaire du visage reçoit cependant des attaques importantes, certaines sociales, d’autres individuelles.

Attaques sociales, notamment par le port de la burqa. Si un vêtement consiste à cacher le visage, n’est-ce pas l’identité même de la personne – et par là la reconnaissance qu’on peut avoir d’elle – qui est occultée ? Comme je l’ai déjà écrit, je n’ai personnellement rien contre le port du voile par des musulmanes. Je n’ai d’ailleurs rien contre tout signe d’appartenance à une religion. N’est-ce pas normal d’indiquer d’une manière ou d’une autre une référence aux valeurs qu’on juge fondamentales ? Mais cacher son visage – ou être obligée de le cacher – est une atteinte fondamentale aux relations, aux échanges, à l’existence, à l’identité, à l’essence… En aucun cas, on ne peut l’accepter.

Attaques individuelles et sans doute tout aussi sournoises. On a tendance à fuir le visage. Je n’ai personnellement jamais acquis la culture du « téléphone ». Je reconnais bien sûr que c’est un outil de communication efficace et rapide. Mais je n’ai jamais pu me faire au fait de ne pas voir mon interlocuteur, de ne pas pouvoir le sentir, de ne pas le « re-con-naître ». Certains moyens permettent de dépasser aujourd’hui cette limite. Je pense notamment aux communications téléphoniques par Skype (notamment) où l’on peut visualiser son interlocuteur avec une webcam. Pas mal, sauf que je constate à l’usage qu’on a plutôt tendance à fuir le regard de l’autre. Il est là devant nous, mais l’un et l’autre regardent ailleurs, comme si l’autre et l’un n’étaient pas là. Troublant.

Que dire alors de la multiplication des courriels et autres blogs ? L’endroit même où j’écris témoigne de cette culture. Personne ne me voit quand j’écris et je ne vois pas les personnes qui me lisent. Cela ne m’empêche pas, parfois, de dire des choses fondamentales qui sont constitutives de ma personnalité. Mais la distance est telle qu’on peut aussi, parfois, se demander de qui on parle, de qui je parle. Que connaissez-vous de mon visage en ce moment même, alors que c’est par lui que j’existe vraiment ? En tout cas, moi, je ne connais rien du vôtre. Qu’y a-t-il au-delà de votre visage ?

vendredi 13 août 2010

Allez go !

Au moment où Jackie Evancho, une petite fille de 10 ans, trouble les téléspectateurs et autres internautes par son interprétation adulte et professionnelle de « O mio babbino caro » de Puccini, je suis tombé sous le charme du travail d’une autre petite fille du même âge, Victoria Muguerza.

Ici, rien que de la spontanéité et de la création ! Cette petite fille a décidé d’écrire une chanson. Ses deux grands frères n’ont pas manqué de la railler. C’était sans compter l’intervention de leur oncle Philippe, professionnel de la musique. Celui-ci a pris la chanson, sentant bien sa qualité, et l’a arrangée. Victoria et Philippe se sont ensuite retrouvés pour l’enregistrer ! Allez go !

Je ne sais pas si cette chanson fera le tour du monde, mais j’ai été séduit par ce refrain dynamique. Les paroles ne bouleverseront pas l'univers, mais ce n’est évidemment pas cet aspect qui est le plus important dans ce type de chanson. Et puis, j’avoue, elles ne sont pas sans me rappeler les paroles de la première chanson que j’ai écrite, il y a bien longtemps…

En attendant, la chanson de Victoria devrait selon moi figurer en tête du hit parade. Allez go !

Allez go !

Depuis toujours je t’attends, mais tu n’es pas venu
Moi je t’adorais, mais toi tu me détestais

Allez go go go, reste avec moi
Allez go go go, j’ai besoin de toi

Tu n’en avais rien à faire, moi j’étais bien triste
Toi tu étais méchant avec moi, pourtant tu es tout ce qu’il me reste

Mais toi tu étais là devant moi et moi je te regardais
Toi tu rigolais et moi, moi je pleurais

Aujourd’hui tu t’es retourné et tu m’as dit
« Je suis comme ça et puis voilà ah ah ah ! »

Victoria Muguerza © 2010


samedi 7 août 2010

Noces de palissandre

C’était le 7 août 1945, il y a 65 ans. La guerre venait de se terminer avec la fin de 5 ans de captivité pour lui et tout autant de patience pour elle. Le temps de se retrouver, ils se sont mariés. Soixante-cinq ans plus tard, ils sont toujours amoureux l’un de l’autre, avec la force et la solidité du palissandre.

Chaque fois qu’un ennui de santé vient les troubler, les conduisant à se séparer quelques temps, il faut voir leur émotion quand ils se retrouvent. Des amants comme ça, on n’en voit pas souvent !

Soixante-cinq ans de mariage et cinq enfants… ce ne fut pas le paradis tout le temps. Ils ont connu leur lot de difficultés, avec bien sûr l’accident, la paralysie et le départ prématuré du plus doux des cinq. Sans compter tous les inévitables soucis qui parcourent la vie lorsqu’on éduque des enfants. Ils les ont toujours surmontés, restant unis et solidaires dans la difficulté.

Que dire de plus… sinon d’admirer autant d’amour et de les en remercier ? Alors, tout simplement, merci, Papa et Maman. Et bon anniversaire !

mardi 3 août 2010

Un héros aux mains bien chargées

FMG © 2010

Tout pays a une part de mystère. C’est notamment celle-ci qui constitue son attrait. Étranger, on n’en fait jamais tout à fait le tour. N’empêche, découvrir cette affiche le long d’une route croate m’a interpellé ! Ante Gotovina, Héros ! Accessoirement sans doute, il est aussi en cours de procès au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie pour violation des lois et coutume de la guerre et crimes contre l'humanité.

Ce n’est pas à moi de faire le procès de cet homme au passé sulfureux. Mais les accusations ne sont pas légères : persécutions pour des motifs d'ordre politique, racial et religieux, meurtre, déplacement forcé de population, et destructions sans motif de villes et villages. Il est ainsi poursuivi pour les meurtres sous son autorité d'au moins 150 civils serbes de Krajina, et particulièrement du meurtre d'une personne à Benkovac, de 30 personnes à Knin et d'une personne à Korenica. Il est aussi accusé de pillage et de destruction de bâtiments et d'habitations serbes dont le but aurait été d'empêcher tout retour des habitants serbes dans cette région.

On peut bien sûr comprendre qu’il soit considéré comme un héros par certains. Surtout dans sa région natale : nous logions à Pakoštane, là où Gotovina a lui-même passé son enfance. Il est de plus certain qu’il a contribué à « gagner » cette guerre qui a permis à la Croatie d’être aujourd’hui un pays libre, indépendant et démocratique. Toute la question est évidemment de savoir si pour atteindre cette indépendance, il fallait passer par ces exactions.

Comme disait l’autre, il n’y a guère de guerres qui en valent la peine. Certaines correspondent à des combats légitimes. Mais les vilenies qui les accompagnent leur enlèvent souvent toute crédibilité. Faut-il tuer pour être libre ?

dimanche 1 août 2010

Martine, notre ange

Tu as toujours été un ange. Notre histoire s’est terminée il y a plus de 30 ans. Mais pour toi comme pour moi, c’était la première. Nous avons découvert ensemble l’amour, la tendresse, le partage, la communion tant spirituelle que physique, la souffrance aussi. Pendant tout ce temps, tu as toujours été un ange. Un ange bien concret qui me faisait découvrir la vie, la joie, l’insouciance.

Après 5 années d’intense échange, nos chemins se sont séparés, mais notre tendresse partagée n’a jamais diminué. Tout au long de ces 30 années, nous sommes restés confidents, même si nous ne nous voyions que bien peu. Nous continuions à partager cette suprême complicité de « la première fois ». Tu restais toujours un ange.

Tu as continué ta vie, bien remplie. Toujours aussi vive, aussi enthousiaste, aussi entière, aussi surprenante. Je n’en connais pas grand chose, mais je sais que tu ne t’es pas ennuyée… et que tu n’as pas ennuyé ceux et celles qui ont partagé un moment de ton parcours. Celui-ci ne fut pas toujours facile, car les imbéciles heureux et les problèmes de santé n’ont pas manqué de te montrer leur jalousie face à tant de liberté et de joie de vivre. Mais tu continuais à être un ange.

Les problèmes de santé ont fini par te rattraper. De manière inattendue et féroce. Tu as lutté avec cette énergie qui te caractérisait et tu nous as nourris de cette confiance. Tu allais t’en sortir. Mais ce combat physique, tu l’as perdu. On finit tous par le perdre, sauf que toi, c’était trop tôt. Ton corps t’a lâchée, mais ton esprit et ton énergie nous ont émerveillés et continuent à le faire. Tu es toujours et plus que jamais un ange. Notre ange.

Quand nous étions ensemble, je t’avais écrit cette chanson : « Soupçon de chanson ». Depuis lors, je l’ai souvent chantée, me sentant à chaque fois si proche de toi. Aujourd’hui, je la chante encore et je la partage ici dans la version bien imparfaite mais que tu as connue, enregistrée en 1977 ! Et je sais que tu as connu la chanson qui délivre les enfants de tous les soupçons. Sois un ange à jamais.

Soupçon de chanson


toi qui as trouvé le chemin de mon cœur
au fil de ton doux sourire moqueur
toi qui par ta grâce de vivacité
m’as montré ce que signifiait la liberté

toi qui pourtant n’as jamais pu te taire
mais qui sus me forcer à un silence austère
toi qui par tes yeux de rose du matin
as pu découdre tous mes fils de pantin

toi qui par ton angoisse prématurée
as pu adoucir de longues et mornes soirées
toi qui jamais un seul instant
n’as pu me faire perdre de temps

toi que je ne parviens à comprendre
tellement je ne cesse de t’entendre
toi qui bouleverses toutes mes pensées
par ton absence de toute arrière-pensée

toi qui désarçonnes toutes mes croyances
par la simple apparition de ton insouciance
je voudrais que tu connaisses la chanson
qui délivre les enfants de tous les soupçons

François-Marie GERARD © 1977