samedi 24 septembre 2011

Quand le cap est vert

FMG © 2011

Certains disent qu’il n’y a pas de coïncidence. Je ne sais trop ce qu’il faut en penser, mais c’est assez extraordinaire que la Diva aux pieds nus, Cesária Évora, ait décidé de mettre un terme (provisoire ?) à sa carrière alors même que pour la première fois de ma vie, je découvrais le Cap-Vert ! Il m’étonnerait bien qu’il faille y voir le moindre passage de témoin ! Le lien avec le décès – au même moment – du premier Président du Cap-Vert (1975-1991), Aristides Pereira, est sans doute plus vraisemblable, quoique peu probable !

Ces hypothèses gratuites n’ont pas grande importance. Ce qui importe, c’est que ce pays continue à se dresser fièrement en plein Océan Atlantique en cherchant à maximiser son développement. C’est un de ces pays émergents, et il le mérite bien.

En ce qui me concerne, m’y rendre fut pour moi une belle leçon d’humilité, en toute simplicité. J’y arrivais avec un statut d’« expert », mais j’ai souvent pu me rendre compte que l’expertise n’était sans doute pas du côté qu’on penserait a priori. C’est toujours une belle découverte, qui incite à progresser, même si sur le moment cela met quelque peu mal à l’aise.

L’histoire n’est pas finie… et j’y reviendrai certainement. Pour le moment, je retiens la fierté du phare situé à l’entrée du port de Praia. J’ai toujours été subjugué par les phares, par cette manière altière de se dresser face aux vents et à la mer, pour servir de signal de ralliement ou de rempart contre l’échec. Un phare nous apprend toujours tant de choses sur nous-mêmes, sur la nature, sur les hommes. Il ne faut pas qu’ils soient immenses : il leur suffit d’ériger leur humble superbe pour qu’on perde tout dédain ou toute arrogance. La vérité du phare est d’éclairer !

mercredi 21 septembre 2011

Les rêves du ciel

FMG © 2011

Survoler les nuages a quelque chose d’apaisant. C’est une sensation étrange où l’on se sent littéralement hors du monde, planant en (semi-)liberté ! S’il n’y avait pas ce bruit constant des moteurs et la promiscuité des sièges, on se dirait que réaliser un vol en avion, c’est découvrir un instant de paradis.

Il faut aimer ça évidemment. C’est mon cas. J’ai découvert l’avion assez tard et je n’aurais jamais cru l’utiliser autant. Je n’ai pas tenu de statistiques précises, mais j’évalue à plus de 500 vols réalisés durant ces 20 dernières années. C’est loin d’être un record, mais ce n’est pas non plus le bas du classement, ni même le niveau moyen.

À chaque décollage, j’éprouve toujours le même plaisir, la même fascination. Je n’ai jamais eu peur en avion (si ce n’est celle de ne pas retrouver mes valises à mon arrivée, ce qui m’est malheureusement survenu quelques fois). J’ai bien sûr eu parfois des questions qui surgissent brusquement dans mon esprit : « Et si… ». Mais ce ne furent que des flashs et – jusqu’à présent – ce ne resta jamais qu’un doute passager, sans le moindre début d’opérationnalisation. Tant mieux !

Alors, je reste avec mes rêves. Ces rêves du ciel qui nous font voir les contingences terrestres avec un autre regard en se disant que finalement tout est possible. Si même « voler » est devenu une réalité d’une banalité étourdissante, on peut croire que les miracles humains peuvent exister. Si ce n’était ce bruit constant de l’hypocrisie et la promiscuité de la bêtise. Rien n’est parfait !

Un jour, peut-être… ces rêves du ciel !

jeudi 15 septembre 2011

L’imbécillité des ingénieurs

Un ami se plaint souvent des ingénieurs qui – selon lui – n’arrêtent pas d’inventer des trucs compliqués et inutiles, en dehors de tout bon sens. La plupart du temps, je ne suis pas d’accord avec lui (ce qui ne nous empêche pas de rester amis), mais j’avoue que cette fois, ces « ingénieurs » ont fait fort !

La sortie 5 – Bierges, Rixensart – de l’autoroute E411 est devenue un lieu stratégique depuis que le zoning de Wavre-Nord s’est développé, spécialement avec l’extension sans fin de la firme pharmaceutique GSK. Bref, alors qu’il n’y avait que peu de problèmes à cette sortie, l’augmentation du trafic a fini par créer parfois des situations difficiles.

Une solution avait déjà été trouvée pour les automobilistes venant de Bruxelles (c’est-à-dire de la gauche sur la photo) et devant se rendre vers GSK (c’est-à-dire vers le Nord, par la Chaussée des Collines). Une nouvelle sortie a été créée, allongeant le chemin, mais leur permettant de déboucher sur le pont au-dessus de l’autoroute sans devoir traverser la N257. Très bien.

Restait le problème des automobilistes venant de Wavre ou de Namur (c’est-à-dire du coin inférieur droit) et voulant se rendre vers Rixensart (c’est-à-dire vers le Sud). Ceux-là doivent couper la N257, non sans danger.

Depuis des mois, de nouveaux aménagements ont eu lieu qui – intrinsèquement – ont clarifié les flux de circulation et éliminé pas mal de petits dangers. Pour régler le problème ci-dessus, les ingénieurs (enfin, je suppose que c’en sont) ont décidé de placer des feux lumineux pour réguler la circulation. Comme la situation est un peu complexe, ils ont installé plus d’une vingtaine de feux lumineux. Ceux-ci ont été mis en service pour la première fois lundi en fin de journée. Mardi matin, c’était la foutoir total : il y avait partout des voitures bloquées, spécialement sur l’autoroute, qu’elles viennent de Bruxelles ou de Namur ! Les policiers ont été appelés d’urgence pour réguler la circulation, passant outre les feux lumineux. Ceux-ci ont été désactivés le jour-même et depuis lors des bandes pour mesurer les flux de voitures ont été disposées un peu partout.

Honnêtement, je suis convaincu que quel que soit le rythme qui sera donné aux feux, ceux-ci ne feront que créer des embouteillages stupides et inutiles. D’autant plus stupides et inutiles qu’ils auraient facilement – et à moindre frais – pu être évités tout en réduisant le danger. Il aurait suffi de créer un rond-point à hauteur de la Carosserie de Bierges. Celui-ci aurait permis une circulation libre. Les voitures venant de Namur et souhaitant aller vers Rixensart aurait eu un petit détour à faire, mais en toute sécurité.

Cette solution était sans doute trop simple. C’est vrai qu’on est en Belgique et qu’il y est rare d’adopter des solutions faciles ! On aime la complexité ! Mais cette fois, vraiment, il y a de quoi se poser des questions ! (Se les poser à ce niveau évite de devoir s’en poser d’autres à d’autres niveaux…)

vendredi 26 août 2011

Les plaisirs cachés

FMG © 2011

Je viens de vivre ce qui sera peut-être ma dernière soirée dans ce pays merveilleux qu’est Madagascar. J’y travaille – par intermittence – depuis 2004 et j’ai appris à apprécier ce peuple et ce pays. J’y termine mon 24e séjour, sans avoir aucune certitude d’en vivre d’autres.

À Madagascar, le vendredi soir, c’est le « vendredi magnifique ». Dans les rues, il y a une animation particulière. Les étals de brochettes de bœuf et de poulet éclosent un peu partout. Plus discrètement, les vendeurs de bière font leurs affaires. Un pays comme un autre finalement.

À l’hôtel Palissandre qui m’accueille depuis mon premier séjour, le vendredi est consacré à une soirée malgache. Brochettes et punch offerts à l’apéritif. Nourriture malgache au menu du jour, préparée avec autant de qualité qu’elle ne l’est les autres jours. Et pendant tout ce temps, musique malgache. Ce soir, ils n’étaient que deux, mais la qualité de leur musique traditionnelle était à la mesure de celle du service que cet hôtel offre en permanence.

Il y avait dans la salle de restaurant une bonne vingtaine de convives qui – il faut bien l’avouer – ne semblaient pas trop s’intéresser à cette musique malgache interprétée par de bons musiciens. Du moins, c’est l’apparence que les convives donnaient. Peut-être en fait étaient-ils en train de planer. C’est difficile de montrer sa satisfaction musicale ou culturelle quand on est en train de se remplir la panse.

N’empêche, ne passe-t-on pas trop souvent à côté d’un petit bonheur qui en annonce un grand ? Il est ainsi des tas de moments où quelque chose d’extraordinaire se passe sans qu’on le perçoive, tout simplement parce que notre esprit ou notre corps est occupé par d’autres rêves tout aussi exaltants, mais qui servent d’écran aux autres plaisirs.

Cette soirée aurait pu être banale… une fin de mission de plus. Mais soudain, j’ai entendu les cordes de la valiha, j’ai entendu la voix mélodieuse de cette belle chanteuse, j’ai entendu les volutes mystérieuses de cet autre monde… Je m’y suis laissé bercer, me demandant pourquoi chaque jour n’était pas pareil et pourquoi tant de zigotos passaient à côté des réalités simples de la vie. Pourquoi laisser les plaisirs cachés ?

samedi 20 août 2011

La force de la conviction

FMG © 2011

Une grande dame s’en est allée. La dernière fois que je l’ai vue – il n’y a pas longtemps –, elle était toute petite, ravagée par la maladie. Derrière cette fragilité, il restait sa luminosité. C’est celle-ci que je garderai toujours en mémoire.

Ce n’est pas quelqu’un que j’ai très bien connu. Pour moi, c’était surtout, durant mon adolescence, la Maman d’ami(s) précieux. Je me suis retrouvé chez eux plus souvent qu’à mon tour. Elle m’a toujours accueilli, en toute simplicité. Confusément, je sentais bien que cette femme était différente des autres.

Ce n’est que bien plus tard que j’appris des éléments de son histoire : « L’exil des enfants de la guerre d’Espagne (1936-1939) ». Si elle était en Belgique, c’est parce que, enfant, elle avait dû fuir l’Espagne, sa guerre civile et sa folie. Ayant tout perdu, elle a eu tout à reconstruire. En restant fidèle à l’idéal de sa famille, de son peuple, de sa vie. Elle, apparemment si menue, se dévoua pour garder la mémoire de ces jours, pour réunir ceux qui les avaient fuis, pour donner sens à la vie qui s’était reconstruite.

Emilia laisse aujourd'hui derrière elle un homme, son mari qui en a été bleu toute sa vie. Il y avait de quoi. Elle laisse aussi trois enfants… bien grands maintenant. Ils sont tous les trois différents, mais ils ont en commun une fierté d’être et de vivre qui illumine ceux qui les approchent. Par eux, elle continue pleinement à vivre sa force de la conviction. Toujours aussi grande !

lundi 8 août 2011

Pierres pairées

En vacances chez nos amis français, nous avons passé d’excellents moments à jouer une adaptation libre du « Mot de passe ». En trois mots, il faut faire découvrir à son comparse un autre mot choisi par la paire adverse !

Ce soir-là, l’équipe des filles devait (faire) découvrir le mot « colonie ». Assez simple, non ? Mais quel ne fût pas notre étonnement d’entendre notre amie française proposer en premier mot-indice « pairée » ! Mais que voulait-elle bien dire ? Heureusement, elle proposa deux autres mots qui permirent à Brigitte de prononcer le mot magique « colonie », ce qui n’avait rien de prodigieux, il faut bien l’avouer.

On discuta donc, pour essayer de comprendre, ce « pairée » mystérieux. Il ne fallut pas longtemps pour éclairer notre lanterne. Nath avait simplement dit « Perret ». Pierre Perret !

Nous n’en revenions pas, nous les petits Belges ! Il faut savoir – je m’inspire de l’excellent livre Dictionnaire des belgicismes, de Michel Francard et al., paru en 2010 chez De Boeck-Duculot - que « le français de Belgique présente un certain nombre de traits généraux de prononciation qui le caractérisent en propre ». Parmi les plus répandus, on peut retenir « le maintien de l’opposition /ε/ - /e/ en finale absolue, ce qui permet (notamment) de distinguer la première personne du singulier du futur simple (je mettrai [-e]) de la première personne du singulier du conditionnel présent (je mettrais [-ε]). »

C’est quand même dingue de se dire que des peuples qui parlent la même langue, dont certains souhaiteraient annexer – rien que ça – les autres, alors même qu’ils craignent d’être envahis par ailleurs, ne parviennent même pas à prononcer les mots de la même manière ! Notez que ce sont d’ailleurs les Belges qui « maintiennent » l’opposition entre les deux sons, alors même que les Français (enfin, certains d’entre eux du moins) ont perdu cette différenciation phonologique fondamentale sur le plan sémantique !

Arrivé au terme de ce billet, vous vous demandez peut-être quel est le sens de la photo qui l’illustre. Ce n’est pourtant pas difficile : « la chondrite carbonée NWA 2224 possède des chondres polychromes très jolis. Elle pourrait être pairée avec la NWA 3118 », comme le signale judicieusement l’excellent site de l’Association des géologues amateurs de Belgique ! Ce sont donc des pierres pairées !


lundi 1 août 2011

Silence de Taizé

BH © 2011

Quel que soit l’état d’esprit dans lequel on s’y trouve, il faut reconnaître qu’assister à une veillée de prière dans l’église de Taizé est un moment intense.

Voir plus de 2000 jeunes, issus du monde entier, se réunir en silence pour vivre un moment de méditation est déjà une expérience en soi. Ici, point de discours moralisateur ou prosélytiste. Juste le silence. Le silence et les chants. Ceux-ci sont basiques et répétitifs. Ils créent une harmonie douce, envoûtante. On s’y laisse embarquer. La polyphonie est simple, mais elle s’exprime en tant de langues qu’on se laisse bercer pour un tour de monde fraternel.

Il y a bientôt 40 ans, j’avais vécu la découverte de cette ambiance comme un véritable révélateur – pour ne pas parler de « révélation » - qui anima le chemin de ma jeunesse d’une force irrésistible.

Y revenant – en touriste, il faut bien le dire – quelques décennies plus tard, j’avoue ne pas m’être envolé. Bien sûr, l’ambiance n’est pas celle qu’on rencontre à tout coin de rue. Tout est fait pour entrer en soi-même et trouver les chemins qui permettent d’en sortir. Il y a là une certaine magie intense et profonde. Mais la magie n’a pas pris cette fois. C’est vrai que pour cela il aurait sans doute fallu y croire.

N’empêche, lorsqu’on quitte ces lieux, on se sent un peu différent. Comme s’il s’était quand même passé quelque chose. Allez savoir !

mardi 26 juillet 2011

Raretés communes

FMG © 2011

Un des grands petits bonheurs d’être en France est de pouvoir y trouver des produits – basiques pour la plupart – qu’on ne trouve pas ou plus en Belgique. Mine de rien, c’est un plaisir de déambuler dans les allées d’une grande surface quelconque pour y dénicher ces petites choses qu’on ne voit pas par chez nous (ou alors très rarement).

Rien d’extraordinaire là-dedans. Il faut parfois savoir prendre son plaisir là où on le trouve, même si ce qui provoque celui-ci n’a rien de glorieux ni de transcendant.

Vive la France ! D’autant plus qu’à côté de ces petits bonheurs sans importance, il y a la joie d’être ensemble, de vivre de bons moments qui eux ont leur importance.

Pour reconnaître les choses comme elles sont, il faut aussi admettre que la Belgique offre quelques plaisirs aussi inédits que banals : des Mignonnettes, du fromage de Maredsous, des bières à ne savoir choisir (Duvel, Brigand, Orval, Brugge…), etc.

Au bout du compte, tout le monde y trouve son compte ! Vive l’Europe, vive l’amitié et vive les vacances !

jeudi 21 juillet 2011

Wallonie traquée

Alors même qu’en ce jour de Fête nationale des Belges, on peut entrevoir quelques éclaircies dans le ciel politique de la Belgique (on est encore loin de l'embellie cependant), il a suffi que cette sotte de Marine Le Pen « imagine un rattachement de la Wallonie à la France » pour que le compteur de statistiques de mon blog explose ! La journée n’est pas encore finie, et nous en sommes déjà à 168 visites pour le billet « Vers la Wallonie française ? », alors que Réverbères tourne normalement avec un peu plus de cinquante visites par jour.

Quand je dis que le compteur de statistiques du blog explose, ce n’est qu’à moitié vrai : le service que j’utilise – Block Tracker – rencontre en effet quelques problèmes depuis quelques temps… et ce qui sera sans doute mon jour le plus visité ne sera pas repris apparemment dans les statistiques globales de mon compte. J’avoue que cela ne m’empêchera pas de dormir (ce qui n'est pas rien par les temps qui courent), même si ce n’est pas sans importance pour moi.

Ce qui est amusant – euphémisme ? – c’est que l’immense majorité de ces visiteurs d’un jour ont des adresses IP situées en France ! Comme j’ai déjà pu le constater à plus d’une reprise, ce sont surtout les Français qui se préoccupent de cette éventuelle annexion de la Wallonie par la France. Les Belges, il faut bien le reconnaître, ne s’y intéressent pas trop (avec raison d’ailleurs).

Pour la petite histoire, toutes ces personnes arrivent sur mon blog parce qu’elles tapent « wallonie » dans le moteur de recherche Google et que celui-ci leur propose en troisième image la carte de France augmentée de la Wallonie. J’avais moi-même emprunté à l’époque cette carte à un site quelconque, mais c’est le mien que Google a retenu !

Justement, que retenir de tout ça ? D’abord, que j’aime les Français et la France. Je m’y trouve actuellement, chez de précieux amis sans qui la vie ne serait pas tout à fait la même. Puis, que Marine Le Pen est quelqu’un qui dit vraiment n’importe quoi, tant que cela peut lui attirer des clients supplémentaires. Ensuite, qu’elle ne doit pas vraiment espérer gagner ceux-ci du côté de la Belgique, et certainement pas du côté des Wallons. Enfin, que cela m’a permis d’écrire un billet en fin d’une journée qui a été, une fois de plus, un peu pluvieuse… Normalement, nous aurions dû la passer dans des festivités villageoises en l’honneur de la Fête nationale belge. Mais voilà : après avoir essuyé quelques averses, les organisateurs ont préféré annuler leur fête ! Quel hommage aux Belges et à leur drache nationale !

lundi 18 juillet 2011

La Dordogne dort

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La Dordogne dort. Par les temps qui courent, elle n’a pas grand chose à faire d’autre. Alors, elle dort, la Dordogne. Elle en a bien de la chance !

Ne pas s’endormir. Ne pas arriver à s’endormir. Plus on y pense, moins on dort, moins on s’endort. C’est inéluctable. Et ça n’a rien de drôle.

Il faut faire avec, comme on dit. Ça fait passer le temps. Car le temps est long quand on ne dort pas. Alors, on prend son mal en patience. Il en faut de la patience. Ça ne sert à rien de s’énerver. Plus on s’énerve, moins on dort, moins on s’endort. Alors, mieux vaut rester calme, patient, décontracté. Simple à dire.

Au bout du compte, je ne m’inquiète pas. Je sais que c’est passager. Même si je ne sais pas trop ce que c’est, une « bonne » nuit, normalement, je dors quand même, globalement. Simplement, parfois, je ne dors pas. Je ne parviens pas à m’endormir. Il n’y a alors, malheureusement, aucune recette. Du moins, je n’ai aucune recette. Je pourrais utiliser des artifices, mais cela ne ferait que déplacer le problème. Et celui-ci n’est pas assez grave pour le détourner.

La Dordogne, elle, dort et se détourne au fil de ses lacets. Parfois, elle dort moins. Mais c’est pour mieux dormir quelques centaines de mètres plus loin. Elle vit ça en toute quiétude. Elle a bien raison. Pourquoi, d’ailleurs, en serait-il autrement ?

La Dordogne dort. Par les temps qui courent, elle n’a pas grand chose à faire d’autre. Alors, elle dort, la Dordogne. Elle en a bien de la chance !

dimanche 17 juillet 2011

Soleil paisible

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Il est des moments où il convient de sentir le présent, de s’y laisser aller, de ne pas s’inquiéter de la pluie ou du beau temps, de croire que tout est possible.

Ce n’est pas de la naïveté innocente. C’est la force du monde. La conviction de l’ouverture profonde. La foi du soleil paisible.

Pourquoi d’ailleurs faudrait-il se compliquer la vie avec ses aléas et ses ritournelles ? Ne peut-on parfois simplement goûter les plaisirs de l’instant ? Le bonheur n’est-il pas simplement l’interaction entre de nombreux petits bonheurs, sans doute entrecoupés de lignes plus obscures qui ne sont peut-être là que pour se transformer en rayons de lumière ?

D’ailleurs, les doutes ne sont-ils pas que des certitudes questionnées et les certitudes des doutes éclairés ? Croire à la lumière !

dimanche 10 juillet 2011

Vox populi

Il a suffi que quelques scouts en hike poursuivent un renard passant par là pour se retrouver devant une belle maison. À la recherche d’un gîte pour la nuit, ils ont sonné en se disant qu’il serait sympathique de loger dans cette belle bâtisse. Ils furent accueillis poliment, mais rapidement reconduits chez eux… par la police. Sans le savoir, ils avaient sonné à la porte du Château de Ciergnon, demeure royale !

L’épisode fait sourire. M’y intéressant pour la bonne et simple raison que mon fils est un des animateurs de cette troupe scoute, j’ai été surpris – quoique – de lire les commentaires fleurissant sur les forums de certains journaux en ligne, ici et . Quelle désinformation !

Il y a d’abord ceux qui accusent nos souverains de ne pas même avoir pu accueillir ces braves scouts innocents, y voyant la preuve de leur arrogance vers le petit peuple ! C’est vrai qu’il eût été sympathique que ces scouts soient accueillis plus chaleureusement, ne fut-ce qu’avec un verre d’eau à défaut d’un couchage quelconque. Encore eût-il fallu pour cela que les propriétaires du lieu soient informés de cette visite inhabituelle ! Le personnel n’a sans doute fait que suivre les règles élémentaires de sécurité, sans trop se poser de questions. Était-il nécessaire d’appeler la police (ou plutôt un membre de la sécurité présent sur place) ? Sans doute que non, mais ce n’est peut-être que la procédure. Bref, de là à interpréter ce renvoi poli comme une attitude méprisante d’exclusion, il y a un pas qui ne me semble pas pouvoir être franchi.

Un autre groupe de commentaires s’offusque de lire que de jeunes scouts devaient chercher un lieu pour loger ! S’ils sont en camp, n’ont-ils pas des tentes à leur disposition ? En réalité, ces scouts étaient en train de vivre un moment très important de leur camp : le hike. Pendant trois jours, ils se retrouvent en patrouille en devant parcourir un itinéraire et se débrouiller notamment pour trouver un logement. Ils ne sont pas « abandonnés » à leur triste sort, mais sont confrontés à un moment d’autonomie et de débrouillardise. Cela fait des dizaines d’années que cette activité existe dans de nombreuses troupes et elle constitue certainement pour les jeunes un des sommets de leur camp. C’est évidemment aussi un moment où certaines bétises sont commises, la plupart du temps sans lendemain. Ne sont-ce pas elles qui donnent un peu de piment à la jeunesse ? Bref, rien d’anormal dans cette aventure.

Ces réactions, parfois virulentes, interpellent. Il est frappant de constater que des personnes déversent leur hargne sans beaucoup de discernement, sans être réellement informées de la réalité. Au-delà de l’anecdote qui les a suscitées, elles posent la question de la confiance qu’on peut accorder à la voix du peuple. Pour sortir des problèmes dans lesquels la Belgique se trouve engluée, la solution du referendum paraît une bonne piste et je la soutiens personnellement. Mais je m’interroge néanmoins sur la validité des conclusions qui en sortiraient. Décidément, les êtres humains sont d’une grande complexité…

mardi 28 juin 2011

Légèreté de l'été

Il faut dire les choses comme elles sont : l’avantage de journées ensoleillées comme aujourd’hui, c’est non seulement de profiter de la chaleur et d’une certaine légèreté de vie, mais c’est aussi de profiter de la beauté et d’une certaine légèreté vestimentaire des filles !

Traversant la ville durant l’heure de midi, j’ai pu m’émerveiller devant tant de grâce. Cela ne durait jamais qu’un instant, juste le temps de croiser de charmantes demoiselles, pour aussitôt les oublier et en regarder d’autres. « Juste pour le plaisir des yeux » comme dirait l’autre.

Ces regards croisés ne font pas de moi un pervers. Enfin, je n’en ai pas l’impression. Ce n’est en réalité qu’un souffle de fraîcheur qui partage son apesanteur. Simplement des petits bonheurs.

Ce n’est pas nouveau. J’en ai fait en son temps une chanson - encore une valse -, sans aucune prétention ni malice : Les jupettes. La voici !

Les jupettes

J’ai vu des jupettes
Qui m’ont fait blêmir
De belles gambettes
Dont je ne saurais dire
Si c’est la forme douce
Qui nourrissait mes fantasmes
Ou la longue pousse
Qui allumait ma flamme
Mais ce que je sais
C’est qu’un peu de chair fraîche
A pu décocher
Dans mon cœur quelques flèches
Et qu’un bout de tissu
Formé de quelques plis
À ce point m’a ému
Que j’en suis tout épris

Une petite robe noire
Sur des jambes dénudées
Qui me ferait croire
Que je les ai possédées
De fines bretelles
Aux épaules arrondies
D’une demoiselle
Encore bien plus jolie
Et mon rêve est atteint
Le bonheur est entier
Je suis comme un gamin
Aux yeux émerveillés
Rien qu’un bout de tissu
Formé de quelques plis
Fait d’une cuisse aperçue
Un bien beau paradis

François-Marie GERARD - FMG © 2004

samedi 25 juin 2011

De petits cailloux sur la plage

FMG © 2011

Les lecteurs fidèles de ce blog auront remarqué que les nouveaux messages s’y font plus rares. Selon toute vraisemblance, cela ne devrait pas changer.

Difficile d’en cerner, et a fortiori d’en expliquer, toutes les raisons. Il y a de la lassitude. Il y a la peur de tourner en rond, de répéter ce qui a déjà été écrit. Il y a l’émergence de nouveaux moyens de communication, dont les réseaux sociaux même si ceux-ci ne remplacent en rien ce que peut apporter un blog. Il y a ce questionnement permanent, autant envoûtant que fatigant, « mais de quoi vais-je bien pouvoir parler ? ».

Il y a sans doute aussi le fait que je n’ai jamais réussi à faire naître un véritable dialogue avec des lecteurs. Depuis toujours, les commentaires sont relativement rares sur ce blog et sont le plus souvent issus de quelques personnes amies. Moi, ce qui me plairait bien, c’est d’avoir des débats, des échanges d’idées. Rien de tout cela. Les messages qui pour moi sont les plus importants, ceux où je dis vraiment quelque chose, sont aussi la plupart du temps ceux qui ne provoquent aucun commentaire. En ai-je trop dit ? Mes positions sont-elles trop tranchées, l’air d’avoir tout dit sur la question sans possibilité de dialogue ? Abordé-je des problématiques qui n’intéressent personne ? Je n’en sais rien et avoir les réponses à ces questions ne changerait rien : l’évidence est que je ne suis pas arrivé à créer les réactions.

Le blog Réverbères reçoit quotidiennement une série de visites. Actuellement, il en reçoit environ 80 par jour, ce qui n’est pas mal ! Il faut pourtant reconnaître que la majorité de ces visites ne sont que fortuites. Le message le plus visité pour le moment – et de tout temps d’ailleurs – est sans conteste le billet « Merci ». Un titre : merci ! Une image : merci ! Un message : merci ! Et quelques commentaires. Si ce message est le plus lu, c’est tout simplement parce que pas mal de personnes cherchent à dire merci. Alors, elles vont dans Google et tapent « merci ». La quatrième image qui leur est proposée (la plus belle) vient de chez Réverbères ! Idem si vous tapez « cirque » : cette fois, c’est même la première image (mais il y a moins de gens qui cherchent une image de cirque). En soi, cela me plaît bien que le message « Merci » soit le plus visité. C’est celui où j’ai sans doute le mieux réussi à dire ce que j’avais à dire ! Mais enfin, on ne peut pas dire pour autant que tous ces visiteurs s’intéressent vraiment à ce que raconte Réverbères !

Le blog est également lisible à partir du site Paperblog.fr. C’est une reconnaissance de qualité puisque c’est à la demande de ce portail que mes articles y sont également publiés. Cela accroît nettement le nombre de lecteurs, du moins si on en croit leurs statistiques. Par exemple, selon eux, le billet « Quand un prof devient élève… » aurait été lu 9 fois sur Réverbères pendant qu’il aurait bénéficié de 187 lectures sur Paperblog.fr !

Enfin bref, je sais que ce blog n’est pas nul ! C’est bien pourquoi je n’ai aucune intention de l’arrêter complètement et encore moins de le supprimer. Simplement, je n’en fais plus une nécessité, comme cela a pu être le cas en certaines périodes.

De toute façon, pour moi, l’expérience a été – est – plus qu’enrichissante. J’ai pu exprimer ici des tas de choses qui n’auraient pas été possibles autrement. Je l’ai toujours fait avec une certaine exigence de qualité d’écriture… et j’estime que j’ai écrit de belles lignes parfois. J’ai pu développer un certain style et, même s’il ne suscite guère de commentaires, je sais que celui-ci a pu être apprécié par plus d’un lecteur. Bref, au bout du compte, le bilan est plus que positif. Simplement, j’ai besoin de laisser couler un peu les choses…

Tiens, juste avant de publier, je constate que ce billet est le 500e depuis l’existence de Réverbères ! Ça fait quand même quelque chose ! Belle occasion de marquer le coup ! Comme de petits cailloux sur la plage…

lundi 20 juin 2011

Frustration désactivée

En préparant mon dernier billet, je m’apprêtais à placer la chanson Condamnés de Graeme Allwright. Depuis longtemps, j’utilise à cet effet un « site » de Google sites qui ne servait qu’à cela : y héberger quelques chansons – les miennes en grande majorité – afin de pouvoir les écouter en streaming sur mon blog.

Quelle ne fut pas ma stupeur de constater que le dit site n’existait plus, soi-disant « désactivé ». Non seulement je ne pouvais plus y placer de nouvelles chansons, mais aussi et surtout toutes celles qui y étaient présentes avaient purement et simplement disparu. D’une existence virtuelle, elles étaient passées à une inexistence radicale ! Quel choc !

J’ai bien essayé de restaurer mon compte et d’en savoir plus… mais tout cela ne servait à rien. Ce site est définitivement rayé de la carte internétique, comme d’autres sites googliens. Je ne sais pas très bien pourquoi et je ne suis vraiment pas convaincu d’avoir violé la moindre condition d’utilisation. De plus, il ne me semble jamais avoir été informé d’une quelconque violation ni avoir été averti d’une prochaine disparition soudaine.

Ce n’est pas très dramatique. J’ai simplement dû chercher une autre solution – l’utilisation de Dropbox (si ça vous intéresse, prévenez-moi : cela me permettra d’avoir quelques 250 Mb disponibles en plus gratuitement) – et celle-ci me convient fort bien tout en m’offrant une meilleure maîtrise de la gestion (jusqu’à la prochaine disparition de ce service gratuit ?). N’empêche, j’ai dû retrouver et modifier la quinzaine de billets qui proposaient d’écouter une chanson et faire tout ce qu’il fallait pour y arriver ! Temps précieux bêtement perdu, sans compter la néfaste autant que funeste frustration.

PS écrit le 17 mars 2017 : Depuis ce 15 mars, Dropbox a désactivé son "Dossier public", rendant du même coup tous mes liens musicaux inutilisables ! J'ai trouvé une solution, mais n'empêche, il m'a fallu à nouveau tout transférer et modifier.

Tiens, rien que pour désactiver cette foutue frustration, je vous offre La valse des vexations. C’est une chanson un peu déjantée, destinée à faire sourire ceux qui se laisseront séduire. Rien d’extraordinaire, mais plus de profondeur qu’on ne pourrait le croire à une première écoute. Allez, valsez bien !

La valse des vexations



Qu’y a-t-il de plus énervant
Que de pénétrer dans un WC
Et de se retrouver devant
Une planche éclaboussée
Parce qu’un mec est passé par là
Voulant marquer son territoire
En laissant un peu de son éclat
Comme si c’était obligatoire
 
Passe encore que certains ne savent pas
Que des chaussettes ont un envers et un endroit
Que chacun le fasse comme il le sent
Car en ce domaine le plus important
Est comme en politique ma foi
De savoir où est la gauche où est la droite
 
Cela dit, il y a de fortes chances
Qu’en arrivant dans ce local
Le mec a trouvé une planche
Qui refuse de rester verticale
C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile
De devoir tenir son engin
En essayant que ne vacille
Cette planche tenue par l’autre main
 
Mais le sommet de la vexation
C’est de constater que pas mal de gens
Malgré toute leur éducation
Ignorent ce qui est évident
Un rouleau de papier WC
Doit s’installer nécessairement
De telle sorte qu’il puisse se dérouler
Les coupons allant vers l’avant
 
François-Marie GERARD - FMG © 2005