dimanche 17 juillet 2011

Soleil paisible

FMG © 2011

Il est des moments où il convient de sentir le présent, de s’y laisser aller, de ne pas s’inquiéter de la pluie ou du beau temps, de croire que tout est possible.

Ce n’est pas de la naïveté innocente. C’est la force du monde. La conviction de l’ouverture profonde. La foi du soleil paisible.

Pourquoi d’ailleurs faudrait-il se compliquer la vie avec ses aléas et ses ritournelles ? Ne peut-on parfois simplement goûter les plaisirs de l’instant ? Le bonheur n’est-il pas simplement l’interaction entre de nombreux petits bonheurs, sans doute entrecoupés de lignes plus obscures qui ne sont peut-être là que pour se transformer en rayons de lumière ?

D’ailleurs, les doutes ne sont-ils pas que des certitudes questionnées et les certitudes des doutes éclairés ? Croire à la lumière !

dimanche 10 juillet 2011

Vox populi

Il a suffi que quelques scouts en hike poursuivent un renard passant par là pour se retrouver devant une belle maison. À la recherche d’un gîte pour la nuit, ils ont sonné en se disant qu’il serait sympathique de loger dans cette belle bâtisse. Ils furent accueillis poliment, mais rapidement reconduits chez eux… par la police. Sans le savoir, ils avaient sonné à la porte du Château de Ciergnon, demeure royale !

L’épisode fait sourire. M’y intéressant pour la bonne et simple raison que mon fils est un des animateurs de cette troupe scoute, j’ai été surpris – quoique – de lire les commentaires fleurissant sur les forums de certains journaux en ligne, ici et là. Quelle désinformation !

Il y a d’abord ceux qui accusent nos souverains de ne pas même avoir pu accueillir ces braves scouts innocents, y voyant la preuve de leur arrogance vers le petit peuple ! C’est vrai qu’il eût été sympathique que ces scouts soient accueillis plus chaleureusement, ne fut-ce qu’avec un verre d’eau à défaut d’un couchage quelconque. Encore eût-il fallu pour cela que les propriétaires du lieu soient informés de cette visite inhabituelle ! Le personnel n’a sans doute fait que suivre les règles élémentaires de sécurité, sans trop se poser de questions. Était-il nécessaire d’appeler la police (ou plutôt un membre de la sécurité présent sur place) ? Sans doute que non, mais ce n’est peut-être que la procédure. Bref, de là à interpréter ce renvoi poli comme une attitude méprisante d’exclusion, il y a un pas qui ne me semble pas pouvoir être franchi.

Un autre groupe de commentaires s’offusque de lire que de jeunes scouts devaient chercher un lieu pour loger ! S’ils sont en camp, n’ont-ils pas des tentes à leur disposition ? En réalité, ces scouts étaient en train de vivre un moment très important de leur camp : le hike. Pendant trois jours, ils se retrouvent en patrouille en devant parcourir un itinéraire et se débrouiller notamment pour trouver un logement. Ils ne sont pas « abandonnés » à leur triste sort, mais sont confrontés à un moment d’autonomie et de débrouillardise. Cela fait des dizaines d’années que cette activité existe dans de nombreuses troupes et elle constitue certainement pour les jeunes un des sommets de leur camp. C’est évidemment aussi un moment où certaines bétises sont commises, la plupart du temps sans lendemain. Ne sont-ce pas elles qui donnent un peu de piment à la jeunesse ? Bref, rien d’anormal dans cette aventure.

Ces réactions, parfois virulentes, interpellent. Il est frappant de constater que des personnes déversent leur hargne sans beaucoup de discernement, sans être réellement informées de la réalité. Au-delà de l’anecdote qui les a suscitées, elles posent la question de la confiance qu’on peut accorder à la voix du peuple. Pour sortir des problèmes dans lesquels la Belgique se trouve engluée, la solution du referendum paraît une bonne piste et je la soutiens personnellement. Mais je m’interroge néanmoins sur la validité des conclusions qui en sortiraient. Décidément, les êtres humains sont d’une grande complexité…

mardi 28 juin 2011

Légèreté de l'été

Il faut dire les choses comme elles sont : l’avantage de journées ensoleillées comme aujourd’hui, c’est non seulement de profiter de la chaleur et d’une certaine légèreté de vie, mais c’est aussi de profiter de la beauté et d’une certaine légèreté vestimentaire des filles !

Traversant la ville durant l’heure de midi, j’ai pu m’émerveiller devant tant de grâce. Cela ne durait jamais qu’un instant, juste le temps de croiser de charmantes demoiselles, pour aussitôt les oublier et en regarder d’autres. « Juste pour le plaisir des yeux » comme dirait l’autre.

Ces regards croisés ne font pas de moi un pervers. Enfin, je n’en ai pas l’impression. Ce n’est en réalité qu’un souffle de fraîcheur qui partage son apesanteur. Simplement des petits bonheurs.

Ce n’est pas nouveau. J’en ai fait en son temps une chanson - encore une valse -, sans aucune prétention ni malice : Les jupettes. La voici !

Les jupettes

J’ai vu des jupettes
Qui m’ont fait blêmir
De belles gambettes
Dont je ne saurais dire
Si c’est la forme douce
Qui nourrissait mes fantasmes
Ou la longue pousse
Qui allumait ma flamme
Mais ce que je sais
C’est qu’un peu de chair fraîche
A pu décocher
Dans mon cœur quelques flèches
Et qu’un bout de tissu
Formé de quelques plis
À ce point m’a ému
Que j’en suis tout épris

Une petite robe noire
Sur des jambes dénudées
Qui me ferait croire
Que je les ai possédées
De fines bretelles
Aux épaules arrondies
D’une demoiselle
Encore bien plus jolie
Et mon rêve est atteint
Le bonheur est entier
Je suis comme un gamin
Aux yeux émerveillés
Rien qu’un bout de tissu
Formé de quelques plis
Fait d’une cuisse aperçue
Un bien beau paradis

François-Marie GERARD - FMG © 2004

samedi 25 juin 2011

De petits cailloux sur la plage

FMG © 2011

Les lecteurs fidèles de ce blog auront remarqué que les nouveaux messages s’y font plus rares. Selon toute vraisemblance, cela ne devrait pas changer.

Difficile d’en cerner, et a fortiori d’en expliquer, toutes les raisons. Il y a de la lassitude. Il y a la peur de tourner en rond, de répéter ce qui a déjà été écrit. Il y a l’émergence de nouveaux moyens de communication, dont les réseaux sociaux même si ceux-ci ne remplacent en rien ce que peut apporter un blog. Il y a ce questionnement permanent, autant envoûtant que fatigant, « mais de quoi vais-je bien pouvoir parler ? ».

Il y a sans doute aussi le fait que je n’ai jamais réussi à faire naître un véritable dialogue avec des lecteurs. Depuis toujours, les commentaires sont relativement rares sur ce blog et sont le plus souvent issus de quelques personnes amies. Moi, ce qui me plairait bien, c’est d’avoir des débats, des échanges d’idées. Rien de tout cela. Les messages qui pour moi sont les plus importants, ceux où je dis vraiment quelque chose, sont aussi la plupart du temps ceux qui ne provoquent aucun commentaire. En ai-je trop dit ? Mes positions sont-elles trop tranchées, l’air d’avoir tout dit sur la question sans possibilité de dialogue ? Abordé-je des problématiques qui n’intéressent personne ? Je n’en sais rien et avoir les réponses à ces questions ne changerait rien : l’évidence est que je ne suis pas arrivé à créer les réactions.

Le blog Réverbères reçoit quotidiennement une série de visites. Actuellement, il en reçoit environ 80 par jour, ce qui n’est pas mal ! Il faut pourtant reconnaître que la majorité de ces visites ne sont que fortuites. Le message le plus visité pour le moment – et de tout temps d’ailleurs – est sans conteste le billet « Merci ». Un titre : merci ! Une image : merci ! Un message : merci ! Et quelques commentaires. Si ce message est le plus lu, c’est tout simplement parce que pas mal de personnes cherchent à dire merci. Alors, elles vont dans Google et tapent « merci ». La quatrième image qui leur est proposée (la plus belle) vient de chez Réverbères ! Idem si vous tapez « cirque » : cette fois, c’est même la première image (mais il y a moins de gens qui cherchent une image de cirque). En soi, cela me plaît bien que le message « Merci » soit le plus visité. C’est celui où j’ai sans doute le mieux réussi à dire ce que j’avais à dire ! Mais enfin, on ne peut pas dire pour autant que tous ces visiteurs s’intéressent vraiment à ce que raconte Réverbères !

Le blog est également lisible à partir du site Paperblog.fr. C’est une reconnaissance de qualité puisque c’est à la demande de ce portail que mes articles y sont également publiés. Cela accroît nettement le nombre de lecteurs, du moins si on en croit leurs statistiques. Par exemple, selon eux, le billet « Quand un prof devient élève… » aurait été lu 9 fois sur Réverbères pendant qu’il aurait bénéficié de 187 lectures sur Paperblog.fr !

Enfin bref, je sais que ce blog n’est pas nul ! C’est bien pourquoi je n’ai aucune intention de l’arrêter complètement et encore moins de le supprimer. Simplement, je n’en fais plus une nécessité, comme cela a pu être le cas en certaines périodes.

De toute façon, pour moi, l’expérience a été – est – plus qu’enrichissante. J’ai pu exprimer ici des tas de choses qui n’auraient pas été possibles autrement. Je l’ai toujours fait avec une certaine exigence de qualité d’écriture… et j’estime que j’ai écrit de belles lignes parfois. J’ai pu développer un certain style et, même s’il ne suscite guère de commentaires, je sais que celui-ci a pu être apprécié par plus d’un lecteur. Bref, au bout du compte, le bilan est plus que positif. Simplement, j’ai besoin de laisser couler un peu les choses…

Tiens, juste avant de publier, je constate que ce billet est le 500e depuis l’existence de Réverbères ! Ça fait quand même quelque chose ! Belle occasion de marquer le coup ! Comme de petits cailloux sur la plage…

lundi 20 juin 2011

Frustration désactivée

En préparant mon dernier billet, je m’apprêtais à placer la chanson Condamnés de Graeme Allwright. Depuis longtemps, j’utilise à cet effet un « site » de Google sites qui ne servait qu’à cela : y héberger quelques chansons – les miennes en grande majorité – afin de pouvoir les écouter en streaming sur mon blog.

Quelle ne fut pas ma stupeur de constater que le dit site n’existait plus, soi-disant « désactivé ». Non seulement je ne pouvais plus y placer de nouvelles chansons, mais aussi et surtout toutes celles qui y étaient présentes avaient purement et simplement disparu. D’une existence virtuelle, elles étaient passées à une inexistence radicale ! Quel choc !

J’ai bien essayé de restaurer mon compte et d’en savoir plus… mais tout cela ne servait à rien. Ce site est définitivement rayé de la carte internétique, comme d’autres sites googliens. Je ne sais pas très bien pourquoi et je ne suis vraiment pas convaincu d’avoir violé la moindre condition d’utilisation. De plus, il ne me semble jamais avoir été informé d’une quelconque violation ni avoir été averti d’une prochaine disparition soudaine.

Ce n’est pas très dramatique. J’ai simplement dû chercher une autre solution – l’utilisation de Dropbox (si ça vous intéresse, prévenez-moi : cela me permettra d’avoir quelques 250 Mb disponibles en plus gratuitement) – et celle-ci me convient fort bien tout en m’offrant une meilleure maîtrise de la gestion (jusqu’à la prochaine disparition de ce service gratuit ?). N’empêche, j’ai dû retrouver et modifier la quinzaine de billets qui proposaient d’écouter une chanson et faire tout ce qu’il fallait pour y arriver ! Temps précieux bêtement perdu, sans compter la néfaste autant que funeste frustration.

PS écrit le 17 mars 2017 : Depuis ce 15 mars, Dropbox a désactivé son "Dossier public", rendant du même coup tous mes liens musicaux inutilisables ! J'ai trouvé une solution, mais n'empêche, il m'a fallu à nouveau tout transférer et modifier.

Tiens, rien que pour désactiver cette foutue frustration, je vous offre La valse des vexations. C’est une chanson un peu déjantée, destinée à faire sourire ceux qui se laisseront séduire. Rien d’extraordinaire, mais plus de profondeur qu’on ne pourrait le croire à une première écoute. Allez, valsez bien !

La valse des vexations



Qu’y a-t-il de plus énervant
Que de pénétrer dans un WC
Et de se retrouver devant
Une planche éclaboussée
Parce qu’un mec est passé par là
Voulant marquer son territoire
En laissant un peu de son éclat
Comme si c’était obligatoire
 
Passe encore que certains ne savent pas
Que des chaussettes ont un envers et un endroit
Que chacun le fasse comme il le sent
Car en ce domaine le plus important
Est comme en politique ma foi
De savoir où est la gauche où est la droite
 
Cela dit, il y a de fortes chances
Qu’en arrivant dans ce local
Le mec a trouvé une planche
Qui refuse de rester verticale
C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile
De devoir tenir son engin
En essayant que ne vacille
Cette planche tenue par l’autre main
 
Mais le sommet de la vexation
C’est de constater que pas mal de gens
Malgré toute leur éducation
Ignorent ce qui est évident
Un rouleau de papier WC
Doit s’installer nécessairement
De telle sorte qu’il puisse se dérouler
Les coupons allant vers l’avant
 
François-Marie GERARD - FMG © 2005

samedi 18 juin 2011

La crise

En mai 1968, j’avais 14 ans. Je ne comprenais pas tout dans ce qui était en train de se passer, mais j’étais impressionné. Ma conscience politique était en train de naître, avec des idéaux de liberté, de solidarité et d’originalité. Elle ne m’a jamais tout à fait quitté, même si au fil du temps l’un ou l’autre accent a été plus évident. Ce qui ne m’a pas quitté non plus depuis lors, c’est « la crise » !

La crise était et est partout : crise économique, crise financière, crise morale, crise religieuse, crise de nerfs, crise politique, crise écologique, crise climatique, crise conjugale, crise d’adolescence, crise nucléaire, crise de l’énergie, crise monétaire, crise cardiaque, etc.

Il ne me semble pas avoir eu une vie réellement consciente sans qu’on me parle de crise. Dont on ne semble jamais sortir. Il y a de quoi vraiment désespérer.

Pourtant, malgré la crise, des millions de personnes gardent espoir. Ils ne se résignent pas. De nombreux – de plus en plus nombreux même – s’indignent ! C’est là une des composantes essentielles qui fait l’humain, comme le rappelle Stéphane Hessel dans son petit livre Indignez-vous ! : « la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence ». Depuis 1968, j’en ai vu des gens s’indigner et résister de manière non violente. Peut-être y en a-t-il plus encore aujourd’hui. L’histoire est en marche. Contre la crise !

N’est-ce pas ce que nous chante, depuis 1979 déjà, l’extraordinaire Graeme Allwright, dans sa chanson Condamnés :

Condamnés



I've had a lot of trouble
I've had my share of pain
I wouldn't want te go back
Through that all again
l'm just here to tell you
What you already know
You know, you know, you know
You know, you know, you know.

J'ai eu mon lot de larmes
J'ai eu ma part de peine
Dans le silence et le vacarme
La lutte n'était pas vaine
Ce n'est pas pour vous séduire
Si je suis encore là
C'est seulement pour vous dire
Ce que vous savez déjà.

Condamnés à s'entendre
Condamnés à la paix
Condamnés à se comprendre
Condamnés à s'aimer
Malgré les apparences
On ne peut pas faire demi-tour
Il faut conclure une alliance
Ou être des cons damnés tout court

Tous mes amis me disent
Ça ne peut plus durer comme ça
On a par dessus la tête de la crise
Il faut mettre le haut-là
On y va, on y va c'est sûr
Je mettrai ma main au feu
On va tomber comme un fruit mûr
Dans la conscience de Dieu.

Le sens de l'histoire
Peut nous sembler insensé
On ne voulait pas le croire
Mais ça va arriver
Condamnés à s'entendre
Condamnés à s'aimer
Et enfin à tout prendre
On veut bien être condamnés

I've had a lot of trouble
I've had my share of pain
I wouldn't want te go back
Through that all again
I'm just here to tell you

vendredi 17 juin 2011

Au-delà de l'objectivité

Dans de nombreuses situations, les gens recherchent des informations objectives. Combien y a-t-il d’arguments qui sont cassés par un simple « Oui, mais ça, c’est subjectif ! ». L’objectivité est importante, bien sûr. Mais ce n’est pas elle qui permet de comprendre et de donner du sens aux choses.

En Europe, il y a en moyenne 10% de chômage. C’est une information objective, même si elle n’est qu’une « moyenne » et qu’il y a donc des régions où ce pourcentage est bien plus élevé, comme d’autres où il est infime.

Dix pour cent de chômage, est-ce un bien ou un mal ? Le politiquement correct incite à dire que c’est un mal et tous les États mènent des politiques dans l’espoir de réduire ce taux. Le travail est considéré comme une valeur en soi qui est nécessaire pour l’épanouissement tant individuel que collectif. D’un point de vue plus pragmatique, c’est grâce au travail que les sociétés peuvent générer la sacro-sainte croissance. Plus il y a de travailleurs, plus il y a production de richesse… ce qui permet notamment d’assurer les systèmes de sécurité sociale et le paiement des pensions à ceux qui ont terminé leur carrière. Voilà pour le politiquement correct.

Cependant, quand on y réfléchit, il faudrait peut-être changer le regard. On serait ainsi peut-être amené à penser que 10% de chômage, ce n’est pas assez et qu’il faudrait tout faire pour l’accroître. Il ne faut pas être diplômé en sciences du travail pour savoir qu’un des fléaux sévissant dans les entreprises est le nombre important de travailleurs qui n’en ont rien à faire. Ils ne rêvent que d’une chose : cultiver leur potager ou se promener dans les champs… Ils sont un véritable poids pour les entreprises, sont malheureux et coûtent à la société, car ils sont souvent absents, malades, etc. Bref, ce serait bien plus simple de les renvoyer définitivement à leurs loisirs et de ne travailler qu’avec ceux qui souhaitent le faire (ils sont certainement plus nombreux qu’on ne voudrait bien le croire a priori).

Je lisais dernièrement que Bruxelles est la ville la plus embouteillée d’Europe, spécialement aux heures de pointe. Pourquoi ces embouteillages existent-ils ? Parce que tout le monde va travailler au même moment et au même endroit. Il suffirait que la moitié de ces personnes n’aille plus travailler pour qu’il n’y ait plus d’embouteillages, ce qui résoudrait à la fois les problèmes de mobilité et de pollution.

Je pourrais continuer à démontrer que le problème du chômage est qu’il n’y en a pas assez. C’est évidemment une vue subjective. À partir de la même information « 10% de chômage », on peut avoir trois positions : certains diront que c’est très bien ainsi, d’autres que c’est mal et qu’il faut réduire ce taux, d’autres enfin que c’est mal, mais qu’il faut accroître le nombre de chômeurs.

Qui a raison ? Chacun donnera la réponse qui lui convient. En toute subjectivité. Celle-ci est importante. C’est par elle qu’on existe. « Je pense, donc je suis ». L’information objective est importante, car elle permet de situer les choses. Mais elle ne permet pas de leur donner sens. Pour cela, seules les visions subjectives et complémentaires des gens sont indispensables. Lorsqu’on lit un avis avec lequel on n’est pas d’accord, il est peu intéressant de se dire « Quel c…, il n’a rien compris ! ». Il est plus intéressant de penser qu’il y a là une autre subjectivité que la sienne, qui apporte peut-être un autre éclairage et qui peut enrichir notre manière d’aborder les choses. Vous n’êtes pas d’accord avec moi ? Oui, mais ça, c’est subjectif !

mercredi 25 mai 2011

La honte

Tout allait bien. Puis, j’ai dû manger une crasse quelconque. Peut-être une crevette aussi chaude qu'avariée, qu’on m’a servie en attendant l’avion. En montant dans celui-ci, j’ai soudain commencé à sentir mon ventre gargouiller et des vapeurs me monter à la tête. Je n’avais pourtant pas de quoi m’en faire : je savais bien que je n’avais vu aucune femme de ménage dans ma chambre d’hôtel !

Arrivé au siège qui allait m’accueillir pour la nuit, comme il l’avait déjà fait à l’aller, j’ai réussi à m’installer. Mais j’ai bien dû reconnaître que mon état ne s’arrangeait pas. J’étais figé dans ce fauteuil qui n'en a que le nom, n’en osant pas bouger alors qu’on attendait un décollage qui tardait à venir. Et soudain… la honte !

Le petit sac proposé dans tout avion qui se respecte ne m’avait jamais été utile, en plus de 500 vols. Je m’étais bien juré qu’il ne servirait jamais à rien. Mais quand il n’y a plus d’autre solution, il faut bien prendre celle qui se présente à vous. Les autres passagers m’ont donc vu utiliser ce sac pour l’usage ad hoc, sans que je ne puisse rien y faire. La honte, je vous dis !

La nuit qui suivit ne fut pas extraordinaire. En arrivant chez moi, près de seize heures après ce moment pénible, je n’étais pas encore en très grande forme. Je n’ai rien fait de bon, si bien que j’ai été dormir tôt, sans conviction. J’avais raison : je n’ai presque pas dormi ! Le lendemain, boulot. Avec surtout un mal-être qui persistait. La nuit suivante fut la plus atroce de toutes ! Mon corps ne parvenait pas à gérer ce surplus de gaz qui dévorait mes entrailles. Le matin du troisième jour, je n’étais pas beau à voir. Mais le travail m’attendait. J’ai tenu une demi-journée pour abandonner l’autre moitié. Un peu de repos, sans aller beaucoup mieux.

Avant d’aller dormir, hier soir, je me suis lavé les dents. Le goût du dentifrice a eu un effet immédiat, me ramenant dans l’avion. Cette fois, j’étais seul et je ne devais plus gérer la honte. Alors, j’ai mis le paquet. J’ai forcé mon ventre à vider tout ce qu’il avait de mauvais en lui. Ce fut un combat ardu et peu sublime. J’ai vaincu. La nuit fut bonne et aujourd’hui, je revis, merci.

Cette histoire est nulle et sans aucun intérêt. La raconter n’est qu’une honte de plus ! On ne se refait pas. J’ai bien sûr profondément conscience que cet épisode maladif n’est rien par rapport aux grandes maladies qui dévastent les corps. Je la raconte juste comme ça, pour dire que je me suis senti mal. Ça ne doit pas intéresser grand monde. La honte, quoi !

vendredi 20 mai 2011

Le Palais de la Reine

FMG © 2011

Le Palais de la Reine – ou Manjakamiadana – est situé sur la plus haute colline d’Antananarivo. De là, les vues sont sublimes. Le Palais l’était aussi, mais en 1995, un incendie sans doute criminel détruisit ce joyau de l’histoire de Madagascar. Aujourd’hui, le Palais est en reconstruction, mais il ne retrouvera sans doute jamais ses lustres d’antan.

Madagascar est désormais une république où il n’y a plus ni reine ni roi. Juste des guignols qui jouent à la politique du « qui veut prendre la place du champion », à n’importe quel prix.

Est-ce que cela crée certaines nostalgies auprès de la population ? Toujours est-il que j’ai été interrogé longuement aujourd’hui par un ancien « chef CISCO » - victime de la dernière partie de jeu d’échecs – sur la monarchie belge. Désir de comprendre quels sont les pouvoirs de ce roi, de savoir comment fonctionne une monarchie parlementaire, de saisir comment on peut considérer que le roi n’appartient à aucune des communautés linguistiques (même si ce n’est sans doute pas tout à fait le cas), de connaître les sentiments des Belges vis-à-vis de leur chef d’état, etc.

Nous n’avions pas beaucoup de temps et il y avait pas mal de bruit autour de nous. Difficile dans ces conditions de pénétrer quelque peu la complexité de la Belgique et ses nombreux paradoxes.

En revenant de cette journée de travail et en voyant sur la colline cet auguste Palais ravagé, je repensais à cette conversation. Un roi – ou une reine – vaut-il un palais ? Sans doute non. Pourquoi reconnaît-on alors l’importance culturelle de tels édifices ? Pourquoi accepte-t-on d’accorder une place différente à un homme sur la base de son hérédité alors qu’il n’est qu’un être humain parmi les êtres humains ?

Ces questions vaudraient la peine d’être creusées (et de nombreuses personnes l’ont déjà fait). La seule chose que je sais – et je n’irai pas plus loin aujourd’hui – est qu’alors que je ne voyais plus le Palais de la Reine, je me suis dit qu’il me plaisait bien, ce Roi des Belges… Allez savoir pourquoi !

mardi 10 mai 2011

Vindicte populaire

Il a suffi que l’information de la libération conditionnelle potentielle de Michelle Martin parvienne sur la place publique pour que la vindicte populaire s’exprime de manière incontrôlée, déplaçant la monstruosité de cette femme coupable de crimes abominables vers ceux qui, au nom de leur émotion, sont prêts à en commettre eux-mêmes sous prétexte de se venger.

Sur Facebook, notamment, les groupes contre la libération de Martin ont fleuri, avec un succès fulgurant. Que les gens ne soient pas d’accord avec cette libération, on peut le comprendre. Mais les commentaires de « ceux qui savent » rivalisent en horreur abjecte ! Beaucoup ont déclaré « Je ne suis pas fier d’être belge… » ! Face à ce déferlement d’appels au meurtre et à la torture, c’est à mon tour d’avoir quelques doutes quant à ma fierté citoyenne. Mais pas pour les mêmes raisons.

Je souhaite être clair : Michelle Martin a participé à des crimes atroces et elle en est pleinement responsable. Elle n’a de plus certainement pas tout dit et cela renforce encore sa culpabilité. Dans notre système social, elle devait être punie. Sévèrement. Elle l’a été. Le jury d’assises qui a prononcé la culpabilité et la peine savait ce qu’il faisait, notamment lorsqu’il a refusé la « mise à la disposition du gouvernement », au contraire de la décision concernant Marc Dutroux. Toute peine d’emprisonnement peut être suivie d’une libération conditionnelle pour autant qu’un tiers de la peine ait été exécuté et que certaines conditions soient remplies, dont évidemment une bonne conduite en prison. Pour Martin, la décision de libération intervient non pas au tiers de la peine, mais à la moitié. Elle n’a – selon moi – rien d’inadmissible, de scandaleux, d’honteux, d’insultant, d’écœurant, de choquant, d’incompréhensible, d’inacceptable, d’intolérable…, comme un journal populaire l’affichait sur sa Une aujourd’hui. Cette libération n’est que l’application logique d’un processus de justice fondé plus sur un concept de reconstruction que sur celui de vengeance.

Que l’annonce de cette libération crée une grande émotion tant auprès des victimes que de la population, c’est tout à fait légitime et compréhensible. Je partage cette émotion. Que celle-ci se transforme en vindicte populaire sûre de son infaillibilité, c’est plus interpellant. Une des fondements d’une société démocratique est de disposer d’une justice indépendante, agissant librement et en dehors de toutes charges émotionnelles, dans le respect du droit. Vouloir substituer l’émotion à cette justice rigoureuse, n’est-ce pas ouvrir la porte à la folie autoritaire ?

Ces réflexions ne signifient évidemment pas que la justice ne doive pas évoluer. Il est toujours possible d’en améliorer le fonctionnement pour mieux prendre en compte certaines difficultés et certaines aspirations citoyennes. Ces améliorations doivent procéder d’un processus démocratique de réflexion et de débats, en gardant l’objectif d’une justice réparatrice – pour les victimes bien sûr, mais aussi pour les coupables – et non pas d’une vengeance simplificatrice.

En écrivant tout ceci, j’ai peur de me faire lyncher à mon tour ! Malgré toutes les monstruosités dont des hommes et des femmes peuvent se rendre coupables, je garde confiance en l’être humain et j’ai besoin de le dire. La justice est une preuve de l’humanité et de la grandeur de l’être humain. Elle reste évidemment œuvre humaine et, dès lors, souffre d’imperfections. Vouloir la détourner de ses objectifs, n’est-ce pas courir le risque de réduire l’être humain à un animal parmi les animaux ?

dimanche 8 mai 2011

Pépites printanières

FMG © 2011

D'aucuns - devrais-je écrire d'aucune ? - estiment que notre jardin n'est pas fleuri. Il faut reconnaître qu'il ne s'agit pas ici de fleurs, mais de jeunes pousses de feuilles qui offrent néanmoins leurs couleurs à qui veut bien les voir !

En y regardant bien, parmi toute la verdure printanière, on trouve ci et là des couleurs qui semblent bien provenir de quelques fleurs !






Toutes ces petites choses s'offrent au regard, sans en demander autre chose en retour. Elles sont là pour qui sait les voir. Leur écrin est un jardin libre et fier, sauvage et ouvert. Elles brillent par leur modestie et leur simplicité.

Elles s'épanouissent sous l'œil goguenard de Hugo, notre lutin préféré.

Parfois même, elles décident de couvrir une portion de l'univers, se laissant aller à la flânerie.

Que faut-il de plus ? Le soleil berce doucement toute cette émotion naturelle qui - en Belgique - offre aujourd'hui aux mères leur plus belle fête.

mardi 3 mai 2011

Majesté ardennaise

FMG © 2011

Parcourir 200 km pour participer à une réunion d’une heure et demie, puis s’en retourner par le même chemin n’a jamais rien eu d’exaltant, même quand on aime conduire. Heureusement, la route vers Luxembourg traverse les Ardennes et quand il fait plein soleil, cela devient presque un plaisir !

Les paysages qu’on découvre au fil des kilomètres sont d’une majesté époustouflante, même si les photos ne permettent jamais de traduire complètement la beauté des reliefs tridimensionnels. Il est vrai qu’en roulant à du 120 km/h, on ne prend pas trop la peine de cadrer : on se contente de cliquer en espérant que la vue soit belle !

Quand on se laisse pénétrer de ces paysages, on comprend que de nombreux touristes aiment s’y détendre et s’y changer les idées. Un regret quand même : sur cette autoroute, baptisée quelque part « autoroute du soleil », il y avait – au détour d’un tournant permettant de découvrir un panorama grandiose – un panneau qui annonçait Lyon et Dijon. Cette information était un peu surréaliste : elle se trouvait à des centaines de kilomètres des villes en question et il n’est pas sûr que ceux qui empruntaient la route se rendaient par là. Il n’empêche : chaque fois que je voyais ce panneau niché dans ce paysage grandiose, je me sentais un peu en vacances.

Hier, je n’ai pas vu le panneau qui a disparu apparemment. Mais j’ai vu le soleil et les monts ardennais. J’y ai senti cette ardeur d’avance qui fait vibrer la vie. J’ai oublié que j’étais là pour me rendre à une réunion et j’ai joui de l’instant présent. Quel bonheur !

dimanche 1 mai 2011

Melissmell, mais lis ce mail !

Je l’avoue : mes premiers contacts avec Melissmell n’ont pas débouché sur un coup de foudre. Cette voix rauque flirtant parfois avec un cri ravageur choquait mon oreille habituée à des chants susurrés. Mais une amie a insisté et m’a envoyé trois titres plus doux en me disant « Écoute, s’il pleut… ».

Il a plu, alors j’ai fini par écouter. Difficile au bout du compte de ne pas résister à tant de conviction, d’énergie, de poésie, de rupture. J’ai fini par ne plus résister à ces cris du cœur qui hurlent de résister, ni à des mots murmurés qui distillent une tendresse à découvrir.

Il n’y a pas de miracle : j’ai encore quelques difficultés avec des chansons qui me paraissent trop hargneuses, où l’émotion laisse la place à une révolte non contrôlée. Peut-être cependant a-t-elle raison, Melissmell : on ne peut pas s’attendrir de tout et il est indispensable de nous le rappeler.

L’émotion et la tendresse, voire même la légèreté, sont pourtant bien présentes dans ces chants de vérité. Très bien soutenus par une orchestration collant à leur interprétation, ils nous font découvrir un univers unique, lucide et sans compromis.

Aux armes fait partie de ces morceaux qui m’ont bloqué au départ, mais qui méritent de se laisser réécouter. Viens est une des chansons tendres qui m’ont permis d’aller plus loin. Je me souviens permet de découvrir l’authenticité tendre, cruelle et lancinante de Melissmell. Sobre la muerte offre toute sa fougue, sa révolte, son énergie. Il y en a d’autres… à découvrir d’urgence (si vous ne connaissez pas encore).

lundi 25 avril 2011

De toute façon, elle a tort

Qu’elle se taise ou qu’elle parle, l’Église belge a tort ! C’est la seule conclusion possible quand on observe les réactions face à l’attitude des responsables de cette Église dans cette douloureuse affaire de pédophilie, et en particulier celle de l’ancien évêque Vangheluwe.

Que les choses soient claires : tous les cas de pédophilie sont des crimes contre l’enfance. Quand ceux-ci sont le fait d’un ecclésiastique, ces crimes se doublent d’un délit moral puisqu’ils sont l’antithèse du message chrétien. L’attitude de l’Église a été depuis des années pour le moins ambiguë et condamnable dans la mesure où la hiérarchie catholique a de toute évidence consacré plus d’énergie à ignorer et étouffer ces crimes commis en son sein plutôt qu’à les condamner et à aider les victimes à se restructurer et à surmonter ces drames personnels.

J’ajoute, pour être clair, que je n’ai plus aucune considération pour cette Église qui – selon moi – détourne le message chrétien pour n’en faire qu’une suite de dogmes moraux sans queue ni tête.

Il n’empêche qu’il faut veiller à garder un peu de bon sens et surtout de sens critique. Dans notre société belge actuelle, il semble de bon ton de bouffer du curé à la moindre occasion (en disant ceci, je ne veux surtout pas minimiser le scandale de la pédophilie : ce n’est certainement pas une « moindre » occasion !). L’Église n’est qu’une entreprise humaine comme une autre, avec ses qualités et ses défauts. Ce n’est pas parce qu’on voit un peu plus ces derniers pour le moment qu’il faut dire et penser qu’il n’y a qu’eux qui existent ! Une de ses difficultés principales est certainement sa lourdeur hiérarchique qui empêche toute gestion des ressources humaines dynamique. Est-ce pour autant qu’il n’y a pas de gestion des ressources humaines dans cette entreprise pas comme les autres ? Il ne me semble pas : simplement, elle est plus lente et doit prendre en compte d’autres paramètres.

Ce billet ne convaincra sans doute personne, sauf ceux qui ont déjà tendance à penser la même chose. Je suis convaincu que l’Église doit prendre des mesures fortes et significatives. Sa lourdeur ne doit pas l’empêcher d’aller en profondeur. Mais aller en profondeur prend du temps. Gardons-nous de décider à sa place, car, ce faisant, on ne vaudrait guère mieux qu’elle.

lundi 11 avril 2011

La Wallonie annexe Bruxelles

Ce n’est bien sûr pas tout à fait la vérité et ce serait une interprétation erronée et hasardeuse de l’appellation « Fédération Wallonie-Bruxelles » que les représentants des 4 partis francophones présents dans les parlements ou les gouvernements concernés ont décidé de donner à la « Communauté française de Belgique ». Cependant, c’est ce que m’a dit textuellement un Flamand tout à fait honorable avec lequel je discutais de choses et d’autres.

La politique ne l’intéresse pas trop et il entretient d’excellentes relations avec de nombreux francophones. C’est pourtant ce qu’il avait retenu de ce changement d’appellation : la Wallonie annexe Bruxelles ! Cette interprétation est incorrecte, mais c’est vraisemblablement celle de la Flandre profonde, celle de ceux qui ne manient pas toutes les subtilités institutionnelles belges. Rien que pour ça, il me semble que ce changement de nom n’est pas une très bonne idée. Si on ne parvient pas à faire comprendre facilement ce que recouvre un nouveau nom, à quoi bon en changer ?

L’appellation « Communauté française de Belgique » - la seule qui reste officiellement inscrite dans la Constitution belge – n’est pas parfaite de par le qualificatif « française » qui prête à confusion. Mais au moins, ce nom désigne-t-il clairement une « communauté », c’est-à-dire des personnes qui partagent quelque chose en commun, à savoir la langue française (et tout ce qui va avec…). Personnellement, en tant que francophone de Flandre, je me reconnais dans cette « communauté française de Belgique », même si je n’en dépends pas officiellement. Mais comment me reconnaître dans une « fédération Wallonie-Bruxelles » alors que je ne suis ni wallon ni bruxellois ? Les politiciens qui ont voulu poser un acte symbolique ont quand même – sans en avoir conscience apparemment – exclu de leur « fédération » tous les francophones vivant en Flandre, soit environ 360 000 personnes !

Bref, quel intérêt y a-t-il vraiment à rebaptiser de manière cosmétique une institution qui a bien d’autres choses à s’occuper ?