samedi 6 juin 2009

Bloguer de rive en rive

Qui suis-je pour oser placer quelques mots sur la toile ?
Tant de gens, déjà, se déclinent en un sens ou en un autre. Sans message ou cent messages.
D'une rive à une autre, d'une dérive à la précédente, y a-t-il place pour les rêves, les espoirs, les souffles de vie ?
Quand un regard nous saisit, ne le laissons-nous pas nous transpercer, sans qu'il y ait moyen de le retenir ou de nous dépasser ?

C’était mon premier billet. Il y a deux ans et demi. Je parlais de « cent messages » et celui-ci en est le trois centième ! Avec plus de 20 000 visites. Qui aurait cru cela ?

Je n’ai pas de statistiques complètes, mais 57% des visiteurs arrivent sur le blog, sans préférence de message. Je n’en suis pas vraiment fier, mais 24% aboutissent directement sur un de mes trois billets consacrés à l’application Is cool de Facebook (surtout ces deux derniers jours d’ailleurs : il faut dire qu’ils affichent clairement pour la première fois qu’il y a des tricheurs… et du coup pas mal de gens cherchent à savoir comment tricher !).

Ensuite, les pourcentages diminuent rapidement : 3,3% pour mon message sur la conscience professionnelle, 2,6% pour l’arnaque Ecogle, 1,6% pour la fusée de Tintin et la vie en projet, 1,6% aussi pour la recherche du serveur SMTP partout dans le monde (ça, j’en suis fier !)…

Autour d’un pourcent, on trouve quelques pages consacrées à la musique : Ambrozijn, La ballade de nulle part de Cat & Maxim, Synanatis, le Bal des gens bien, Olivia Ruiz…

Et puis quelques pages que j’apprécie : Apprendre où à l’essai, La ville de l’Ouest, La vie est une courbe, Timgad ville ensevelie, Vent de liberté, L’étoile et le cosmonaute…

Au bout du compte, pourquoi bloguer ? C’est sans doute avant tout un plaisir personnel. Celui d’écrire, de formaliser, de respecter les contraintes que je me suis données dès le départ. Celui de proposer quelques idées qui me sont chères. En toute humilité. Je propose des idées, mais je n’oserais jamais prétendre qu’elles sont les seules possibles ni les meilleures. Elles sont juste des étincelles.

C’est là la deuxième raison de bloguer… Pouvoir proposer parfois une idée qui fait sourire, une idée qui illumine le cœur d’un lecteur, une idée qui peut-être en crée une autre. Je n’ai pas d’autres ambitions. Mais aujourd’hui, 300 messages après, je crois effectivement qu’il y a place pour les rêves, les espoirs, les souffles de vie…

mardi 2 juin 2009

Le groom vert-de-gris

Amateur de BD, je ne lui ai pourtant consacré que peu de billets. Je me contente la plupart du temps du véritable plaisir de toucher l’objet, de le feuilleter, de contempler l’atmosphère générale en dégustant dessins et couleurs et puis de me plonger dans l’histoire avec toujours cette curieuse impression de m’y sentir dedans.

Si je fais exception, c’est que j’ai un véritable coup de cœur ! Le plus étonnant, c’est que c’est pour un album de Spirou et Fantasio, dont je ne suis pas un fan absolu. J’ai en réalité souvent pris du plaisir à lire leurs aventures, surtout du temps de Franquin. Je n’ai cependant jamais « collectionné » des albums de Spirou.

Il se fait que j’avais bien aimé – grâce à sa parution dans le quotidien « Le Soir » - l’avant-dernier épisode « Le journal d’un ingénu », par Emile Bravo. En dehors de ce concept original de confier à des dessinateurs et scénaristes différents d'uniques nouveaux épisodes d’un héros aussi connu que Spirou, j’avais bien aimé l’idée de raconter son histoire d’avant. Découvrir d’où vient Spirou… Ça en vaut la peine.

Olivier Schwartz et Yann prolongent le concept, en plongeant Spirou et Fantasio en pleine occupation de Bruxelles par les soldats allemands. Qui plus est, de manière audacieuse : le héros Spirou se retrouve « vert-de-gris », un peu collaborateur, tout en œuvrant pour la résistance ! L’ambiguïté est travaillée tout au long de l’album. L’histoire est captivante, mais elle nous apporte bien d’autres surprises.

D’abord, Spirou et Fantasio croisent, de manière directe ou sans le savoir, d’autres monuments de la BD : Poildur, Quick et Flupke, l’agent 22, Lambic, Sidonie, le docteur Müller, Buck Danny… et même Tintin qu’on ne voit pas, mais qui est réhabilité dans le rôle joué par Hergé durant l’occupation. En réalité, l’album est truffé – peut-être un peu trop ? – de personnages et d’allusions diverses, non seulement à l’univers de la BD, mais aussi à des romans – on y voit Bill Ballantine (planche 37), de Bob Morane – mais aussi de la réalité, où on peut par exemple voir un char appelé Obama (planche 61) ou reconnaître Paul Vanden Boeynants, politicien célèbre belge qu’on retrouve ici (planche 19) en boucher, ce qui était son premier métier. Sans oublier bien sûr la statue de Franquin (planche 61).

Ensuite, la BD est profondément belge et bruxelloise. On y zwanze avec plaisir. Pas sûr que tous les français comprendront, mais ça fait du bien de lire ça !

Et puis, on y redécouvre Spirou amoureux et sexualisé… Son amour sera malheureusement impossible, mais quelle est mignonne cette « petite » Audrey.

Bref, un album très riche, dans lequel il faut se replonger encore et encore. La BD n’est plus ici un simple amusement, mais un véritable témoin d’une société dans toute sa complexité ! Une véritable réussite.

lundi 1 juin 2009

Ça ne fait rien…


Ça ne fait rien

Ça ne fait rien, mais
Quand un bateau se couche,
Même si l'on n'est pas dedans,
Sa mort un peu vous éclabousse,
Et vous sentez dans votre bouche
Comme un arrière-goût d'océan.

Ça ne fait rien, mais
Quand un avion tombe,
Même si l'on n'est pas dedans,
C'est un peu sur vous qu'il retombe,
Et même mort il fait une ombre
Plus sombre que celle d'avant.


Déjà tout gosse, quand j'naviguais
Sur les flaques d'eau de mon quartier
Avec mes navires en papier,
Lorsque parfois, l'un d'eux coulait,
Je le regardais s'abîmer,
A la fois triste et fasciné.
Je ne le savais pas encore,
Déjà je soupçonnais la mort,
Je ne le savais pas encore,
J'avais déjà peur de la mort.
Bien sûr, c'était l'âge sensible,
J'avais le cœur comme une cible
Bien sûr que, depuis, j'ai changé,
Il m'en faut plus pour me faire rire
Plus encore pour que je soupire,
Enfin, je ne sais plus pleurer.

Mais ça ne fait rien,
Quand un bateau se couche,
Quand un avion perd le vent,
Leurs morts un peu nous éclaboussent,
Et nous sentons dans notre bouche
Les larmes salées d'un enfant

Georges Chelon © 1969

 
On se dit, inévitablement, qu'on aurait pu être dedans…

Blocus

Le moment le plus pénible de l’année a commencé : le blocus ! Pas de panique : ma maison n’est pas encerclée par d’invisibles ennemis qui m’empêcheraient d’aller et venir comme je le souhaite et personne ne m’interdit d’acheter ou de vendre quoi que ce soit ! Non, je parle du « blocus estudiantin », cette période où les étudiants se préparent à passer leurs examens… Ce belgicisme dit bien ce qu’il dit, et rappelle d’ailleurs que le mot « blocus » au sens classique vient du wallon « blokehus ».

Rassurez-vous : il y a longtemps que je ne suis plus en blocus moi-même. Même si je me suis retrouvé dans la peau d’un « étudiant-adulte », il y a quand même plus de 20 ans que j’ai passé mon dernier examen.

Mais il y a encore plus insupportable que d’être en blocus soi-même : avoir ses propres enfants en blocus ! On voudrait les aider… mais ils sont seuls à vraiment pouvoir gérer cette partie importante de leur année scolaire. Seuls à pouvoir assimiler tout ce qu’ils doivent assimiler (pour en oublier une grande partie après). Seuls à pouvoir organiser leur temps, dans un difficile exercice d’équilibre entre les moments d’étude et ceux de détente (le soleil les attend ainsi que la télévision remplie de tennis et autres activités sportives). Seuls à pouvoir décider quand c’est au point ou quand il faut continuer. Seuls à affronter les moments de découragement, de doute. Seuls à se dire parfois qu’ils ne sont décidément pas faits pour ça, tout en se disant qu’après tout il faut quand même le faire…

Je l’avoue, ça me stresse et je déteste ça. Ce n’est cependant pas le plus important. Le plus important, c’est qu’ils réussissent, qu’ils conservent leurs espoirs même si ça va moins bien à un moment, qu’ils gardent leur regard tourné vers leurs objectifs, et qu’ils se rapprochent de ceux-ci, le plus possible !

Bonne chance à tous les étudiants !

mercredi 27 mai 2009

Le Musée Hergé : un paquebot de rêve

Décidément, la Belgique a beaucoup de chance : quelques jours après l’ouverture d’un somptueux musée consacré à René Magritte, un des plus grands artistes peintres belges, voilà celle du Musée Hergé, peut-être le plus grand dessinateur de bandes dessinées, ce 9e art encore jeune.

Qui plus est, ce Musée s’ouvre à Louvain-la-Neuve, à dix minutes à pied de mon lieu de travail. J’ai eu la chance exceptionnelle de pouvoir en faire une visite en avant-première ! Et il faut bien le reconnaître : c’est une sublime réussite.

D’abord, au niveau architectural. Extérieurement, c’est un gros paquebot. Le choix de l’illustration de façade est d’ailleurs un clin d’œil. On y voit Tintin regarder un port, où il va bientôt rencontrer le Capitaine Haddock pour la première fois, à bord de son paquebot… Durant la construction, le bâtiment semblait massif. Ce n’est plus le cas maintenant. La ligne claire est passée par là. À l’intérieur aussi, d’ailleurs. C’est une rencontre de volumes et de couleurs, de droites et de courbes, ouvrant la porte à toutes les rêveries possibles.

Ensuite, au niveau du musée proprement dit. Il s’agit bien d’un musée Hergé, et non d’un musée Tintin. On y découvre non seulement l’œuvre de l’artiste – et spécialement bien sûr « Les aventures de Tintin et Milou » - mais aussi l’artiste lui-même. Un être sans doute ambigu, mais profondément moderne et visionnaire. Un homme de conviction et de modestie. Un explorateur permanent de la société du XXe siècle. Il n’est pas nécessaire d’être amateur de BD pour apprécier les œuvres, les archives, les documents, les objets… exposés. Il suffit d’aimer rêver la vie !

« À force de croire en ses rêves, l’homme en fait une réalité », a déclaré Hergé à Neil Armstrong lorsqu’il fit ses premiers pas sur la Lune, en 1969, soit 15 ans après que Tintin en ait fait de même. Ce musée a été un rêve pour beaucoup, pendant longtemps. Il est désormais une réalité… qui fait rêver !

dimanche 24 mai 2009

Les signaux détournés (9)

En cette belle journée de printemps, avec ce soleil enfin généreux, quoi de mieux que de partir en balade pour profiter pleinement de la lumière, de la chaleur, de la joie de vivre…

Après avoir roulé une heure ou deux sur l’autoroute, nous décidâmes de partir à l’aventure des petites routes. Nous allions nous laisser guider par le destin et prendre les routes qui nous semblaient soit les plus tentantes, soit décidées par tirage au sort ! Bien sûr, nous savions que nous risquions très vite de nous perdre, mais qu’importe, nous avions avec nous un GPS magique qui, lorsque nous le déciderions, nous ramènerait sur des voies plus sages.

Le jeu se révéla très rapidement beaucoup plus amusant que prévu ! À chaque carrefour, nous rivalisions d’imagination pour convaincre l’autre des charmes de la route à prendre. Nous n’étions quasiment jamais d’accord, mais c’était plus pour le plaisir d’argumenter que par choix réel. Nous ne dûmes faire appel à un tirage au sort que pour l’un ou l’autre embranchement où aucun de nous deux n’avait réussi à susciter l’adhésion de l’autre.

Cette journée était décidément délicieuse. Nous roulions ainsi nonchalamment, jouissant pleinement du paysage que nous découvrions au hasard de nos joutes verbales, songeant déjà aux arguments que nous allions développer à la prochaine bifurcation. Lorsque nous vîmes soudain ce signal qui allait changer notre vie !

Nous étions sur une route dégagée, ensoleillée, ensorcelée. Que pouvait signifier ce signal routier inconnu ? Que faisait-il là, en pleine campagne ? Quel danger risquions-nous vraiment ? Nous en discutâmes et convînmes qu’il devait s’agir ni plus ni moins d’un risque d’invasion de bikinis ! Cela paraissait finalement évident, mais cela ne nous éclairait pas sur le danger que nous courrions.

Nous vîmes bientôt le premier bikini, d’ailleurs fort seyant. Nous ne tardâmes pas à en voir un autre, tout aussi lumineux, puis un troisième, un quatrième… Rapidement, nous dûmes nous rendre à l’évidence : nous étions bien en présence d’une invasion de bikinis ! Ils étaient tous plus échancrés les uns que les autres. Ils rivalisaient de charme et il nous aurait été bien difficile de savoir lequel était le plus sexy tant ils débordaient de sensualité et de suggestion. Notre casuistique était décidément bien loin. Nous en avions perdu la tête, de toute évidence !

Nous comprîmes enfin, mais trop tard, le danger que nous avait annoncé le signal. Bien sûr, il parlait d’une invasion de bikinis, mais il nous disait aussi de la manière la plus claire que nous pourrions en perdre la tête !

Pourtant, nous étions deux. Nous aurions dû reconnaître l’évidence. Mais un bi qui nie, ça ne mène nulle part !

samedi 23 mai 2009

Floralies

Une fois n’est pas coutume, je commence ce billet par des mots… pour céder la place très rapidement aux images. La nature est ce qu’elle est et il suffit d’ouvrir les yeux pour – parfois – y voir de belles choses. En voici quelques-unes glanées autour de la maison. Pour le plaisir des yeux.









FMG © 2009

mercredi 20 mai 2009

Un musée pour Magritte ?

« Le seize septembre » © René Magritte - 1956

Bruxelles fête en ces jours l’ouverture du Musée Magritte, réunissant dans un magnifique bâtiment de la Place Royale environ 250 toiles de ce peintre belge… et donc surréaliste. C’est une très bonne nouvelle. Je ne suis pas, en règle générale, amateur de peinture, mais je considère que l’œuvre de René Magritte figure parmi les productions majeures du XXe siècle.

Selon lui, « quel que soit son caractère manifeste, toute chose est mystérieuse : ce qui apparaît et ce qui est caché, la connaissance et l'ignorance, la vie et la mort, le jour et la nuit ». L’ouverture d’un musée entièrement destiné à cet artiste est sans doute aussi un mystère, dont il faut se réjouir.

Je m’en réjouis, mais je regrette néanmoins que toutes les informations mettant en avant – avec raison – l’inauguration de ce musée exceptionnel ne fasse que peu d’écho à un autre musée, certes beaucoup plus modeste, mais qui existe depuis des années : le René Magritte Museum, situé Rue Esseghem, dans une maison où le maître œuvra pendant près de 24 ans. Les moyens ne sont évidemment pas les mêmes, ni sans doute les objectifs. Mais plutôt d’ignorer ce lieu qui permet de témoigner de ce que fut la vie de l’artiste, ne faudrait-il pas profiter de l’ouverture d’un lieu « officiel » et grandiose pour mettre en avant cette démarche beaucoup plus intime et plus humaine ?

Mais c’est sans doute une question de surréalisme à la belge…

samedi 16 mai 2009

Agua viva

FMG © 2009

J’ai déjà parlé ici du spectacle de chœur d’enfants présenté par Raphy Rafaël. Celui-ci s’est lancé dans une nouvelle expérience de ce type, avec de nouvelles chansons, de nouveaux musiciens et une nouvelle mise en scène.

Le principe est simple, mais audacieux (et expliqué dans un petit reportage de Le Mans TV filmé lors de la première du spectacle, à Coulaines) : pendant des semaines et des semaines, des classes d’enfants tout à fait quelconques apprennent à chanter des parties de chansons de Raphy, avec la collaboration des Jeunesses musicales. Puis, petit à petit, le futur chœur se réunit : plus de deux cents enfants ! Lorsque le grand jour se rapproche, il y a des répétitions avec les musiciens et la mise en scène définitive du spectacle.

Celui-ci est d’abord présenté en « scolaire », c’est-à-dire pour les autres enfants des écoles concernées. Le soir, ce sont aux parents, amis, oncles et tantes et cie, à venir profiter du bonheur de chanter, de s’amuser à partir de quelques chansons pas toujours aussi simples qu’on ne pourrait le croire.

Monter ce genre de spectacles représente un travail colossal et ne peut être le fruit que de beaucoup d’échanges, de compromis, de partages… Tout cela pour un nombre très limité de représentations.

Ce nouveau spectacle doit encore évoluer et se rôder (ce qui n’est pas facile, car inévitablement il ne se monte pas souvent). Mais il est frappant de constater la qualité des chœurs. Faire chanter des enfants ensemble, je l’ai fait aussi. Mais je peux vous dire que pour arriver à la qualité d’Agua viva, cela représente un travail immense.

Il y a une vie dans ces chansons, une eau vive. On s’y laisse entraîner, même si la grande majorité des spectateurs n’a jamais été à un spectacle de ce type, voire même à un spectacle tout court.

Voici un extrait du spectacle : Cerca del agua (Plus près de l’eau), avec un son malheureusement pas très audible, mais enfin, c’est mieux que rien. Deux autres chansons sont aussi disponibles : Océan zéro zéro et L’enfant préféré.

vendredi 15 mai 2009

L'ascenseur

Notre salle de formation était au 3e étage d’un ancien bâtiment. Alors qu’on nous y conduisait, on nous offrit le choix entre l’ascenseur et l’escalier. Il était tôt et je savais que la journée allait être longue. J’ai choisi l’ascenseur. Il était tout petit. J’entrai le premier et me calai au fond. Nous étions une vingtaine à devoir monter. D’autres collègues béninois s’engouffrèrent également dans ce minuscule cagibi. Un, deux, trois… nous étions déjà quatre. Mais la seule femme du groupe souhaitait encore entrer. Nous n’allions pas lui dire non, galanterie oblige. J’osai pourtant dire du fond de la cage que je n’étais pas sûr que tout le monde pourrait entrer, mais mon doute eut peu d’écho. La porte se referma. Je proposai que quelqu’un pousse sur le bouton 3 et l’ascenseur commença à monter.

Combien de mètres parcourut-il vraiment ? Je n’en sais rien. En tout cas, il s’arrêta brusquement et visiblement, nous n’étions pas arrivés au 3e étage, ni au 2e ni au premier. Nous étions bloqués dans une zone improbable entre deux étages. Une porte apparaissait vers le haut de la cage, avec une petite fenêtre qui laissait passer un peu de lumière de l’étage.

La lumière. Je crois qu’elle fut essentielle. Nous étions bloqués, encaqués dans cette cage minuscule, compressés les uns contre les autres à tel point qu’il était impossible de bouger quoi que ce soit, mais la lumière était restée allumée. Cela nous aida certainement à garder notre calme. Nous nous bornâmes à constater que nous étions arrêtés là où il ne fallait pas et qu’on n’allait vraisemblablement pas rester là toute la journée. Nos collègues appelleraient bien les secours. Nous entendions d’ailleurs leurs voix au loin. Mais rien ne se passait.

L’un d’entre nous essaya d’appeler un collègue au téléphone… Peine perdue : pas de réseau. Je souris en voyant le numéro de téléphone à appeler en cas de dysfonctionnement ! À un moment, nous entendîmes la voix de notre guide « Vous êtes bloqués ? » « Oui, cela semble être le cas ! » « Ah bon, je vais appeler un technicien ». Nous étions sauvés. Enfin, pas tout à fait encore !

Nous dûmes encore attendre quelques minutes avant d’entendre des cliquetis du côté de la porte et de voir celle-ci s’ouvrir enfin. Nous sortîmes enfin de notre petite prison, non sans franchir une marche d’une bonne soixantaine de centimètres. Nous remerciâmes notre sauveur et rejoignîmes notre salle de travail comme si de rien n’était. Nous n’en avons même pas reparlé.

À aucun moment, il n’y eut le moindre signe de panique. Chacun d’entre nous semblait parfaitement serein. Nous discutions calmement entre nous, parfois même avec une pointe d’humour. Sans doute, le fait d’être serrés les uns contre les autres contribua à ce calme – nous étions vraiment solidaires ! – alors qu’il avait de quoi inquiéter : nous étions largement au-dessus du poids toléré par l’ascenseur !

C’est la première fois que cela m’arrivait. J’en garde un bon souvenir ! Dix bonnes minutes de chaleur humaine, de partage d’émotions, de dignité… et de lumière !

dimanche 10 mai 2009

Une feuille blanche

FMG © 2009

La feuille blanche… l’angoisse de toute personne qui écrit ! Je ne l’ai jamais connue. Si aujourd’hui, je ne sais pas trop de quoi parler pour alimenter ce blog, je ne peux pourtant pas dire que cela crée de l’angoisse. Quoique.

Enfin, toujours est-il qu’il n’y a pour le moment pas trop de lumières qui viennent illuminer mon imagination. Alors, je ne sais pas trop de quoi parler. Ce n’est pas un problème. Rien ne m’oblige à écrire. Ce n’est qu’un loisir. Il y a toujours des moments où on a moins à dire qu’à d’autres.

J’ai bien pensé parler de l’application Is Cool de Facebook. Mais j’y ai déjà consacré trois articles sur ce blog et je dois bien constater que la grande majorité des personnes qui arrivent actuellement sur ces pages sont simplement à la recherche de la meilleure manière de gagner des points cool ! S’ils savaient combien cela est vain. Ils le savent d'ailleurs peut-être. Toujours est-il que les responsables de l’application Is Cool, eux, prennent cela très au sérieux. Alors, ils ont décidé de « bannir » les méchants qui obtiennent beaucoup de points en ayant automatisé le processus d’envoi et de réception des points, sous prétexte de « tricherie ». Mais qu’est-ce que tricher dans un jeu qui au départ n’a pas de règles ? Beaucoup donnent comme première règle d’obtenir le maximum de points. Informatiser la récolte des points est-il dès lors punissable d’excommunication ? Ne faudrait-il pas plutôt - par souci de leur santé mentale - « bannir » ceux qui passent leur journée à cliquer sur deux boutons uniquement pour avoir plus de points ? Bref, j’aurais pu consacrer un billet à cette problématique (qui en réalité ne me concerne qu'indirectement), mais est-ce que cela en vaut vraiment la peine ? Pas sûr !

Je me retrouve donc devant une page blanche… Tiens, elle ne l’est plus ! Comme quoi, il y a toujours moyen d’écrire. Pas sûr non plus que cela en valait la peine, mais voilà, au moins comme ça mon deux cent nonantième billet est ainsi terminé ! Ça vous a intéressé ?

mercredi 6 mai 2009

Nouvelle star : quatre feux rouges

Je ne l’ai jamais caché : je suis amateur de ces émissions de télévision qui permettent de découvrir de nouveaux talents, que ce soit Star Academy ou La Nouvelle Star. En soi, ce n’est pas le côté « télé-réalité » qui m’intéresse… C’est un aspect parfois amusant, mais plus souvent affligeant. Ce que j’aime, c’est de pouvoir suivre une émission de variétés – ce qui n’est plus très fréquent sur nos chaînes francophones – en ayant un minimum de suspens. J’aime aussi au fil du temps percevoir les progrès des candidats. Du moins, quand il y a des progrès !

Je ne parlerai pas de la Star Academy. Pour moi, les 4 premières éditions valaient la peine. Après, ce fut nul et c’est normal, car la dimension artistique ne passe qu’en deuxième, voire en troisième, lieu. La Nouvelle Star a une autre ambition. Il y a une véritable volonté de qualité, de recherche et de surprise. De plus, l’émission ne repose que sur les jeunes qui viennent y chanter. Pas de vedette capricieuse !

Cependant, le même phénomène d’érosion des talents n’est-il pas en train de se passer avec La Nouvelle Star ? Je n’ai pas suivi les premières années, car l’émission n’arrivait pas jusqu'à la Belgique. Mais j’ai eu beaucoup de plaisir à regarder l’année 2006, avec la découverte exceptionnelle de Christophe Willem, l’année 2007 avec la folie classeuse de Julien Doré et l’année 2008 avec la spontanéité chaleureuse d’Amandine.

Mais cette année me semble catastrophique. L’émission elle-même est catastrophique : qu’est-ce que ça se traîne ! Les candidats ne valent guère mieux, selon moi. En tout cas, rien de bouleversant. J’avoue un faible pour Camelia Jordana, mais ce n’est qu’un faible pas très fort ! En réalité, tous ces jeunes ont l’air de déjà s’y croire et s’imaginent être stars par le simple fait d’apparaître.

Je ne comprends pas trop comment avec un tel casting – des milliers de jeunes entendus -, on peut arriver à une telle pauvreté dans le dernier carré. À moins que ce ne soit moi qui vieillisse ! C’est bien possible finalement !

samedi 2 mai 2009

La grippe mexicaine : ceux qui savent…

La grippe « H1N1 influenza A », mieux connue sous le nom de grippe mexicaine, inquiète tout le monde. Même s’il n’y a pas de raison de céder à la panique, l’inquiétude populaire est quand même bien compréhensible. Ce n’est pas la première grippe à faire des ravages.

Loin d’être un spécialiste, je ne m’avancerai pas ici à proposer la moindre solution. Comment le pourrais-je ? C’est une des choses qui m’étonnent : combien y a-t-il de personnes qui avancent l’une ou l’autre solution, voire l’une ou l’autre explication, avec la certitude absolue du « y a qu’à » et l’insolence de leur propre ignorance.

Pour l’un, il suffisait de mettre en quarantaine tous les passagers des avions en provenance du Mexique… Pour l’autre, il faut tuer tous les porcs… Pour le troisième, c’est un coup monté par les industries pharmaceutiques pour vendre à prix d’or beaucoup de médicaments et beaucoup de vaccins… Pour un autre encore, c’est un coup monté par les politiques pour qu’on mette moins l’accent sur la crise financière et économique… Pour je ne sais qui, ce sera bientôt la faute des homosexuels, des juifs ou des musulmans, voire des flamands, de l’industrie alimentaire, des fabricants de masques, etc. Au bout du compte, ne suffirait-il pas de tout faire sauter ? Au moins, on n’en parlerait plus !

La grippe est là. Il faut la juguler. Elle fera encore, malheureusement, des victimes innocentes. Il faut qu’il y en ait le moins possible. N’est-ce pas la première préoccupation de ceux qui s’occupent du problème parce qu’ils en ont les compétences, dans tous les sens du terme ? À quoi bon proposer des solutions à l’emporte-pièce ? C’est déjà assez compliqué comme ça, non ?

samedi 25 avril 2009

Violence sans fin

On ne parle plus beaucoup de ce qui se passe à Madagascar. Pourtant, hier encore, deux personnes sont mortes autour des manifestations. Celles-ci n’ont jamais cessé depuis la prise de pouvoir par M. Andry Rajoelina et la mise en place de cette Haute Autorité de Transition qui semble plus encline à s’installer qu’à transiter…

La Grande Île est en train de sombrer dans une situation sans issue où la violence des autorités devient monnaie courante. Plus personne ne doute que M. Marc Ravalomanana, le Président élu et déchu, pratiquait parfois une politique aux intérêts bien éloignés de ceux de la population. Tout n’était cependant pas à jeter. Mais il faut bien constater que le nouveau pouvoir en place, sans aucune légitimité même s’il avait au départ un certain soutien populaire, pratique exactement les mêmes méthodes : répression violente de manifestations, confiscation des médias de l’opposition, décisions politiques dont le bien-fondé échappe au sens commun…

Personne ne semble prêt à la moindre concession. C’est toi ou moi. C’est moi ou toi. Pourtant, toute réalité politique est toujours complexe si on accepte d’y donner place aux citoyens. Vouloir à tout prix imposer sa vue des choses ne peut mener qu’à une vue étroite et restreinte de la réalité, et – inévitablement – à gérer la liberté par la violence.

Cette crise devra trouver un jour une solution. Pour le moment, il n’y en a malheureusement pas une seule en vue. Je ne suis qu’un vaza (un étranger) et je ne peux y faire grand chose, si ce n’est peut-être me tenir informé, notamment par l’excellent site Sobika, et en faire état. Ma tristesse est grande…

vendredi 24 avril 2009

Deux qui s'aiment

Je suis entré dans leur chambre, sans faire de bruit. Je le reconnais, mais je ne fais jamais de bruit. Ce n’est pas mon genre.

Je les ai vus tous les deux. Lui était couché sur son lit. Il a regardé vers moi, mais je ne suis pas sûr qu’il m’ait vu. Elle était de dos, pour moi. De face pour lui. Elle s’est levée de sa chaise et a commencé à lui donner de petits baisers. Je croyais que cela allait vite s’arrêter. Mais je me trompais. J’assistais, bien malgré moi, à une torride scène d’amour. Ils n’arrêtaient plus de se bécoter. Pas de baisers langoureux comme au cinéma. Mais de petits baisers, pleins d’amour.

Soudain, je me suis senti de trop. Je n’avais pas à être là. Ils étaient seuls au monde. J’ai détourné mes yeux. J’ai déplacé mon corps. J’ai essayé de ne plus être là, tout en ne pouvant pas vraiment aller ailleurs. Il y avait tant d’amour dans cet échange, tant de tendresse. J’en avais des frissons. Je crois que jamais je n’avais senti autant d’amour.

Elle a fini pas se rasseoir. Et par me voir. Son sourire était radieux. Il ne le resta pas trop longtemps.

Cinq minutes plus tard, je la quittais déjà et je partais avec lui à l’hôpital. Ses baisers prenaient tout leur sens. Ils ne savaient pas quand ils se reverraient. Ils ne savaient pas s’ils se reverraient. Mais ils savaient combien ils s’aiment, comme deux jeunes amoureux qui ne vont plus se voir pendant quelques jours.

Papa a 94 ans. Maman en a 92. Ils s’aiment depuis près de 70 ans…