dimanche 8 avril 2012

L'exploit

Depuis toujours, je suis passionné de cyclisme. J’ai déjà regardé de nombreuses courses cyclistes à la télévision (c’est plus complet que sur le bord de la route, et surtout plus confortable). J’ai vu de nombreux exploits. Surtout sur la course Paris-Roubaix. Une des seules courses où l’on peut partir de loin.

Et Boonen l’a fait. De très loin. Soixante kilomètres avant l’arrivée. En étant de plus le grandissime favori. Celui qui vient de gagner la plupart des courses auxquelles il a participé, alors même que ce ne sont pas les plus simples, dont le GP E3, Gand-Wevelgem et bien sûr le Tour de Flandres.

Définitivement, Boonen fait désormais partie de la légende du cyclisme. Non seulement il égale le record de Roger De Vlaeminck, « Monsieur Paris-Roubaix », mais ce qu’il a fait aujourd’hui est absolument démoniaque. Peut-être incompréhensible. Dieu seul sait s’il a découvert l’OPE, l’officiel poussoir énergétique. Et Dieu restera sans doute le seul à le savoir. Avec Boonen bien sûr.

On peut toujours se poser des questions, mais quoi qu’il en soit, ce que j’ai vu aujourd’hui est extraordinaire. Un gars qui ne craint personne au sprint part à soixante kilomètres de l’arrivée, seul, pour la beauté du geste. Un gars qui a dû subir, alors qu'il ne faisait rien de bon, toutes les critiques, l’année dernière, où Philippe Gilbert survolait l’histoire cycliste. Et dire que les courses où celui-ci a explosé ne vont qu’arriver.

J’espère retrouver bientôt le Gilbert de l’année dernière, mais en attendant je ne peux qu’admirer l’exploit de Tom Boonen. Non pas le fait qu’il ait gagné, mais surtout la manière qu’il a utilisée pour le faire. Chapeau, Tom. Héroïque !

mercredi 4 avril 2012

La saga des sorcières

Ainsi donc, aujourd’hui, j’ai vaincu le niveau 155 – c’est-à-dire le dernier niveau du jeu de base – de « Bubble Witch Saga ». Rassurez-vous : j’ai parfaitement conscience que devant l’infinité petite et grande de l’univers, cela n’a aucune espèce d’importance !

Mais enfin, je me suis quand même bien amusé à atteindre ce niveau. Les premières fois que j’ai joué avec ce jeu, j’avoue que je n’y comprenais pas grand chose et que j’ai rapidement abandonné. Et puis, voyant que d’autres y jouaient, j’y suis revenu et j’ai fini par y rester. Entre-temps, mes « amies » avaient bien avancé. J’ai fini par les rattraper, les dépasser et donc par terminer le jeu. Je suis le premier parmi mes « amis » (qui depuis lors sont devenus plus nombreux à entrer dans le jeu), mais je ne doute pas un seul instant qu’il doit y avoir de par le monde bien d’autres joueurs qui ont fini depuis longtemps et bien mieux que moi.

On trouve son plaisir où on le trouve. Je me suis bien amusé à jouer ce jeu où – une fois de plus – il ne s’agit que de faire éclater trois bulles de la même couleur. Ce qui m’a intéressé ici, c’est qu’il ne s’agit pas d’un jeu ni d’adresse ni de vitesse. Celles-ci ont bien sûr leur importance, mais en réalité, il faut avant tout réfléchir ! Pour chaque niveau, il faut trouver la voie qui permettra d’atteindre l’objectif ultime : avoir au moins 9 trous dans le ciel paradisiaque ! Ça n’a l’air de rien, mais en réalité, pour certains niveaux, il faut émettre plusieurs hypothèses avant de trouver la bonne.

Je me souviens ainsi d’un niveau – je ne sais plus lequel – où il m’a fallu pas mal de temps pour comprendre qu’il fallait « hausser l’ensemble des bulles » alors que dans la plupart des cas on cherche surtout à le descendre. J’ai aussi en mémoire le niveau 55, particulièrement féroce. Après l’avoir vaincu, j’ai pu dire à mon amie Ninise qu’il fallait attaquer à gauche et à droite plutôt qu’au centre. Alors qu’elle était calée depuis de nombreuses parties, il lui en a dès lors suffi d’une seule pour atteindre enfin ces fameux 9 trous !

Il y a d’autres niveaux par la suite où je me suis dit « Non, ça, c’est impossible » ! Et puis en réessayant, en changeant de tactique, en testant des hypothèses – et surtout en ayant un peu de chance, il faut bien l’avouer – j’ai pu vaincre l’obstacle et continuer mon périple.

Je suis donc arrivé au bout de la course, en prenant pas mal de plaisir dans le dernier « pays ». On y découvre des bulles-mystères qui peuvent se révéler bonnes ou mauvaises. En jouant sur le goût du risque, on découvre encore d’autres plaisirs.

Au bout de la course de base, oui… mais il paraît qu’il y a les « Îles éternelles » avec de nouveaux niveaux ! Je m’en vais donc découvrir cela, en sachant qu’on passe son temps comme on le peut, mais que là où il n’y a pas de plaisir, il n’y a pas de jeune !

mardi 3 avril 2012

Toutes voiles dehors

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Cet ensemble d’images est d’une beauté troublante et remplace mille discours. Cependant, il me semble aussi très caricatural, en déformant la réalité, et par là, représenter un réel danger de stigmatisation aussi inutile que sournoise.

Le sens des images est clair : d’une famille musulmane épanouie, où seule la mère porte le voile – le hijab pour être précis – on passe progressivement à une famille qui se voile de plus en plus (et on doute évidemment que la plus jeune soit consentante) pour finir par porter le voile intégral – le niqab – et du même coup, s’éteindre de plus en plus jusqu’à disparaître dans le trou noir de l’obscurantisme !

Même si on ne peut nier que, dans nos grandes villes, on voit de plus en plus de femmes entièrement voilées – qu’il y ait ou non une réglementation à ce propos – rien ne prouve cependant que toutes les femmes musulmanes tendent à être muselées !

Que les choses soient claires : pour moi, il n’y a aucune raison qu’une femme se voile pour des raisons religieuses, même si ce n’est qu’un léger tissu enserrant les cheveux, même si c’est un habit de nonne carmélite ou autre… A fortiori, il me semble illégitime et condamnable qu’un homme quelconque impose à une femme de se voiler tout ou partie du corps.

Cela dit, qu’une femme adulte, libre d’elle-même, décide de porter le voile, c’est son droit. Ce faisant, elle ne cherche pas à imposer sa démarche à d’autres personnes. Elle extériorise seulement un élément important de sa personnalité. De plus, le nombre de femmes qui glissent du hijab au niqab est des plus réduits. Le voile intégral correspond d’ailleurs à la mouvance wahhabite ou salafiste qui – heureusement – est largement minoritaire dans l’Islam.

Il y a aujourd’hui un réel péril intégriste musulman qui se vit et se voit effectivement au quotidien. Il faut lutter contre cet intégrisme, en commençant bien sûr par s’en protéger.

Mais il faut se garder de mettre tous les œufs dans le même panier. Tous les musulmans ne sont pas intégristes, loin de là. L’Islam en soi, pas plus que les autres religions, ne promeut le fanatisme. Malheureusement, il existe – dans la plupart des religions – des idéologues qui se targuent de détenir la vérité alors qu’ils ne divaguent que sur la base d’idées creuses. Celles-ci séduisent, il est vrai, de nombreux jeunes en quête d’identité et de réalisation de soi, dans une société qui ne leur propose pas grand chose pour s’épanouir réellement.

Le danger est donc réel, il faudrait être sot pour le nier. Mais ce n’est pas en caricaturant ni en stigmatisant les différences qu’on parviendra à sortir de l’ornière. Bien au contraire, ne risque-t-on pas d’attiser le feu et d’allumer soi-même l’incendie qui nous ravagera une fois qu’il ne sera plus contrôlable ?

lundi 2 avril 2012

Coup de blues ?

Voici un certain temps que je n’ai pas publié sur Réverbères ! Il y a plusieurs raisons, mais il est vraisemblable que la principale soit la règle que je me suis fixée depuis la création du blog : avancer par blocs de 4 intitulés : Coups du cœur, Lumières, Coups de blues et Interrogations. Les deux premiers intitulés sont plutôt positifs et les deux autres… moins. Pour ce tour-ci, j’ai déjà fait les deux premiers, et je reste avec les deux autres !

Or, je n’ai pas envie d’exprimer un coup de blues. Ce n’est pas que les affaires noires ne s’accumulent pas : il suffit de suivre un peu l’actualité pour s’en rendre compte. On finirait même par croire que rien ne va comme il faut pour le moment. Mais il me semble inutile d’en rajouter. Et je n’ai pas envie non plus de m’apitoyer sur mon sort, qui ne le mérite d’ailleurs pas.

Pourtant, j’avoue être fatigué de lire les publications d’un certain nombre de mes « amis » facebookiens. Il y a là-dedans de vrais amis, et puis d’autres qui quelque part m’intéressent parce qu’ils m’apportent parfois des angles de vue et d’analyse qui m’enrichissent. Mais pourquoi certains passent-ils la majorité de leur temps à publier de « mauvaises » nouvelles ? Ils se font chantres d’une cause et ne voient plus qu’elle, en dénonçant tout ce qui ne va pas dans leur sens. Ce sont souvent de nouveaux sectarismes, à la limite d’intégrismes flatulents. À force de ressasser toujours la même rengaine, ils n’apportent pas grand chose et découragent sans doute souvent leurs « amis » de lire vraiment ce qu’ils publient, sauf bien sûr ceux qui font partie de leur « cour », leurs aficionados !

Alors oui, ça, et malgré toutes les belles ou amusantes autres nouvelles qui sont données ci et là, ça me la fout mal !

mercredi 21 mars 2012

Chanteurs indignés

À vrai dire, au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas trop qui est à l’initiative de ce projet, mais j’en ai été informé par l’intermédiaire de mon ami Jofroi qui – sur les deux CD concernés – interprète 5 chansons.

Mais il n’est pas le seul à se retrouver sur ce double album dont la couverture s’inspire clairement de cet extraordinaire petit ouvrage de Stéphane Hessel « Indignez-vous », un document à lire d’urgence si vous ne l’avez pas encore fait. Comme dit Wikipédia, cet opuscule, d'une trentaine de pages, qui défend l'idée selon laquelle l'indignation est le ferment de l'« esprit de résistance », est devenu un phénomène d'édition.
Que des chanteurs s’associent à cette démarche, cela me semble tout à fait normal. Mais j’avoue être touché de voir que ce sont principalement des chanteurs que j’aime et dont certains trouvent une place de choix dans mon site personnel : Michel Bülher (16 chansons – avec un nombre pareil, il doit sans doute être dans les initiateurs), Georges Chelon (6 chansons), Julos Beaucarne (3 chansons), Frédérik Mey (2 chansons), Marc Robine (2 chansons), mais aussi d’autres monuments comme Léo Ferré, Jean Vasca, Jacques Marchais, Francis Lemarque ou Claude Vinci.

Rien d’original dans toutes ces chansons qui ne sont que des reprises. Mais quelles reprises et pour quelle indignation ! Pour le moment, apparemment, ce double album n’existe qu’en téléchargement sur les plates-formes légales. Il pourrait peut-être devenir objet physique si on s’adresse à EPM. Peu importe, cet album existe et c’est une œuvre de salubrité publique.

Bien sûr, on aurait pu y trouver d’autres chanteurs. Je pense notamment à Nicolas Peyrac qui, dans le genre, ces dernières années, n’a pas raté sa cible ! Mais évidemment, il y a des choix à faire, sans doute guidés par des « appartenances commerciales ».

Bon, si vous voulez écoutez ça, il paraît que c’est possible sur Deezer et sur Spotify, même si je n’ai plus aucune confiance – pour des raisons qui me sont personnelles – dans ces plates-formes d’écoute. Mais à part ça, écoutez : ça vaut la peine !

dimanche 18 mars 2012

Le WE, c’est moi qui cuisine

Le WE, c’est moi qui cuisine. Bon d’accord, il ne faut pas être doué en mathématiques pour se rendre compte que cela ne fait jamais que 2 jours sur 7. Vingt-huit virgule cinquante-sept pourcents du temps global, ce n’est pas grand chose… mais c’est toujours ça !

Il ne faut pas croire que c’est la seule chose que je fais pour faire tourner notre ménage. Je débarrasse la table tous les jours et je fais la vaisselle ! Je m’occupe aussi des poubelles. Enfin, juste pour les monter sur la route. Et puis, je… je… oui, quelques fois, je vide le lave-vaisselle, je m’occupe aussi en partie des poubelles avant de les monter sur la route.

Il faut bien reconnaître que la plus grande partie des tâches ménagères sont faites sans que je m’en rende compte vraiment. Ce n’est pas moi qui nettoie par terre et ailleurs, ni qui lave ou repasse le linge, ni qui fais les courses de base, ni qui remets en ordre quotidiennement les choses qui bizarrement changent de place sans y retourner, ni qui m’occupe des petites (grandes) affaires de nos enfants, ni qui gère tous les petits (grands) dossiers d’assurance pour les sinistres de la vie courante, ni qui vérifie que tout le monde a ce dont il a besoin, ni qui veille à ce que le jardin soit fleuri et agréable, ni… La liste doit sans doute encore être longue.

Bien sûr, je fais moi aussi des petites choses pour que le ménage fonctionne. Ça me paraît l’évidence même, mais je n’oserais pas établir la liste de ces petites choses, parce que de toute façon elle serait sans commune mesure avec celle de la femme que j’aime et qui supporte ma faiblesse masculine !

Mais le WE, c’est moi qui fais la cuisine. Je n’y fais rien de particulier, mais je le fais. Je sais bien qu’il y a des tas de mecs qui ne pourraient en dire autant ! Tout comme il y en a des tas d’autres qui font bien plus que moi.

Qu’importe finalement. L’important n’est-il pas de trouver un équilibre dans le respect mutuel de l’existence de l’autre ? Je ne suis pas sûr d’avoir trouvé l’équilibre parfait, mais en attendant, le WE, c’est moi qui cuisine !

mercredi 14 mars 2012

Chansons oubliées : Il ne faut jamais sourire d’un enfant, par Marie (1971)

Il y a déjà un certain temps que j’avais choisi cette chanson pour en faire mon prochain billet « Chansons oubliées ». Le drame qui touche aujourd’hui ces enfants morts ou blessés durant leur retour de classes de neige n’y donne sans doute qu’un peu plus de sens.

Marie est une chanteuse qui ne fit que passer, mais avec quel talent. En 1971, elle sort des chansons inoubliables comme « Souviens-toi de moi » et « Soleil ». Mais aussi cette extraordinaire « Il ne faut jamais sourire d’un enfant », avec laquelle elle obtiendra le Prix d’Interprétation au Festival de Spa de cette année-là.

La voix est claire et envoûtante, d’une grande sincérité. Elle chante des mots simples, mais qui touchent les âmes sensibles. Marie en a touché plus d’une !

Mariée à Lionel Gaillardin, guitariste du groupe « Il était une fois », Marie a eu une carrière assez courte. Comme sa vie d’ailleurs, puisqu’elle mourut en 1990, à 41 ans, d’une leucémie foudroyante.

Son œuvre – 25 morceaux – a été rééditée en CD en 1994 sous le titre « Les années chansons ». Personnellement, je ne connaissais que son seul 33 tours éponyme, paru également en 1971, qui recèle d’autres petits bijoux encore : « J’ai trouvé ma route », « Dans le ciel », « Ma mère, la colombe et le cerisier », « La vie, c’est… », « Le marin de Dublin »…

Que cette chanson résonne en hommage aux enfants décédés ou blessés cette nuit.

Il ne faut jamais sourire d'un enfant

Il ne faut jamais sourire d'un enfant

Qui vous demande en ouvrant des yeux tout grands

Quand le ventre de sa mère

A la forme de la terre

Si le ciel et l'océan sont là-dedans

Si l'on trouve des fleurettes et des oiseaux

Des chemins où l'on peut jouer au cerceau

Des torrents et des rivières avec des poissons d'argent

Il ne faut jamais sourire d'un enfant



Dites-lui qu'il y a encore peu de temps

Il y dormait en hiver et au printemps

Qu'il pêchait dans la rivière

Qu'il courait sur les chemins

De ce monde sans mystère

Où l'on n'aura jamais peur de rien



Il ne faut jamais sourire d'un enfant

Qui vous demande en ouvrant des yeux tout grands

Quand le ventre de sa mère

A la forme de la terre

Si la terre ressemble aussi à sa Maman



Il vous dira qu'il sait depuis très longtemps

Qu'on ne raconte plus d'histoires aux enfants

Que la guerre et la misère

Ont fait pleurer les rivières

Qu'il y a sur des chemins

Bien des enfants qui meurent encore de faim



Il ne faut jamais sourire d'un enfant

S'il vous dit en fermant ses yeux doucement

Quand sa mère le caresse

Et le berce tendrement

Qu'il voudrait bien s'endormir dans sa Maman



Paroles : Laurence Matalon. Musique : Jean Musy 1971 © Pathé-Marconi

lundi 12 mars 2012

Désinformation

Jeudi dernier fut une journée relativement noire pour moi. Les mauvaises nouvelles n’ont pas arrêté de pleuvoir et les situations difficiles se sont multipliées. C’est ce que j’ai voulu exprimer sur mon statut Facebook, tout en enrobant la chose du fait de la journée de la femme ! Mon statut était clair, selon moi, mais j’ai été étonné de voir que 8 personnes (des femmes) aimaient ça.

En réalité, comme les commentaires le prouvent, mes amies ont surtout vu mon aveu de faiblesse face à la femme… et elles ont trouvé ça très bien ! Seul Robert a laissé sur mon mur une vérité qui a pu me redonner un (très léger) espoir !

Rassurez-vous : Robert avait raison, il fait beau aujourd’hui et – même si tous les problèmes n’ont pas disparu comme par enchantement – je me sens plus d’attaque.

C’est néanmoins troublant de voir comment la perception de mes amies a pu déformer le sens de mon message. Toutes proportions gardées, il y a eu là en œuvre un mécanisme non contrôlé de désinformation, sans aucune gravité, il faut bien le reconnaître !

Les réseaux sociaux sont des lieux où de nombreuses informations transitent et cela dans tous les domaines possibles et imaginables, voire même inimaginables ! La plupart de ces informations sont « exactes », même si le caractère exact d’une information n’est pas toujours facile à cerner. Parfois, certains expriment clairement des opinions, qu’ils défendent ou non, et c’est bien sûr leur droit. Qu’on soit d’accord ou non avec eux et qu’on l’exprime ou non sont des autres droits.

Par contre, j’ai été plus d’une fois étonné ces derniers temps de voir apparaître des éléments qui relèvent vraiment de la désinformation. Ce sont souvent des « copier-coller » qu’on trouve amusants et qu’on partage sans trop y réfléchir, et en tout cas, sans valider l’information. Celle-ci n’est d’ailleurs jamais totalement fausse, mais elle est souvent incomplète ou tout simplement à nuancer. Ça fait partie du jeu facebookien, plus que vraisemblablement. Mais c’est néanmoins toujours étonnant, pour ne pas dire inquiétant. Parce qu’on l’a « vue sur FB », une information se valide d’elle-même et peut être diffusée largement sans que personne ne s’en inquiète. Quant à moi, il m’arrive de m’en inquiéter et de réagir… mais je sens bien chaque fois que je suis perçu comme l’empêcheur de tourner en rond ! Finalement, dans ces outils de réseaux sociaux, il n’est pas de bon ton d’exprimer son désaccord ! C’est souvent perçu comme une attaque personnelle, alors que ce n’est soit qu’un débat d’idées, soit une correction d’une fausse information. Face aux réactions, je reste souvent perplexe !

dimanche 11 mars 2012

Chez Georges

FMG © 2012

Où l’on se rend compte que Georges Brassens était un génie, c’est quand on observe la variété des arrangements qui sont possibles de ses œuvres. On ne compte plus le nombre d’adaptations, spécialement de la part de ceux et celles qu’on qualifie de « nouvelle scène ». Même la Belgique s’y est mis avec un « Cabaret Chez Georges » qui a été présenté hier soir à la Ferme du Biéreau, à Louvain-la-Neuve.

Une belle réussite, même si plus d’un spectateur (dont l’âge moyen devait tourner autour de 60 ans) regrettera le volume sonore trop élevé, surtout en première partie. Quand il est difficile de comprendre les paroles parce que batterie et guitare étouffent le son, c’est effectivement bien dommage ! Donner un peu de groove à Brassens, pourquoi pas ? De là à en perdre les mots…

Certains ont aussi été déçus de ne pas entendre que du Brassens. Pourtant, c’était là une excellente idée : chaque artiste interprétait une chanson de Brassens pour ensuite partager une chanson de son propre répertoire. Bien que ne m’attendant pas à ce principe, c’était sans doute la bonne surprise de la soirée. En tout cas, elle m’a permis de découvrir des artistes dont je connaissais le nom, sans les avoir nécessairement déjà entendus. Qu’on en juge !

  • Karin Clercq. Elle est l’exception : elle n’a rien chanté de son répertoire. Mais elle était la directrice artistique du cabaret. Quelle énergie. Son interprétation de "La non-demande en mariage" eut été grandiose… si elle s'était contentée de la chanter en solo !
  • Gaëtano. Il a ouvert le spectacle. Il fallait l’oser. Mais il est encore un peu vert.
  • Seb Duthoit. Je l’ai découvert avec l’excellent groupe Coïncidence. En carrière solo désormais, l’alchimie a quelque peu disparu, mais il reste un excellent musicien et un bel interprète (surtout quand il s’extasie devant Quynh Anh Pham qui lui prête quelques « ah ah »).
  • Monsieur Y. Quand la chanson se théâtralise, on découvre parfois des univers sublimes. Ce que j’ai vu de ce trio donne en tout cas envie d’en voir et d’en entendre plus.
  • Samir Barris. Beaucoup de sensibilité. Encore un peu timide, mais c’est peut-être son charme. Un beau moment.
  • Quynh Anh Pham. Elle a déjà une belle carrière internationale, grâce à Marc Lavoine, qui lui a proposé Bonjour Vietnam, grand succès au Vietnam, et aussi un beau duo J’espère. Invité surprise, elle en était effectivement la première surprise… et tout le monde s’est demandé un peu ce qu’elle faisait là !
  • Piangerelli. Lui au moins, c’était clair : il aurait mieux fait de ne pas être là.
  • Barbarie Boxon. En formule duo ici. Euh, comment dire ? La guitare faisait vraiment beaucoup de bruit ! Pourtant, la formule doit être plus riche que celle qu’on a pu apprécier.
  • Ben Bosca. Membre de Monsieur Y, il nous a valu un des grands moments de la soirée avec « Les passantes ». Par contre, sa chanson « Des pas » était assez quelconque.
  • Blanche, alias Stéphanie Blanchoud. Depuis le temps que je sais qu’elle existe, je ne l’avais jamais vue ni entendue en vrai. Ça en vaut pourtant la peine. Elle semble timide, mais qu’est-ce qu’elle est belle ! Et son chant se rapproche de sa beauté !
  • Vincent Delbushaye. Lui aussi, je le connaissais sans l’avoir jamais vu. Quelle vitalité. Quel décalage contrôlé ! À découvrir et à diffuser de toute urgence.

Bref, vraiment, un beau plateau pour une soirée au rythme soutenu (certaines émissions de télévision devraient en prendre de la graine). De belles découvertes, mais pour moi, la meilleure fut encore celle de Sébastien Taminiau. Également membre de Monsieur Y, il a enchanté ma soirée en accompagnant tous ces artistes. Dans une présence intense mais toujours discrète et retenue, il brille aux claviers, s’affirme progressivement au violon et surtout nous délecte de sa contrebasse. Un instrumentiste atypique, dégageant une luminosité grandiose, à l’égal de son visage d’enfant. Bravo l’artiste !

samedi 25 février 2012

Le monde est mal fait

FMG © 2012

Le monde est mal fait. Pendant que certaines payent pour être à la Mer du Nord, sous un ciel plutôt gris, je me retrouve sur une plage perdue dans l’Océan Atlantique, sous un soleil limpide dont je dois pourtant me méfier, et payé pour m’y trouver. Enfin, pas tout à fait, mais un peu quand même !

Loin de moi l’outrecuidance de me plaindre de mon sort, mais je ne suis pas sûr cependant que ce dernier soit plus enviable que celui de certaines. J’ai beau me retrouver en un endroit que d’aucuns envieront, je m’ennuie, pour le dire poliment.

Un week-end en mission n’est que rarement un bon moment. Pendant la semaine, le rythme du travail berce les minutes et les heures. Sans avoir vraiment le temps de s’embêter. Le week-end, on se retrouve seul face à soi-même dans des lieux qu’on ne connaît pas. Je pourrais bien sûr m’organiser de petites sorties touristiques. Il y a de quoi. Mais j’avoue ne toujours pas avoir cet esprit de découverte et d’aventure. Alors, je me contente d’une petite balade dans la ville, jusqu’à la mer. Cette promenade m’a bien plu, notez. Mais après, c’est le retour dans cette chambre d’hôtel toujours un peu sordide. Où j’essaie de passer le temps (j’y réussis d’ailleurs).

Moi qui me prétends souvent fatigué, j’ai ici l’occasion inespérée de me reposer. Je ne suis pas stupide : je le fais aussi ! Bref, il n’y a vraiment aucune raison de me plaindre. D’autant plus que de toute évidence, je suis dans une situation très privilégiée par rapport aux autochtones pour lesquels la vie n’est ni rose ni verte tous les jours et dont l’avenir économique a un cap plus compromis que celui de mes compatriotes, même si la « crise » nous guette sans nous faire de cadeaux.

Je vais arrêter ce billet. Il n’intéresse plus que vraisemblablement personne et je doute fort qu’un quelconque lecteur le lise jusqu’au bout. Il n’apporte rien. Je ne devrais même pas le publier, mais voilà maintenant qu’il est écrit, autant le faire ! En tout cas, au moins, il m’aura fait passer un peu de temps. Le monde n’est finalement pas si mal fait que ça !

mardi 14 février 2012

Pour quelle information ?

Apparemment, ce que je considérais comme une bonne idée avec une bonne démarche, à savoir l’opération de solidarité « Hiver 2012 » de la RTBF couplée à un certain nombre de reportages permettant de mieux comprendre la problématique, n’a pas eu le même écho positif auprès de tout le monde ! Je n’ai pas eu de critique directe quant à ma position, mais j’ai lu d’autres avis en d’autres lieux.

La principale critique qui est exprimée est qu’il serait préférable que la RTBF informe sur les causes profondes et les mécanismes déclencheurs de la pauvreté plutôt que de se transformer en œuvre de bienfaisance et de se substituer aux CPAS et autres organismes chargés de gérer ces problèmes.

La mission d’information de la chaîne publique est évidemment essentielle. Dans la perception que j’en ai, cette mission fondamentale n’a pas été oubliée par la RTBF. Il y a eu de nombreux reportages qui ont permis de mieux cerner la réalité des personnes en difficulté et de commencer à mettre en évidence les mécanismes complexes de la pauvreté. Il y a évidemment moyen d’aller beaucoup plus loin dans l’analyse. Mais on reste dans le cadre d’un journal télévisé où les possibilités de profondeur sont forcément limitées.

Mais finalement, ce n’est pas ça qui me préoccupe vraiment. Je suis interpellé par le fait que les quelques analyses que j’ai lues semblent plus critiquer non pas le manque d’analyse ou d’information, mais le fait que l’information fournie ne correspond pas à celle que les analystes souhaitent entendre ! Ils ont leur propre grille d’analyse, et c’est celle-ci qui devrait être utilisée par les médias. Ces grilles d’analyse sont peut-être pertinentes, mais elles ne constituent jamais qu’une facette de la réalité complexe qu’elles explorent. Elles débouchent d’autre part souvent sur une information orientée, voire stéréotypée, positionnée comme étant « la » bonne information. Mais l’est-elle pour autant ? C’est toute la question, dont j’avoue ne pas avoir la réponse !

dimanche 12 février 2012

L'homme à la tête de chou

Participer à un groupe de théâtre peut mener à de multiples surprises. Il arrive qu’on fonde beaucoup d’espoir sur un spectacle et qu’on se retrouve très déçu. Parfois on y va avec les pieds de plomb et on se sent des ailes quand on sort du spectacle. D’autres fois encore, on n’a aucune idée de ce que l’on va voir, sans attente ni dans un sens ni dans un autre… et on se laisse prendre par le spectacle.

C’est ce qu’il m’est arrivé avec « L’homme à la tête de chou ». Je n’en savais pas grand chose. Si ce n’est bien sûr que c’était associé à Gainsbourg. Mais qu’avait-il vraiment fait là-dedans, je n’en savais trop rien. Arrivé dans la salle de spectacle à Louvain-la-Neuve, j’eus une certaine gêne en survolant le papier de présentation. Ce n’était pas la voix de Gainsbourg qu’on allait entendre, mais celle de Bashung ! De plus, ce n’était pas un spectacle de chanson, mais une chorégraphie !

Gainsbourg, j’aime à moitié. Mais je sais que dans son genre, c’est un génie. Bashung, je dois bien avouer que je n’aime pas vraiment. J’ai plusieurs amis qui le considèrent comme un dieu vivant (ah non, lui aussi est mort). Mais personnellement, je ne suis jamais parvenu à vibrer pour ce rock ténébreux, cette voix en recul, ce personnage hors du temps. La danse, enfin, je n’ai rien contre, mais j’ai du mal quand même. Il y a 40 ans, j’avais assisté pour la première fois à une chorégraphie de Béjart. Ça m’avait bien plu, mais sans doute surtout parce que durant le spectacle ma main avait trouvé pour la première fois la main de celle qui allait me faire découvrir l’amour ! Mais à part ça…

Bref, je me sentais mal barré. Un spectacle en pleine semaine alors qu’il fallait encore travailler tôt le lendemain. Et une première approche qui n’annonçait rien de bon.

Pourtant, ce fut bon. Excellent même ! Gainsbourg reste le maître des mots, surtout de ceux qu’on croit ne pouvoir combiner avec aucun autre. Les mouvements de danse, d’une densité et d’une sensualité incroyables, m’ont rappelé Béjart tout en ouvrant un tout autre univers. Et la voix de Bashung m’a envoûté. Il y avait là une harmonie parfaite. Pourtant, c’est un spectacle dur, délirant, où l’on sombre dans la folie en même temps que… tous les artistes.

Ce spectacle m’a profondément bouleversé justement parce que je ne m’y attendais pas. Il est donc encore possible de s’émouvoir !

mardi 7 février 2012

Quand information rime avec action

Depuis le JT 19h30 d’hier soir, notre bonne vieille RTBF s’est lancée dans une action d’envergure et de solidarité. Elle met sa force d’information au service de tous ceux qui ont froid, qui vivent dans des conditions impossibles, qui – chaque matin – se demandent comment ils vont terminer la journée.

Je tire mon chapeau. D’aucuns parviendront peut-être à dire qu’un outil d’information n’a pas à s’immiscer dans l’action, que ce n’est pas là sa vocation. Moi, je dis que lorsqu’une chaîne d’information publique ose se lancer dans une telle action, elle remplit pleinement son rôle de service public. Elle inscrit là son rôle d’information dans le concret et dans le réel. Elle a saisi qu’il ne suffisait pas de parler du froid – lui, on a bien compris qu’il était là – mais que pour être crédible, il fallait « faire quelque chose ».

La RTBF est loin d’oublier l’information. Ce soir, elle a consacré les vingt premières minutes du JT à parler de son action, mais surtout à informer sur la réalité de ce que les « petites gens » vivent ! On est bien loin des frivolités froides du monde de la finance, des élucubrations incohérentes du monde politique, des égocentrismes divers et surprenants des mondes sociaux, culturels, sportifs… On est dans la vie. La vraie. On offre au téléspectateur non pas la possibilité de soi-disant exprimer son avis par SMS fort coûteux, mais celle de se montrer solidaire, de participer concrètement à la construction d’une situation meilleure. On offre aussi la possibilité aux plus-démunis de dire simplement leur désarroi, leurs difficultés. Et tout cela, on le partage avec le spectateur lambda. Il n’en fera peut-être rien. Mais il aura reçu des informations essentielles :
  • à côté de lui, il y a des personnes qui vivent des situations difficiles ;
  • à côté de lui, il y a des personnes qui sont solidaires.

Cette action ne supprimera pas tous les problèmes. C’est l’évidence. Elle ne devrait surtout pas devenir permanente ni transformer les journaux télévisés en œuvre de bienfaisance. Mais elle est salutaire. Tant pour tous ceux qui pourront en bénéficier que pour la crédibilité de l’information, en soi.

samedi 4 février 2012

Relax Max

FMG © 2012

Il y en a, j’vous jure ! Il y a la crise partout :
  • la crise financière dans nos pays qui croulent sous l’argent ;
  • la crise politique en Egypte, en Syrie, à Madagascar… tous ces pays où certains savent mieux que d’autres ce qu’il faut faire et décident donc pour les autres ;
  • la crise esthétique où des femmes qui n’ont fait que vouloir être plus belles que l’image qu’elles avaient d’elles se retrouvent à devoir faire des PIP non souhaitées ;
  • la crise exilatoire avec tous ces gens qui quittent leur pays et leurs racines pour l’illusion de trouver mieux ailleurs ;
  • la crise énergétique avec le prix du gaz qui augmente uniquement parce que celui du pétrole est en hausse constante ;
  • la crise des valeurs où certains se croient investis du droit absolu à décider ce que les autres doivent penser sous prétexte d’une loi divine ou naturelle discrétionnaire ;
  • la crise de foie au lendemain des jours, ou plutôt des nuits, soumis au seul plaisir des sens ;
  • la crise hystérique pour tous ceux qui n’ont plus la force ou la patience d’analyser sereinement où se trouve le juste milieu des choses ;
  • la crise de rire pour tous ceux qui n’ont plus la lucidité ou la perspicacité d’analyser justement où se trouve la sérénité des choses ;
  • la crise d’égocentrisme, enfin, qui fait que chacun ne voit que son petit bout de terre et d’illusion pour décréter que la solidarité ne sert finalement à rien du tout.
Et pendant que la crise se déroule, ravageant l’humanité, il y en a qui ne trouvent rien de mieux que d’installer leurs transats et de bénéficier égoïstement des quelques rayons de soleil qui dardent notre Terre occidentale, dans l’ignorance totale de ce qui se passe autour d’eux.

Vraiment, c’est du n’importe quoi !

vendredi 3 février 2012

Chansons oubliées : Le gardien du port, par Roger Schep (1965)

Ce n’est pas que cette chanson soit oubliée par la plupart des humains. Simplement, ils ne la connaissent pas et n’en ont jamais entendu parler ! Si moi-même je la connais, c’est sans doute un peu par miracle ! À l’époque – on était en 1965 – mes parents étaient abonnés à une revue qui parlait de chansons : Chansons pour tous (Revue musicale familiale). Un jour, le numéro du mois - à 10 francs belges - était accompagné de ce 45 tours… que nous avons écouté en boucle sur notre Teppaz, avec « Le gardien du port » en face A et « Annabelle » en face B. Cette chanson « Le gardien du port » m’a vraiment impressionné et je crois que je l’ai encore plus chantée moi-même qu’écoutée. Quelque part, ce texte était un peu « politiquement incorrect » pour l’époque. C’est peut-être ça qui me plaisait bien.

Roger Schep était un artiste namurois né en 1937. Il a chanté, mais aussi peint. Dans les deux cas, ça ne nourrissait pas son homme, et il a donc œuvré à d’autres intérêts. N’empêche, il a connu son heure de gloire puisqu’il a quand même fait la première partie de Jacques Brel, à l’Ancienne Belgique ! Il a continué à chanter en amateur. En 2006, il était encore sur scène à Gelbressée. Mais il décédait l’année suivante, à Namur.

Il est accompagné sur ce disque par le groupe « Les Noctambules », un orchestre de jeunes actif pendant « les golden sixties », sous l’inspiration des Shadows. Ils savaient manier la guitare !

Le gardien du port

Avec ma figure de travers
Je suis le gardien du port
Et si tu savais
Combien j’en ai vu de loups de mer
Qui boivent et parlent fort
Ah tu me dirais
Que j’en connais un sacré bout
À force d’écouter
Les récits de ces diables fous
Doux comme des bergers
Qui ont pris la mer pour maîtresse
Et que les grands espaces
Remplissent de sourdes allégresses
Rendent calmes et sagaces

Combien j’en ai vu de matelots
Qui parlaient des filles blondes
Du port d’Hambourg
Des filles de Londres et de Tokyo
Et qui maintes fois du monde
Avaient fait le tour
Ces gaillards-là m’ont fait porter
Des noms d’un peu partout
Igor Yvon Johnny René
De quoi devenir fou
Et si j’ai pas le pied marin
Tu peux me demander
N’importe lequel de leurs vieux refrains
Je te le chanterai

Ils m’ont ramené des souvenirs
Il y a chez moi des tas
De petits bateaux
Des pipes, un châle de cachemire,
Du tabac de Sumatra
Des noix de coco
Et si tu veux bien t’amuser
Prends un flacon de fine
Et viens visiter mon musée
De la marine
Tu m’y verras grandeur nature
Sur le panneau central
Arborant avec fière allure
La tenue d’amiral

Si j’ai la figure de travers
Et bien c’est parce qu’un jour
Au petit matin
Avec les marins du Dragon vert
Pour une histoire d’amour
Éclata soudain
Une bagarre dont je sortis
Sanglant et courbattu
Si ma machoire est démolie
C’est un souvenir de plus
C’est depuis lors qu’à chaque escale
Les gars du Dragon vert
Viennent me tirer de mon local
Pour aller prendre un verre

Et quand je m’en retourne au pays
Faut voir comme les enfants
Attendent le jeudi
Car pendant toute une après-midi
Je raconte lentement
Quand ils sont assis
Des histoires à dormir debout
Pas souvent véridiques
J’suis pas menteur mais qu’voulez-vous
Il faut voir leurs mimiques
Le résultat de ces histoires
C’est qu’au bout de deux jours
Ils m’ont surnommé Barbe noire
Capitaine au long cours

Moi qui ne sais pas même nager
Je suis quelqu’un maintenant
Sans avoir dit ouf
Je les laisse entre eux se raconter
Que je suis un descendant
Du vaillant Surcouf
Tonnerre de Brest, sabre de bois
Crient-ils dans tous les coins
Quand je s’rai plus grand tu verras
Je serai aussi marin
Ah si les gars du Dragon vert
En arrivant au port
Apprenaient ça à mon p’tit verre
Ils en riraient encore
Ah sacré vieux menteur
Sacré vieux farceur
Sacré vieux loup de terre