dimanche 9 mai 2010

Et si l'improbable arrivait…

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne sait plus trop bien où va la Belgique. Tout peut arriver à partir de dorénavant et jusqu’à désormais !

Un scénario extrême est la scission de la Belgique… C’est improbable, mais on ne sait jamais. Cela dit, j’ai été interpellé par une interview parue dernièrement dans Le Soir de l’ancien Premier ministre Marc Eyskens, flamand critique !

Pour lui, la scission de la Belgique est tout simplement impossible, « pour la simple raison qu’il faudrait modifier la Constitution et que les francophones et les Bruxellois ne vont jamais l’accepter ! ». Sans majorité des deux tiers, pas de modification de la Constitution possible… et donc pas de scission.

La seule chose qui serait possible, c’est que les Flamands décident de se séparer de la Belgique. Il s’agirait alors d’une sécession unilatérale, mais pas d’une scission.

Les conséquences seraient certainement néfastes pour les francophones et les Bruxellois, mais seraient inattendues pour les Flamands.

Se séparant de la Belgique, celle-ci continuerait à exister, peuplée – majoritairement – de francophones. C’est elle qui continuerait à exister et à être reconnue internationalement comme étant le Royaume de Belgique, membre de l’Union européenne et de l’Organisation des Nations Unies. La « République de Flandre » n’aurait, quant à elle, aucune reconnaissance internationale et il est peu probable que les grandes Nations qui connaissent des mouvements nationalistes, comme l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, etc. acceptent de reconnaître un Etat faisant sécession.

La Flandre risquerait aussi de connaître quelques déboires territoriaux. Assez logiquement, certaines communes « flamandes » souhaiteraient décider de leur rattachement à la Flandre ou à la Belgique par voie de référendum ou même par simple décision du Conseil communal. Il y a fort à parier que plusieurs communes décideraient ainsi de se séparer de la Flandre et demanderaient leur rattachement à la « Belgique ». La Flandre ayant montré l’exemple de la sécession, elle pourrait difficilement s’opposer à ces sécessions plus petites ! La Flandre se retrouverait ainsi amputée de territoires pour lesquels elle semble actuellement intransigeante.

Tout ceci n’est encore aujourd’hui qu’un scénario fictionnel. Mais au bout du compte, on risque bien de se dire « tel est pris qui croyait prendre ». Je ne l’espère pas. J’espère qu’il y aura assez de sagesse pour trouver un compromis respectueux des intérêts de tous. Est-ce encore possible ?

dimanche 2 mai 2010

J'habite en Flandre

© Antonio Jimenez
Nous voilà donc repartis pour un tour, dans notre belle Belgique. Je ne vois pas très bien ce que ces élections changeront, car la position des uns et des autres ne variera pas beaucoup. Mais enfin, si ça les amuse, pourquoi pas ?

En attendant, moi, j’habite en Flandre, tout en parlant français. Je n’habite pas une commune à facilités : je suis un vrai « flamand » ! Comme je l’ai déjà exprimé ici, cela ne fait pas de moi un bon bilingue, et je le regrette. Cela ne fait pas de moi non plus un bon flamand, et je ne le regrette pas finalement. Il y a des choses que je ne comprends pas chez eux. Certaines me posent même question.

J’en ai fait un jour une chanson. Bon moment pour la ressortir. On m’a dit que la musique n’était pas géniale : c’est volontaire ! Je voulais une musique lourde, basique. C’est le cas. Dans mes rêves, la fanfare était même encore plus pesante, plus fausse, plus lamentable !

Un dernier mot, indispensable : je vis dans un lieu extraordinaire et je m’entends très bien avec mes voisins ! Bien sûr !

J'habite en Flandre


Je suis un francophone vivant en Flandre
Ou un flamand parlant français
Prenez-le comme bon vous semble
Moi, je m’sens bien même si c’est pas parfait

Quand j’ai choisi d’habiter ma maison
Ce n’est pas la Flandre qui fut l’objet de mon choix
Mais simplement c’était un bel endroit
Où il fait bon vivre pour écrire des chansons
La Flandre est remplie de beaux paysages
De mille lieux où l’on peut se poser
Notre Belgique est pleine de ces beautés
Qui ne sont pas liées à des langages

Moi qui suis fou de la chanson française
Je ne renie pas le folk flamand
D’Ambrozijn à Laïs c’est stupéfiant
D’écouter ces musiques tant elles me plaisent
J’avoue un faible pour les résultats sportifs
Mais où les trouver sans perdre de temps
Rien de mieux que le télétexte flamand
Qui donne l’info à un rythme explosif

À vrai dire j’croise que peu de flamands
Je n’ai rien contre eux, y a d’ailleurs pas de quoi
Je dirais plutôt qu’ils me laissent froid
Comme s’il y avait absence de sentiments
Cela dit je sens quand même naître la peur
Quand ils se mettent à exclure de leurs rangs
Ceux qui ne parlent pas le bon flamand
Ou dont la peau n’a pas la bonne couleur

Né à Bruxelles, j’habite en Flandre
Je travaille en Wallonie ou au bout du monde
J’appartiens à la Terre où je vagabonde
Sur les chemins de la carte du tendre
Qu’importe l’endroit de mon domicile
Je reste moi-même quels que soient mes voisins
On peut se comprendre si chacun y met du sien
À moins bien sûr que ce soient des imbéciles

Ik ben een franstalige die in Vlaanderen woont
Of als je wil een vlaming met Frans spraak
Neem het op zoals je wilt, mijn zoon
Ik voel me’r goed bij al is het niet volmaakt

François-Marie GERARD - FMG © 2006


samedi 1 mai 2010

Muguet du travail

FMG © 2010

Pour beaucoup, le 1er mai, c’est avant tout la fête du muguet. Ce l’est d’autant plus aujourd’hui : un samedi de repos comme les autres, où seuls quelques brins de muguet viennent enrober l’atmosphère de leur parfum si subtil et doux. Au début du mois d’avril, la nature avait environ 3 semaines de retard. Elle les a bien rattrapées.

Pour moi, le 1er mai, c’est bien sûr aussi la fête du muguet. Mais c’est aussi et sans doute surtout la célébration de tous ceux qui se sont battus pour que les travailleurs soient reconnus dans leurs droits les plus élémentaires : avoir un salaire décent, avoir des congés payés, pouvoir être entendus dans leurs revendications, ne pas être seulement un « esclave professionnel », mais être aussi un homme ou une femme qui vit sa vie, a ses rêves et ses espérances.

Des milliers de travailleurs se sont battus pour que soient reconnus ses droits élémentaires, parfois au péril de leur vie, quand ce n’était pas simplement au péril de perdre leur travail. Il faut leur rendre hommage : sans eux, nous ne vivrions pas aujourd’hui de la même façon.

Le combat social a encore toute sa raison d’être : les travailleurs sont encore trop souvent perçus comme une vulgaire main d’œuvre n’ayant qu’à s’incliner devant les obsessions mesquines de leurs supérieurs. Le principe de Peter et son corrolaire sont malheureusement vrais : « tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence », ce qui fait qu’« avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité ». Spécialement les postes de responsabilité : ceux-ci sont souvent aux mains de personnes qui ont atteint leur niveau d’incompétence… et qui le font sentir à leurs subalternes.

L’actualité proche me montre toute la justesse de ces principes. On ne sait pas y faire grand chose… si ce n’est continuer à lutter comme nos ancêtres l’ont fait pour faire reconnaître nos droits de travailleurs et d’êtres humains. Je leur rends profondément hommage !

lundi 26 avril 2010

Le célibat comme (fausse) porte de sortie…

L’heure n’est pas aux réjouissances avec une Belgique laminée par des égocentrismes lamentables, au Nord comme au Sud ou au centre. Mais, puisque j’ai fait mine de ne rien y comprendre (sans être sûr d’avoir été compris dans ma démarche ironique), je ne tiens pas à approfondir ce déchirement bien fâcheux.

La Belgique, comme d’autres pays, est confrontée à d’autres problèmes, peut-être encore plus navrants. Je veux parler de la pédophilie dans le clergé catholique.

Le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, qui avait créé la polémique début avril en liant les crimes de pédophilie à l’homosexualité, a remis ça. Il a affirmé dimanche que la multiplication des scandales de pédophilie parmi les religieux catholiques était sans lien « direct » avec le célibat imposé aux prêtres.

« Il n’y a pas de relation directe entre le célibat et la conduite déviante de certains prêtres. Au contraire, c’est précisément le non-respect du célibat qui produit une dégradation progressive de la vie du prêtre qui cesse d’être un exemple, un don, un guide spirituel pour les autres. »

En soi, il a raison : le célibat des prêtres peut contribuer à les rendre disponibles tant à leur propre spiritualité qu’aux « fidèles » dont ils ont la charge. On peut donc très bien être célibataire sans être nécessairement pédophile, que l’on soit prêtre ou non d’ailleurs.

Mais les déclarations du cardinal Bertone semblent montrer que l’Église ne s’interroge pas réellement sur les raisons du phénomène. Ce n’est sans doute pas le célibat qui crée la pédophilie, mais c’est peut-être la pédophilie qui crée le célibat. Comme je l’ai lu dernièrement dans un commentaire sur Facebook, sous la plume du journaliste André François, « si on est pédophile, c’est… qu’on est pédophile ». Pour des raisons que j’ignore, et vraisemblablement liées à l’histoire de chacun, certains sont – malheureusement – attirés par les enfants. Quand un jeune à l’aube de sa carrière ressent cette pulsion, cela doit lui poser de nombreux problèmes. Quelle issue ? L’une d’elles est peut-être le célibat ecclésiastique. Ne pouvant avoir de relations sexuelles « normales », ils peuvent se dire, tant qu’à faire, que le mieux est de ne pas en avoir du tout. Le célibat des prêtres, bien réglementé, leur offre alors une porte de sortie.

Une porte de sortie, peut-être. Mais pas une solution. Au contraire, les pulsions ne doivent être que plus vives et la seule solution qui s’offre à eux est alors de transgresser l’interdit et de s’attaquer aux faibles victimes qu’ils convoitent.

En d’autres termes, je pense que le célibat des prêtres n’est pas la cause de la pédophilie – et que la majorité des prêtres ne sont pas pédophiles -, mais qu’il n’aide certainement pas à déplacer les pulsions négatives sur des objets de désir plus sains.

En écrivant ceci, je ne cherche pas à influencer d’une quelconque manière l’Église catholique. Mais tant qu’elle n’acceptera pas de regarder en face sa propre réalité, elle ne pourra pas progresser. À ce stade de ma réflexion, c’est comme pour la Belgique : j’ai quelques doutes…

vendredi 23 avril 2010

Bell(g)e Histoire Vraie

Ainsi donc, la Belgique est au bord de la crise de régime. Le surréalisme devient vraiment la caractéristique essentielle de ce brave peuple belge !

Et si tout cela n’était qu’une histoire familiale ? Depuis longtemps, les frères Van Rompuy jouent un rôle important dans la vie politique belge. L’aîné, Herman, a un profil plutôt consensuel. Cela lui a valu dernièrement de devenir le premier Président européen (non élu) de l’histoire ! Pas mal… mais il faut reconnaître qu’il peine un peu à s’installer dans la fonction. L’autre, Eric, est un trublion. Il peut dire tout et n’importe quoi, tant qu’on parle de lui. Bon flamand, il est depuis longtemps un de ceux qui participent activement au lent processus de destruction de la Belgique, étant activement impliqué dans la proposition de loi relative à la scission du désormais célèbre arrondissement BHV (Bruxelles-Halle-Vilvoorde).

Enfin bref, ce qui se passe aujourd’hui est peut-être un bon coup entre frères. Même si Eric est beaucoup plus calme depuis qu’Herman occupe de hautes fonctions, il n’est pas douteux qu’il continue à agir.

Le premier juillet prochain, la Belgique prendra la présidence tournante de l’Europe. Ce système de présidence tournante, assurée actuellement par l’Espagne, n’est pas simple à gérer pour notre ami Herman. Comment être Président quand un autre (élu) est lui-même Président pour 6 mois et tient à paraître l’homme de la situation ?

Grâce aux nouveaux soubresauts de l’histoire BHV, la Belgique risque bien de se retrouver sans véritable gouvernement lors de la prise de présidence en juillet. Ne serait-ce pas providentiel pour Herman qui – pendant 6 mois – aurait les coudées franches pour se révéler un véritable Président, homme de la situation, en absence de véritable concurrent ?

Voilà donc la belle explication de ce nième épisode de la politique belge : nous sommes prêts à paraître stupides devant le monde entier, simplement pour laisser l’un des nôtres créer et pérenniser sa fonction de Président européen.

C’est beau, quand même, non ? Je n’ai rien compris ? Ah bon !

dimanche 18 avril 2010

Le petit caillou – Henri Dès

Les idées claires © Magritte, 1958

Henri Dès est surtout connu comme chanteur pour enfants. Dans le monde francophone, il est sans doute le plus bel exemple de cette démarche indispensable. Pour beaucoup, il a été la porte d’entrée à la chanson. Dans le genre, il a fait de l’excellent travail, même si cela ne vole pas toujours très haut. Si en entendant « Toc, toc, toc, qui est là ? », de milliers d’enfants et d’adultes répondront « C’est la p’tite Charlotte… », il faut avouer que cela ne bouleverse pas le cours du monde. Pourquoi le bouleverserait-il d’ailleurs ?

Avant sa carrière de chanteur pour enfants, Henri Dès a chanté pour les adultes. C’était dans les années 70. Il a ainsi sorti une bonne dizaine de 45 tours et au moins un 33 tours, en enregistrement public dont est issue la chanson « Le petit caillou ». Je n’ai de cette chanson qu’une version numérisée à partir d’une copie sur cassette du disque que j’ai emprunté il y a très longtemps à la médiathèque. Mon iPod a sorti dernièrement cette chanson et – comme à chaque fois – elle m’a ému. C’est une chanson tout simple. Pas un trésor littéraire. Mais sa simplicité n’a d’égale que sa profondeur. Il suffit de se dire que le caillou pourrait être un être humain en pleine croissance pour éclairer quelques drames sociaux actuels. Ne méprisez pas les petits !

Le petit caillou


Je vais vous chanter l’histoire d’un caillou
Tout rond tout poli un gentil caillou
Qui passait sa vie le long des chemins
Avec sa famille et ses p’tits cousins

Quand il fut en âge de travailler
Il se présenta dessus le marché
J’ai roulé ma bille, ne suis pas bien gros
Mais j’ai d’la famille avec des marmots

Y avait rien à faire on n’en voulait pas
L’était bien trop p’tit pour qu’on l’employa
Pas une cathédrale pas une mairie
Pas la moindre dalle pour gagner sa vie

Il s’en retourna la gorge nouée
Quand il rencontra un fusil rouillé
Je veux bien de toi, lui dit le mousquet
Ne suis pas de bois et tu me manquais

Ne méprisez pas les petits cailloux
Tout ronds tout polis les gentils cailloux
Ceux que l’on piétine ceux que l’on oublie
Seront chevrotine ou pierre à fusil

samedi 17 avril 2010

Eyjafjöll, l’éruption folle

Il suffit donc d’une éruption soudaine d’un volcan oublié plaquant les avions au sol pour faire le bonheur des uns et le malheur des autres.

Commençons par le bonheur ! Un WE sans bruit d’avions avec de plus un ciel bleu merveilleux, on comprend combien certains doivent en jouir pleinement. Ce n’est pas trop mauvais pour la planète non plus : plus de 17 000 vols supprimés, cela fait pas mal de kérozène non consommé et donc une sacrée dose de pollution évitée, d’autant plus que ce nuage de cendres ne semble lui-même pas très polluant ni dangereux (sauf pour les moteurs des avions). Le poids du travail étant ce qu’il est, cet arrêt forcé des avions en réjouit plus d’un : tous ceux qui ne doivent pas aller travailler dans les aéroports et qui profitent d’un WE ensoleillé et calme ! Sans oublier ceux qui se retrouvent forcés de prolonger leurs vacances, ne pouvant revenir sur le lieu de leur travail ou de leur école. J’en connais qui sont certainement plus malheureux qu’eux.

Quoique. Pour des centaines de milliers de personnes, cet arrêt forcé n’est pas sans poser de problèmes. Toute une organisation du temps s’effondre, ce qui peut provoquer des circonstances délicates. Des enfants doivent se retrouver seuls avec des parents bloqués on ne sait où. Des personnes doivent voir avec angoisse leur quantité de médicaments diminuer, sans savoir s’ils pourront en trouver d’autres ni comment s’y prendre. Sans compter l’aspect économique d’une telle situation. Ceux qui ne peuvent pas aller travailler dans les aéroports se réjouissent, mais souhaiteront sans doute être payés pour ces journées chômées. Avec quel argent seront-ils payés puisqu’il n’y a pas eu production ? Des centaines de réunions ou de rendez-vous importants n’ont pas pu avoir lieu… et on ne sait pas très bien quand ils pourront avoir lieu, ni même s’ils pourront avoir lieu. Ce genre de problèmes peut avoir des répercussions très importantes, difficiles à soupçonner.

Bref, on n’a sans doute jamais vu ça. Peut-on penser que le bonheur des uns fait le malheur des autres ? Je n’irais pas jusque là, car il n’y a pas de relation de cause à effet entre les deux. On se trouve simplement devant une situation inédite : une véritable catastrophe naturelle qui en réjouit – avec raison – plus d’un. Je ne suis pas sûr néanmoins que ce soit une bonne chose.

samedi 10 avril 2010

Le pluralisme éthique

Pour différentes raisons, la problématique de l’avortement (ou de l’interruption volontaire de grossesse) est revenue dans l’actualité belge. Pourtant, la Belgique fut un des pays pionniers en matière de légalisation de cette pratique, puisque c’est le 3 avril 1990 – vingt ans déjà ! – que la loi fut promulguée. Avec un épisode bien belge, puisque le Roi Baudouin fut déclaré en incapacité de régner pendant quelques heures, juste le temps que la loi fut signée sans qu’il ne doive le faire lui-même.

Si le débat revient sur la table, c’est notamment du fait de l’Église catholique et de son nouveau « chef » belge, Mgr André Léonard. On sent bien que quelque part, l’Église voudrait imposer sa vue des choses, la considérant comme seule vérité en la matière. En cela, je crois qu’elle a tort.

Personnellement, l’avortement me semble non seulement toujours un échec, mais aussi un acte volontaire de disparition d’une vie. Le tout est de savoir si la disparition de cette vie est répréhensible ou non. Il est certain que cette vie aurait pu devenir une personne humaine. L’était-elle déjà au moment où on la fait disparaître ? C’est la seule et vraie question.

Chacun y apportera la réponse qui lui semble la plus pertinente, la plus juste. Cette réponse est liée à l’éthique personnelle, nourrie des valeurs que l’on a. En 1990, l’intelligence des politiciens belges a été de prendre conscience et d’accepter qu’il n’y avait plus en Belgique une seule éthique, issue du catholicisme. Le vote de cette loi n’était pas un rejet ou une négation de cette éthique-là, mais il permettait de prendre en compte une pluralité d’éthiques.

C’est cette dimension qui m’intéresse. Nous vivons dans un monde où il n’est plus possible de se référer à une seule éthique. Chacun peut avoir la sienne, bien sûr. Il est même important qu’il l’ait et qu’il l’affirme. Mais on ne peut pas regarder les choses de la vie et du monde en se disant qu’on a le seul et unique regard possible.

J’avais déjà abordé cette question dans le billet Neutralité ou pluralité ? D’autres l’abordent encore bien mieux que moi, notamment Bernard Feltz, professeur à l’UCL, dans deux interviews parus récemment dans La Libre. Deux belles réflexions, à méditer !

mercredi 7 avril 2010

L’impulsion durable

EPA © 2010

Mine de rien, cette heure et demie de vol de Solar Impulse, c’est un événement extraordinaire. Seule l’énergie solaire a permis à cet avion de décoller, de voguer jusqu’à plus de mille mètres de hauteur et puis d’atterrir dans une douceur de mouvement inégalable.

Ce n’est qu’une étape dans la conquête des énergies renouvelables. Mais quelle étape pour quelle conquête ! Au-delà de la prouesse technologique – à laquelle la Belgique est associée, bien entendu – il y a pour moi la valeur symbolique de ces travaux.

Comme je l’ai déjà écrit, à moins que ce ne soit que « dit », voire « pensé », le véritable défi du XXIe siècle est celui de la durabilité. Les innovations qui auront réellement un poids important pour l’humanité seront celles qui permettent d’inscrire les actions humaines dans le durable. C’est vrai pour les développements technologiques, dont Solar Impulse est un des plus beaux exemples, mais aussi pour les questions sociales, pédagogiques, économiques, politiques.

Le XXe siècle a été une période extraordinaire pour l’humanité. De « terrien » n’ayant jamais quitté le plancher des vaches sauf par un saut de quelques secondes, l’homme s’envole pour la première fois en octobre 1890, seulement. En juillet 1969, il mettait le pied sur la Lune. Aujourd’hui, l’IATA (International Air Transport Association) estime que le nombre de passagers aériens atteindra 2,75 milliards en 2011, soit 7,5 millions par jour ! C’est bien beau… mais ça détruit la Terre. Il faudra trouver des solutions durables. Solar Impulse va dans ce sens et annonce d’autres recherches dans d’autres domaines qui essaient simplement de permettre à l’Homme une nécessité absolue : continuer à exister !

lundi 5 avril 2010

4 x 100

4 x 100 ! N’est-ce pas là la plus belle des courses ? Quatre individualités unies en une seule équipe. L’effort individuel est tout aussi important que le passage du témoin. C’est d’ailleurs à ce moment précis que l’équipe gagnante se révèle vraiment.

Mais mon propos n’est pas là. 4 x 100, c’est le passage du jour de ce blog. 4 x 100 messages. 100 billets de coups de cœur, 100 billets de coups de blues, 100 billets d’interrogations et – aujourd’hui – 100 billets de lumières !

Bon moment pour revenir un peu en arrière. En réalité, pour moi, c’est 4 x 100 billets de bonheur. Même s’il y a des messages plus durs que d’autres, même si tous n’ont pas toujours la même qualité, c’est chaque fois un véritable plaisir de partager ces quelques mots, de les figer pour une certaine éternité.

Réverbères reçoit actuellement un peu plus de cinquante visiteurs par jour. Je ne parlerai cependant pas de cet aspect quantitatif, car je dois bien reconnaître que les pages les plus visitées ne sont pas nécessairement celles que je souhaite mettre en avant.

J'ai pris le temps (rapide) de passer en revue tous les messages, en décidant d'en mettre 5% en évidence… le seuil significatif en statistiques ! (???)

Cinq lumières, bien sûr : Pas à pas, ou la force de toujours avancer. Le calme de la vie, ou le bonheur d'être ensemble après la tourmente. L'unique, ou l'importance d'être tout simplement soi. La fée Mirabelle, ou l'histoire d'une femme merveilleuse trop tôt disparue, mais toujours présente dans le cœur d'un ami virtuel. Éloge de la désobéissance, ou l'histoire vraie d'un homme dont le courage fut de désobéir.

Cinq coups de blues : (Dé)marre, ou comment râler quand tout va bien. Être dans la lune, ou le rôle du rêve face à la réalité. Il fallait bien…, où les Indiens des jeux de mon enfance reviennent à la surface réelle. Porter la croix de la croissance, une réflexion sur ce qui semble animer - en vain - nos sociétés. J'ajoute dans ces coups de blues la série sur Les signaux détournés qui sont souvent bien désolants ! (Pour lire toute la série, taper entre guillemets "Les signaux détournés" dans la fenêtre de recherche en haut à gauche.)

Cinq interrogations : Rives et dérives, la première et la plus fondamentale… Ombre et lumière, ou la question de la place qu'on prend. Plénitude, ou le repos de la mer. Incertitudes, celles de ne rien savoir. Ne jamais oublier, toujours pardonner, peut-être la seule certitude que j'ai.

Cinq coups de cœur : On verra, ou le besoin de laisser venir. S'inonder de lumière, ou la liberté du mouvement aquatique. Hugo, l'enfant de l'étang, bien sûr, indispensable présence. Menus plaisirs, où les petites choses sont louées. Et enfin Force, vie de la mer !

J'aurais pu en retenir d'autres… Et vous, qu'avez-vous retenu de ces 4 x 100 instants de lucidité peut-être, de rêve sans doute, de partage certainement ?

mardi 30 mars 2010

Les souks de Marrakech

FMG © 2010

Les souks de Marrakech sont un véritable labyrinthe multicolore. On y croise des fraises appétissantes, mais aussi d'autres fruits succulents.

Les souks, c'est aussi l'artisanat. Ce sont des colliers ou des bracelets.Ou des foulards qui prennent la forme d'une hélice…
… ou qui s'étalent au vent tout à fait absent.
Ce sont parfois des tissus à l'état brut…
… qui se déclinent aussi en arc-en-ciel…
… ou constituent des "floches" qui nous font croire au carrousel.
Ce sont des babouches, bien sûr. Pour les grands…
… comme pour les petits.
Ce sont d'étranges produits cosmétiques… …issus de fleurs aux teintes douteuses, quoique naturelles.
Ce sont, au bout du compte, des luminaires qui ne demandent qu'à devenir des réverbères.
Oui, les souks de Marrakech, c'est tout ça. Et on finirait par se dire que c'est une véritable merveille.

Mais les souks de Marrakech, ce sont aussi des enfants qui travaillent durement, sans qu'ils l'aient vraiment demandé. Il n'y a pas, heureusement, que des enfants. Mais ils travaillent tous dans les odeurs de colle qui leur ravagent les poumons et le cerveau. Certains soudent à l'arc en se protégeant avec des lunettes solaires. Ils répètent inlassablement les mêmes gestes : ce n'est plus vraiment de l'artisanat, mais une chaîne de production comme une autre. Sans grande humanité.

Tout ça pour quelques touristes qui dépenseront quelques maigres dirhams en ayant l'impression de se faire avoir. Sorte de jeu de dupes où personne n'est gagnant.

Les souks, ce sont les souks…

dimanche 28 mars 2010

Une multinationale à échelle humaine

FMG © 2010

Une entreprise est toujours un univers particulier : elle a ses propres règles de fonctionnement, sa propre culture, ses habitudes… Ce qui se fait ou ne se fait pas varie d’une entreprise à une autre, non seulement en raison de son objet social propre et donc de sa spécificité professionnelle, mais aussi en fonction de son histoire, de son mode de management, de la participation et de la motivation des travailleurs…

À cet égard, mon entreprise est assez spéciale et je ne peux que m’en réjouir. Elle a fêté l’année dernière ses 20 ans d’existence, mais ceux-ci ne sont célébrés que cette année-ci. Célébration un peu magique : tout le personnel de l’entreprise se retrouve au Maroc ! Le choix de ce pays n’est pas un hasard tout comme il n’est pas seulement lié à la beauté des paysages qu’on peut y trouver. En réalité, l’entreprise a une activité assez importante à l’international. Nous travaillons notamment sur un projet important au Maroc auquel participent plusieurs membres de l’équipe qui ne rencontrent quasiment jamais les autres membres de l’entreprise !

Il se fait que non seulement l’entreprise travaille à l’international, mais qu’en plus notre équipe est internationale. C’est de cela que je veux parler ici, car c’est vraiment quelque chose d’extraordinaire. Nous nous retrouvons ici à un peu plus d’une vingtaine de personnes représentant au moins 7 nationalités. La plupart d’entre nous sont belges (francophones pour la majorité, mais aussi flamands), mais il y a aussi des collègues issus d’Algérie, du Burkina Faso, du Chili, du Liban, de Mauritanie et de Tunisie, sans compter certains dont le parcours de vie ne permet plus trop, au-delà du passeport, de savoir à quel pays ils doivent être rattachés.

Tout ce petit monde vit en bonne osmose. Les référents culturels ne sont pas communs, mais cela n’a pas beaucoup d’importance. Nous avons tous le sentiment d’appartenir à la même entreprise, sentiment qui de plus dégage une certaine fierté. En tout cas, quand on vit cela de l’intérieur, on se dit que malgré toutes les incohérences qu’elle peut engendrer, la mondialisation a quand même quelques qualités !

mardi 23 mars 2010

Le défi de la santé pour tous

Difficile, vu de ce côté-ci de l’Atlantique, de comprendre pourquoi Obama a eu tant de difficultés à faire accepter sa réforme de système de santé américain. Ce qui nous semble aller de soi n’est apparemment pas évident pour tout le monde. En tant que Belge ou Français, il nous paraît naturel de cotiser dès qu’on est en situation de le faire pour contribuer à une sécurité sociale fondée sur la solidarité qui fait qu’il est toujours possible, pour tout le monde, d’être soigné quand c’est nécessaire. Tous les Américains n’ont pas la même vision, ce qui est étonnant dans la mesure où les USA sont censés représenter ce qui se fait de mieux en termes de progrès…

Il n’est pas simple d’essayer de comprendre pourquoi il y a tant de résistances au fait de fournir à 32 millions de personnes une couverture qui leur permettra tout simplement d’être soignés. Je ne suis d’ailleurs pas sûr d’avoir compris…

La société américaine est éminemment « libérale », fondée sur le « Chacun pour soi » et sur la méritocratie. La plupart des Américains ont du mal à comprendre qu’on puisse fournir la même protection sociale à quelqu’un qui ne fait rien qu’à celui qui se lève tous les jours à 5 heures pour aller travailler. Avec l’idée sous-jacente que si quelqu’un « ne fait rien », c’est qu’il a choisi de glander. On en est encore à l’époque des colons où il suffit de vouloir pour réussir. C’est une belle idée et elle a sans doute été vraie durant des années dans ce pays extraordinaire où tout semblait possible. Mais, là-bas comme ici, il ne suffit plus aujourd’hui de « vouloir » pour y arriver. C’est l’évidence même, mais ce n’est pas évident pour un Américain qui a réussi. Même s’il doit son éventuelle réussite au milieu dans lequel il est né, il se dit toujours que c’est fondamentalement sa réussite. Yes, I can ! Et ceux qui ne peuvent pas sont donc responsables de cet état.

Dans cette perspective ultra-libérale, il est difficile d’accepter l’obligation de s’assurer, que ce soit pour les personnes ou pour les entreprises. À partir du moment où on met en avant la « liberté individuelle », il est logique de refuser toute contrainte à celle-ci. C’est vrai à un niveau individuel, mais aussi collectif : une douzaine d’États américains veulent contester la nouvelle loi sous prétexte qu’elle restreint leur liberté et qu’elle consiste en une prise de contrôle du système de santé par l’État fédéral. C’est bien beau tout ça, mais il est quand même inquiétant de se dire qu’on laisse souffrir et mourir des personnes au nom de la « liberté » !

Un argument des opposants à cette extension de la sécurité sociale se retrouve en partie chez nous : la peur d’attirer des « gens » qui rejoindront les USA – ou l’Europe – simplement pour profiter de cette nouvelle couverture. C’est sans doute une problématique réelle. À nouveau cependant, on peut se poser la question « Vaut-il mieux sauver une vie à l’intérieur de nos frontières ou regarder les gens mourir à l’extérieur de nos frontières ? ». Je ne suis pas sûr d’avoir une réponse définitive à cette question. A priori, je pencherais plutôt pour la vie…

Les oppositions à une couverture médicale généralisée sont donc essentiellement liées à une conception libérale de la société. Il faut à cet égard avoir conscience que le parti démocrate américain défend globalement des idées qui sont celles du Mouvement réformateur (MR) en Belgique ou du Mouvement populaire (UMP) en France…

Il est amusant de constater néanmoins que tous les « capitalistes » américains ne seront pas des victimes de cette réforme. En effet, c’est une véritable aubaine pour les industries pharmaceutiques. Pensez donc : du jour au lendemain, les voici avec 32 millions de nouveaux clients potentiels ! Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’elles ont accepté de payer jusqu’à 23 milliards de dollars d’impôts supplémentaires, en sachant qu’elles en gagneront vraisemblablement quatre ou cinq fois plus.

Au bout du compte, on est dans un grand jeu économique et idéologique. Il nous est sans doute impossible de comprendre la position des Américains. Cela résulte d’un constat : nos « valeurs » ne sont pas les mêmes. C’est sans doute ça le plus inquiétant. En attendant, la réforme d’Obama est désormais promulguée…

lundi 22 mars 2010

Les signaux détournés (10)

Ah, les douces années de l’insouciance. J’étais encore en courte culotte. Il faut dire qu’à l’époque, on portait encore ce genre de vêtement jusqu’à 14-15 ans. On ne se sentait pas vraiment ridicule, mais on se demandait quand même quand est-ce qu’on pourrait faire comme les grands : porter des pantalons…

Certains à l’époque ne portaient d’ailleurs pas de pantalons, ce qui nous réconfortait. N’empêche, on n’avait pas trop envie de devenir comme eux : ceux-là portaient de longues robes noires ! Il paraît que cela s’appelait une soutane, mais je n’en suis pas trop sûr, car aujourd’hui plus personne ne s’habille comme ça, et il se peut que j’ai oublié.

À vrai dire, je ne sais d’ailleurs plus très bien ce dont je me souviens. Je le répète : j’étais insouciant et je vivais ma jeunesse en toute naïveté. La seule chose dont je me souviens pleinement est d’avoir vu ce signal alors que je rejoignais mon titulaire de classe dans la chambre qu’il occupait dans le Collège où j’essayais péniblement d’avancer dans mes études. Une fois de plus, j’avais raté une interrogation de grec. Mon titulaire m’avait dit que ce n’était pas grave et m’avait gentiment invité à le rejoindre dans sa chambre pour vaincre ces petites difficultés. Naïvement, j’avais accepté.

Or donc, je le rejoignais, en toute confiance, quand soudainement, au détour d’un escalier, je vis ce signal. J’avoue n’y avoir rien compris. Mais je le vis quand même et, quelque part, il s’inscrivit dans mon cerveau.

J’arrivai enfin devant la porte de la chambre de mon titulaire de classe. J’étais très impressionné. Elle avait au moins 3 mètres de haut. Moi qui n’en faisais au plus qu’1m30, j’étais subjugué devant cette porte. Était-ce celle du Paradis ? Je n’en savais trop rien et je me contentai de frapper doucement sur cette haute porte.

Immédiatement, elle s’ouvrit… et je vis le sourire de mon titulaire. En classe, il était plutôt sévère et froid. Ce sourire m’étonna. J’étais là pour qu’il m’aide… et c’était finalement logique qu’il m’adresse un tel sourire. J’entrai dans sa chambre… ou plutôt son bureau. Il n’y avait pas de lit dans cette pièce et je me dis qu’il devait dormir dans une chambre à côté. Il me proposa de m’asseoir sur un fauteuil inconfortable. Il était en face de moi, me souriant béatement.

Il commença à me parler. Je ne sais plus de quoi. Mais je sais qu’il ne me parlait ni de déclinaison grecque, ni même de conjugaison. J’étais à vrai dire assez intrigué et je me demandais surtout quand nous allions en venir au fait : mes problèmes de grec.

Il se rapprocha de moi. La seule chose dont je me souviens vraiment est son odeur, pas très agréable en fait. Il me semble qu’il me demanda ce qu’il pouvait faire pour moi… à moins que ce ne soit ce que je pouvais faire pour lui. Je ne sais plus trop. Avec le recul, tout ça me semble bien confus. Mais je vis en flash l’image du signal et je sortis de mon cartable mon interrogation de grec et la lui présentai. Il me dévisagea curieusement et me dit « Ah oui, je vois que tu n’as rien compris ! ». J’étais bien d’accord avec lui : je n’y comprenais rien du tout au grec ! J’ai d’ailleurs continué à ne rien y comprendre. Il m’a expliqué certaines choses, mais cela m’a semblé encore plus obscur qu’aux cours. Je voyais ses mains s’agiter. J’eus l’impression qu’il voulait les poser sur mes genoux nus. Je ne comprenais pas trop pourquoi. Il n’en fit rien.

Il finit par me dire que c’était fini. Que je pouvais m’en aller. Que décidément je ne comprendrais rien à rien. Que je serais certainement en échec en grec à la fin de l’année (je le fus). Que je pouvais m’en aller ailleurs avec ma courte culotte provocante. Là, je n’ai pas très bien compris, sauf que je devais m’en aller. L’odeur me dérangeait vraiment et je n’ai pas hésité : j’ai remis mon interrogation dans mon cartable et je me suis enfui me demandant pourquoi il m’avait appelé si ce n’était pas pour m’aider…

En descendant l’escalier majestueux, je revis soudain le signal… et j’eus l’impression que les deux enfants ne couraient plus, mais avançaient calmement, avec un sourire aux lèvres. Je sais, c’est absurde : on ne voit jamais leur visage ni, a fortiori, leurs lèvres, ni encore moins leur sourire. Mais c’est le souvenir que j’en ai : ils souriaient, comme s’ils étaient heureux de ce qui s’était passé ! Ou plutôt de ce qui ne s'était pas passé !

Les années ont passé elles aussi. Je porte désormais un pantalon. Je n’ai pas retenu grand chose des années de grec que j’ai faites. Si ce n’est en matière d’étymologie et d’orthographe. Je me suis toujours demandé pourquoi mon titulaire m’avait demandé de le rejoindre dans sa chambre alors que, visiblement, il n’avait aucune envie de m’aider à surmonter mes difficultés. À part le grec, y aurait-il quelque chose que je n’ai pas compris ? Et cette lancinante question : est-ce bien catholique tout ça ?

dimanche 21 mars 2010

Vieux motards que j'aimais

FMG © 2010

Mille motards réunis à Bruxelles pour dire leur mécontentement face à l’état de nos routes. J’en étais. Mille, c’est beaucoup, mais trop peu. On fera mieux la prochaine fois (même si je ne sais pas si j’en serai encore).

À cette sortie de l’hiver, il faut vraiment faire très attention quand on roule à moto. Les nids de poule et autres ornières foisonnent. Un instant de distraction et ce peut être la chute fatale. Les trous, tout le monde en subit les conséquences. Mais pour un motard, celles-ci peuvent être dramatiques. Alors oui, il faut dénoncer cet état des routes. Évidemment, ce n’est pas nécessairement la faute de nos politiciens actuels. Il est clair que cet hiver à vagues de froid en répétition a méchamment attaqué l’asphalte. Si celui-ci n’a pas toutes les qualités requises pour résister, c’est sans doute plus la responsabilité d’anciens ministres que des actuels. Mais qu’importe, il faut que ceux-ci prennent leurs responsabilités.

Cela dit, derrière l'aspect revendicatif de ce rassemblement, il y avait le plaisir d’en être, tout simplement. D’abord, d’y être avec ma fille, elle aussi « scooteuse » par tous les temps. Elle voulait en être et m’y a invité. Elle a eu bien raison. Même si nous sommes partis de Wavre sous la pluie et pas trop nombreux (une cinquantaine), c’est quand même grisant de rouler en groupe sur l’autoroute. L’idée était de mener une opération « escargot ». C’est ce que nous fîmes réellement entre les Quatre-Bras de Tervuren jusqu'à l’échangeur de Grand-Bigard. Pendant une trentaine de kilomètres, nous avons roulé à du 70 km/h en occupant toutes les bandes du ring. Belle sensation… et sans réelle rouspétance des automobilistes pris par surprise. La promenade dans la ville qui s’ensuivit fut bien agréable aussi, d’autant plus que la pluie avait cessé. Après, ce fut l’arrivée au Cinquantenaire. Nous étions dans les premiers et c’était une belle atmosphère chaque fois qu’un nouveau groupe arrivait. Il y avait de tout. Il faut bien dire que ma fille et moi, avec nos scooters et notre look un peu BCBG, nous dénotions un peu, mais enfin, les motards, c’est une grande famille quand même !